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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 01:31

20 décembre 2008
A.P. Lékéliho / ACAP

Clôture du Dialogue Politique Inclusif

Le Dialogue Politique Inclusif (DPI) censé ramener la paix en République Centrafricaine a pris fin samedi 20 décembre 2008, à Bangui, en présence des présidents François Bozizé de Centrafrique et Omar Bongo Odimba du Gabon ainsi que du Secrétaire général de la Cen-Sad, le docteur Mohamed Madani el Azari.

 

La cérémonie de clôture de ce forum, qui aura enregistré la participation des représentants de tous les groupes politico-militaires, y compris Abdoulaye Miskine arrivé de Tripoli la veille au soir, a été marquée par une accolade entre le président François Bozizé

et son prédécesseur Ange Félix Patassé, rentré d'un exil au Togo le 7 décembre dernier.

 

« Prenons tous ensemble la résolution d’appliquer sans complaisance les différentes recommandations adoptées au nom du peuple centrafricain par toutes les délégations au DPI par consensus", a notamment déclaré M. Patassé, qui a proposé la mise en place d’un mécanisme à deux niveaux pour le suivi de l'application des recommandations et comportant un conseil regroupant le président Bozizé et ses deux prédécesseurs, à savoir André Kolingba et Ange Félix Patassé.

 

« Il est temps d’unir nos efforts", a pour sa part déclaré le président Bozizé, qui a promis que "les recommandations seront mises en oeuvre progressivement pour celles qui nécessitent la mobilisation de ressources", avant de s'engager à "tout mettre en oeuvre pour préserver la paix et la stabilité de notre pays".

 

S'adressant aux délégués en Sango (langue nationale), le Président de la République a annoncé pour le mardi 23 décembre la tenue d'une réunion destinée à recueillir les propositions des différentes parties au DPI pour la composition du comité de suivi et du prochain gouvernement.

 

Dernier à prendre la parole en sa qualité de Haut Médiateur pour les questions centrafricaines dans l'espace Cemac, le président gabonais Omar Bongo Ondimba a exhorté les Centrafricains à mettre en oeuvre les fruits de leurs propres réflexions et la communauté internationale à soutenir la République Centrafricaine.

 

"Comme disait Gandhi, il vaut mieux être gouverné par un mauvais gouvernement de son pays que par un bon gouvernement étranger", a conclu le chef de l'Etat gabonais.

 

Rappelons que plus d’une trentaine de recommandations ont été adoptées parmi lesquelles la mise en place d’un Gouvernement de consensus intégrant les différentes entités ayant participé au DPI, la cessation du cumul de fonctions par le président de la République, la mise en œuvre du programme de désarmement adopté par le comité de suivi de l'accord de paix global et la mise en place d'une commission Vérité Réconciliation.

 

Au bout de deux semaines de discussions axées autour des thèmes d’actualité, à savoir la politique et la bonne gouvernance, le développement socio économique, la sécurité et les groupes armés, les protagonistes aux différentes crises centrafricaines ont pris la résolution d'enterrer la hache de guerre et de mener désormais une lutte purement politique.

 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Centrafrique
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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 17:05

18 décembre 2008
L’Indépendant

Dialogue politique : vive altercation entre Ziguelé et Ndoutingaï  sur le dossier Uranium
Selon nos informations, la plénière du dialogue politique de ce mercredi 17 décembre a été très mouvementée. Pour cause de l'allergie des représentants du pouvoir à toutes questions relatives à la gestion des ressources minières et minéralières du pays.

Interpellé à ce sujet par Martin Ziguelé, président du MLPC (mouvement de libération du peuple centrafricain) , le ministre d'Etat aux mines et neveu de François Bozizé, Sylvain Ndoutingaï, a eu une réaction jugée par les témoins, épidermique bottant au passage en
touche les préoccupations du chef de fil de l'opposition en évoquant l'affaire de l'intervention à Bangui en 2002 des troupes de Jean-Pierre Bemba pour sauver le régime Patassé.

Alors que les préoccupations de monsieur Ziguelé portaient sur l'OPA du congolais Richard Ondoko dont on dit proches de François Bozizé et Sylvain Ndoutingaï, sur l'uranium centrafricain et sur bon nombre de pratiques mafieuses monnaie au département des mines notamment la saisie en octobre de forte somme d'argent et de diamants aux bureaux
d'achats, Ndoutingaï déplace le débat sur un autre terrain.

Le président du MLPC voulait savoir davantage sur l'attribution à tour de bras des permis uranifères à ce congolais qui détient des concessions minières adjacentes à celle d'Uramin à Bakouma par le biais d'Uranio AG, société enregistrée à Bales (Suisse) et que contrôle une autre société d'Ondoko, Lena International.

Les zones en question détenu par Ondoko disposeraient d'au moins deux fois plus de réserves d'uranium que ceux de Bakouma, selon un récent rapport du cabinet de consultants SRK. Mais tout cela se fait de gré à gré sans que l'Assemblée Nationale ne soit au courant.

D'après une source bien informée, afin d'exploiter l'uranate d'Ondoko à Bakouma, la semaine dernière, ses sociétés Uranio AG et Hydro finance ont signé un protocole d'accord pour la fourniture de la zone en 30 MW de courant électrique.

Pour beaucoup d'observateurs sérieux, Sylvain Ndoutingaï tente par des manœuvres dignes des Godobé, termes qualifiant les voyous à Bangui, pour étouffer le scandale de sa gestion opaque des ressources naturelles du pays.

A croire que Ndoutingaï considère les ressources minières du pays comme un bien personnel. Sinon on aurait déjà vu la répercussion de ces contrats dans les assiettes du centrafricain qui croule malheureusement sous la misère criarde et la pauvreté.

Le dialogue politique ne doit-il pas répondre trouver une solution à ce problème?

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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 19:58

18 novembre 2008
Les Afriques

 

Les principaux acteurs de la scène politique centrafricaine – pouvoir, rébellion, opposition et société civile – réunis depuis à Bangui, capitale centrafricaine, dans le cadre du dialogue politique inclusif, ont demandé pardon à leur peuple et plaidé pour un retour à la paix, a rapporté la radio nationale camerounaise.

« Nous sommes en effet réunis ici en pèlerinage de la réconciliation afin qu’il y ait la paix et rien que la paix », a indiqué le président François Bozizé à la session d’ouverture du dialogue.

L’ancien président Ange Félix Patassé a reconnu, pour sa part, que son prédécesseur André Kolingba, son successeur François Bozizé et lui même, avaient leur part de responsabilité dans ce qui s’est passé dans leur pays.

J.A. : L’avenir immédiat nous donnera une très bonne indication sur la sincérité et la véritable responsabilité des ces « repentances » ! Ce sont des actes et non plus des mots volatiles qu’attendent les centrafricains ! C’est là qu’on saura si les repentances n’ont pas simplement servi à justifier les prises de pouvoir à but prédateur, subséquentes au Dialogue. Le Temps nous le dira sans faute.

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16 décembre 2008 2 16 /12 /décembre /2008 21:27

AUX PARTICIPANTS AU DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF
 

Par le Prof. Begong Bodoli Betina

 

 











A Monsieur le Président du Présidium du Dialogue National Inclusif

 

Objet : LETTRE OUVERTE AUX PARTICIPANTS AU DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF

                                                            ***

POUR LA RENAISSANCE DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE



Monsieur le Président du Présidium,
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers compatriotes,

Permettez-moi de saisir l'occasion qui nous est offerte, à nous, Centrafricains, pour vous exposer dans les lignes qui vont suivre mes préoccupations pour notre cher pays. Ces genres d'occasions sont si rares que m'en priver pour partager avec vous, ainsi qu'avec tout le peuple centrafricain mes convictions, serait comme un désintéressement de ma part des questions nationales. En effet, notre pays va mal, très mal. Et mon seul souhait en vous envoyant ces réflexions est de secouer chez chacun de vous votre orgueil, et si ce n'est le cas, au moins votre prise de conscience de la gravité de cette situation.

Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers compatriotes. Avant même de vous exposer mes préoccupations, deux faits m'inquiètent quant au caractère véritablement national de ce dialogue : d'une part la composition des participants et d'autre part la présidence dudit dialogue. En effet, un dialogue national digne de ce nom ne peut être concluant qu'en intégrant toutes les composantes de la nation : la société civile, les travailleurs, les paysans, les ouvriers, les commerçants, les étudiants, les élèves, les chômeurs, les Centrafricains de la diaspora. A propos de ces derniers, il est à souligner qu'on a tendance, chez nous, à ne considérer comme Centrafricains de la diaspora que ceux vivant en Occident. A mon avis, il faut dorénavant compter avec ceux se trouvant en Afrique, singulièrement en Afrique occidentale, dans des pays comme la Côte-d'Ivoire, le Mali, le Sénégal, etc., et qui non seulement sont numériquement considérables, mais qualitativement ont des assises intellectuelles et sociales avérées. Or, à ma connaissance, dans ce dialogue, la société civile n'est que faiblement représentée, et l'on ne note que la présence de l'opposition civile et armée face au pouvoir, ce qui fait craindre une polarisation des débats entre les deux camps, sans un contrepoids neutre et objectif. Quant à la présidence du Présidium, je suis persuadé que seul un Centrafricain, ayant des repères historiques, géographiques, politiques et culturels du pays, serait en mesure non seulement de découvrir mais surtout d'apprécier à leur juste valeur les dits et les non-dits des propos des intervenants. Non pas que je doute de la capacité du Président du Présidium, mais je crains que les débats sur certaines questions ne traînent en longueur parce que le Président voudrait s'informer avant de trancher, ou qu'ils ne soient escamotés parce que le Président, ne disposant de clés nécessaires pour les décoder, préfère respecter son chronogramme au lieu de les approfondir. Enfin, dans le registre des regrets, je tiens à souligner qu'en raison de l'importance de ce Dialogue, et du pourrissement de notre pays, il aurait été profitable de traiter des sujets aussi variés que l'unité nationale, la souveraineté nationale, la bonne gouvernance, l'économie, l'éducation, la santé, la culture, etc., et non se focaliser sur le seul aspect sécuritaire.

Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers compatriotes. Après vous avoir soumis mes réserves, permettez-moi de vous exposer mes convictions sur certaines questions nationales qui, de mon point de vue, font que les Centrafricains ne sont pas visibles dans le monde, ou qui ruinent l'émergence de la République Centrafricaine d'abord en tant qu'Etat, ensuite en tant que nation. Ces points sont les suivants : 1- Les symboles de l'Etat ; 2- La sécurité nationale ; 3- La souveraineté nationale ; 4- L'Unité nationale ; 5- L'Économie ; 6- La culture ; 7- Le tourisme, entre autres. En effet, pour moi, toutes ces questions s'imbriquent et se tiennent. Résoudre certaines et laisser de côté d'autres, comme cela se profile pour ce Dialogue National Inclusif, serait comme tuer le loup et laisser courir les louveteaux.

I. DES SYMBOLES DE L'ÉTAT

Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers compatriotes. La République Centrafricaine est un pays où presque tous les symboles de l'État, s'ils ne sont pas caducs, ont un contour flou qui prête à confusion. Je pense que dans une instance comme le Dialogue National Inclusif, au lieu de nous voiler la face et considérer ces questions comme taboues, il serait temps de les débattre pour les contextualiser et créer ainsi une adéquation entre le peuple et son pays. Car toute ouvre humaine est perfectible. Il serait maladroit, voire dommageable, de continuer à gouverner au XXIème siècle notre pays avec des symboles anachroniques du XXème siècle.

La première de ces questions est le nom du pays : République Centrafricaine. L'identité centrafricaine reste un problème d'actualité. Bon nombre de centrafricains se posent la question de savoir si la Centrafrique que prônait feu le président Barthélemy BOGANDA ne se limitait pas aux frontières actuelles. Or, il parlait plutôt des Etats-Unis d'Afrique Latine qui regrouperaient les pays de l'AEF (l'Afrique Equatoriale Française), le Congo Belge (actuelle République Démocratique du Congo) et l'Angola (pays lusophone). Même si l'idée de baptiser l'Oubangui-Chari en République Centrafricaine a été maintenue malgré le constat d'échec de ce projet, il apparaît aujourd'hui, et depuis toujours, pour la plupart des peuples qui qui se trouvent hors de notre aire géographique, qu'être Centrafricain c'est appartenir à l'Afrique Centrale. Difficile d'identifier le Centrafricain lorsque l'on est à l'extérieur. Il n'est pas rare d'entendre de la bouche des interlocuteurs étrangers lorsque vous vous présentez comme Centrafricain des questions suivantes : êtes-vous Congolais ? Camerounais ? Tchadien ? Gabonais ?, etc. Et lorsque vous répétez que non, vous êtes Centrafricain tout court, ils vous rétorquent : mais Centrafricain de quel pays ? C'est ainsi que la question de cette identité nationale doit être remise à l'ordre du jour. Il est temps de proposer au peuple d'opter par référendum, soit pour l'ancienne appellation « Oubangui » en la mutilant de « Chari » ; seulement, dans notre pays, être Oubanguien c'est habiter le long du fleuve Oubangui ; soit de créer, en tenant compte de notre histoire, de notre position géographique et de nos cultures, une nouvelle dénomination. Dans ce second cas, un appel à propositions devra être lancé, à l'issue duquel une sélection sera opérée pour choisir le nom qui reflèterait le mieux notre idiosyncrasie. Je pense qu'il est nécessaire de relever ce défi de l'identité nationale, à travers le plus grand symbole de l'État qu'est le nom du pays, sans quoi nous courons perpétuellement le risque d'être sans identité remarquable, anonymes, méconnus en tant que peuple différent des autres peuples de l'Afrique Centrale.

La deuxième question est notre hymne national, la Renaissance. Le premier vers de cet hymne est « O Centrafrique, o berceau des bantous ». Je considère que ce vers, en mentionnant expressément le nom « bantou » porte en lui les germes d'une discrimination au plan national. Même s'il faut reconnaître l'antériorité du groupe bantou dans le pays, notamment à travers les pygmées, La République Centrafricaine est un carrefour. Beaucoup de groupes ethniques y ont trouvé refuge en fuyant les négriers et les razzias menées par les arabes. En outre, dans sa partie nord et nord-est, le peuplement dans sa majorité est soudano-sahélien. Faire chanter à un fils de soudano-sahélien, par exemple, un hymne qui fait l'éloge d'un autre groupe ethnique au détriment du sien équivaut à ce que les colons nous ont fait chanter à l'école, à savoir « Nos ancêtres les gaulois ». Au nom de l'égalité entre tous les fils du pays, une révision s'impose pour adapter l'hymne national aux réalités démographiques nationales. Notre pays n'est pas plus bantou que les deux Congo, l'Angola ou même l'Afrique du Sud, qui n'ont pas dans leur hymne cette mention discriminatoire.

La troisième question qui, comme le nom du pays, prête aussi à confusion est le nom totémique des Centrafricains : « Les fauves du bas-Oubangui ». En effet, si dans sa version dans notre langue nationale, le sango, « A bamara ti gbaza-Bangui », il est clair que « bamara » signifie lion, la version française ne respecte pas celle sango, et entretient un flou dans les esprits, comme si aucun Centrafricain n'était capable de traduire le sango en français. Qu'est-ce qu'un fauve ? En définissant une bête fauve, Le Petit Robert nous dit ceci : « Bête sauvage au pelage fauve ». Et il cite comme exemples le lièvre, le cerf et le lion. Cependant, dans le langage moderne, le même dictionnaire définit le fauve de la façon suivante : « Félin de grande taille » et il nous renvoie à « félidés ». Lorsque nous allons à « félidés », après avoir défini ce mot, il en donne quelques exemples : chat, guépard, jaguar, léopard, lion, panthère, tigre, etc. Alors, de tous ces animaux, que sommes-nous ? Des lièvres ? Des chats ? Des lions ? Des panthères ? De même que lorsque nous disons que nous sommes Centrafricains, on nous assimile aux Congolais, aux Tchadiens ou aux Gabonais, de même, lorsque nous-mêmes nous disons fauves, nous entretenons une gigantesque confusion en nous assimilant à la aux lièvres, aux chats ou aux lions. Il est temps que nous nous déterminions clairement par rapport à notre animal totémique et cessions de jouer la rivalité entre ces animaux. Qui sait si ce n'est pas à cause de ces rivalités qu'aucun animal ne nous veuille protéger et que nous n'arrivions plus à enregistrer plus de succès sportif ?

Je me permets de relever le drapeau centrafricain en dernière position parce que, de mon point de vue, c'est le seul symbole de l'État qui est à la fois unificateur et d'actualité. En effet, avec ces cinq couleurs (Bleu, blanc, vert, jaune et barré de rouge), il concentre en lui seul la diversité démographique, la diversité géographique, la diversité climatique, la diversité végétale, la diversité des ressources naturelles, la diversité agricole, et même la diversité linguistique. Dans le drapeau tous les Centrafricains, de quelques origines qu'ils soient, se sentent détenir une portion du pays ou un bien propre au pays. Voilà un symbole digne d'être interprété et enseigné à nos enfants, même si dans sa conception originelle, il reflétait une réalité géographique beaucoup plus vaste que notre quadrilatère. Mais il est heureux de constater que notre pays est un concentré de tous les symboles qui y sont représentés.

II. DE LA SÉCURITÉ NATIONALE

Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers compatriotes. La sécurité nationale constitue un casse-tête face auquel tous les pouvoirs qui se sont succédés dans notre pays ont eu à buter. Mais cette situation n'est pas la conséquence d'un hasard. Elle est due à un certain nombre de dysfonctionnements parmi lesquels je peux citer le mode de conquête du pouvoir, le mode d'exercice du pouvoir et le traitement inégal du peuple par les dirigeants.

En effet, dans notre pays, hormis la première élection du président Ange-Félix Patassé en 1993, toutes les autres conquêtes du pouvoir ont été entachées d'irrégularités, y compris celle de David Dacko en 1960 suite à la disparition tragique de notre président fondateur Barthélemy Boganda. La norme pour accéder au pouvoir en Centrafrique est soit un tripotage électoral, soit un coup d'État, soit un rétablissement au pouvoir par les services spéciaux de l'ex-puissance coloniale, soit enfin, un accompagnement au pouvoir par les forces armées d'un pays frère avec la bénédiction de la même ex-puissance coloniale. Dans ces conditions, le fait de bafouer la voie démocratique de conquête du pouvoir crée des frustrations qui, dès le lendemain de la prise de celui-ci, se transforment en revendications puis en contestations pacifiques ou armées du pouvoir. Fait aggravant, cette situation devient d'autant plus insupportable qu'humiliante lorsque, ces forces armées du pays frère, devenues mercenaires, prennent leurs ordres directement du pays qui les a envoyés et, non seulement piétinent et massacrent le peuple centrafricain, mais négligent les autorités qui les ont appelées à la rescousse. Ce sont là les tristes réalités que vivent, et le peuple centrafricain et les autorités centrafricaines, faisant du pays entier une région d'un pays frère et de la haute autorité nationale un gouverneur de province. Or, tout cet asservissement du pouvoir et du peuple aurait pu être évité si le mode de conquête du pouvoir obéissait aux normes démocratiques.

Mais un des problèmes les plus épineux, qui mettent dos à dos, et nos dirigeants qui accèdent au pouvoir par tripotage électoral, par coup d'État, par voie démocratique ou par parachutage par les forces armées d'un pays frère, est le mode d'exercice du pouvoir. Quand j'étais étudiant, il m'a été donné de suivre le premier discours du président socialiste français François Mitterrand. Dans ce discours, en dépit de ses plusieurs échecs électoraux et des décennies passées dans l'opposition, le nouveau président français a déclaré ceci : « Nous sommes venus pour convaincre, et non pour vaincre ». Dans notre pays, il est lamentable de constater que, même si quelqu'un accède démocratiquement au pouvoir, son objectif principal est de vaincre non seulement l'ancien régime, mais aussi tous les groupes sociopolitiques, ethniques ou régionaux qui ont soutenu de près ou de loin ce régime. En témoignent les destructions de commerces, d'habitations, d'entreprises, y compris d'hôpitaux et d'écoles appartenant aux dignitaires de l'ancien régime ou se situant dans les régions des dignitaires de l'ancien régime. Dans ces conditions, comment voulez-vous que le Centrafricain investisse dans son pays ? Tout pays qui ambitionne de se développer doit d'abord compter sur les investissements de ses propres fils. Or, lorsque non seulement les citoyens d'un pays évitent d'investir chez eux, voire même de construire leur propre maison chez eux, de peur de se retrouver, en cas de changement de régime, du jour au lendemain sans commerce ou sans toit, mais surtout même les hauts dirigeants du pays, conscients de leurs forfaits, préfèrent construire leurs résidences principales dans un pays tiers, nous faisons là face à une crise de confiance dans notre propre pays. Même le pouvoir que nous recherchons, nous ne le faisons pas pour développer le pays mais pour remplir nos poches et, au premier coup de vent, aller rejoindre nos résidences achetées ou construites avec l'argent de la sueur de nos compatriotes sous d'autres cieux. C'est dire que si parfois conquérir le pouvoir est facile parce qu'on a tripoté ou fait un coup d'État, ou qu'on a été parachuté par une force étrangère, l'exercer se révèle trop compliqué. Parce que exercer le pouvoir c'est s'efforcer de satisfaire les besoins de ses concitoyens. Et quiconque parvient à le faire, et essaie de créer autour de lui un consensus sur les questions d'intérêt national, n'a aucune raison de redouter les foudres de ceux-ci s'il perd le pouvoir. Malheureusement, la question d'exercice inique du pouvoir a été moult fois posée et reste toujours d'actualité.

Le dernier problème lié à la sécurité nationale est celui du traitement inégal du peuple. Cette discrimination, qui était peu perceptible dans les deux premières décennies de notre indépendance, a fait une irruption fracassante dans les sphères politiques de notre pays, avec l'accession au pouvoir du général André Kolingba. En effet, alors qu'auparavant on ne parlait dans l'administration centrafricaine que le français et notre langue nationale le sango, et que y parler une langue vernaculaire causait la honte, la langue maternelle du chef de l'État a impudiquement eu droit de cité dans la plupart des services administratifs, y compris dans l'armée, reléguant ainsi les citoyens qui ne savaient pas s'exprimer dans cet idiome en seconde zone. La célérité d'une prestation de service dans l'administration était liée à l'expression du demandeur dans cette langue. Cette pratique, qui a provoqué l'indignation du peuple centrafricain et a été décriée par tous, s'est poursuivie avec le régime du président Ange-Félix Patassé. Avec le régime du général Bozizé, tout semble indiquer qu'elle s'est érigée en règle. Conséquence de cette situation, les autres citoyens se sentent marginalisés donc peu concernés par les problèmes nationaux et, par ricochet, aux questions liées à la sécurité nationale. Dans le même ordre d'idées, on peut souligner la généralisation du népotisme dans tous les régimes précités. Or, chez nous, pouvoir rime avec enrichissement accéléré. Le fait de s'entourer majoritairement de parents, ou de nommer des parents à des postes stratégiques économiquement, politiquement et militairement, signifie les sortir du néant et faire d'eux des multimillionnaires ou des milliardaires sans qu'ils aient à justifier de leur compétence dans ces domaines. De telles promotions ne peuvent avoir que des conséquences fâcheuses sur le patriotisme des concitoyens, les rendant insensibles aux problèmes de sécurité nationale et, parfois, les transformant en « zaraguinas », pour pouvoir gagner autrement ce que l'État ne veut pas leur octroyer méritoirement. On voit donc, à travers ces quelques exemples, que la sécurité nationale n'est pas exclusivement dévolue aux forces de l'ordre et de sécurité. Elle relève aussi, et surtout, des actes que posent les hautes autorités de l'État en bien ou en mal.

III. DE LA SOUVERAINETÉ NATIONALE

Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers compatriotes. S'agissant de la souveraineté nationale, force est de constater que la République Centrafricaine n'en a jamais connu depuis son accession à l'indépendance. En effet, une partie de l'explication de la cause de disparition tragique de notre président fondateur Barthélemy Boganda se trouve dans ses velléités d'indépendance et de souveraineté. Or, en l'éliminant précocement, et en imposant à la République Centrafricaine dès ses premiers pas un jeune homme peu préparé intellectuellement et novice politiquement, en la personne de David Dacko, l'ex-puissance coloniale a annihilé toute prétention à la souveraineté nationale. Elle avait entre ses mains une marionnette, un béni-oui-oui à sa solde, ignorant les intérêts du peuple. Conséquence de cela, dès les premières années de notre indépendance, les Centrafricains considéraient la politique comme un fléau. On les avait initiés à s'en désintéresser. Et ce n'est pas le coup d'État de Bokassa qui arrangera les choses, car en éliminant tous ceux qui pouvaient lui faire de l'ombre, qu'ils soient civils ou militaires, il a semé la panique au sein du peuple centrafricain. Certains hauts cadres civils et militaires ont dû abandonner leurs postes pour devenir de simples cultivateurs afin d'éviter qu'il ne les rencontre sur son chemin. On voit donc que, dans ce contexte de psychose généralisée, parler politique pour développer sa conscience nationale devenait une gageure. Or, la souveraineté nationale n'est pas l'apanage des dirigeants. Dans certaines situations où les autorités d'un pays sont humiliées, c'est le peuple qui se lève pour laver cet affront et refuser sa mise sous tutelle par une puissance étrangère. L'Espagne en constitue un exemple éloquent lorsque tous les espagnols se sont levés pour lutter contre l'occupation de leur pays en 1808 par Napoléon 1er, lequel a forcé le roi Charles IV à abdiquer et a donné la couronne d'Espagne à son frère Joseph Bonaparte. Une émeute sanglante, connue sous le nom de (Dos de Mayo, 2 mai), a marqué le début d'une insurrection qui conduira à bouter dehors l'armée napoléonienne et à restaurer la souveraineté de l'Espagne. Tout près de nous, le soulèvement du général De Gaulle, suivi par la grande majorité des français pour résister contre l'occupation nazie constitue une leçon historique pour tous les peuples du monde. Malheureusement, en République Centrafricaine, tant du côté des autorités que de celui du peuple, nous ne développons pas encore cette fierté nationale qu'est la souveraineté de notre pays. Certains, pour conserver le pouvoir, d'autres, pour le conquérir, font appel à des mercenaires infréquentables qui non seulement pillent nos biens qu'ils acheminent chez eux, mais encore violent sous nos yeux nos femmes et nos filles. Il suffit de lire Le prince de Machiavel pour savoir que le recours à de mercenaires est porteur en soi des difficultés futures d'un régime et aliène la souveraineté d'un pays. Le fait que la plupart de nos pouvoirs ne survivent que grâce aux mercenaires est une sorte d'hypothèque de notre pays aux étrangers et un assujettissement de nos autorités à ceux-ci. Cela correspond à un abandon de souveraineté nationale.

IV. DE L'UNITÉ NATIONALE

Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers compatriotes. Aujourd'hui, l'unité nationale est ébranlée. Elle a cédé la place aux clivages ethno-régionaux. Les différents régimes qui se sont succédés ces dernières années ont utilisé la division comme instrument politique et du pouvoir. On note même, au niveau de la capitale, une occupation des quartiers par provenance ethnique ou régionale. Pire, les langues vernaculaires ont tendance à supplanter le Sango, notre ciment de l'unité nationale dans l'administration. Il est urgent de restaurer l'unité nationale à tout prix. Pour ce faire, je suggère qu'une nouvelle capitale moderne soit édifiée, ou, à défaut, que Bangui soit progressivement détruite et reconstruite selon des normes modernes. Que l'occupation des habitats et des zones urbaines ne se fasse plus en fonction des provenances régionales ou ethniques de nos populations, mais uniquement sur la base de critères objectifs qui doivent être définis. Tout comportement ethno-régional mérite d'être sévèrement sanctionné. Je propose qu'un projet de loi soit soumis à l'Assemblée Nationale à cet effet, et que tout acte népotiste ou ethnocentrique avéré soit passible de lourdes peines. Je pense que le pays doit avoir une association de toutes les compétences de ses fils au pouvoir et non un partage du pouvoir basé sur des intérêts népotistes et sectaires. L'Etat doit plutôt se poser comme un organe de régulation sociopolitique qui facilite la recherche de la cohésion nationale dans un contexte de fragmentation et de désordre où se trouve notre pays aujourd'hui et donc permettre la réalisation de l'unité du peuple.

V. DE L'ÉCONOMIE

Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers compatriotes. Permettez-moi de vous parler maintenant de l'économie, non pas en termes techniques, mais sous son aspect général. Depuis toujours, dans notre pays, on nous parle de l'existence sous notre sol de l'or, de diamants, de l'uranium, du pétrole, du fer, du ciment et j'en passe. Mais de ces ressources nationales, pour celles qui sont déjà ou en cours d'exploitation, le Centrafricain lambda n'en note aucune incidence sur sa vie quotidienne. Or, c'est un secret de polichinelle que d'affirmer que certains pays bien africains ont vu leur PIB renforcé et le niveau de vie de leur population augmenté rien qu'à cause des diamants ou de l'uranium. Sans nous attarder sur « L'Affaire des diamants », plusieurs décennies se sont écoulées depuis lors, tout comme plusieurs régimes se sont succédés, mais les conditions de vie du Centrafricain sont restées les mêmes. Pire, elles se sont aggravées puisque l'espérance de vie du Centrafricain est tombée à trente-neuf ans (39 ans) alors que quelques décennies plus tôt elle était supérieure à ce chiffre. Quant aux ressources qui ne sont pas encore exploitées, qu'attendons-nous pour le faire ? Aujourd'hui, le prix d'un sac de ciment se situe entre treize mille cinq cents (13.500 FCFA) et quatorze mille cinq cents francs CFA (14.500 FCFA). Par moments, il atteint des pics qui vont jusqu'à dix-sept mille (17.000FCFA) ou dix-huit mille francs CFA (18.000 FCFA). Quand on sait que le SMIG dans notre pays est de quinze mille francs CFA (15.000 FCFA), soit moins que l'équivalent d'un sac de ciment, comment voulez-vous qu'un Centrafricain qui ne « rallonge » pas son salaire puisse posséder une maison digne de ce nom ? La plupart de nos concitoyens, même des fonctionnaires, croulent dans des maisons en banco avec des toits en tôles ondulées qui, dès qu'une tornade s'abat sur le pays, se retrouvent avec les oreilles assourdies comme s'il y avait un concert de fanfare sur leur toit. Et on nous dit que nous disposons du ciment non loin de Bangui ! Vous vous rendez compte ? Cet exemple est aussi valable pour le pétrole, le fer et l'or, celui-ci n'étant exploité qu'artisanalement par les trafiquants de tous bords. Je propose, qu'au cours des travaux de ce Dialogue National Inclusif, non seulement il y ait un atelier consacré à l'économie, mais qu'une décision soit prise pour Organiser des Etats Généraux de l'Economie afin d'engager le débat sur le type de croissance idoine de tous les secteurs économiques (primaire, secondaire et tertiaire) susceptibles de porter la croissance du PIB à des niveaux significativement supérieurs aux taux de croissance démographique et ainsi réduire la pauvreté. Je sollicite une attention particulière des participants sur l'agriculture. Savez-vous que notre pays était autosuffisant alimentairement en 1963 ? Il est difficile de savoir ce qu'il en est aujourd'hui. Cela était essentiellement dû à une géographie et une répartition climatique variées et équilibrées. Mais nous ne tirons pas suffisamment profit de cette manne que nous ont léguée nos ancêtres et nous nous focalisons surtout sur les cultures de rente, alors que nous sommes très concurrencés sur ce terrain par les pays industrialisés qui subventionnent leurs agriculteurs. Il est temps de diversifier les cultures et moderniser ce secteur, même si le coton et le café sont les produits d'exportation assez rentables pour notre économie.

VI. DE LA CULTURE

Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers compatriotes. La culture de notre pays est méconnue à l'extérieur. Et pourtant, la République Centrafricaine est un pays aux richesses culturelles multiples et variées. Pourquoi ne pas en faire un espace culturel rayonnant dans la sous-région, en Afrique, voire dans le monde ? Il suffit pour cela d'en avoir la volonté. Par exemple, notre musique n'a pas de lisibilité en Afrique et dans le monde. Comme je l'ai dit plus haut, en parlant de l'identité nationale, lorsque nos musiciens passent sur les radios ou télévisions étrangères, ils sont systématiquement assimilés aux musiciens congolais. En Afrique Centrale, si au début des indépendances, la plupart des musiciens pratiquaient la rumba, aujourd'hui, tous les autres pays ont trouvé leur propre voie, sauf la République Centrafricaine. Le Cameroun a été le premier à s'en démarquer avec la « Makosa » ; le Gabon en a fait de même dans les années quatre-vingt, et le Tchad leur a emboîté le pas tout dernièrement. Inutile de parler des pays de l'Afrique Occidentale comme le Mali, la Côte-d'Ivoire ou le Sénégal, qui ont su se faire une place au soleil musicalement. Pourquoi ne ferions-nous pas autant en relançant et en modernisant nos musiques et danses traditionnelles comme celles des Broto, des Pygmées, des Zandé, des kaba, etc., notamment le yangba-bolo, le gbayora, etc.). A cet effet, pour encourager les musiciens les plus originaux et les plus créatifs, des prix pourraient être créés qui consisteraient en l'octroi de bourses d'études dans des instituts de musicologie les plus réputés au monde. Et il en va de même pour les arts (dessin, art plastique, sculpture, etc.). Quant à la littérature, la République Centrafricaine foisonne d'écrivains qui, faute de maison d'édition, empilent leurs manuscrits dans des tiroirs. Comment expliquer qu'il y ait des dizaines de maisons d'édition au Cameroun, dans les deux Congo, au Gabon et au Tchad, et seule la République Centrafricaine n'en possède pas une seule ? Le rayonnement d'un pays, si les politiques sont défaillants, peut venir de la culture et des sports. Le Cameroun nous en administre quotidiennement une admirable leçon, et nous sommes quasiment les mêmes peuples (les bantous et les soudano-sahéliens). Pourquoi les Centrafricains n'émergent ni culturellement, ni sportivement ? Sommes-nous maudits ? Mais maudits par qui ou par quoi ? Voilà autant de questions que je me pose et que je souhaite, Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers compatriotes, que vous vous les posiez avec moi et qu'au sortir de ce Dialogue National Inclusif, nous retrouvions un nouveau souffle pour inscrire et positionner notre chère patrie parmi les Nations qui comptent.

VII. DU TOURISME

Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers compatriotes. La RCA dispose d'un potentiel touristique d'autant plus enviable que très varié. Sa faune, son avifaune, sa flore, ses chutes, son artisanat, sont d'une variété rare. Même la variété des peuples et des cultures qu'on y trouve constitue en soi des attractions touristiques. En dehors des parcs à animaux existants (Gounda Saint-Floris, Dzanga Ndoki et la réserve spéciale de Dzanga-Sangha), la création de parcs à oiseaux, à papillons, à reptiles (lézards, serpents, tortues, crocodiles, etc.), qui pourront constituer des spécificités du tourisme centrafricain serait d'une grande utilité pour le pays. Pourquoi ne pensons-nous pas à ces choses ? Naturellement, le tourisme va avec la paix. J'espère qu'au sortir de ce Dialogue National Inclusif, une paix durable s'instaurera, entre le pouvoir et nos frères qui ont pris les armes, afin de permettre la réalisation de ce genre d'activités. En outre, et de façon subsidiaire, il est essentiel de créer aussi une atmosphère de paix et de tranquillité propice à cette activité dans tout le pays par la neutralisation à tout prix des « zaraguinas » et des braconniers. Sur le plan administratif, il est important que l'État encourage les particuliers à s'investir dans ce domaine en facilitant les procédures d'autorisation dans le cadre du tourisme. Enfin, et en concertation avec les autres États, envisager la création d'un visa touristique de la CEMAC pour rendre plus larges les offres touristiques.

Monsieur le Président du Présidium, Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, Chers compatriotes, voilà succinctement exposés mes regrets, ainsi que ce que je pense de notre pays, de nos gouvernants, de nous-mêmes, pour que nous puissions nous sortir de l'opprobre dans laquelle nous nous trouvons si longtemps comme si nous nous complaisions dans cette situation. Personne ne viendra secouer le joug de l'esclave à sa place. Par conséquent, personne ne viendra nous octroyer gracieusement notre indépendance, notre souveraineté, notre unité, si nous-mêmes ne sommes pas engagés à le faire. Et pourtant le faire, c'est simplement nous rendre doublement fiers : vis-à-vis de nous-mêmes et vis-à-vis de notre pays.
Pr. B. B. BETINA

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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 21:48

14 décembre 2008
Juliette Abandokwe

 

Le Dialogue Politique soi-disant Inclusif bat son plein à Bangui, avec autour de la table Bozizé, Patassé, Kolingba, et les autres, laborieusement triés sur le volet depuis plusieurs mois. La société civile est sciemment faiblement représentée, et nombreux sont ceux qui ne se font guère d’illusions sur cet enième Dialogue. Depuis quelques jours l’Union des Forces Vives de la Nation demande avec force la démission de François Bozizé.

 

Tous ceux qui voient souffrir le peuple centrafricain de manière exponentielle depuis 2003, ceux qui en ont marre de l’incompétence prédatrice à outrance de Bozizé et ses associés en terme de justice sociale, santé, et sécurité, bref un régime ayant complètement failli à ses responsabilités envers un peuple qui l’a soi-disant légitimement élu en 2005, doivent se demander pourquoi la démission de Bozizé par certains est désapprouvée par d’autres.

 

D’autant plus que la désapprobation vient des acteurs politiques qui ont de très sérieux atouts de leur côté pour la remise à flot d’un navire en pleine perdition. Les intérêts des uns et des autres sont bien sûr toujours présents dans tous les esprits. Mais personne ne vise la perfection. Et il est difficile de voir pire que Bozizé et sa clique.

 

Jean-Jacques Demafouth d’abord, et ensuite Martin Ziguélé, refusent clairement la demande pressante de l’UFVN de voir Bozizé laisser son siège présidentiel dans la précipitation d’une destitution. Et pourtant, les motivations de l’UFVN, «le Président François Bozizé Yangouvonda n’est plus garant de l’unité et de la cohésion nationales à cause de son ‘tribalisme militant’, ‘dominateur’ et ‘conquérant’. » sont parfaitement justifiées, et ce d’ailleurs depuis le début de sont règne.

 

Dans l’absolu, Bozizé n’a jamais été capable de gouverner ce pays si convoité de tous les côtés. Et dans l’absolu aussi, il devrait se retirer sans faire couler le sang, pour laisser la place à des acteurs plus compétents. Car le Centrafrique, malgré une malgouvernance existant déjà avant l’avènement de Bozizé, est devenu carrément un état fantôme sous le règne brutal de ce dernier, qui n’a fait que détruire le peu de ce qui existait avant son arrivée en terme institutionnel et industriel.

 

Néanmoins, le Dialogue Politique Inclusif, entouré d’une volonté générale très forte de non-répétition des dialogues sans suite précédent, n’est pas destiné à éjecter l’un ou l’autre des participants, quel qu’il soit. Malgré une mise sur pied extrêmement laborieuse, surtout à cause du comportement décidément obstructif du Général-Président, le Dialogue vise à apporter des changements en douceur, aussi minimes soient-ils. Car avec un Président pareil, personne ne doit s’attendre à des changements drastiques. Par contre il serait primordial de briser la cristallisation actuelle d’une situation socio-économique et sécuritaire extrêmement catastrophique.

 

Le peuple centrafricain en a marre de la désolation et des violences sans fin. Les mutineries, les pillages, les viols, les assassinats et les massacres perpétrés ces dernières années ont déjà largement dépassé tout ce qu’on a pu imputer à Bokassa, diabolisé à dessein par une classe politique occidentale de plus en plus embarrassée par les secrets dévoilés sur les manigances occidentales sur sol centrafricain.

 

Le but aujourd’hui est donc de passer à un destin plus clément, sans faire couler le sang encore. Car on peut bien se l’imaginer, l’exécution de la destitution de Bozizé ne pourra que se passer dans la poudre à canon et dans le sang, car c’est le seul langage en fin de compte qu’il connaît vraiment. Un Général qui ne connaît que la loi de la jungle, et qui n’a qu’acheter son grade militaire.

 

Le travail à accomplir est incommensurable. Mais l’important est de ne pas mettre la barre trop haute, de viser ne serait-ce que la hauteur d’un trottoir, et enclencher un processus de transition qui pourrait mener à terme, à un véritable changement pour le peuple centrafricain.

 

Surtout, ne chatouillons pas le Général. Il a déjà la gâchette assez facile comme ça !

Et ne soyons pas irréalistes et pressés devant un régime qui bénéficie du soutien de Bongo, Deby, Campaoré et Sarkozy, pour ne citer que ceux-là. Car ces gens-là sont de ceux qui comprennent vite quand on leur explique très longtemps. Le mariage d’amour entre les prédateurs étrangers et les prédateurs locaux ne sera pas éternel…

 

L’Africain est patient. Et une fois de plus je dis que le Temps lui donnera raison.

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 02:27

12 Décembre 2008
Nour Adam
w
ww.dabio.net 

 

Le dialogue inclusif de Bangui en consacrant l’exclusion organisée du FDPC Centrafrique d’Abdoulaye MISKINE, trahit l’ancestrale tradition africaine du dialogue. Il ne respecte pas l’impératif de la participation de tous. Pis encore, malgré les déclarations édulcorées des organisateurs, les couacs du dialogue "inclusif" se multiplient. C'est ainsi qu'à son arrivée en Centrafrique, dimanche soir, Ange Félix Patassé a été conduit à Bouali, ville située à 100 kilomètres au nord de Bangui. Une façon pour Bozizé de rappeler "qui est le patron". 

François Fall, actuellement en mission en République centrafricaine pour y représenter le secrétaire général de l'ONU à Bangui, tente de limiter la portée de cet acte de défiance de Bozizé, destiné à humilier Patassé : " Je crois que cette question a déjà été éclaircie. Je crois qu’il y a eu un tête- à-tête entre le président Patassé et le Président Bozizé en présence du Président Bongo .

Le président gabonais a dénoué lui-même cette question." répond François Fall à africaguinee.com. L'on notera que François Fall  "croit" et se déporte sur Bongo.

Quant à l'absence de l’ancien président Kolimba, officiellement il suit des soins à Paris mais il semble qu’il n’ait pas été suffisamment consulté. La réponse du représentant de l'ONU est encore plus floue. Cette fois, il ne croit pas, il suppose: "Vous savez son parti est représenté au niveau du comité d’organisation. Donc je suppose que le Président Kolimba était informé, mais certainement qu’il se trouve pour des raisons médicales en France. Si nous avons la chance de l’avoir parmi nous avant la fin du dialogue, ce serait une très bonne chose."
Fall cette fois ne croit même plus ! Il suppose…

Dans son Portail Web FDPC Centrafrique, le Général Miskine dément : « les déclarations de François Fall représentant de l'ONU à Bangui selon les quelles "des pourparlers seraient en cours avec le FDPC". Le Général Miskine rappelle que l'absence de son mouvement à Bangui a été savamment orchestrée dans le but d'écarter le mouvement politico - militaire le mieux armée. Un communiqué officiel du FDPC expose : " Les représentants du FDPC ont été invités à ce forum par pli en date du 28 novembre. Il a fallu attendre le 05 décembre pour que l'envoi des billets d'avion leurs soit confirmé. Or le 05 est la date limite d'enregistrement des participants."

Une dépêche AFP confirme les couacs de Bangui en publiant : « "Le président de la République doit démissionner à cause de ses violations répétées de la Constitution qui sont à la source des souffrances du peuple centrafricain", C'est la déclaration de l'UFVN ( groupement des opposants) lu par son coordonnateur, Me Henri Pouzère, devant quelque 200 participants à ce forum ouvert lundi et rassemblant jusqu'au 20 décembre pouvoir, opposition, rébellions et société civile ».( source AFP )
Un message de l'ex-président centrafricain (1981-1993) André Kolingba a aussi été lu par un responsable de son parti (Rassemblement démocratique centrafricain, RDC), membre de l'UFVN. "Nous devons arrêter l'hémorragie aux plans politique, économique et redonner espoir au peuple centrafricain. Je propose donc clairement qu'on aille à une transition politique dont les contours seront définis par vos travaux", a-t-il déclaré.

Enfin et pour le Mouvement FNR du Capitaine KOKATE Joachim : "la méthode tant décriée de régenter tout le processus par des décrets présidentiels a fini par caporaliser totalement la préparation et réduit le contenu du dialogue au souci premier de BOZIZE de désarmer sans procéder au traitement des causes profondes et structurelles de la crise centrafricaine - qui se résument en la mauvaise gouvernance - et, pour Monsieur DEMAFOUTH, au règlement de sa préoccupation unique: l’impunité et sa stratégie du «Fonds de commerce". Et Joachim KOKATE de préciser :

" L’absolutisme présidentiel de BOZIZE l’a conduit, le 2 décembre 2008, à aller lui-même porter la mallette contenant le budget alloué par le GABON au comité d’organisation; entre temps, le Guide libyen a offert au comité une centaine de billet gratuit que BOZIZE gère lui-même…Ces deux comportements aux antipodes de la transparence éclairent du rôle-godillot de ce comité et de la manière où les débats se feront."

Pour plus d’infos sur la chronologie de ce dialogue « inclusif » avorté, vous pouvez visiter le site web FDPC Centrafrique ICI

H. Vario-Nouioua

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 01:24

11 décembre 2008

IRIN

Un conflit armé généralisé risque d’éclater de nouveau en République centrafricaine (RCA) si les pourparlers importants, engagés cette semaine s’éloignent du thème de la démocratisation et de la justice de transition, a averti l’International crisis group (ICG).

« Le régime et les principales forces d’opposition considèrent tous le conflit armé comme le moyen suprême de sortir le pays de la crise, et se préparent à y revenir », a prévenu ICG dans un document directif intitulé « Untangling the Political Dialogue » [Démêler le dialogue politique].

Le Dialogue politique inclusif a été engagé le 8 décembre pour tenter de sortir la RCA d’un cercle vicieux de coups d’Etat, de rébellions et de banditisme qui a valu à ses 4,3 millions d’habitants de compter parmi les populations les plus pauvres de la planète.

Sous la présidence de Pierre Buyoya, ancien président du Burundi, les pourparlers réunissent le gouvernement de la RCA, l’opposition politique, plusieurs groupes rebelles et la société civile.


« Contrairement à presque tous les autres pays d’Afrique subsaharienne, la RCA n’a accompli aucun progrès dans le domaine du développement humain depuis près de trois décennies », a indiqué Brock Boddie du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) sur le site Internet de l’Equipe de partenariat pour le développement humanitaire (HDPT) en RCA.

« Tandis qu’en Afrique, les revenus réels ont été décuplés, en RCA, ils ont stagné. De même, aucune amélioration n’a été observée, en RCA, sur presque tous les indicateurs, qu’ils se rapportent aux domaines de la santé, de l’éducation et de la gouvernance, ou à la facilité de faire des affaires ».

« La crise de développement de la RCA a grandement contribué à semer les germes du conflit », a poursuivi M. Boddie. « Le manque total de possibilités économiques et de services sociaux [a] alimenté les rébellions dans le nord du pays. Quelque 300 000 Centrafricains, selon les  estimations, ont donc été contraints de fuir : 198 000 ont été déplacés à l’intérieur de leur propre pays, et quelque 102 000 se sont réfugiés au Tchad, au Cameroun et au Soudan voisins ».

Selon ICG, « une démocratisation et une réforme publique réelles semblent néanmoins possibles si toutes les parties parviennent à résister à la tentation [de s’éloigner du sujet] et à régler leurs différends de manière consensuelle, mais le dialogue politique doit être recentré sur l’organisation des élections de 2010 et la négociation d’un mécanisme crédible de justice transitionnelle ».

« Pour éviter un nouveau changement de régime violent, le gouvernement devrait également achever de réformer le secteur de la sécurité, notamment en assurant l’intégration équitable des anciens rebelles dans les services de sécurité », a averti ICG.

La cellule de réflexion a également pris la communauté internationale à partie pour son « immobilisme sur la question de la démocratie en RCA [et son] empressement à baisser les bras au sujet de la réconciliation en échange d’un simple désarmement. Il est certain qu’en faisant des concessions inconditionnelles en faveur des chefs rebelles, sans rien exiger d’autre, de leur part, qu’un semblant de légalité, ils encouragent de facto de nouvelles insurrections ».

Dans un message à l’attention des participants au dialogue, Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations Unies, a reconnu que le chemin vers la réconciliation serait pavé d’embûches.

« Les deux prochaines semaines exigeront d’énormes efforts, ainsi qu’un sentiment de compromis et de sacrifice de la part de tous les participants », a-t-il dit.

« En assistant à ce dialogue, vous avez placé l’intérêt de la nation et du peuple de la République centrafricaine avant tout autre. C’est encourageant, et cela prouve que vous êtes déterminés à régler vos différends par le biais du dialogue, et non de la violence », a-t-il ajouté.

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12 décembre 2008 5 12 /12 /décembre /2008 01:19

11 décembre 2008

Sébastien Lamba/ACAP

 

Le Président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH), Me Nganatouwa Goungaye Wanfiyo, s'est déclaré, jeudi, favorable à une transition politique pour régler la crise de légitimité entre le gouvernement et la population. 

Maître Goungaye réagissait ainsi, en marge des travaux du Dialogue Politique Inclusif (DPI), à la publication par le PNUD du rapport sur le développement humain qui laisse apparaître que « 83% de la population centrafricaine ne fait aucune confiance au gouvernement pour régler ses problèmes » .

« Je partage le point de vue de l’ancien Président de la République, André Kolingba, sur la transition politique au sortir du Dialogue Politique Inclusif », a déclaré le président de la LCDH, qui a toutefois désapprouvé la demande de démission du président Bozizé formulée la veille par l'Union des forces vives de la nation (UFVN, opposition démocratique) dans le cadre du DPI.

« Demander aujourd’hui à ce que Bozizé démissionne, je ne suis pas d’accord, parce que je crois qu’il haut être raisonnable. Il est élu, il va continuer son mandat jusqu'à terme », a-t-il affirmé, ajoutant craindre qu'on se retrouve à nouveau dans la crise, en l'absence d'une transition politique.

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 15:14

5 décembre 2008

Centrafrique Presse

 

La FIDH publie aujourd’hui un rapport d’enquête sur la situation des droits de l’Homme en République centrafricaine (RCA) intitulé, « Déjà-vu : d(é)s accords pour la paix au détriment des victimes ». Ce rapport est rendu public alors qu’un nouveau Dialogue politique va s’ouvrir demain en République centrafricaine (RCA) entre les différents protagonistes du conflit qui sévit depuis trois ans dans le nord du pays et que la Cour pénale internationale (CPI) s’apprête à tenir une audience pour confirmer les charges retenues contre Jean-Pierre Bemba pour les crimes présumés commis en 2002/2003 en RCA par celui-ci et les hommes placés sous sa responsabilité. Le rapport insiste sur le fait que ce Dialogue politique, s’ouvre sur fond de combats encore récents entre les Forces armées centrafricaines et les groupes rebelles dans le nord du pays avec leur lot de graves violations des droits de l’Homme. L’insécurité physique et économique des populations civiles dans le nord du pays est totale du fait des exactions commises par l’ensemble des belligérants.


Le rapport démontre que si les Forces armées centrafricaines (FACA) ont cessé la pratique de la terre brûlée, certains de ses éléments sont toujours responsables d’exécutions sommaires de civils, d’extorsion de fonds et d’arrestations arbitraires. En outre, plusieurs sources concordantes font état de détentions arbitraires, d’actes de torture et de mauvais traitements à l’égard de présumés rebelles perpétrés par les forces de sécurité centrafricaines dans les centres de détention.


Par ailleurs, certains rebelles de l’Armée populaire pour la restauration de la République et la démocratie (APRD) se rendent également coupables d’exécutions arbitraires de civils, suite à des jugements expéditifs rendus par des tribunaux d’exception, de crimes sexuels, d’enlèvements et de pillages.


Contrairement aux déclarations publiques des autorités centrafricaines, notamment du président Bozizé, les éléments des FACA qui ont commis de graves violations des droits de l’Homme demeurent pour la plupart impunis. Même si la loi d’amnistie générale, adoptée le 29 septembre 2008, exclut les crimes internationaux, le rapport de la FIDH stigmatise une nouvelle fois l’absence de volonté et de capacité des juridictions centrafricaines de juger les auteurs de ces crimes. Sans l’intervention de la CPI sur les crimes commis depuis 2005 dans ce pays, les victimes ne pourront pas exercer leur droit à un recours juste et équitable.


En 15 ans, les accords de paix et amnisties ont laissé la place à trois dialogues politiques. Pourtant les acteurs des dialogues passés sont les protagonistes des conflits d’aujourd’hui. Les multiples déclarations d’intention en faveur de la paix n’ont jamais été suivies d’effets par manque de volonté politique et l’absence d’un soutien continu de la communauté internationale.


La recherche d’une paix durable restera fragile en RCA tant que celle-ci se fera au mépris des victimes et des réformes politiques nécessaires : respect des libertés fondamentales, reconstruction de l’Etat de droit, lutte contre l’impunité, lutte contre la corruption, consolidation d’un tissu économique et social fort.

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 06:55

10 décembre 2008

ACAP

 

Des opposants dénoncent un silence imposé

 

Des partis de l'opposition centrafricaine, regroupés dans l'Union des forces vives de la Nation (UFVN), ont protesté mardi contre le silence imposé, selon eux, à leurs représentants à l'ouverture, lundi à Bangui, du "Dialogue politique inclusif" pour la paix en Centrafrique.

 

Les participants à ce forum rassemblant jusqu'au 20 décembre pouvoir, opposition, rébellions et société civile, devront examiner cette protestation soumise par l'UFVN, a expliqué à l'AFP Gabriel Koyambounou, délégué au Dialogue du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC), fondé par l'ex-président Ange-Félix Patassé.

 

Selon lui, l'UFVN, dont le MLPC est membre, était censée s'exprimer mais a été privée de parole lors de la cérémonie d'ouverture en présence de 500 personnes, dont le président centrafricain François Bozizé et son homologue gabonais Omar Bongo Ondimba, médiateur pour la paix en Centrafrique.

 

Le Rassemblement démocratique centrafricain (RDC) de l'ex-président André Kolingba, également membre de la coalition, a de son côté adressé une lettre officielle de protestation dans le même sens à l'ex-chef de l'Etat burundais Pierre Buyoya, qui préside le forum.

 

"Notre surprise fut grande de réaliser qu'à l'ouverture de ce Dialogue, le président Bozizé a donné la parole à tout le monde sauf à l'ancien chef d'Etat André Kolingba et à l'opposition démocratique représentée par l'UFVN", écrit le secrétaire général du RDC, Pascal Koya Méné, dans cette lettre dont l'AFP a obtenu copie.

 

Selon M. Koya Méné, également porte-parole de l'UFVN, le parti n'a pas réagi immédiatement "par respect pour le doyen des chefs d'Etat, le président du Gabon", mais exprime sa "vive protestation" au président du Dialogue, dénonçant "une politique d'exclusion" du pouvoir.

 

Plusieurs personnalités, dont l'ex-président Patassé, des dirigeants de rébellions et MM. Bozizé et Bongo, se sont exprimées lors de la cérémonie d'ouverture du Dialogue, mais aucun responsable de parti politique - opposition comme majorité - n'a pris la parole, selon un journaliste de l'AFP.

 

Mardi après-midi, Pierre Buyoya a indiqué avoir pris bonne note des protestations de ces partis qui pourront selon lui "délivrer leurs messages" mercredi à la reprise des travaux.

Le programme initialement prévu n'a pu être respecté jusqu'ici, notamment à cause d'une affluence inattendue de participants, selon les organisateurs.

 

"Certaines entités ont envoyé plus de participants que (les 200) prévus. Nous allons (leur) donner un peu de temps" pour se conformer à leurs quotas, a expliqué à l'AFP le ministre de la Communication, Cyriaque Gonda, coordonnateur du Dialogue.

 

Ce forum est censé permettre à la Centrafrique de sortir d'une crise et de rébellions qui la déstabilisent depuis plusieurs années, notamment depuis l'élection en 2005 de M. Bozizé, qui avait renversé deux ans plus tôt M. Patassé.

 

Outre des difficultés financières et sociales, le pays est en proie, surtout dans le Nord, à des exactions de rebelles, "coupeurs de routes" et militaires gouvernementaux.

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