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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 23:19

28 septembre 2013
Source: Blog "Nouvelessor"

 

Deby Itno, un dangereux pyromane et sapeur pompier

Le Centrafrique n’est pas prêt de sortir de l’ornière. 

 Tant qu’Idriss Déby Itno sera à la tête du Tchad, les Centrafricains ne vivront pas en paix.

Le danger, c’est le risque de la contamination de toute la sous-région.

http://idata.over-blog.com/3/64/29/21/deby2.gifLe général-dictateur tchadien, Idriss Déby Itno, aurait maudit Afrique Education, après avoir pris connaissance de l’article « Tchad : Amani, la femme que Déby compte retrouver à Khartoum » (Afrique Education, numéro 376 du 16 au 30 septembre 2013). Des propos maléfiques qui se sont retournés contre son régime et sa propre personne car à la lecture de cet article, dès le 12 septembre sur internet, le sang des militaires tchadiens n’avait fait qu’un tour.

Conséquence : 167 militaires tchadiens (au Mali) qui ne perçoivent pas des primes depuis huit mois alors que celles-ci auraient été allouées par l’Union européenne pour la période allant de janvier à juin 2013, se sont mutinés. En plus de ce grief, ils reprochent à leur hiérarchie de les laisser se battre dans des conditions qui font pitié, alors que leur relève ne s’est pas faite depuis août. Abandonnant leur poste de contrôle, à Tessalit, ils ont pris la direction de Gao, ville située beaucoup plus au Sud. Un signe de défiance extrême qui traduit leur ras-le-bol. A Gao, ils se sont distingués par quelques frasques dans les auberges du Tilafonso et de l’Euro où ils ont consommé et vandalisé les lieux sans payer. Samedi 21 septembre, le propriétaire du Tilafonso, devait por ter plainte.

Les 2.000 soldats tchadiens envoyés au Mali sont un sujet par excellence de propagande et de vantardise pour Idriss Déby Itno. Au moment où la France s’engageait, seule, pour contenir les hordes de djihadistes qui voulaient déferler sur le Sud du Mali, après avoir envahi tout le Nord, il cherchait à se faire remarquer par le nouveau président français dont l’armée avait besoin d’être épaulée au Nord-Mali. Idriss Déby Itno trouvait là une bonne occasion pour nouer de bonnes relations avec François Hollande dont l’ambition est de « rompre avec la Françafrique », autrement dit, de couper le cordon ombilical qui relie la France (mafieuse) aux dictatures francophones d’Afrique comme celle du Tchad.

Déby a beaucoup misé sur cette opération pour se faire adouber par le nouveau locataire de l’Elysée. Pour montrer le haut niveau de son engagement, il alla jusqu’à nommer son propre fils, Mahamat Idriss Déby Itno, commandant en second des FAT (Forces armées tchadiennes) dépêchées au Nord Mali. Avant de le mettre dans le Caribou militaire, il prit le soin de le bombarder général de brigade à titre exceptionnel, un beau jour de janvier 2013. Le gamin qui sortait d’un stage de 3 mois à l’Ecole militaire d’Aix en Provence, dans le Sud de la France, n’a que 29 ans. Bien sûr que cette expédition n’avait pour but que de meubler son CV encore vierge. Car Déby qui n’est pas (encore) fou donna de solides instructions au commandant en chef des FAT au Mali de ne pas aligner son fils dans des zones à risque.

Toujours est-il que le 13 mai, après la fuite des djihadistes et la destruction de leurs caches d’armes et de munitions, le général Mahamat Idriss Déby Itno est rentré, à N’Djamena, triomphalement, avec 700 militaires tchadiens. Cependant, le bilan est lourd par rapport aux pertes de l’armée française : 38 morts et 47 blessés. Mais Déby n’en a cure. Ses homologues de la CEDEAO ayant remarqué qu’il faisait de cette intervention au Mali, un élément de politique étrangère de son pays, ils ont tout fait pour le remettre à sa place. Candidat pour commander la force de la MINUSMA qui doit compter 12.600 hommes, le général tchadien, malgré l’insistance de Déby, a été devancé par le général rwandais, Jean-Bosco Kazura, venu de très loin, que toute la CEDEAO décrit comme un excellent militaire à la tête d’une armée disciplinée.

Déby a avalé une grosse couleuvre face à Paul Kagame qui n’en demandait pas tant. A Bamako où il a pris part, aux côtés de plusieurs chefs d’Etat, le 19 septembre, à la fête populaire célébrant l’installation d’Ibrahim Boubacar Keïta à la tête du Mali, le président tchadien a eu beaucoup de mal à expliquer aux journalistes pourquoi ses soldats sont seuls à se distinguer par ce comportement rarement affiché dans une mission de paix des Nations-Unies. Les soldats tchadiens en mission au Mali auraient-ils été (spécialement) choqués que leur président débourse jusqu’à 12 milliards de f cfa (26 millions de dollars), comme l’a indiqué Afrique Education dans son numéro 376, pour payer la dot de sa 15e épouse, Amani Musa Hillal, qui est d’origine soudanaise, alors qu’ils manquent par fois de thé pour se donner des forces, au front ? Devenu exportateur de pétrole, le Tchad dispose des ressources qui, au lieu d’aider à la promotion de son développement, sont investies dans des manœuvres de sur vie de son dictateur.

Après un répit de près de six ans pendant lesquels le pays n’a pas été engagé, comme par le passé, dans d’interminables guerres contre des rébellions venant du Soudan ou du Darfour, Déby redoute de plus en plus une attaque armée soutenue par le Qatar qui viendrait de la frontière libyenne.

Il n’est pas non plus tranquille à cause de la porosité de la frontière centrafricaine.

Pour contenir le danger qui viendrait de ce côté, il veut contrôler son président de transition, Michel Am Non Droko Djotodia, comme ce fut le cas pendant les 10 années de François Bozizé, qui arriva, le 15 mars 2003, à Bangui, dans un fourgon blindé de l’armée tchadienne, alors qu’en marge du Sommet de la Censad, à Niamey, Idriss Déby Itno et Ange Félix Patassé, le président centrafricain de l’époque, fumaient le calumet de la paix, en frères, autour d’un thé vert, sous la tente de celui qui se faisait appeler le Guide : le colonel Kadhafi. Au moment où Déby jouait cette comédie, ses troupes pénétraient dans Bangui « la coquette », à la grande surprise des chefs d’Etat de la sous-région.

A partir de ce moment et pendant les 10 ans qu’il est resté président du Centrafrique, François Bozizé a toujours pris ses ordres – tous ses ordres – à N’Djamena, chez Idriss Déby Itno. A commencer par l’interdiction d’exploiter le pétrole centrafricain dont la nappe se situe à cheval entre les deux pays et dont la mise en valeur des puits côté Centrafrique n’aurait pas permis son extraction normale, du côté du Tchad.

Selon plusieurs sources, cette affaire de pétrole constitua le principal deal qui permit à Déby deplacer Bozizé à la tête du Centrafrique. Quand je lui rendis visite, à Lomé, en janvier 2004, Ange-Félix Patassé qui fut fraternellement accueilli par Gnassingbé Eyadèma, me dit, une, deux, trois, quatre fois de suite, pendant notre entretien, que son éviction du pouvoir par Idriss Déby Itno, le 15 mars 2003, sentait l’odeur du pétrole. Pour me convaincre, il paria avec moi que jamais, Bozizé, au pouvoir, n’exploiterait le pétrole en Centrafrique. Bozizé a, sur ce plan, donné amplement raison à son prédécesseur. En dix ans à la tête de l’Etat, il n’a jamais ouvert le dossier « Pétrole » alors que tous les pays voisins du Centrafrique en sont producteurs.

Paul Biya avait raison d’accueillir François Bozizé à Yaoundé, malgré la colère de Ndjamena : c’est Idriss Déby Itno qui crée l’instabilité en Centrafrique et c’est lui qui constitue la principale menace en Afrique centrale, bien avant les djihadistes comme il a soutenu à Bamako. Sous Michel Am Non Droko Djotodia, la situation sera-t-elle différente ? Le successeur de Bozizé est tout aussi vulnérable. Sa dépendance va s’aggraver avec l’envoi des 200 militaires tchadiens que Déby vient de convoyer, à Bangui, dans le but d’assurer sa sécurité rapprochée.

Il faut noter que sous Bozizé, Déby avait dépêché 140 militaires tchadiens pour le garder. Ces derniers ne furent rappelés qu’en octobre 2012, signant par la même occasion, la descente aux enfers pour Bozizé qui, en 10 ans, n’avait pas été autorisé (par Déby) à monter une véritable armée digne de ce nom. Tout simplement parce que Déby ne peut supporter l’existence d’une armée aguerrie, en Centrafrique, qui contrarierait ses plans dans ce pays.

Les observateurs qui pensent que le Centrafrique redeviendra souverain, seulement, après le départ d’Idriss Déby Itno du pouvoir, n’auront pas besoin de forcer leur talent d’analyste. La dépendance de Michel Am Non Droko Djotodia à l’égard de Déby est en train d’être mise en place. Toutefois, les Centrafricains sont de moins de moins d’accord avec cette mainmise de Déby sur les autorités de leur pays. Ils commencent à le faire savoir haut et fort.

L’opinion publique centrafricaine et de la sous-région, sait que ce sont des troupes tchadiennes qui ont combattu aux côtés des éléments de la Séléka. « Nous avons des preuves tangibles que plusieurs responsables politiques et militaires de la Séléka, ont séjourné à Ndjamena, sécurisés par les renseignements tchadiens. C’est le cas des généraux Mohamed Daffane, Nourredine Adam et bien d’autres », généralement, considérés, à Bangui, comme de pro-Déby, selon Ndjadder, leader des FRD (Forces révolutionnaires pour la démocratie), dans un communiqué du 20 août dernier.

Selon ce responsable centrafricain qui accompagna la progression des rebelles de Michel Djotodia jusqu’aux faubourgs de Bangui, jouant par moment, le rôle de porte-parole du mouvement, « Les mêmes soutiens d’Idriss Déby continuent à alimenter en munitions, artilleries lourdes et légères, le pouvoir actuel contre les forces patriotiques centrafricaines ». Il ne faut donc pas s’étonner que les FACA (Forces armées centrafricaines) préfèrent rester dans la nature au lieu de regagner les casernes comme les y invitent les nouvelles autorités centrafricaines.

Déby en RCA est à la fois sapeur pompier et pyromane. Il est le promoteur et garant spirituel de la Séléka. Il constitue non seulement une menace pour son peuple, mais il exporte son agressivité et sa nuisance au-delà des frontières tchadiennes.

Si on veut instaurer la paix en Afrique centrale, qu’on neutralise Déby. 

Organisée par le Comité d’action pour la conquête de la démocratie en Centrafrique (CADCA), une manifestation a réuni des Centrafricains qui en veulent à Déby, devant l’ambassade du Tchad, à Paris, le 16 septembre. C’est-à-dire, juste au moment où ses militaires se révoltaient de leur côté au Nord-Mali, pour les avoir affamés alors qu’il est capable de débourser 26 millions de dollars pour payer la dot de sa quinzième épouse.

« Nous demandons l’arrêt des massacres par les mercenaires séléka, nous voulons que Déby retire ses envahisseurs assassins du territoire centrafricain. Nous ne voulons pas d’une recolonisation. Nous disons non à une quelconque idée d’annexion du Centrafrique par le Tchad ou le Soudan car le peuple centrafricain est souverain. Nous disons non à la mainmise de Déby sur le pouvoir central centrafricain. Les Centrafricains sont un peuple uni par une seule langue qui est le sango. On ne doit pas nous islamiser de force, une religion ne doit pas être imposée à un peuple ou à qui que ce soit. Déby doit respecter la dignité humaine. Nous demandons à François Hollande de lui donner des injonctions pour le retrait des troupes tchadiennes de la FOMAC qui sont de connivence avec les mercenaires de la Séléka. Que la communauté internationale s’occupe du problème centrafricain. Nous lançons à ce jour un vibrant appel à la jeunesse centrafricaine pour qu’elle se mobilise davantage devant les ambassades du Tchad et du Soudan d’ici (Paris) ou d’ailleurs, pour dénoncer et demander le retrait immédiat de ces troupes », ont écrit dans une lettre rendue publique, François Passema Endjiago du Cadca, Maxime Nana du Cpca, Edwige Dondra de Fed, Nelly Gouandjia d’Ac, Nicole Pehoua de Fdca, etc.

Manifestations tombées dans les oreilles d’un sourd ?

On le craint car fort du succès engrangé au Mali où il a été spécialement remercié par Ibrahim Boubacar Keïta, Idriss Déby Itno (dont l’accolade faite à François Hollande à Bamako alimente les conversations) va se croire tout permis.

Déby Itno, un homme super dangereux !

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Published by Juliette Abandokwe - dans Centrafrique
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 11:04
 
22 septembre 2013
Source: Libération


Michel Djotodia répond à «Libération».

Centrafrique: "L'impunité c'est fini".
 

Michel Djotodia est le nouvel homme fort de Centrafrique. Président autoproclamé deux jours après que les rebelles de la Séléka ont conquis Bangui, le 21 mars, chassant du pouvoir François Bozizé, Djotodia s’est jusqu’à présent peu exprimé. Pour sa première interview à la presse écrite française, il reçoit dans sa résidence provisoire : une ancienne villa ayant appartenu à l’empereur Jean-Bedel Bokassa, au sein du camp militaire de Roux.


La situation en Centrafrique préoccupe la communauté internationale et sera évoquée à l’ONU mercredi prochain. Qu’attendez-vous de cette réunion, à laquelle vous avez décidé de ne pas assister ?


La ministre des Affaires étrangères sera là pour expliquer notre position. Moi, j’ai mieux à faire à Bangui. Nous avons deux défis à résoudre dans un temps très court : la sécurité et l’aide humanitaire. Les deux sont liés. La situation humanitaire était déjà mauvaise dans l’arrière-pays avant notre arrivée au pouvoir ; elle s’est encore dégradée avec l’apparition de groupes nébuleux qui ont mené plusieurs attaques début septembre.

A Bossangoa et à Bouca, dans le Nord-Ouest, des musulmans ont été brûlés vifs dans une mosquée ! A Bangui, en revanche, la sécurité s’est améliorée et nous allons aussi bientôt sécuriser les deux corridors routiers qui permettent de désenclaver le pays, avec l’aide de la Micopax [la mission de consolidation de la paix en Centrafrique sous l’égide des pays de la région, depuis 2008, ndlr].

Il est certain que nous avons besoin d’aide, nous le dirons à nouveau à New York, tout en insistant aussi sur nos intentions en matière de respects des droits élémentaires.

Redoutez-vous une dérive vers une guerre civile à connotation religieuse ?

En tuant des musulmans, on veut nous entraîner sur cette voie. Mais nous savons qui est derrière cette manœuvre : depuis l’étranger, le porte-parole de l’ex-président François Bozizé a revendiqué les attaques de Bossangoa et Bouca. Tous répondront de leurs actes devant la justice. D’ores et déjà, nous avons lancé un mandat d’arrêt international contre François Bozizé pour les crimes commis quand il était au pouvoir.

Nous exigerons aussi que soient traduits en justice tous ceux qui veulent déstabiliser le pays. Mais les tensions entre communautés religieuses n’ont pas de réalité en Centrafrique, ça ne marchera pas.

La Séléka a pourtant elle aussi été accusée d’exactions et même d’avoir visé spécifiquement des chrétiens…

Vendredi, j’ai signé un décret pour dissoudre la Séléka. Mais une grande confusion s’est installée. La rébellion a démarré avec 5 000 hommes en décembre puis, au fur et à mesure de notre conquête vers le Sud, des gens nous ont rejoints. Au finale, nous avions 22 000 hommes au moment de la prise de Bangui ! Si on les chassait tous d’un coup, ce serait le chaos. Il faut les désarmer, ce qui est en train de se faire, puis réintégrer dans la nouvelle armée nationale ceux qui le souhaitent. Quant à ceux qui ont commis des exactions, ils seront jugés. L’impunité, c’est fini.

Vous n’avez pas peur de vous faire des ennemis ?

On peut avoir peur, mais ça ne sert à rien. Il faut prendre des risques, accepter les oppositions. Il y en aura.

Vous êtes le premier président musulman de la Centrafrique, pays à majorité chrétienne. Certains vous ont soupçonné d’être un islamiste…

Est-ce que je ressemble à un islamiste ? Regardez sur mon bureau, j’ai des exemplaires de la Bible et d’autres du Coran, et même une miniature de Jérusalem. Je suis musulman, je fais mes cinq prières par jour, mais ma mère est chrétienne, elle est à côté et si vous voulez je vais la chercher ! Elle lit la Bible tous les jours. Si nous avions voulu imposer un régime islamiste, ça se serait vu très vite.

Vous êtes arrivé au pouvoir par un coup de force, combien de temps comptez-vous rester à la tête de la Centrafrique ?

Nous suivrons les propositions de la communauté internationale, qui ne veut pas de transition qui excède dix-huit à vingt-quatre mois. Après, il y aura des élections et, ni moi ni aucun membre de mon gouvernement ne serons candidats. Je ne suis pas attaché au pouvoir.

Je travaille parfois jusqu'à 1h du matin, ce n'est pas facile. Ma femme est béninoise, je me vois bien me retirer au Bénin. J'y ai vécu, j'y ai beaucoup appris sur la démocratie. 
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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 10:49
23 septembre 2013
Louis-Firmin Kongoube


Chers Compatriotes et amis de la République CentrAfricaine, les yeux me sont sortis des orbites en visionnant les affreuses images de notre belle et historique ville de Bossangoa, préfecture de l’Ouham, grenier de la capitale, maintes fois décorée pour la fête de la moisson dans les années de l’abondance pacifique. 

Bossangoa, Boston pour les vacanciers scolaires avec les titres de transports réquisitionnés par le trésor centrafricain à l’époque.

Bossangoa mon Amour, Bossangoa je t’aime, Bossangoa-Bangui gbaya ga é goué, Bossangoa for ever !

Bossangoa la Ville Martyre, voilà plus d’une décennie l’abbé Kilamong, archevêque de ce chef-lieu rencontra brutalement le Christ lors de la rébellion des dits libérateurs.

Peuple de Centrafrique, à quoi ça sert de changer de régime si l’on ne change pas en même temps la mentalité des administrés dans le bon sens ? pas si sûr que la réponse ne tardera à venir avec nos amis sur la toile, aux bistrots, ou dans les transports peut-être à un mariage ou un enterrement ?

Dans "Séléka nous t-elle surpris"? j’ai bien apprécié les commentaires au vitriol venus de toutes parts. Mes amis s’en sont donnés à cœur ouvert, mais, il y’a un mais. Centrafricains, nous ne trouvons pas quelque chose de sage à dire qu’à nous calomnier ?

On dépasserait déjà le Burkina ou le Rwanda voire le Singapour, si cela pouvait nous enrichir intellectuellement, financièrement ou socialement. Pour vous faciliter la tâche, je vous prie de m’injurier, moi Louis-Firmin Kongoubé, l’auteur de cet article et non les autres ou entre vous. Dans mon statut, je me sens proche de ce paragraphe, Docteur Lamessi aussi :"La Haine, en effet, est un sentiment primitif, rudimentaire et grossier, indigne d’un esprit subtil et délié".

Je ne suis pas le messie attendu qui détient la vérité, en rédigeant ces publications, de facto je deviens un personnage public qui s’intéresse à son pays en dérive, dites-moi tout ce que vous avez sur le cœur et non dans la tête. Revenons au titre d’aujourd’hui. Alain m’a perturbé ce 16 septembre dans le train bondé qui me ramenait à destination avec ce texto affolant "Fouh, Miskine…

sous psychose depuis le déménagement en catimini de nombreuses familles Goula et Rounga (qui craignent l’entrée sur Bangui d’on ne sait qui)" allant jusqu’à m’intimer l’ordre de réagir avec le ton qu’il m’en connaît sur facebook, et cela sans égard pour une pénible journée de travail d’immigrant africain en France. Me tenant tout coi, lui ai-je répondu que je ne suis pas juge ni juste pour condamner une telle sortie, aussi malencontreuse soit-elle.

A la Génération Républicaine que nous représentons, tous les Goula et Rounga ne doivent en aucun cas être assimilés Séléka.

Nous avions vécu un drame similaire dans l’histoire récente de notre pays notamment entre 1996 et 2003 et qui tourbillonne encore en nous. A ceux qui pensent ainsi, qui ruminent leur vengeance à peine voilée, que les victimes d’aujourd’hui ne deviennent pas les bourreaux de demain, qu’ils sachent que nous sommes tous Goula, Rounga, chrétiens, athées, kimbanguistes, musulmans, kandha, Yohndow-N’garkey, Ngakollah, Mbomba, Gazromon ; centrafricains d’abord et avant tout, et que nous sommes en République, et de surcroît laïque.

Au fil des temps, en suivant le regard bienveillant de notre Généraliste ATT, ancien, futur nouveau et ex président malien qui est toujours parmi nous et disponible quelque part au Sénégal avec son passeport centrafricain bien rangé, la crise interminable centrafricaine est devenue une créature qui s’est échappée de nos propres mains, et plus personne ne peut la maîtriser, elle s’est emballée, incontrôlable et incontrôlée. Elle devient de plus en plus sanguinaire, communautaire, religieuse, ethnique, tribale et civile.

Un pays de plus 623000 km2 qui ne se résume qu’à Bangui intra-muros, et puis c’est tout. Un éminent membre de l’actuel gouvernement supplie ce machin de l’Onu (selon de Gaulle) d’administrer le pays, pendant ce temps, des pétitions dans ce sens se multiplient partout où besoin sera, vaste reconnaissance pour la mémoire les pères fondateurs de la R.CA. Quel savant fou nous fera ressusciter le doyen Omar Bongo du Gabon ?

Pioché à Rfi du vendredi 13 sept-13 : [Tout a commencé quand des hommes armés ont attaqué la position des ex-Séléka et les membres de la communauté musulmane samedi dernier. Les représailles de la Séléka ont été cruelles. Il y a eu des morts et plus 4500 personnes ont trouvé refuge chez les prêtres catholiques et comptent y rester, malgré le manque d’assistance. « Nous allons rester ici aussi longtemps qu’il le faut. Nous voulons la présence d’une force neutre, pour sécuriser la ville. C'est à ce moment-là que nous rentrerons chez nous » raconte un témoin.

Du côté de la communauté musulmane, on se dit aussi victime et on affirme qu’il ne faut pas assimiler des éléments de la Séléka aux musulmans. « Actuellement nous, les musulmans, nous souffrons beaucoup. C’est notre pays, nous sommes nés ici.

Mais nos frères nous prennent toujours pour des étrangers. Ils nous assimilent à leur malheur et nous ne comprenons pas. Nos enfants souffrent de faim. Qu’allons-nous faire, qu’allons-nous faire ? La ville de Bossangoa est aussi la nôtre. Nous demandons la paix, nous voulons que la paix se fasse » assure un autre homme.]

Mes chers Compatriotes, la classe politique centrafricaine est littéralement trépassée par les événements qui se déroulent sous nos yeux, elle s’est auto-discréditée et ce, depuis longtemps avec l’usurpation de la société civile coupable et qui s’enlace en permanence avec elle pour creuser davantage la fosse commune pour nous autres indigents.

C’est pourquoi, ici à Bossangoa, Bouca, Baoro, Batangafo, Bangassou, Kabo, Paoua, Boda, Bria, N’Délé, Obo, Birao, Bambari, Bohong… la Génération Républicaine avec votre Résistance NCR, nous lançons un cri d’alarmes, pas à un parti politique, pas à un groupe de personnes, mais à Un Seul, oui un seul Centrafricain. Qui pourra sortir du lot comme un loup solitaire et s’imposer en un leadership incontesté qui nous ramènera de l’Espérance et la Paix. Ce fils du pays consentira à mettre en réserve ses convictions personnelles ou partisanes, et donnera droit à la préservation de l’indispensable consensus social pour un début de sourire qui a disparu de nos lèvres.

A l’instant même, vers pk 13 la tante de Christian vient de succomber à ses blessures par balles. Combien de centrafricains sont égorgés, froidement abattus, violentés, brûlés vifs, pillés, violés, passés à tabac par des hors la loi locaux et étrangers dans nos villes et campagnes de l’arrière pays ? Qu’ils calment un peu leur joie, la République les rattrapera.

Notre R.CA-Éternelle va très mal, elle tombe en ruine, cela nous attriste tous. Les temps politiques sont incertains, nos hommes politiques ne sont plus à hauteur de la chose publique.

Ils disent n’importent quoi actuellement et le feront davantage pendant leur campagne pestilentielle pour se révéler par la suite incapables de gouverner le Pays. Nous ne savons toujours pas quand est-ce auront lieu les prochaines échéances électorales, que la guéguerre entre les deux derniers premiers ministres de Patassé est à son comble.

Ils ne se parlent que par personnes interposées, pour le grand plaisir des choux gras de pimenter une saga fratricide, quelle honte leurs excellences ! Un ancien chef du gouvernement Bozizé, qui si égeait à leur assemblée à la place de son patron, s’apprête lui aussi à créer sa propre formation politique pour briguer la magistrature au sommet de l’Etat fantôme, un parti de plus dans cet océan atlantide sur le continent, et pourquoi pas l’ex-maire de Bangui de toutes les controverses.

Au vu de tout ce qui précède, il convient qu’une volonté patriotique assez puissante vienne forcer notre destin et emporter toute la société centrafricaine qui sans elle, ne cesserait de louvoyer sans cap, sans conviction, ni directive. Seuls les Hommes d’Etat possèdent la puissance et le désintéressement qui conviennent à l’accomplissement de telle mission que nous attendons tous comme de la providence, à ne pas confondre à l’homme providentiel que j’ai soigneusement évité de citer ici.

Il est de notre devoir de préserver avant tout l’unité nationale, un Homme d’Etat, c’est celui qui tire le peuple vers le haut. La politique pour l’Homme d’Etat Centrafricain que nous souhaitons tous son avènement après le président de la transition Mr Michel Djotodia, ce sont ses convictions, des principes et des valeurs qu’il défendra tous les jours sur le terrain social, économique, sanitaire, militaire, financier, sécuritaire… et dans l’exemplarité devant le peuple et l’histoire.

La Résistance Nationale Centrafricaine et Républicaine,

Génération Républicaine, avec Louis-Firmin KONGOUBE
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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 03:44

Lu pour vous

Septembre 2013
Pr Danièle Darlan
Vice-Présidente de la Cour Constitutionnelle de Transition


Les événements du 24 mars 2013  qui ont vu la prise de pouvoir par la coalition SELEKA en République Centrafricaine, ont entrainé la suspension de la Constitution du 27 décembre 2004 et par voie de conséquence, la dissolution des Institutions Républicaines.

Pleinement impliquée dans la résolution de la nouvelle crise que traverse la RCA, la Communauté Economiquedes Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) avait recommandé la création d’un CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION (CNT) lors du troisième Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement tenu le 03 avril 2013 à Ndjamena.

 Le quatrième Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement tenu à Ndjamena le 18 avril 2013 en a précisé la mission:

 « Le Conseil National de Transition dispose de la plénitude du pouvoir législatif. Il est chargé de préparer le projet de Constitution à soumettre au suffrage populaire.

L’urgente mission du Conseil National de Transition est d’élaborer et d’adopter une Charte Constitutionnelle de la transition organisant l’ensemble des pouvoirs publics de la transition conformément à l’Accord de Libreville, à la Déclaration de Ndjamena, au consensus populaire et de la classe politique centrafricaine »

Le 05 juillet 2013 le Conseil National de Transition a adopté la Charte Constitutionnelle de Transition (CCT) ; celle-ci a été promulguée par le Chef de l’Etat le 18 juillet 2013.

C’est désormais la Loi Fondamentale de la République Centrafricaine pour la période de la transition.

Elle nécessite quelques explications compte tenu de ses spécificités.

Il faut d’emblée souligner l’implication de la CEEAC dans la détermination du cadre et des principes de la transition.

 

1. LA FORTE IMPLICATIONDE LA CEEAC DANS LA DETERMINATION DU CADRE GENERAL ET DES PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT DE LA TRANSITION

La Charte Constitutionnelle de Transition a pour cadre de référence : l’Accord Politique de Libreville du 11 janvier 2013 et les décisions des troisième et quatrième Sommets des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC des 03 et 18 avril 2013.

 Le Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement du 18 avril 2013 a précisé : « les Accords de Libreville du 11 janvier 2013 sont et demeurent le noyau central des arrangements politiques durant la transition »

Que reste-t-il de l’Accord Politique de Libreville du 11 janvier 2013?

L’Accord politique de Libreville du 11 janvier 2013 avait décidé en son article 2 de l’institution d’un gouvernement d’Union Nationale inclusif et de la désignation d’un Premier Ministre de consensus issu de l’opposition en la personne de Nicolas TIANGAYE. Le Premier Ministre désigné a été confirmé par le Chef de l’Etat de la Transition.

L’Accord de Libreville avait également précisé en son article 6 que Le Premier Ministre  et les ministres du Gouvernement d’Union Nationale ne pouvaient être destitués durant la période de transition, en contrepartie, ils ne pouvaient  être candidats aux prochaines élections présidentielle et législative.

Suite aux événements du 24 mars il a été décidé par le Sommet de Ndjamena du 18 avril 2013 que le Chef de l’Etat de la transition, le Premier Ministre, les membres du gouvernement, les membres du Bureau du CNT ne pouvaient se présenter aux élections législatives et présidentielle qui seront organisées durant la transition. Ces dispositions  ont été reprises par la Charte Constitutionnelle de Transition. Cependant, des remaniements ministériels sont désormais possibles.

L’Accord politique de Libreville avait également arrêté les priorités du gouvernement d'Union Nationale, priorités qui ont été reprises par la « Déclaration de Ndjamena » et par la Charte Constitutionnelle de Transition sous la  dénomination de « feuille de route de la transition ».

Ce qui reste très certainement le « noyau central » auquel fait référence le Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement du 18 avril 2013 sont les principes à la base du fonctionnement de la transition et qui constituent « l’esprit de Libreville »  : Le dialogue inclusif entre les Parties, la bonne foi des Parties pour l’exécution des décisions prises et la volonté commune d’œuvrer pour la réconciliation nationale, l’abstention de tout recours à la force pour le règlement des différends, le recours à l’arbitrage du Comité de Suivi en cas de litige ou désaccord et, si nécessaire, le recours à la Conférence des Chefs d’Etat, le respect des droits de l’homme, le recours au consensus de façon prioritaire pour la prise de décisions et au compromis.

Le Sommet du 18 avril 2013 a défini dans la « Déclaration de Ndjamena » les grandes lignes de la transition et a notamment décidé de la fixation de la durée de la transition à 18 mois, de la tenue d’élections au cours de cette période, de l’élaboration par le CNT d’une Charte Constitutionnelle de Transition, de la mise en place d’une Cour Constitutionnelle de Transition. Le Sommet du 18 avril 2013 a également décidé de revoir  à la hausse le nombre des membres du CNT et de l’appellation officielle du Chef de l’Etat de la Transition.


2. LA CHARTE CONSTITUTIONNELLEDE TRANSITION : UN COMPROMIS POUR LA PAIX ET POUR UN RETOUR A L’ORDRE CONSTITUTIONNEL 

L’objectif de la transition et de la mise en place d’une Charte constitutionnelle est de parvenir, dans un délai raisonnable, à un retour à l’ordre constitutionnel par l’organisation d’élections libres et transparentes. 

 

2.1 La transition constitutionnelle :

Le mot « transition » vient du latin « transitio » qui signifie « passage », ainsi par transition constitutionnelle on entend le passage d’une constitution à une nouvelle constitution.

La Constitution est la loi Fondamentale de l’Etat, elle définit notamment les règles de base d’organisation des pouvoirs de l’Etat, le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire, elle énonce également les libertés fondamentales et les principes de la République. Une Constitution ne prévoit jamais sa fin, elle est sensée être intemporelle.

On doit faire face à une transition lorsque la Constitution a été suspendue ou abrogée, souvent à la suite d’une révolution, d’une crise politique ou d’un coup d’Etat. Il s’agit la d’un changement brusque. On entre alors dans une phase de transition constitutionnelle.

Une Charte Constitutionnelle de transition est un acte qui vient remplacer la Constitution et qui doit conduire au rétablissement de l’ordre constitutionnel. Elle est un compromis nécessaire pour parvenir à rétablir la légalité constitutionnelle. Il va falloir tout d'abord déterminer qui a le pouvoir constituant dans cette période. L’organe qui a le pouvoir constituant a le pouvoir d’élaborer la Constitution. Ce pouvoir a été attribué au Conseil National de Transition où siègent les entités censées représenter la nation à défaut de pouvoir représenter le peuple souverain, absent de la transition. Le Conseil National de Transition est chargé d’une part, d’élaborer et d’adopter la Charte Constitutionnelleet d’autre part, d’élaborer le projet de la future Constitution. Celle-ci sera soumise à l’approbation du peuple qui retrouvera alors sa souveraineté.

 

2.2 Une Constitution « sui generis »

Du fait qu’elle est une « charte constitutionnelle », Constitution de la République durant la période de Transition, elle est  un compromis. Cette Loi Fondamentale sort du cadre classique des régimes politiques tels qu’on les connaît et les étudie. Elle comporte des spécificités qui en font un texte spécial, particulier, « sui generis »,  terme latin qui signifie « de son propre genre ».

Ainsi, cette Charte comporte un certain nombre de dispositions générales tirées de la Constitution de 2004 mais également des dispositions spécifiques organisant le fonctionnement des organes de la transition.

 

3. LE RAPPEL DES DROITS FONDAMENTAUX DE L’HOMME ET DU CITOYEN ET DES PRINCIPES FONDAMENTAUX DE LA REPUBLIQUE

 

Les dispositions générales de la Charte sont fortement inspirées de la Constitution de 2004 elles font l’objet des Titre I et II.

Le Titre I proclame les Droits Fondamentaux de l’Homme et du Citoyen  auxquels la République est attachée, les principes du gouvernement démocratique. Quelques ajouts ont été opérés par rapport à 2004, notamment,  le fait que nul ne peut être contraint à la déportation et le principe du droit à réparation pour tout individu dont les droits reconnus auront été spoliés (art.18) ainsi que le droit à la protection médicale.

Il n’est donc pas nécessaire d’examiner ces droits et principes dans leur détails même s’ils sont de première importance ; ce qu’il y a lieu de souligner, c’est le fait que la Charte Constitutionnelle de Transition les proclame à nouveau afin d’affirmer que la période de transition doit se situer dans un cadre démocratique et que les droits fondamentaux de l’homme doivent être respectés.

« La République Centrafricaine est un Etat de droit, souverain, indivisible, laïc et démocratique. »(Art.19 al.3)

L’organisation des pouvoirs de la transition démontre le souci de procéder à une légitimation des différents pouvoirs en mettant l’accent sur l’aspect réunificateur et consensuel de ces désignations.

 

4.      LES MODES DE LEGITIMATION DES ORGANES DE LA TRANSITION

4.1 Le  Conseil National de Transition, organe constituant et législatif est composé des différentes entités représentatives de la société centrafricaine

 

Le Sommet de Ndjamena avait demandé que soit revue la composition du CNT afin que celui-ci assure une « représentation populaire répondant aux critères présidant aux découpages électoraux traditionnellement suivis dans les Pays à système démocratique » Il a ainsi décidé de porter le nombre des Conseillers Nationaux qui étaient alors de 105 à 135.

L’arrêté 007 du Premier Ministre a procédé à cette augmentation révisant ainsi l’arrêté 005 du 13 avril 2013 qui portait création et composition du Conseil National de Transition. Cette organe est désormais composé des représentants des préfectures(25), de la ville de Bangui (2), des Partis politiques (29),de la coalition SELEKA (15), des politico-militaires non combattants ((1), des groupes politico-militaires n'ayant pas renonce a la lutte  armée (1 siège restant a  pourvoir), des confessions religieuses (6)de la société civile (5), des medias et autres (7), des professions libérales (6), des organisations des femmes (9), des organisations des jeunes (5), des réseaux des organisations des droits de l’Homme (5), des Syndicats (6), du patronat (4), du secteur informel (2), des chambres consulaires(4), de la diaspora (3).

 

4.2  Le Chef de l’Etat de la Transition est élu par l’organe législatif

Le quatrième sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEEAC tenu à Ndjamena le 18 avril 2013, a  constaté  dans la « Déclaration de Ndjamena  l’élection du Chef de l’Etat  en ces termes :

« Considérant le document portant procès verbal n 001/CNT/SG du 16 avril 2013 portant élection de Mr. DJOTODIA AM -NONDROKO Michel, Président de la République, Chef de l’Etat… Prennent acte de la mise en place du Conseil National de Transition et notent l’élection du Président de la République par cet organe »

La Charte Constitutionnelle de Transition  a confirmé ce mode de désignation :

« Le Chef de l’Etat de la Transition est élu par le Conseil National de Transition pour la durée de la Transition » (art.23 al.1).

 

4.3 Le Chef du Gouvernement, issu de l’opposition démocratique, est désigné par consensus

« Le gouvernement d’Union Nationale est dirigé par un Premier Ministre, Chef du Gouvernement, issu de l’opposition » (Art.4 Accord de Libreville). Le Premier Ministre de consensus, Nicolas TIANGAYE, avait effectivement était nommé par le Chef de l‘Etat d’alors François BOZIZE, il sera confirmé par le Chef de l’Etat de la Transition.

La Charte Constitutionnelle de Transition dispose en son article 29 : 

«  Le Chef de l’Etat de la Transition entérine la désignation du Premier Ministre, Chef du Gouvernement, conformément à l’Accord politique de Libreville du 11 janvier 2013. Sur proposition du Premier Ministre, il nomme les membres du gouvernement et met fin à leurs fonctions. »

De ces modes de désignation vont correspondre un certain nombre de règles  relatives aux pouvoirs des divers organes ; le  compromis et la concertation devant prévaloir.

 

5. LE COMPROMIS POUR LA DETERMINATION DES POUVOIRS DES ORGANES DE LA TRANSITION ET LA CONCERTATION POUR LEUR FONCTIONNEMENT

 

5.1 Les pouvoirs de l’exécutif redéfinis dans le sens du renforcement de la concertation et de la responsabilisation

L’exécutif est bicéphale ainsi l’article 22 de la Charte Constitutionnelle de Transition dispose : «Le pouvoir exécutif est composé du Chef de l’Etat de la Transition et du Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition » 

 

Les pouvoirs du Chef de l’Etat : des attributions fondamentales classiques :

La Charte Constitutionnelle de Transition a conféré au Chef de l’Etat de la Transition des attributions fondamentales classiquement dévolues au Chef de l’Exécutif.

Ainsi, le Chef de l’Etat incarne et symbolise l’unité nationale, il veille au respect de la Charte Constitutionnelle de Transition, assure par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat., il est le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire, de la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national ,et du respect des engagements internationaux ;  il le Chef suprême des armées, il  assure le maintien de l‘ordre et de la sécurité publique, il est le garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire, il le droit de grâce, il préside  les Conseils des Ministres, il promulgue les lois, il accrédite les Ambassadeurs et envoyés spéciaux et les Ambassadeurs et envoyés spéciaux sont accrédités auprès de lui, il négocie, approuve et ratifie les Traites et Accords internationaux. Le Chef de l’Etat communique avec le Conseil National de Transition par des messages qu’il délivre ou fait lire et qui ne donne lieu a aucun débat, ni vote.

Il veille à la mise en œuvre de la feuille de route de la Transition par le gouvernement


Les pouvoirs du Premier Ministre :

Le Premier Ministre a également des pouvoirs propres : il coordonne les activités du gouvernement qui dispose de l’administration, il exerce le pouvoir réglementaire en prenant des arrêtés et autres actes réglementaires, il assure l’exécution des lois, il préside les conseils de Cabinet et les Comités Ministériels, il préside le comité de trésorerie et en rend compte au Chef de l’Etat. Il met en œuvre la feuille de route de la transition, enregistre les décisions prises et veille à leur exécution.

Le Chef de l’Etat de la transition peut déléguer ses pouvoirs au Premier Ministre, à l’exception du pouvoir de nomination et de cessation des fonctions des membres du gouvernement, ce pouvoir de nomination est donc un pouvoir exclusif du Chef de l’Etat. Par délégation du Chef de l’Etat, le Premier Ministre et les Ministres concernés négocient et approuvent les Accords de coopération, les accords de prêts, les conventions de financement et les accords internationaux en matière de développement économique.

A coté de cela, la Charte a institué une concertation quasi permanente entre le Chef de l’Etat et le Premier Ministre sur un certain nombre d’attributions.

Le contreseing et la concertation sont deux spécificités de la Charte Constitutionnelle de la Transition. L’un ne va pas sans l’autre et l’un renforce l’autre.

 

5.2  Les pouvoirs partagés: la concertation et le contreseing

La concertation pour une transition apaisée :

La concertation  qui doit prévaloir entre le Chef de l’Etat et le Premier Ministre est rappelée dans plusieurs articles : les articles relatifs à l’exercice du droit de grâce du Chef de l’Etat, l’article 31 qui stipule que les décrets sont pris en conseil des ministres par consensus, la nomination aux hautes fonctions civiles et militaires par le Chef de l’Etat se fait en accord avec le premier ministre et donc en concertation avec lui ; le Premier Ministre, en concertation avec le Chef de l'Etat, met en œuvre la feuille de route de la transition et fixe l’ordre du jour du Conseil des Ministres.

Le contreseing pour des responsabilités partagées

En droit constitutionnel, le contreseing est le fait pour une autorité d’apposer sa signature sur un acte tel qu’un décret et d’en endosser ainsi la responsabilité avec l’autorité qui a pris l’acte.

Ce n’est pas une spécificité centrafricaine, en effet, le contreseing est prévu par exemple dans l’article 19 de la Constitution française.

La Charteinstitue le contreseing en son article 30 al.2:

« Le Chef de l’Etat de la Transition promulgue les lois et signe les décrets délibérés en Conseil des Ministres. La promulgation des lois et la signature des décrets délibérés en Conseil des Ministres font l’objet du contreseing du Premier Ministre. Le Ministre concerné contresigne le décret dans les matières relevant de ses compétences. »

Le décret relève du pouvoir exclusif du Chef de l’Etat car il est la seule Autorité qui puisse prendre des décrets.

La promulgation des lois relève également de la seule compétence du Chef de l’Etat.

Cependant, toute promulgation de loi est soumise au contreseing, ainsi que les décrets délibérés en Conseil des Ministres. Le contreseing des décrets est double, celui du Premier Ministre et celui du Ministre concerné.

Ainsi, en ce qui concerne les nominations aux hautes fonctions civiles et militaires, le Chef de l’Etat nomme aux hautes fonctions civiles et militaires en accord avec le premier ministre, en conseil des ministres. Ces décrets font l'objet du contreseing du Premier Ministre et du Ministre concerne (art.32 al.2)

L’absence du contreseing lorsque celui-ci est requis entraîne la nullité de l’acte.

Le contreseing a été introduit pour favoriser la concertation et la collaboration entre le Chef de l’Etat, le Premier Ministre et les Ministres, concertation et collaboration sans lesquelles la transition serait un échec, mais aussi pour instituer une solidarité et des responsabilités partagées dans la gestion de la transition. Le contreseing, qui n’est pas un simple visa, engage la responsabilité de celui qui appose sa signature, il est également une manifestation du consentement au contenu du décret contresigné et un engagement pour son exécution.

Par contre, le contreseing ne s’applique pas aux actes suivants : la nomination du Premier Ministre, l’exercice du droit de grâce, l’octroi des distinctions honorifiques, les nominations au sein de la Présidence de la République et l’organisation des Services du Chef de l’Etat.

En ce qui concerne le Conseil National de Transition, il est organe constituant et organe législatif,  ses pouvoirs sont donc importants mais ils ont été également limités par la Charte Constitutionnellede Transition conformément aux décisions de Libreville et de Ndjamena.

 

  L’étendue et les limites de la compétence du CNT

 « Le pouvoir législatif et constituant de la République Centrafricaine est exercé par le Conseil National de la Transition » (art.49 de la CCT)

 « Chaque conseiller national est représentant de la nation » (art.50)

Un pouvoir  constituant est un pouvoir  chargé d’élaborer la Constitution. Dans des situations de changements brusques de régimes soit par des révolutions, des crises internes ou des coups d’Etat,  les constitutions sont suspendues ou abrogées, avec pour conséquence la suspension ou la dissolution des institutions républicaines. Il faut alors designer le pouvoir constituant qui sera chargé d’élaborer une nouvelle Constitution. On a souvent recours à une Assemblée Constituante, en l’occurrence, le CNT a été désigné organe constituant mais également législatif. La spécificité est que cet organe est chargé d’élaborer et d’adopter la Charte Constitutionnelle, mais aussi d’élaborer la future Constitution qui, elle, sera soumise au peuple par referendum. Pour ce faire, le CNT n’agit pas au nom du peuple souverain, mais au non d’un consensus national et de la volonté d’instances régionales. Il a un pouvoir originaire et non institué.

En ce qui concerne le pouvoir législatif, la liste des matières qui sont du ressort de la loi et donc de la compétence du CNT est la liste qui figurait dans la Constitution de 2004.

Une attribution tout à fait spécifique du CNT est l’élection du Chef de l’Etat de la Transition. Cette élection a été instituée pour que le Chef de l’Etat de la Transition soit désigné par les entités représentatives de la société centrafricaine.

Autre attribution spécifique, du CNT, sa participation  à la détermination du contenu de la  feuille de route que doit élaborer le gouvernement. Ainsi, dans le cadre des priorités fixées par Libreville et confirmées par N’Djamena, le gouvernement doit élaborer la feuille de route de la transition, qu’il doit soumettre à l’approbation du Comité de suivi de Libreville et au Groupe international de contact. Une fois adoptée en Conseil de s Ministres, la feuille de route est soumise au CNT qui peut l’enrichir, et le gouvernement doit alors tenir compte de ces enrichissements, c’est donc une obligation.

Par contre deux limitations importantes des pouvoirs du CNT ont été insérées dans la Charte conformément aux Accords : l’impossibilité pour le CNT d’utiliser la motion de censure ou le vote de confiance contre le gouvernement et le recours au vote bloqué pour l’adoption de quelques textes de lois spécifiques.

L’article 74  de la Charte Constitutionnelle de Transition dispose : « toute question de confiance, toute motion de défiance ou de censure est irrecevable pendant la durée de la transition ».

L’Accord de Libreville avait institué le vote bloqué (vote en l’état) pour certains textes,

Le vote bloqué est une « procédure qui permet au gouvernement d’obliger l’Assemblée à se prononcer par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion, en ne retenant que les amendements proposés par lui ». Cela correspond donc à une limitation du droit d’amendement des parlementaires et permet à l’exécutif de faire approuver ses projets de loi dans leur intégralité. Cette exigence a été reprise par la Charte Constitutionnelle de Transition en ce qui concerne le Code Electoral, et, dans une moindre mesure, le projet de loi des finances à l’occasion duquel le CNT se prononce en ne retenant que les amendements acceptés par le gouvernement. De même,  La révision de la Charte Constitutionnelle n’intervient que lorsque le projet a été voté en l’état par le CNT à la majorité des ¾ des membres qui la composent.

Ainsi, le Chef de l’Etat exerce les pouvoirs classiquement dévolus au Chef de l’Exécutif ;  le Premier Ministre voit ses pouvoirs renforcés par le contreseing comparé à ceux normalement dévolus à un Premier Ministre de déconcentration ; il ne peut être destitué mais il doit exercer ses pouvoirs en concertation avec le Chef de l’Etat et vice-versa. Le CNT, organe constituant et législatif ne peut cependant pas renverser le gouvernement par le vote d’une motion de censure, il n’a pas en outre, dans des domaines définis, la possibilité d’apporter des amendements à certains projets de loi du Gouvernement.

La Charte institue également conformément aux recommandations du Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC, une Cour Constitutionnelle de Transition.

 

6. LA PROTECTION DE LA CHARTE CONSTITUTIONNELLE DE TRANSITION PAR LA COUR CONSTITUTIONNELLE DE TRANSITION

      Au niveau de la composition de la Cour Constitutionnelle de Transition, l’aspect genre a été pris en compte, ainsi, la Cour Constitutionnelle de Transition comporte obligatoirement 4 femmes juges. La précédente Cour devait comporter au moins 3 femmes.

La Cour Constitutionnelle de Transition prête serment devant l’organe législatif.                

Dans la Constitution de 2004 il était prévu que la Cour Constitutionnelle prête serment au cours d’une cérémonie solennelle présidée par le Président de la République en présence du Bureau de l’Assemblée Nationale. La difficulté de la situation de cette transition est que le Chef de l’Etat n’avait pas encore prêté serment et de ce fait, il ne pouvait logiquement recevoir le serment des membres de la Cour, C’est ainsi que le CNT a opté pour la prestation de serment devant lui, celle-ci a eu lieu le 16 août,  puis le Chef de l’Etat a prêté serment devant la Cour le 18 août en présence du Président SASSOU NGUESSO du Congo, Médiateur, et du Président DEBY du Tchad, Président en exercice de la CEEAC.

     En ce qui concerne la compétence de la Cour, la loi 13.002 promulguée par le Chef de l’Etat le 14 août 2013 porte organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle de Transition. Sa compétence est déterminée par l’article 76 de la Charte et le chapitre 2 de la loi du 14 août, ce sont des attributions classiques mais qui prennent toute leur importance dans le contexte de la période de transition.

La Cour Constitutionnelle de Transition a pour mission de trancher les conflits de compétence au sein du pouvoir exécutif, entre le pouvoir législatif et exécutif et entre l’Etat et les collectivités territoriales, c’est une fonction de régulation qui confère à la Cour Constitutionnelle un pouvoir important en cette période délicate. Elle  doit veiller à la régularité des consultations électorales, examiner et en proclamer les résultats, juger de la constitutionnalité des lois organiques et des règlements ordinaires, connaître du contentieux électoral… La Cour Constitutionnelle de Transition recevra le serment du président qui sera élu à l’issu des consultations organisées durant la transition.  

La Cour Constitutionnelle de Transition a un véritable rôle d’arbitre : son existence est liée à la période de Transition, elle siffle le début du match par la prestation de serment du Chef de l’Etat de la Transition. Durant la transition, elle veille à ce que les acteurs respectent les règles contenues dans la Charte constitutionnelle. Elle sifflera la fin du match en recevant le serment du Président élu.

 Elle a une compétence « erga omnes »  terme latin signifiant « à l’égard de tous ». Ainsi,

 « Les décisions de la cour ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toute autorité administrative et juridictionnelle et à toute personne physique et morale, » (art.84 al.1), « tout texte déclaré inconstitutionnel est nul et de nul effet. Il ne peut être promulgué ni appliqué. S’il est en vigueur, il est retiré de l’ordonnancement juridique » (Art.84 al.2)

 

7.     LA PROTECTION DE LA TRANSITION PAR LES INSTANCES REGIONALES

La Médiation Internationale est une institution de contrôle et de recours pendant la période de la Transition.

La Charte Constitutionnelleprévoit l’intervention du Médiateur dans les situations suivantes :

La période de transition commence à courir à compter de la cérémonie de prestation de serment du Chef de l’Etat donc le 18 août 2013. En ce qui concerne la durée de la transition, celle-ci est rappelons le de 18 mois mais avec la possibilité de porter ce délai à 24 mois mais sur avis conforme du Médiateur (art.102 de la CCT). L’avis conforme signifie que le Médiateur doit obligatoirement être d’accord avec la prolongation proposée conjointement et motivée du Chef de l’Etat, du Premier Ministre et du Président du CNT.

En cas de litige ou de désaccord persistant survenant entre les Institutions de la transition celles-ci ont l’obligation à l’initiative de la partie la plus diligente, de recourir dans un premier temps au Comité de Suivi, et si nécessaire au Médiateur et en dernier recours a la Conférence des Chefs d’Etat de la CEEAC.

En ce qui concerne la révision de la Charte Constitutionnelle de Transition, celle-ci fait l’objet du Titre XI, l’avis conforme du Médiateur est également requis. Une procédure est prévue à cet effet donnant l’initiative de la révision au gouvernement ou aux 2/3 des conseillers nationaux.

 

8.     LES GARDE-FOUS DE LA TRANSITION 

8.1  L’impossibilité de réviser certaines dispositions de la Charte 

Si la révision de la Charte est possible, par contre, certaines questions sont expressément exclues par l’article 101 de la révision ceci pour une cohérence de dispositions de la Charte. Il s’agit notamment des inéligibilités, de l’irrévocabilité du Premier Ministre, de l’impossibilité de diminuer ses attributions, des incompatibilités, des droits et libertés fondamentaux du citoyen et bien entendu de ce même article 101, en toute logique.

8.2  Les incompatibilités et les inéligibilités 

Les incompatibilités prescrites au Chef de l’Etat, au Premier Ministre, aux membres du Gouvernement, aux membres du CNT, aux membres de la Cour Constitutionnelle sont fixées par la Charte Constitutionnelle de Transition ainsi que les diverses inéligibilités, elles sont un gage de bonne gestion et de transparence. Les inéligibilités qui font l’objet de l’article 106 ont été prévues afin d’éviter les conflits d’intérêt et de favoriser le déroulement d’une transition apaisée.

8.3  Le passage du flambeau : du régime d’exception au retour à l’ordre constitutionnel 

Ce retour à l’ordre constitutionnel se fera par l’adoption de la nouvelle Constitution et l’installation des institutions prévues par celle-ci.  Ceci est organisé par l’article 104 de la Charte. La dernière institution de la transition à disparaître sera la Cour Constitutionnelle de Transition, après l’installation effective de la Cour Constitutionnelleissue de la future Constitution.


Professeur DARLAN Danièle
Vice-Présidente de la Cour Constitutionnelle de Transition

Bangui, septembre 2013.

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 02:29

Bokassa Jean Bedel nous livre ses secrets avec Giscard d'Estaing et la France durant son règne. Entre espoir et humiliations, c'est la tragédie françafricaine qui se dévoile. Entrevue réalisée en 1983, oh combien d'actualité en 2011. Un document poignant!

 

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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 02:23
Relu pour vous
Publié le 26 juillet 2007
Clémence Pène


Le petit cadeau qui fit trébucher Giscard

L'affaire des diamants est déclenchée le 10 octobre 1979 par Le Canard enchaîné: des diamants de 30 carats d'une valeur de 1 million de francs auraient été remis, en 1973, à Valéry Giscard d'Estaing, alors ministre des Finances, par le président de la République centrafricaine, Jean Bédel Bokassa. Le journal s'appuie sur une note rédigée par Bokassa lui-même. A l'Elysée, VGE soupire: "C'est grotesque." Les diamants, oubliés dans un tiroir, ont en effet été estimés entre 4 000 et 7 000 francs. La note est fausse, la signature l'indique.

Dès le lendemain, Le Monde reprend pourtant l'information dans une double page qui met en cause la famille du président et dénonce le silence de l'Elysée dans un éditorial perfide. La semaine suivante, Le Canard récidive en publiant une nouvelle note de Bokassa, qui mentionne cette fois des diamants remis après l'arrivée de Giscard à l'Elysée, tandis que la presse internationale se déchaîne sur ce qu'elle nomme le "Watergate parisien". Mais VGE ne change pas de ligne. "Il faut laisser les choses basses mourir de leur propre poison", déclare-t-il sur Antenne 2, le 27 novembre. Une contre-enquête publiée par Le Point vient rapidement infirmer la plupart des accusations. L'Elysée fait savoir que tous les cadeaux reçus seront vendus. 

Le mépris silencieux de VGE l'a finalement rendu suspect

L'affaire ne s'apaise pas pour autant. A dix-neuf mois de l'élection présidentielle, qui en veut à Valéry Giscard d'Estaing? Bokassa, devenu un "tyran honni", cherche à se venger. Une enquête de la DST révèle qu'on l'y a aidé: c'est Roger Delpey, l'un de ses anciens conseillers, issu des milieux nationalistes d'extrême droite, qui a fourni les faux documents. Le mépris silencieux de Valéry Giscard d'Estaing fait le reste. Pourquoi a-t-il fallu tant de temps à l'Elysée pour définir la riposte au "complot des diamants"? "J'imaginais que les Français savaient que je me consacrais entièrement à ma tâche et qu'ils écarteraient d'eux-mêmes l'hypothèse d'une telle médiocrité", écrira plus tard VGE dans Le Pouvoir et la vie. Son attitude, perçue comme de l'arrogance et un aveu de culpabilité, l'a sans doute handicapé pour la campagne présidentielle de 1981. 

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 11:44

Relu pour vous

25 mars 2013
Olivier Gabirault

Déclaration concernant le renversement du régime Bozizé.


Le 24 mars 2013, la coalition de la rébellion « SELEKA » a renversé le régime au pouvoir, dirigé par le général François BOZIZE.

Au-delà de tout coup d’Etat qui est toujours un recul de la démocratie, l’irréductible entêtement de l’ancien Président François BOZIZE était devenu un grave danger pour la nation centrafricaine, pour son propre régime, et pour  la stabilité de la sous-région, étant donné qu’un conflit local a toujours tendance à s’étendre en dehors des frontières nationales.

Au-delà de ce coup d’Etat, la nation centrafricaine a l’impérieux devoir de se réconcilier, de se reconstituer, de s’engager sur une nouvelle voie, sur des bases consensuelles sûres et durables.
La République centrafricaine ne doit pas sortir d’un chaos caractérisé par la période la plus sombre, la plus triste, la plus misérable, la plus humiliante de son histoire, pour s’engager immédiatement dans un autre chaos débutant par des scènes inquiétantes de pillages, d’exactions, de destruction de biens meubles et immeubles tant publics que privés.

La coalition SELEKA a certes pris les armes pour renverser l’ancien régime. Ces armes doivent désormais se taire car elles ne règleront pas à elles seules les immenses défis économiques, sociaux, humanitaires, politiques et diplomatiques du pays.

La République centrafricaine  doit au contraire se mettre sur une  bonne voie de manière consensuelle à partir d’une plus  large concertation (peu importe son appellation).

Les Accords de Libreville ne constituent pas un cadre suffisant pour les bases véritables et durables de la reconstruction du pays. Ils ont été signés précipitamment dans un contexte donné, beaucoup plus pour permettre de préserver la paix, favoriser une transition en maintenant au pouvoir l’ancien Président BOZIZE parallèlement à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale.

Ces Accords n’ont jamais été ratifiés par le parlement pour entrer réellement dans la législation centrafricaine et ne peuvent pas être une référence juridique dans un contexte nouveau, après le départ de l’un des principaux acteurs de la crise à l’origine de leur conclusion.

La coalition SELEKA désormais au pouvoir doit prendre en compte plusieurs pièges et préjugés défavorables qui sont des obstacles importants  à vaincre pour tenter d’obtenir l’adhésion de la population et créer les conditions de la cohésion nationale, de la paix, notamment :

-        
La méfiance de la population par rapport aux mêmes conditions d’accession au pouvoir, en référence au coup d’Etat du général BOZIZE de 2003, aux pillages, exactions et à la catastrophique gestion dont les conséquences l’ont marquée dans son âme et dans sa chair ;

-         Les mêmes promesses du début tendant à quitter le pouvoir à la suite d’une transition, mais qui n’ont jamais été tenues, l’ancien Président BOZIZE étant sur le point de modifier la constitution pour un troisième mandat après en avoir exercé deux, malgré des engagements pris devant le monde entier ;

-         Les comportements inciviques, perfides consistant pour les compagnons du coup d’Etat de 2003 à se placer au-dessus de tous les autres citoyens, à ne pas respecter la loi, les institutions, bref avec l’esprit d’être sur un  terrain conquis etc. ;

-         Le tribalisme, le clanisme, le régionalisme, le clientélisme et surtout la discrimination sur la base de l’appartenance à des sectes ou groupes philosophiques ;

-         La remise en cause du caractère laïque de la République Centrafricaine au cours de la crise actuelle, se traduisant d’une part par l’amalgame de l’ancien régime au pouvoir contre les musulmans et d’autre part les attaques, exactions contre les églises et serviteurs chrétiens ;

-         La course à l’enrichissement rapide, scandaleux par de flagrants détournements, la corruption en ramenant le pouvoir à cette seule opportunité, au détriment de la vie de la population ;

-         Les préoccupations de se maintenir ou d’accéder au pouvoir par des manœuvres perfides contre les autres formations politiques, les élites politiques pour les étouffer, ce qui constitue toujours une source de tensions, donc de crises ;

-         Le piège des mêmes hommes politiques spécialistes de ruses, à la fois incendiaires et pompiers ;

-         Le piège du charme des griots politiques qui  passent très rapidement, sans scrupule d’un régime à un autre ;

-         L’impunité, l’injustice, la division, la vengeance, le non respect des droits de l’homme etc.;

-         Le destructeur état d’esprit selon lequel « les autres l’ont fait, c’est aussi notre tour » ;

Ce petit rappel est certes amer, mais  il s’agit seulement d’une partie des défis à affronter, à relever, d’où la nécessité de partir sur de bonnes bases afin de briser progressivement le  scepticisme, les préjugés de la population pour  obtenir son adhésion en vue de la reconstruction nationale.

Tout ceci ne peut être facilité que par une prise de conscience générale, dans un cadre consensuel plus large pour un nouveau départ de la République Centrafricaine et non uniquement sur les Accords de Libreville dont la caducité est évidente.

A mon avis, dans la situation actuelle de la République centrafricaine, la priorité ne devrait pas être un gouvernement d’union nationale qui attire toujours les centrafricains comme le sucre attire les mouches, mais une concertation préalable pour faire l’autopsie du pays, cibler les causes des crises à répétition, arrêter les grandes orientations pour remodeler notre société une fois pour toutes. Un Gouvernement d’Union Nationale ne devrait avoir une feuille de route claire qu’à la suite d’une telle concertation élargie.

Les élections présidentielles ne peuvent avoir de sens,  d’intérêt pour la nation que dans un environnement ainsi qu’un esprit assainis et non pour des profits personnels, la gloire, l’honneur d’être au sommet de l’Etat, le plus riche avec les siens, comme ce que le pays a vécu ces dix dernières années, désastre à bannir unanimement, définitivement.

Les Centrafricains  ne doivent surtout pas  rater encore l’occasion de se ressaisir, de tirer les leçons de la triste expérience du passé, afin de repartir sur des bases nouvelles et durables pour la reconstruction nationale.

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 02:30


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COMMUNIQUE N°028/13

Objet: Demande d’une enquête Internationale sur les crimes Commis à Boy Rabe.

Vu les violations des Chartes internationales, des Pactes Internationaux, de la Déclaration Universelle des droits de l’homme, des conventions internationales dont la Centrafrique a ratifiée et figurant dans sa Charte Constitutionnelle de transition.

Vu les violations des dispositions des articles 4, 6 de la Charte Constitutionnelle de Transition suite aux évènements du 18, 19, 20, 21 août 13 aux quartiers Boy-Rabe, Boeing, etc.

Article 4 : La personne humaine est sacrée et inviolable. Tous les agents de la puissance publique, toute organisation, ont l’obligation absolue de la respecter et de la protéger.
La République reconnait les Droits de l’Homme comme base de toute communauté humaine, de la paix et de la justice dans le monde.

 Article 6 : Chacun a droit à la vie et à l’intégrité corporelle. II ne peut être porté atteinte à ces droits.
Nul ne sera soumis à la torture, ni au viol, ni à des sévices ou traitements cruels, inhumains, dégradants ou humiliants. Toute personne, tout agent de l’Etat, toute organisation qui se rend coupable de tels actes sera puni conformément aux textes en vigueur.

Nul ne peut être arbitrairement arrêté ou détenu. Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit établie à la suite d’une procédure judiciaire lui offrant les garanties indispensables à sa défense. Le délai légal de détention doit être respecté.

Le Collectif interpelle le Secrétaire Général des Nations Unies, la présidente de l’Union Africaine, le Président des Etats Unis, la Reine de l’Angleterre, le Médiateur de la Transition,le Conseil de Sécurité des Nations Unies,la Cour Pénale Internationale, Human Right Watch, la Ligue Internationale des droits de l’homme d’ouvrir une enquête indépendante afin d’éclaircir la Communauté Nationale et Internationale sur les auteurs de ces crimes odieux et de poursuivre le ou les auteur(s) devant la Cours pénale Internationale. Car le sang des victimes réclame justice.

A toutes les familles éprouvées, le Collectif tient à présenter ses condoléances et encourage les Centrafricains à signer massivement la pétition lancée par la société civile.

Fait à Dakar le, 23/08/13

Le Coordonnateur Général

Kenny Wilfried ZOUNGARANI

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 02:00

24 août 2013
Gilles Deleuze



Les relents coloniaux

Depuis les parodies des indépendances des pays francophones, disons à la louche entre 1958 et 1960, les forces coloniales françaises n'ont jamais lâché le morceau.

Subtilement, la présence française dans ces nouveaux pays ne se basait alors que sur des dits 'Accords militaires de coopération', une sorte d'euphémisme pour continuer ce qui a toujours été.

En local, cela confortait les pouvoirs des marionnettes fantoches à sa solde qu'elle installait au pouvoir, d'Houphouët-Boigny en Côte d'Ivoire à Ahmadou Ahidjo au Cameroun, en passant par Léon Mba au Gabon. Et c'est ainsi que sous la baïonnette, un système de corruption généralisée pour assurer ses intérêts s'est mise en place dans toute la francophonie africaine. Initiative du Général De Gaulle, qui vouait aux nègres comme il le disait lui-même, autant d'affection qu'un prédateur à sa victime convoitée.

L'armée est là pour veiller à ce que les africains francophones sachent voter dans le bon sens et continuent à rester des serviles bien obéissants.

La Colonisation s'est muée en Coopération.

La propagande démagogique a si bien fonctionnée que plus de 60 ans après, les africains dévouent toujours au Général De Gaulle une admiration dont on se demande s'ils savent même pourquoi ?


En Oubangui Chari?

Digression préambulaire : Il serait bon que les 'Centrafricains' s'associent enfin à leur propre histoire et cessent de n'écouter que ce que les 'autres' le leur disent à propos.

Le nom de ce pays est OUBANGUI CHARI, le terme CENTRAFRIQUE était au départ une plaisanterie de Pierre Kalck faite à son ami Barthélémy Boganda, car l'idée de Boganda était bien de nommer ce pays du nom légitime et logique de OUBANGUI CHARI.

Mais Kalck sut le convaincre en lui disant que 'Centrafrique' et 'République Centrafricaine' sonnaient mieux en français.

Boganda francophile passionné finit par accepter.

Voilà comment l'histoire se fait.

Enfin à signaler, pour Boganda, le nom du pays est masculin;
C'est LE CENTRAFRIQUE.
D'ailleurs Bokassa par la suite le nommait toujours de la sorte.

Ceci étant, sans remonter à la pré-histoire des histoires tumultueuses des relations franco-centrafricaines, sachons que pour rester dans l'actualité, en 2002, démarrait à Bangui, l'installation d'une opération militaire française dite : 'Opération BOALI', avec au départ la participation d’un détachement militaire français de 200 hommes basé à Bangui.

Officiellement, cette opération visait à apporter un soutien logistique, administratif, technique et si besoin opérationnel à la MICOPAX (Mission de consolidation de la paix en République Centrafricaine). 

Mais, en réalité, les militaires français n'y sont que pour un seul objectif: Assurer la sécurité des ressortissants français et des intérêts français sur place si la situation l’exige.

Quitte à appuyer le tyranneau local du moment.

Depuis, au gré des allers et venus, le nombre des soldats de l'opération Boali variait.

Actuellement ils sont près de 400, avec une dizaines 'd’honorables corespondants', comprendre des espions.

L'épine Seleka

Depuis 30 ans, la France dispose d'une place militaire très forte au Tchad à N'Djamena, et doté de tous les moyens d'intervention rapide pour les opérations extérieures (Opex). Là aussi comprendre, pouvoir agir dans les pays environnants le plus vite possible.
Depuis 1960, elle dispose aussi d'une base puissante au Gabon, à Libreville, toujours pour l'OPEX.

Les soldats français dans ces deux pays sont en alerte permanente.
Les Forces françaises au Gabon ou (FFG) sont puissantes.
Des forces terrestres et aériennes. Hélicoptères de type Fennec et Puma, des avions de transport de type Transall et des blindés légers de type Sagaie. Sans compter si nécessaire la venue d'avions de chasse et de bombardiers.

C'est un secret de polichinelle, la France de Sakozy se lassait de François Bozizé. Que d'ailleurs Sarkozy qualifiait de 'l'autiste de Bangui'. 

Le pouvoir politique a radicalement changé en France, mais certainement pas sa politique africaine.
Les mêmes conseillers pour l'Afrique sous Sarkozy sont toujours les mêmes sous Hollande.
Ce même François Hollande, par naïveté, par cynisme, par égoïsme ou par pur froid réalisme on ne sait, de dire courant Décembre 2012 en substance : "La France en Centrafrique y est pour défendre ses intérêts."

Mots choquants pour la population centrafricaine à l'abandon prise entre deux feux.
On était habitué à plus d'hypocrisie de la part des prédécesseurs de Hollande.

Néanmoins, pour comprendre, François Hollande à l'inverse de son ex compagne Ségolène ROYAL, née au Sénégal, ne connaît pas l'Afrique. On pourrait même dire qu'elle ne l'intéresse pas.

S'il avait diplomatiquement validé le départ forcé du pouvoir de François Bozizé, il ignorait par contre tout de la déferlante de ces enturbannés dont les 3/4 ne parlent ni français ni sangö.
Mais l'histoire restait pour lui une affaire centrafricano-centrafricaine.

Le réveil fut délicat.

Par précaution, entre le 22 et le 24 mars, 300 militaires en provenance de Libreville arriveront à Bangui, en renfort des 250 militaires du détachement Boali. 
Au cas ou, on ne sait jamais.

Entre temps, les 'honorables correspondants' ont dit à l'Elysée que les intérêts de la France en RCA ne seraient pas inquiétés, ni les français sur place.

Conséquence, la compagnie du 8ème RPIMa qui était à la base de M'Poko, le 6 Juin prendra le chemin du retour au Gabon, relevée par un petit détachement du 16ème BC de Bitche.
Ce qui laisse en total 400 soldats français à Bangui.

L'alarme française

Elle viendra de Yamina Benguigui, la ministre française déléguée chargée des Français de l'étranger et de la Francophonie. D'origine algérienne, ses deux parents le sont, et surtout avec un père qui a fait la guerre d'Algérie, il fut l'un des responsables clandestins du Mouvement national algérien (FLN). Elle était donc culturellement très sensibilisée au problème centrafricain et aux problèmes africains en général, contrairement à tous ses collègues du gouvernement, le chef de l'Etat inclus. Et c'est elle qui en France à réveillé les consciences, en disant bien qu'il ne fallait pas oublier la Centrafrique.

Hors de la France, elle savait également que la Communauté internationale se fichait comme 'balpeau' de la Centrafrique.

Ce trou perdu de sauvages dans la jungle passant leur temps à s’entre-tuer n'intéresse personne.
Et surtout, elle ne présente plus d'intérêt stratégique.

Yamina Benguigui a fait un long lobbying auprès de François Hollande pour qu'enfin il jette un regard sur la Centrafrique, ne serait-ce que par humanité.

Car dans la tête du président français :

LA FRANCE N'A PAS BESOIN D'INTERVENIR EN RCA PUISQU'ELLE PEUT Y AGIR A TOUT INSTANT EN MOINS DE 48 HEURES.

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 16:07

18 juillet 2013
Franck Saragba

 

Le processus de délitement  de la vie publique qui allait crescendo, amorcé depuis plus de cinquante ans a atteint son paroxysme. Ultime stade de pourrissement d’un pseudo-Etat devenu fantôme dont le nivellement par le bas a scellé d’une manière politico-tragique le fatal dessein d’un pays pourtant prometteur. Autrement dit, le plus haut degré de l’anarchie et de chaos jamais égalé  en terme politique dans lequel de frustes gouvernants ne contrôlent plus rien avec le mutisme approbateur, la démission voir la compromission scandaleuse de certains leaders dite de l’opposition démocratique.

Tandis que la population se meurt, délaissée à elle-même sous le regard lâchement livide des «ex généraux », naguère bourreaux de leur peuple, Co-fossoyeurs par excellence des forces armées centrafricaine (FACA). Eux, qui, aujourd’hui sont les premiers à abandonner leurs hommes sur le terrain à la moindre escarmouche pour se calfeutrer et chercher refuge toute honte bue auprès de l’armée française dont la représentation diplomatique a été livrée récemment à tort à la vindicte des partisans du défunt régime auquel ces courageux généreux appartenaient. Quelle Honte !  

A peine les cendres encore fumantes du défunt régime « des libérateurs » contre lequel nombreux de nos concitoyens se sont érigés  tardaient à se consumer que la coalition Séléka déployât  une Chappe de plomb et de terreur sur l’ensemble du territoire national. L’incandescente braise de l’auto destruction à la manière séléka se nourrit désormais du viol de nos braves mères et sœurs dont les insupportables cris nous parviennent assez pour hanter nos nuits, du sang de nos frères  innocents que charrie au quotidien la rivière M’poko et le fleuve Bali, le tout assorti de pillages, braquages,  kidnappings de personnes et autres vols commis au préjudice de l’Etat ou encore de tierces personnes, fruits des années de labeur de nos concitoyens au point de se poser des questions en somme toutes légitimes :  Finalement, à quoi a servi ce coup d’état ? A quoi sert le président de la Transition ? A quoi sert le premier ministre ? A quoi sert le Gouvernement de transition ? A quoi sert le CNT ? 

Le stratagème à courte vue de nos apprentis politiques  a fini par emporter tous les régimes et détruit le pays. A trop vouloir jouer pendant toutes ces années avec le bon et généreux peuple de Centrafrique, aucun de ces hommes politiques qui depuis ces cinquante dernières années ont gouvernés ou qui ont une fonction de décision n’est digne ni crédible pour revenir au devant de la scène politique et parler au nom de notre peuple. Les échecs répétés de ces anciens régimes ont préparé le terrain à ce qu’il est convenu d’appeler la phase terminale d’un processus d’autodestruction  entamé il y a de cela une cinquantaine d’années. La coalition séléka ne fait que profiter des erreurs monumentales et du gouffre abyssal provoqué par les anciens régimes qui se sont succédé. Le pays s’en relèvera t-il un jour ? La Centrafrique, renaitra t-elle de ses cendres ?  Oui, mais par le renouvellement de la classe politique qui s’affranchirait des vieilles querelles politiciennes et ethnico-partisanes du passé. Aujourd’hui, ni la séléka, ni l’opposition démocratique ne sont porteurs de cette espérance pour le pays.

Concocté, entretenu,  perfectionné régime politique après régime politique par les mêmes acteurs et leurs suppôts qui jouent  depuis Cinquante trois ans à ce fameux  jeu de « qui perd, gagne ». Pêle-mêle, Il y a là ceux-là même qui ont exercé déjà le pouvoir, ont lamentablement échoué mais veulent coûte que coûte revenir l’on ne sait pourquoi ? De l’autre côté, il y’a ceux qui avaient comploté, manigancé  puis attenté pour finalement avoir raison des acquis de  la démocratie naissante et interrompre la phase d’apprentissage du processus démocratique, ils s’en mordent les doigts à regret. Enfin, il y a les moins futés, ces griots d’un autre temps, qui, à visage découvert  ont installé et fait avec zèle l’éloge de ces régimes impopulaires comme seul notre pays peut en produire. En un laps de temps record, ces singuliers personnages ont retourné leurs vestes combien réversibles mais usagés pour reprendre service et s’installer confortablement malgré le « pogrom » qui s’abat sur le peuple centrafricain. Ils ne sont pas à deux contradictions prêtes. On les retrouve tantôt au palais de la renaissance, à la primature, au sein du Conseil national de transition, tantôt dans le gouvernement ou à l’affût dans un mutisme coupable. Ils se préparent de nouveau à transhumer ou à muter après la période de transition en oubliant que la Centrafrique ne sera plus comme avant. Après la transition, il ne fait aucun doute que La Centrafrique entrera dans une nouvelle ère.


Allons encore plus loin que les accords de Libreville pour une véritable transition

Donner du sens à la transition, c’est aller au-delà de la transition purement politique pour opérer une véritable mutation. La page doit être tournée aussi bien sur le plan politique, économique que social avec de nouveaux acteurs et de nouvelles perspectives. C’est à ce moment-là et seulement à ce moment-là que le pays basculera alors du moyen âge pour faire un pas vers une renaissance Centrafricaine.  

Pour cela et à l’instar de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) qui a demandé aux candidats Andry Rajoelina, Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka de retirer leurs candidatures aux élections présidentielles afin d’éviter des troubles à Madagascar. Une excellente idée qui pourrait être adapté à notre pays afin de donner du sens, une certaine « Aura « à cette véritable transition que nous espérons tous. Cette mesure permettra d’atténuer les haines, les peurs, les  rancœurs, les méfiances rampants qu’entretiennent ces anciens acteurs de la vie politique entres-eux et qui constituent un blocage pour le pays entier. Incapables de fournir un travail en commun pour l’intérêt du pays, ils excellent et persistent dans une haine viscérale qui les habite.  Aussi, cette liste de « non présidentiables »  arrêtées par les accords de Libreville doit être élargie à d’autres personnalités politiques qui ont été responsables, co-responsables, collaborateurs de premier plan dans la descente en enfer de notre pays.

Un autre exemple nous vient de la Libye où le Congrès national qui joue le rôle de notre CNT (Conseil National de transition) a adopté une loi selon laquelle tous les anciens responsables du régime déchu sont interdits d’occuper un poste officiel. Nous pourrions rallonger cette liste à tous les anciens dignitaires des différents régimes politiques qui se sont succédé dans notre pays depuis cinquante ans. La république, toujours généreuse et reconnaissante envers ses enfants même les plus ingrats leur octroiera une pension pour le restant de leur existence. C’est pourquoi, lorsque le temps  de la transition politique sera venu, l’heure est arrivée pour la proclamation d’une  nouvelle ère en Centrafrique.

 

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