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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 18:02
12 juin 2011

Blog "Today for Tomorrow"


L'enrichissement illicite et les frasques des dirigeants politiques ne sont plus acceptés par les peuples !

Encore une décision de notre Président Sarkozy intolérable :

Le printemps arabe en a amplement témoigné : l'enrichissement illicite et les frasques des dirigeants politiques ne sont plus acceptés par les peuples, en particulier ceux qui, dans des pays potentiellement riches, croupissent dans la misère.
Les détournements d'argent opérés par les familles Ben Ali, Moubarak et Kadhafi ont alimenté les révoltes au nord de l'Afrique, et une colère similaire se développe sur le reste du continent .
Ces réflexes légitimes sont encouragés par les discours occidentaux prônant la "bonne gouvernance".
C'est pourquoi le refus que vient d'opposer le parquet de Paris, soumis statutairement au pouvoir exécutif, à la demande de deux juges d'instruction d'élargir leurs investigations dans l'affaire des "biens mal acquis" par les familles de trois chefs d'Etat africains estincompréhensible.

Saisis d'une plainte déposée en 2008 pour "recel de détournement de fonds publics" à l'initiative des organisations non gouvernementales Transparence internationale et Sherpa, les deux magistrats possèdent déjà un inventaire des achats suspects, notamment immobiliers, effectués en France par les familles des présidents du Congo-Brazzaville, du Gabon et de la Guinée équatoriale avant le dépôt de la plainte.
Leurs investigations viennent de révéler que ces transactions s'étaient poursuivies depuis lors. Les juges d'instruction avaient besoin du feu vert du parquet pour enquêter sur ces opérations récentes et déterminer l'origine des fonds utilisés.
Le refus du parquet est sans appel. Or policiers et douaniers ont établi de nombreux faits troublants. Ali Bongo, peu avant de succéder à son père à la présidence du Gabon, en 2009, a acquis une Bentley de 200 000 euros, tandis que le neveu du président congolais Sassou-Nguesso, chargé par son oncle de prélever les taxes sur les tankers de pétrole, a jeté son dévolu sur une Porsche de 137 000 euros.
La palme de l'extravagance revient au fils et ministre du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema. Outre un lot de Ferrari, Rolls-Royce et autres voitures de luxe, il a acheté aux enchères en 2009, chez Christie's France, 109 lots d'objets d'art anciens pour un montant de 18,3 millions d'euros, payés par... la société d'exploitation forestière qu'il dirige dans son pays, alors qu'il est aussi ministre des forêts !

"La présence de "biens mal acquis" pourrait être suspectée", écrivent les enquêteurs de la cellule gouvernementale antiblanchiment Tracfin eux-mêmes. Mais l'enquête qu'ils appellent de leurs voeux, entravée par le parquet, n'aura pas lieu.

Nicolas Sarkozy peut-il soutenir les peuples arabes en révolte contre leurs dirigeants corrompus, alors que son ministre de la justice couvre pareille interdiction d'enquêter sur les "biens mal acquis" un peu plus au sud ? La France a ratifié la convention de l'ONU contre la corruption de 2003, qui fait de la restitution des avoirs frauduleux un principe du droit international. Il est temps qu'elle la mette en oeuvre concrètement.
A moins que … à moins que nombreux de nos politiciens, Sarkozy y compris, aient touchés des « pôts de vin » « en un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » ( n’est-ce pas Mr Bongo, Chirac, Sarkozy, Mitterand ? il suffit de se rappeler un reportage à la télévision un soir d’hiver 2010 à 23h45 plus qu’éloquent sur le cinema de Mr Bongo avec les politiciens de l’époque où chacun venait chercher son cheque aupres du « père Bongo » ! ).
Et donc on comprend pourquoi ceux-ci aujourd’hui empêchent toute enquête…
C’est encore une fois honteux et inadmissible !
Mais pas du tout étonnante! (Juliette)
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Published by Juliette Abandokwe - dans Beurre et argent du beurre
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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 04:45

10 juin 2011

Alex Ndiaye

 

 

Règle numéro 1: Ne pas confondre «politicien» et «homme politique» 

 
La différence sémantique peut paraître subtile, mais elle est importante. Si vous êtes guidé par l’intérêt du peuple et de vos administrés, si vous êtes sincèrement soucieux de gérer les problèmes de la ville ou du pays, alors vous êtes un homme politique. En revanche, si vous ne vous intéressez qu’au siège et à la façon d’y accéder, alors vous êtes un politicien. 

Un homme politique est mû par ses idéaux; un politicien par son ambition. Déterminez rapidement quel type d’homme politique vous êtes et adaptez votre stratégie en fonction. Souvent, les deux types coexistent ou se succèdent chez un même individu. Tout est question d’équilibre entre l’ambition que l’on a pour soi et celle que l’on a pour son pays. 

Celui qui débute est sans doute bien plus idéaliste et sincère qu’un vieux routier de la politique. Le cynisme croît avec l’âge, et l’homme politique qui reste trop longtemps dans l’opposition finit par perdre sa fraîcheur et ses idéaux. Il se laisse contaminer par le modèle dominant qui, en Afrique, est souvent celui du pouvoir autoritaire. Ceci explique pourquoi un jeune opposant idéaliste et frais peut faire un président conservateur et ranci. Au Sénégal, on résume cet état de fait en disant que Wade est arrivé au pouvoir vingt ans trop tard.

 

Règle numéro 2: Ne pas confondre le parti et sa chose 

 
Créer un parti, c’est comme mettre un enfant au monde. On veut qu’il nous ressemble, on lui trouve toutes les qualités, on choisit pour lui le meilleur et surtout, on attend qu’il nous obéisse au doigt et à l’œil... Et c’est souvent là que le bât blesse. Beaucoup d’hommes politiques confondent leur parti politique et leur chose. Dès lors, il ne faut pas s’étonner qu’une fois arrivés au pouvoir ils confondent le respect dû à la fonction et l’obéissance aveugle. 

Si vous ne respectez pas la démocratie au sein de votre formation politique, comment pourriez-vous la respecter une fois que vous aurez entre les mains un pouvoir bien plus puissant? Il faut faire un effort. C’est vrai que la vie au sein du parti est parfois des plus pénible. Il n’est pas toujours facile d’assister, stoïque, des heures durant, aux interminables palabres sur le programme politique des sections locales, ou aux débats sur la stratégie à mettre en œuvre pour récolter les fonds des paysans du Haut Bondoukou. 

Les militants, surtout ceux qui adhèrent spontanément et paient une cotisation, se croient parfois tout permis. Ils sont exigeants et vous donnent des leçons. Mais vous devez faire preuve d’une patience infinie, car ils croient en vous et sont prêts en retour à sacrifier beaucoup. Ne négligez jamais vos militants et vos cadres. Ne leur imposez jamais vos volontés sans avoir longuement discuté. Ils auront l’impression d’un autoritarisme déplacé, et, plus grave, ils iront voir ailleurs. En période électorale, un bon directeur de campagne vaut de l’or. Demandez donc au Guinéen Alpha Condé s’il regrette d’avoir débauché chez l’adversaire son directeur de campagne en 2010! 

Le parti doit être à la fois une machine à gagner, disciplinée et efficace, et un lieu de débat et d’idées. Si vos militants ne sont pas convaincus par votre sens du dialogue et de l’écoute, ils vous lâcheront au premier revers. 

 

Règle numéro 3: Ne pas confondre conquête du pouvoir et destruction de l’adversaire 

 
Si la guerre est la continuation de la politique par des moyens différents, comme le disait le stratège chinois Sun Zu, la conquête politique, elle, s’apparente souvent à une guerre. Peu d’hommes politiques résistent à l’idée d’écraser leurs adversaires durant la campagne électorale. Les coups descendent souvent sous la ceinture. Accusations de corruption, ethnicisation du débat, agressions verbales ou physiques; plus vous en ferez voir à vos adversaires, plus vous penserez avoir des chances de le battre. Terrible erreur. 

Car n’oubliez pas que vos adversaires sont aussi coriaces que vous et vous rendront coup pour coup dès que l’occasion leur en sera donnée. Par ailleurs, en politique, l’adversaire d’un jour est souvent l’allié de demain —ou le contraire. Il faut donc toujours penser à mesurer ses actions afin de ne pas hypothéquer l’avenir. Les haines irréductibles gâchent parfois un mandat. Demandez à Laurent Gbagbo s’il n’aurait pas été plus avisé de rendre sa nationalité à Alassane Ouattara dès 2001. 

Et puis, l’homme politique doit avoir la grandeur d’âme suffisante pour pardonner (à la façon de Nelson Mandela) et ne pas se comporter en revanchard. C’est une question de survie personnelle tout autant que de stature. Ceux qui laissent une trace dans l’histoire sont les Gandhi et les Mandela, davantage que les Idi Amin Dada ou les Bokassa. 

 

Règle numéro 4: ne pas confondre L’Etat et sa propre personne 

 
Depuis Louis XIV on sait que «l’Etat, c’est moi». On sait aussi que ce type de raisonnement entraîna, un siècle plus tard, la chute de la monarchie française. Il n’est pas facile de résister à cette ivresse que procure le pouvoir. Souvent en Afrique, un président possède tout, peut tout se permettre, s’offrir ce qu’il veut. Ses caprices sont immédiatement exaucés. Les femmes lui courent après et les hommes se courbent plus bas que terre. 

Mais il faut savoir résister à cette tentation qui fait de vous l’égal de Dieu. Lorsque l’on a passé sa vie dans l’opposition et que l’on accède enfin au pouvoir suprême, l’ivresse est sans doute encore plus grande et les moyens d’y résister plus faibles. Aussi, un président soucieux du développement harmonieux de son pays devrait veiller à associer de temps à autre ses opposants à la gestion des affaires publiques en leur offrant, comme l’a fait le Sénégalais Abdou Diouf dès des les années 90, des portefeuilles ministériels. Cela donne aux opposants des raisons de patienter, d’espérer et peut-être même une certaine habitude de la gestion des affaires publiques. 

 

Règle numéro 5: ne pas confondre élections et manipulation 

 
Certes, les opinions sont versatiles. Elles brûlent aujourd’hui ce qu’elles ont adoré hier. En Afrique, l’Etat de grâce n’existe pas, ou il dure si peu que de nombreux présidents n’ont même pas le temps de savourer leur victoire. Ce n’est pas une raison pour s’empresser d’éradiquer toute forme de contestation en manipulant les premières législatives de votre mandat. S’offrir une majorité oui, se payer un Parlement à sa botte, non. 

Les électeurs n’auront aucun respect pour un Parlement perçu comme «acheté», et vous vous compliquerez inutilement la tâche. En revanche, un Parlement où chaque parti, y compris le vôtre, est à sa place, constitue un outil fantastique pour s’assurer une certaine durée au pouvoir. Il suffit de faire endosser par ce Parlement toutes les mesures impopulaires (austérité, sécurité, impôts) héritées du pouvoir précédent. Le Parlement (ou l’Assemblée) est à la fois une caisse de résonnance et un vivier inépuisable de boucs émissaires. A vous d’agir en fonction, au gré des circonstances.

 

Règle numéro 6: ne pas confondre clientélisme et politique de développement 

 
Un opposant, surtout en Afrique, est quelqu’un qui passe son temps à promettre. Et accessoirement, à donner le peu d’argent qu’il a récupéré ici ou là. Une fois au pouvoir, il doit tenir parole, au moins dans une petite mesure. L’homme politique crée alors un réseau clientéliste qui lui permet au passage de s’assurer une chaîne de fidélité. Le problème est de savoir faire preuve de discernement. 

Le clientélisme ne doit pas être la seule politique de développement du pays. A force de ne servir que les siens (région, ethnie, parti, etc.) on finit vite par s’aliéner les autres. En Côte d’Ivoire, dans l’ambiance paranoïaque qui règne depuis quinze ans dans la vie politique, Laurent Gbagbo n’a fait que favoriser les groupes ethniques qui lui étaient réputés fidèles. Aujourd’hui, Bétés, Guérés et Eburnéens se terrent par peur des représailles. 

Parfois, l’opposant arrivé au pouvoir rectifie son discours dans le bon sens. Ainsi Alpha Condé, qui a fait insidieusement campagne sur la «peur du pouvoir peul», s’est empressé d’en caser une flopée dans la haute administration et au gouvernement une fois arrivé au palais Sékoutouria. Et ce au nom du principe de l’équilibre entre les quatre régions naturelles de la Guinée, un invariant de la Guinée postcoloniale. 

 

Règle numéro 7: ne pas jeter son discours et ses principes aux oubliettes 

 
Les opposants sont souvent les meilleurs défenseurs de la démocratie —parfois jusqu’à la caricature. Mais lorsqu’ils accèdent aux plus hautes fonctions, il arrive qu’ils oublient ce passé de militant. D’Ange Félix Patassé à Abdoulaye Wade, en passant par Denis Sassou Nguesso, la liste est longue de ceux qui ont fait arrêter ou battre des opposants après avoir eux-mêmes été victimes de ce genre de traitement lorsqu’ils étaient dans l’opposition. Avoir la mémoire courte est une chose, renier ses principes en est une autre. 

Laurent Gbagbo, socialiste de toujours, attaché à la démocratie et la bonne gouvernance, est resté dix ans au pouvoir sans la moindre élection crédible, s’obstinant jusqu’à l’extrême à refuser le verdict des urnes. Un véritable cas d’école tant le décalage est flagrant entre le discours d’opposant et la praxis du dirigeant. 

 

Règle numéro 8: ne pas confondre la Constitution et le papier toilette

 

Lorsque vous arrivez enfin au pouvoir après de longues années d’attente et une série de batailles homériques, votre première envie et d’y rester le plus longtemps possible. Ecce homo… sous toutes les latitudes. Les institutions, et en particulier la Constitution, sont là pour vous empêcher de succomber à de vilains penchants dictatoriaux. 


Cette dernière limite le nombre de vos mandats et en fixe la durée. Les verrous institutionnels et politiques devraient vous empêcher de modifier les règles du jeu. Et pourtant… En Afrique, ceux qui ont résisté à l’envie de changer la Constitution se comptent sur les doigts d’une main. Citons Amadou Toumani Touré au Mali ou John Kuffor au Ghana. Changer les règles du jeu démocratique à son profit, c’est ancrer l’idée que la démocratie se piétine chaque matin. 

Bref, si vous voulez vous faire taper sur les doigts par les grandes démocraties, allez-y. Mais ne vous étonnez pas si un beau matin vos opposants politiques seront devenus des chefs rebelles. Et si le dialogue politique se résume dès lors à un échange de coups de canon. 

 

Règle numéro 9: ne pas confondre les ors de la République et le bling-bling. 

 

Vous souvenez-vous de Thomas Sankara? En bon révolutionnaire, il violait les codes et prônait notamment une simplicité absolue. Sankara vivait modestement et ne dépensait pas l’argent de l’Etat dans les boutiques de la rue de Sèvres, à Paris. 


Certes, on n’est pas obligé de mener une vie de moine lorsque l’on est président, mais depuis l’affaire des biens mal acquis, mieux vaut être prudent dans l’utilisation des fonds publics. Un président modeste n’est pas forcément un président faible. Il faut absolument combattre cette tendance qui fait qu’un opposant, appauvri par les campagnes politiques, frustré de ne jamais avoir le moindre sous en poche, se rue sur le Trésor public une fois arrivé au pouvoir. 

L’éphémère président bissau-guinéen Kumba Yallà (2000-2003), qui n’avait pas de quoi se payer un costume neuf dans l’opposition et qui exhibait dans tout Bissau des cols de chemise crasseux, s’est retrouvé du jour au lendemain richement vêtu au bras des plus belles filles d’Afrique de l’Ouest. 

Ce qui passe en France, pays riche et développé, avec certains présidents «bling-bling», passe moins bien quand le pays a la noix de cajou comme seule ressource. Un opposant qui accède au pouvoir n’est pas condamné à ressembler à un prédateur qui vient d’attraper sa proie. 

Mais il est parfois très difficile de résister à son proche entourage. Un témoin raconte qu’en 1993, lorsqu’Ange Félix Patassé devient président de la République centrafricaine, sa sœur et sa femme se sont exclamées «enfin riches, enfin riches!» au cours d’une réunion de famille. Quand l’accession au pouvoir devient la seule façon de s’enrichir, les principes moraux n’ont plus qu’à bien se tenir! 

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 01:40

9 juin 2011

Philippe Bernard

Le Monde

 

 

La décision devrait faire grand bruit, notamment dans quelques palais africains : la Cour de cassation a donné son feu vert, mardi 9 novembre, à une enquête judiciaire visant le mode d'acquisition, en France, par trois chefs d'Etat africains d'un imposant patrimoine composé notamment d'immeubles et de voitures de luxe. La plus haute juridiction française a cassé un arrêt de la cour d'appel de Paris qui, le 29 octobre 2009, avait déclaré irrecevable la plainte de l'organisation Transparency International-France pour "recel de détournement de fonds publics"et empêchait de ce fait l'ouverture d'une instruction.

La Cour ordonne le renvoi du dossier à un juge d'instruction pour que soit instruite la plainte de l'ONG, qui considère que les biens en question n'ont pu être acquis qu'avec de l'argent public détourné, tant la disproportion existant entre leur valeur et les revenus affichés par les chefs d'Etat en cause est grande.

La décision vise d'abord les présidents du Gabon - Omar Bongo aujourd'hui décédé et son fils Ali qui lui a succédé -, du Congo - Denis Sassou-Nguesso - et de Guinée équatoriale - Teodoro Obiang Nguema -, mais il s'agit d'un arrêt de principe aux conséquences potentiellement vastes.

Il autorise en effet une ONG telle que Transparency International à mettre en cause les "biens mal acquis" en France par des potentats de toutes origines. La plus haute juridiction judiciaire française  considère en effet que des détournements de fonds publics commis par des chefs d'Etat constitue un préjudice pour les ONG qui luttent contre la corruption. La Cour de cassation estime en effet que si les délits poursuivis étaient établis, ils "seraient de nature à causer à l'associationTransparence International France un préjudice direct et personel en raison de la spécificité du but et de l'objet de sa mission".

Cet arrêt ouvre donc de nouvelles perspectives aux militants luttant contre la corruption. Il résulte lui-même de trois années de bataille juridique entre les ONG et les autorités françaises, peu désireuses de voir mis en cause des chefs d'Etat considérés comme des "amis de la France".


Flotte de voitures de luxe

L'enquête de l'Office central de répression de la grande délinquance financière, menée en 2007 et révélée par Le Monde en février 2008, dressait l'inventaire impressionnant des biens possédés en France par ces chefs d'Etat et leur famille. Il était ainsi établi qu'Omar Bongo et ses proches possédaient 33 biens immobiliers (appartements, maisons, hôtel particulier), qu'ils détenaient 11 comptes bancaires ainsi qu'une considérable flotte de voitures de luxe.

Le président congolais, lui, détenait au total 18 biens tandis que le président Obiang se distinguait par les trois Bugatti à 1 million d'euros pièce fabriquées spécialement pour son fils Teodoro.

La découverte la plus spectaculaire se situait entre les Champs-Elysées et la plaine Monceau, dans le 8e arrondissement de Paris. Là, un hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d'euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci associe deux enfants du président gabonais,Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16 ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans.

Cette enquête de police avait été diligentée à la suite de la plainte déposée en mars 2007 par trois associations : Sherpa, groupement de juristes spécialisés dans la défense des droits de l'homme, Survie, spécialisée dans la dénonciation des turpitudes de la "Françafrique", et la Fédération des Congolais de la diaspora, qui dénonce l'opacité financière du régime de Brazzaville.

Sur la base d'un rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) recensant les avoirs détournés par plusieurs chefs d'Etat, elles accusent Omar Bongo, Denis Sassou-Nguesso et Teodoro Obiang-Nguema, de "recel de détournement d'argent public". Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire en juin 2007. Mais cette première plainte a été classée sans suite en novembre 2007.

Une deuxième, assortie d'une constitution de partie civile, a été déposée en décembre 2008 par Transparence International France (TIF) ainsi que par un contribuable gabonais, Gregory Ngbwa Mintsa. Ce dernier a alors été interpellé et incarcéré au Gabon pendant douze jours.

En mai 2009, Françoise Desset, doyenne des juges d'instruction du pôle financier de Paris, a jugé recevable la plainte de TIF tout en rejetant celle de M. Ngbwa Mintsa. Une information judiciaire pouvait alors s'ouvrir. Mais le parquet, placé sous l'autorité du ministère de la justice, avait fait appel et obtenu satisfaction en octobre 2009 par un arrêt de la cour d'appel de Paris qui avait stoppé dans l'œuf l'instruction. C'est cette dernière décision, que la Cour de cassation a censuré mardi.

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 08:49

30 avril 2011

Mensah

Koaci.com Accra

 

Pour chasser les démons du pétrole : Des spécialistes réfléchissent sur une répartition équitable des revenus

Le Ghana a débuté en décembre 2010 l’extraction de ses réserves pétrolières. Pour prévenir toute mauvaise gestion du bénéfice, lequel est une source de conflits dans certains pays producteurs de pétrole, les défenseurs de la société civile et les économistes préconisent que la richesse pétrolière soit équitablement distribuée dans le pays afin que qu’elle ne devienne pas une malédiction mais un bonheur pour les Ghanéens.

A peine les premiers barils de pétrole « made in Ghana » apparaissent sur le marché, des voix se font entendre pour cadrer ce secteur d’activité. La production qui a commencé en décembre 2010 et qui devrait atteindre la production de 120.000 barils par jour dans les prochains mois s’annonce prometteuse pour l’économie du pays. On estime que le Ghana pourrait gagner plus de $ 1 milliard par an à partir de son champ de Jubilée de pétrole offshore existants et que de nouvelles découvertes pourraient dynamiser ces chiffres.
 

Lors d'une manifestation à Washington le jeudi 21 avril 2011, les défenseurs de la société civile et les économistes ont estimé que le gouvernement du Ghana a besoin d'avoir davantage de planification et de transparence afin d'éviter une répétition de la corruption massive et de la violence qui sévit dans d'autres pays pétroliers africains. Saisissant l’occasion lors de cette tribune, le directeur de la Banque mondiale pour le Ghana, Ishac Diwan, a déclaré que l'enjeu était important pour la production pétrolière au Ghana, car de plus en plus de nouveaux champs offshores sont entrain d’être découverts dans le golfe de la Guinée.
Il a poursuivi en estimant que si le Ghana arrive à réussir son processus de gestion des revenus, il montrera une belle voie aux nouveaux pays producteurs du pétrole dans le golfe de Guinée.
 

Oxfam, une organisation non gouvernementale a jugé acceptable la gestion que font tous les acteurs (les bailleurs de fonds comme la Banque mondiale et les groupes de la société civile) impliqués dans la production du pétrole dans le pays.
 

Ceci revient à dire que si la gestion de la production est transparente c'est-à-dire combien la société reçoit, combien elle dépense et le motif de ces dépenses, alors tout le monde comprendra ce qui se fait. Mohammed Amin Adam, un membre de la société civile prévoit qu’une fois après son retour au Ghana, il fera des propositions de développement au gouvernement afin que celui-ci investisse dans des secteurs vitaux de façon transparente afin d’accroitre les chances et les perspectives de développement pour le pays.

Outre cette bonne intention, il y a lieu de signaler les dommages collatéraux que commencent à subir les populations des zones mitoyennes situées le long de la côte ouest du Ghana. En effet, les habitants des villages sont soumis à la pollution et leurs activités (pêche et agriculture) sont fortement perturbés. Au même moment, les jeunes de ces milieux à défaut de prêter leur main d’œuvre aux compagnies, sont pour l’heure confinés dans l’oisiveté. Les entreprises sur place ne recherchent que des experts en la matière.

L’anticipation que le Ghana veut faire des dividendes de son exploitation pétrolière est une bonne initiative, souligne l’ambassadeur du Ghana aux Etats Unis, son excellence Daniel Agyekum Ohene. C’est une stratégie qui permettra de mettre l’accent sur le développement du pays pour qu’aucune communauté ne soit négligée. Et cette politique pourra à terme éviter les conflits à répétition que connaissent certains pays producteurs du pétrole en Afrique.
 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 06:16

8 avril 2011

Les Nouvelles News

 

 

Comment stopper un projet d'extraction d'uranium sur les terres agricoles de Faléa? Pendant que le monde s'interroge sur les risques du nucléaire, c'est la question que se posent les habitants de cette région enclavée du Mali. Et elle commence à empoisonner les autorités maliennes. « Il faut s'intéresser à Faléa », clame Eva Joly.

 

Faléa, 21 villages et 17 000 habitants, dans une région isolée à 350 kilomètres de la capitale malienne. Tous les jours, sur le plateau, deux foreuses creusent le sol en quête d'uranium. 5 000 tonnes de minerais se trouveraient là. En quatre ans, des dizaines de puits de carottage sont apparus sur ces terres de cultures vivrières. L'exploitation minière proprement dite n'y a pas encore débuté : le groupe canadien Rockgate poursuit la phase d'exploration, pour déterminer les meilleurs gisements et leur profondeur. Mais ce n'est plus qu'une question de mois. Pour les habitants mobilisés contre cette opération minière, et regroupés au sein de l'ARACF (Association des Ressortissants et Amis de la Commune de Falea), le temps presse.

 

L'an dernier un représentant de l'ARACF en France alertait les Verts lors de leur université d'été : l'exploitation d'uranium menace l'environnement et les habitants de Faléa. Greenpeace et la Criirad (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité) venaient d'ailleurs de rendre publique une étude sur l’impact environnemental de l’extraction d’uranium par Areva dans une mine du Niger voisin. Conclusion : les matières radioactives qui résultent de l'exploitation contaminent les sols, l'eau et l'air (ici la synthèse de ce rapport).

De quoi interpeller la députée européenne Eva Joly, qui s'est également penchée en 2010 sur les activités minières d'Areva en Afrique. « Fukushima l'a rappelé, l'uranium est dangereux dans les réacteurs des centrales. Mais il l'est aussi lors de l'extraction, et même dès les forages », souligne-t-elle. Des forages qui nécessitent l'utilisation d'eau et de produits chimiques. Rockgate a déjà contaminé un des puits de la communauté et les carottes, découpées sur place, dégagent des poussières radioactives.

 

Une démission sur fond d'uranium ?

 

A la fin du mois de mars, Eva Joly s'est rendue au Mali, accompagnée de Michèle Rivasi, une autre eurodéputée EELV (Europe Ecologie - les Verts), spécialiste du nucléaire, et de membres de la Criirad. Pendant 5 jours, elles sont allées sur le terrain, à Faléa, puis dans la capitale Bamako où elles ont rencontré les ministres concernés et le président Amadou Toumani Touré. A l'issue de ce séjour, elles affichaient leur satisfaction : l'Etat malien avait entendu leurs doléances et décidé de mettre un terme à l'exploitation de l'uranium à Faléa.

Mais c'était crier victoire trop tôt. Incompréhension ? Volte-face rapide des autorités ? Dès le lendemain, un conseiller du président malien démentait : « Non, il n'y a pas eu de prise de décision de faire arrêter tout de suite les forages. Pour le moment, on assiste à une phase exploratoire dans cette mine. C'est l'exploration qui est en cours, et elle continue ».

 

« Lors d’une ultime rencontre, le président nous a promis d’arrêter les forages, de ne pas délivrer de permis d’exploiter et de désormais favoriser l’agriculture plutôt que les industries polluantes », annonçaient pourtant les écologistes. Difficile de démêler le vrai du faux. « Evidemment, ce n'est pas une décision simple. Il y a des contrats de passés, on ne peut pas tout arrêter d'un coup », reconnaît Eva Joly.

S'ajoute à cela une situation politique devenue confuse : dans les heures qui ont suivi, le président malien a limogé l'ensemble de son gouvernement. Un coup politique dans la perspective des élections présidentielles de 2012, mais les opposants au projet de Faléa - et certains titres de la presse malienne - y voient aussi une conséquence du trouble que sème la question de l'uranium. Et plus précisément de la complaisance de celui qui était ministre des Mines, Abou-Bakar Traoré, à l'égard des compagnies minières.

 

"Pression" du FMI

 

Eva Joly assure croire en l'intégrité de l'ancien ministre. Mais reconnaît l'opacité des décisions autour de l'exploitation minière : ni le ministre de l'Environnement, ni le président Touré, n'étaient au courant du projet minier à Faléa avant la rencontre avec les eurodéputées. Pourtant, en février dernier encore, les autorités maliennes octroyaient à la société canadienne une convention pour deux nouvelles zones d'exploration autour de Faléa. Pour une surface totale de 225 km2. « Nous somme fortement encouragés par le soutien à nos activités de la part du gouvernement malien », se réjouit la compagnie.

 

Eva Joly pointe du doigt un autre acteur dans l'ombre : le Fonds monétaire international (FMI), qui maintient le pays « sous pression pour développer l'activité minière afin d'avoir des revenus à l'export ». Pourtant, estime-t-elle, la productivité minière au Mali offre peu de perspectives pour l'Etat.

Et Rockgate, de son côté, offre peu de garanties. La société n'a vu le jour qu'en 2004, et son actionnariat est inconnu. « Si j'étais le président du Mali, je ne laisserais pas le sort de 20 000 de mes concitoyens entre les mains d'une jeune société qui fait des déficits et qui doit assurer la sécurité des déchets pour 10 000 ans », assène Eva Joly.

 

Dans l'attente de l'étude d'impact

 

Difficile, par ailleurs, de se faire une idée du pouvoir des divers services d'Etat concernés. De l'avis de la Direction Nationale de la Géologie et des Mines, les activités de prospection de l’uranium ne présentent pas de risque pour l’environnement et la santé des populations. Rockgate n'enfreint pas la loi, puisque le code minier malien ne prévoit pas d'étude d'impact environnemental avant l'exploitation. Mais ce code n'est pas adapté à la spécificité de l'uranium, estime Eva Joly. Il a été créé pour l'or - qui représente la grande majorité des ressources minières maliennes. L’AMARAP (Agence Malienne de Radioprotection) a toutefois promis d'effectuer sur place ses propres mesures et analyses... mais, nouvellement créée, elle manque de ressources financières et de moyens logistiques.

 

Depuis 4 ans, les travaux d'exploration de Rockgate peuvent donc s'effectuer dans la plus grande opacité vis à vis du gouvernement, et sans que les populations locales n'aient été informées de quoi que ce soit. Sur place, les habitants dénoncent « l'arrogance » d'une compagnie minière « ignorant royalement leur existence et leurs activités et modes de vie ».

L'étude d'impact social et environnemental, Rockgate devra la fournir pour réellement débuter son activité minière à Faléa. Confiée par la compagnie à une société indépendante, elle devrait enfin voir le jour d'ici le mois de juin. « Bien conduite, elle va démontrer que l'impact sera terrible », lance Eva Joly. C'est sur ses données que le gouvernement malien s'appuiera pour décider, ou non, de délivrer à Rockgate les permis d'exploiter.

 

L'Etat malien enfin sur le terrain

 

Malgré cette évidente confusion, la visite des députées EELV aura eu un effet positif : une mission composée de ces différentes autorités techniques maliennes doit se rendre sur place dans les prochains jours « pour identifier les problèmes et proposer des mesures ». C'est ce qui a été promis à l'ARACF, et ce sera une première : « Depuis 2007, aucun service technique malien compétent ne s’est rendu à Faléa et la compagnie minière oeuvre à sa guise », déplore l'association. Les ministres de l'Environnement et des Mines pourraient eux aussi se rendre sur place à la fin du mois d'avril.

 

De quoi donner aux habitants de Faléa l'espoir de se faire entendre ? Les membres de l'ARACF l'espèrent, même s'ils redoutent une manoeuvre du gouvernement pour faire des promesses mais, au bout du compte, donner leur feu vert à Rockgate.


Pour Eva Joly, « Il faut que la communauté internationale s'intéresse à Faléa ». Car si le projet va à son terme, la vision que propose l'eurodéputée est on ne peut plus noire : « Rockgate va détruire le cadre de vie de 20 000 personnes, polluer la nappe phréatique, rendre la terre inexploitable. Tout ça pour que le Mali puisse rembourser les dettes pourries sous pression du FMI. »

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 07:23

Le texte original de ce document a été écrit en 2007, peu après l'élection de M. Nicolas Sarkozy à la présidence de la République Française.

Jean-Claude Mayima-Mbemba

Secrétaire Général de l'Organisation Africa Human Voice International


Le plus grand scandale de l'Humanité fait d'expropriation, de spoliation, d'escroquerie et d'esclavagisme dont la France n'a pas honte.


 

LE PACTE COLONIAL OU LA VRAIE CAUSE DES GUERRES

Le pacte colonial, selon l'Encyclopédie Universelle Larousse, est une forme « de la conception mercantiliste de la colonisation qui visait à l'enrichissement de la métropole. Il stipulait : l'interdiction totale ou partielle du marché colonial aux produits étrangers ; l'obligation d'exporter les produits coloniaux exclusivement ou principalement vers la métropole ; l'interdiction, par la colonie, de produire des objets manufacturés, son rôle économique se bornant à celui de productrice de matières premières et de débouché commercial ; le traitement de faveur accordé par la métropole aux produits coloniaux, accompagné d'une aide politique, militaire, culturelle et souvent économique, fournie par la métropole. » (1).

Voici ce que le Professeur Mamadou Koulibaly écrit à ce sujet :

 
« Ce pacte, depuis la fin officielle de la colonisation, s'est transformé en un étatisme qui a perturbé tous les sens des Africains des pays dits " anciennes colonies françaises " qui, aujourd'hui, sont à la recherche d'un sens à donner à leur existence individuelle et collective. La guerre absurde que leur mène la France est fondée sur l'idée tout aussi absurde que l'Etat ivoirien, par exemple, est géré par des hommes incapables de défendre et protéger les intérêts français en Côte d'Ivoire. On a beau réfléchir sur le sens à donner à un reproche, il est impossible d'en trouver un qui soit rationnel. Peut-on pour autant se résoudre à l'absence de sens dans cette vie d'Africains originaires des contrées les plus pauvres dans un monde rapide, avancé et qui ne nous attend pas ?
L'absence de sens pour ceux qui ne peuvent s'y résoudre fait de nous des gens absurdes au sens que la philosophie donne à ce concept. La recherche permanente de sens conduit aujourd'hui les Africains à se révolter. La France ne fait que continuer une politique huilée des différentes autorités politiques françaises vis-à-vis de l'Afrique noire. Tromperie, dissimulation, simulation et autres coups tordus sont monnaie courante pour déstabiliser ou pas des régimes, selon qu'ils sont ou non définis par le monarque comme non-conformes ou politiquement incorrects.


Absurdes, même à l'heure de la mondialisation, sont les vestiges des relations coloniales qui marquent encore de nombreux esprits en Afrique et en France. Vous n'êtes pas capables de défendre les intérêts de la France, dit-on. Vous n'êtes que des anarchistes, dit-on dans les milieux de « distributeurs » de pouvoir en Afrique, à vouloir refonder l'ordre établi depuis toujours.
Depuis, les Africains n'ont pas arrêté d'entendre ces reproches. Tous, au sein de la monarchie française et autour d'elle, en Europe comme en Afrique, regrettent la belle époque des « Vieux dirigeants », ces béni-oui-oui, où il n'y avait ni fascistes au pouvoir, ni anarchistes dans les rues. Quelle époque ! disent en cœur tous les nostalgiques du pacte colonial.
Mais lorsqu'on écoute ceux qui soutiennent ces thèses, à l'exception de quelques-uns sur lesquels ils ont la mainmise, les pays africains seraient aujourd'hui mal gouvernés, par des incapables et des inexpérimentés. Mais d'où provient cette incapabilité ? Et qu'est-ce qui permet de définir cette inexpérimentabilité ? Comment était donc cette belle époque que tant de nostalgiques réclament à cor, à cri et à kalach ? »


Aujourd'hui en Afrique francophone, les « meilleurs » chefs d'État sont ceux qui ont reçu l'onction et la bénédiction de Paris. A ce sujet, j'ai déjà dit et écrit : « Le principe du pouvoir en Afrique d'expression française (anciennes colonies ?) est simple. Celui qui remue la queue, rampe, lèche les bottes et garantit les « intérêts de la France », même s'il est mondialement reconnu criminel, celui-là est jugé apte à « gouverner » ses compatriotes. » (2)

Pour répondre à ces questions et rechercher un sens rationnel à ces reproches, regardons le fond des relations françafricaines, pivot de la « mafiafrique », depuis l'indépendance. Ces périodes ont été et sont encore marquées par l'étatisme qui n'est rien d'autre qu'un totalitarisme discret qui se traduit par l'idéologie du développement économique impulsé par la coopération interétatique, la solidarité obligatoire entre les États, l'aide publique au développement, le refus de la liberté et de la démocratie pour les populations dont les pays sont supposés bénéficiaires des bienfaits de cet étatisme.

En voici l'exemple qui n'est qu'un extrait de toute une panoplie de textes aujourd'hui devenus caducs et auxquels il ne faut surtout jamais toucher, au risque d'être réduit au silence éternel :

I.- Transfert de compétence sans indépendance

L'Accord particulier portant transfert des compétences de la Communauté à la République de Côte d'Ivoire.

Le gouvernement de la République de Côte d'Ivoire d'une part, le gouvernement de la République française d'autre part, ont convenu de ce qui suit :

Article premier - La République de Côte d'Ivoire accède, en plein accord et amitié avec la République française, à la souveraineté internationale et à l'indépendance par le transfert des compétences de la communauté.

Art. 2 - Toutes les compétences instituées par l'article 78 de la Constitution du 4 Octobre 1958 sont, pour ce qui la concerne, transférées à la République de Côte d'Ivoire, dès l'accomplissement par les parties contractantes de la procédure prévue à l'article 87 de ladite constitution.

Fait à Paris, le 11 Juillet 1960
Félix Houphouët-Boigny
Michel Debré

II - Toutes les richesses réservées à la France

ANNEXE II A l'accord de Défense entre la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey, la République française et la République du Niger concernant la coopération dans le domaine des matières premières et produits stratégiques.

Afin de garantir leurs intérêts mutuels en matière de Défense, les parties contractantes décident de coopérer dans le domaine des matériaux de Défense dans les conditions définies ci-après :

Article 1 : Les matières premières et produits classés stratégiques comprennent :

- Première catégorie : les hydrocarbures liquides ou gazeux ;

- Deuxième catégorie : l'uranium, le thorium, le lithium, le béryllium, leurs minerais et composés.

Cette liste pourra être modifiée d'un commun accord, compte tenu des circonstances.

Article 2 : La République Française informe régulièrement la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger de la politique qu'elle est appelée à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques, compte tenu des besoins généraux de la Défense, de l'évolution des ressources et la situation du marché mondial.

Article 3 : La République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger informent la République Française de la politique qu'elles sont appelées à suivre en ce qui concerne les matières premières et produits stratégiques et des mesures qu'elles se proposent de prendre pour l'exécution de cette politique.

Article 4 : La République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger facilitent au profit des forces armées françaises le stockage des matières premières et produits stratégiques. Lorsque les intérêts de la Défense l'exigent, elles limitent ou interdisent leur exportation à destination d'autres pays.

Article 5 : La République Française est tenue informée des programmes et projets concernant l'exportation hors du territoire de la République de Côte d'Ivoire, de la République du Dahomey et de la République du Niger des matières premières et des produits stratégiques de deuxième catégorie énumérés à l'article premier.

En ce qui concerne ces mêmes matières et produits, la République de Côte d'Ivoire, la République du Dahomey et la République du Niger, pour les besoins de la Défense, réserve par priorité leur vente à la République Française après satisfaction des besoins de leur consommation intérieure, et s'approvisionnent par priorité auprès d'elle.

Article 6 : Les Gouvernements procèdent, sur les problèmes qui font l'objet de la présente annexe, à toutes consultations nécessaires.

Fait à Paris, le 24 avril 1961
Félix HOUPHOUËT-BOIGNY
Hubert MAGA
Michel DEBRE
Hamani DIORI

Je le répète, ces textes sont « universellement propres » à tout l'univers africain francophone du pré carré français, pour les deux groupes ou zones qui constituent les colonies françaises d'Afrique, à savoir : l'ancienne Afrique Occidentale Française (AOF) et l'ancienne Afrique Equatoriale Française (AEF). Le texte de ces accords prétendus soumis à signature est le même. Il suffit de remplacer le nom de l'Etat africain (ancienne colonie), le nom de son chef d'État et la date de signature, et le tour est joué.

Cinquante ans après, aujourd'hui, il est toujours interdit de toucher à ce marché de dupes, de truands, et de pilleurs séculaires, qui consacre et sacralise le caractère kleptocrate de l'Etat français. Quiconque ose y toucher se voit lui tomber la foudre de Paris sur la tête. Le président Laurent Gbagbo de la République de Côte d'Ivoire, et bien d'autres avant lui, en ont fait les frais ou connu des déboires. Ceci explique les flux migratoires massifs Sud-Nord. Et tant que l'Europe en général et la France en particulier n'auront pas mis fin à ce pillage éhonté, à l'affectation et l'installation dans nos pays des " Préfets de région " ou des " présidents-gouverneurs généraux " au service de la France, de surcroît criminels et kleptocrates, le problème de l'immigration Afrique-Europe (Sud-Nord) ne sera jamais réglé, et les pays dits du Nord, c'est-à-dire l'Europe, seront confrontés à cette immigration pour très longtemps.

Mais, en revanche, on leur dit : « Laissez-nous piller les richesses de vos pays, restez chez vous et acceptez la mort. Inclinez-vous, abaissez-vous devant la loi du plus fort, celle du Maître ».

Voilà en clair, le non-dit du vrai discours des politiques français avec leurs supplétifs.

Alors, dans ces conditions, est-ce l'Afrique qui a besoin de la France ou est-ce la France qui a besoin de l'Afrique ? Qu'à cela ne tienne, « Laissez-nous vivre ! Nous avons droit à la vie, à la paix, à la liberté et à la démocratie toujours brisées, escamotées par la France à travers sa vision et la pratique de sa politique africaine !»

Pour preuve, non content de l'existence, au ministère des Affaires étrangères, de la direction des affaires africaines, le palais de l'Elysée dispose et abrite en son sein un département dénommé : « Cellule africaine de l'Élysée », véritable laboratoire de conception, de « faiseurs » et « défaiseurs » de rois en Afrique, et où il n'existe aucune autre cellule par exemple asiatique ou maghrébine, etc., sauf pour l'Afrique Noire, celle des colonies et des compagnies concessionnaires françaises.

A quand donc la suppression de cette Cellule ? A moins que cette cellule ne soit destinée à autre chose, la présidence de la République Française n'a-t-elle donc pas confiance en son gouvernement qu'elle a pris le soin de nommer elle-même, ou est-ce pour monter et camoufler les coups bas ? (3)

Le président Sarkozy et son gouvernement, ou ses successeurs demain, auront-ils le courage politique pour mettre fin à cette aberration qui consacre le caractère mafieux de la politique africaine de la France ?

L'AFRIQUE FACE A LA FRANÇAFRIQUE

Les Africains, depuis des décennies, n'ont cessé de dénoncer les pratiques et les effets pervers, nocifs et criminels du phénomène que François-Xavier Verschave avait désigné sous le vocable de « Françafrique », génitrice de la « Mafiafrique ».

Nombreux sont ceux qui s'y sont frottés et s'y sont cassé les dents, au risque même de leur propre vie. Voici quelques cas :

- Le président Fulbert Youlou, premier président de la République du Congo-Brazzaville (ancien Moyen-Congo sous la colonisation française), est tombé, limogé par coup d'État en 1963, peu après avoir dénoncé à la tribune des Nations Unies, en 1961, les prétendus Accords de coopération entre la France et les États africains fraîchement devenus indépendants (?), bien entendu sur le papier mais pas dans les faits.

- Le président Alphonse Massamba-Débat, deuxième président du Congo-Brazzaville, est tombé, puis en est mort assassiné, lui aussi, pour avoir osé remettre en cause les mêmes accords dits de coopération.

- Le président Marien Ngouabi, troisième président du Congo-Brazzaville, est mort assassiné, lui aussi, pour avoir osé s'interroger sur la part pétrolière du Congo et sur l'intérêt de ces accords dits de coopération qui n'ont jamais profité à son pays.

- Le président Pascal Lissouba, deuxième président élu démocratiquement au suffrage universel, en a fait les frais, non à cause de sa bonne ou mauvaise gouvernance, mais pour avoir gêné la puissance tutrice du Congo, la France, dans le pillage du pétrole congolais. Les développements ci-devant en sont l'explication.

- L'Abbé Barthélémy Boganda, premier président de la République Centrafricaine, anciennement Oubangui-Chari sous la colonisation, le premier de tous ces suppliciés, est mort assassiné pour avoir, dès la première heure, dénoncé et remis en cause les mêmes accords.

- Le président François Tombalbaye, du Tchad, est lui aussi mort assassiné pour n'avoir plus satisfait honorablement le « Pacte colonial » qui consacre les intérêts de la France. Entendez « les accords de coopération » des années 1960.

- Le président Thomas Sankara, du Burkina Faso, très jeune, en a été victime, lui aussi. Le « Rectificateur » est passé par là.

- Très récemment encore, le président Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d'Ivoire, a connu les déboires que l'on sait, parce que, lui aussi, a eu le toupet de dénoncer et remettre en cause les mêmes accords dits de « coopération » entre la France et son pays.

Cette liste n'est pas exhaustive, car celui qui n'obéit pas, ne se plie ou n'accepte pas les règles de la Françafrique et n'applique pas le diktat du Pacte colonial, celui-là est soit mort assassiné, soit chassé du pouvoir par tous les moyens, même violents.

Mais qu'est-ce que la « Françafrique » ?

La « Françafrique », c'est le prolongement, la suite logique, sous d'autres formes, de l'esclavage, du Code Noir de Louis XIV rédigé par Colbert en 1685, réactualisé par Bonaparte qui y avait adjoint le Code de l'Indigénat ; c'est également la suite logique de la colonisation, l'autre face de la médaille de l'esclavage.

La « Françafrique », c'est le système hideux, barbare, anachronique qui consacre la continuité des deux premiers, à savoir l'esclavage, la colonisation et son Code de l'indigénat. Elle institue le pillage éhonté des pays africains francophones, anciennes (?) colonies françaises tout en les maintenant dans la dépendance, la pauvreté et la mendicité chroniques.

D'ailleurs, sans ce système inique et honteux, il y a très longtemps que la France serait à genoux. Il lui faut des criminels et des kleptocrates pour survivre et tenir son rang de puissance économique dans le concert des Nations.

Pour bien comprendre et saisir le fond de ces accords prétendus qui font de la France un État kleptocrate, et toute dissertation à ce sujet serait vaine, voire mortelle, j'ai la faiblesse de vous renvoyer au livre du professeur Koulibaly Mamadou, intitulé : « Les servitudes du Pacte Colonial » (4).

Dans ce livre, l'auteur donne intégralement tous les textes que la France, sous la signature du Premier ministre de l'époque, M. Michel de Debré, impose et fait signer à la Côte d'Ivoire, sous la signature du président Félix Houphouët-Boigny, comme à tous les autres chefs d'État de son pré-carré africain.

Notons que les textes imposés par la France à la République de Côte d'Ivoire sont les mêmes que ceux imposés à toutes ses autres colonies d'Afrique. La seule différence demeure dans les dates de signature, les noms des pays et des signataires de ces « Accords de coopération » prétendus. Mais le fait le plus curieux, c'est qu'aucune des parties africaines n'a eu le droit, la liberté de discuter, de négocier lesdits accords avant leur signature. Soit tu signes, soit tu dégages. La demande est nombreuse.

Or, en règle générale, un accord se discute, se négocie jusqu'à trouver le juste milieu, le consensus. Ce qui n'avait jamais été le cas. Ici est sacralisée la continuité de l'esclavage, de l'indigénat et de la colonisation. Fait encore plus cruel et dramatique, c'est que nul n'a le droit, même en 2007, de les dénoncer encore moins de les remettre en cause aux fins de les renégocier. Quiconque ose soulever la question de ces accords, se retrouve soit réduit au silence éternel (au cimetière), soit confronté à un coup d'État en règle et quitte à y laisser sa vie, purement et simplement. La " Françafrique " est un système inhumain, barbare, qui tue, qui assassine quand on refuse d'obéir.

Dès lors, une question se pose. Pour survivre et assurer le bien-être de ses populations, l'Europe, la France en tête, a-t-elle besoin de piller aussi éhontement, d'organiser et soutenir logistiquement des génocides et des crimes contre l'humanité ?

Ceci étant, si tant est que les pays africains francophones, anciennes (?) colonies françaises, dit-on, sont réellement et effectivement indépendants, comment donc expliquer la présence de cette monnaie appelée « Franc CFA » ? Cherchons et trouvons à travers le monde une Nation et un Etat souverain qui vivent avec une monnaie d'emprunt, véritable cordon ombilical et monnaie de singe, gérée par un Etat tiers, sinon en Afrique francophone.

Au premier semestre 2007, la France s'est agitée autour d'une élection présidentielle. Cherchons et trouvons un seul des douze candidats officiels retenus pour la compétition qui a parlé des rapports de la France avec ses anciennes colonies prétendues. Aucun ! C'est donc dire que la dialectique « Gauche-Droite » est une affaire franco-française. Lorsqu'il s'agit des « Intérêts de la France », il n'y a plus de Gauche, il n'y a plus de Droite. C'est bonnet blanc et blanc bonnet. Le Général de Gaulle n'avait-il pas déclaré que « la France n'a pas d'amis, elle n'a que des intérêts » ? Cette phrase résume tout le reste.
Souvenons-nous également que Georges Clémenceau avait déclaré : « Une goutte de pétrole vaut bien une goutte de sang ».

Le monde occidental est inquiet, très inquiet de l'évolution économique du monde asiatique. Le développement économique de la Chine et de l'Inde inquiète l'Occident dans son ensemble. L'Afrique est à la traîne, et pour cause ! Le continent africain, voisin très proche de la vieille Europe, n'a pas intérêt à se développer. L'Union européenne, la France en tête, s'y emploie pour que cela ne le soit jamais. Le développement de l'Afrique menacerait directement le continent européen dont le marché serait inondé par la production des paysans africains. L'Afrique étant uniquement réservée à un marché pour la consommation des produits de l'Europe, nul n'a donc intérêt à la voir émerger, se développer. Son maintien dans la misère, dans le vieux programme décrété depuis le XIIIème siècle, voire bien avant, arrange les affaires de l'Europe et garantit la quiétude du continent européen.

Cependant, il y a un phénomène qui dérange. Celui de l'immigration. Les Etats européens, la France en tête, ont pensé à tout. De la soumission à l'asservissement des pays africains. Mais jamais ils n'ont pensé qu'un jour déferleraient à leurs portes, au prix même de leur vie, des hordes de femmes, d'hommes et d'enfants en quête de liberté, de paix et de bien-être. C'est la conséquence de cette politique inhumaine de soumission et de pillage à outrance d'un continent entier. Pour y remédier, les Etats européens se sont ligués pour dresser des barrières, des barbelés, des murailles, des camps d'internement jusque sur le sol africain même, pour empêcher, autant que faire se peut, cette vague humaine poussée à l'exode par leur propre politique séculaire de pillage.

Or, tant que l'Europe dans son ensemble n'aura pas compris qu'il faut cesser de protéger, de soutenir des dictateurs, des chefs kleptocrates et des criminels en Afrique, voire ailleurs ; tant que l'Europe, la France en tête, continuera d'y installer des hommes dits « Chefs d'État » à travers des coups d'État organisés et soutenus logistiquement par elle, l'Europe n'en finira jamais avec le phénomène de l'immigration qui, d'ailleurs, à chaque campagne électorale en France par exemple, devient un des thèmes sinon le thème de prédilection pour se faire élire. Pratique fondamentalement abjecte.

Ainsi les politiques, exacerbant la fibre xénophobe de leurs concitoyens, alimentent, excitent l'exclusion, le rejet et la haine de l'autre. Les premiers racistes, les premiers xénophobes, ce ne sont pas les populations et les peuples européens ou français qui sont excités, mais leurs leaders.

L'Europe aujourd'hui, et depuis la nuit des temps, à commencer par la France, vit de pillages, des kleptocrates, des dictateurs et des criminels africains qu'elle prend d'ailleurs le soin d'y installer.

En résumé, tel un vampire ou une sangsue, l'État français vit du sang des martyrs, des innocents africains (hommes, femmes et enfants), conformément à la lettre du « Pacte colonial » qui a institué le système d'expropriation et de spoliation des peuples africains.

Principe de facilité d'accession au pouvoir en Afrique

Particulièrement en Afrique d'expression française dite aussi « Afrique francophone », le principe d'accession au pouvoir est très simple. Il suffit de signer le contrat qui consiste à renflouer les caisses des autres, c'est-à-dire accepter d'être une vache à lait, alors on est coopté et jugé apte à « gouverner » ses compatriotes.

Dès cet instant, le pacte de soumission, d'assujettissement et de réduction de tout un peuple à l'esclavage est signé. Le reste n'est plus qu'une simple formalité, comme l'organisation et la mise en place de la stratégie et de la logistique inhérentes à l'installation de « l'affranchi » qui, pour le fauteuil offert et son maintien à vie dans celui-ci, exécutera impitoyablement, aveuglement, et dans l'impunité la plus absolue, ce que ses maîtres évitent et ne veulent surtout pas accomplir de leurs propres mains. Dès lors, le cycle de la violence, de la barbarie et de la bestialité est déroulé, à la grande satisfaction des commanditaires et autres souteneurs.

Ainsi depuis des décennies, la France est tombée dans cette bassesse inqualifiable où les crimes de sang et les crimes économiques, à son actif, sont incalculables. Ainsi, ce qui se passe aujourd'hui en Côte d'Ivoire, comme hier au Rwanda ou au Congo-Brazzaville, voire ailleurs, relève de cette même logique, de ce plan macabre. Le Gabon et le Cameroun n'en sont pas épargnés non plus. Leur moment viendra. C'est une question de temps.

Ici, s'agissant donc de l'État français, se justifie ce qu'avait écrit Lanza del Vasto : « Plus un ordre viole la nature, l'habitude et la norme, et plus l'usage de la violence lui est indispensable » (5).

Ce propos, encore une fois, d'aucuns le jugeront sans doute excessif. Peut-être, et qu'en savons-nous ! Mais ce qui est sûr, et ce qui le conforte, c'est la déclaration des Évêques d'Afrique centrale qui, réunis du 15 au 18 février 2000 à Bangui, dans le cadre du Conseil permanent de l'Association des Conférences Épiscopales de la région de l'Afrique centrale (ACERAC) regroupant les Épiscopats du Cameroun, de la République Centrafricaine, du Congo-Brazzaville, du Gabon, de la Guinée Équatoriale et du Tchad, avaient lancé un appel pour que les gouvernements, les hommes politiques et les multinationales cessent d'opprimer les peuples par la recherche effrénée du profit :

« L'exploitation de nos ressources naturelles est devenue la source de notre souffrance. Des nations entières sont mises à feu et à sang dans le seul but de préserver les intérêts de l'un ou de l'autre pays étranger et des compagnies internationales », ont-ils déclaré, tout en ajoutant : « Le tribalisme, le manque de transparence dans la gestion publique, l'égoïsme des responsables politiques, la corruption généralisée, minent les structures des États et hypothèquent l'avenir de nos pays et les amènent à corrompre ceux qui doivent décider » (Fides, Rome, 25/02/2000).

Les différents comportements évasifs et refus de la France observés ces dernières années, voire très récemment, notamment dans les dossiers par exemple de la reconnaissance du génocide arménien, ou du procès de Pinochet, relèvent de cette même logique. Comment cela pourrait-il en être autrement dans la mesure où ceux qui doivent reconnaître les génocides et condamner ces actes ignobles et indignes d'un Etat de droit, sont ceux-là même qui les perpétuent en Afrique ? On ne juge ni ne condamne son complice, son homologue ou son sosie. La France ne le peut donc pas.

Autre exemple. En dehors de son discours de Luanda, où il s'est félicité de l'œuvre d'extermination des populations du Sud au Congo-Brazzaville accomplie par Sassou Nguesso, Dos Santos, Idriss Deby et autres, aviez-vous vu le président Jacques Chirac prononcer un seul mot sur le Congo-Brazzaville ? Comment le pouvait-il puisqu'il en est l'artisan ? L'on comprend pourquoi le président Jacques Chirac, le fonceur, le bulldozer, n'a pas pesé de tout son poids dans l'affaire Pinochet. Et pour cause !

Et donc, à cet égard, il y a lieu de craindre le pire pour nous, nous pauvres Nègres d'Afrique Noire, qu'on ne considère même pas comme des êtres humains à part entière par ceux qui commanditent des crimes contre l'humanité et des génocides en Afrique, pour leur seule prospérité, surtout en ces temps de vaches maigres. En effet, tous les hivers, les français n'ont pas froid dans leurs maisons. Les Africains leur offrent leur sang à la place du pétrole pour lequel ils sont massacrés.

Si la criminalité est internationale, la lutte pour le triomphe du droit l'est aussi (6).

Lorsque tout un continent comme l'Afrique devient une plaque tournante et un excellent client pour les trafiquants d'armes, il est bien clair que les milieux politiques se sont connectés avec la grande criminalité internationale.

Quand tout un ensemble de régions comme l'Afrique de l'Ouest ou l'Afrique Centrale tend à s'installer dans un état de guerre permanent, il apparaît évident que tous les conflits engendrés sont en connexion les uns avec les autres et que les organisations armées, qui se disputent ici et là le pouvoir d'État, sont amenées à se nuire ou à s'entraider au gré de la conjoncture créée par leurs combats.

Quand, enfin, les grandes puissances industrielles étrangères ont, dans ces régions, des intérêts du niveau par exemple du pétrole dans le Golfe de Guinée, il va de soi qu'elles n'assistent pas les bras croisés à la guerre des clans qui se livre autour de leurs investissements. Chacun choisit les moyens qui lui paraissent les plus aptes à pour sauvegarder et promouvoir ses intérêts.

Nous qui aimons tout simplifier à l'extrême et confondre dans un même sentiment d'amour ou de haine, l'État, son chef, son parti et les habitants de sa région, nous avons beaucoup de mal à nous retrouver dans la complexité du monde dangereux et implacable où viennent à peine de rentrer nos jeunes républiques.

L'une des raisons pour laquelle nous ne pourrons pas continuer à choisir la guerre comme moyen de résoudre nos problèmes internes est que nous sommes trop pauvres pour gagner sans le secours des étrangers, et trop riches pour ne pas attirer leurs convoitises au cour de nos batailles.

Quant aux luttes pacifiques pour l'instauration et la sauvegarde de l'État de droit et de la paix, elles sont l'affaire des sociétés civiles organisées capables d'exercer sur les États des pressions décisives.

Dans le monde, il n'existe pas seulement que des multinationales sans foi ni loi, une internationale du crime et des États sans âme ni morale. Il existe aussi, et fort heureusement, de vastes réseaux d'organisations non gouvernementales équipées de puissants moyens de communication pour faire entendre la voix de la raison, de la justice et de la paix. Les démocrates d'Amérique latine ont su prendre appui sur ces réseaux dans leur longue lutte désarmée contre des États voyous, de surcroît mafieux, et des révolutions totalitaires.

Tant que, en Afrique, nous resterons incapables de donner naissance à une société civile puissante pour s'engager pacifiquement et efficacement dans cette lutte, nous serons livrés, sans espoir et sans témoins, aux guerres des clans sans perspectives qui se disputent nos États et nos richesses. Dans ces conditions, très longue sera la nuit des cauchemars, des génocides, des crimes contre l'humanité à répétition, interminables.

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 05:29

 

 

Relu pour vous

16 octobre 2010

Jean-Claude Tchasse

 

 

Les rapports entre la France, pays de la Révolution du 14 Juillet 1789, laquelle s’est traduite notamment par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le 26 Août 1789, et ses « anciennes » colonies, de la période de l’empire à celle actuelle, des Etats postcoloniaux demeure marquée par des exactions dont le rappel est essentiel afin que nul n’oublie, cette évocation des tueries et autres atteintes graves aux droits de la personne humaine perpétrés par un pays qui se prétend patrie de la liberté, de l’égalité et de la fraternité est une dénonciation du demi de justice dont souffrent aujourd’hui encore, les victimes. Cette commémoration est nécessaire dans la mesure où l’Afrique endure aujourd’hui encore les conséquences de ces actes odieux, lesquels constituent en fait des indicateurs des motivations réelles de la colonisation, tragédie qui se situe dans la logique de la traite négrière dont selon le philosophe SINDJOUN POKAM, « les effets psychologiques, démographiques, économiques, culturels, politiques pèsent encore lourdement sur notre destin » Impact tribune n° 15, p.9. Nous commencerons notre macabre évocation à partir de 1944, au sortit de la seconde guerre mondiale. L’on aurait pu croire que la France, meurtrie par l’occupation allemande et qui n’en avait été libérée que grâce à l’intervention des autres pays dits alliés appuyés par les anciens combattants ferait un effort pour se réconcilier avec sa devise. Las, C’était compter sans le racisme viscéral des dirigeant français, sans l’adhésion de la France officielle à la thèse de Gobineau et de Gaétan Delaunay, lesquels prônent l’infériorité ontologique de l’homme noir,. A peine libérée donc, la France fonce sur l’Afrique : elle entend y laver l’humiliation que lui a fait subir le 3ème Reich.

 

1- LES MASSACRES DU CAMP DE THIAROYE, SENEGAL, DECEMBRE 1944

 

Répression brutale et féroce d’une mutinerie de soldats noirs appelés péjorativement « tirailleurs sénégalais, qui réclamaient des arriérées de soldes, ils manifestaient sans armes, bilan, trois cents quatre vingt « mutins » froidement abattus, Voilà comment ont été récompensés ceux-là qui ont eu une contribution décisive à la libération de la France. Selon le cinéaste Sénégalais, Sembène Ousmane qui a tourné un fils sur ce drame en 1988, cité par l’hebdomadaire Jeune Afrique n° 1936, du 17 au 23 F2vrier 1998, p.38, Paris « a exercé de fortes pressions sur les acteurs français pour les dissuader de jouer dans le film. Le plateau a même été survolé par des avions d la base française de Dakar ».

 

2- SETIF, ALGERIE, MAI 1945

 

La police ouvre le feu sur des manifestants  algériens qui réclamaient l’indépendance de l’Algérie et la libération de Messali Hadj, chef du parti populaire Algérien (PPA) arbitrairement déporté à Brazzaville quelques semaines plus tôt, bilan : plusieurs milliers d’algériens abattus

 

3- MADAGASCAR, DE MARS 1947 EN DECEMBRE 1948

 

Une brutale répression des manifestations organisées par les malgaches en quête de liberté fait selon le Gouverneur Chévigné en poste dans l’Ile à cette période-là 80 000 morts, avec à la clé des villages saccagés et incendiés

 

4- ALGERIE, DE 1954 EN 1962

 

L’insurrection algérienne, sous la conduite du Front de libération Nationale ( FLN) débute en 1954 ;c’est le prétexte que cherchaient les occupants français pour intensifier les actes de répression et les exactions ;

Le Gouvernement du socialiste Guy Mollet donne à cette occasion dans du piratage aérien : en effet, un avion transportant à son bord les chefs du FLN Ahmed Ben Bella, Aït Ahmed de Mohamed Boudiaf qui allait du Caire où le mouvement nationaliste algérien bénéficiait du soutien de Nasser, à Tunis est détourné par l’aviation française sur alger. C’est seulement après avoir massacré des centaines de milliers de personnes ( un million selon certaines estimations) que la France a consenti de mauvaise grâce à laisser libre le peuple algérien. Le général de Gaule déclarait en novembre 1960 à l’Echo d’Oran : « Nous en avons déjà tué 200 000, nous en tuons encore 500 par semaine. » L’on se demande dans ces conditions quel est le barbare qui a besoin d’être civilisé ?

4- LA RATONNADE, PARIS 1961. 

 

17 Octobre 1961 : à l’Appel de la Fédération FLN de France des milliers d’algériens ont convergé vers le Centre de Paris pour réclamer l’indépendance de leur pays. Selon Réné  Rémond, notre siècle 1918-1968, Paris, Fayard, « la soirée est tragique : des dizaines, peut-être des centaines d’algériens sont tués, jetés dans la Seine, où l’on repêche leurs corps. Le bilan officiel fait état de 11538 arrestations, mais reste discret sur les atrocités de cette soirée. » le sinistre Maurice Papon, alors préfet de police de paris a déclaré à télévision française en 1993, selon libération n’avoir « aucun remords, aucun signe d’angoisse. il a regretté son incapacité à n’avoir pu, en quelque sorte, maintenir l’ordre ». son directeur de cabinet avait pourtant confirmé à l’historien Michel Winock que « la seine charriait de plus en plus de cadavres … noyés par balle ». le responsable de cette bévue monumentale, qui relève du terrorisme d’état, sera récompensé par un portefeuille ministériel sous la présidence Giscarg, ci-devant « cher parent » de Bokassa …….Empereur de centrafrique .

 

6-BIZERTE, 1961. 

 

Bizerte était une base navale où étaient installées les troupes françaises ; conduites par l’Amiral Amman, celles –ci répriment durement une attaque des forces tunisiennes, massacrant 700 soldats ; « a vaincre sans péril, on triomphe sans gloire »

 

7- MASSACRES AU CAMEROUN, 1945-1971. 

 

Septembre 1945 : la grosse manipulation ; le colonat regroupé dans l’Association des colons du Cameroun( A S C O C A M ) suscite des manifestations, qu’il attribue aux syndiqués ; Ceux-ci s’étaient pourtant prononcés contre la grève que voulaient organiser des employés non syndiqués des chemins de fer. Mais les colons français cherchaient déjà, conformément aux résolutions prises à l’issue des états généraux de la colonisation tenus au début du même mois à Douala, des prétextes pour tuer dans l’œuf le mouvement syndical naissant et non moins dynamique ; c’est ainsi qu’armés de revolvers, de fusils et de mitraillettes, et montés sur des voitures, les provocateurs ont mené pendant deux jours des opérations de ratissage au cours desquelles ils ont fait d’ odieux cartons sur tous les noirs qu’ils croisaient. Les « forces de l’ordre » ont laissé faire. Des pilotes français de l’Escadrille Bétune qui stationnait alors à Douala, sont montés dans leurs appareils et ont commencé à mitrailler les gens dans les rues. Le bilan de ce septembre noir se chiffre à plusieurs centaines de morts, côté manifestants. Aucun colon n’a jamais été inquiété pour sa participation à ces massacres-là. Seul Etienne La Laurie promoteur avec notamment Maurice Soulier et Gaston Donnat du mouvement syndical et du mouvement nationaliste au Cameroun, a été jugement ; il avait dû abattre, en état de légitime défense, l’un de ces colons enragés qui était venu chez lui, armé, dans l’intention de lui « faire la peau ».

 

Mai 1955 : Roland Pré envoyé pour cesser le mouvement nationaliste dont le pote flambeau était l’union des populations du Cameroun ( U P C ), se livre à d’horribles crimes avant de prononcer, en juillet de la même année la dissolution du parti nationaliste. Ce qui a poussé ce dernier au maquis. La chasse aux « maquisards » a donné lieu aux déplacements massifs des populations arbitrairement éloignes de leurs villages détruits par la troupe et regroupés dans les camps de concentration appelés pudiquement « zone de pacification » le colonel Lam Berton et M. Pierre Messmer en savent quelque chose. C’est au cours de ces opérations qu’est assassiné le 13 septembre 1958 Ruben Um Nyobe le « mpodol » , chef historique du mouvement nationaliste au Cameroun . En pays Bamiléké, au début de 196 0, Michel Debré, Premier ministre français, qui a décidé d’entreprendre une véritable reconquête confie au général Briand le « viking » qui s’était taillé une triste réputation en Indochine, cette opération. Ce dernier est placé à la tête d’une armée comprenant cinq bataillons, un escadron blindé et escadron de chasseurs bombardiers, pas moins. Que pouvaient Martin Singap, chef de l’armée de libération national Kamerunaise (ALNK) et ses hommes armés de sagaies ? Bilan de la boucherie : 400.000 morts des villages rasés au napalm ; ce n’est pas le pilote d’hélicoptère MAX Bardet qui nous démentira ; le traumatisme psychologique causé par ce carnage se ressent aujourd’hui encore , et n’a pas fini de causer des ravages . Le Cameroun avait pourtant accédé à la souveraineté internationale le 1er janvier 1960.

 

8. ASSASSINATS DE NATIONALISTES.

 

Le sergent André Grenard , plus connu sous le nom d’André Matsoua, inculqué d’intelligence avec l’ennemi, est arrêté alors qu’il était hospitalisé à Paris ,transféré au Congo ou il est condamné en 1941 aux travaux forcés à perpétuités ; le commandant de Larminat, Gouverneur gauliste du Congo le laisse mourir en prison en avril 1942. On lui reprochait d’avoir été un des premiers Africains à revendiquer pour ses compatriotes la voix au chapitre dans la gestion de l’empire.

 

Félix Moumié, successeur de Ruben Um Nyobé à la tête de l’UPC a été empoisonné au thallium à Genève, le 15 octobre 1960, par agent des services secrets français, le Service de Documentation Extérieur et de Contre Espionnage (SDECE), William Bechtel.il en meurt le 3 novembre 1960 dans un hôpital genevois. Foccart, le commanditaire de ce crime crapuleux a dit ne pas regretter cet acte ignominieux.

 

Mehdi Ben Barka, assassiné à la fin d’octobre 1965 dans une villa de la région parisienne, était l’un des opposants marocains de gauche les plus notaires .Cette affaire dans laquelle fut impliquée le service de Documentation Extérieur et de Contre Espionnage (SDECE) n’a jamais été éclaircie, en dépit des demandes répétées de la famille de la victime.

 

C’est un officier français qui a donné le coût de grâce (acte o combien symbolique !)au nationaliste camerounais Ernest Ouandié condamné au terme d’une parodie de procès en 1971,alors que l’on prétendait déjà le Cameroun « indépendant ».

 

Le Dr.Outel Bono, assassiné à paris le 26 août 1973 par les agents de la SDECE, était l’un des opposants tchadiens les plus en vue, et dont l’envergure faisait apparemment ombrage au président Tombalbaye.

 

9. IMPLICATION FRANCAISES DANS LES GUERRES CIVILES LES COUPS D’ETAT.

 

Pourquoi la France s’est –elle cru obligé d’intervenir dans les affaires intérieures des Etats Africains ? le sociologue suisse Jean Ziegler nous répond quand il déclare : « le gouvernement français a partout remis le pouvoir à des groupements, partis ou clans d’hommes formés, financés, conseillés et mis en place par lui-même. Dans aucun des états francophones nés de l’ancien Empire, à l’exception du Cameroun, le pouvoir colonial ou ses satrapes locaux n’ont eu à affronter un mouvement de libération nationale armé. La plupart du temps, le transfert de souveraineté a relevé de l’acte régalien, de la gracieuseté de la faveur que le maître accorde aux anciens esclaves » vive le pouvoir ! ou les délices de la raison d’Etat, paris, Seuil, 1985.

La France s’est tristement distinguée par sa participation active aux actes antidémocratiques, violant sans vergogne la souveraineté des états qu’elle-même disait indépendants. L’effroyable guerre du Biafra menée par le pion Odumegwu Ojukwu commence en mai 1967 par la proclamation de l’indépendance de la « république du Biafra » ; la France soutien cette tentative finalement avortée de division et de déstabilisation du Nigéria. Les avions de la croix- rouge transportaient non pas le matériel nécessaire à l’assistance humanitaire, mais des armes destinés aux sécessionnistes. Dans un accord signé entre la banque Rotschild et Ojukwu,le Biafra cédait à l’établissement français les droits exclusifs d’exploration et d’extraction du pétrole, de l’or ,de la colombite ,de l’étain, de l’uranium et de charbon.

 

L’on avait retrouvé durant l’été 1960 la France soutenant les sécessionnistes Katangais menés par Moise Tschombé. Le pillage des immenses richesses du Congo –Léopoldville était impossible avec un Patrice Lumumba à sa tête. il fallait donc lui rendre la dure avec les sécessionnistes du Katanga. Ce pays qui s’était déjà opposé à l’établissement des exécutifs fédéraux respectivement à Brazzaville pour l’Afrique Equatoriale Française(AEF) et à Dakar pour l’Afrique Occidentale Française(AOF) était encore dans les manœuvres de déstabilisation des nouveaux états.

 

La France, pays de l’Occident chrétien est présente également au soudan aux cotés du régime islamiste fondamentaliste, « esclavagiste, totalitaire et agressif » de Khartoum selon l’université Marc Lauvergene, dans une interview à chronique d’Amnesty international, n° 148, p.9, et cela contre les rebelles sudiste et chrétiens.

 

Le renversement et l’assassinat, en janvier 1963, du premier président de la République du Togo, Sylanus Olympio, ce dernier s’était réfugié, après l’attaque de sa résidence pendant la nuit par les putschistes dans une voiture garée au parking de l’ambassade des Etats-Unis au Togo, laquelle jouxtait le palais présidentiel. Au petit matin, il y avait été découvert par l’ambassadeur américain Gaston Poullada. Ce dernier a appelé innocemment son homologue français, Louis Mazoyer qui a refilé sans tarder l’information à Eyadéma et ses sicaires. On connaît la suite. Le Président a été lâchement assassiné, remplacé dans un premier temps par un pion, vite remplacé à son tour par M. Eyadéma, le véritable homme de Foccart.

 

Le 18 M février, 1964, La France vole au secours de Léon M’ba déposé par des officiers progressistes de l’armée gabonaise. Il est réinstallé au pouvoir par des commandos de parachutes français spécialement dépêchés pour cette sale besogne.

 

C’est à cause de la France que M. Mobutu de triste mémoire, cette véritable calamité qui a causé tans de ravages, est resté si longtemps au pouvoir au Zaïre ; en effet, les troupes françaises on eu à y intervenir en mars 1977 et en mai 1978 contre les gendarmes katangais.

 

En janvier 1977 au Bénin, une tentative de coup d’état, menée par des mercenaires conduits par le tristement célèbre « corsaire de la République Française, Bob Denard, échoue.

 

C’est par l’opération dite Barracuda que la France Installe, le 21 septembre 1979 une marionnette appelée David Dacko au pouvoir à Bangui, en remplacement de l’empereur » Bokassa, devenu encombrant et surtout embarrassant avec ses histoires de diamants offerts à son « cher parent ».

La fameuse « opération turquoise » organisée en 1994 au Rwanda et qui, présentée comme intervention humanitaire était en réalité en prétexte pour tenter de sauver le régime tribaliste et intolérant de Bujumbura. Es milices tribales Hutu ont pu s’adonner allègrement à leur macabre besogne, bilan : 500 000 morts.

 

10- SOUTIEN AU PAYS DE L’APARTHEID

 

La France, pays de René Cassin, prix Nobel de la paix 1968, rédacteur de la Déclaration Universelle des droits de l’homme n’a pas ménagé son appui aux régimes racistes de John Balthazar Voster et de Pieter Botha ; c’est en effet grâce notamment à la France et aux autres pays occidentaux que ce pays a pu acquérir l’arme nucléaire et la puissance militaire, qui ont nourri les répugnantes guerres d’Angola et du Mozambique et ont permis à ce pays de mener pendant si longtemps la sordide politique d’apartheid.

 

11- LE GENERAL DE GAULLE PLUS FUTE QUE RAYMOND CARTIER

 

Quels sont les véritables objectifs de la coopération ? la réponse à cette question se trouve sans doute dans les fameux rapports JEANNENEY et GORSE, jamais rendus publics. Ces rapports avaient été commandés respectivement en 1963 et en 1970 au vu des critiques virulentes suscitées par les relations ambiguës entre la France et ses anciennes colonies. Selon l’économiste Tibor Mende dans on ouvrage De l’aide à la recolonisation. Les leçons d’un échec, Paris, seuil, 1972, « pratiquement toute l’aide de a France à l’Afrique lui revient sous forme de transferts ou de commandes ». Le journaliste Gilbert Comte affirmait lui en novembre 1973 après avoir dressé un tableau sombre de la coopération que le général d Gaulle avait été plus rusé que le journaliste de Paris Match Raymond Cartier qui préconisait en 1956 un abandon pur et simple des anciennes colonies, lesquelles coûtaient selon lui très cher à la France. Son slogan devenu célèbre était « la Corrèse avant le Zambèse ». Pour Giblert comte, « sous libéralisme de façade, le général essayait de défendre les intérêts nationaux au meilleur tarif possible. Il ne pouvait naturellement pas expliquer son programme à la face du monde sans produire quelque scandale. Il l’enveloppa donc dans ce vocabulaire généreux mis à la mode par l’anticolonialisme triomphant de l’époque, et donna aux thèses popularisées par Paris Match la plus intelligente application qu’elles pouvaient recevoir ».

 

12- LA FRANÇAFRIQUE

 

La Françafrique désigne une nébuleuse d’acteurs économique, politiques et militaires, en France et en Afrique, organisée en réseau et en lobbies, et polarisée sur l’accaparement de deux rentes ; les matières premiers et « l’aide publique au développement « ( APD) selon les associations AGIR ICI et SURVIE, Dossiers noirs de la politique africaine de l France n° 7 : France –cameroun ; croisement dangereux ! l’ Harmattan, 1996, p.8. L’on y lit plus loin que « la logique de cette ponction est d’interdire l’initiative hors du cercle des initiés. Le système, au dégradant, se recycle dans la criminalisation. Il est naturellement hostile à la démocratie. » Parmi les acteurs les plus notoires d cette nébuleuse, on peut citer Jaques Foccart, la multinationale du pétrole ELF, le SDECE qui a maintenu sa politique interventionniste en devenant la DGSE, d’éminentes personnalités appartenant aussi bien à la droite qu’à la gauche de l’échiquier politique français telles que Jaques Chirac, Mitterrand père et fils, Pasqua père t fils, j’en passe et des meilleurs.

 

JACQUES CHIRAC CONTRE LA DEMOCRATIE PLURALISTE EN AFRIQUE NOIRE

 

Le président français , devant qui la négraille se trémousse frénétiquement en s’imaginant lui faire plaisir à l’occasion de ses voyages sur le continent africain , est celui-là même qui a pris position publiquement, et cela plutôt deux fois qu’une contre l’instauration de la démocratie pluraliste en Afrique noire. La première fois c’était lors d’une visite à Dakar en 1987 alors qu’il était premier ministre. L’hebdomadaire Jeune Afrique qui rapportait ses propos en fin mai 1987 nous apprend que ses préférences allaient vers « le parti unique multitendanciel », notion brumeuse, atypique et bâtarde, tout juste bonne pour les attardés ataviques que nous sommes. La deuxième fois, c’était en 1990 à Abidjan où il était allé à une réunion d’un machin appelé Association des maires francophones. Pour lui en effet le multipartismes est « une sorte de luxe que les pays en développement n` ont pas les moyens de s’offrir. » Nous voudrions rappeler à M. Chirac que les régimes dictatoriaux, prédateurs et corrompus restent au pouvoir à cause du soutien inconditionnel que leur apporte la France, et cela, au grand dan de nos peuples qui n’avaient par ailleurs jamais demandé à personne de venir les colonies. Car il fait le relever, c’est cette notion d’Etat comme mode d’organisation sociale qui, dévoyée a été transformée par des personnes dans foi ni loi e instrument de coercition, de brigandages et d’exploitation. Quelles garanties les civilisateurs avaient-ils prévu contre de telles dérives, en l’absence de démocratie ? 


Les visites officielles des présidents français sont les occasions de célébrer l’excellence des relations entre « généreuse et bienveillante » France et les pays visités. Seulement l’on oublie volontairement et trop facilement le phénomène de criminalisation de l’Etat dont a parlé Jean François Bayart en juin 1995 dans un rapport pour le Centre d’analyse et de prévision du Ministère des Affaires étrangères, t qui se traduit par « le dédoublement des systèmes sociaux africains entre « pays légal », interlocuteur unique des institutions multilatérales et des Etats occidentaux, et le « pays réel… ».

 

13- LA COOPERATION FRANÇAISE : AVATAR RAFINE ET MODERNE DE LA TRAITE NEGRIERE TRANSATLANTIQUE

 

De la traite négrière jusqu’à la coopération, en passant par l’esclavage régi par le Code noir, la colonisation marquée par le Code de l’indigénat et le travail forcé, il se dégage une constante : 


L’exploitation et la déshumanisation de l’homme noir par la France. Aimé Césaire, cité par Abel Eyinga, démocratie de Yaoundé, T1, Syndicalisme d’abord, 1944-1946, l’Harmattan, 1985, pp 31.32, déclare : « je dis que de la colonisation à la civilisation, il y a une infinie… je vois partout où il y à face à face, colonisateurs et colonisés, la force, la brutalité, la cruauté ; la sadisme, le heurt et en parodie de formation culturelle, la formation hâtive de quelques milliers de fonctionnaires subalternes, de boys, d’artisans, d’employés de commerce et d’interprètes nécessaires à la bonne marche des affaires. Entre colonisateurs et colonisé, il n’y a de lace que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, les élites décérébrées, des masses avilies. Aucun contact humains, mais des rapports qui transforment l’homme colonisé en pion, en adjudant, en garde chiourme, en chicote et l’homme indigène en instrument de production à mon tour de poser une équation : Colonisation – Chosification ».

 

14- DENI DE JUSTICE

 

La traite négrière a déjà été reconnue comme crime contre l’humanité. A quand l ‘érection de la colonisation et de la coopération française à ce rang peu enviable avec dédommagement subséquent des victimes et leurs descendants ? L’Afrique a-t-elle vraiment de la coopération telle que la lui impose la France ? Le bilan de quarante années de cette coopération-là autorise tout esprit lucide et objectif à répondre par la négative. En effet es « anciennes » colonies françaises sont les parties du monde les plus durement touchées par la pauvreté, la maladie et l’ignorance. ce sont en outre les régions les plus endettées, sans que l’on puisse dire pour ce qui est du Cameroun par exemple à quoi on servi les sommes colossales empruntées. Elles sont encore dirigées par des régimes autocratiques, répressifs et intolérants, soutenus par a métropole.

 

 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Beurre et argent du beurre
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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 03:54

3 mars 2011

Raphael Granvaud

 

En proposant le 11 janvier dernier, de mettre le « savoir-faire » français au service de Ben Ali, Michèle Alliot-Marie n’a fait que rappeler une composante essentielle de la coopération militaire française.

 

Apostrophée sur la violence de la répression du régime Ben Ali, alors qu’on compte déjà 52 morts, la ministre des Affaires étrangères d’alors, Michèle Alliot-Marie, ancienne ministre de la Défense, a chaleureusement exprimé devant les députés et les caméras de télévision toute la compassion due aux victimes : « Cela montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type. »


Si cette réponse est désormais passée à la postérité, c’est essentiellement parce que les manifestants ont finalement réussi à « régler la situation sécuritaire » d’une bien meilleure manière, mais qui n’est pas précisément celle qu’avaient escomptée nos dirigeants. Le tollé qu’elle a provoqué est évidemment réjouissant pour ce qu’il contient d’empathie et de solidarité vis-à-vis des révolutionnaires tunisiens, mais il révèle aussi a contrario la méconnaissance ou l’indifférence habituelle à l’égard de la coopération de la France en matière de « sécurité ».

 

Gageons que MAM a dû être la première surprise des réactions provoquées par ses propos, dans la mesure où elle ne faisait que rappeler ce que la France pratique depuis déjà fort longtemps et que les manifestations d’orgueil tricolore à l’égard de cette politique abondent, en particulier dans les publications du ministère de la Défense ou des Affaires étrangères.

 

Un héritage colonial…

 

Au moment des indépendances, quand la France prend en charge la formation des armées de ses anciennes colonies, la coopération militaire française vise d’une part la formation de forces militaires traditionnelles ou de forces spéciales (gardes présidentielles ou « républicaines », services de renseignement et d’action clandestine, milices, escadrons de la mort…), mais propose aussi des techniques et une doctrine en matière de contrôle des populations.

 

Cette formation, qui découle directement des théories et de la pratique de la guerre dite « révolutionnaire » ou « contre-insurrectionnelle », qui place au centre la question de la lutte contre « l’ennemi intérieur » et les « éléments subversifs », s’appuie notamment sur le développement de gendarmeries africaines, toutes formées à l’image de la gendarmerie française. Cet outil est considéré comme particulièrement performant dans la mesure où il peut mener simultanément des activités de police, de renseignement et le cas échéant « monter en force », c’est-à-dire recourir à des moyens militaires.

 

Après l’avoir dirigé au Cameroun, en contexte de guerre, contre les insurgés de l’UPC, le lieutenant-colonel Maîtrier est chargé, fort de son expérience, de le mettre en place au Gabon. Les autres dictatures françafricaines suivront.

 

… au service de l’ordre…

 

Qu’il s’agisse de forces d’occupation, comme en Afghanistan, ou qu’il s’agisse de coopération militaire au service d’un Etat étranger, les officiers de gendarmerie françaisvoient dans leurs offres de service « une indéniable valeur ajoutée en matière de gestion des troubles à l’ordre public » [1] au regard de la coopération militaire proposée par les Américains par exemple, du fait précisément de l’expérience coloniale de l’armée française.

 

Ainsi, pour reprendre quelques exemples révélateurs, dont certains ont déjà été mentionnés dans Billets d’Afrique : en 1995, un soutien accru aux forces de police et de gendarmerie africaines était justifié par le ministère de la Coopération au nom de « la montée de la criminalité et de l’agitation sociale dans de nombreux pays » [2].

 

En 2000, la gendarmerie est encore définie comme « l’un des axes prioritaires » de la coopération militaire en Afrique pour le « maintien de l’ordre » [3]. C’est d’ailleurs cette même année qu’est créée, au Cameroun, une école nationale à vocation régionale [4] baptisée Centre de perfectionnement aux techniques de maintien de l’ordre (CPTMO), dont l’existence est ainsi justifiée par les militaires français quelque temps plus tard, précisément l’année des émeutes anti-Biya au Cameroun en 2008, : « Avec une urbanisation sans cesse croissante, la rue s’est progressivement transformée en un espace privilégié où s’affrontent l’ordre et le désordre », (Frères d’Armes n°261, 2008, revue de la coopération militaire française). Comme on le sait, on comptera des dizaines de morts et des milliers d’arrestation dans les rangs du « désordre ».

 

En août 2004, la France signait également avec la dictature gabonaise des conventions de partenariat, dont l’un des axes avait pour objectif de « faciliter la montée en puissance de la gendarmerie mobile pour prévenir tout trouble à l’ordre public susceptible d’intervenir dans le pays à court ou moyen terme », selon le communiqué de l’époque [5].

 

« Les offres de services françaises s’exportent aujourd’hui bien loin de leur berceau originel. » Le Monde (18 février) nous apprenait ainsi récemment que la France avait formé les forces réprimant la contestation au Bahreïn : « La coopération privilégiée établie depuis quatre ans avec la Direction centrale des compagnies républicaines de sécurité CRS a permis d’accompagner la professionnalisation des unités anti-émeute et d’améliorer la gestion des foules, dans un archipel où il n’est pas rare que les manifestations dégénèrent », précise encore le député UMP Jean-Luc Reitzer, auteur du rapport [sur cette coopération]. « La France mène assez couramment des accords de coopération de sécurité intérieure », rappelle l’élu, citant « la Slovénie, l’Albanie, Israël ou la Libye, également en proie à un mouvement de protestation durement réprimé ».

 

Depuis le 16 mars 2009, la coopération militaire a d’ailleurs absorbé officiellement les prérogatives de la coopération en matière de police jusque-là gérée par le SCTIP (Service de coopération technique internationale de police) qui dépendait du ministère de l’Intérieur.

 

Le discours justifiant la confusion entre ces deux domaines et l’exportation du « savoir-faire » français emprunte par ailleurs certains de ses arguments à la rhétorique antiterroriste légitimant la participation française à la guerre en Afghanistan : « Dans un contexte international complexe où des menaces influant directement sur la sécurité intérieure naissent et se développent loin de nos frontières, la coopération internationale doit toujours être plus performante », (Frères d’Armes n°258, 2008). Si le contexte est complexe, la pensée reste très simpliste.

 

…et repeint aux couleurs des droits de l’homme

 

Bien sûr, même si la référence aux théoriciens et praticiens de la « guerre révolutionnaire » n’est pas abandonnée, notamment en matière de conflits dits « asymétriques », ou « au sein des populations », la coopération militaire françaisen’oublie jamais désormais d’afficher « le respect des droits de l’homme », ou des « citoyens » ou de « l’Etat de droit » ou de la « démocratisation » au nombre des principes qu’elle entend promouvoir par ses formations.

 

Comme l’écrit un philosophe du maintien de l’ordre français : « Il était nécessaire de trouver un juste équilibre entre la préservation de l’ordre public et le respect des libertés individuelles. De ce fait, la philosophie du maintien de l’ordre a évolué vers un concept plus moderne dans lequel le manifestant n’est plus perçu comme un citoyen momentanément égaré. C’est la naissance du concept de “maintien de l’ordre à visage humain” », (Frères d’Armes n°261, 2008). Mais dans la pratique, ce sont les principes démocratiques qui sont fréquemment « égarés », car l’équilibre est évidemment impossible entre « respect des libertés individuelles » et « maintien de l’ordre » dès lors que cet ordre est injuste, arbitraire, autoritaire, illégitime et contesté par la population…

 

En fait, il s’agit simplement pour les militaires français, d’éviter d’être associés publiquement à des formes de répression trop violentes, mais la fonction reste bien la même : soutenir les régimes en place, dans une logique à la fois commerciale, par la vente des équipements et des services français, surtout hors du « pré carré » et poursuivre une politique d’influence, voire d’ingérence, surtout dans le « pré carré ».

 

Tant que les débordements ne sont pas trop voyants, la coopération se poursuit. Ainsi par exemple, la coopération militaire française a été (provisoirement) suspendue après le massacre du stade de Conakry, le 28 septembre 2009, mais maintenue au Cameroun après la répression très peu médiatisée de février 2008. De même pour Madagascar, on se contente de noter qu’« à la lumière des évènements de 20-00-, malheureusement réitérés en -2009, il apparaît nécessaire de se pencher sur le concept du maintien del’ordre et de l’intervention » (Frères d’Armes n°261, 2008), mais la formation des forces spéciales de la gendarmerie se poursuit, ainsi qu’à Djibouti où une unité de 150 hommes « hautement opérationnelle, [a reçu] le renfort du major Pacheco, spécialiste françaisdes techniques commando » pour « le maintien de l’ordre et l’intervention », (Frères d’Armes n°253, 2008).

 

Matraque électoral pour dictateur

 

La France, en même temps qu’elle incitait les dirigeants africains « amis de la France » à promulguer des scores électoraux « raisonnables » au moment de leur réélection, s’est d’ailleurs fait une spécialité dans la formation de forces aptes à gérer les « crises postélectorales » (c’est-à-dire les émeutes qui ne manquaient pas de suivre certaines mascarades électorales) sans pour autant recourir aux massacres, un prérequis pour bénéficier de la passivité de la « communauté internationale ». On retrouve ici exactement le sens de la proposition de Michèle Alliot-Marie à Ben Ali.

 

Ainsi par exemple en 2005, la France formait une force spéciale anti-émeute contre « les violences pré et post-électorales » au service d’Idriss Déby au Tchad [6]. Un peu plus tard au Togo, après avoir renforcé la formation et les dotations à la gendarmerie togolaise en vue des élections législatives puis présidentielles (« sécurisation des cycles électoraux », en langage de coopérant militaire, ce qui permet de le comptabiliser en aide publique au développement), la France a contribué au « processus de démocratisation » à côté des autres partenaires européens en prenant en charge la formation d’une « Force sécurité élection présidentielle », la FOSEP, composée de 6000 policiers et gendarmes, qui a permis à Faure Eyadéma, au lendemain de sa « réélection », de réprimer les partisans de Jean-Pierre Fabre sans répéter les massacres qui avaient accompagné son coup d’Etat en 2005.

 

A la cérémonie de dissolution de cette force, le ministre togolais de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Atcha Titikpina, impliqué dans les massacres de 2005, expliquait que l’expérience togolaise de sécurisation électorale ferait école au sein de la CEDEAO (Xinhua, 24 avril 2010).

 

Ironie de l’histoire, il y a un peu plus d’un an, La Lettre du Continent (n°596) signalait, alors que le climat diplomatique entre Paris et Abidjan s’était réchauffé, que « les militaires français dispensent quelques formations gratuites à leurs frères d’armes ivoiriens : des exercices de maintien de l’ordre et de contrôle des foules. Très utile à l’approche du scrutin… ».

 

Etrangement, ils ne s’en vantent pas beaucoup aujourd’hui…

 

__________________________________________________

 

[1] Colonel Franceschi, « Concept Recamp, PESD et Gendarmerie », Revue Défense nationale n°7, juillet 2005.

[2] La Lettre de la rue Monsieur (du ministère de la Coopération) n° 63, mai 1995, cité par Comi M. Toulabor, « La France : souteneur de la dictature au Togo, in Billets d’Afrique n°122, février 2004.

[3B. Cazeneuve, Rapport d’information n°3394 sur « La réforme de la coopération militaire », 20 novembre 2001, p. 56.

[4] La France a créé une quinzaine d’ENVR dans différents pays africains, qui constituent un élément important de son dispositif de coopération militaire.

[5V. Sègre, « Bongo en campagne », Billets d’Afrique n°140, octobre 2005.

[6] TchadForum, 12 juin 2005, cité par Billets d’Afrique n°137.

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 23:04

Lu pour vous le 31 janvier 2011

Source: www.materieldeguerre.ch

 

Exportations de matériel de guerre vers des régions en conflit

En 2008, la Suisse a exporté du matériel de guerre dans 72 pays, pour un montant total de 722 millions de francs. Le plus gros client était le Pakistan, malgré les combats faisant rage dans la vallée de Swat. Israël a aussi pu importer es armes suisses, alors que le conflit du Moyen-Orient est loin d'être résolu et que de nouvelles opérations militaires ont provoqué d'innombrables victimes civiles.

Des armes pour les États tortionnaires

La Suisse a aussi exporté des armes vers des États dans lesquels les violations des droits de l'homme sont monnaie courante. Ainsi l'Arabie Saoudite, coupable de violations graves et répétées des droits humains, est le principal importateur de matériel de guerre suisse au premier semestre 2009. En autorisant de telles exportations à des régimes tortionnaires et engagés dans des conflits, le Conseil fédéral remet en question la tradition humanitaire de la Suisse. Dans les cas de doute quant à l'utilisation possible de ces armes pour violer les droits humains, la précaution minimum voudrait qu'il interdise les exportations dans des régions sensibles.

Des pays en développement comme clients

Le gouvernement continue d'autoriser l'exportation de matériel de guerre vers des pays ayant de faibles ressources économiques. Sous le prétexte d'une pratique « neutre », le Conseil fédéral permets trop souvent de fournir en armes les deux parties au même conflit. Les intérêts du lobby de l'armement pèsent semble-t-il plus lourd en Suisse que les droits de l'homme et la démocratie.


Carte interactive

Sous le lien maps.kriegsmaterial.ch , vous trouverez une carte du monde indiquant les destinations et contenus des livraisons controversées (allemand).


Rapport de la Commission de gestion de novembre 2006

La commission de gestion du Conseil national a étudié en 2006 la conformité avec la loi de quatre autorisations d’exportation que le Conseil fédéral avait délivrées en été 2005. Dans son rapport, elle critique sévèrement le Conseil fédéral pour ces quatre décisions (Exportations vers l’Inde, le Pakistan, l’Irak et la Corée du Sud). (cf. Rapport de la CdG).

Egypte

L’Egypte a acquis ces dernières années du matériel de guerre en provenance de la Suisse comme pour les montants suivants (CHF) :

Pakistan

Le Pakistan a acquis ces dernières années du matériel de guerre en provenance de la Suisse pour les montants suivants:

Déjà en été 2005, le Conseil fédéral avait voulu vendre des vieux chars de grenadiers M113 au Pakistan. Il avait déclaré que ces véhicules servaient les troupes de l’ONU au Pakistan (cf.communiqué de presse du SECO du 30 juin 2005), mais des doutes à ce sujet étaient permis.

Cette transaction ne vit toutefois jamais le jour. La Commission de gestion du Conseil national (voir ci-dessus) examina cette affaire et parvint à la conclusion que « l’appréciation globale de la situation au Pakistan dans les trois domaines en question (conflit au Cashmere, situation des droits de l’homme, coopération au développement) parle en défaveur d’une exportation de matériel de guerre vers ce pays. » (cf. Rapport de la CdG, p. 13).

Malgré cette critique, le Conseil fédéral a autorisé un mois plus tard d’autres livraisons de matériel de guerre au Pakistan (soit: 21 systèmes de défense aérienne, munitions comprises; cf. communiqué de presse du SECO du 15 déc. 2006). A la fin 2007, le Conseil fédéral a suspendu la transaction avec le Pakistan, après que la situation s’y soit dramatiquement détériorée. (cf. communiqué de presse du SECO du 14 nov. 2007). Mais le CF autorisa à nouveau les livraisons en avril 2008 déjà! (cf. communiqué de presse du SECO du 3 avril 2008).

L’Inde

L’Inde a acquis ces dernières années du matériel de guerre en provenance de la Suisse pour les montants suivants :

En été 2005, le Conseil fédéral a répondu à une demande préalable concernant la distribution de licences de production des systèmes de défense aérienne et la livraison partielle des pièces de montages correspondantes. Le 25 juillet 2005, il a définitivement autorisé cette transaction. La commission de gestion a cependant critiqué dans son rapport cette décision. (cf. Rapport de la CdG, p. 13).

Malgré les doutes de la Commission, particulièrement en ce qui concerne la situation des droits de l’homme en Inde, le Conseil fédéral a en outre accepté, près d’un mois après la publication du rapport de la Commission, de livrer 140 fusils d’assauts à l’Inde. (cf.communiqué de presse du SECO du 15 déc. 2006). Le 5 novembre 2008, le Conseil fédéral a autorisé une nouvelle livraison de fusils d’assauts en Inde. (cf. communiqué de presse du SECO du 5 nov. 2008).

Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite a obtenu ces dernières années du matériel de guerre en provenance de la Suisse pour les montants suivants :

Entre 2000 et 2006, la Suisse a exporté diverses sortes de matériel de guerre vers l’Arabie Saoudite, principalement des armes de petit calibre, des systèmes d’armement de gros calibre et les munitions allant avec, ainsi que du matériel appartenant à la catégorie des chars et véhicules blindés (2003).

En décembre 2006, le Conseil fédéral a autorisé la livraison de système de défense aérienne en Arabie Saoudite. En mai 2007, il a autorisé l’exportation de 100 pistolets-mitrailleurs et d'accessoires d'armes (cf. communiqué de presse du SECO du 25 juin 2008) . En octobre 2008, le Conseil fédéral a permis une nouvelle livraison similaire (cf. communiqué de presse du SECO du 15 oct. 2008).

Les Emirats Arabes Unis

La Suisse a livré aux Émirats Arabes Unis de vieux chars obusiers de l’armée Suisse (2003/2004). Au début septembre 2005, les médias révélaient que les EAU avaient revendu de façon illégale ces obusiers au Maroc. Ils souhaitaient également revendre à l’Irak les vieux chars grenadiers M113 que le Conseil fédéral voulait leur livrer en été 2005.

En février 2006, on apprenait que la RUAG était en contact avec les Émirats concernant la livraison de grenades anti-chars. Et ce, malgré que le Conseil fédéral ne voulait plus accepter d’exportations d’armes en raison de la rupture de contrat. Mais on apprit en juin que la suspension des exportations devrait être levé.

Armes en Irak?

A la fin août 2007, il est apparu que les chars grenadiers de la MOWAG, commandés par la Roumanie, étaient prévus pour une utilisation en Irak. (cf. 10VOR10 vom 30.8.2007).

Plus d'information: statistiques du Seco sur les exportations de matériel de guerre.

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

1'008’905

297’476

1'197’207

157’100

924’610

1'494’442

3'226’797

1'066’229

30’960

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

112’935

457’225

-

5’800

-

-

-

37'532’077

109'844’910

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

-

130’437

-

-

-

291’604

3'104’643

2'067’266

2'686’226

2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

311’998

510’646

367’684

4'829’011

2'391’410

3'548’405

1'733’221

485’294

32'108’081

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 17:27

27 janvier 2011

Source: GuinéeWeb

 


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Un certain nombre de pays ‘enorgueillissent depuis des siècles d’être les chantres et les semeurs de la liberté, de la démocratie et des droits de l’homme, mais leurs Histoires réelles ne reflètent que tout le contraire. Esclavage, impérialisme, colonisation, néo-colonisation, françafrique et autres n’ont été que des moyens pour ceux-ci de s’enrichir au détriment d’autres peuples.

 

Les mêmes parlent de libre marché, d’offre et de demande, de village planétaire, d’humanisme, de diplomatie et passent leurs temps à fomenter des coups d’état, des assassinats ciblés en Afrique entre autre, pour placer des marionnettes, qui rappellent ces contremaitres de l’époque de l’esclavage et qui permettront de s’arroger les ressources africaines à vil prix?

 

La France par exemple, qui se dit un grand pays serait peut-être aujourd’hui au niveau de la Roumanie ou de l’Irlande du Nord si elle ne comptait pas sur l’Afrique francophone principalement.

 

Souvenons-nous il y a environ 50 ans des accords qu’elle obligea les pays africains à signer, à coup d’assassinats de véritables leaders et des populations africaines qui voulaient accéder à une véritable Indépendance. Le Général de Gaulle avait bien compris que la France allait redevenir un pays quelconque (tout petit) sur la scène mondiale, si elle ne pouvait plus disposer à sa guise de l’exclusivité des ressources africaines.

 

Rien de surprenant dans ce trait caractéristique, quand on sait qu’elle avait par exemple, escroqué 150 millions de francs or au début du 19ème siècle aux haïtiens qui venaient de mettre en déroute l’armée de Bonaparte. Il ne leur avait pas suffit de les avoir enlevés en Afrique, maltraités, exploités dans le travail esclave et s’être enrichis à leur détriment, sans aucune honte. Rien n’a changé dans leur petit esprit de nos jours, et heureusement pour eux, l’inconséquence de nombreux africains les conduit à l’ignorer.

 

Le véritable problème est le suivant : depuis des décennies, la France empêche les pays africains de la mettre en concurrence avec d’autres, elle s’arroge des marchés en Afrique, qu’elle se partage avec d’autres pays occidentaux et en profite pour avoir les matières premières à des prix dérisoires. Elle utilise ces mêmes biens « achetés » à petit prix pour son propre compte, mais aussi pour les revendre et en tirer les plus grands profits et financer ainsi son développement.

 

Aujourd’hui, si ce pays est considéré comme une grande puissance économique, ce n’est pas grâce au mérite de ses économistes, de ses hommes d’affaires, de ses commerciaux ou de ses industries qu’elle vante tant. Son petit « secret », c’est une technique historique de tricherie, de magouille, de corruption, de brigandage, de meurtres et de terreur qui coûte des millions de vies aux africains notamment, et maintient les autres, de générations en générations, dans une misère inexplicable.

 

La France comme bon nombre de pays occidentaux ont peur que l’Afrique se développe. Lorsqu’ils parlent de démocratie à implanter en Afrique et ailleurs à leurs opinions publiques, cela consiste sur le terrain en Afrique à placer leurs contremaitres et leurs préfets, qui leur faciliteront l’accès aux ressources à des prix dérisoires.

 

Lorsque les analystes économiques de ce monde occidental évoquent les Pibs, les croissances économiques et autres grands agrégats positifs et vantent la richesse de ce bloc de pays, ils omettent de rappeler que le commerce international est loin d’être vertueux et que leurs industries enrichies ne le sont que grâce à des comportements vicieux systématiques à travers le monde. Ils trouvent normal de considérer les États-Unis comme la première puissance économique mondiale, mais ne font jamais le lien avec ces multiples agressions dans l’histoire à travers le monde. Peut-être que celles-ci constituent, disons à leur insu, la fameuse « main invisible » qui les rend si prospères.

 

Pour en revenir à notre chère France, sans sa puissance militaire, également acquise en grande partie grâce au capital accumulé à partir de ressources africaines, elle ne ferait pas le poids, dans un marché ouvert et libre où tous ses concurrents mondiaux non occidentaux, auraient un accès équitable aux ressources africaines.

 

La loi de l’offre et de la demande forcerait la France à payer aux africains le juste prix de leurs ressources qu’elle tente désespérément de se garder pour elle. Par exemple, demandez au Président Sarkozy pourquoi le Président Tandja a été déposé il y a quelques temps au Niger. Le Niger possède de l’uranium exploité par Areva évidement à vil prix. Demandez encore à Sarkozy quel uranium il (re)vendra à l’Inde comme il a récemment indiqué lors d’une visite dans ce pays.

 

La grande peur de la présence chinoise grandissante en Afrique est là pour démontrer comment les occidentaux, notamment leurs chevaux de Troie que sont entre autres les États-Unis et la France, craignent la véritable concurrence.

Et la Côte d’ivoire, qui reste un bastion américain, mais surtout français n’ayant pas encore été vraiment pénétré par les Chinois et d’autres éventuels concurrents véritables occupe une place centrale.

 

En dehors du Nigéria et des pays disposant de ressources importantes découvertes à ce jour, comme le Niger, la Guinée, le Ghana entre autres, les autres pourraient tomber dans la véritable concurrence des pays asiatiques et des BRIC sans véritablement gêner le business franco-américain en Afrique de l’Ouest, tant qu’ils conservent la Côte d’Ivoire. Et comme le Président Laurent Gbagbo veut leur faire partager cet immense gâteau avec d’autres, ils ne l’entendent pas de cette oreille.

 

Le pire pour la France et ses consœurs occidentales c’est que, malgré leurs avancées économiques indéniables, obtenues tout au long de leur histoire ancienne et contemporaine en grande partie grâce à des actions vicieuses, elles se font rattraper chaque jour, même par des pays et des régions qui n’ont pas connu le même parcours.

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