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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 15:55

17 mai 2012
GabonLibre

 

Vers un retrait des troupes gabonaises 

 

Interrogé par les députés gabonais au sujet de la présence des soldats gabonais en Centrafrique dans le cadre de l’opération de maintien de la Paix et de la sécurisation (Misab et Minurca), le ministre de la Défense nationale, Pacôme Rufin Ondzounga, a jugé qu’il était désormais nécessaire de rapatrier ces hommes d’armes vers leur pays.

 

Vers un retrait des soldats gabonais en Centrafrique

 

«Le pourvoir exécutif s’accorde avec la préoccupation du pouvoir législatif et entend dans les prochains mois, procéder au rapatriement des soldats gabonais en poste en Centrafrique», a déclaré le ministre de Défense nationale, Pacôme Rufin Ondzounga devant les députés de l’Assemblée nationale il a été interpellé sur cette question.

«Aujourd’hui, il est en effet, temps que les soldats gabonais encore présents sur le sol Centrafricain, regagnent leur pays, le Gabon», a-t-il indiqué sans toutefois, donner une date précise.

Le réquisitoire des représentants du peuple a porté sur trois arguments forts, notamment, le fait que l’envoi de ces hommes soit fait en totale violation des dispositions des articles 113 et 114 de la constitution, qui stipule que : «le président de la République négocie les traités et les accords internationaux et les ratifié après le vote d’une loi d’autorisation par le parlement et la vérification de leur constitutionnalité par la Cour constitutionnelle». Selon les députés, l’envoi des troupes gabonaises, en Centrafrique n’avait pas suivi la procédure constitutionnelle en vigueur.

Le poids de cette présence à Bangui sur le budget de l’État et l’apaisement qui prévaut actuellement dans ce pays, ont été les principaux point d’appui de l’argumentation des députés.

En 10 ans de présence en terre centrafricaine, l’armée gabonaise n’a perdu que 3 de ces dignes soldats. Les premiers contingents sont arrivés en Centrafrique en 2003 dans le cadre d’une mission de paix sous l’égide de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (Cémac). La force de la Cémac a fondu au sein de la Mission de consolidation de la paix en République Centrafricaine (Micropax) placée sous l’égide de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). La Micropax compte environ 380 soldats de plusieurs États dont la mission est d’assurer la sécurité, de restructurer l’armée centrafricaine et de combattre les rebelles du nord-est du pays.

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 13:37

18 avril 2012


Lettre du MLPC au Président de la Commission de la CEMAC 
 

 

 

A Monsieur le Président
de la Commission de la CEMAC

BANGUI, République Centrafricaine

 

Objet : lettre d’observation relative à la situation de la RCA depuis le 15 mars 2003.

 


Monsieur le Président,

Du 22 mars 2012 au 12 avril 2012, vingt deux jours se sont écoulés entre la date du coup d’Etat du Capitaine SANOGO qui a renversé, deux mois seulement avant le terme de son mandat, le Général Ahmadou Toumani TOURE, Président démocratiquement élu, et celle du rétablissement de la légalité constitutionnelle dont la démission entre temps de ce dernier en a favorisé l’heureux aboutissement.

Tout au long de ces vingt deux jours, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) d’abord, l’Union Africaine, l’Union Européenne et les Nations Unies ensuite ont, par des initiatives hostiles au coup d’Etat et complémentaires, réussi à faire plier la junte et les putschistes mal inspirés et redonné à la démocratie malienne, ses chances de poursuivre son petit bonhomme de chemin et au Mali de continuer à œuvrer à son développement.

Le succès de ce tour de force, exceptionnel dans l’histoire contemporaine de la démocratie et des Etats, est à porter surtout au crédit et à l’honneur des Chefs d’Etat de la CEDEAO, des démocrates maliens, de l’UA et de la communauté internationale dont la détermination tout au long de cette crise a été implacable et exemplaire.

Face à un tel succès diplomatique, on ne peut s’empêcher de faire un rapprochement, neuf ans en arrière, avec un certain François BOZIZE qui, le 15 mars 2003, va interrompre par les armes un processus démocratique en cours en renversant, comme au Mali, un Président démocratiquement élu, Ange Félix PATASSE.

A l’inverse de la CEDEAO aujourd’hui, la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et l’Union Africaine hier, avaient fait preuve d’un parti pris manifeste, établissant ainsi leurs responsabilités directes dans une entreprise qui, à tous les égards et aux termes de la Constitution de la République Centrafricaine, est « un crime imprescriptible contre le Peuple centrafricain » et que « toute personne ou tout Etat tiers qui accomplit de tels actes (l’usurpation de la souveraineté par coup d’Etat ou par tout autre moyen) aura déclaré la guerre au Peuple centrafricain ». On ne se souvient pas d’avoir entendu la voix de la CEMAC condamner le coup d’Etat du 15 mars 2003. Est-ce à dire qu’elle l’a approuvé ou commandité ? La question reste posée. La communauté internationale, quant à elle, se confinait dans un silence complice

A l’épreuve du pouvoir, le poulain BOZIZE s’est révélé être un piètre gestionnaire, plus enclin à la violation continue de la Constitution, à la mal gouvernance, aux crimes politiques, à la prédation, à la brutalité, à l’affairisme, au clanisme, à la rébellion, au non respect de la parole donnée, toutes choses qui mettent à mal la cohésion sociale, l’unité nationale et le développement du pays.

Compte tenu de la nature du régime fortement enracinée dans la rébellion, il n’est pas surprenant que sous BOZIZE, les rébellions ont proliféré comme jamais avant lui en RCA, engendrant une insécurité généralisée sur l’ensemble du territoire national, ce qui hypothèque l’intégrité même de la République Centrafricaine.

Cette situation a envoyé sur le chemin de l’exil de milliers de compatriotes, pendant que plusieurs centaines d’autres ont trouvé refuge en brousse jusqu’à ce jour.

La dissémination d’armes de guerre et la perspective de leur ramassage sans cesse repoussée du fait des détournements des fonds qui leur sont consacrés – y compris par votre Institution - ont ôté pour longtemps à notre pays la paix et la sécurité. Quand au développement, il est tout simplement repoussé aux calendes grecques.

Aujourd’hui, BOZIZE et tous ses soutiens, directs et indirects, portent une lourde responsabilité dans la dégradation de la situation actuelle du pays et les graves crises multiformes qu’il traverse et qui le classe après la Somalie. C’est une insulte et une humiliation qu’aucun patriote centrafricain ne saurait tolérer.

Le Peuple centrafricain, marqué dans sa conscience collective par ce forfait, se réserve le droit de rouvrir le dossier à tout moment afin que les responsabilités des uns et des autres soient établies et que les auteurs de ce coup de force soient poursuivis et punis conformément à la loi.

La CEMAC et ses principaux animateurs, à l’instar de sa consœur d’Afrique de l’Ouest la CEDEAO, seraient bien inspirés de prendre des positions et des décisions pertinentes allant dans le sens des intérêts des peuples de cette communauté économique régionale, volontairement maintenue à la traîne par la seule volonté des partisans de l’immobilisme qui la dirigent, comme le confirme entre autres, le scandale actuel à la Présidence de sa commission et les malversations commises dans une de ses institutions spécialisées, la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) restées impunies jusqu’à ce jour.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

 

Fait à Bangui, le 18 Avril 2012

Pour le Bureau Politique du MLPC

 

Le Premier Vice Président

G.J.E. KOYAMBOUNOU

 


Ampliation

-          Bureau de l’UA en Centrafrique

-          BINUCA

-          UE

-          Chancelleries

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 16:16

21 mars 2012
Jean-Claude Gbaguene

 

Il y a 9 ans, Bozizé pénétrait par la force dans Bangui sous les ailes des troupes d’élite tchadienne avec l’onction de certains chefs d’Etat de la sous-région et de la France. La communauté financière internationale a suivi avec un appui financier massif de l’ordre de  700 milliards de F CFA. 

 

http://contreinfo.info/IMG/jpg/bozize-2.jpgEt dès le début de son règne, Bozizé a placé ses alliés alimentaires et sa proche famille au dessus de la loi.  Ces «intouchables» se sucrent sans état d’âme sur le dos du pays. Aucun secteur d’activité ne leur échappe : les marchés publics, le commerce de bétail, de diamant, de bois, le commerce des matériaux de construction etc …. En 9 ans, la RCA compte une dizaine de milliardaires  autour de Bozizé. Au mépris des droits élémentaires de l’homme, des crimes crapuleux ont été commis dans l’indifférence totale. Même les criminels connus de tous, restent impunis et bien au contraire sont promus à des fonctions plus importantes. L’odieux assassinat des commissaires de police Hervé Trepasse et Daniel Sama sont encore présent dans la mémoire des Centrafricains. 

 

Bozizé réussit par la peur et les intimidations à  régner  sur une population silencieuse et soumise,  et nourrit secrètement  l’espoir de passer à terme, la main à son fils Francis Bozizé ou à son parent Sylvain Ndoutingai. Aujourd’hui, l’illusion des Centrafricains devient réalité, mais une réalité cauchemardesque. Eux qui voyaient en lui le « libérateur » qui allait enfin apporter la prospérité, ramener la sécurité des personnes et des biens, et une paix durable pour tous. Il n’en est rien. Lui qui devrait aussi incarner la justice et imprimer sa vision d’un avenir meilleur qui placerait notre pays sur le même piédestal que ceux de la sous-région. Il a failli lamentablement. Il a fait de la RCA la risée des autres pays étrangers en commençant par les pays voisins. Amère désillusion! Son manque de charisme et de vision pour le pays l’amène à s’occuper personnellement des moindres détails de fonctionnement de l’Etat en plus de ses tâches de Chef de l’Etat.

 

François Bozizé Yangouvounda, le ministre de la justice de fait

 

Il est ministre de la justice de fait car c’est à lui que revient les décisions finales de justice. N’est -ce pas lui en personne qui a rendu à Fidèle Ngouandjika son passeport pour qu’il soit libre de ses mouvements ? Le Chef de département, Firmin Findiro demeure toujours quant à lui, Procureur de la République de fait. N’est-ce pas lui qui dans son bureau, a notifié à Jean-Jacques Demafouth qu’il a préalablement convoqué, son arrestation ?

 

Ensemble, ils ont détruit les acquis de la magistrature dont l’ancienneté dans la fonction judiciaire. Des magistrats expérimentés, hors hiérarchie qui lisent « le droit positif centrafricain » ont été mis à la retraite anticipée ou ramenés au ministère pour être subordonnés à FINDIRO et s’occuper des tâches administratives. Ils ont été remplacés exprès par des juges jeunes et inexpérimentés, pleins de reconnaissance et de zèle qui ne répondent qu’à lui. Ils ont par la même occasion, détruit la fondation même de la sagesse de notre pays et l’indépendance de notre système judiciaire.  Findiro a délibérément muté au tribunal de Bangassou en guise de sanction  le juge qui a présidé le tribunal correctionnel qui a rendu le verdict dans le procès contre les journalistes Faustin Bambou et Cyrus Sandy qu’il a trouvé trop léger à ses yeux.

 

Selon le «droit positif bozizéen» applicable à la bozizie, le délit communément appelé «diffamation ou outrage» se lit  «le délit d’orgueil», terme très prisé de Firmin Findiro pour justifier les arrestations arbitraires. Toujours, dans le « droit positif bozizeén »,  le délai de garde à vue est illimité au lieu  de 24 heures ou au plus de 48 heures dans le « droit positif centrafricain »; la présomption d’innocence l’exception; la charge de la preuve revient à l’accusé ; l’inculpation d’office devient un mode opératoire et la recherche de la preuve intervient après.

 

C’est en vertu du « droit positif bozizéen » que Jean Jacques Demafouth a été gardé à vue pendant un mois et inculpé sans éléments probants ou que Mme Balemby est maintenue en prison des femmes de Bimbo nonobstant l’ordonnance de mise en liberté  prise par un magistrat attitré de la chambre d’accusation de la Cour d’Appel. C’est au nom de ce même droit que les rejetons Bozizé rackettent comme des voyous, les Centrafricains. La Section de Recherche et Investigation (SRI) la police politique, devient une machine de prédation et de répression.  Les détentions arbitraires de simples citoyens pour leur extorquer de l’argent sont monnaie courante. Aucun président centrafricain n’a jamais auparavant, exposé autant sa progéniture.

 

Peut-être ignore-t-il encore que la justice est un pouvoir qu’aucun être humain n’a jamais réussi à contrôler ?  La justice est au-dessus de tous, quel que soit son rang social.  La justice est patiente mais aveugle.  Sans doute l’apprendra-t-il un jour !  On dit que la justice est comme l’eau, même si on veut la retenir, elle vous coule entre les doigts.

 

Il doit aussi savoir qu’un pays est paisible et prospère que lorsque son système de justice est fort, indépendant et efficace.  Une justice indépendante encourage des personnes intègres à respecter la loi  et même des gens qui ont des démêlés avec cette même justice de faire entendre leur voix.  Si le simple citoyen n’a pas confiance en la justice de son pays, il se fera justice lui-même, ce qu’on appelle « justice populaire ».

 

En novembre 2011, un élément de la garde présidentielle était intervenu pour s’interposer entre deux bagarreurs. Il s’est servi de son ceinturon et a touché l’un des deux bagarreurs à la nuque et il a succombé à la suite de sa blessure. La population en colère, excédée par les exactions de cette unité, a réagi immédiatement. Le soldat a été lynché sur le champ avec des jets de pierre. Les locaux abritant les éléments de la Garde présidentielle ont été saccagés et incendiés.

 

En décembre 2011, suite à un accident mortel à Bégoua où une voiture appartenant à un membre du gouvernement avait  heurté un conducteur de taxi moto, une partie de la population, dont les membres de la famille du défunt, avait manifesté avec l’intention d’incendier le véhicule. Finalement, ce sont les pneus qui seront détruits. Il y a bien d’autres cas encore.

 

L’existence dans un Etat d’une institution judiciaire constituée de magistrats indépendants, jugeant selon les lois, est un signe clair de bonne santé sociale mais en Centrafrique aujourd’hui sous Bozizé, la justice réellement indépendante n’existe pas. Bien d’autres avant lui ont essayé de museler la justice, où sont-ils maintenant?

 

François Bozizé Yangouvounda, intendant Général de son état

 

Il s’est occupé personnellement depuis 2004 des recouvrements des recettes et des arbitrages des dépenses de fonds publics de la Centrafrique ; du jamais vu dans la sous-région voire dans le monde. Il cumule cette fonction avec celle de la défense. Cette situation qui est loin d’être exceptionnelle perdure depuis 8 ans et place la Centrafrique dans la catégorie des pays fragiles et faillis. Comme aide de camp de Bokassa, il a compris que les fonctionnaires sont à l’origine de la chute du régime de son ex-patron.  Sans hésiter, il a établi l’équation que longévité au pouvoir = paiements de salaires de fonctionnaires. Une obsession : veiller personnellement aux paiements réguliers des salaires des fonctionnaires au point de vider le Trésor Public et de solliciter dangereusement les banques de la place. Une décision louable ! Mais seulement, les pratiques mafieuses et la corruption généralisée dans les régies financières rend difficile la tâche de mobilisation importante des ressources internes.

 

Il ne comprend pas que les concours financiers extérieurs destinés à assainir l’économie permettront de  créer les conditions favorables à l’investissement  afin d’élargir la base fiscale des recettes de l’Etat. Mais hélas une partie de ces aides passe à la trappe des salaires si elles ne sont pas purement et simplement détournées. Les caisses de l’Etat sont vides et le pays continue son plongeon dans le chaos économique, financier et politique. Suite à des sorties de sommes « inimaginables » et non justifiées, les donateurs floués, ont coupé temporairement les robinets financiers. Aujourd’hui, les banques locales ne font plus confiance à l’Etat Centrafricain.  Elles sont censées financer  aussi l’économie nationale  mais l’Etat devient leur gros client avec un compte délinquant d’au moins 15 milliards de FCFA, sans compter les intérêts.

 

Les anciens combattants s’en mêlent, eux aussi, et exigent le paiement de leurs  pensions à coup de manifestations. Il les envoie au diable. Pourtant le paiement des retraites fait partie des dépenses obligatoires.

 

François Bozizé Yangouvounda, gérant principal des entreprises et offices publics

 

Il est devenu le gérant principal de toutes les entités publiques de la Centrafrique suite à sa décision de dissoudre leur conseil d’administration. Il a crée un conseil d’administration central de toutes ces entités qu’il a logé au sein de la Présidence et qu’il dirige lui-même avec des personnalités connues pour leur dévouement qu’il peut contrôler au quotidien. Ce comité est chargé de mener toutes les opérations de caisse avec l’aide des forces de l’ordre et de faire les arbitrages de dépenses en fonction des programmes d’emploi. Mais c’est lui qui tranche en dernier ressort.  Mais pourquoi avoir pris cette décision qui semble dénué de tout bon sens ?

 

Combien de sociétés ont-elles  été auditées ? Avant de décider de la dissolution des entités, les institutions de contrôle telles que la Cour des comptes, l’inspection générale d’Etat ou l’Inspection des finances ont-elles effectué des contrôles ? Sur quelle base, le Porte-parole du gouvernement a-t-il déclaré que toutes les entités publiques sont en faillite ?

 

Le but inavoué de cette opération est d’avoir les moyens pour augmenter la marge de manœuvre financière de l’Etat mise à mal par le retrait des financements extérieurs et la faible mobilisation des ressources nationales.

 

Autre motif caché de  cette opération, c’est de confisquer les ressources des entreprises, sociétés et offices publics qui constituent habituellement des vaches à lait aux chefs de département qui se sont rapidement enrichis. Il faut noter aussi que les ¾ des ressources sont allouées au fonctionnement au détriment des investissements.  Ce n’est pas étonnant que le banguissois n’a pas d’électricité ni d’eau potable. Les dirigeants de certaines de ces entités publiques roulent dans des véhicules de luxe et mènent grand train de vie princier. A titre d’exemple, l’ENERCA a acheté des véhicules de luxe pour plus de 400 millions de F CFA sur les 7 milliards de F CFA de créances de l’Etat rétrocédées à la dite société. Il est bien au courant de ces gabegies et y mettre fin n’est pas le but recherché pour ne pas mécontenter ses  parents qui dirigent la plus part de ces sociétés. L’ENERCA, l’ORCCPA, l’ICRA, l’ANDE, la SODECA, la Mairie de Bangui … ne sont dirigés que par des gbayas de Benzambé, de Soungbé, de l’Ouham Bac ou de Bossangoa centre. Par exemple, le cas flagrant de l’ENERCA où le Directeur Général, M. Samuel Tozoui, gbaya lui aussi, est gravement malade et se trouve en France depuis plus de deux ans en soins médicaux. Son intérim est assuré pendant toute cette période et jusqu’à ce jour par une incompétente directrice commerciale, Mme Elisabeth Kofio, elle-aussi gbaya.

 

Avec un peu de bon sens, il devrait commencer par l’audit de ces entités publiques.  Ensuite, il devrait, le cas échéant limoger et arrêter les dirigeants pour fait de prédation ou détournements présumés, suivis de procès. Les ministres Fidèle Ngouandjika ou Thierry Maleyombo qui ont maille à partir avec la justice, ne devraient pas être en liberté pour narguer les Centrafricains comme ils le font.

 

Enfin, il devrait procéder à la nomination de nouveaux dirigeants pour leurs qualités professionnelles et non pour leur fidélité politique ou leur appartenance ethnique. Son esprit de prédateur lui dicte de protéger les criminels plutôt que de les sanctionner. Une décision bien calculée, car le dragon ne peut pas écraser le petit serpent local qui fait sa force.  Ces criminels se sentent désormais redevables au prédateur d’une part.  Pourquoi le rapport Garama, d’audit et de réforme  sur l’ENERCA n’a pas été publié ? Pourquoi l’audit sur la gestion des Postes et Télécommunication n’a pas été suivi d’effet ? Et que dire de celui sur la gestion de la CEMI par le vrai faux pasteur Joseph Binguimale?

 

Peu lui importe si les hôpitaux manquent de médicaments, d’oxygène ; si les routes deviennent des tombeaux ouverts. Tant pis pour tous les autres Centrafricains ; tant pis pour les partenaires extérieurs qui subventionnent ces entités en faillite et qui ne comprennent pas où vont leurs contributions ; tant pis pour les hôtels qui manquent de papier hygiénique et autres produits d’entretien. Il n’y a qu’en Centrafrique où le génie de président cherche à exécuter des tâches subalternes pendant que partout ailleurs, les présidents en ont plein les bras et délèguent des responsabilités à leurs collaborateurs.  Quand va-t-il penser à créer des richesses pour notre pays au lieu de perdre ton temps à mal gérer les maigres ressources existantes ?

 

Bozizé a réussi à rendre le fonctionnement de tout un pays comparable à la celui d’un quartier populaire où il en est le chef.  La Centrafrique navigue aujourd’hui dans le brouillard total.

 

François Bozizé Yangouvounda, Docteur Honoris Causa de l'Université de Bangui 

 

Il s’est vu décerner le titre de Docteur Honoris causa pour semble t-il « ses multiples actions en faveur de l’Université de Bangui ». Lui qui a déclaré n’avoir jamais mis  pied à l’université ni ses enfants. 

 

Or la distinction de docteur honoris causa est décernée en général  à  une haute personnalité pour saluer le parcours exceptionnel,  intellectuel, politique ou philanthropique. Après des études sanctionnées par un doctorat en Maths,  Maître Abdoulaye Wade a reçu cette distinction de l’Université de Montpellier I en mars 2009 ; de l’Université d’Auvergne en Octobre 2002 et de  l’Université de Rabat en juin 2011, des universités  étrangères.

 

L’obtention du diplôme de doctorat proprement dit nécessite des années de durs labeurs et d’immenses sacrifices. Et, si vous assistez à la remise en bonne et due forme, d’un diplôme de doctorat, vous voyez tout de suite l’émotion qui s’y dégage.  Certains récipiendaires émus vont jusqu'à verser des larmes pour le prix payé  pour une couronne qui n’a pas d’équivalent sur terre.  C’est pour cette raison que la carte de visite  d’une personne qui a fini un doctorat porte toujours le titre suivi du prénom et nom de la personne.  Comme exemple : Docteur, Moléngue ti Kodoro…, . On sait tout de suite à qui on a affaire et on ne peut que lui vouer du respect.

 

Pourquoi le Ministre de l’Enseignement supérieur et la Rectrice de l’Université de Bangui  ont-ils décerné cette distinction à Bozizé ? Est-ce qu’ils sont  en quête de promotion ou l’ont-ils fait par coterie partisane ?

 

Bozizé n’aime pas les intellectuels et surtout leurs discours qu’il juge creux. Rappelons-nous de  ses discours aux magistrats en grève en 2008 ou encore ceux adressés aux enseignants de l’Université de Bangui en grève en où il avouait n’avoir jamais pied à l’Université ? L’Université de Bangui compte aujourd’hui plus de 10 000 étudiants pour des infrastructures délabrées et inadaptées qui contiennent à peine 1000 étudiants.  Elle a son propre orchestre, mais pas de centres de recherches ni de bibliothèque qui n’existe que de nom.  L’Université vient d’être dotée d’un amphithéâtre de 1000 places baptisé «amphithéâtre Yangouvounda Bozizé» qui ressemble à s’y méprendre à une église.  Alors que la norme élémentaire et incontournable d’un amphithéâtre est de ressembler à une estrade, comme les tribunes d’un stade de football.

 

Aussi, à l’Université de Bangui, l’obtention des diplômes ne répond plus aux normes académiques mais à certains critères de sélection dictés par le pouvoir et dont l’étude et l’assiduité aux cours en sont exclues.  Les Ministres et certains fonctionnaires de l’Etat achètent les diplômes comme de petits pains.   Des ministres en ont même profité pour devenir maîtrisards en un temps record, à l’instar de l’actuel ministre de la Santé,  Jean-Michel Mandaba.

 

Quand posera-t-il la première pierre pour la construction d’une nouvelle université promise et annoncée tambour battant pendant la campagne électorale de 2005 ?

 

Son attitude ressemble étrangement à celui d’une fin de règne.  Reste à savoir s’il fera une sortie en beauté ou pas.  Bokassa a passé 14 ans au pouvoir avant d’être remercié par la France.  Kolingba est resté 12 années au pouvoir, il est parti contre son gré.  Patassé a passé 10 années au pouvoir. Il sait mieux que quiconque, comment il l’a fait partir.

 

A la lumière de ce qui se passe à Bangui, la loi de la gravité politique en Centrafrique converge vers dix ans en moyenne.  Il vient de passer 9 années au pouvoir.  Sans doute a t-il raison d’être paranoïaque ?

 

Feu Félix Houphouët-Boigny aimait à dire qu’il y a trois sortes de folie : la première, lorsqu’on a rien au départ et que l’on gagne tout ; la seconde est lorsqu’on perd tout pour se retrouver avec rien et la dernière est la vraie folie.  Par la quelle Bozizé est-il atteint ?  Difficile à dire pour le moment.  Peut-être qu’un avenir proche nous le dira.

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 13:48

Lu le 2 mars 2012
Pierre de Lacan
Source: blog "Les Rwandaises"

 

La chute de Bokassa

 

En 1975, ma famille, ma femme et mon fils Yannick de 7 ans à l'époque (Gwenaelle n'était pas encore née) se trouvaient à Bangui, moi j'étais en poste à la base militaire de Pamiers en France.

 
Et avec la politique centrafricaine, je n'avais gardé de contact qu'avec Marcellin LAMINE qui fut sans doute le plus brillant ministre du commerce de la Centrafrique, mais à qui, et je le dis, à cause des Kamach, Bokassa fit les pires misères ces années là.

 
Un matin, je reçois un coup de fil du ministère des armées à Paris.
Ce fut bref : 'Colonel, vous devez être dans 36 heures dans nos bureaux, mission en préparation en Cenrtrafrique'.

 
Je m'exécutai dans les délais et... Et j'apprend quoi ? Qu'il faut faire tomber Jean Bedel BOKASSA, car il est en train de sortir de ce qui maintenant s'appelle la Françafrique.

 

Car Bokassa avant tout le monde avait compris qu'il fallait tout faire pour ne pas rester dans ce piège. Lui déjà parlait de quitter le système CFA. Bokassa n'était pas un imbécile.


Une réunion eut lieu à Paris, avec Robert Galley, le ministre de la coopération de l'époque.


BUT: FAIRE TOMBER BOKASSA PAR TOUS LES MOYENS.


Et la stratégie fut vite trouvée, à savoir exploiter la mégalomanie de Bokassa, tout en lui coupant les vivres.
Car Bokassa durant son règne, année après année, passa tout de même de Colonel à Maréchal, selon sa propre discrétion.


Et Robert Galley nous dit ceci : Le président pense que si Bokassa se faisait Empereur, ce serait une sorte de sommet pour lui.
Je suis intervenu pour dire, c'est ridicule. La moitié de la RCA appartient traditionnellement à l'Empire du Kongo, Bokassa empereur n'aurait aucun sens aux vues des traditions locales. En outre, il est issu d'une ancienne Principauté qui n'acceptera jamais cela.

Et Robert Galley de me répondre : "On s'en fiche, l'histoire de la Centrafrique, c'est nous qui l'écrivons, les centrafricains ne savent rien de ce que vous dites. Aussi vous exécuterez les ordres."

Début 76, je suis de retour à Bangui, et l'idée d'Empire fut dûement installée dans la tête de Bokassa par l'ambassadeur de France.
Bokassa me reçut très froidement en sa villa de Kolongo avec ce : "Encore vous De Lacan ? Qu'est-ce que vous faites ici ?"
Ma réponse fut juste :' Pour vous aider, ordre de Paris''

Une réunion eut lieu avec si je me souviens bien, Mme Domitien, à l'époque Premier ministre, Ange-Félix Patassé, Théodore Lamine, Alazoula, et autres.
Il fallait préparer le couronnement du futur Empereur.

Mais ce qu'aucun d'eux ne savait, c'était la nature de ma mission : FAIRE TOMBER BOKASSA

Une autre réunion plus secrète eut lieu chez Placide LAMINE en sa villa de Lakouanga avec Mme Domitien et Théodore LAMINE, à l'initiatve de Madame la Premier ministre.
Et Madame Domitien hurlait des : 'Mais il es devenu fou ou quoi ?'

Réunion inutile, le cycle était déjà en cours.

Bokassa ne voulait pas d'un couronnement à la centrafricaine, selon les rites traditionnels.
Evidemment, des années plus tôt, il avait fait brûler toutes les archives historiques du pays.
Et ce fut encore Robert Galley, en bon perfide qui lui suggéra l'idée d'un faste à la Napoléon.

BOKASSA devint Emperreur, sans rien savoir des us et coutumes de la noblesse.


Et contrairement aux idées reçues, cela ne coûta rien à la RCA, ce fut la FRANCE qui finança le tout.
Le pouvoir en Centrafrique devint bicéphale.
Bangui avec Ange-Félix Patassé et Bokassa en son palais de Berengo.


Mais le piège s'était déjà refermé sur Bokassa car l'affaire des étudiants martyrs fut une instrumentalisation de nos services.
L'armée centrafricaine était désarmée. Elle ne pouvait donc tuer personne.
Mais la propagande française fit tout pour amplifier le phénomène.


Il y eut bien sûr des accidents, des morts, mais comme on vous le dit par erreur.
BOKASSA n'a tué personne de sa main dans cette crise.
Mais on a tout fait pour le faire croire.
Une totale propagande.

Enfin ! L'opération Barracuda de 1979 était ma mission. Exécutée de main de maître en moins de 72 heures.


Je n'en suis aucunement fier. Car cela initia l'ingérence agressive dans les affaires d'un pays indépendant.
Et si c'était à refaire, j'aurais refusé en démissionnant.


Voilà mesdames et messieurs la vérité cachée que sans doute vous ignoriez.

Et je suis simplement navré de voir encore des Centrafricains vénérer cet Empire qui fut une mascarade montée de toutes pièces par les services secrets français.

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 19:32

COMMUNIQUE N°08 / MDREC / 2011 

 

http://img.over-blog.com/100x100/1/81/85/96/photo-5/Photo-6/Photos-7/Images-8/photos-9/Photo-10/Bendounga.jpgLe Ministre de l’administration du territoire du Général président député François

BOZIZE, Monsieur Josué BINOUA vient de prendre l’arrêté n° 038/MATD/DIR.CAB, portant observation de trois journées de jeune et de prière, le mardi 27 décembre 2011 à 20 heures.

 

Par le présent communiqué, le MDREC demande à tous les Centrafricains de ne pas observer les trois journées de jeune et de prière ordonnées par le Ministre Josué BINOUA.

 

 

Les Centrafricains ne peuvent pas observer trois jours de jeune, alors que cela leur a été imposé par BOZIZE et les caciques de son régime despotique et qu’ils  meurent de faim, de malnutrition etc. 

 

Le MDREC rappelle fermement au Ministre Josué BINOUA, au Premier Ministre Faustin Archange TOUADERA et au Général président député François BOZIZE que le Centrafrique est un Etat laïc et non théocratique.

 

Les articles 8 et 18 de la Constitution du 05 décembre 2004 garantissent aux Centrafricains cette laïcité de l’Etat.  

 

Fait à Bangui, le 28 décembre 2011 

 

Le Président du MDREC

 Démocrate Joseph BENDOUNGA

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 01:52

22 décembre 2011
Jacques Marie Bourget
Bakchich

 

Des "privés" suisses ont espionné l'ex patronne d'Areva, Anne Lauvergeon, pour comprendre les tenants et aboutissants de l'étrange balade du géant du nucléaire sur les bords de l'Oubangui. Bien inutile, il suffisait d'attendre l'enquête de Bakchich.

 

En matière d’écoutes téléphoniques Anne Lauvergeon, l’ancienne patronne d’Areva qui vient de porter plainte pour avoir souffert  d’espionnage, ne doit pas être dépaysée.  A l’Elysée la charmante, et très instruite, dame a été, sous la flamboyante ère Mitterrand, la « plume » de Tonton. Qui lui-même, faut-il le rappeler, a été un maître dans l’art de dresser l’oreille à la porte des autres. Le Canard Enchainé le révèle, le 19 décembre, la blonde Anne se plaint de « complicité et recel de violation du secret professionnel », « complicité et recel de divulgation de données portant atteinte à la vie privée » et « complicité et recel d’abus de confiance » ! Du lourd.

 

Uramin, minier des îles

 

Mais, à l’époque où elle était encore l’impératrice du nucléaire tricolore, qui pouvait avoir envie d’espionner cette ancienne élève de Normale Sup ? En réalité ils étaient nombreux à souhaiter capter la voix grave de la belle blonde et celle, plus aigüe, de son mari Olivier Fric… Ce souhait, de regarder par le trou du téléphone, fut même brûlant à l’été 2007 quand Areva, contre 2,5 milliards de dollars a lancé une « OPA amicale » pour racheter  Uramin, une société minière théoriquement canadienne, mais surtout basée dans des paradis fiscaux. La question roulant sur les lèvres brûlantes était la suivante « comment est-il possible de dépenser cette énorme masse d’argent pour acquérir une société qui, au maximum, n’est valorisée qu’à 200 ou 300 millions de dollars ? Pis, qui sur le terrain minier de la Centrafrique où elle est implantée, ne possède pas toutes les licences pour  exploiter le gisement d’uranium de Bakouma ?» Des mal élevés  (et parfois même mâles élevés) se demandaient même si une âme damnée n’avait pas envoyé Anne Lauvergeon dans le mur, dans un dossier du genre « avions renifleurs ». Ces langues fourchues avaient d’ailleurs raison d’évoquer ces avions là puisque y faire référence c’est évoquer Giscard ce qui, derechef, nous renvoie en Centrafrique ! 

 

Pourtant, Anne et ses experts tenaient bon : l’avenir est au tout nucléaire sur toute la planète, même Kadhafi et les Emirats vont plonger dans les kilowatts atomiques. Pour le bien du futur approvisionnement en uranium, le prix n’avait pas de prix. Payons donc 2,5 milliards puis buvons un coup.

 

Bozizé se sent cocufié

 

Vus de Bangui ces rêves en plutonium dorés ont une autre allure. Aujourd’hui, ayant le sentiment d’avoir été cocufié par Anne et ses amis, l’excellent général Bozizé, chef de l’Etat crie « aux voleurs » par la voix inextinguible de son avocat Jacques Vergès. Plus grave le général, lui-même auto proclamé président par un coup d’état qui a viré le très corrompu Patassé,  sent le tapis du pouvoir glisser sous ses pieds. Son scénario, vous allez le constater, n’est absolument pas crédible : pour sauver les intérêts d’Aréva en Centrafrique, la France de Nicolas Sarkozy serait bien capable de lancer contre lui une forme de putsch, de le virer pour mettre à sa place un vrai ami comme Josué Binoua, le ministre de l’Administration qui vient, ça tombe à pic, de faire un long séjour en France… C’est dire si à Bangui l’atome, même sans EPR, électrise. 

 

Revenons à l’Histoire, la source de toutes les vérités.  C’est en 1959 que le gisement de M’Patou, près de Bakouma est mis à jour. En 1969 l’Etat Centrafricain et la Compagnie Française des Minerais d’Uranium (CFMU), fondent une société commune, URBA. En 1973 c’est la compagnie Société Aluminium Suisse qui reprend la pioche après de premiers essais peu concluants. Cette fois le duo helvéto-centrafricain accouche d’une firme baptisée URCA. En 1978, tout le monde est prêt à piocher si un financement se fait jour…  Mais le rêve s’écroule avec le cours mondial de l’uranium.

 

Centrafrique: l'eldorado nucléaire

 

Quinze ans plus tard l’eldorado nucléaire refait surface. Le 26 février 2006 est signée à Bangui une convention de plus, cette fois entre l’Etat et Uramin CAR Limited une société de droit des Iles Vierges britanniques. L’Article 2.1.1 prévoit la constitution d’une société de droit centrafricain (une de plus) qui « aura pour objet de détenir le permis d’exploitation et de conduire les opérations minières ». Il est bien précisé que c’est cette nouvelle boîte à outils qui fera la demande de permis d’exploitation et que ce dernier aura une validité de 25 ans. Tout roule enfin.

 

Sauf qu’un os de yassa poulet se glisse dans l’aventure. Les fourbes d’Uramin CAR Limited, par un subterfuge qui reste à mettre à jour (corruption d’un fonctionnaire ? Inimaginable !), Uramin donc, obtient le permis de piocher en son nom propre et non en celui de la société fraternelle qui doit naître de l’accouplement entre Centrafrique et Iles Vierges. Le décret O6/149 du 2 mai 2006 est bien attribué à la seule Uramin. A croire que le général Bozizé est bien distrait ?

 

En août 2007 survient l’extase, l’OPA d’Areva sur Uramin. Tant pis pour Anne et ses experts si le permis d’exploiter est pour le moins fragile si Bozizé décide d’acter en justice… Pour les besoins de la cause, Uramin CAR Limited devient, sous l’onction d’Areva, la société Uramin Centrafrique SA. Un avenant vient, ouf, régler le malentendu portant sur le permis d’exploiter. Le 1er aout 2008, sous la charge du roi de Levallois, et chargé des affaires africaines de Sarkozy, Patrick Balkany, Bozizé  accepte de donner à Areva les droits initialement accordés à Uramin. Toutefois, mais on s’en serait douté, l’article 3.2 du nouvel accord prescrit que « le transfert du titre d’Uramin à Areva se fera dans les conditions prévues par les textes en vigueur en République Centrafricaine »… Un Etat bien connu pour sa fermeté en matière de droit.  

 

Droit et passe droit

 

Parfait puisque le 26 février 2010 une réunion, autour des responsables centrafricains, d’Enrico Barbaglia vice-président  d’Areva et de Daniel Wouters vice-président « Ressources Afrique du Sud » et vice-président « Business Development » chez Areva toujours, une réunion donc qui met tout le monde d’accord pour entériner la convention minière du 28 février 2006, celle, je le rappelle aux étourdis, signée entre Bangui et Uramin. Une boîte qui n’en fait qu’à sa tête. 

 

Alors que ces courageux mineurs devaient tout bonnement transférer leur permis d’exploiter « obtenu par la ruse » à Areva Ressources Centrafrique, voilà que par le truchement de maître Doraz Serefessenet, notaire à Bangui, Uramin ne « transfère » pas le sacrosaint permis, mais en fait « cession ». Ce qui, si on sait lire, veut dire qu’Areva devrait pour cela ouvrir sa bourse ? Non. Chez Uramin on est avant tout mineurs et pas hommes d’argent. Officiellement le permis a été gratuit. Sauf que la convention prévoit que « la cession est exonérée de tout droit d’enregistrement et de timbre et ne donne pas lieu à une imposition des plus values ».  Voilà qui n’est pas courtois pour le si exsangue Trésor de Centrafrique. Des juristes locaux, qui voient tout en noir, écrivent alors «Fort de cette cession rocambolesque, un enregistrement à titre gratuit a été effectué par le service de la Conservation foncière le 31 aout 2010, en fraude aux droits de l’Etat ». Décidemment, Bozizé ne tient pas ses fonctionnaires !

 

Où l'on retrouve la bande à Balkany 

 

Et voilà un général qui se croyait assis sur un tas d’or et qui n’est plus qu’un roi nu. Si l’exploitation du site de Bakouma est possible, elle sera coûteuse même si le minerai a une très riche concentration en uranium. Et patatras, Fukushima est passé par là et le nucléaire ne vaut plus un clou. C’est trop bête.

 

Pour la Centrafrique, restent les larmes, elle en a l’habitude et vit même l’arme au pied. Mais, en cocu qui fait un sursaut, le général-président Bozizé n’entend pas se laisser faire. Ses avocats ont demandé à rencontrer ceux d’Areva.  Le duel aura-t-il lieu sur le pré de Bakouma ?

 

Si un autre acteur de cette coûteuse et ténébreuse affaire, homme de premier plan dans la panoplie de la Françafrique, est aujourd’hui dans l’embarras, c’est bien  Georges A. Forrest. Néo-zélando-belgo et potentat de la République du Congo… Un ennemi des militants altermondialistes qui accusent cet empereur de tous les minerais de « sucer le sang des africains ». Forrest grand ami de Balkany, a contresigné l’accord entre la Centrafrique, Areva et Uramin, en tant que « facilitateur » (je n’invente rien) . Ah, un « facilitateur » c’est bien utile quand on signe des contrats. Ce n’est pas Balladur qui viendra dire le contraire.

 

Résultat de ce sketch : les malfaisants qui ont écouté illégalement Anne Lauvergeon se sont certainement bien amusés de voir, en direct, Areva creuser son trou. Ce qui est pourtant bien normal pour des mineurs.  

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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 20:44

14 novembre 2011
Médard Polisse-Bébé

 

Au moment où les centrafricains s’apprêtent à fêter dans l’allégresse, le 1er Décembre 2011, la proclamation de notre république, je me sens le devoir, comme tout autre centrafricain animé de l’esprit patriotique, d’attirer l’attention de l’opinion et des pouvoirs publics centrafricains sur l’état de délabrement avancé dans lequel se trouve aujourd’hui notre pays.  

 

La république centrafricaine se meurt et, avec elle, l’espoir de tout un peuple de voir sa chère patrie se mettre résolument sur la voie de développement. Un tour d’horizon des différents domaines de la vie du pays laisse présager des lendemains difficiles pour la population centrafricaine en proie à une paupérisation sans précédent depuis la légitimation en 2005 d’un pouvoir issu du fameux « sursaut patriotique » du 15 Mars 2003, et qui peine à s’imposer comme un pouvoir véritablement démocratique.

 

 

Sur le plan politique, un déficit démocratique notoire résultant du hold up électoral du 23/01/2011 a permis  de rompre le dialogue avec l’opposition politique exclue de l’Assemblée nationale par la volonté d’un homme imbue d’autorité et dont la soif inextinguible pour le pouvoir pousse, en sus, à verrouiller tous les moyens d’expression démocratique : interdiction d’organiser les meeting et les manifestations publiques. L’intimidation et la terreur, infligées à la population par certains éléments de la garde présidentielle, participent à l’entretien du climat d’insécurité chronique qui règne dans le pays, et qui prive nos concitoyens de la liberté d’aller et venir sur l’ensemble du territoire national. Les violations répétées des droits humains caractérisées par les arrestations et détentions arbitraires, les expéditions punitives, les crimes économiques, les malversations financières et autres détournements de deniers publics par les tenants du pouvoirs sont autant de dérives dictatoriales qui n’ont pas lieu d’être dans un pays déjà suffisamment échaudé par plusieurs années de turbulences politiques qui ont, par le passé, mis à très rude épreuve l’unité nationale, la paix civile, mais entraîné malheureusement aussi au sacrifice de sang de ceux de nos compatriotes victimes d’exactions aveugles. 

 

Sur le plan économique, un manque de structures adaptées dû à l’irresponsabilité d’un régime vorace dont la principale préoccupation est de s’approprier les biens de la nation centrafricaine, a mis l’économie du pays dans un état de déliquescence jamais connu depuis l’accession à l’indépendance. Pour beaucoup de nos concitoyens, le décollage économique reste une chimère dont ils mesurent les tristes retombées tous les jours aussi bien dans leurs porte-monnaies que dans leurs marmites, sauf quand on s’appelle Ngouandika et compagnie (tous milliardaires et fiers de l’être …). L’absence d’infrastructures adéquates tels que les ponts, chaussées, routes, et autres chantiers, ne permet guère la facilité des échanges économiques à l’intérieur comme à l’extérieur. Le clanisme, le clientélisme, la gabegie, érigés en système de gouvernement, amenuisent toutes les chances d’une perspective de croissance susceptible de contribuer au développement de la république centrafricaine. En plus, aucune politique économique digne de ce nom n’est envisagée par l’actuel gouvernement pour favoriser un essor industriel dans un pays qui regorge d’énormes matières premières ainsi que d’autres richesses inestimables diverses et variées dont beaucoup restent inexploitées. 

 

Sur le plan social, le taux de chômage a atteint un record inégalé du fait, non seulement d’une économie moribonde liée à une baisse d’activités due à l’absence d’une véritable politique d’emplois (même précaires), mais aussi de la discrimination à caractère tribal et/ou politique entraînant ainsi les frustrations qui sont généralement une source de fragilité pour l’unité et la concorde nationales. Nombre de postes  dans l’administration publique sont occupés majoritairement par la famille nucléaire du Général Président, les militants de son parti le KNK (au pouvoir) et apparentés. Aussi, faute de soins adaptés, les hôpitaux publics sont-ils devenus plus que des mouroirs où les malades s’y entassent comme du bétail à l’abattoir en attente d’être zigouillé. Le taux de prévalence VIH et d’autres maladies vénériennes prend une tournure vertigineuse ; au point que la mortalité infantile et maternelle, considérablement réduite dans les années quatre-vingt, atteint désormais des sommets hyper inquiétants qui laissent craindre, au-delà des drames humains familiaux, un déséquilibre démographique préjudiciable pour l’avenir de notre pays.

 

Il en est de même des écoles publiques qui ne sont plus que des lieux de villégiature où l’avenir des enfants (et donc du pays) est mis entre parenthèse en totale contradiction avec les exigences du développement humain prôné par les organisations internationales telles que l’Unesco, la francophonie, etc. Quant à la jeunesse centrafricaine, elle est comme d’habitude sacrifiée sur l’autel des promesses fallacieuses et démagogiques qui l’enferment dans une léthargie visant à la rendre amnésique et insensible aux sirènes révolutionnaires susceptibles de conduire à un chambardement, à l’exemple du « printemps arabe ».   

 

Bref, la décrépitude de la situation d’une population désormais confrontée aux problèmes de tout genre (difficulté d’accès à l’eau potable, à la santé, à l’éducation des enfants, défaut de fourniture d’électricité, exposition à l’insécurité, etc.), n’est pas de bon augure et exige du pouvoir autiste de Général Bozizé une seule alternative : Agir pour arrêter la déchéance de la nation centrafricaine.

 

Afin d’abréger en effet la souffrance de cette nation centrafricaine astreinte aux errements d’un régime aux abois, un « Sursaut Démocratique » est plus que jamais nécessaire ; le Président Bozizé doit se résoudre à prendre des mesures qui s’imposent impérativement avant la fin de l’année en cours:

  • Dissoudre immédiatement l’Assemblée nationale monopartite actuelle qui est sans commune mesure avec l’aspiration profonde du peuple centrafricain;

  • Dissoudre sans délai le gouvernement « anachronique » et incompétent dit  « Touadéra 3 » dirigé par un Premier Ministre complètement paumé et visiblement dépassé par les évènements du moment;

  • Ouvrir un dialogue franc et direct avec toutes les forces vives de la nation pour la formation d’un gouvernement d’union nationale sur la base d’un programme minimum commun ; ce gouvernement, dit de transition, devrait être chargé de préparer de nouvelles élections libres, crédibles et transparentes ;

  • Appeler toute la nation centrafricaine dans son ensemble à l’unité pour faire face aux difficultés de l’heure et relever le défi du développement.

 

Ces mesures d’urgence demandent, de la part du Général Président, un certain courage pour s’affranchir, dans son entourage, des velléités obscurantistes d’une bande d’indécrottables qui n’entendent nullement partager le pouvoir dans l’intérêt du peuple centrafricain. La responsabilité politique recommande, dès lors que l’avenir du pays est gravement menacé, de mettre l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des intérêts partisans d’une caste ou d’un groupe catégoriel.

 

En effet, le peuple centrafricain aspire, comme tous les autres peuples libres, à un certain « Bien » : la liberté (celle de se soigner, de s’instruire, de se vêtir, de se nourrir et de se loger). Aujourd’hui cette liberté fondamentale inscrite au patrimoine idéologique national  centrafricain, par notre père fondateur Barthélemy Boganda, se trouve sérieusement entamée par l’égocentrisme de ceux qui pensent que « gouverner, c’est se servir ou se faire servir » par le peuple souverain (au lieu de servir le peuple). Et ce n’est pas de l’anti-bozézisme primaire que de dire ouvertement qu’il y a un sérieux problème de gouvernance en Centrafrique et que les centrafricains souffrent parce que privés de toute ou partie de cette liberté fondamentale. Le centrafricain n’a-t-il pas le droit de voir sa condition de vie et d’existence s’améliorer ? Comment un Etat souverain peut-il faillir aussi lamentablement dans sa mission de fournir à son peuple de l’électricité, de l’eau courante, de faciliter l’accès aux soins pour tous, de promouvoir l’éducation des enfants, de garantir la sécurité sur toute l’étendue du territoire, de défendre l’intégrité territoriale, de construire des infrastructures de développement, etc. ? Questions légitimes auxquelles toute personne de bon sens, au vu de la situation actuelle de Centrafrique, peut répondre de façon tout fait anodine sans être soupçonnée d’avoir des arrières pensées politiciennes.

 

Aujourd’hui, la vérité est que « Mon Pays va Mal », notre pays va très mal. Et le Président Bozizé doit, non seulement le reconnaître, mais agir en conséquence. La république centrafricaine est le patrimoine commun de tous les centrafricains sans distinction; elle est notre Bien à tous. Elle n’est pas la propriété d’une famille, d’un clan, d’une tribu. Rien ne peut justifier, a fortiori dans le contexte de graves crises actuelles que traverse notre pays, l’exclusion de la majeure partie de nos concitoyens par le régime en place en raison de leur appartenance politique, tribale et/ou régionale. Que les détenteurs du pouvoir actuel ne se fassent pas d’illusion : ce sera avec le concours de tous les centrafricains que notre pays se remettra debout.

 

Cela dit, j’exhorte vivement le Président Bozizé à tirer les leçons du passé en référence à l’histoire de notre pays où, à force d’entêtement, un mouvement populaire et/ou sursaut patriotique, a pu emporter les régimes qui se sont montrés autoritaires, despotiques et surtout antidémocratiques. Il est donc du devoir et de la responsabilité du Président de la république qu’il est d’écouter les jérémiades de la majorité silencieuse dont les difficultés pour s’en sortir vont crescendo et pourraient menacer la paix civile si elles n’étaient pas rapidement prises en compte. Les mécontentements de plus en plus exacerbés exprimés à travers les manifestations spontanées, comme récemment dans certains quartiers de Bangui, Bouar, Bambari, prouvent à suffisance qu’une tension socio-politique couve. Il est temps que le Président Bozizé se résolve à sortir de ses certitudes (sinon de sa cécité) pour enfin affronter la réalité en répondant aux préoccupations de nos concitoyens.

 

A défaut, il ferait mieux de tirer les conséquences politiques de son inaction…   

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 07:00

5 novembre2011
Olivier Gabireault
Personnalité politique indépendante

 

 

http://terresacree.org/images/uranium2.jpgLes satellites américains ont révélé en 1976 que le sous-sol centrafricain est un véritable « scandale géologique ». Cela revient très clairement à dire que le pays regorge de richesses du sous-sol qui ne sont pas encore entièrement identifiées, recensées et portées à la connaissance de la population.

 

L’initiative de concéder des richesses du sol et du sous-sol n’est pas mauvaise, si elle se fait dans le respect de la constitution pour l’intérêt réel de la nation d’une part et des partenaires appelés à les exploiter d’autre part.

 

Par une déclaration datée du 12 janvier 2006, à l’époque comme Président du parti ADP, j’avais attiré particulièrement l’attention des députés aussi bien de l’opposition que de la majorité sur l’usage douteux de la loi d’habilitation qu’allait faire le Président de la République qui disposait pourtant d’une majorité confortable à l’Assemblée Nationale, capable de voter les oreilles et les yeux fermés tous les projets émanant du gouvernement. J’y avais également insisté sur l’impérieuse nécessité de la ratification des ordonnances que  le Chef de l’Etat allait prendre  grâce à cette loi d’habilitation, conformément à l’article 29 de la constitution. Je précise que la procédure de ratification parlementaire qui n’a pas encore été utilisée par notre Assemblée Nationale, consiste, à la fin de la période fixée par une loi d’habilitation, à examiner les ordonnances prises par le Président de la République pour confirmer celles qui peuvent continuer d’entrer en vigueur et déclarer caduques celles qui sont rejetées.

 

Or c’est en profitant de la loi d’habilitation que le Président de la République a signé et ratifié le 28 février 2006 une convention concédant l’uranium de BAKOUMA à la société URAMINES sur une base de plus de 93°/° à cette entreprise et moins de 7°/° à l’Etat centrafricain.

 

Bien que l’article 29 de la constitution accorde à l’Assemblée Nationale le droit de ratification de toutes les ordonnances prises par le Chef de l’Etat à la fin de la période fixée dans la loi d’habilitation sous peine de caducité de celles-ci, les députés n’ont pas fait valoir cette prérogative, se rendant ainsi complices des actes du Président de la République. Cette procédure leur aurait pourtant permis de poser des questions sur le bradage pur et simple de l’uranium de BAKOUMA à la société URAMINES avec une absence inouïe du sens de l’intérêt général.

 

Pour permettre àcette société d’exploiter l’uranium de BAKOUMA en se conformant aux exigences de l’AEA (Agence de l’Energie atomique), il fallait faire voter une loi sur les minerais radioactifs en août 2006. Cette occasion qui aurait pu permettre aux députés de demander et prendre connaissance de la convention signée entre l’Etat et la société URAMINES tenue jusque là secrète n’a pas été utilisée. Par des pressions et pratiques indignes, le pouvoir les a amenés à voter cette loi sans qu’ils sachent exactement dans quelles conditions l’uranium de BAKOUMA a été concédé, ce qui est totalement irresponsable pour des représentants de la nation.

 

Des journalistes ont été menacés publiquement de mort par le pouvoir pour des questions jugées trop persistantes sur le dossier URAMINES et des jeunes incités par le Chef de l’Etat, de passage dans la localité, à agresser les leaders politiques originaires de la région qui oseraient porter des critiques sur cette société.

 

Mais les faits sont malheureusement têtus. A force de les piétiner, de les étouffer, on finit toujours par se trouver en mauvaise posture.

 

Au moment des négociations avec URAMINES, au lieu de lui accorder 93°/° des parts, le gouvernement aurait du demander par exemple :

 

- La construction d’une autoroute même à deux voies reliant BAKOUMA à BANGUI, bénéfique économiquement par le double avantage de relancer la production agricole dans la région du fait de la certitude de l’évacuation ainsi que de la commercialisation des produits, le transport des minerais vers le port de la capitale notamment ;

 
- Des aménagements de l’Oubangui et du Haut OUBANGUI (réalisation d’une écluse au niveau du barrage de Mobaye, d’un bassin de retenue d’eau à PALAMBO) rendant navigable le Haut OUBANGUI jusqu’aux anciens ports de KEMBA et OUANGO pouvant ainsi être reliés à BAKOUMA par une voie bitumée, ce qui aurait offert de nombreux avantages notamment :

 

  • la  relance de l’activité agricole dans le MBOMOU, le Haut MBOMOU, la HAUTE KOTTO, la BASSE KOTTO, la OUAKA dont la production aurait pu être évacuée par bateau vers les ports de BANGUI et de la sous-région tels BRAZZAVILLE, KINSHASA;

 

  • le transport des minerais vers POINTE NOIRE via BRAZZAVILLE ;

 

  • le transport du sucre de NGAKOBO vers BANGUI pour minorer son prix de revient;

 

  • l'exploitation, le transport de belles et rares essences  de bois de l’Est du pays vers l’extérieur;

 

  • le ravitaillement en produits vivriers de BANGUI à des prix minorés, le transport par voie d’eau étant le moins onéreux ;

 

  • la multiplication d’échanges de toute nature bénéfiques à l’économie nationale etc.;

 

  • La réalisation d’un barrage hydroélectrique sur l’OUBANGUI, ce qui aurait fait éviter la gravecrise d’électricité que connaissent aujourd’hui les centrafricains.

 

Bref, les exemples d’investissements pouvant avoir une retombée bénéfique sur l’économie du pays seraient nombreux si les autorités qui ont bradé l’uranium avaient un seul instant pensé à l’intérêt de la nation.

 

Il était préférable pour nos dirigeants de négocier, signer une convention qui profite directement ou indirectement à la population centrafricaine par des infrastructures d’intérêt collectif comme celles indiquées ci-dessus qu’un contrat conclu dans l’obscurité la plus totale dont les conséquences ont fini par se révéler au grand jour, mais que l’histoire retiendra.

 

En effet, il a fallu que la société URAMINES actionnaire majoritaire dans l’exploitation de l’uranium de BAKOUMA (plus de 93% des parts) cède pourtant régulièrement ses droits à la société nucléaire AREVA, pour que le pouvoir crie au scandale, estimant qu’il n’en a pas été informé, oubliant du coup qu’il n’a lui-même jamais informé le peuple centrafricain de ce dossier.

 

Face à cette situation, j’avais estimé à l’époque comme Président de l’ADP, dans une déclaration du 24 septembre 2007, qu’au lieu de tenter maladroitement de faire organiser une marche pour tirer argument de leur propre crime économique ou de le voiler, le Président de la République et le Ministre des Mines devraient s’expliquer très clairement sur cette très grave affaire afin que le peuple centrafricain sache :

 

  • Pourquoi le gouvernement a préféré utiliser la loi d’habilitation pour négocier, signer et ratifier la convention avec URAMINES, en violant par ailleurs l’art 29 de la constitution qui l’oblige à présenter les ordonnances prises dans ce cadre à la ratification de l’Assemblée Nationale? 

 

  • Pourquoi la part de l’Etat Centrafricain est si insignifiante, moins de 7% face à URAMINES dans la convention initiale et quelle contrepartie justifie une telle concession?

 

  • Pourquoi l’Etat centrafricain qui n’aurait que moins de 7% des parts face à URAMINES si celle- ci avait exploité elle-même, se plaint du rachat des actions de cette société par AREVA et demande un réexamen de la situation ?

 

  • Pourquoi l’Etat centrafricain est resté silencieux sur les affirmations d’Afrique Education selon lesquelles une somme de 12 milliard CFA aurait été versée dans le cadre de la signature du contrat avec URAMINES ?

 

  • Pourquoi l’Etat centrafricain ne s’adresse pas à URAMINES s’il estime qu’elle n’aurait pas respecté une clause quelconque de la convention en vendant ses droits sans l’en informer au lieu de prendre pour cible la société AREVA?

 

Toutes ces questions sont restées à ce jour sans réponse et la position de mon parti au sujet d’une marche que le pouvoir voulait organiser en septembre 2006 était qu’il appartenait tout d’abord à l’Etat centrafricain de prouver qu’il a négocié, signé, ratifié régulièrement, dans la transparence une convention engageant les ressources naturelles conformément à la constitution, dans l’intérêt du pays et préciser clairement quel préjudice réel il subit du fait de la cession des parts de la sociétéURAMINES à AREVA.

 

Des arrangements ont certainement eu lieu entre AREVA et le Gouvernement.

 

Leurs clauses ne sont pas connues, pour savoir si la suspension des activités de cette société qui n’est certes pas une bonne nouvelle pour la population y est prévue. Dans tous les cas, il n’appartient pas au Directeur Général des Mines, cadre technique de s’expliquer sur ce dossier mal négocié au départ, mais bien au contraire à ceux qui cherchent désormais à détourner maladroitement l’attention face à la réaction prévisible de la population au sujet de l’uranium de BAKOUMA. 

 

Des pays africains précédemment colonisés par la France concèdent leurs richesses avec des retombées positives sur leurs populations respectives par des infrastructures d’intérêt collectif ou des avantages sociaux comme le relèvement de 20°/° du niveau dusalaire des fonctionnaires au Tchad il y a quelques jours, consécutif aux ressources du pétrole. En Centrafrique, la population qui ne bénéficie pas des retombées réelles des concessions des richesses du pays malhonnêtement négociées, est manipulée juste pour réagir lorsque tout va mal.

 

L’article 69 de la constitution soumet tout accord concernant les finances et les ressources naturelles du pays à l’autorisation préalable de l’Assemblée Nationale. Les raisons en sont simples et visent à protéger aussi bien l’intérêt des investisseurs eux-mêmes que celui du pays. Tout d’abord une convention, un accord, un contrat, peu importe l’appellation, conclu avec une entreprise étrangère suit la même procédure qu’un traité dont la seule différence est qu’il intervient essentiellement entre au moins deux Etats ou entre plusieurs Etats et une organisation internationale. Ce qu’il faut surtout retenir, c’est qu’une convention signée avec une entreprise étrangère fait  intervenir l’Etat dont elle a la nationalité par le biais de ce qu’on appelle une protection diplomatique en cas de litige.

 

La protection diplomatique consiste pour un Etat à venir au secours de son ressortissant lésé dans ses droits face à un autre Etat en prenant fait et cause pour son national, ce que la République Centrafricaine ne fait généralement pas pour les siens alors que les autres Etats sont prompts dans ce domaine. Ces précisions sont données pour faire comprendre les répercussions que ce que certains considèrent à tort comme un contrat ordinaire peut avoir sur le plan diplomatique. Par ailleurs ces précisions font également ressortir la nécessité pour l’Assemblée Nationale de bien examiner les dispositions d’un accord avant d’autoriser le Président de la République à le ratifier. L’accord n’est applicable qu’après avoir suivi cette procédure qui existe dans la majorité des pays du monde.

 

Les investisseurs ont tout intérêt d’exiger cette procédure prévue par l’art 69 de la constitution pour les raisons suivantes : 

 

  • le fait que des concessions de ressources naturelles soient portées à la connaissance de la population grâce à la procédure parlementaire d’autorisation préalable est une garantie principalement pour les investisseurs ;

 

  • une population qui connaît ses intérêts dans le cadre de la mise en valeur des richesses nationales protège plus facilement les activités d’exploitation de ces ressources ;

 

  • l’Etat a tout à gagner en agissant dans la transparence. 

 

Le danger de ne pas agir dans la transparence, selon les textes et dans l’intérêt de la population, pour ensuite la manipuler face aux conséquences de cette carence est une très mauvaise publicité du pays en direction des investisseurs étrangers. Le pays peut ainsi paraître comme un Etat qui ne respecte pas ses engagements. Or rien n’est plus dommageable pour un Etat que l’image d’instabilité juridique  dans les affaires en son sein.

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Published by Olivier Gabireault - dans Centrafrique
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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 00:48

Mardi, 04 Octobre 2011 
IDSCCA

 

L'épidémie du cholera se propage en ce moment à grande vitesse sur le territoire centrafricain. Une mission du district sanitaire de la préfecture de la Lobaye qui a sillonné les secteurs de Sédalé, Ngbango, Bongo et Zinga, a confirmé la présence de cette maladie dans ces villages centrafricains, voisins de la République Démocratique du Congo.

 

Les signes cliniques de la maladie ont été décelés et des prélèvements ont été faits pour des analyses biologiques à l'Institut Pasteur de Bangui. « L'inquiétude est grande », d'après les responsables du district sanitaire de Mbaïki.

 

11 cas de décès, dus au choléra, ont été également confirmés à Bangui par le ministère de la santé publique. C'est ainsi que l'ONG Médecins Sans Frontière a aménagé un campement dans l'enceinte de l'hôpital Communautaire de Bangui, pour héberger des potentiels futures cas. D'ores et déjà, deux malades atteints du choléra y sont pris en charge.

 

La propagation du choléra à Bangui inquiète la population de la ville de Boali, qui n'est qu'à 95 kilomètres de la ville de Bangui. Cette inquiétude fait suite au fait que la principale eau de source que la population consomme, est loin d'être potable.

 

Pour l'instant, 6 personnes sont déjà décédées des suites du choléra au sud de Bangui, d'après un bilan officiel. Plusieurs personnes en souffrent encore. Ces personnes ne sont pas encore mises sous surveillance médicale, selon le service de la surveillance épidémiologique.

 

Aucune campagne visant à barrer la route à cette maladie n'a encore été lancée officiellement.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Centrafrique
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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 22:10

5 septembre 2011
Raphaël De Benito
Survie

 

AREVA vierge de tout soupçon?

 

Plusieurs députés français réclament une enquête sur l’affaire Areva après les révélations sur l’immatriculation d’une de ses filiales minières dans un paradis fiscal notoire, les îles Vierges britanniques.

 

En juin 2007, Areva, rachetait à prix d’or (2,5 milliards de dollars, 1,8 milliards d’euros), la petite société canadienne d’exploration minière, UraMin, lor­ gnant sur ses gisements en Afrique du Sud, Centrafrique et Namibie. Quatre ans plus tard, aucun des gisements n’est encore en exploitation. Areva affirmait pourtant pouvoir les exploiter rapidement avec les premières pro­ ductions attendues pour 2009 et 2010 en Namibie et Centrafrique. Le 14 juin, rétropédalage de l’encore présidente du directoire, Anne Lauvergeon : « Quand on fait une mine, entre le moment où on repère qu’il y a de l’uranium et celui où on démarre la mine, il y a en moyenne quinze ans » (Paris Match, 19 juin).

 

Curieusement, le titre d’UraMin avait flambé en bourse et « sa valeur multipliée par quatre durant les six mois ayant précédé l’offre d’Areva » (ibidem). Une valeur boursière qui a fondu comme un glaçon sous le soleil des Caraïbes puisque UraMin, rebaptisée Areva Resources Southern Africa, est immatriculée à l’ombre d’un paradis fiscal et judiciaire, les îles Vierges britanniques classées au 16 e rang des paradis fiscaux les plus opaques et les plus nocifs par le Tax Justice Network, une coalition d’ONG (L’Humanité, 15 juin). L’entreprise publique a, en effet, dû inscrire, au titre de sa filiale, pour 426 millions d’euros de dépréciations d’actifs dans ses comptes 2010 soit près d’un quart de sa valeur initiale.

 

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Bureaux d’Areva à Bangui, la capitale centrafricaine. http://www.journaldebangui.com


De l’uranium à tout prix

Des trois principaux gisements afri­cains d’Areva Resources Southern Africa, seul le gisement de Bakouma, en Centrafrique, est prometteur avec des réserves revues à la hausse. Tout dépend en fait du cours de l’uranium et de la demande. Quand elle récupère les permis, Areva fait toujours des promesses d’exploitation rapide, faisant miroiter des retombées financières immédiates. Mais en fait, elle ne les exploite que quand elle le juge rentable. En Namibie, les réserves sont importantes, mais la concentration d’uranium par tonne est très faible comme à Imouraren au Niger.


On se souvient toutefois que les pourparlers avaient été laborieux entre Areva et la présidence centrafricaine qui n’a obtenu au final qu’un ridicule 12% des bénéfices de l’exploitation de Bakouma, à 800 km de Bangui.


Une « rallonge » financière avait été obtenue par le lieutenant-colonel Sylvain Ndoutingaï, ministre d’Etat chargé des Mines et de l’Énergie, numéro deux du régime et neveu du président François Bozizé. D’autres conseillers et intermédiaires avaient veillé sur cette convention à commencer par le négociant belge Georges Forrest, consul honoraire de France au Katanga (RDC) qui avait par ailleurs obtenu, pour lui-même, sept permis de recherche d’uranium, en bordure de la concession du groupe français (Lettre du Continent). N’oublions pas de citer également l’ex-barbouze rwandaise du sinistre gouvernement Habyarimana, Fabien Singaye, conseiller spécial à la sécurité de Bozizé et surtout le sulfureux député-maire de Levallois, Patrick Balkany, émissaire officieux dans la plus pure tradition françafricaine, qui a épinglé, en 2010, à son veston-safari, la médaille de commandeur remise par le président centrafricain François Bozizé.


De quoi encourager l’initiative de certains députés français dont Jérôme Cahuzac, le président socialiste de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, d’ouvrir une enquête sur Areva au moment crucial où l’entreprise publique filialise ses activités minières qui doivent servir de prélude à l’ouverture du capital. Il y aurait matière à répondre à des questions qui pourraient être embarrassantes : pourquoi Areva Resources Southern Africa est-elle toujours immatriculée dans un paradis fiscal ? Qui sont les bénéficiaires de la vertigineuse hausse du titre d’UraMin avant son rachat par Areva ?


Il serait également intéressant de connaî­tre les détails du commissionnement dans le contrat de Bakouma.
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Published by Juliette Abandokwe - dans Centrafrique
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