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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 23:40
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Published by Juliette Abandokwe - dans Beurre et argent du beurre
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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 04:31

 2 juin 2010

Abdelmanane Khatab

 

La France ne changera pas sa politique en Afrique, c’est à nous de changer notre politique vis-à-vis d’elle. Le 25 éme  sommet Afrique-France qui s’est tenu à Nice, ne nous apprend pas grand-chose.

Il n’est point un secret de polichinelle, que la France privilégie le maintien des dictateurs africains au pouvoir contre les grés de leurs peuples ou bien elle les destitue pour les remplacer par d’autres dictateurs assujettis. C’est triste !

Les régimes criminels et réactionnaires ne laissent pas d’alternatives aux peuples qui se soulèvent contre eux. Au Tchad, un régime soutenu par la France est clairement dictatorial, il utilise régulièrement la terreur et l’élimination physique de ses opposants, quelque soit le prétexte qu’il invente.

Plusieurs compatriotes ont déjà perdu leurs vies, dont le dernier, était le  Dr Ibni Oumar Mahamat Saleh, figure d’une opposition pacifique,  qui a payé de sa vie pour son combat pour la cause des libertés et de la démocratie au Tchad. Son cas, est un exemple édifiant, qui  a soulevé un tollé à l’échelle internationale et planétaire, avec notamment l’implication de l’Assemblée nationale française qui a demandé officiellement, à l’exécutif français de faire pression sur le Gouvernement pour qu’il élargisse l’enquête  afin que  lumière soit faite sur le sort de l’opposant disparu. Nous saluons au passage cette initiative.

Ainsi, comme vous pouvez le constater, les régimes despotiques et autocratiques, nous imposent entre autres : l’injustice et la corruption qui l’accompagne pour nous faire taire. Dans ce cas, nous n’avons plus d’autres solutions que de recourir à la voie des armes, car ces régimes n’attendent que le déclic pour semer un cataclysme de terreur autour des peuples.

Contrairement au slogan officiel de la France qui se déclare ardente défenseur des droits de l’Homme, de la dignité humaine et de l’égalité, sa politique en Afrique favorise et encourage l’installation d’une terrible dictature policière, crapuleuse et mafieuse. Lutter contre la dictature est devenue pour nous, une bataille de longue haleine et un défi immense à relever pour le bien être de tous.

L’Afrique reste en revanche le continent  le plus peuplé des dictateurs coriaces et réfractaires. Les dictateurs africains fondent leurs règnes sur le mythe de l’homme providentiel, la violence physique et la confiscation du pouvoir, devenues le lot quotidien de leurs modes de gouvernance sans partage.

Notre lutte empêche tous les dictatures du continent, dont celui du Tchad qui dispose des moyens militaires disproportionnés pour pérenniser son pouvoir. Notre détermination est pratiquement à mi-chemin qui mène vers la démocratie et elle triomphera par tout les moyens pour promouvoir la justice et la liberté en Afrique en général et particulièrement au Tchad.

Il convient de noter que les dictateurs africains ont mis en place un système de successions monarchiques comme au Togo, au Gabon et j’en passe. Ce qui devient une voie de motivation supplémentaire à d’autres qui positionnent leurs progénitures dépourvues de capacités et ce qui nous empêche à sortir de ce cercle vicieux.
Militants et activistes pour la liberté et la démocratie, nous nous battons contre une dictature implacable, contre la révision de la constitution et contre la volonté d'imposer la succession monarchique.

Ces trois combats varient :

1-      Contre la dictature, car le choix est clair, puis qu’il il s’agit d’une lutte armée qui consiste à chasser les dictateurs. 

 2- Le second est bien plus complexe, car la constitution est remise en cause sans l’accord ni le      consentement du peuple.
 
3-  S’opposer à tout prix contre la succession monarchique du pouvoir du père en fils ou bien au sein d’un même clan, car, le Tchad est une république et non une monarchie.

Le peuple tchadien subi la dictature du général Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 20 ans et cela  avec la complicité sans faille des autorités françaises bien conscientes du simple fait que l’actuel régime s'est opposé au processus démocratique  rien que pour se maintenir  au pouvoir dans un climat de répression et de terreur et contre les valeurs fondamentales prônées et défendues par la France. Il y a donc contradictions dans la démarche officielle des autorités françaises.

Nous lançons donc un appel pressant à la France de réviser sa politique actuelle pour  œuvrer en faveur de la promotion des droits de l’homme au Tchad et en Afrique, l’émergence et la consolidation d’un véritable Etat de Droit et de démocratie dans les pays africains.

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 12:08

27 mai 2010 

L'Inter

Source: Jeune Afrique 

Alors que le 25e sommet Afrique-France, qui est aussi celui du cinquantenaire des indépendances, se tient à Nice les 31 mai et 1er juin, l’affaire est assez emblématique des mutations de cet étrange serpent de mer qu’est la Françafrique. Chacun sait depuis le 15 mai que la libération de l’universitaire Clotilde Reiss est en partie due à une médiation sénégalaise au sein de laquelle l’avocat Robert Bourgi, aussi talentueux que multicarte et seul héritier du savoir-faire foccartien, a joué un rôle déterminant. Seuls trois hommes étaient au courant du voyage secret en Iran de Me Bourgi et de Karim Wade, à la fin de mars : le père de ce dernier, Abdoulaye Wade, et à Paris Nicolas Sarkozy et son secrétaire général, Claude Guéant, à qui les deux émissaires ont régulièrement rendu compte au téléphone, depuis Téhéran, des progrès de leur mission. Ni Bernard Kouchner, ni Jean-David Levitte, ni même le patron de la DGSE, Erard Corbin de Mangoux, ne savaient quoi que ce soit de ce déplacement feutré. Culte du secret, court-circuitage des filières institutionnelles, casquettes africaines et contacts parallèles activés par un personnage à la réputation (forcément) sulfureuse et qui en joue avec habi1été : la méthode Foccart transposée dans l’Orient compliqué a donc, si l’on peut dire, porté ses fruits.

 

Si la Françafrique incestueuse et patrimoniale est morte, celle des réseaux est, elle, toujours bien vivante. À une différence - de taille ­près : elle est acéphale. Là où Jacques Foccart, qui consacrait l’essentiel de son temps aux affaires du « pré carré », tirait tous les fils à la manière d’un grand marionnettiste, Claude Guéant, pour qui l’Afrique n’est qu’une préoccupation parmi d’autres, intervient directement ou par intermédiaire interposé que sur certains dossiers sensibles. D’où l’éclatement et la multiplication de réseaux souvent complémentaires (Elysée-business par exemple), reliés entre eux par des passerelles (avocats, juges, médecins), ouvertement rivaux (ONG), transcourants (francs-maçons), etc., mais qui tous fonctionnent en interne avec de vraies solidarités corporatistes et une opacité commune.

 

Autre évolution : les réseaux sont désormais autant afro-français que franco-africains et leur interpénétration réciproque est fréquente. Un Laurent Gbagbo, un Paul Biya, un Denis Sassou N’Guesso, un Ali Bongo Ondimba, pour ne citer qu’eux, ont tous leur réseau d’influence qui emprunte à chacun (ou presque) des réseaux français. Conséquence de cette alchimie complexe, qui tient parfois de la raffinerie : l’apparition de missi dominici dont on distingue mal a priori l’allégeance principale. Il faut ainsi de bons yeux pour hiérarchiser les fidélités dont se réclame aujourd’hui l’incontournable Robert Bourgi : Sarkozy et Guéant en premier lieu, puis Wade, Ali Bongo Ondimba, Ould Abdelaziz, Gbagbo et quelques autres. Il est vrai que, en ce domaine, chacun avance masqué. Le petit « who’s who » que nous publions cette semaine - et d’où sont exclus les ministres pour qui l’Afrique fait en quelque sorte partie du Job, tels Bernard Kouchner et Alain Joyandet - a pour ambition de guider les pas du profane dans le maquis de la néo-Françafrique. Nous avons volontairement omis dans ce vade-mecum les pays du Maghreb, qui relèvent, eux, de réseaux bilatéraux à la fois différents et étanches, sur lesquels nous reviendrons prochainement.

 

Elysée Connection


Aux côtés d’un président qui n’a que peu d’appétence pour les « affaires africaines » et dont la doctrine à ce sujet a évolué, de discours en discours, de manière quelque peu erratique, c’est au secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, que revient la gestion du réseau ou de ce qu’il en reste. Au niveau institutionnel, le conseiller diplomatique Jean-David Levitte et son adjoint chargé du Sud-Sahara (Mauritanie comprise), André Parant lequel bénéficie de l’apport de deux conseillers techniques : Remi Maréchaux et Clément Leclerc -, dépendent directement de lui. Mais Levitte n’ayant jamais manifesté de tropisme africain particulier en dehors de la préparation des voyages et sommets présidentiels, l’omniprésente éminence grise du Château a la main sur le continent. Claude Guéant reçoit volontiers dans son bureau les émissaires des chefs d’État et se déplace pour rencontrer ces derniers dans les grands hôtels ou ils descendent lors de leurs passages à Paris. L’avocat Robert Bourgi lui sert à la fois de conseil, de missi dominici et de poisson-pilote sur des pays comme le Gabon, le Sénégal, la Mauritanie, Madagascar, le Bénin, voire la Côte d’Ivoire ou le Togo.

 

Mais il n’est pas le seul, même si les autres « africains » figurant dans le carnet d’adresses de Guéant jouent un rôle beaucoup plus restreint. Georges Ouegnin, l’ancien directeur du protocole de la présidence ivoirienne, très introduit à Brazzaville et à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD), est de ceux-là, tout comme le diplomate, ex-conseiller spécial d’Idriss Déby Itno (et décoré de la légion d’honneur), Abakar Manany, qui a joué un rôle non négligeable dans la reprise des relations entre la France et le Rwanda. Difficile par ailleurs de ne pas citer le nom du député-maire de Leval­lois-Perret, Patrick Balkany, ami de Nicolas Sarkozy, électron libre quelque peu sulfureux que l’on a vu à l’œuvre à Kinshasa, Bangui et Nouakchott. Autres francs-tireurs : les anciens ministres Charles Millon et Alain Madelin. Proche d’Abdoulaye Wade, ce dernier continue d’entretenir des liens avec l’Afrique par le biais du Fonds de solidarité numérique (accès aux nouvelles technologies), qu’il préside. Côté UMP, le porte­parole adjoint (et conseiller de Nicolas Sarkozy), Dominique Paillé, passe parfois des messages entre l’Élysée et Abidjan (ou l’inverse), ainsi que le font, avec Lomé, le député du Rhône, Christophe Guilloteau, membre d’une demi-douzaine de groupes d’amitié franco-africains à l’Assemblée. L’ex-chiraquien Jacques Toubon, à la tête de la « mission du cinquantenaire » et qui occupe, au Quai d’Orsay, les anciens bureaux du secrétariat d’État de Rama Vade, ne s’est jamais éloigné du continent et a trouvé dans son éphémère fonction l’occasion de renforcer ses liens.

 

Enfin, à la périphérie, évoluent une poignée de publicistes tel Laurent Taïeb, dont le périodique L’Essentiel des relations internationales, souvent axé sur l’Afrique et lié à l’UMP, est à disposition dans tous les salons d’attente de l’Élysée. Malin, Taïeb a trouvé dans les cercles d’amateurs de cigares qu’il anime un réseau d’influence original. À portée de main du Château également, le chirurgien­dentiste Patrick Gaubert, ancien membre du cabinet de Charles Pasqua, président du Haut Conseil à l’intégration, président d’honneur de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Liera) et ami de vingt-cinq ans de Nicolas Sarkozy. Gaubert, Toubon, ainsi que les députés UMP Jean-Michel Fourgous et Jean­François Mancel étaient à Brazzaville en juillet 2009 pour observer le scrutin présidentiel à l’invitation de la Commission nationale congolaise des droits de l’homme, proche du pouvoir. Au grand étonnement du Quai d’Orsay. Mais avec l’accord tacite de Claude Guéant.

Les grands commis

Contrairement aux idées reçues, l’Élysée ne fait pas tout. Exemple : la réconciliation franco-rwandaise. À son arrivée au Quai, en juin 2007, Bernard Kouchner confie ce casse-tête à une task force où figurent sa conseillère Afrique, Charlotte Montel, la trentaine dynamique, sa conseillère juridique, Sylvie Pantz, et un quadra faussement nonchalant, Laurent Contini. Au bout d’un an de remue-méninges, ils trouvent la solution. Si l’un des neuf inculpés rwandais se livre à la justice française, Kigali aura accès au dossier de l’attentat contre Habyarimana et pourra retarder la procédure à loisir. Le coup marche. Les relations diplomatiques sont rétablies et le nouvel ambassadeur de France à Kigali s’appelle Laurent Contini. Pour exister face à l’Élysée, le Quai ne se contente pas de faire des coups. Jour après jour, il laboure le terrain. Chef des labours : Stéphane Gompertz, directeur Afrique et vieux briscard. Tous les matins, il digère les dizaines de TD (télégrammes diplomatiques) que lui envoient ses ambassades et produit des notes de synthèse. Certains TD sont plus lus que d’autres. Notamment ceux des ambassadeurs de poids, comme Bruno Joubert à Rabat, Jean­Marc Simon à Abidjan, Jean­Didier Roisin à Libreville, Jean­Christophe Belliard à Addis-Abeba ou Jean-Marc Châtaigner à Antananarivo. Et bien sûr les TD « littéraires » de l’académicien Jean-Christophe Rufin, qui achève un séjour de trois ans à Dakar. Moins connue, Sylvie Bermann joue un rôle pivot au Quai. C’est elle qui gère les Français de l’ONU et de l’UE, notamment le chef des opérations de maintien de la paix, Alain Leroy, et l’ambassadeur à New York, Gérard Araud. Autre personnage clé aux Affaires étrangères : Georges Serre. L’ancien conseiller Afrique d’Hubert Védrine supervise aujourd’hui l’aide au développement. Tous les jeudis après-midi, il accompagne Montel, Gompertz et Berann à l’Élysée pour assister à la réunion Afrique autour d’André Parant. À la Défense, le chef d’état-major des armées, l’amiral Édouard Guillaud, est l’homme incontournable. Certes, il n’a pas de passé africain, mais cet ancien chef d’état-major particulier de Nicolas Sarkozy a toute la confiance du chef de l’État. À la réunion du jeudi à l’Élysée, il délègue le colonel Jean-Jacques Toutous, un marsouin (troupes de marine) qui a crapahuté sur le continent. Toutous y retrouve le colonel Benoît Houssay, un chasseur alpin affecté au cabinet du ministre de la Défense, Hervé Morin. Autre homme influent, le général Emmanuel Beth. Cet ancien patron de la force Licorne en Côte d’Ivoire supervise toute la coopération militaire (détachement d’instructeurs, accueil d’élèves officiers en France, etc.). Depuis deux ans, depuis le discours de Nicolas Sarkozy au Cap, il faut compter aussi avec les deux grands commis de l’Etat qui renégocient les accords de défense entre la France et ses ex­colonies. Côte à côte, François­Xavier Deniau et le général Benoît Puga, un diplomate et un officier ... aux états de service longs comme le bras. En 1978, le légionnaire Puga a sauté sur Kolwezi, au Zaïre. Puis, après avoir fait le coup de feu en Centrafrique et au Tchad, il a dirigé le Commandement des opérations spéciales (COS) et la Direction des renseignements militaires (DRM). Aujourd’hui, il est chef d’état-major particulier du président de la République. Bref, c’est le « baroudeur africain » de Nicolas Sarkozy.

 

La lutte contre Al-Qaïda est confiée à Bernard Bajolet. L’homme connaît bien la question du terrorisme. Avant de coordonner les services de renseignements à l’Élysée, il a été ambassadeur à Bagdad, puis à Alger. Erard Corbin de Mangoux, le patron de la Direction générale de la sécurité extérieure (DG SE), a moins d’expérience de terrain, mais il apprend vite. Depuis dix-huit mois, il a fait quelques voyages discrets en Afrique du Nord et au Sahel, notamment pour faire libérer plusieurs otages français. Et il a noué un contact privilégié avec quelques hommes d’État, comme le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz. Quant à la politique économique, elle est suivie par deux membres du cabinet de Christine Lagarde, Christophe Bonnard et Jean-René Cougard, en liaison permanente avec Ambroise Fayolle, le représentant de la France au FMI et à la Banque mondiale. La zone franc, elle, est jalousement gardée par la direction du Trésor, c’est-à-dire par Ramon Fernandez -le fils de l’écrivain Dominique Fernandez -, Rémy Rioux et Thomas Groh, le chef du bureau Afrique subsaharienne à Bercy. Personnages de l’ombre ? Sans doute. Mais avec Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, ce sont eux qui gèrent le compte d’opération de la zone franc et supervisent les activités de l’Agence française de développement, dont le tout nouveau directeur général, Dov Zerah, a été personnellement choisi par. .. Nicolas Sarkozy. Loin des projecteurs, ils exercent le vrai pouvoir.



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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 14:52

Re-lu pour vous le 14 mai 2010

Témoignage de Kossi Sessi Ganyo Kodzo 

Vivre Ensemble n° 114 (septembre 07)

 

 

Contrôle policier: Etre Noir est-il un délit ?

 

"Comment peut-on vivre dans un pays respectueux des droits de l'homme, les mêmes évènements que l'on vit dans un pays conduit par un régime sanguinaire ?", "les lois suisses seraient-elles fondées sur la couleur de la peau ou encore sur l'origine ?", "les contrôles policiers seraient-ils aveugles et uniquement pour les Noirs ?", voici les questions que se pose un requérant d'asile africain après avoir été victime d'une interpellation policière en gare d'Olten. Nous avons trouvé intéressant de publier son récit, car il est rare de disposer de témoignage de ce type rédigé par l'intéressé lui-même. (Réd.)

 

Le 31 juillet 2007, j'ai quitté la maison vers 11h25 pour faire mes achats dans un magasin sri lankais situé sur l'autre rive du fleuve Aare dans la ville d'Olten. J'y vais faire habituellement mes courses. Je faisais le trajet à pied. Le chemin le plus court est celui qui passe par la gare, je l'ai par conséquent emprunté. Arrivé à l'entrée Est de la gare, j'ai pris l'escalier pour descendre et je me suis dirigé vers la sortie. À une cinquantaine de mètres à peine, j'ai vu deux hommes prendre ma direction en sens inverse. J'ai continué à avancer et au moment de les dépasser, l'un d'eux s'est arrêté devant moi et l'autre s'est mis de côté pour me coincer.

 

Contrôlé à la gare

 

Le premier faisait environ 1m 70; le second environ 1m 85. Le plus petit m'a dit: "Polizei, contrôle" et m'a montré son badge. Je leur ai donc tendu mon permis N. Celui qui était à mon côté commença par téléphoner, quand au second, il me demanda de lui donner le petit sac que je portais en bandoulière. Je le lui donnai. Il exigea ensuite mon téléphone portable. Je lui obéis. Constatant que ce dernier était verrouillé (mon portable se verrouille automatiquement), il me le tendit et m'ordonna de le déverrouiller. Ne comprenant plus rien, je lui ai demandé les raisons d'une telle manœuvre ? Je jugeais mon portable personnel et à usage personnel.

 

Sans aucune explication

 

Sans me répondre, il s'est acharné à fouiller mon petit sac et mon porte-monnaie. Le premier était toujours au téléphone. Après qu'ils aient terminé la fouille des différents objets et sans logiquement avoir rien trouvé d'illicite, je leur ai demandé ce qu'ils me reprochaient au juste, car j'estime me comporter en citoyen togolais honnête depuis mon arrivée ici en Suisse.

 

En réponse à ma question, le plus grand des policiers m'intima l'ordre d'enlever mes mains des poches et de me tourner la face contre le mur. Surpris et ne comprenant toujours rien, je lui ai demandé: pourquoi faire ? Sans rien dire, il a commencé par me bousculer et m'a fouillé de haut au bas. Alors qu'il n'avait rien trouvé, il a pris les menottes et me les a passées brutalement aux mains dans le dos.

 

Ni de réponse aux questions

 

Hors de moi-même et me sentant humilié devant une foule si grande qui me prenait peut-être pour "l'autre noir dealer, terroriste et voleur", je lui ai demandé: "Que veut dire tout ceci ? Et pourquoi ?" Le plus petit policier m'intima alors l'ordre de fermer ma bouche. "Pourquoi dois-je fermer ma bouche, quand vous m'humiliez pour rien ?" ai-je immédiatement rétorqué ? Le second qui m'avait mis les menottes, a commencé par me pousser violemment dans le dos en me disant d'avancer. Surpris, je lui ai demandé: "Où m'amenez-vous ?" Au poste, répondirent-ils.

 

Une humiliation sans borne

 

Le policier continua de me pousser sauvagement sur une distance de presque huit mètres jusqu'à la voiture de police, comme un criminel ou un terroriste recherché de longue date. Et ce, malgré le fait que je le priais de me laisser marcher par moi-même. Mains au dos et menottes aux poignets, je subissais cette brutalité, de sorte que ces dernières m'ont serré davantage et causé des enflures aux poignets et des douleurs atroces. Le poignet gauche m'a fait mal toute la soirée. La scène se passait toujours devant des passants curieux. Jamais de la vie, je ne me suis senti aussi humilié, ridiculisé.

 

Embarqué au poste de police

 

Ils me firent monter dans la voiture. Arrivés sur le parking du poste de police, il y avait un groupe de policiers (dix environ). Mes deux tortionnaires sont descendus et ont commencé par discuter avec les autres. Celui qui était assis à côté de moi m'a ouvert la portière et a continué à me pousser, comme il le faisait dès le début. A l'entrée du poste de police, allaient et venaient aussi quelques-uns de leurs supérieurs, qui m'ont vu sans rien dire. Une fois rentrés, ils m'ont conduit dans une pièce située dans un sous-terrain. Nous avons été rejoints par un autre policier, membre du groupe qui était sur le parking. Il parlait français. Je tiens à rappeler que le policier qui m'a mis les menottes, nourrissait depuis la gare une folle et incompréhensible colère contre moi. Il était tellement furieux, qu'il a enlevé la chaise en plastique que son collègue, qui servait d'interprète, m'avait tendue pour que je puisse m'asseoir.

 

Une incompréhension totale

 

J'avais alors les menottes aux mains, quand celui qui parlait français me demanda ma version des faits. Dépassé et ne réalisant pas vraiment ce qui m'arrivait, je suis resté bouche bée. Pendant tout ce temps, mon sac, mon porte-monnaie et mon natel étaient à leur disposition. Comme je ne répondais pas, il m'a enlevé les menottes. C'est alors que j'ai retrouvé un peu la parole et que je lui ai relaté les faits.

 

Une fouille complète

 

À peine mon récit terminé, il me demanda d'enlever mon t-shirt, mon pantalon et mes chaussures. J'ai obtempéré malgré moi. Alors qu'il ne me restait que mon slip sur le corps, le même homme m'ordonna de l'enlever. J'ai refusé, car c'est un acte abominable passible d'exclusion dans ma culture Ewé. Il me menaça. Vu la manière barbare avec laquelle les policiers me traitaient, j'ai eu peur pour ma vie. Je me suis alors plié à leur exigence. Tous les deux avec leur torche, ont scruté mon anus. Pourquoi ? Eux seuls peuvent le dire.

 

"C'est comme ça en Suisse"

 

Après leur forfaiture, ils m'ont demandé de remettre mes habits. Ils m'ont remis aussi tout ce qu'ils m'avaient pris. J'ai trouvé bizarre que ce soit après toute cette barbarie incompréhensible, que l'un des policiers m'a posé la question de savoir ce que je cherchais en ville. Je suis moi-même surpris de lui avoir répondu y être venu faire des achats. N'ai-je pas le droit de venir dans la ville d'Olten ? Probablement satisfaits de leur acte salissant, ils me remirent le porte-monnaie, le sac, le natel et le permis, sans me faire signer aucun procès-verbal.

 

A la fin, j'ai reposé la même question au policier qui parlait français: "Que me reprochez-vous au juste ?" Voici sa réponse: "C'est comme ça en Suisse, c'est la Suisse".

 

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 01:25

6 mars 2010
Source : hautetfort.com


Nicolas Sarkozy s'est rendu récemment au Gabon, pays qui a été dirigé pendant quarante et un ans par Omar Bongo - "l'ami" de tous les présidents de la République française. [1] E
n confirmant, sur place, le maintien de la base militaire de Libreville, Nicolas Sarkozy a montré qu'il ne se distingue pas de ses prédécesseurs. La politique néo-coloniale française - la "Françafrique" et ses turpitudes - continue.

Cette base militaire (950 hommes actuellement) continuera donc de garantir la continuité du régime gabonais "ami" (dirigé aujourd'hui par Ali Bongo - le fils d'Omar) ainsi que la sécurité des 10.000 ressortissants et des 120 entreprises françaises opérant sur place (dont le pétrolier Total).

Cette base pourra aussi servir de point d'appui pour des interventions dans la région : le Golfe de Guinée (et son pétrole !) et les pays d'Afrique de l'Ouest (Côte d'Ivoire, Guinée, Niger) comme d'Afrique centrale (Tchad, Centrafrique, Cameroun, les deux Congo ...).

Nicolas Sarkozy s'était engagé à associer le Parlement à l'élaboration des nouveaux accords de défense avec les pays africains. Il n'en a rien été, et les députés et sénateurs n'ont, de leur côté, pas été trop exigeants...

De fait - parmi les politiciens français - qui s'intéresse vraiment au devenir des peuples africains ?

Sur cette question, c'est le consensus : au pouvoir, la gauche comme la droite se sont livrés à la même ingérence politique et militaire qui a maintenu "nos" ex-colonies dans la sujétion et dans la misère.

 

En apparence, le nouvel accord de défense signé avec le Gabon a éliminé la clause des accords précédents qui prévoyait une intervention automatique de la France en cas de "menace" extérieure comme intérieure. Cependant, il dissimule une multitude d'accords dits "techniques" qui permettent de le contourner sans forcément engager les troupes françaises de manière directe et frontale.

Ainsi, il est prévu que la France puisse fournir des matériels de guerre, des renseignements militaires voire des "conseillers" susceptibles de planifier des opérations militaires.

De plus, le déploiement des troupes françaises restera toujours possible en prenant pour prétexte l'évacuation de ressortissants ou des opérations humanitaires.

Notre responsabilité

Beaucoup de Français aiment s'indigner contre les politiciens africains qui sont parvenus au pouvoir après les "indépendances" ; ils les voient le plus souvent comme des autocrates corrompus et les tiennent pour responsables de la misère de leurs populations.

Mais c'est trop facile et trop hypocrite !

Car, en définitive, si beaucoup de ces politiciens sont là où ils sont c'est d'abord parce que la France les y a installés et maintenus contre la volonté de leurs propres peuples.

Or, la France ce sont des gouvernements, tous élus par une majorité de Français.

Rien ne sert donc d'en appeler aux droits de l'homme et aux grands principes démocratiques. Rien ne sert de compatir avec la misère africaine et de multiplier les oeuvres caritatives.

Il faut s'attaquer aux causes de la situation, ce qui ne passe pas uniquement - peut-être pas du tout - par des élections...

Il faut faire en sorte qu'en Afrique il n'y ait plus de gouvernements français qui - EN NOTRE NOM - continuent à perpétrer une politique d'ingérence meurtrière.

Le reste n'est que diversion... confortable !

Source principale : Philippe Leymarie, "La France fidèle à la dynastie Bongo", Le Monde diplomatique, 25 février 2010.

[1] Au Gabon, le groupe de Vincent Bolloré, qui convoitait la mine de fer de Belinga, avait placé la fille d'Omar Bongo à la tête de sa filiale Gabon Mining Logistics. (Thomas Detombe, "Vincent Bolloré et la Françafrique", Le Monde diplomatique, Manière de voir n° 108)

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 01:28

Lu pour vous le 20 janvier 2010
Soninkara.org


Conquête coloniale: La Résistance Afrique

L’empire colonial français se met en place à la fin du XIXe siècle. Iil comprend en Afrique l’AOF, Afrique occidentale française, l’AEF, Afrique équatoriale française, la Côte de Somalie et Madagascar (plus la Réunion et une partie des Comores). De la conquête à la décolonisation, l’histoire de l’Afrique est celle du pillage des ressources, du massacre et de l’exploitation des hommes et des femmes et de la mise sous tutelle culturelle, au profit d’une partie puissante du capitalisme français, anglais, portugais, espagnol et dans une moindre mesure, le capitalisme ilatien et germanique. Les méfaits de la colonisation écrivent l’un des chapitres les plus criminels du livre noir du capitalisme.

Une décision d’Etat pour le bénéfice des entreprises françaises

Depuis la Traite des Noirs, des comptoirs commerciaux sont installés des côtes du Sénégal au Golfe de Guinée et offrent des bénéfices substantiels. Mais à la fin du XIXe siècle la colonisation devient alors le moyen pour les capitalistes - dans un cadre de concurrence acharnée entre puissances impérialistes - de s’assurer la maîtrise de nouveaux marchés.

Le choix de la colonisation correspond donc pour le capitalisme à la recherche de nouveaux débouchés, à une concurrence internationale forte et à un vaste mouvement d’exportation des capitaux européens. D’autant que la conquête coloniale elle-même n’a pas été le gouffre financier dont on a parfois parlé pour la France. De 1850 à 1913, les expéditions coloniales n’ont représenté en moyenne que 6,5% des dépenses. Les bénéfices sont rapides pour les capitalistes car ce sont les populations indigènes qui supportent la majeure partie des frais d’administration ; le service de la dette coloniale est colossal.

Face à la conquête française, la résistance africaine est réelle, notamment dans les empires d’Ahmadou entre le Mali et le Niger, de Almamy Samory au Soudan ou de Rabah au Tchad. Mais elle est rapidement écrasée. L'expansion coloniale est accélérée après 1876 ; il s'agit d'atteindre le fleuve Niger, ce qui implique un contrôle total du Sénégal. Les campagnes militaires se heurtent alors à de violentes résistances intérieures : Maba Diakhou Ba tente d'unifier les pays situés au nord de la Gambie et Lat Dior Diop au Cayor ; Alboury Ndiaye et Mamadou Lamine Drame, sur le haut Fleuve et au Boundou, s'opposent par les armes à la pénétration coloniale.
D’autant plus que les expéditions militaires créent et jouent sur les divisions africaines. Les ravages sont nombreux, en particulier dans le Sahara pour la jonction Maghreb-Afrique subsaharienne et en Afrique équatoriale. Les pillages sont systématiques et les populations sont enrôlées de force pour la construction d’infrastructures et dans les « troupes noires ». Toute résistance est réduite, comme à Birni N’Konni, ville de 10 000 habitants rayée de la carte en 1889 au Tchad par la mission Voulet-Chanoine.

Le système colonial

Dans les territoires conquis se met en place une administration coloniale variable selon les endroits, toujours injuste et oppressive.

Ainsi, la colonisation s’appuie sur certaines ethnies et sur les notables locaux qui sont juxtaposés aux cadres européens. La justice est double : les colons bénéficient du régime de droit français, mais les indigènes sont jugés directement par l’administration coloniale. Ils sont également soumis aux travaux forcés. Le marché est protégé pour les entreprises françaises et les terres sont confisquées et accordées à de grandes compagnies. L’ensemble des infrastructures est financé par les impôts payés par les indigènes.

En Afrique tropicale, l’administration coloniale se fait centralisatrice et directement autoritaire. L’Etat choisit de faire pression sur les structures sociales pour recruter la main d’œuvre pour les corvées, la collecte de la capitation (impôts par tête) n’hésitant pas par exemple au Cameroun, à faire fouetter sur la place publique les chefs refusant leur collaboration ou, en Centrafrique, à parquer femmes et enfants dans un camp d’otages pour augmenter la productivité des hommes (la plupart y moururent d’inanition). En Algérie, colonie de peuplement, la IIIème République mène une politique d’assimilation qui repose sur l’inégalité complète entre « citoyens » Européens et « sujets » Musulmans.

L’Afrique pillée

L’économie est essentiellement commerciale et les investissements productifs extrêmement faibles. Il ne s’agit pas de développer mais de spéculer. Les infrastructures mises en place grâce aux travaux forcés sont entièrement dirigées vers l’exportation. En agriculture, la monoculture (cacao, café, coton, hévéa, palmier à huile...) est privilégiée, en dépit de son impact en terme d’épuisement des sols et de la chute des productions vivrières qui fait disparaître l’autosubsistance rurale. L’Afrique sert de réservoir de produits agricoles et de matières premières et de déversoir pour les produits manufacturés métropolitains. Le niveau de vie de la population stagne ou régresse au cours de cette période.

Par ailleurs, les colonies ne fournissent pas seulement des produits agricoles, mais aussi de la « chair à canon », des hommes envoyés en première ligne des guerres menées par la France.

La colonisation a aussi des conséquences sociales et culturelles.

L’administration s’appuie en effet sur les notables locaux, soit apparus avec la colonisation, soit anciens chefs locaux auxquels s’oppose la masse rurale surexploitée. Au nom d’une supériorité de civilisation, le racisme utilisé comme mode de gouvernement menace de détruire l’héritage culturel. La colonisation française en Afrique a donc été bien loin d’une « mission civilisatrice ». En privant les pays colonisés de leurs capitaux et de leurs ressources, en empêchant le développement de l’industrie, elle a renforcé la pauvreté. En favorisant certaines ethnies, voire en créant les clivages ethniques, elle a posé les germes des guerres dites « ethniques » présentés aujourd’hui comme une fatalité africaine.

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 13:52

18 janvier 2010
Etant Dupain, journaliste haïtien

La France accorde une aide humanitaire dont nous devrions être fiers ? Il vaudrait mieux qu’elle rende à Haïti ce qu’elle lui doit. En 1803, après 300 ans d’esclavage, Haïti se souleva et mit en déroute l’armée française. Vint ensuite la déclaration d’indépendance abolissant l’esclavage en 1804. 

En 1825, les Français exigèrent le paiement d’une somme équivalente à 21 milliards de dollars actuels pour reconnaître l’indépendance du pays et renoncer à une nouvelle invasion. 

Aujourd’hui, Haïti doit rembourser d’énormes sommes au FMI, organisation où la France dispose d’un poids important. Mais, si elle discourt en faveur du développement de ce pays appauvri par toutes ces politiques, elle n’a aucun geste concret pour y aider. 

Ce refus de payer sa dette s’aggrave avec le refuge qu’elle accorde à l’ex-dictateur Jean Claude Duvalier, exilé en France (après 29 ans de dictature de père en fils) avec une fortune de 900 millions de dollars, volée dans les caisses de l’Etat haïtien, soit une somme alors supérieure à la dette externe du pays. 

Ainsi, le devoir de la France est de permettre à Haïti de récupérer ce qui reste de l’argent volé en extradant Duvalier qui comparaîtra devant la justice haïtienne.

 

 

 

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 21:27

17 décembre 2009
Le Mandat 



Gestions des chemins de fer, dragage des ports, gestion des plantations… Telles sont les pratiques ‘’mafieuses’’ du groupe Bolloré observées sur le continent africain. Face aux nombreuses accusations de violations des droits sociaux, déforestation ou pollution environnementale, son PDG, Vincent Bolloré a choisi la voie judiciaire. Une manière pour lui d’intimider les médias. Dimanche 29 Mars 2009.

France Inter, radio française de service public, émettant à Paris diffuse sur ses antennes, dans le cadre de son émission ‘’Interception’’ un reportage réalisé au Cameroun. De 9h00 à 13h05, ‘’ Cameroun, l’empire noir de Vincent Bolloré’’, l’intitulé dudit reportage riche en témoignages sur les entreprises Bolloré dans le pays de Paul Biya, fait des révélations de taille sur la gestion du chemin de fer, le dragage du port, la gestion des plantations de palmiers….Un véritable éclairage supplémentaire sur les pratiques de ce ‘’géant français’’ après les accusations de violation des droits sociaux, déforestation ou pollution environnementale portées par l’association Survie, des personnalités et ONG françaises et camerounaises.

Il n’en fallait pas plus pour que, le groupe Bolloré entre en transe. Soucieux de préserver l’image de ses juteuses activités africaines, Vincent Bolloré et son groupe optent pour la stratégie d’intimidation à l’égard des médias et journalistes qui délivrent encore à son sujet, une information fiable et indépendante. Le contraire aurait d’ailleurs surpris. Et pourtant, ‘’le tout puissant patron du Groupe’’, figure emblématique du capitalisme français, était depuis quelques temps objet d’une attention critique de la part des hommes de médias. Les activités de son groupe industriel sur le continent africain étaient particulièrement scrutées.

Des journalistes français spécialistes de l’Afrique s’étaient même penchés, il y a 17 ans ,sur les intrigues du capitaine d’industrie. « Vincent Bolloré, expliquaient alors Stephen Smith et Antoine Glaser, est le plus cannibale de tous les ‘’messieurs Afrique’’ du business français ». S’en suivront une panoplie de publications pour dépeindre les manières peu recommandables, des agissements de cette multinationale en Afrique. Malheureusement, Vincent Bolloré et son groupe continueront inexorablement, en dépit des promesses faites concernant l’exploitation forestière, la coupe des bois tropicaux qu’ils auraient jugé « ne pas être bien ».

Ce reportage est donc bienvenu pour mettre à nu ces pratiques. Bien qu’il puisse conduire les auteurs en prison, puisque depuis mardi dernier devant les révélations qui se multiplient sur les pratiques du groupe en Afrique, Vincent Bolloré contre-attaque par voie judiciaire. Il comparaît avec la radio française France Inter devant mesdames et messieurs les présidents et juges composant la 17ème Chambre correctionnelle du tribunal de Grande instance de Paris, siégeant au Palais de justice de ladite ville.

Le patron du groupe Bolloré traîne en justice ses adversaires, dit-il, pour diffamation. A l’évidence, M. Bolloré n’a plus du tout l’intention d’accepter les critiques. A travers ce procès, ne cherche-t-il pas à intimider les médias qu’il n’arrive plus à contrôler ? Nous y reviendrons.

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 16:14

Lu le 23 novembre  2009
Source: Survie

Où part l’argent du pétrole du Golfe de Guinée ?
A Sciences-po Paris, Amphithéatre Albert Sorel, 27 rue Saint Guillaume

 

Mardi 24 Novembre, 19h-21h

L’association Survie Paris (
http://survie-paris.org) et l’ASPA, Association des Etudiants de Sciences-po Pour l’Afrique (http://aspa.afrik.com/),

ont le plaisir de vous inviter à une conférence-débat :

Or noir : quels impacts sur la gouvernance dans les pays africains ?

Ou part l’argent du pétrole du Golfe de Guinée ?

A Sciences-po Paris, Amphithéatre Albert Sorel, 27 rue Saint Guillaume
Aujourd’hui, le continent africain compte pour 11% du pétrole produit dans le monde. D’ici à 2011, ses capacités de production devraient encore augmenter de 50%, si bien que le Golfe de Guinée pourrait être au 21ème siècle ce que le Golfe Persique était au 20ème. La manne pétrolière profite peu aux populations africaines, et accentue les problèmes structurels : inégalités, corruption, destruction du patrimoine naturel... Quelles pistes pour une contribution du secteur pétrolier au développement durable des états africains ?

Avec :

- Christian Mounzéo de la plateforme citoyenne Publiez-ce-que-vous-payez au Congo-Brazzaville ("Publish what you pay")

Inscription nécessaire à aspa@sciences-po.org + venir avec photocopie pièce d’identité

http://www.publishwhatyoupay.org

- Vincent Hugeux, grand reporter à l’Express, spécialiste du Gabon

- Xavier Harel, auteur de ‘Afrique pillage à huis clos : Comment une poignée d’initiés siphonne le pétrole africain’

- Sous-réserve : Antoine Dulin co-auteurs du rapport du CCFD-Terre Solidaire sur les Biens Mal Acquis et animateur de la plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires (
www.argentsale.org), ou Benjamin Moutsila de la Fédération des Congolais de la Diaspora, ou Antoine Glaser, directeur de La Lettre du Continent)

A signaler aussi sur le sujet, la plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires :

http://www.argentsale.org

et le rapport du CCFD-Terre Solidaire sur les Biens Mal Acquis :

http://www.ccfd.asso.fr/ewb_pages/m/motcle-biens_mal_acquis.php

Et sur le site de Survie les Biens Mal Acquis :

http://survie.org/mot/biens-mal-acquis

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 22:40

16 novembre 2009
Véronique Smée
© 2009 Novethic

Le réseau « European Coalition for Corporate justice » (ECCJ) milite depuis 2005 pour que la responsabilité sociale et environnementale des multinationales soit mieux encadrée, notamment dans les pays du Sud. Le vide juridique actuel complique toute action en justice pour les victimes de violations des droits humains ou environnementaux.

L’alliance ECCJ (European Coalition for Corporate Justice (ECCJ), qui regroupe aujourd’hui 250 organisations de 16 pays européens, organisait en France la venue de deux représentants d’ONG de Colombie et d’Afrique du Sud, dans le cadre de la campagne qu’elle mène sur la responsabilité sociale des entreprises. Ces deux exemples, représentatifs des impacts sociaux et environnementaux de certaines multinationales, montrent comment l’impunité et le vide juridique actuels empêchent tout dialogue avec les parties prenantes et à fortiori tout recours en justice. En cause : Fenosa, entreprise espagnole d’électricité opérant en Colombie, et Arcelor Mittal, géant de l’acier opérant notamment en Afrique du Sud. Dans le premier cas, l’entreprise a pris en charge la privatisation de la fourniture de l’électricité en Colombie, tout en excluant d’emblée une partie du pays ( l’équivalent de 7 départements côtiers) pour laquelle les investissements ont été jugés « trop coûteux ». Bilan : la population  -soit 800 000 personnes-doit gérer elle-même le réseau de distribution d’électricité, Fenosa s’étant contentée de fournir les transformateurs…

Les conséquences d’un tel dispositif ont été dramatiques : « le réseau est vétuste, donc dangereux, explique Omar Guzma, représentant des consommateurs. Nous savons qu’il y a eu des centaines de morts par des accidents d’électrocution, mais ni l’entreprise ni le gouvernement ne veulent le reconnaître. La seule réponse de Fenosa consiste à produire des rapports techniques  pour justifier la situation, qu’elle est la seule à comprendre !» Mais ce n’est pas tout : l’entreprise a profité de son monopole pour augmenter ses prix (14 centimes d’euro le KWh contre 11 dans le reste de la Colombie), ce que la population a fini par refuser. Estimant alors que ces communautés sont « en dette » vis-à-vis d’elle, Fenosa a obtenu en compensation 175 millions de dollars de financement public, via un fonds crée par le gouvernement ! C’est ainsi qu’est née sa filiale « Energie sociale de la Côte », maquillée en stratégie d’entreprise responsable. « Fenosa a même reçu un prix international à Genève, pour sa politique RSE… », ajoute Omar Guzma.


Rétention d’information

Autre pays, autre cas de figure : la politique « environnementale » d’Arcelor Mittal, caractérisée depuis près de 20 ans par l’opacité et la rétention d’information. Elle a en charge, à Vanderbijlpark près de Johannesburg, la plus grande usine d’Afrique sub-saharienne ; un site dont les activités ont fait l’objet de plaintes pour non respect des droits humains et de l’environnement. La pollution engendrée par l’usine, qui a notamment affecté les nappes phréatiques de la région, a pourtant été reconnue officiellement par les autorités publiques. Mais malgré les pressions répétées de la société civile, le groupe refuse de publier les informations sur les niveaux de pollution de la région. Arcelor Mittal a certes fini par s’engager à dépolluer le site et à adopter un « plan de gestion environnementale », mais qui reste connu de lui seul… « La population locale n’a pas accès aux informations sur l’étendue passée et actuelle de la pollution et les autorités non plus. Cette rétention empêche la surveillance des stocks de déchets et l’évaluation de leurs impacts réels sur l’environnement», précise Samson Mokoena, porte parole des ONG et syndicats de la région. L’entreprise, ajoute-t-il, profite des lacunes réglementaires et politiques du pays, mais aussi de la vulnérabilité économique de la population, employée par l’usine. « Le poids de ses investissements sont considérables et le chantage à la délocalisation en Chine, régulièrement mis en avant par les dirigeants, est un argument pris en compte par les autorités sud-africaines», commente-t-il. Le groupe a également obtenu des déplacements forcés de populations, qui n’ont eu droit à un « rachat de terres » qu’après avoir contesté l’affaire devant la justice.


Démarches volontaires

Si ces exemples sont révélateurs, il en existe beaucoup d’autres, décrits dans le rapport « Pas de pouvoir sans responsabilités »* réalisé par l’ECCJ. Delta du Niger, Birmanie, Chine, Asie Centrale…peu de régions du monde sont en effet épargnées par la violation des standards et normes internationales, causées par des entreprises occidentales. Au niveau européen, plusieurs pistes réglementaires ont été évoquées par l’ECCJ lors du Forum sur la RSE, qui réunit entreprises, investisseurs, société civile et autorités publiques. La coalition d’ONG invite régulièrement la Commission à « prendre des mesures réglementaires afin de garantir la responsabilité sociale des entreprises dans leurs activités, notamment internationales ». Selon elles, « toutes les démarches de RSE existantes sont des démarches volontaires non sanctionnées. Comment les acteurs financiers et non financiers peuvent-ils évaluer ces entreprises, sans pouvoir accéder à une information transparente et comparable internationalement ? ». 

De fait, au plan juridique, plusieurs mesures sont envisageables : rendre les sociétés mères responsables des impacts humains et environnementaux de leurs filiales et demander aux entreprises d’exercer un reporting sur l’ensemble de leurs activités, des risques qu’elles impliquent et de leurs impacts. Et à l’image de la législation américaine, permettre aux populations locales, victimes de ces violations, de porter plainte sur le territoire européen. « Sur ce plan, la situation évolue très lentement, reconnaît Sébastien Godinot des Amis de la Terre, membre de l’ECCJ. Seule une loi émanant de l’Union européenne pourrait modifier les choses et faire pression sur d’autres pays… ». On en est très loin aujourd’hui. Les entreprises, représentées à Bruxelles par Business Europe et CSR Europe, continuent à souligner “l’importance de conserver une approche volontaire de la RSE” et mettent en avant les progrès réalisés par les entreprises au sein de « l’Alliance européenne pour la RSE », lancée en mars 2006 avec le soutien de la Commission. L’initiative a donné lieu à des « CSR Laboratories », au sein desquels 200 entreprises européennes échangent « leurs bonnes pratiques en matière de performance extrafinancière  et de relations avec leurs parties prenantes ». Pour les deux organisations, cela ne fait aucun doute : la régulation n'est pas la solution.

* en ligne sur wwwcorporatejustice.org

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