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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 07:41

6 juillet 2009
Philippe Bernard
Le Monde

Le Président du Niger s'accroche au pouvoir...

Juliette: Mais où sont les oignons de Paris là-dedans! 

 

Paris a haussé le ton, dimanche 5 juillet, vis-à-vis du Niger où l'obstination du président Mamadou Tandja, 71 ans, à demeurer au pouvoir en dépit de la Constitution, menace de faire basculer dans la crise ce pays très pauvre, mais stable. La situation est "à la fois inquiétante et décevante", a estimé Nicolas Sarkozy dans un message lu à Paris, lors de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

La démocratie et les institutions nigériennes sont "directement menacées par un dévoiement de certaines dispositions constitutionnelles", a ajouté le président français. Au même moment, des dizaines de milliers de Nigériens ont à nouveau manifesté à Niamey contre le projet de référendum qui, le 4 août, doit entériner une réforme de la Constitution permettant à M. Tandja de briguer un troisième mandat.


Le président nigérien aurait pu terminer son dernier quinquennat sur un bilan plutôt flatteur : le Niger a connu en 2008 une croissance record de 9,5 % ; un dialogue avec la minorité touarègue a été ouvert ; un contrat prometteur avec Areva pour l'extraction d'uranium a été signé. En mars, M. Sarkozy avait fait escale à Niamey à l'occasion de ce paraphe. Devant lui, M. Tandja avait déclaré qu'il s'apprêtait à quitter le pouvoir.


Au lieu de cela, il a lancé une réforme de la loi fondamentale et tenté d'abattre un à un les obstacles qui entravent son projet de référendum. Ce faisant, il se heurte à une triple résistance, juridique, politique et sociale.


A la fin juin, M. Tandja a dissous la Cour constitutionnelle, dont la présidente, fait rare en Afrique, s'était opposée, le 25 mai, à la tenue du référendum. Dès le lendemain, le président a dissous le Parlement et convoqué par décret les électeurs. Le 12 juin, ce décret a été annulé par la même Cour constitutionnelle. Passant outre, M. Tandja l'a signé. Ne parvenant pas à faire taire la contestation, il s'est arrogé, le 26 juin, des "pouvoirs exceptionnels", en se prévalant d'une disposition constitutionnelle applicable lorsque "l'indépendance de la République est menacée".



Coup d'état

A cette fronde juridique s'ajoute le lâchage politique du principal parti soutenant le régime, la Convention démocratique et sociale (CDS), dont les sept ministres démissionnaires ont été remplacés par des fidèles. Un collectif réunissant des partis, des syndicats et la société civile, le Front de défense de la démocratie (FDD), a qualifié les décisions présidentielles de "coup d'Etat".


Le sommet de l'Union africaine, réuni à Syrte (Libye), s'est achevé, vendredi, sans déclaration sur le Niger. L'institution panafricaine est tiraillée entre son président, le "guide" libyen Mouammar Kadhafi, peu regardant sur les institutions, et le président de sa Commission, le Gabonais Jean Ping, qui, avant le sommet, s'était dit "extrêmement préoccupé" par la situation nigérienne.
 

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 11:10

23 juin 2009
Publinet 
 

Deux ans après la publication de son étude « Biens mal acquis », support des plaintes déposées en France contre Omar Bongo, Denis Sassou Nguesso et Teodoro Obiang Nguema, le CCFD-Terre Solidaire publie le rapport « Bien mal acquis, à qui profite le crime ?».

On estime à plus de 100 milliards de dollars, les avoirs détournés par des dirigeants corrompus à travers le monde. En dépit des promesses répétées de la communauté internationale de lutter contre la corruption, seul 1% à 4% des montants détournés ont été à ce jour restitués aux populations volées.

Fruit d’un minutieux travail d’enquête, le rapport dresse un bilan actualisé des avoirs détournés par une trentaine de chefs d'Etats. Au-delà de la dénonciation de ces agissements, il analyse les raisons de la « non restitution » des fonds détournés, interpelle les institutions des pays du Nord sur leurs responsabilités (entraves aux restitutions, paradis fiscaux, pillages des richesses ...) et adresse des recommandations au gouvernement français et à l'Union européenne.

Présentation du Rapport en présence de :

- Guy Aurenche, président du CCFD-Terre Solidaire,

- Jean Merckaert, chargé du financement du développement au CCFD-Terre Solidaire, auteur du rapport,

- Jean-Marc Bikoko (Cameroun), Président de la Centrale Syndicale du Secteur Public (CSP) et Coordinateur de la Plateforme d'information et d'action sur la dette du Cameroun.

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 01:48

12 mai 2009
Comité pour un nouveau parti anticapitalisme
(Sciences Po, Paris)

L'ouverture d'une enquête contre les « biens mal acquis » des dictateurs africains est une première victoire contre le système néocolonial français.

La doyenne des juges d'instruction du pôle financier a accepté la plainte de l'ONG Transparency-International, élaborée par l'association de juristes Sherpa, pour recel de détournement de fonds publics, blanchiment, abus de bien social, abus de confiance et complicité contre trois dirigeants africains, Omar Bongo du Gabon, Denis Sassou-Nguesso du Congo Brazzaville et Teodoro Obiang de Guinée Équatoriale. Le groupe Total est implanté dans ces trois pays producteurs de pétrole.


Le parquet, qui représente les intérêts de l'Etat néocolonial, avait déjà classé sans suite deux plaintes, en 2007 et 2008, estimant que les enquêtes n'avaient pas permis « de mettre en évidence les infractions pénales » alors que le fils Nguema possède des Bugatti, des Ferrari et autres Rolls-Royce, que la famille Sassou Nguesso a un patrimoine de dix-huit biens immobiliers dans les quartiers chics de Paris et est titulaire d'une centaine de comptes bancaires et que Bongo, avec 70 comptes bancaires, est propriétaire d'au moins 33 biens immobiliers pour un traitement présidentiel de 15 000 euros par mois.

Aujourd'hui, le parquet s'oppose de nouveau à l'ouverture d'une information judiciaire avec le nouvel argument que les plaignants ne peuvent justifier d'un préjudice personnel dans ce dossier.

Cette troisième plainte s'attaque au cœur du système néocolonial français, mis en place par Jacques Foccart, initiateur pour le compte de De Gaulle de la « Françafrique », dans les années 1960, au moment de la vague de décolonisation des pays africains. Ce système s'appuie sur des dictatures dont le rôle est de conserver les prérogatives coloniales de Paris sur le plan économique, en faveur des entreprises françaises, diplomatique, en alignant leur vote à l'ONU sur celui de la France, et militaire, en permettant l'installation des troupes françaises.

En parallèle, ces dictateurs du pré carré africain de l'Elysée vont financer les grands partis politiques de gouvernement, de droite comme de gauche. La longévité politique de plus de quarante ans d'Omar Bongo lui a permis d'emmagasiner nombre de secrets peu reluisants de la Ve République, ce qui fait que chacun se tient. Contrairement aux engagements électoraux de Sarkozy, un tel système n'est pas prêt de changer et les ministres de la Coopération qui ont émis des réserves se sont retrouvés illico virés, comme Jean-Pierre Cot, en 1982, et plus récemment de Jean-Marie Bockel.

Cette bataille judiciaire est donc importante, car elle est un élément de plus dans la lutte contre le maintien de la domination française sur nombre de pays africains. Une domination qui autorise, avec la bénédiction de ces dictateurs, les multinationales françaises à faire des profits considérables en pillant les peuples africains.

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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 21:00

4 avril 2009
Le collectif des enseignants de la FENDEC.

 

Le contribuable belge, on nous dit qu’il a eu un roi nommé Léopold II qui a été le plus grand prédateur de l’espèce humaine.

 

Ce grand bâtisseur descendant de Léopold Ier, le roi franc-maçon, a construit la Belgique avec de l’argent tâchée du sang de 10 millions de congolais à qui il a sauvagement ôté la vie avec des mains coupées comme preuve de leur mort, quelque fois par villages entiers. Le fruit de sa spoliation de l’Afrique existe encore en Belgique sous forme d’une entreprise héritière de Léopold II  LA DONATION ROYALE estimée à nos jours à plus de 500 millions d’euros.

 

Cet inspirateur d’HITLER dont « les fantômes» hanteraient à jamais nos mémoires doit rendre compte à l’Afrique pour que demain, nos fils puissent être fiers de nous.

C’est justement par devoir de mémoire pour les 10 millions de morts assassinés par le roi Léopold II au nom du contribuable belge que le collectif des enseignants de la FENDEC

 

demandera à la communauté internationale de poursuivre à titre posthume ce roi criminel en indemnisant tous les fils de «  mains coupées » soit 10 millions de congolais. Nous leur refusons le pardon et réclamons JUSTICE.

 

demandera à la CPI de suspendre l’affaire du soudanais El Béchir et toutes les autres affaires dirigées envers et contre les africains jusqu’ après le jugement du génocidaire Léopold II et tous ses complices actuels qui profitent du fruit de ses exactions sur les peuples africains.

 

demandera à la communauté internationale, pendant 40 ans (la durée de son règne), de déclarer la journée du 9 avril (date de sa naissance) : journée de reconnaissance des martyrs africains. Pendant cette journée, aucune communication vers la Belgique ne devra se faire, aucun produit belge ne devra être commercialisé. L’histoire de Patrice Lumumba tué par l’administration belge du roi Baudouin et le génocide rwandais actionné par l’état belge devront être revisités.

 

Le collectif des enseignants de la FENDEC présente ses excuses et ses condoléances au peuple congolais pour l’ignorance aveugle et coupable qui l’a  si longtemps habité face à ces criminels de notre histoire.

 

Le collectif comprend que l’instabilité endémique qui sévit au Congo a pour origine 1960, l’année où le contribuable belge a perdu « les mains coupées du roi génocidaire criminel de l’espèce humaine, Léopold II ».

 

Tout en soutenant les efforts de paix au Darfour, le collectif s’oppose entièrement jusqu’à plus amples informations à la poursuite du Président soudanais inculpé de crimes de guerre au Darfour par la Cour pénale internationale.

 

Le collectif fait appel à toutes les bonnes volontés sur les plans national et international pour donner à cette action l’envergure qu’elle mérite. Les contributions seront envoyées à fendec@yahoo.fr ou à Collectif des enseignants de la FENDEC B.P 5181 Dakar-Sénégal et à tous sites africains patriotes.

 

Une pétition sera mise sur le net pour demander la mise en accusation à titre posthume de Léopold II et l’indemnisation des congolais par LA DONATION ROYALE sera mise en ligne dès lundi 06 avril 2009.

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3 avril 2009 5 03 /04 /avril /2009 11:12

1er avril 2009
Denis Nkwebo / Le Jour Quotidien

L’ambassade de France à Yaoundé préoccupée par la sécurité maritime

La France semble intéressée par la sécurité dans le golfe de Guinée. Quelles sont ses raisons?

C’est sur un bâtiment de la marine française qu’un expert venu de Paris a entretenu un auditoire constitué de militaires, de civils et d’observateurs nationaux et internationaux, sur la question de la piraterie maritime dans les golfes d’Aden et de Guinée.

L’exposé qualifié de riche par quelques uns des participants rencontrés au pied du bateau « Bpc Tonnerre », n’avait rien de nouveau, et portait sur « la sécurisation des activité maritimes et commerciales, l’action de l’Etat en mer et la synergie entre les organisations sous-régionales ». Mais, « il était temps que les acteurs s’informent sur ce qui se passe au large des côtes somaliennes et dans le golfe de Guinée ». Pourquoi donc regrouper tant de monde (les Etat riverains du golfe de Guinée, la France, les Etats-Unis, l’Union européenne, les Nations Unies etc. », alors que la piraterie en cause se passe dans des pays bien précis ? Georges Serre, ambassadeur de France au Cameroun, principal artisan du séminaire de Douala, répond qu’il s’agit d’une veille internationale contre un fléau qui gène les activités normales de commerce et de production de richesse.

On peut donc comprendre l’invitation adressée aux compagnies pétrolières opérant dans le golfe de Guinée. Un officier de l’armée camerounaise justifie cette présence des pétroliers par le fait que les pirates les tiennent pour « cibles privilégiées », avec en arrière-pensée les rançons qu’ils exigent chaque fois qu’un enlèvement vient à se produire. Un autre officier supérieur camerounais s’est empressé de dire que la réflexion collective qui est engagée autour de la sécurité maritime ne saurait être réduite à la protection des intérêts pétroliers. « La pêche et tout le secteur des transports maritimes sont menacés par les actes de piraterie », explique-t-il, avant d’ajouter que les attaques répétées en mer sont « une menace pour la souveraineté des Etats ».

Il y a, autour de la question de l’insécurité dans le golfe de Guinée, un chassé croisé entre les grandes puissances ; la France et les Etats-Unis se relayant dans leurs efforts d’assistance aux Etats riverains du Golfe de Guinée. En visite à Limbe dans la région du Sud-Ouest en 2008, le général Réglat, commandant des forces armées françaises stationnées au Gabon, parlait déjà de « bandes armées qui mettent en péril le trafic maritime dans le golfe de Guinée à travers des actes de piraterie », en les comparant à une gangrène que la France peut aider à éradiquer. Le responsable militaire français et l’ambassadeur de France à Yaoundé ont multiplié des visites auprès du président Biya. Reste qu’au fur et à mesure que les efforts se multiplient en vue d’adresser la question de la piraterie aux larges des côtes de l’Afrique centrale, les groupes armées qui y sévissent multiplient pour leur part, les actes d’agression, souvent avec beaucoup de réussite.

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 11:12

13 mars 2009
AFP 

La France s'apprête à réduire de moitié son contingent déployé au Tchad et en Centrafrique au sein de la Minurcat 2, la force de l'ONU qui prendra dimanche le relais d'une force européenne, a annoncé jeudi l'état-major des armées à Paris. 

Sur les 1.650 militaires français engagés depuis un an sous les couleurs de l'Union européenne dans l'opération Eufor Tchad/RCA, chargée de protéger les réfugiés du Darfour et les déplacés au Tchad, 850 seront désengagés et 800 passeront sous casque bleu. 

"Leur mission sera d'accompagner la montée en puissance de la force onusienne et le retrait progressif de la force européenne", a précisé le capitaine de vaisseau Christophe Prazuck lors d'un point de presse. 

La France a été le premier contributeur en troupes de l'opération européenne, commandée sur le terrain par un officier français, le général Jean-Philippe Ganascia. 

Fin janvier, le Premier ministre François Fillon avait annoncé "qu'au moins" 1.000 des 1.650 soldats de l'Eufor quitteraient à terme le Tchad et la République centrafricaine. 

Le chef du gouvernement avait précisé que "pendant quelques mois encore", la France continuerait "de fournir à l'ONU l'aide technique utile à son installation, en particulier un certain nombre de capacités logistiques". 

"Nous maintenons pour le moment sur place un bataillon logistique de 450 soldats ainsi que 350 autres militaires à Forchana (Tchad) et Birao (RCA) où ils seront relevés dans les prochains mois par des contingents ghanéens et togolais", a précisé le commandant Prazuck.

Un sous-officier français a trouvé la mort lors de l'opération Eufor Tchad/RCA le 3 mars 2008 dans un accrochage en territoire soudanais où il s'était apparemment égaré avec une patrouille. 

La France compte par ailleurs 1.100 soldats stationnés au Tchad dans le cadre du dispositif Epervier, opération française lancée en 1986 au titre d'un accord bilatéral. Celle-ci est maintenue en l'état pour l'heure.

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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 21:36

20 février 2009
Pambazuka News

 

La crise mondiale a fait voler en éclats le vernis des apparences en Guadeloupe

Les autochtones doivent encore et toujours négocier avec les "Blancs" pour avoir des conditions de vie décentes!


Depuis le 5 janvier, la Guadeloupe est agitée par un large mouvement social. Lancé par des forces syndicales et porté aujourd’hui par un collectif global, ce soulèvement qui s’exprime à travers des revendications contre la vie chère et contre un système d’exploitation qui assujettit les populations, porte en lui même des remises en cause plus profondes. Deux cents ans après la fin de l’esclavage, une faible minorité, descendants des «maîtres blancs», contrôlent le destin de toute une population, dans un ordre capitaliste que la Métropole a laissé prospérer et que les populations contestent.

Après un mois d’agitations dont l’intensité est allée croissant, jusqu’à la mort d’un des leaders du mouvement social, dans la nuit du 17 au 18 février, le président Sarkozy a pris les choses en main. Mais pour quelles solutions ? Pambazuka News a invité la romancière guadeloupéenne Maryse Condé et le journaliste guadeloupéen Luigi Trèfle, à analyser les fondements et les perspectives de ce mouvement social dont les racines dépassent l’expression des frustrations actuelles.

Maryse Condé constate qu’«en dépit des appellations qui ont changé au cours des siècles, «Vieille colonie», «Département français d’Outremer», «Département français des Amériques», le statut de la Guadeloupe n’a pas été modifié. Elle vit toujours un système colonial. Cela signifie qu’elle doit servir de marché aux produits manufacturés de la Métropole et en échange fournir de la matière première. Cette matière première était le sucre de canne dont on connaît les avatars. Depuis la chute de ses cours, due à la concurrence du sucre de betterave, le sucre de canne a été remplacé tour à tour et sans grand succès par la banane, les agrumes…

«Mais la Guadeloupe, poursuit Mme Condé, a continué à ne cultiver aucune plante qui puisse servir à son alimentation et à tout importer. Les partis politiques indépendantistes n’ont pas réussi à faire passer le message que seul un changement de statut politique pourrait remédier aux dysfonctionnements nés de la persistance d’un tel système d’échanges colonial.»

Mais les avatars de ce système ont fini par dégénérer. Depuis le 20 janvier 2009, des manifestations contre la vie chère ont éclaté en Guadeloupe. Le 5 février, elles se sont étendues à la Martinique. La Réunion est en passe de rejoindre le mouvement, avec un mot d'ordre de grève lancé pour le 5 mars.

Dans ces excroissances de la France, survivances de la conquête coloniale, le vase des frustrations et des maux sociaux a ainsi débordé. Paris a maintenu ces dépendances dans l’esprit des comptoirs qui a prévalu en Afrique durant la période coloniale. Aucun investissement de valeur ne permet aux Antilles françaises de vivre par elles-mêmes. Les biens de consommation, largement importés de la métropole, coûtent 20% plus cher qu’en Métropole. Le taux de chômage dépasse les 20%. Depuis plus d’un mois, le ras-le-bol s’exprime dans des manifestations. Elles ont débordé ces derniers jours dans des actes de violence. Réveil tardif ?

«Les Guadeloupéens se sont aveuglés sur la réalité parce qu’ils bénéficiaient des allocations que leur verse l’Etat français : allocations de chômage, RMI (revenu minimum d’insertion), et bientôt RSA (Revenu de solidarité active), explique Mme Condé. La crise mondiale a fait voler en éclats le vernis de ces apparences et les Guadeloupéens ont vu, à l’œil nu, leur pauvreté, leur dépendance et les inégalités dont ils souffrent. D’où la crise».

Cette crise qui secoue la Guadeloupe dépasse les manifestations quotidiennes d’un simple mal vivre. Elle fait face à un système de domination qui, «deux cents ans après la fin de l’esclavage, garde encore ses racines», souligne un journaliste à Radyo Tambou, en Guadeloupe, Luigi Trèfle. «Ce qui se passe est une mobilisation contre des colons, descendants des esclavagistes, qui contrôlent le marché de la distribution à 90 %, sans aucune transparence sur les prix», explique-t-il.

Les premiers mouvements ont commencé le 16 décembre, lancés par différents syndicats, dont l’ Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe (UGTC). Aujourd’hui tout le monde s’y retrouve. Des hommes politiques aux associations culturelles, en passant par les mutuelles. Il y a les jeunes, les femmes, etc. «On assiste à un soulèvement populaire contre un système d’exploitation, souligne Luigi Trèfle. Deux mille «Békés» (descendants des colons blancs) contrôlent toute l’économie. Une classe qui vit en totale démarcation par rapport aux populations. Pour nous il ne s’agit pas d’un problème de race. Mais on a noté, de la part d’un des représentants de cette communauté (Ndlr : M. Alain Huyghes-Despointes, industriel béké martiniquais, propriétaire de diverses entreprises en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane), des positions de cette nature. Et ce n’est pas fortuit qu’il ait été question de qualité de race dans ses propos. Le constat est donc là. Deux cents ans après la fin de l’esclavage, on se retrouve dans la même situation : négocier avec des Blancs pour avoir des conditions de vie meilleures».

Différentes tendances traversent le mouvement de revendication qui s’est organisé autour du Collectif contre l’exploitation (LKP). Luigi Trèfle note que «les sentiments autonomistes, voire indépendantistes y sont très présents. Le collectif a pu ouvrir les yeux aux populations, leur démontrant tous les ressorts de l’assujettissement auquel elles sont soumises et cela pousse nombre de gens vers la radicalisation. Et le sentiment qui prévaut reste que le gouvernement français ne va pas s’attaquer au problème de fond. Il y aura quelques mesures de façade, mais rien qui remette en cause le système en place. Car les intérêts dominants ici sont les mêmes qu’en Métropole. Par exemple, le groupe SARA qui contrôle le secteur des hydrocarbures, avec des pratiques scandaleuses au niveau des prix, est une branche de TOTAL. On trouve les mêmes ramifications dans d’autres secteurs.»

«Plutôt que de proposer de véritables solutions, note Luigi Trèfle, Paris opte plutôt pour la stratégie du pourrissement, en espérant un découragement et une démobilisation avec le temps. Mais c’est une mauvaise appréciation de la réalité. Ce qui se passe est important. On n’a pas connu un tel mouvement social depuis des décennies. Aujourd’hui, il touche la Martinique où les réalités sont les mêmes, avec le même groupe minoritaire, descendant des colons et des esclavagistes, qui contrôle tout.»

Le sentiment indépendantiste qui est ici évoqué ne date pas d’aujourd’hui dans les Antilles françaises. S’exprimant dans des franges importantes, il est porté par des leaders du mouvement social actuel. Même s’il ne structure pas le discours revendicatif, il est présent dans les réflexions qui l’accompagnent. A ce propos, Maryse Condé a confié à Pambazuka News :

«Nous autres qui sommes indépendantistes depuis longtemps (dès les années 60, Guy Conquête chantait « la Guadeloupe malade ») nous aurions aimé qu’elle (la mobilisation actuelle) débouche sur une revendication d’ordre politique. Ce qui est probable, étant donné que le LKP est issu du syndicat UGTG qui n’a jamais caché sa sympathie pour l’indépendance. Mais nous n’en savons encore rien. Il faut attendre et espérer.»

En attendant, ces ondes de choc qui secouent la Guadeloupe et la Martinique, partie importante de la Diaspora, n’ont pratiquement pas d’écho en Afrique. L’éloignement ? Peut-être. Parce que les revendications n’ont pas (encore ?) pris les allures d’une remise en cause du statut des Départements français ? Peut-être encore. Le sentiment prévaut, en tout cas, qu’il s’agit d’une affaire franco-française qui laisse indifférents, pour l’essentiel, les mouvements sociaux, les intellectuels et autre forces politiques du continent.

Face à ce constat, Maryse Condé rejette l’idée d’un manque de solidarité : «Comment voulez-vous que les peuples africains se détournent de leurs propres problèmes pour se soucier du sort des lointains Martiniquais et Guadeloupéens ? C’est là une vision idéaliste et sommaire. Je suis sûre que les intellectuels africains, eux, sympathisent avec ce combat mais ils ne peuvent guère y prendre part n’ayant aucune tribune qui leur appartienne en propre ni aucun moyen de lutte».

Elle ajoute : « L’Afrique est en proie à de graves problèmes. Faute de trouver du travail et de quoi vivre décemment ses populations émigrent par milliers en direction des pays de l’Europe qui les accueillent sans enthousiasme. Tous les jours nous entendons parler d’Africains qui sont morts au large de l’Espagne, de l’Italie, du Maroc, en cherchant à fuir leur continent pour améliorer leurs espoirs de survie. Ce n’est pas de l’afro-pessimisme, c’est la réalité.»

Le système d’exploitation, contre lequel s’élèvent les Guadeloupéens et les Martiniquais, reste toutefois le même qui, porté par la mondialisation, avec la crise alimentaire et financière, a déjà généré de violents soubresauts en Afrique. Mais c’est cette globalisation, dont elle souligne les «mauvais côtés», qui donne espoir à Mme Condé. Espoir de voir «tomber les barrières du monde, en nous forçant bon gré mal gré à vivre ensemble sous des cieux différents, à mieux nous connaître, à échanger, à partager, ce qui n’est pas le cas en ce moment. De là peut-être viendra une plus grande solidarité entre les individus et nous autres, Africains et Caribéens qui avons tant souffert, nous apporterons notre sens de l’humain.»

* Maryse Condé, née Maryse Boucolon est écrivain. Née à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). Elle a publié de nombreux romans historiques, dont Segou (1984-1985). Elle a enseigné en Guinée, au Ghana, et au Sénégal.


* Luigi Trèfle est journaliste à Radio Tambou, en Guadeloupe.
Leurs propos ont été recueillis par Tidiane Kassé, rédacteur en chef de l’édition française de Pambazuka News.

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 20:01

18 février 2009
Julio Godoy - IPS

La possibilité que le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, aurait abusé de sa position publique en France pour accroître son entreprise privée rentable avec de grands dictateurs africains, vient à un moment où les autorités locales traitent de nombreuses affaires de corruption.

Les accusations contre Kouchner sont résumées dans un nouveau livre "Le Monde selon K." par le journaliste d’investigation, Pierre Péan.

Dans ce livre, Péan prétend que Kouchner, co-propriétaire de ‘IMEDIA and African Steps’, a obtenu de bons contrats auprès des gouvernements du Gabon et de la République du Congo (Brazzaville) au moment où il était le directeur exécutif d’une agence de coopération en santé publique à Paris. ‘IMEDIA and African Steps’ sont deux sociétés de conseils politiques.

Les gouvernements du Gabon et de la République du Congo – deux pays riches en pétrole – sont tristement célèbres comme deux dictatures particulièrement corrompues. Omar Bongo dirige le Gabon depuis 1968 et Denis Sassou Nguesso est au pouvoir à Brazzaville depuis 1997 lorsque ses troupes, soutenues par l’Angola, ont gagné une guerre civile contre le président de l’époque Pascal Lissouba.

Bongo et Sassou Nguesso ont des liens familiaux : Bongo est (était !) marié à Edith Lucie Sassou-Nguesso, la fille de Denis.

Selon les accusations de Péan, sur la base des documents officiels des deux gouvernements africains, les deux sociétés recevaient des gouvernements du Gabon et du Congo Brazzaville 4,6 millions d’euros, pour des conseils à leurs ministères de la Santé respectifs.

Bien que les activités de Kouchner comme conseiller ne soient pas illégales, plusieurs circonstances rendent problématiques les relations avec Bongo et Sassou Nguesso. D’une part, Kouchner était au moment de ces relations le président de ‘Esther’, une agence française de coopération en santé qui s’engage essentiellement auprès des pays africains.

D’autre part, les derniers paiements du gouvernement gabonais à IMEDIA sont arrivés lorsque Kouchner était déjà ministre des Affaires étrangères. Dans une lettre datée du 2 août 2007, Eric Danon, directeur exécutif de IMEDIA et proche de Kouchner, a demandé avec insistance au gouvernement de Bongo de payer les factures qui restaient impayées depuis 2006.

Finalement, en janvier et mars 2008, le gouvernement gabonais a payé les factures.

IPS possède des copies de la lettre de Danon, ainsi que des transferts du ministère des Finances du Gabon à IMEDIA. Comme ministre des Affaires étrangères, Kouchner a nommé Danon et son autre partenaire dans les affaires, Jacques Baudouin, à des postes importants au ministère.

Puis finalement, les relations contredisent l’image que Kouchner a toujours transmise de lui-même. "Ce que je trouve lourd de reproches, c’est que Kouchner a cultivé une image d’un cavalier immaculé dont le comportement est fermement enraciné sur l’éthique", a déclaré Péan à IPS. "Mais cette image n’est pas digne de ses relations d’affaire".

Kouchner, qui avait été un ancien membre du Parti socialiste depuis les années 1980 jusqu’à ce qu’il l’ait quitté pour devenir ministre sous un président de l’aile droite, Nicolas Sarkozy, a rejeté tous les torts. "Les accusations de Péan contre moi sont abominables et grotesques", a-t-il affirmé lors d’un débat parlementaire, le 4 février.

Kouchner a dit qu’il était fier d’avoir aidé les deux gouvernements africains à améliorer leurs systèmes de santé publique et il a annoncé qu’il était en train d’intenter un procès en diffamation contre Péan.

Selon un rapport de l’agence de la police contre les crimes organisés et financiers (OCRGDF) basée à Paris, Bongo et Sassou Nguesso, ensemble avec le président de l’Angola, José Eduardo Dos Santos, et celui de la Guinée Equatoriale, Teodoro Obiang, possèdent des fortunes considérables sous forme de biens immobiliers et d’automobiles de luxe en France.

Ce rapport de l’OCRGDF, constitué de 24 dossiers et de milliers de pages, a été ouvert à la fin de 2007 après que trois associations humanitaires françaises ont déposé une plainte contre les quatre dictateurs et le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, pour "détournement de fonds publics".

Dans le rapport, la police française conclut que les dirigeants africains ont amassé une fortune en biens immobiliers dans "les quartiers (à et dans les environs de Paris) d’une valeur commerciale la plus élevée", et présente une liste non-exhaustive des propriétés. Tous les dirigeants africains objets d’une enquête sont également des propriétaires de grandes flottes de voitures de sport de luxe et de limousines et détiennent de nombreux comptes bancaires.

Cette liste comprend un luxueux château près des Champs Elysées, le quartier le plus cher à Paris, acheté le 15 juin 2007 à environ 19 millions d’euros (quelque 25 millions de dollars), par les deux enfants d’Omar Bongo, Omar Denis et Yacine Queenie, qui avaient 13 et 16 ans à l’époque.

Bongo seul possède 33 biens immobiliers de luxe à Paris et dans le sud de la France.

De même, Sassou Nguesso et ses parents sont propriétaires d’au moins cinq somptueux châteaux à Paris et ses environs, pour une valeur marchande d’au moins 10 millions d’euros.

Les dictateurs africains possèdent également une large flottille d’automobiles de sport chères et de limousines, y compris des Ferraris, Bugattis, Aston Martins et Mercedes Benz. Selon le rapport de l’OCRGDF, Teodoro Nguema Obiang, de Guinée Equatoriale, possède 15 voitures de sport de luxe et des limousines, valant 5,7 millions d’euros.

Malgré les preuves suggérant une inconvenance, les autorités françaises ont mis fin à l’enquête sans d’autres conséquences. Mais elle devait s’ouvrir à nouveau en décembre dernier, lorsque l’organisation de lutte contre la corruption, Transparency International, a présenté une nouvelle plainte contre les cinq chefs de gouvernement africains.

Et pourtant, quelques observateurs croient que ces plaintes ne conduiront jamais à des jugements ou à des sanctions contre les dirigeants africains. Comme l’a indiqué récemment le quotidien ‘Le Monde’, "trois des cinq gouvernements concernés bénéficient d’un soutien inébranlable du président français, Nicolas Sarkozy".

Une autre preuve de ce soutien : Jean-Marie Bockel, ancien vice-ministre français de la Coopération internationale, qui en janvier 2008 avait osé parler publiquement du "gaspillage des ressources de l’Afrique" par des chefs d’Etat africains, a été peu après révoqué de son poste.

Dans son livre, Péan déclare que Bongo et Sassou Nguesso se sont plaints à Kouchner de ces remarques "désobligeantes". Maintenant, Bockel est vice-ministre en charge des vétérans de guerre français au ministère de la Défense.

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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 22:54

11 février 2009
Jean-Marie Pontaut
L'Express

La polémique déclenchée par le livre de Pierre Péan est loin d'être éteinte. L'Express révèle que, avant d'entrer au gouvernement, l'ex-figure de la médecine humanitaire n'exerçait pas ses talents de consultant uniquement en Afrique.

La scène se passe dans le décor féerique de Venise, le 29 avril 2006. Le millier d'invités de marque conviés par François Pinault à inaugurer son musée du palazzo Grassi quittent le dîner pour embarquer sur les vaporettos loués par le milliardaire français afin de les conduire à leurs hôtels. La voix de Bernard Kouchner s'élève alors: "Je ne prends jamais les transports en commun. C'est une question de principe"... Boutade ou mépris ? Beaucoup d'invités, amusés ou choqués, le voient monter avec son épouse, Christine ­Ockrent, à bord d'un bateau-taxi...

L'anecdote illustre la face cachée de cet homme aux deux visages, Dr Bernard et Mr K. Autant l'humanitaire a soigné son image, insistant à juste titre sur son rôle dans la création de Médecins sans frontières et sur sa défense du droit d'ingérence, autant le politique à l'ego surdimensionné paraît aimer le pouvoir et le faste. Le livre de Pierre Péan en est une nouvelle illustration, qui dénonce, parfois avec ­excès, les agissements de "Monsieur K.".

6000 euros par mois pendant trois ans

Fin 2003, Bernard Kouchner enseigne au Conservatoire national des arts et métiers : c'est son seul revenu. Il est alors sollicité par un ami, un ancien diplomate passé au privé, Eric Danon. Ce dernier s'est associé avec un écrivain, Jacques Baudouin, afin de créer deux sociétés : Africa Steps et International Medical Alliance (Imeda).

La première a pour objet le conseil financier aux pays en développement. L'autre, plus médicale, veut aider les Etats à lutter contre le sida et à monter des systèmes de santé publique inspirés du modèle français. Les deux associés ont décroché un contrat avec le Gabon, où ils doivent réaliser un audit du système sanitaire. A la recherche d'un expert, ils ont donc pensé à l'ex-ministre (en fait, il semblerait même que son nom ait été évoqué dès la négociation du contrat). Celui-ci, un moment hésitant, finit par accepter.

Le Gabon ne regarde pas à la dépense. Trois tranches de financement de 330 000 euros doivent être réglées à Imeda au gré des études dont l'objectif est de déboucher sur la création d'un système d'assurance-maladie au Gabon, une première en Afrique. En réalité, Libreville paie à Imeda quatre tranches, soit 1,234 million d'euros.

Sur cette somme, Bernard Kouchner perçoit 216 000 euros après impôts, soit près de 350 000 euros brut. Lui-même reconnaît, pour cette activité, un revenu pendant trois ans de 6 000 euros par mois hors impôts. Rémunéré comme consultant et travailleur indépendant par l'intermédiaire de sa propre société BK Conseil, il crée, également, une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL), BK Consultants, dont il est l'associé unique. BK Conseil et BK Consultants sont domiciliées chez lui.

Parallèlement aux engagements passés avec Imeda, le Gabon signe un autre contrat avec Africa Steps : il s'engage à régler 480 000 euros par an, payés en quatre fois, au fur et à mesure de la réception d'autres études. Pour le travail au Gabon, Bernard Kouchner s'entoure de spécialistes, dont certains restent anonymes. Seuls les noms des Drs Jean-Elie Malkin et Isabelle Stroebel figurent sur les deux rapports remis au président gabonais Omar Bongo, en février et en août 2004.

Le premier (107 pages) dresse le constat de la situation sanitaire du pays. Le second (24 pages) avance des "propositions de réforme". Enfin, des conseils sont dispensés, le 29 août 2006, par un courrier de Kouchner au vice-Premier ministre gabonais. "Ces études, explique aujourd'hui l'entourage du ministre, ont abouti à des états généraux de la santé et au vote d'une loi permettant d'aider les plus déshérités à bénéficier d'un système de santé." A l'époque, Bernard Kouchner n'était pas ministre et s'estimait donc en droit de prodiguer des conseils rémunérés à un pays qui, selon lui, n'est pas une dictature. Des Gabonais doutent pourtant de la réalité de ce travail et le comparent avec ironie au rapport sur la francophonie rédigé jadis par Xavière Tiberi, épouse de l'ex-maire de Paris...

A priori, rien à lui reprocher sur le plan légal

A partir de 2004, le French doctor est en outre président d'un groupement d'intérêt public, Esther, qui a pour objet la lutte contre le sida dans les pays en voie de développement. Y avait-il un risque de conflit d'intérêts entre cette fonction publique et ses activités privées ? L'Elysée, qui a étudié le cas de près, affirme que non. Et rappelle aussi que, dès sa nomination au gouvernement, Kouchner a cessé ses activités de conseil et mis en sommeil l'une de ses sociétés. Jacques Baudouin, devenu son conseiller pour la presse, a, lui aussi, quitté ses fonctions dans lmeda et Africa Steps.

Autre épisode troublant : en septembre 2007, Eric Danon, sur le point d'être nommé ambassadeur à Monaco, s'inquiète, car le Gabon peine à régler une ultime facture de 817 000 euros. Il s'agit, en fait, du versement, pour 2006, de la dernière tranche d'Imeda (330 000 euros) et d'une année de traitement d'Africa Steps (480 000 euros). La facture est finalement honorée en 2008. Kouchner est-il intervenu, en tant que ministre, auprès de Bongo, comme le sous-entend Péan ? Son avocat, Me Georges Kiejman, étudie la possibilité de porter plainte pour diffamation contre l'écrivain. Son client nie catégoriquement toute intervention.

Du point de vue légal, on ne peut donc a priori rien reprocher au French doctor. Seule certitude : son image est atteinte. A-t-il vendu ou perdu son âme ou a-t-il, au contraire, poursuivi ses activités humanitaires sous d'autres formes ? Quant à sa carrière politique, elle dépend de Nicolas Sarkozy qui le soutient. Pour l'instant.

De l'Ukraine au Nigéria

Les activités de Bernard Kouchner ne se sont pas limitées à l'Afrique francophone. En avril 2004, il rédige, pour le compte d'Imeda et à l'intention de Varsovie, un rapport pour une amélioration du système de santé polonais. En mai, il effectue une mission au Nigeria afin d'étudier la possibilité de privatiser l'hôpital d'Abuja. En juin, il cosigne un rapport de 65 pages destiné à la réforme du système de santé de la Roumanie. En février 2005, il écrit un rapport en anglais pour le compte de l'Ukraine afin d'établir un programme de lutte contre le sida dans les entreprises...

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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 23:03

4 février 2009
Alterinfo

Comment faire tomber de son piédestal une icône nationale qui figure depuis plusieurs années au box-office des personnalités préférées des français ?
Comment entacher la légendaire saga de celui qui a su si habilement initier la « nouvelle vague » de l'humanitaire, endossant la tenue mystificatrice du dynamique bienfaiteur occidental de l'humanité en souffrance, auréolée d'une abnégation forçant l'admiration ?

A travers un livre (1) tout simplement, oserait-on presque dire, dans lequel l'auteur Pierre Péan dévoile page après page une vérité explosive, révélant au grand jour la vile nature de l'emphatique et ultra médiatique pionnier de Médecins sans frontières.

Un réquisitoire très étayé (en vente mercredi dans toutes les bonnes librairies…) qui accuse sans ambages notre ministre des affaires étrangères d'avoir usé de ses actuelles prérogatives pour recouvrir de vieux impayés au Gabon.

Grisé par sa fulgurante et large notoriété, ce dandy faussement altruiste dont le carriérisme a eu raison de l'engagement à gauche - la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy lui offrant sur un plateau le maroquin tant convoité du Quai d'Orsay - peut se targuer d'avoir réinventé le droit d'ingérence à l'aune d'une conception de l'humanitaire et de la diplomatie des plus affairistes…

L'image adulée du « French doctor » dissimulait en fait un businessman sans foi ni loi, dénué de toute éthique, au point de réhabiliter le groupe Total, dans un rapport commandité et que l'on subodore très confortablement monnayé, fortement suspecté de travaux forcés en Birmanie lors de la construction d'un oléoduc.

Se terrant dans le silence, on apprend que celui qui est aujourd'hui sur la sellette, succombant aux sirènes de l'appât du gain, aurait dévier quelque peu de sa route caritative pour devenir le consultant privilégié de potentats africains en matière de santé, notamment pour le compte du ministère de la santé du Gabon dans le cadre d'un audit se montant à la somme faramineuse de plus de 2 millions d'Euros.

De quoi là remplir et convoyer plusieurs milliers de sacs de riz !! Soupçonné par Péan de « conflit d'intérêts », notre mythe vivant définitivement déchu de son aura, se souciait manifestement plus, après sa nomination par Nicolas Sarkozy à la tête de la diplomatie française, de rentrer dans ses fonds que de se faire l'ardent avocat des droits de l'homme !

Si Kouchner, épaulé par une épouse maîtrisant tous les rouages des médias, et pour cause, a su très finement les utiliser à son profit jusqu'à en être érigé au rang idéalisé d'idole, le ministre des affaires étrangères, quant à lui, a terni gravement et irrémédiablement le prestige de la France.

Alors qu'ailleurs une démission s'imposerait pour bien moins que cela, il y a fort à parier que non seulement le premier ambassadeur de France restera accroché à son maroquin telle une huître à son rocher, mais qu'en plus un contre-feu argumenté de l'Elysée démentira tout en bloc, trouvant des circonstances atténuantes à notre intouchable « porteur de riz » !

L'ouvrage de Pierre Péan est indéniablement un livre-événement à se procurer absolument, avant qu'un « autodafé » de contrevérités ne le condamne pour pure hérésie…

Note :

(1) Le Monde selon K., Pierre Péan, Ed. Fayard

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