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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 12:11

14 juin 2011

Source: Xinhua

Note de Juliette:

Pendant que Bozizé et son clan vont se pavaner à grands frais à Bruxelles, pour mendier l'argent à L'Union Européenne dont les Centrafricains ne verront jamais la couleur, Bangui la Coquette vit au rythme des places mortuaires et des délestages quasi permanents. En même temps, la racaille corollaire au pouvoir se dispute la succession de la propriété personnelle du butin de guerre de Bozizé, prouvant une fois de plus que le service à la communauté est bien le dernier de ses soucis.

Le Général Bozizé et sa clique sont en fait en train de tuer le peuple Centrafricain à petit feu, sous l'oeil béat de la communauté internationale présente à tous les carrefours de Bangui par le biais des différentes agences "humanitaires". Certains diplomates occidentaux sont vus faire leurs affaires dans la vente de diamants.

Pendant ce temps, l'armée française patrouille la capitale en compagnie de la Garde présidentielle, qui circule à grands coups de sirènes dans les rues de Bangui, avec des mitraillettes à trépied à l'arrière de ses véhicules.


Manifestation contre la pénurie d'eau et d’électricité à Bangui

Les habitants du 5ème arrondissement de Bangui, privés d'eau et d'électricité depuis une semaine, ont manifesté mardi matin à travers les rues de la capitale de la République centrafricaine (RCA), mais ont été dispersés par des gaz lacrymogènes lancés par la police, a constaté Xinhua.

Pour certains manifestants il s'agit de pure "discrimination et injustice des responsables de l'Enerca et de la Sodeca.

"C'est depuis plus de six mois que cela perdure. On n'a que deux heures d'électricité par jour. On s'en contente. Mais depuis une semaine carrément, pas d'eau, pas d'électricité, rien", a affirmé Diawara Fodé, un des manifestants.

"Nos vivres dans les frigos (réfrigérateurs) sont en train de pourrir. Les élèves ne peuvent pas étudier alors qu'ils sont en période d'examen. Le banditisme augmente à cause de l'obscurité. Si on n'a pas d'eau, on n'a pas d'électricité, qu'est-ce qu'on devient ?", s'est interrogé-t-il.

Pour certains manifestants, il s'agit d'une pure " discrimination, injustice des responsables de l'Enerca (Energie centrafricaine) et de la Sodeca (Société de distribution d'eau en Centrafrique). Lorsqu'on va dans les quartiers des 'privilégiés du Nord de Bangui', les gens ont l'eau et l'électricité 24 heures sur 24 heures. Mais chez nous, rien. Qui est Centrafricain et qui ne l’est pas?", a lâché un autre manifestant, furieux.

En pleine rue sur l'avenue Koudoukou, l'une des grandes artères de Bangui, ces manifestants, hommes et femmes, surtout les jeunes, brandissent des pancartes sur lesquelles ils ont écrit "La population du 5ème arrondissement veut l'eau et l'électricité".

"Regardez, j'ai un bébé. Ses linges sont en train de se dégrader à cause du manque d'eau. Mon téléphone est éteint depuis une semaine. Je ne peux pas communiquer avec mon mari qui est actuellement en voyage", a témoigné une femme.

A l'arrivée des forces de l'ordre, ils se sont immobilisés chantant la Renaissance (l'hymne national centrafricain). Cela n'a pas empêché la police de les disperser.

La pénurie d'eau et d'électricité touche également d'autres quartiers et arrondissements de Bangui.

 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 03:57

26 avril 2011

Juliette Abandokwe 

 

Tant qu'il y aura l'impunité, l'arrogance extrême, les exécutions sommaires et extrajudiciaires, le viol des institutions d'un Etat-nation indépendant, aussi nègre soit-il, l'ingérence et l'occupation militaire étrangère, la castration de l'auto-détermination d'un territoire national à qui on a magnanimement "octroyé" l'indépendance le 7 août 1960, ainsi que la validation implicite par la communauté internationale de crimes contre l'Humanité, il faut vraiment rêver pour voir la place des félicitations à un Ouattara téléguidé par un Sarkozy criminel, président d'un Etat criminel. Un Etat qui n'admet pas ses crimes, à qui personne ne demande des comptes par complicité, au nom d’alliances économiques et historiques, et qui par conséquent ne paie pas une miette de ses propres factures, est un Etat-voyou par excellence. Les valets d'un Etat-voyou deviennent automatiquement des voyous, et sont assimilables à de vulgaires coupeurs de route. 

 

Certains opportunistes épistolaires, s'adjugeant le titre d'intellectuel africain, ayant perdu le souci de la dignité personnelle ainsi que celle des leurs, félicitent aujourd'hui Ouattara pour sa prise de pouvoir. Pourtant, Cheikh Anta Diop disait que l'intellectuel est celui qui met son intelligence au service de son peuple. Ces "plumitifs nègres", soutenant plus ou moins inconsciemment ceux qui ne veulent en tout cas pas le bien du peuple Africain, rattrapent par leurs écrits le lot de spoliations de leur peuple déchu. 

 

Même en admettant que Gbagbo n'était pas mieux, féliciter un coupeur de route, il fallait le faire!!  

 

Le Maitre-Voyou rit seulement sous cape!

  

La fabrication artificielle de la détente et de la démocratisation subite de la Côte d'Ivoire dans les médias, ou par le biais d'un certain milieu "intellectuel" africain où chacun pense détenir LA Vérité, ne réussira pas à convaincre qui que ce soit, sauf les auteurs de ces fabrications, que Ouattara est davantage un démocrate que Gbagbo. Féliciter un valet de la France, quel que soit le degré de désaccord qu'on peut avoir avec son prédécesseur, relève de l'inconscience, et surtout de la médiocrité d'une certaine tranche d'intellectuels qui sont décidément coupés et décalés de leur temps. Finalement, on ne sait plus ce que ça veut dire que d'être intellectuel en Afrique, surtout quand ces intellectuels passent leur temps à invectiver grossièrement en public ceux qui osent se distancer de leurs vues. La dignité intellectuelle et le respect élémentaire sont le plus souvent absents dans les échanges qui circulent, au bénéfice de palabres grandiloquents et pédants.

 

Pendant ce temps, les détracteurs de l'Afrique, ceux qui profitent de la faiblesse d'un peuple Africain, définitivement diront les afro-pessimistes, enfoncé dans l'état de colonisé dépendant et assisté, se frottent les mains, en continuant tranquillement et en toute impunité à vider le continent de ses ressources naturelles. Leur seul et unique but est ainsi atteint, puisqu' absolument aucun d'eux n’a la moindre intention d’implanter la démocratie en Afrique.

 

Une vraie démocratie "à l'occidentale" sur le continent Africain n'existera même jamais tant que les enjeux et les forces resteront déséquilibrés comme aujourd'hui, quoi qu'en disent nos valeureux Intellectuels Africains!

 

Tant que la France et ses alliés garderont le pouvoir de piller l'Afrique, il n'y aura jamais la paix ni un développement minimal décent en Afrique. 

 

Et en complément, tant que le peuple Africain ne se respectera pas lui-même, il ne pourra jamais exiger que les autres le respectent. 

 

Et tant qu'on le méprisera, il restera obligé, gémissant au quotidien, d'assister, impuissant et incompétent, au pillage de son sous-sol, à la violation des institutions qu'il n'a même pas lui-même créé, au viol de son économie par le biais d'un franc CFA imposé par le Colon devenu Néo-colon, et au paiement péniblissime et infini d'une dette dont il n'a jamais vu le capital de départ. 

 

A bon entendeur.

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 21:32

2 mars 2011

Juliette Abandokwe

 

 

Extrait du discours de Nicolas Sarkozy du 27 février 2011

...."nous ne devons avoir qu'un seul but : accompagner, soutenir, aider les peuples qui ont choisi d'être libres" et qu'"il nous faut tout faire pour que l'espérance qui vient de naître ne meure pas"....

 

Mais....

Nicolas Sarkozy et ses pairs, auront-ils vraiment envie de se brouiller avec leurs bons amis?

 

La France peut-elle survivre sans l'Afrique.............?


 



 


 

 


 


 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 18:39
13 février 2011
Juliette Abandokwe


Le 23 janvier dernier, le peuple centrafricain s'est rendu aux urnes, pour soi-disant choisir son prochain dirigeant. On connait la suite.

La Cour Constitutionnelle à Bangui a débouté le 12 février, de manière très hâtive et expéditive, la demande d'annulation du scrutin du 23 janvier dernier, faite par le groupe des trois candidats perdant face à Bozizé, soit Patassé, Ziguélé et Nakombo. Le hold-up des plus hautes instances de l'Etat continue, et toujours dans un silence terrible...!
L'impunité à l'état pur, au nez et à la barbe du monde entier.

Voilà donc ce qu'une partie de la diaspora centrafricaine a réussi à faire à Paris ce samedi 12 février...

Un vrai cri du coeur, venant d'un petit groupe faisant écho à un peuple de Centrafricains de moins de 4 millions d'âmes, dont moins de 1 600 000 électeurs, qui ont "voté" dans un climat de violence psychologique et de terreur, comme ils connaissent déjà. Beaucoup d'électeurs se sont d'ailleurs vu priver de leur droit déposer leur bulletin à la dernière minute par des stratagèmes divers et très grossiers. 

« Un OUI n'a de sens que si celui qui le prononce, a la capacité de dire NON » disait Lamine Gueye. Or la volonté de dire NON très évidente du peuple Centrafricain, quelque soit l'alternative choisie, a été violée et écrasée comme un cafard par les bottes d'un pouvoir et son clan profondément indécent et complètement illégal dans toutes ses moindres activités.

Où sont les autres Africains...!?

Les élections en Centrafrique du 23 janvier dernier ont été les premières des 18 élections qui se passeront en Afrique cette année! 
Les manigances graves du scrutin par le pouvoir de Bozizé et sa clique sont intolérables. Ces manigances font partie du paquet de la promotion d'Omar Bongo, qui disait qu' on n'organise pas les élections en Afrique, pour les perdre ensuite". Nous sommes donc devant une immonde moquerie totale du peuple Centrafricain et Africain, puisque sans une once de doute, la plupart des homologues de Bozizé vont vouloir faire la même chose cette année. 

Après avoir vu les Tunisiens et les Egyptiens, aucun Africain n'a le droit de baisser les bras. 
Tous les Africains désireux de voir des changements en terme de lutte contre l'impunité et le pillage de biens publics par un clan, doivent très clairement se positionner. 
Les "gendarmes de l'Afrique" doivent absolument être privé de la justification de valider la "ré-élection" de François Bozizé de son assise sur son butin de guerre!

Il est donc vivement recommandé que les chefs de mouvement x, y ou z, fasse une déclaration publique et officielle concernant ce qui se passe aujourd'hui à Bangui, comme cela s'est fait pour la Côte d'Ivoire, la Tunisie et l'Egypte. 
Car aujourd'hui c'est eux, mais demain ça sera vous. 

Soutenons le peuple Centrafricain, car il en a besoin, et il le mérite.

A bon entendeur!
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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 02:26

2 février 2011

Juliette Abandokwe 

 

Bangui, 2h du matin. L’heure de la proclamation officielle des résultats du scrutin du 23 janvier dernier approche. Les jeunes banguissois sont en ébullition dans les quartiers depuis plusieurs jours, et la colère gronde. Et pour cause. Ils en ont plus qu’assez de la misère dans laquelle ils sont maintenus par un pouvoir prédateur et égocentrique à outrance. Ils en ont assez du chômage massif, du manque chronique d’eau potable et d’électricité dans un pays où il pleut dix mois sur douze, du manque de perspectives d’avenir qu’ils sont en droit de s’attendre de la part d’un pouvoir qu’ils auraient parait-il élu librement et démocratiquement en 2005.

 

A Bangui, on passe plus de trois semaines sur quatre dans les places mortuaires, et les gens n’ont souvent même pas l’argent du taxi pour emmener leurs morts à la morgue. La qualité de vie à Bangui est le plus souvent indécente, et sous-entend une misère décuplée dans les provinces. Les jeunes dans les quartiers savent pertinemment que Bozizé, le fossoyeur du peuple centrafricain, ils ne l’ont pas élu cette fois-ci. Ils savent que peu l’ont élu, et d’ailleurs tout le monde connait parfaitement les fraudes massives qu’ils ont eux-mêmes vu de leurs propres yeux et vécus.

 

Les chiffres, en possession de ce qui reste d’une CEI menacée par la garde prétorienne de François Bozizé, filtrent pourtant, et la rumeur chiffrée se propage déjà au crépuscule de ce 2 février 2011. La victoire semble bel et bien indiquer le tandem complice patasso-bozizesque, doté de plus de 85% des voix, avec une avance surnaturelle du candidat sortant Bozizé, qui a pourtant brillé pendant 6 ans par son incompétence, ses violences en tout genre, ses exactions militaires tout azimut, et qui n’a absolument rien apporté à son peuple, sinon désolation et désordre extrême.

 

La complicité électorale des deux larrons se développe depuis bien avant le retour de Patassé à Bangui en 2009, et passe notamment par l'assassinat de Goungaye Wanfiyo en décembre 2008, qui se préparait à attribuer publiquement les responsabilités de graves crimes contre l’humanité du couple patasso-bozizesque.

 

Ainsi, si Bozizé se fait chasser aujourd’hui, son ami Patassé reprendrait les choses là où il les avait laissées en 2003, et ferait certainement revenir son acolyte au bord de la mangeoire, quand les temps se seraient calmés et que les comédies d’amnisties seraient jouées. 

 

Le positionnement d’opposant de Patassé n’a été que de la propagande pré-électorale. Tout le monde le sait parfaitement.

Opposant de qui d'abord? Belle question, puisque Patassé et Bozizé ont été tour à tour amis, associés, maître et élève pseudo-Général, et enfin ennemis, de façon très stratégique depuis plusieurs années.  

 

L’ancienne victime de Bozizé est revenue, et doux comme un agneau, Patassé se pose en victime de l’éviction de la tête d’un parti qui, dit-il, lui appartient. Depuis quand un parti appartient-il à une personne ? Voilà déjà l’évidence de ce que le vrai Patassé pense du peuple et du territoire qu’il se sent en droit de diriger.

D’ancien bourreau, il était devenu victime de la vilénie du rebelle Bozizé venu de N’Djamena, son ancien chef d’état-major, est tombé officiellement en disgrâce, on louait néanmoins ses compétences d’ingénieur agronome au service de sa terre d’exil au Togo. Le hold-up électoral de ce 23 janvier dernier se préparait déjà.

Pourtant Ange-Félix Patassé est bien celui qui  a mandaté Jean-Pierre Bemba le Congolais,  partageant avec lui la responsabilité des massacres perpétrés par les banyamulengue en Centrafrique, dans sa quête de protection contre le méchant Bozizé venant du nord, karchérisant lui aussi tout sur son passage. Par karchérisation on entend les viols, les massacres et les pillages des populations centrafricaines sur sa route vers le butin présidentiel de Bangui en 2002-2003.

En 2009, Patassé déclarait qu’il n’était pas au courant du procès de Bemba à la CPI et, interrogé sur le fait de savoir s’il aurait été possible d’arrêter cette violence contre les civils entre 2002 et 2003, il a seulement répondu, “Nous ne sommes pas en 2002-2003, nous sommes en 2009.” !

Edifiant de cynisme !

Mis à part les intérêts ethniques pouvant motiver une préférence pour Patassé, nous savons aujourd’hui qu’il est exactement du même acabit que Bozizé.  La prédation et l’assassinat politique ont été, et seront toujours, son principal moyen d’action pour se maintenir au pouvoir. Patassé prend bel et bien le peuple Centrafricain pour un peuple d’imbéciles et d’amnésiques.

En conclusion, un scrutin en faveur du tandem Bozizé/Patassé n’est de toute évidence qu’une grotesque manigance de plus pour maintenir au pouvoir une équipe dirigeante qui à l’heure qu’il est a déjà largement prouvé au peuple Centrafricain son niveau de duplicité, d’incompétence criminelle et de flagrante non-intention de se concentrer sur le développement humain du peuple centrafricain.

Aujourd’hui, le peuple martyr Centrafricain mérite bel et bien autre chose qu’une réédition de ses souffrances passées, une rediffusion de l’intolérable, de l’inadmissible et du non-validable. 

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 01:23

1er février 2011

Juliette Abandokwe

 

 

En Suisse, le Conseil Fédéral ne connaissait rien, dit-il, des réalités de la dictature de Moubarak l’Egyptien. En fait, la digne Confédération helvétique fait l’innocente depuis des années pour pouvoir continuer à développer ses marchés d’armements vers l’Egypte. Les rapports accablant d’Amnesty International sur la situation des droits de l’homme dans ce pays, ont été commodément écartés par les autorités helvétiques, qui donne ainsi systématiquement sa bénédiction à l’exportation de matériel de guerre vers l’Egypte, comme au bénéfice aussi d’autres régimes autoritaires au Proche-Orient, en Arabie Saoudite, aux Emirats arabes, entre autres.

 

Selon International Peace Research Institute (SIPRI) à Stockholm, la Suisse a vendu pour pas moins de 162 millions de francs suisses de matériel de guerre à l’Egypte entre 1984 et 1987. Selon les chiffres du Département fédéral de l’Economie (SECO), la Suisse a vendu en 2006 pour 3 226 797 de francs suisses d’armement à l’Egypte, notamment des armes de poing. En 2007, le même type d’armes a encore été vendu au gouvernement égyptien pour 1 066 229 francs, en 2008 pour 30 960 francs et en 2009 pour 399 889 francs.

 

Les autorités suisses continuent à régulièrement contourner et à manipuler la législation en matière d’exportation de matériel de guerre, pour pouvoir justifier et développer ses marchés.

 

En juillet 2006, le Conseil Fédéral et son chef du Département des affaires étrangères, l’apparemment très pacifique Micheline Calmy-Rey, avaient autorisés la vente vers le Tchad d’avions Pilatus, considérés, soi-disant naïvement, comme un avion d’entrainement. Idriss Deby s’était ensuite empressé de transformer sa nouvelle acquisition en avion de combat. La Suisse, outrée par les accusations de mauvaise foi, avait mollement accusé Idriss Déby de trahir leurs accords. Pourtant, Mme Calmy-Rey, ayant voyagé au Tchad, connaissait parfaitement l’instabilité et les graves tensions qui y régnaient, entre la rébellion dans la région frontalière avec le Soudan ainsi que la présence de milliers de réfugiés en provenance du Darfour.  Et pourtant, c’est sans état d’âme aucune que le gouvernement helvétique avait autorisé l’exportation de potentiels avions de combat, se rendant implicitement coupable de complicité aux crimes de guerre contre les populations civiles tchadiennes.

 

« Fondé en 1939, le groupe Pilatus a son siège principal à Stans (Nidwald).
L'entreprise est numéro un mondial de la construction d'avions monomoteur à turbo-propulsion. Outre les usines de Stans et les filiales d'Altenrhein (St-Gall) et Genève, le groupe possède deux filiales aux Etats-Unis et en Australie. En 2005, le chiffre d'affaires du groupe a atteint 34 millions de francs avant impôt. La même année, il a vendu 89 appareils. Le groupe emploie 1330 personnes. »

 

Dans les années 70 et 80 déjà, ces avions avaient été vendus notamment au Nigeria de l’après-guerre du Biafra, à la Birmanie, au Guatemala, au Mexique, au Chili, à la Bolivie, à l'Irak, à l'Angola. Dès le début des années 80, le gouvernement suisse était parfaitement conscient que ces avions étaient utilisés comme avions de combat. Et pourtant, le commerce de matériel de guerre avait continué.

 

Autant que la tyrannie de dictateurs au pouvoir depuis des décennies, dont certains se préparent à passer le relais à leurs incompétente progéniture, si ce n’est pas déjà fait à l’instar du Gabon ou du Togo, ces marchés criminels doivent être dénoncés en bloc. Certains groupes suisses de pression incriminent ce commerce de la mort depuis des décennies déjà, mais sans grand effet, les autorités suisses argumentant toujours très astucieusement l’enjeu économique énorme du marché de l’armement, devant un public suisse souvent béat d’admiration devant une gouvernance qu’il pense irréprochable.

 

Ce soutien implicite aux dictatures en Afrique, qui règnent sur leurs populations par la terreur et à travers la censure pure et simple de leurs droits électoraux par la force militaire, est d’autant plus grave qu’il s’accompagne d’une des politiques d’immigration les plus dure d’Europe. Sous le couvert d’une neutralité extrêmement douteuse, la Suisse pratique ainsi au quotidien le bon vieil adage « du beurre et de l’argent du beurre ». La laitière est largement spoliée, et d’un air le plus innocent du monde, la Suisse participe à la répression et à l’assassinat de millions de personnes sur le continent africain. Elle couvre simultanément les exactions de régimes répressifs à outrance, cautionnés par une communauté internationale obsédée par ses intérêts commerciaux, en clamant dans les rapports de demandes d’asile que ces pays ne souffrent pas de guerre. Et pourtant la répression garantissant une gouvernance pourrie par la corruption dans ces pays, empêchant les populations de vivre de manière décente, est bel et bien alimentée notamment par la production suisse d’armes de guerre.

 

Un autre aspect de  la responsabilité de la Suisse est représenté par son recel de biens mal acquis, s’accumulant de manière indécente dans les comptabilités d’établissements bancaires et hôteliers suisses. Des présidents africains « librement et démocratiquement » élus, vivant en Suisse comme notamment Paul Biya du Cameroun jusqu’à 10 mois par an, règnent sur leurs populations depuis souvent plus de 25 ans par la répression armée. Les électeurs africains votent pratiquement le pistolet pointé sur leur tempe, pour un dirigeant qui les pille et les muselle de façon institutionnalisée au quotidien. Voilà donc encore un sombre volet de l’implication de la Suisse dans les crimes contre l’humanité, constitué par l’étouffement systématique dans le sang des contestations de populations excédées. La Suisse contribue donc activement à l’établissement et au maintien de peuples de sans voix, par l’intermédiaire de son commerce d’armes de guerre.

 

La neutre Suisse cautionne et alimente en toute discrétion les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité dans plusieurs états africains, dont le commerce est notamment lié aux importants  trafics transnationaux d’armes légères, et bâtit son succès et sa richesse sur les ossements humains des victimes de son commerce. Les Suisses sont parfaitement conscients, mais ils préfèrent maintenir la production d’armes de guerre, pour préserver le marché de l’emploi.

 

Voilà donc encore un pays, qui comme la France, fait comme la grenouille qui voulait se gonfler pour atteindre la taille de son ami le bœuf.

 

Jean de la Fontaine nous a bien expliqué ce qui est arrivé finalement à la grenouille.

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 12:47

24 janvier 2011

Juliette Abandokwe

 

Malgré l’accumulation de témoignages et de rapports accablants, le silence de l’ONU et de la communauté internationale demeure assourdissant. On ne sait même plus qui montrer du doigt en premier tant la situation est énorme ! 

Les Centrafricains se battent à mains nues, sur fond de bruit de bottes et de rumeurs que la garde prétorienne de Bozizé, munie de multiples  urnes bourrées au profit du KNK parti au pouvoir, est prête à intervenir le cas échéant. 

Le stade de hold-up électoral est dépassé, nous sommes en présence d’un véritable coup d’état.

Et personne ne dit rien.

Les médias occidentaux sont muets.

La République Centrafricaine n’existe même pas ! 

Le peuple centrafricain crie, mais personne ne l’entend 

La douleur est incommensurable.

 

Le Far-West à Bangui !

 

Lu pour vous le 24 janvier 2011

 

A Bangui, de nombreux dysfonctionnements ont émaillé le vote :

 

1.        Dans le 7ème arrondissement, le candidat KNK Maleyombo s'est battu avec l'autre KNK du 7ème, Jérôme LAVOU le député sortant. Au 2ème round, le ministre KNK des télécommunications a menacé son challenger avec un revolver devant témoins.

 

2.         Le suppléant du candidat Zingas et d'autres personnes appréhendées aujourd'hui avec du matériel de fraude ont toutes été déféré ce soir au SERD.

 

3.    A Mbaïki, 18 urnes ont été mises sous scellé. Elles constituaient la cargaison du ministre résident de la Lobaye qui a été appréhendé hier par des compatriotes vigilants de la ville.

 

4.    A Berberati,  le ministre résident de la Mamberé-Kadeï a fait descendre sur la cité, l'ensemble des cadres de son ministère pour organiser et superviser la fraude. Des bureaux parallèles ont vu le jour. Les listes affichées, incomplètes et près de 200 hommes en tenue mis à profit pour intimider. Dans l'impossibilité de superviser un vote parfait, l'ensemble des partis politiques, y compris ceux de la majorité présidentielle comme le PDCA, le PNCN, les indépendants ainsi que les représentants de l'opposition : RDC, MLPC, NAP et Groupe Patassé ont quitté tous les bureaux de vote et ont saisi la CEI locale, les autorités judiciaires, les missions d'observations. Par conséquent les PV des bureaux n'ont pas été signés par eux.

 

5.    A Sosso Nakombo, le KNK a tenté de semer la zizanie mais la direction locale de campagne du RDC a empêché cela.

 

Zedzouïna

 

*   *   *

 

23 janvier 2011


1. La situation est confuse ce soir ici à Bangui. De persistantes rumeurs de mouvements armés sont dans l'air.

 

2. Au niveau des provinces, les informations qui arrivent à Bangui ne sont guère rassurantes.

3. Dans le 1er arrondissement, une bataille rangée oppose le sortant PSD et le postulant KNK Lengbé. L'issue est aussi incertaine. Des accusations de fraude massive sont dans l'air.

4. Des urnes bourrées ont été intercepté ce soir au domicile du directeur de campagne de Simplice Zingas, candidat  indépendant labélisé KNK dans le 6ème arrondissement de Bangui.
 
5. On va au lit avec une incertitude sur la journée de demain.

 

 

Zedzouïna écrit encore:

 

1. La situation à Mbaïki était toujours tendue ce soir. Les habitants de la cité sont décidés à empêcher le vote si d'ici à demain, rien n'est fait pour corriger l'imposture.

2. Le 2ème arrondissement est en mouvement. Une rumeur annonce la présence d'urnes bourrées dans la maison du chef Gremboutou. Les jeunes du quartier ont encerclé la maison pour empêcher la sortie de ces urnes.

 

3. A 20h00, seulement 15% des bureaux de vote de la ville de Bangui ont reçu les listes. Au plan national, seulement 39% des centres de vote ont affiché les listes.

4. Les rumeurs persistantes de la journée ont obligé les observateurs de l'OIF, de l'UA et de la CEEAC à se déplacer dans les différents QG de campagne afin de rencontrer les  candidats ou leurs états-majors et évaluer la situation.

 

5. De l'avis d'un observateur avec qui j'ai pu échanger, il est tout simplement irresponsable de la part du pouvoir et des partis d'appeler les Centrafricains à voter dans les conditions de ce jour.


*   *   *

 

RASSEMBLEMENT DÉMOCRATIQUE CENTRAFRICAIN - RDC

 

Bangui, le 22 janvier 2011


A Madame la Représentante du Secrétaire Général des Nations Unies en Centrafrique (BINUCA ) BANGUI

 

Objet : Lettre de dénonciation

 

Madame,

Nous venons d'apprendre par le biais des représentants de nos structures (RDC) de l'arrière pays, précise ment ceux de Mbaïki, Berbérati, Nola et Bambari les éléments suivants:


• Mbaïki et Bambari : les matériels et les listes électorales ne sont pas disponibles sur les lieux de vote ce jour 22 janvier 2011;


• Bambari : près de 2000 étrangers munis de cartes électorales fictives sont repérés ce matin du 22 janvier  2011;


• Berbérati et Nola: le candidat KNK à la députation, monsieur Sylvain Ndoutingaï (ndlr : Neveu de François Bozizé et ministre des mines) a déversé dans cette localité des personnes étrangères munies de cartes électorales fictives pour voter en sa faveur. En outre, monsieur Ndoutingaï répand avec assurance que l'acheminement des résultats de dépouillement s'exécutera avec uniquement les forces de l'ordre légalistes, et cela dans un mépris total de la procédure régulière qui veut que la CEI veille à l'acheminement des procès-verbaux à la coordination nationale. Enfin, on apprend que le Lieutenant-Colonnel Ndoutingaï a basé des troupes armées à Ngouèrè et à Gofi, toutes deux localités de Berbérati. Ces troupes, munies de fausses urnes de substitution, seraient prêtes à intervenir sur la population locale si le vote est négatif pour le KNK, Parti au pouvoir.

Je me permets de signaler par ailleurs que dans le souci d'une sécurisation et d'une transparence du processus électoral en  Centrafrique, votre Institution a un rôle crucial à jouer. A ce titre, je vous saurai gré d'utiliser de votre autorité afin de vérifier et d'authentifier ces informations et de tout mettre en œuvre, si ces informations sont avérées exactes, pour stopper des dérives pouvant entraîner des dégâts collatéraux.

Veuillez agréer, madame, l'expression de mes hommages


Le Candidat RDC à la présidentielle

Émile Gros-Raymond NAKOMBO

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 20:40

23 janvier 2011

Juliette Abandokwe

 

A propos des élections du 23 janvier 2011

 

Selon Zedzouïna : 

« 1.    Les listes électorales qui ont été affiché ce matin à Mbaïki ne représente qu'environ 30% des électeurs de la ville avec une majorité de personnes identifiée comme sympathisant KNK. Tous les responsables des bureaux de vote sont militants du parti Orange dont 60% viennent de Bangui. Cette situation a engendré des troubles ce matin à Mbaïki et la situation reste tendue dans la ville.

2.   Le ministre résident de la Lobaye, le colonel Parfait Mbaye  été appréhendé ce matin à Mbaïki avec une cargaison d'urnes préalablement bourrée en faveur de Yangouvonda.

3.   A Berberati, l'autre colonel du gouvernement a fait descendre sur la ville des centaines de militaires en civil pour aller non seulement voter pour lui, mais procéder à l'échange des urnes bourrées qui sont stockées depuis 4 jours à quelques encablures de Bertberati dans le village où a grandi l'ancien mécanicien/menuisier devenu le vice-président de la république parce que neveu de…

4.   Autre information importante, il est prévu un bataillon spécial pour créer des incidents à Bouar, Berberati, Carnot, Nola, Bozoum, Paoua, Bambari, Bria, Mobaye, Bangassou, Ouango-Bangassou, dans les 2ème,3ème,4ème,5ème,6ème et 7ème arrondissements de Bangui afin tous ces centres favorables au RDC et au MLPC et permettre à Yangouvonda son passage en force.

5.   A nola, un seul bureau de vote était affiché à la mi-journée.

6.   A Bambari, la répartition des bureaux de vote est inéquitable certains inscrits doivent faire 5 km pour accomplir leur devoir citoyen.

7.   A Bria, pour leur faire payer l'interdiction qui a été de rentrer dans la ville, Bozizé a donné l'ordre que les listes ne soient pas affichées  demain matin.

8.   A Alindao, une partie de la population a déchiré la liste affichée car elle est mécontente à cause des omissions.

9.   De Kongbo à Bambouti en passant par Kembe, Bangassou, Ouango et tout le littoral Oubanguien, aucune liste n'était affichée  jusqu'à midi.

10. De Rafaï à Bambouti, le matériel electoral n'est que partiellement accessible.

11. Les cartes d'électeur sont toujours introuvables.

12. Les tribunaux qui devraient ouvrir aujourd'hui pour fournir les dérogations devant permettre aux omis et aux non d'aller voter sont demeurés portes closes.

Les heures à venir sont inquiétantes.  Chers compatriotes et amis de la RCA, faites circuler le message car selon les rumeurs, d'ici à demain, le pays sera en blackout total : plus de net, plus de téléphone pour permettre à Yangouvonda le rejeté de réaliser son forfait : La patrie ou la mort nous vaincrons. Game is over for Bozizé. »

*  *  *

Après cette véritable mascarade de village, la vraie question est maintenant de savoir comment la France, la communauté internationale, les institutions africaines fantôme, l’UA, la CEMAC, et l’ONU dont les agences sont présentes pêle-mêle à Bangui, vont justifier leur position. Leur poids de mastodonte d’ailleurs semble d’ailleurs les dispenser de quelque justification que ce soit. En bon français, cela s’appelle très simplement « impunité ».

 

Que vont maintenant dire les Goodluck Jonathan, Odinga, Compaoré, Wade, Ping et consort.

Quelle est surtout la justification de vouloir déloger Gbagbo en lui déclarant la guerre, semant ainsi la mort et la détresse parmi les populations ivoiriennes et africaines en Côte d’Ivoire, et de laisser continuer le Général Bozizé sévir contre un peuple centrafricain complètement sinistré et martyr. Un Général-Président qui règne par la terreur pure et simple pour mieux manger avec son clan tout ce qu’il peut, jusqu’à l’indigestion intellectuelle, qui invective, insulte et menace les Centrafricains publiquement dans l’impunité la plus complète. Un Général-ancien rebelle, arrivé au pouvoir en 2003, détruisant tout sur son passage, à la tête d’une armée qui massacrait, pillait et violait absolument tout sur son passage.  Goungaye Wanfiyo et Charles Massi sont les victimes récentes les plus illustres d’une brutalité sans aucune distinction, et qui se moque royalement des demandes de justification quelles qu’elles soient.

 

Bokassa, qui avait commencé à dénoncer les agissements de la France en termes de trafic institutionnalisé de diamant notamment, avait été très gravement diabolisé pour moins que ça.

 

Bozizé ne mange pas ses enfants, mais il tue les centrafricains leur déniant le droit d’une vie décente même minimale, les terrorise, les emprisonne n’importe pour n’importe quelle raison bidon, il tue surtout l’espoir d’une jeunesse, et étouffe dans l’oeuf les illusions de tout un peuple.

 

Comme le disait si bien Omar Bongo « Celui qui organise des élections en Afrique, serait bien bête de les perdre. » Et Bozizé, bien loin de vouloir paraitre bête aux yeux devant la mémoire de son « parrain », entend très clairement continuer de régner en maître absolu sur le bunker de Bangui, et sur son butin de guerre. La bénédiction de la France, de la communauté internationale, des institutions africaines bidon, des Deby, Biya, Bongo, N’Guesso et consort, est échangée contre des morceaux du butin composé de mines de cuivre, zinc, manganèse, phosphates, or, diamant, bauxite, nickel, fer et uranium. Les intérêts commerciaux sont si énormes, que l’on ne peut que constater la position de victime totale du peuple centrafricain, assis les pieds nus et sans lumière sur toutes ces richesses.

 

Le Centrafrique est un pays complètement méconnu de l’opinion publique mondiale. Le poids des intérêts commerciaux ne peut qu’écraser à plate couture la moindre contestation, la moindre critique envers le pouvoir, la moindre certitude d’un monde meilleur.

 

En bref, la communauté internationale, celle-là même qui veut faire la guerre en Côte d’Ivoire, pour qui une population nègre n’est rien à côté de ses intérêts commerciaux, et qui vend son matériel de guerre partout sur le continent africain, est complice d’un Général de pacotille sans aucun scrupule. Cette communauté internationale, autoproclamée « donneuse de leçons » et gendarme de l’Afrique, encadrée par une Organisation des Nations Unies dont le chef demande gentiment ce soir du 23 janvier 2011 que les résultats des élections soient acceptés par TOUTES les parties, est en train de commettre un crime contre l’humanité qui n’a pas de nom, un de plus en Afrique.

 

L’acceptation de ces résultats et leur validation annoncée, par les différents requins en présence dans le cirque de Bangui, est purement et simplement un crime contre l’humanité, et plus particulièrement contre le peuple Centrafricain. 

 

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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 02:20

15 décembre 2010

Juliette Abandokwe

 

Encore un officier de l’armée arrêté illégalement  


Son bac D en poche, Ismael Kouagou était entré à l’armée comme soldat du 2ème dans le corps des E.B.A (Eléments du Bataillon Autonome) en 1988 au temps de Kolingba. Gravissant les échelons, il est admis à Saint-Cyr sous le régime de Patassé.


Ismaël Kouagou, officier de l’armée de terre, diplômé de l’école d’état-major de Libreville ainsi que de Saint-Cyr, aurait demandé une mise en disponibilité qui a été ignorée. Ayant ensuite sollicité une audience auprès du Ministre de la Défense, Francis Bozizé, celui-ci aurait refusé de recevoir notre officier. Devant la désinvolture de ses supérieurs, Kouagou s’est donc permis de démissionner de l’armée en juin afin d’accepter un poste à  l’Ambassade des Etats-Unis à Bangui. 


Francis Bozizé, digne fils de son père, aurait fait ensuite établir un avis de désertion au nom d’Ismael Kouagou ainsi que d’Elmar-Marcia Kongbo, lui aussi officier démissionnaire.  


Ancien directeur général adjoint de l’ESFOA - École Spéciale de Formation des Officiers Active - du camp Kassai à Bangui, devenu chef de bataillon, il est donc arrêté le 20 octobre 2010 sur la foi d’un avis de désertion fabriqué. En garde à vue au SRI (Section de recherche et d’investigation) pendant plus de 6 semaines, il est finalement incarcéré à la sinistre prison Ngaragba le 3 décembre 2010.

 

Emprisonné à Ngaragba pour avoir démissionné de l’armée 


Une fois de plus c’est un brillantissime élément de l’armée centrafricaine qui est arrêté illégalement et maintenu en détention pour des motifs fallacieux. Le Ministère de la Défense – fabriquant d’avis de désertion fantaisistes - est ainsi pris en flagrant délit de faux et usage de faux. L’abus de pouvoir et la force brutale à l’état pur. 


Le régime de Bangui devient vraiment très nerveux et chatouilleux en prévision des élections de janvier 2010, pour arrêter ainsi à tort à travers des éléments hautement qualifiés de son armée. On se souvient du capitaine Gontran Nguerelessio, autre brillant élément des forces armées centrafricaines, libéré il y a quelques jours après 13 jours de détention illégale, fallacieusement accusé d’avoir voyagé sans autorisation. 


Selon les dires de ses proches, Ismael Kouagou serait soupçonné de préparer un coup d'état ; c'est de la Yakomaphobie pur sucre de canne diront les commentateurs les plus pugnaces. Complexe de persécution du clan Bozizé diront la plupart. Chez les Bozizé, on n’aime pas les Yakoma et on ne perd jamais une occasion d’exercer sa haine ethnocentrique. De plus, aucun des membres de la haute sphère bozizéenne n’a suivi d’écoles particulières pour arriver aux rebords de la mangeoire, et ils ne se privent jamais de s’en vanter. Un Bozizé vous dira toujours qu’il n’a jamais eu besoin de formation quelle qu’elle soit pour arriver au sommet !

  

En tout cas, nous sommes une fois de plus en présence d’une grossière violation des droits à l’autodétermination personnelle d’un individu qui a simplement voulu changer d’employeur dans les règles de l’art. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être embauché par une ambassade occidentale en raison de ses compétences au-dessus de la moyenne. On imagine sans peine l’envie et la jalousie des plus pernicieux de sa hiérarchie. Au lieu de le féliciter pour son succès, on l’attend sournoisement au détour d’une rue banguissoise pour l’arrêter et l’humilier profondément en l’accusant d’une faute qu’il n’a pas commise. Car la désertion est bien le motif le plus humiliant pour un officier ayant gradé dans les meilleures écoles militaires. 


Ismael Kouagou, privé illégalement de sa liberté depuis 55 jours, et incarcéré actuellement à la prison centrale de Ngaragba, dont les conditions de détention sont de toute évidence  non conformes aux normes internationales relatives au traitement des détenus, conformément au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel la République centrafricaine a adhéré depuis 1981. 


Extrêmement préoccupé à l’idée qu’Ismael Kouagou ne soit un prisonnier détenu sans autre motif que sa volonté de quitter légalement l’armée centrafricaine afin de prendre un autre emploi, et sans la possibilité de se défendre valablement, ses proches, ses amis, ainsi que les défenseurs des droits de l’homme de tout bord demandent sa libération inconditionnelle aux autorités compétentes.

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 13:05

2 décembre 2010

Juliette Abandokwe

 

Pendant que Bozizé et les siens s'amusent comme des petits fous à la fête d'un cinquantenaire où il n'y a rien à fêter, Gontran Nguerelessio est toujours maintenu illégalement et sans aucun motif au SRI à Bangui.

 

Un SRI dirigé par un fils Bozizé, un « ministre de la défense » dirigé par son frère, et le père qui chapeaute le tout, et qui reçoit avec un sourire béat les félicitations des différents invités de marque de passage. Voilà le malheur du peuple centrafricain ! Pour couronner le tout, le nom de Bokassa enjolive des paroles de manipulation à l’égard d’un peuple assis par terre, sans eau potable, sans électricité, sans nourriture suffisante, à qui l’ont enlève tous les droits au quotidien, et à qui l’on dit déjà clairement que le 23 janvier 2011 il n’aura rien à dire !

 

Sur un fond d’orgie malodorante à Bangui la Coquette, le clan Bozizé pense qu’il suffit d’écraser les gens pour avoir du pouvoir. Mais nous parlons ici d’un pouvoir abuseur, illégal, pilleur, bradeur, incompétent, arriviste, arrogant, inconscient et violeur des espoirs du peuple centrafricain. Voilà quel pouvoir on célèbre à Bangui depuis hier. Bozizé représente d’ailleurs à lui seul un concentré des caractéristiques propres aux différents dictateurs d’Afrique centrale.

 

Gontran Nguerelessio se réjouissait depuis longtemps de participer à la parade de son régiment dans les rues de Bangui. Car mine de rien, la fête du cinquantenaire devait être aussi pour que chacun puisse exprimer sa fierté de Centrafricain, même si les fameux cinquante ans n’ont été qu’un long désastre. La fierté nationale est une part naturelle de l’identité de tout être humain sur terre.

 

Il est un élément brillant de son régiment, et il devrait être, à juste titre, la fierté de ses compatriotes et de son gouvernement. Mais nous avons à faire à un gouvernement imbibé de médiocrité jusqu’à la moelle, qui méprise l’excellence et tout ce qu’il n’aura jamais. Alors, le capitaine Nguerelessio est bassement humilié, empêché physiquement d’assister à la fête que les illustres invités aiment à croire destinée à tout un peuple, et qui se prépare depuis plusieurs mois.

 

Voilà le genre de gouvernement qui maintient aujourd’hui ses griffes malfaisantes sur la République Centrafricaine. Un gouvernement qui clame que Kwa Na Kwa à qui veut l’entendre, alors qu’il méprise complètement le travail fourni par les centrafricains, ainsi qu’accessoirement tout effort de développement.

 

Ce gouvernement n’est là que pour arracher le cœur du peuple centrafricain et pour creuser sa tombe chaque jour.

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