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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 01:03

26 décembre 2012
Blog de Joel Didier Engo


Personne ne versera une larme dans l’hypothèse d’un renversement du général Bozizé par une rébellion armée en République centrafricaine (RCA).

http://img.over-blog.com/600x400/1/81/85/96/19/20/22/23/24/general-francois-Yangouvonda-Bozize.jpgEn effet le tyran Bozizé est l’ancien aide de camp de l’empereur décervelé Bokassa 1er. Devenu lui-même Président à la faveur d’une rébellion armée contre le régime d’Ange Félix Patassé, il ne jouit depuis d’aucune réelle légitimité politique (à l’exception de celle que lui confèrent ses parodies électorales à répétition). Petit à petit il a surtout replongé ce pays pauvre dans une gouvernance crapuleuse et familiale… digne des pires années de la présidence de Jean Bedel Bokassa, son vrai maître spirituel.

Et se voit aujourd’hui menacé de destitution par une rébellion qui ne rencontre en réalité aucune résistance armée ou civile sur son passage, avec comme porte-parole Eric Massi, le fils de l’ancien opposant Charles Massi, que le Tchad avait précisément livré à la Centrafrique il y a trois ans (porté disparu depuis, plus vraisemblablement mort sous la torture).

Alors pourquoi la France devrait-elle sauver le tyran Bozizé?

Aucune raison objective et stratégique ne milite en ce sens. Notre pays a, en tous points, raison de laisser Bozizé se dépêtrer face à une rébellion qu’il aurait pu circonscrire, si seulement il avait opté après son coup d’État, pour un fonctionnement démocratique des institutions de son pays. Souhaitons d’ailleurs que cet épisode serve (enfin) de leçon à tous ses homologues de la sous-région d’Afrique centrale (Cameroun, Tchad, Congo Brazzaville, Gabon); eux qui se cramponnent indéfiniment au pouvoir en tripatouillant sans cesse les constitutions, et en réprimant systématiquement leurs vrais opposants.

Mais bon, faut pas trop rêver! Jusqu’à l’éviction, chaque dictateur reste convaincu dans son for intérieur que les rébellions et autres «révolutions» sont des «malheurs» qui n’arrivent qu’aux autres.

Aveuglement totalitaire oblige!

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 03:50

8 décembre 2012
Source: Le Confident



Bozizé partira, partira pas.....?

Arrivé au pouvoir, l’homme du 15 mars 2003 organisait le dialogue national non seulement pour tenir la promesse mais surtout pour avoir la caution nécessaire pour se présenter aux élections présidentielles de 2005 afin de légitimer son pouvoir

La politique dit-on est l’acte d’hypocrisie et de ruse. Hier le Général François Bozizé dans la rébellion faisait du dialogue l’une de ses exigences parce que son prédécesseur Ange Félix Patassé ne voulait pas s’asseoir avec ses compatriotes autour d’une table pour trouver des solutions à la détérioration de situation sociopolitique et économique. 

L’appétit venant en mangeant, il parvint avec la bénédiction de la Cour Constitutionnelle et l’Assemblée Nationale a contourné la résolution politique du vide constitutionnel causé par le retard accusé dans les préparatifs et l’organisation des élections groupées de 2010. 


Finalement les résultats des élections de 2011 qui donnaient gagnant au premier tour avec une majorité parlementaire écrasante furent contestés à cause des fraudes massives et des irrégularités. 


Des signes qui ne trompent pas 

Durant son premier mandat, le Général –Président François Bozizé tirant les leçons du bras de fer avec le Conseil National de Transition (CNT) n’a pas hésité à mettre à contribution la Cour constitutionnelle pour empêcher Charles Massi, Jean-Paul Ngoupandé, Abdou Karim Mackassoua et Emilie Béatrice Epaye qui ont servi le pays en qualité de membres du gouvernement de regagner leur siège au Parlement. 


En 2011, le locataire du Palais de la Renaissance qui a des ambitions a transgressé l’accord politique pour une seconde fois en apportant son soutien qu’aux candidats du KNK aux législatives. 

Une manière de se passer de ses partenaires politiques dans la réalisation de la pérennisation de son règne. 
Au fur et à mesure que le temps passe, son intention de confisquer le pouvoir se précise. C’est ainsi que la tentative de récupérer le troisième atelier destiné à la révision du code électoral, procéder à la révision constitutionnelle va échouer à cause de la vigilance de l’opposition. Ce document serait selon l’opposition politique, retouche d’une manière unilatérale par le pouvoir. 

De même, la rencontre qu’aurait organisé le maître de Bangui avec des généraux au cours de laquelle, il aurait tenté sans succès de les convaincre sur la nécessité de ne pas abandonné leur "pétrole" aux civils constitue des signes qui ne trompent pas. 

Actuellement l’homme fort de Bangui est convaincu qu’en organisant le dialogue, les personnalités de la société civile ainsi que celles de l’opposition démocratique risquent de faire échouer son projet de réviser la constitution pour se présenter autant de fois qu’il voudra. 

Le schéma qu’il compte utiliser demeure le même que celui de 2005 qui consiste à multiplier des manifestations pacifiques financières à grands frais pour prouver à la communauté nationale et internationale que le peuple souhaite qu’il poursuive sa mission. 

Pour réussir ce scénario, le Président Bozizé doit commencer dès aujourd’hui multiplier les recettes en vie d’étouffer les courants qui naissent au sein de son parti, de son clan ainsi que de la majorité présidentielle et parlementaire et qui militent contre sa volonté d’être candidat à sa propre succession en 2016. 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Centrafrique
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15 novembre 2012 4 15 /11 /novembre /2012 18:39

15 novembre 2012
Clément De Boutet-M'Bamba

 

« LE CHIEN EST PARTI, IL RESTE LES CHIOTS » 

 Inscription sur une pancarte des manifestants devant le monument  Boganda, Bangui 20 Septembre 1979

 

Détours de l’histoire

  

Construit par la société yougoslave Energoproject dans la dynamique de la victoire des fauves au Championnat d’Afrique de Basket-Ball de 1974, inspiré par François Pehoua, le stade omnisport de Bangui n’abrita jamais  de compétition sportive majeure.

Confisqué  indûment pour les pitreries  de l’autocouronnement du 04 décembre 1977, il devint, aux lendemains de « l’opération Barracuda », pour nombre de Banguissois, un défouloir comme pour dire enfin ce qu’ils pensent de ce qui fut appelé « la bouffonnerie du siècle. »

De 1979 à 2012, le squelette de l’édifice en déshérence, subit les outrages du temps et des maraudeurs. 

C’est à la faveur du tournoi qualificatif de la zone 4 pour l’Afrobasket 2013,  qu’il fut rénové et renoua avec sa destination originelle. (1)


Ye so ala lingbi ti inga
(2)

D’où vient cette idée saugrenue de baptiser ce monument dédié à la jeunesse « omnisport Jean Bedel Bokassa » (3) ? Celui-là, en guise de modèle ?
Ses forfaits sont pourtant légion.

Citons celui rapporté par Didier Bigo : «Tout au long des quatorze ans, nous n'assisterons pas à une militarisation des rapports sociaux, mais, tout au contraire à une [civilisation de l'armée] : celle-ci n'ayant plus aucun rôle, aucune fonction, sinon celle de main-d’œuvre corvéable à merci pour les plantations personnelles de Bokassa à Béréngo.

Seulement dans le cas Centrafricain, le procès nous a appris, par l'intermédiaire de Moyama Clément, intendant militaire, que Bokassa avait pris une série de décisions intégrant nombres des membres de sa famille dans les forces armées Centrafricaines. Cela va des nourrissons jusqu'aux grands garçons, en passant par des sœurs ou des tantes, comme il l'a reconnu dans un fou rire. Ainsi, certains nourrissons, nommés immédiatement soldats de deuxième classe, devenaient caporaux-chefs à l'âge de quatre ans, et étaient payés en conséquence, soit, pour la famille, près de quatre millions de FCFA... 
» (4) Modèle de probité ?

L’odieux assassinat des bébés, les jumeaux MEYA. Amour de la jeunesse centrafricaine ? Dans un de ses discours, il leur garantissait la mort : « mon gnon mènè mbi kè gnon ; …yè ti guangou àkè wara ala, dondo mama ti ala na asoviétique ni,
tongana ala gui mbi, mbi yéké ti na ndo ti ala  etc. ». (5) Ces événements ne sont donc pas le produit d’un dérapage. 

Partout, dans le périmètre du complexe omnisport, veille la mémoire des Martyrs : lycée, avenue, stèle nous rappellent leur sacrifice. Voici que  leur bourreau est convoqué à se fondre au milieu du cercle des Innocents, ceux qui, dans un élan vaillant ont brisé la tyrannie, sa tyrannie !

Bokassa a été jugé et condamné de manière équitable au moment où ses équivalents européens, les époux Ceausescu, eux, l’étaient de manière expéditive avec une exécution sommaire à la clé.
Bokassa a été jugé et condamné. Seul. Ainsi en avait été décidé par la justice centrafricaine. La roumaine a choisi un chemin différent.

Soit.

La décision est définitive. Elle a l’autorité de la chose jugée et n’a fait l’objet d’aucun recours, ni en cassation, ni en révision. Elle fait partie du patrimoine historique centrafricain, africain et mondial.

Le pire qui puisse à présent arriver est que Bozizé se prenne pour un vrai chef d’état… (6)

Célébrer un criminel, le vanter,  revient, in fine,  à faire l’apologie de ses crimes. Impensable pour le gouvernement de la République ! C’est comme si l’Allemagne de Merkel réhabilitait Hilter. Que le Tchad de Dédy-Itno réhabilitait Habré ou l’Ouganda de Museveni, Amin Dada. 

Nous avions entendu sur les ondes de France 2, le 23 janvier 2011 ces propos singuliers (7) :

« On l’a réhabilité pour essayer de faire la propreté dans nos pensées…pour donner l’idée de réconciliation nationale. »

« …La propreté dans nos pensées… » ? Comme si le linceul blanc des innocents n’était pas maculé de sang, du sang  de couleur rouge comme celui du drapeau centrafricain, symbole de celui de nos ancêtres «Longtemps soumis, longtemps brimé par tous»!

« L’idée de réconciliation nationale » ? Tout pour Bokassa, rien pour les victimes. Une réconciliation de dupes. Les Banza, Mbongo, Mandaba, Kengueleoua, Obrou, Meya, Maleyambo, Dejean, Izamo, Mounoumbaye, etc.  Leurs ayant-droit, les Dondra, la liste est longue, extra-longue.

Le « Réhabilitateur-en-Chef » devrait avoir le courage de ses actes et mener son raisonnement à terme. Par Le décret du 30 novembre 2010, Jean Bedel Bokassa est réhabilité et rétabli dans tous ses droits. Le plus grand de ceux-ci est le statut d’Empereur. En conséquence il  y aura lieu de restaurer la Constitution Impériale du 4 décembre 1976.

L’empire restauré, un Bokassa sera remis sur le trône à Béréngo et le « Réhabilitateur-en-Chef » deviendrait ainsi Président du Gouvernement à Bangui et… le rester ad vitam-aeternam. Pour lui, plus de souci de modification constitutionnelle.

S’il en reste qu’un, je serais celui-là!
  (8)

Pour lors, je me suis juré de ne pas mettre le pied dans le complexe omnisport tant qu’il portera le nom de ce criminel.

Ce lieu pourrait simplement se dénommer : « Complexe omnisport de Bangui » comme le fut le Stade Olympique en son temps avant de devenir Stade Barthelemy Boganda ou encore le « Stade Municipal ».
J’invite tous les centrafricains à en faire de même malgré notre passion pour le sport, pour nos sportifs et notre amour pour notre pays.

Prenons exemple sur ce jeune ingénieur de l’époque, Pockomandji SONY, dont la bravoure a traversé les âges et le temps pour arriver à nous aujourd’hui et qui avait refusé de participer à une compétition dans l’enceinte de ce gymnase à Bangui car il avait servi de salle de tribunal dans l’affaire Obrou. (9)

En réaction, Bokassa lui avait intenté un procès cousu de fil blanc sous le fumeux prétexte de trahison. Il comparut devant un tribunal militaire dont le procureur  était l’actuel général Yangongo. 

J’exhorte les Centrafricains non seulement à boycotter le Complexe Omnisport Jean Bedel Bokassa mais aussi à faire barrage à l’autre projet immonde qui dort dans les tiroirs du « Réhabilitateur-en-Chef » qui est celui de dénommer l’Université de Bangui du nom de… Jean Bedel Bokassa alors que la précédente administration universitaire avait évoqué celui d’Abel GOUMBA, retoqué par le « Réhabilitateur-en-Chef ».

Soyons sur nos gardes : « LE CHIEN EST PARTI, IL RESTE LES CHIOTS », l’empire n’a pas été renversé le 20 septembre 1979. (10)





(1)
 à l’occasion de cette rénovation expresse, j’avais publié un communiqué pour féliciter le bureau de la FCBB pour cet exploit et ai appelé à ce que cette rénovation soit poursuivie après le tournoi.


(2)
 Ce que vous devez savoir en Opposition à « Ce que nous devons savoir » émission Radiophonique à la réputation sulfureuse. « Le vous devez savoir » est ici adressé à ceux qui ont pris cette abjecte décision.


(3)
in
Le Confident n° 3088 du 12.11.12.


(4) in Pouvoir et Obéissance en Centrafrique, Didier Bigo, Editions Karthala-Mai 1989, ISBN : 2-86537-213-8, Page 83.

(5)
Extrait d’un discours prononcé par Jean Bedel Bokassa lors des évènements de Janvier et Avril 1979 :
http://www.youtube.com/watch?v=UQiJl7e2hfU

  • « mon gnon mènè mbi kè gnon » : Tu bois du sang, je boirai du sang et qui peut aussi être traduit par : si tu veux du sang, tu auras du sang ;
  • «  tongana ala gui mbi, mbi yéké ti na ndo ti ala » : Si vous me provoquer, je vais me déchaîner, me défouler sur vous.
  • «yè ti guangou àkè wara ala » : Ma (la) Riposte sera rude ;
  • « dondo mama ti ala na asoviétique ni.. » : Grossièreté que je me refuse de traduire car relative à la femme. Celle-ci est considérée comme une insulte au sommet de la pyramide des insanités.


(6)
 Editorial de Francis Laloupo, Afrique-Asie n°136, avril 2003.


(7)
 Propos tenus à Bangui  le 23.01.11 alors qu’il s’apprêtait à voter et diffuser par la chaîne de télévision française France 2 dans le cadre de l’émission « Complément d’enquête : Nos amis les dictateurs : La Nostalgie Bokassa ». Paris 14 février 2011.


(8)
 Sous-titre emprunté à « Ultima verba » in Les Châtiments, Victor Hugo.

(9)
 le 3 février 1976, alors qu’il s’apprête à embarquer de l’aéroport de Bangui pour Ndélé, Jean Bedel Bokassa est victime d’une tentative de coup-d ‘état sur initiative du Commandant Fidèle Obrou. Cette tentative échoua. Puis un procès expéditif est organisé et une condamnation à mort suivit de l’exécution est prononcée pour :

  • Fidèle Obrou,
  • Martin Meya
  • Robert Zatao
  • Barthélémy Gandjia
  • Pierre Faustin Maleyombo
  • François Kossi
  • N’diaye Moussa
  • Marc Antoine Caldo


(10)
 « J’ai pris la décision de rétablir la République Centrafricaine et de vous appeler officiellement à vous unir à moi pour renverser la monarchie de Bokassa
» David Dacko, Bangui 20 septembre 1979.

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12 novembre 2012 1 12 /11 /novembre /2012 13:38

10 novembre 2012
Clément De Boutet-M'Bamba


La RCA, un éternel recommencement: ce pays où l'histoire est vide de sens.

 

Propos généraux

L’avant-projet de la Loi des Finances 2013 comporte les dispositions suivantes (1) :

Proposition 1
 : « Tout citoyen centrafricain âgé de 18 à 64 ans, à l’exclusion des élèves et étudiants, non soumis  à  l’un quelconque des Impôts prévus par le Code Général des Impôts est astreint au paiement d’une « contribution citoyenne » d’un montant de 10.000 Fcfa. Un arrêté du ministre en charge des finances et du budget fixera les modalités de perception. »

Proposition 2
 : « Tout citoyen centrafricain âgé de 18 à 59 ans, résident sur le territoire national est astreint au paiement d’une contribution dite « contribution citoyenne » d’un montant annuel forfaitaire suivant les tranches d’âge ci-après, à l’exclusion des fonctionnaires et agents de l’Etat, assujettis aux impôts prévus par le Code Général des Impôts, des élèves et étudiants.

     - 18 à 39 ans : 5000 Fcfa
     - 40 à 59 ans : 3000 Fcfa

Un arrêté du ministre en charge des finances et du budget fixera les modalités de perception »

Proposition 3
 : « Tout citoyen centrafricain âgé de 18 à 64 ans, résidant sur le territoire national est astreint au paiement d’une contribution dite « contribution citoyenne » d’un montant annuel forfaitaire suivant les tranches d’âge ci-après, à l’exclusion de fonctionnaires et agents de l’Etat assujettis aux impôts prévus par le Code Général des Impôts, des élèves et étudiants.

     - 18 à 39 ans : 1500 Fcfa
     - 40 à 64 ans : 1000 Fcfa

Un arrêté du ministre en charge des finances et du budget fixera les modalités de perception 
».

La « Contribution Citoyenne », une trouvaille d’outre-tombe que le gouvernement a de la peine à finaliser laissant à l’assemblée nationale le soin de trancher. Curieuse démarche quand on sait  que l’assiette fiscale est variable. 


Fiscalité-Fiction

Il apparaît, sur la foi du recensement général de la population de décembre 2003 réactualisé en 2008 que, la structure démographique de la population centrafricaine se répartit comme suit(2) :

     - 0 à 14 ans :        41,9 % soit  1.885.500 personnes
     - 15 à  64 ans :         53,9 % soit  2.425.500 personnes
     - 65 ans et plus :        4,2 % soit 189.000 personnes

Si l’on prend en compte les catégories non concernées par le projet de restauration de l’Impôt per capita version 2013, on peut dire que celui-ci concernerait environ deux millions (2.000.000) de personnes.  Une fois  l’estimation démographique effectuée, cet impôt générerait :

Ø 
Proposition 1 : Vingt milliards de Fcfa (20.000.000.000 Fcfa)

Ø 
Proposition 2 : Neuf milliards de Fcfa (9.000.000.000 Fcfa)
     - 18 à 39 ans : Sept milliards cinq cents millions de Fcfa (7.500.000.000 Fcfa)
     -
40 à 59 ans : Un milliard cinq cents millions de Fcfa (1.500.000.000 Fcfa)

Ø 
Proposition 3 : Deux milliards huit cents cinquante millions de Fcfa
     - 18 à 39 ans : Deux milliards deux cents cinquante millions de Fcfa (2.250.000.000 Fcfa)
     -
40 à 64 ans : Six cents millions de Fcfa (600.000.000 Fcfa).

La fourchette est élastique ! On « comprend » dès lors que le gouvernement qui, dans ses attributions fixe  « …la nature, le montant et l'affectation des ressources et des charges de l'Etat pour l’exercice déterminé compte tenu d'un équilibre économique et financier qu'elles définissent. » se défausse.


Un impôt inique

La « Contribution Citoyenne »  rappelle étrangement l’Impôt Personnel Numérique (IPN). Celui-ci concernait tous les hommes à partir de 18 ans excepté les chefs de familles de trois enfants minimum. Chaque contribuable devait payer 2000 Fcfa pour l’IPN auquel s’ajoutait une TA (Taxe additionnelle) de 1500 Fcfa. 

En 1993 il a rapporté Cinq cents millions de Fcfa (500.000.000 Fcfa) à l’Etat centrafricain alors que son assiette théorique était d’environ Un milliard trois cents millions de Fcfa (1.3000.000.000 Fcfa). 

Qui plus est que « Le coût des contrôles (ou de la répression) était bien élevé pour recouvrir des sommes dans chaque cas très faibles » (3)
. Cet impôt, de sinistre mémoire était par-dessus tout inique, d’où une impopularité proverbiale.

L'autorité coloniale avait mis en place un vaste programme d'exploitation des territoires conquis. L’objectif se résumait en l’exploitation éhontée des colonisés au bénéfice des intérêts économiques, politiques et sociaux du colonisateur. Il prenait appui sur deux bases, le travail forcé et une fiscalité arbitraire car non assise sur les revenus : l’impôt per capita.

Si le travail forcé a été aboli en 1946 par la loi Houphouët-Boigny (*), tout au moins dans le texte, l’impôt per capita connut de beaux jours dans l’Afrique postcoloniale et en République Centrafrique rebaptisé Impôt Personnel Numérique.

Jusqu’en 1993 année de sa suppression deux mois après le changement d’Octobre, près de 96% de la population active centrafricaine était assujettie à l’Impôt Personnel Numérique avec les tracasseries des forces de l’ordre et de la justice, une condamnation de trois à six mois pouvait être infligé au contrevenant, la délation…et la misère puisque vivant au dessous du seuil de subsistance.

C’est en cela que réside l’iniquité combien de fois dénoncée de cet impôt.

« Une culture de rente dont les revenue était censé assurer le paiement de l’impôt, le coton, était imposée. En 1936 l’impôt était de 20 F, le kilo de coton-graine valait 0,60 F et les femmes adultes y étaient assujetties.

« C’est donc pour une famille 67 kilos de coton qu’il fallait produire pour s’acquitter des impôts. les rendements étaient très bas, de l’ordre de 200 kg/ha et la superficie obligatoire pour chaque famille était d’une corde, c’est-à- dire une parcelle carrée dont le côté était mesuré par une corde de 70 mètres, soit une superficie de 0,5 hectares. Dans ces conditions, la plus grande partie de la récolte était nécessaire pour couvrir l’impôt qui était d’ailleurs perçu le jour du paiement de la collecte
. » (4).

Peu ou prou de changements après le 13 aout 1960, le taux de paupérisation des Centrafricains se maintenait, s’accélérait même.


Une réalité sociale dramatique : Chômage, sous-emploi, pauvreté extrême

Avec une population active estimée à 2.425.000 personnes soit 53% de sa population globale, la République Centrafrique abrite derrière les chiffres et les statistiques, une réalité sociale néandertalienne. Si le taux de chômage officiel était de 8% en 2001, il est passé à 20,6% en 2012 sans compter le taux de sous-emploi en fait du chômage déguisé.

Si l’on considère les critères d’éligibilité à l’IPN pour calculer le taux de chômage réel, celui où la précarité professionnelle est incluse en ayant à l’esprit que 90% des emplois en Centrafrique proviennent de l’informel, on a les réalités suivantes :
     - Environ 30.000 fonctionnaires soit  1,2% de la population active ;
     - Environ 55.000 salariés du privé (personnes ayant un salaire régulier et mensuel) soit 2,2% de la population active ;
     - Environ 2.170.500 personnes relevant du domaine agricole soit 86,1% de la population active ;
     - Environ 254.500 personnes sans activité soit 10,5% de la population active ;

 

Force est de constater :

     - D’une part ceux qui disposent d’une stabilité professionnelle avec un salaire mensuel et qui représentent 3,2% de la population active soit 85.000 personnes avec la plus faible grille salariale de la zone CEMAC (secteurs publics et privés confondus)…et 
     -
D’autre part les précaires, pas de salaire mensuel ni indemnité, soit 96,8% de la population active c’est à dire 2.425.000 personnes.

Ce serait cette seconde catégorie, qui sera assujettie à la « Contribution Citoyenne ».  Rien que de pauvres hères, croupissant dans des conditions immondes.

Les réalités sont dramatiques :

Au niveau des cultures d’exportation (5) les productions de la République Centrafricaine de 2012 ressemblent à celles de l’Oubangui-Chari de 1930 : 

     - Coton-graine : 10.600 tonnes en 2010 ;

     - Café : 5296 tonnes en 2010 ;

Au niveau des produits de consommation locale : manioc, banane, maïs….l’on a constaté une contraction de la production. L’offre ne répond plus à la demande, elle-même bridée : faible pouvoir d’achat, traitement des fonctionnaires non revalorisé depuis une éternité. Résultat : inflation au niveau du panier de la ménagère, pénurie, famine, mortalité…une somalisation méthodique et silencieuse.

A cela il faut ajouter la dégradation des infrastructures routières qui affecte les revenus des agriculteurs centrafricains. Or ces derniers constituent 86% de la population active, les principaux concernés par la « Contribution Citoyenne ».

Quelle est la cause des difficultés financières chroniques de l’état centrafricain ?

Depuis le 13 aout 1960 jusqu’à ce jour, la République Centrafricaine n’a jamais eu un budget équilibré. D’ailleurs le crédo des libérateurs depuis 2003 puis des ouvriers en 2005  est : « il suffit d’un rien, d’un petit coup de main ou de souffle et la Centrafrique redémarrera ».

La finalité de tout impôt est de financer les dépenses publiques, de contribuer à la régulation de l’économie et de procéder à une redistribution sociale. Certes son principe repose sur un engagement citoyen avec son corollaire la solidarité. Or de nos jours, l’Etat centrafricain est un état failli. Il n’assure pas, loin s’en faut, de protection sociale à ses citoyens. Les dispensaires et les hôpitaux sont des mouroirs, l’école payante bien qu’offrant des infrastructures lunaires,  les routes sont retournées à la nature, l’environnement se dégrade, l’insalubrité s’installe…Une contribution financière sans les avantages attendus d’un Etat, peu importe qu’il soit de providence ou pas, est abjecte sinon criminelle.

Jouant sur cette fonction originelle, le gouvernement a créé il y a quelques semaines un artefact de 20.000 Fcfa sur tous les titres de transport au départ et à destination de la République Centrafricaine par la voie aérienne. L’objectif de cette taxe est de financer paraît-il le remboursement du prêt de 60 milliards de Fcfa destinés aux travaux de rénovation de l’Aéroport International Bangui-M’poko. Une nouvelle blague fiscale « made in Touadera III »  après celle du Gateway unique.

A l’heure où tous les pays de la sous-région même le dernier né, le Sud-Soudan, prennent le chemin du développement en innovant et en modernisant les mécanismes de financement et en initiant des grands travaux pour s’arrimer définitivement à la modernité et le 21ème siècle, le retour déguisé de l’Impôt Per Capita près de cent dix ans(110) ans après sa création et 19 ans après sa suppression est une insulte à l’intelligence du Centrafricain, à sa souffrance et à sa grande Histoire.

L’unique interrogation que les actuelles autorités doivent se poser est la suivante : quelles sont les causes des difficultés financières chroniques de notre pays depuis 1960 en général et en particulier depuis 2005 ?


Epilogue : une usine à gaz

Les femmes centrafricaines qui constituent 52% de la population et les jeunes  de 18 à 35 ans sont les plus concernés par le retour déguisé de l’Impôt Per Capita. Or ceux-ci sont les plus touchés par le chômage, le sous-emploi, la pauvreté, la précarité, l’exclusion…etc.

L’article 15 de la Constitution du 27 décembre 2004 écrit expressis verbis : « Tous les Citoyens sont égaux devant les charges publiques et notamment devant l’impôt ». Cette égalité se fonde sur une imposition éthique et la solidarité. Le projet de création de ce nouvel impôt aura des incidences tragiques car la situation économique et sociale du Centrafricain est désastreuse. Mieux encore, nous assistons à la violation du principe constitutionnel de cette égalité fisclae. Et il conviendra à ce que Nous, Peuple de Centrafrique ; fassions échec à cette nouvelle « blague made in Touadera III » si l’Assemblé Nationale validait ce projet de loi par une saisine de la Cour Constitutionnelle.

La courbe de Laffer enseigne que « les hauts taux tuent les totaux » traduction « trop d’impôts tue l’impôt ».

Nulle part dans l’actualité fiscale mondiale de ces derniers temps, on a vu l’Etat prendre chez les pauvres pour financer ses objectifs. Tous ceux qui ont osé le faire, ont fini par en payer le prix politique.

Aucune fiscalité dans le monde et en Afrique ne se fait sans assiette réelle. Ceux qui tentent le retour déguisé de l’Impôt Per Capita, sont vraiment hors du temps…et le peuple centrafricain va leur indiquer la porte de sortie car loin d’être la concrétisation d’une promesse électorale, la suppression de l’Impôt Personnel Numérique à partir de 1994 est une conquête sociale et politique qu’aucune gymnastique budgétaire n’est autorisée à remettre en cause.


Post-Scriptum
: Les femmes représentent 52% de la population centrafricaine mais elles constituent la catégorie qui est la plus touchée par la pauvreté, le chômage, le sous-emploi, la famine, les IST, le VIH, l’analphabétisme…Or le projet de lois des finances 2013 dans son chapitre réintroduisant l’Impôt de Capitation ne fait aucune distinction entre les hommes et les femmes.



1 : Le Confident n°3079 du 29 Octobre 2012. Projet de Loi présenté le 09.11.12 à l’Assemblé Nationale.

2 : RGPH 2003, Gouvernement Centrafricain
3 & 4 : Alain LEROY, Abel  MAZIDO : Patassé supprime les impôts : un rêve d’Ange-Heureux in Politique Africaine n° 53 mars 1994.
5 : déclaration de politique générale du PM Faustin Archange Touadera, 18 mai 2011, Bangui (RCA).
* : Loi n° 46-645 du 11 avril 1949

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 16:59

27 octobre 2012
Juliette Abandokwe

 

Les forces tchadiennes de Bangui rentrent au Tchad

 

http://www.aufaitmaroc.com/pictures/0033/1464/photo_1288028143572-1-0.jpg?1294837002Débarquées à Bangui le 19 mars 2003 pour "soutenir la force régionale de maintien de la paix", et pour  appuyer  les "libérateurs du peuple centrafricain", en prêtant main forte au Général François Bozizé ayant chassé Ange Félix Patassé du pouvoir le 15 mars 2003,  les forces tchadiennes surnommées  "Zakawa" signant ainsi le soutien personnel du président tchadien, et connues pour leur brutalité et la terreur infligée à la population civile centrafricaine, seraient rappelées au bercail par leur chef Idriss Deby depuis le 26 octobre 2012.

La fin d'un amour désormais décrépi

La nouvelle du départ des forces tchadiennes, qui représentent une  bonne moitié de la garde prétorienne de Bozizé depuis son coup d'Etat de 2003, circulent depuis cette fin de semaine à Bangui. Mais leurs véhicules militaires déambulaient encore aujourd'hui 27 octobre à travers les artères de la capitale.

On raconte que le chef de l’Etat tchadien, véritable parrain du président centrafricain, aurait - enfin - décidé ce vendredi 26 octobre de rappeler ses troupes, qui assurent la sécurité rapprochée du président centrafricain depuis mars 2003. Idriss Deby aurait à la même occasion insisté que les troupes tchadiennes de la FOMUC se retirent également de Bangui pour préparer leur positionnement dans l’arrière-pays.  Idriss Deby aurait argumenté ces retraits par le fait que ses hommes, pourtant appelés en renfort pour soutenir et protéger Bozizé, vivent à Bangui sous le regard critique et dédaigneux de la majeure partie de la population de Bangui.

C'est ainsi que les cortèges présidentiels, le Palais de la  Renaissance et le quartier  de Sassara où résident les barons du régime ainsi qu’une partie de  la famille présidentielle, et l’aéroport Mpoko seront dorénavant, de source officielle, sécurisés par d’autres forces "disciplinées, respectueuses des lois et règlements militaires".

Si  ces informations  se confirmaient, les commentaires de l'opinion publique centrafricaine quant au divorce imminent entre les deux - anciens - "complices" se révèleraient justifiés. De plus, les multiples rumeurs de coup de force et des incessant vrais faux complots contre le régime de François Bozizé, "démocratiquement et librement" élu en janvier 2011, ne peuvent que jeter un discrédit supplémentaire sur sa présence à la tête du pays, reconnue comme illégitime par la plupart des Centrafricains, et ne peuvent qu'augmenter son malaise de plus en plus profond.

De source gouvernementale, les  multiples exactions et comportements indisciplinés exercés par ces forces tchadiennes sur la population centrafricaine auraient également exacerbés les forces armées centrafricaines, ce qui justifierait également cette prise de décision majeure. Le but serait donc de "redorer le blason des relations entre les deux peuples", et non de représenter une quelconque sanction pour manquements collégiaux entre deux régimes "alliés". 

Ce n’est la première fois qu'Idriss Deby se retourne contre son "protégé" centrafricain, et le peuple centrafricain n'est donc pas surpris d'assister au revirement - spectaculaire aux dires de certains - du président tchadien. Pour rappel, celui-ci avait d'ailleurs été le premier chef d'Etat de la sous-région à prendre fermement position contre la désignation d'un Centrafricain à la tête de la Commission de la CEMAC en juillet 2012. 

Ce revirement dans le soutien du régime centrafricain par Idriss Deby aura sans doute des conséquences pratiques pour les Centrafricains, notamment dans le domaine de l'approvisionnement. C'est ainsi que la convention, pourtant bien bouclée avec la Banque Mondiale, qui devait permettre à la RCA de se connecter à la fibre optique à partir du Tchad semble déjà être mise au placard dans le cadre du désamour consommé entre les deux chefs d'Etat.  

Dans un rapport de force où le Tchad est de toute évidence tout puissant aux yeux du citoyen moyen centrafricain, les esprits questionnent la suite des événements avec une appréhension certaine.

Quelle surprise Idriss Deby réserve-t-il encore à son voisin Bozizé, qui est quant à lui de plus en plus abandonné à son - triste - sort.

Comme on le dit souvent, quand le navire coule, les rats quittent le navire...

Affaire à suivre donc. 

 

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 22:50

5 juillet 2012
Gaspard Zangbi

 

Le constat est amer. Cinquante ans après sa naissance, la République Centrafricaine (RCA) n’existe que de nom. Nous sommes tout au plus un ensemble de gens de bonne volonté rassemblés quelque part entre les 2° et 11° parallèles nord et les 13° et 27° méridiens est, sur une superficie de 622 980 km2 à cheval sur la grande forêt équatoriale (au sud) et la zone des savanes (au nord). Nous ne suscitons ni considération ni compassion du reste du monde. Nonobstant notre évaluation de son QI, Bozizé a bien cerné cette indifférence du reste du monde face à la RCA pour disposer de nous à sa guise. Si, par impossible, Bozizé voulait être le pasteur amoureux qui chante la bergère, donnons-lui une énième seconde chance qui doit être la bonne et la dernière.

 

Toutes les institutions républicaines centrafricaines figurent mais n’existent pas. Je l’ai écrit et démontré lorsque j’ai dénoncé la détention arbitraire et séquestration du personnel de la moribonde sinon défunte SONATU qui continue d’ailleurs à croupir en prison sans être entendue. Comme quoi, la boziziecratie est têtue et cruelle. Il n’y a pas longtemps le président du MDREC, M. Joseph Bendounga, a fait le même constat de l’inutilité de nos institutions. Sous d’autres cieux, je vous assure, ces présidents de l’Assemblée nationale, de la Cour constitutionnelle, du Conseil économique, le Premier ministre, etc. seraient arrêtés, jugés selon les règles de l’art et envoyés en prison. De l’aveu même de la quasi-totalité des hauts agents de l’État, les décisions leur viennent plus souvent qu’autrement de la présidence de la République. La pléthore de conseillers et autres à la présidence de la République se plaint, elle, de la difficulté de travailler avec le président que tous décrivent comme un homme excessivement irascible et brutal. Qui plus est dans son livre paru en 1997, l’auteur canadien Brian Titley s’est attardé sur la brutalité de Bozizé récompensée par Bokassa qui le promut du grade de sous-lieutenant à celui de général après qu’il eut frappé un français qui manqua de respect envers Bokassa.

 

Bozizé, homme-orchestre pour rien faire !

 

Par définition de ministre délégué et de député suppléant, force est d’admettre que Bozizé est à lui seul trésorier-payeur général, président des Conseils d’administration des entreprises et offices publics de Centrafrique, ministre de la Défense, ministre des Mines, député du IVe arrondissement, président de la République, et j’en oublie certainement. Cela fait un peu gourmand voire égoïste pour un seul homme quand on sait que le taux de chômage en Centrafrique est d’au moins 80%. Au-delà de la considération socio-économique, se posent naturellement les questions de temps et de compétences. Bien que la tentation soit grande, je refuse de croire que le président de la République réduise les compétences techniques d’un trésorier-payeur général, le rôle clef d’un président de Conseil d’administration d’entreprises et offices publics, les attributions nationales d’un ministre, la grandeur des responsabilités morales d’un député de la Nation voire la plus haute et la plus prestigieuse fonction de président de la République à la simple et seule signature des parapheurs. Avis aux intéressés : peaufinez votre seing !

 

Je dirais, en paraphrasant certains compatriotes plus talentueux que moi qui ont décrit de manière élégante et saisissante la misère du peuple Centrafricain, qu’aujourd’hui, nombreux sont les Centrafricains qui mangent trois à quatre repas par semaine. Dans le Centrafrique d’aujourd’hui, les hôpitaux sont des mouroirs où il manque ne serait-ce que le minimum d’équipements sanitaires et de médicaments, les enfants ne font plus que 12 heures de semblant de cours par semaine. Nos écoles, les écoles de la République, manquent d’enseignants, d’équipements et de matériels didactiques. Dans ce Centrafrique de 2012, hommes, femmes et adolescents se lèvent à 3h00 (du matin bien sûr) pour aller chercher de l’eau potable dans des bidons qu’ils colporteront jusqu’à destination pour toute la famille. L’électricité ne fonctionne que trois heures par quartier à Bangui ou encore dix heures par mois en certains chefs-lieux de préfecture. L’insécurité est menaçante sur les 622 980 km² de superficie. Et comme si cela ne suffisait pas, les routes sont défoncées et les ouvrages d’art tant à Bangui que dans l’arrière-pays s’effondrent les uns après les autres comme des châteaux de sable. Pendant ce temps, les caisses de l’État se vident impunément au vu et au su de tout le monde au profit d’une minorité qui se dit ou se croit invulnérable.

 

J’ai brossé un tableau de relations interpersonnelles d’une part et d’une situation apocalyptique de l’autre. Ma démarche se veut pédagogique. Nous sommes Africains bantous. Le respect des aînés et des supérieurs hiérarchiques est inné en nous. Le président de la République qui est un pasteur a, par une certaine réflexion, compris qu’il ne peut laisser le gros de son troupeau se perdre dans le pâturage. Certes, des erreurs ont été commises dans la façon de mettre la table ; cependant, le mets est appétissant et nous sommes affamés. Donnons-lui une énième seconde chance. Ne t’arrache pas encore les cheveux, mon frère, ma sœur ! Je ne suis pas KNK et je ne le serai jamais (n’en déplaise à La Fontaine !). Je ne suis pas perfide d’une part et d’autre part le KNK disparaîtra du paysage politique centrafricain le 15 mars 2016.

 

Profil du Premier ministre de la transition

 

Les défis du tableau apocalyptique et le déficit de relations interpersonnelles nous imposent un brainstorming stratégique autour de la personne qui sera appelée à assurer les fonctions de Premier ministre de la transition devant avoir les pleins pouvoirs en accord avec la constitution du 24 décembre 2004. Le Premier ministre dont il est question aura comme lourdes tâches de gérer les rébellions de la LRA, de Baba Laddé et celles nationales qui écument la RCA, procéder sans tambour ni trompette à une vérification efficiente du pompage du trésor national ces dix dernières années, concevoir une planification stratégique des fournitures d’eau potable et d’électricité, assurer une gestion efficace de l’unité de cession du médicament (UCM), équiper ne serait-ce les hôpitaux de Bangui du minimum d’équipements sanitaires que tout hôpital digne de ce nom doit en disposer, revaloriser l’éducation, colmater tant que faire se peut quelques tronçons de routes et organiser à la fin 2015 les élections présidentielle et législatives transparentes et crédibles à l’aide d’un fichier informatisé et consensuel. Il est clair que les défis qui attendent le Premier ministre de la transition sont bien énormes. C’est pourquoi son choix est urgent et doit répondre à des critères rigoureux. Dans les critères énumérés ci-dessous, le masculin est épicène.

 

Premier critère : un candidat nouveau qui ne s’est jamais associé, ni de près ni de loin, à aucun des régimes qui se suivent et se ressemblent depuis 1979. Plus deloser  !

 

Deuxième critère : un Honnête homme au sens de Nicolas Faret mais pour servir le peuple centrafricain qui, à mon avis, n’a connu que mépris. Les défis et la définition de tâches requièrent que le candidat à la primature de transition sache quelque chose de tout que de savoir tout d’une chose. Montaigne dirait que le candidat doit avoir la tête bien faite plutôt que bien pleine.

 

Troisième critère : un candidat intransigeant sur le respect de la feuille de route de trois ans et quelques mois, la séparation de pouvoir et l’application des textes et résolutions et recommandations au risque de rendre son tablier.

 

Quatrième critère : le candidat doit être un fédérateur, un conciliateur qui puisse rassembler les Centrafricains en cette période où l’unité nationale est mise à rudes épreuves. Il doit posséder des capacités fédératrices à ménager les pros et anti-KNK. Le but n’est pas de dominer ou d’humilier l’une ou l’autre des parties. On doit à tout prix éviter le triomphalisme et l’arrogance d’un côté et de l’autre, la frustration et la résignation.

 

Cinquième critère : un mandat d’une durée rigide de trois ans et quelques mois, non prolongeable, non renouvelable. Le titulaire ne sera candidat ni à l’élection présidentielle ni aux législatives.

 

Comité de sélection du Premier ministre de la transition

 

Oui à une énième seconde chance mais pas à n’importe quel prix et surtout pas un chèque en blanc. Nous ferons les choses comme du monde en commençant par la mise en place d’un comité circonstanciel de sélection du Premier ministre de la transition dont la composition peut faire l’objet ou pas de consensus entre le président de la République, l’Assemblée nationale et l’opposition. Les ambassades et consulats, la Direction générale de la planification au ministère du Plan, les associations estudiantines, parents et amis seront mis à contribution pour constituer une banque de candidats qui sera publique. Le comité de sélection aura par la suite la difficile et ingrate tâche de choisir, d’après les critères ci-dessus, cinq Premiers ministrables parmi les noms proposés qui seront contactés selon les règles de l’art. En cas de désistement, on contactera le 6e sur la liste et ainsi de suite afin d’avoir cinq candidats au premier tour. Ceux et celles qui accepteront l’insigne honneur d’être sur la liste des Premiers ministrables enverront au comité de sélection leur curriculum vitae (CV) et une ébauche de départements ministériels donnant une idée de la taille de leur équipe gouvernementale. Par la suite, le comité de sélection interviewera et évaluera chacun des cinq candidats et remettra, sans recommandation aucune, au président de la République les noms et coordonnées des TROIS plus performants des cinq candidats.

 

Mais où est donc ce Premier ministre de la transition ?

 

Il ne fait aucun doute, quant à moi, que cet oiseau rare porteur de notre salut est dans un nid centrafricain à l’étranger, dans la diaspora. Contrairement à ce que pense ce ministre camerounais de, je ne sais quoi, le Centrafrique regorge de cadres très compétents qui enseignent dans des universités occidentales, opèrent dans les hôpitaux français, construisent des routes et ouvrages d’art en Europe. Il est temps d’appeler ces fils et filles de Centrafrique au chevet de la Nation qui se meurt.

 

Méfions-nous, cependant, des intégrations par parties distillées depuis un certain temps sur CAP. Au fait que veut Nguérékata ? Prendre sa revanche sur Gbéti ? J’ai trouvé de mauvais calcul cette initiative d’adresser aux mamans centrafricaines des souhaits de bonne fête des mères dans un journal en ligne sachant pertinemment que ces braves dames sont à 90% illettrées sans parler de l’internet qui n’est accessible qu’à environ 5% de la population centrafricaine.

 

Pour finir, je note avec un écœurement certain la naissance de "Sauvons le Centrafrique". L’opposition centrafricaine comme l’opposition gabonaise (pour ne citer que celles-là) sont allées aux présidentielles en rang dispersé ; elles ont perdu. L’opposition sénégalaise est allée aux présidentielles en rang serré ; elle a gagné ! Un certain Démafouth a mis tous ses œufs dans le panier de Premier ministre de Bozizé II ; il s’est retrouvé en prison. Je ne peux résister à la tentation de mettre en garde les perfides que le général Bozizé excelle dans l’art de diviser pour régner.

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 23:58

1er juillet 2012
Radio Ndeke Luka

 

Ils sont au nombre de 10, leurs âges varient de 19 à 25 ans. Ils sont actuellement gardés à vue au Commissariat du Port à Bangui depuis 48 heures. Ils sont tous membres du Réseau des Organisations des Jeunes de Centrafrique (ROJECA), une structure qui œuvre pour la promotion des droits et devoirs de l’enfant en RCA. Ils ont été arrêtés jeudi 26 juin  à la barrière de PK9 alors qu’ils se rendaient à M’Baïki dans le cadre d’une activité de leur organisation.http://img.over-blog.com/300x224/1/81/85/96/photo-5/Photo-6/jeunes-centros.JPG

 

Selon le Directeur de la Jeunesse, Alfred Ngaya, le groupe n’a pas respecté les procédures :« ces jeunes ont été arrêtés par ce qu’ils n’ont pas reçu un ordre de mission pour se rendre à M’Baïki ».

 

Pour Hyacinthe Mesmin Pamessoua membre du ROJECA, en revanche, il ne s’agit pas d’une histoire de laisser passer : «  Monsieur Ngaya veut seulement ternir l’image de ces jeunes, vu que nous devons aller aux élections du ROJECA d’ici 2013. Ce monsieur a un candidat qu’il doit présenter aux élections. Avec cette arrestation, il espère décrédibiliser ces jeunes ». Selon les informations reçues par Radio Ndeke Luka (RNL) ce 30 juin, le groupe a bien reçu l’agrément du Ministère de la Jeunesse qui les autorise à effectuer le déplacement. Difficile dés lors de comprendre les raisons de leur arrestation et de leur garde à vue.

 

Le mystère entoure donc cette arrestation. Une source contactée par Radio Ndeke Luka évoque une certaine intelligence avec un projet de déstabilisation du régime de Bangui. Joint au téléphone par la rédaction de RNL, le Directeur Général de la Police explique pour sa part que l’affaire est remontée au niveau du Parquet ; elle relève donc désormais de la compétence du Procureur de la République.

 

Quant au Ministre de la Jeunesse et des Sports qui, lui aussi, est saisi de l’affaire, il laisse entendre que le dossier ne ressort plus de sa compétence. Il souhaite toutefois que la procédure soit accélérée pour que ces jeunes recouvrent leur liberté.

 

Parmi eux en effet, quelques uns doivent bientôt composer les épreuves des examens de fin d’année. S’ils ne sont pas libérés à temps, ils courent le risque de perdre l’année académique une année d'études.

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 23:38

1er juillet 2012
Ndeke Luka

 

Une fois de plus, un forum tripartite Cameroun-RCA-Tchad a tenté de trouver une solution efficace et durable à un vieux problème récurrent : assurer un transit fiable, fluide, compétitif et sécurisé le long du corridor routier Douala-N’Djaména et Douala – Bangui. Les travaux ont pris fin le 29 juin dernier à Yaoundé. Les chefs des délégations des trois pays se sont accordé à reconnaître la complexité des sujets à l’ordre du jour dont la réactualisation de la règlementation au niveau du port de Douala, l’accélération dans l’enlèvement des marchandises , la maîtrise des coûts de transport et des délais de passage qui devraient passer de 16 à 6 jours ainsi que la sécurisation du transit des marchandises.

 

Le quotidien Cameroun Tribune rend compte des travaux dans son édition du 29 juin 2012. Le journal mentionne que la pierre d’achoppement de toutes les concertations menées à ce jour se trouve dans ce que tous les responsables concernés appellent les tracasseries. En résumé, il s’agit de malversations opérées aux barrières illégalement érigées le long du corridor. Les voyageurs sur l’axe Bangui – Douala, dans les deux sens en savent quelque chose. 

 

http://img.over-blog.com/600x450/1/81/85/96/photo-5/Photo-6/Photos-7/Images-8/photos-9/Photo-10/photos-11/camion_rca_1_2.jpgOfficiellement, il n’y a que trois barrières entre Douala et Bangui. S’agissant des barrières illégales, le ministre camerounais des Transports, Robert Nkili, les a définis au cours des travaux comme des « chek-point bizarres au sein desquels il y a des contrôles inopinés et illégaux ». Il s’en est institué, dit-il, 148 au total. Mais il ajoute aussitôt qu’ils ont disparu.

 

Cependant, les chefs de délégations tchadienne et centrafricaine les trouvent toujours d’actualité, relevant, par ailleurs, que les tracasseries ne concernent pas seulement la RCA et le Tchad mais aussi les opérateurs économiques camerounais. La ministre centrafricaine du Commerce et de l’Industrie a même affirmé que les tracasseries routières sont bel et bien une réalité de part et d’autre de la frontière entre les deux pays. Tout au long des 1700 km entre Douala et Bangui, ajoute-t-elle, les opérateurs économiques souffrent des barrières légales et illégales. Ce qui n’est pas dit explicitement, c’est que les barrières de contrôle, légales ou non, sont mises en œuvre par les forces de l’ordre et les services douaniers chargés exclusivement de faire respecter les règles officiellement établies.

 

Si le Cameroun, la RCA et le Tchad se mobilisent encore pour combattre les tracasseries, c’est parce qu’elles persistent et portent un coup dur aux activités des opérateurs économiques des trois pays, aux recettes fiscales et douanières et à l’image de ceux-ci ainsi qu’aux efforts d’intégration régionale. Les tracasseries routières entraînent des augmentations des coûts que l’opérateur économique répercute sur le consommateur. A cause d’elles, les pays continentaux ayant Douala comme ouverture sur la mer seraient tentés de trouver des couloirs de transit ailleurs qu’au Cameroun. Les propos du chef de la délégation tchadienne sont révélateurs à cet égard. Il faut rappeler à cet égard, la récente demande tchadienne d’intégrer la CEDEAO. Sans doute pour bénéficier d’un accès aux ports du Nigéria. Mais où peut bien aller la RCA, en dehors de Douala ?

 

Pourtant la volonté politique d’intégration au sein de la CEMAC demeure pourtant constante au niveau des chefs d’Etat. Pour parler sans ambiguïté, ce combat qui dure sans grand succès contre les tracasseries et notamment les barrières illégales se ramènent en gros à la lutte contre la corruption. 

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 23:19

25 Mai 2012
Radio Ndéké Luka 

 


Bemba appellera ses témoins à partir du 14 août

 
La défense de Jean-Pierre Bemba commencera à appeler ses témoins à partir du 14 août 2012, selon une décision rendue jeudi par les juges de la Cour pénale internationale (CPI).

 

« Le vrai procès va commencer le 14 août », a affirmé l'avocat principal de Jean-Pierre Bemba lors d'un entretien téléphonique avec l'agence Hirondelle. Les avocats du sénateur congolais ont l'intention de faire venir soixante témoins à la barre pour contrer les accusations de crimes contre l'humanité et crimes de guerre portées par le procureur.

 

http://desgrandslacs.blogs.france24.com/sites/blogs.france24.com/files/storyblogimgs/user1048/bemba_0.jpghttp://img.over-blog.com/329x500/1/81/85/96/AF-Patass-.jpghttp://contreinfo.info/IMG/jpg/bozize-2.jpg

 

 

L'accusation reproche à Jean-Pierre Bemba les viols, les meurtres et les pillages commis par les soldats du Mouvement pour la libération du Congo (MLC) qu'il avait envoyé en Centrafrique en 2002 et 2003 pour soutenir le régime de feu Ange-Félix Patassé, menacé par une rébellion.

 

Parmi ses témoins, la défense appellera plusieurs officiers et sous-officiers congolais et centrafricains, a indiqué maître Aimé Kilolo. Ils raconteront « ce qu'ils ont vécu sur le terrain, pendant quatre mois et demi. Ils étaient présents sur le théâtre des opérations, impliqués dans les trois principaux domaines d'opération militaire : la logistique, dont l'armement et les télécommunications, la gestion des opérations sur le terrain et le renseignement militaire, c'est-à-dire le repérage des activités de l'ennemi ».

 

Plusieurs victimes viendront aussi déposer. « Elles vont raconter ce qu'elles ont subi et vont citer les noms des auteurs des crimes. Ceux qui ont commis les crimes seront dénoncés publiquement », précise maître Kilolo, qui cite notamment les exactions commises par les soldats du général François Bozize, à l'époque chef de la rébellion conduite contre le président Patassé. Il est aujourd'hui le chef de l'Etat centrafricain.

 

L'avocat affirme qu' « il y a eu beaucoup de dérapages dans les rangs des troupes du MLC, mais les crimes à grande échelle dont on parle n'ont rien à voir avec le MLC». Le Mouvement, dirigé par Jean-Pierre Bemba, était venu, « comme d'autres forces étrangères, prêter son concours » à l'armée centrafricaine. Les officiers du MLC agissaient comme des chefs d'unité, affirme l'avocat, « le tout était orchestré par l'Etat-major général » de l'armée centrafricaine, placé sous l'autorité du président d'alors, Ange-Félix Patassé. Selon maître Kilolo, ce dernier n'a pas été interrogé par la défense avant son décès, en avril 2011.

 

Le procureur avait bouclé la présentation de ses preuves le 21 mars, après avoir appelé 40 témoins depuis l'ouverture du procès, le 22 novembre 2010. L'essentiel de ces dépositions ont été entendues à huis clos. La défense affirme que ses propres témoins comparaîtront publiquement. « Beaucoup nous ont dit que lorsqu'on on à dire une vérité, on n'a pas besoin de se cacher », conclut maître Kilolo.

 

Arrêté en Belgique le 24 mai 2008, Jean-Pierre Bemba est incarcéré dans la prison de Scheveningen, en banlieue de La Haye, depuis juillet 2008.

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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 14:06

26 Mai 2012
Ndeke Luka

 


L'explosion d'une grenade a causé des dégâts au quartier Gbafio de Boy Rabe, dans le 4ème arrondissement de Bangui, la capitale centrafricaine. Un garçon de 6 ans est mort après avoir reçu des éclats du projectile dans le dos. 9 autres personnes ont été blessées sur plusieurs parties de leur corps. Elles ont été immédiatement été amenées, certaines à l'hôpital communautaire, d'autres au Complexe pédiatrique de Bangui.http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQcJUDsqKqg4HTfdcJiyhtagbslj6lkWZCFJvFdsukxgfu7Zm-TxQ

 

L'incident a eu lieu vendredi 25 mai 2012. Tout est arrivé au cours d'une bagarre opposant deux familles voisines suite à une affaire de jalousie. Un des protagonistes, s'est emparé d'une grenade stockée dans la maison par son frère militaire habitant dans la maison et l'a fait exploser.

 

Tout est parti d'un conflit opposant deux dames habitant le quartier et se disputant le même homme. Elles se battaient à chaque rencontre ou invective depuis déjà 3 jours. Le conflit s'est ensuite élargi à leurs deux familles dont les membres ont fini par en venir aux mains dans ce qu'il faut bien considérer comme une mêlée opposant les deux camps, malgré une médiation tentée par le chef de quartier.

 

C'est dans ces circonstances qu'un membre d'une des familles protagonistes a dégoupillé une grenade offensive et l'a jeté aux membres de l'autre famille. Il y a eu un mort sur le coup. Les blessés ont été transférés dans deux centres hospitaliers différents. Un blessé grave, atteint aux testicules a ensuite été récupéré de force à l'hôpital communautaire et amené vers une destination inconnue par des hommes en uniforme. Radio Ndeke Luka a pu recueillir le témoignage de l'infirmière- Major de service aux urgences, témoin de cet enlèvement. On est pour l'instant sans nouvelles de ce blessé tout comme on ignore l'identité exacte de ses ravisseurs.

 

Les gendarmes ont procédé à l'enlèvement du corps de l'enfant tué, en présence d'un agent de Radio Ndeke Luka, avant le transfert à la morgue.

 

En attendant de connaitre les raisons exactes de cet incident et de situer les responsabilité s, il faut dire que cet incident remet au-devant de la scène la lancinante question de la détention, du port et de l'usage illégal des armes et munitions de guerre.

 

L'article 259 du Code pénal de la République centrafricaine stipule : « Toute personne qui aura détenu, porté, fait ou tenté de faire usage d'armes ou munitions de guerre, si elle n'est un élément des forces de défense et de sécurité ou des forces paramilitaires en mission ou service recommandé, ou autorisé à les détenir sera punie de cinq à dix ans d'emprisonnement et d'une amende de 5.000.000 à 10.000.000 de francs ».

 

Cette disposition du Code pénal souffre malheureusement de non respect. Les éléments des forces de l'ordre et de défense se baladent armés même s'ils ne sont pas en service commandé. Ils détiennent des armes à domicile et il est courant de les voir armés dans les milieux publics, et les transports publics, ce qui crée une psychose chez les Centrafricains.

 

A la première occasion, ils n'hésitent pas à menacer de leurs armes. Plusieurs bavures ont ainsi été enregistrées sans que les autorités militaires ou gouvernementales ne réagissent pour punir les auteurs.

 

Ce recours à une grenade dans un banal conflit de voisinage opposant d'abord deux dames, puis leurs deux familles, intervient au moment où des émissions de sensibilisation sur la question sont diffusées régulièrement depuis trois mois sur les ondes de Radio Ndeke Luka, dans le cadre du PRED (projet de renforcement de l'Etat de droit). Il s'agit d'un projet du ministère de la justice et de la moralisation, soutenue par le PNUD à Bangui.

 

Depuis les événements militaro-politiques de 1997, la poudrière a été saccagée et les armes et munitions emportées. Le pays ne dispose plus d'endroit sécurisé pour garder les armes. Chaque élément peut posséder plusieurs armes et munitions à domicile, ce qui rend difficile le contrôle de ces éléments et des armes et munitions.

 

Par ailleurs, la montée des rébellions et l'insécurité généralisée dans le pays a occasionné la détention des armes et munitions de guerre conventionnelles ou de fabrication artisanale par les civils. Ils justifient cette détention par le fait de se protéger contre les ravisseurs. Malheureusement, certains n'hésitent pas à s'en servir pour braquer ou pour régler des comptes.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Centrafrique
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