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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 01:09

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Communiqué

 

Paris, le 23 février 2011


Jean-Christophe Cambadélis

Secrétaire national à l'Europe et aux relations internationales

 

Centrafrique : des principes démocratiques à géométrie variable ?

 

Le Parti socialiste (PS) est préoccupé par la situation politique centrafricaine, après la proclamation le 12 février des résultats de l’élection présidentielle et du premier tour des élections législatives du 23 janvier 2011.

 

Les principales forces d’opposition centrafricaines, regroupées au sein du Collectif des forces du changement (CFC), n'ont eu d'autre choix que d'appeler au boycott du second tour des élections législatives, prévu le 20 mars 2011.

 

Le PS s’étonne du soutien manifeste des autorités françaises à ces résultats, le Quai d’Orsay «prenant note » de la réélection du président sortant dès le premier tour, en dépit des nombreuses irrégularités dénoncées par les observateurs indépendants – notamment européens – et dénoncées par les principales forces d’opposition : bureaux de votes fictifs, listes électorales truquées, électeurs porteurs de plusieurs cartes.

 

Les principes démocratiques ne sont pas à géométrie variable. Il ne saurait y avoir deux poids et deux mesures, en Afrique comme ailleurs. Partout, la France doit défendre le droit, la démocratie et la justice. Le népotisme du régime Bozizé est particulièrement caricatural. Outre lui-même, le président en place a fait élire plusieurs députés dès le premier tour : son épouse, deux de ses fils, sa soeur, son neveu, son cousin ainsi que de nombreux autres proches.

 

Le Parti socialiste entend construire une relation nouvelle, fraternelle et égale avec les États et les peuples d’Afrique. Il apporte son soutien résolu aux forces politiques centrafricaines exigeant un examen impartial des irrégularités commises le 23 janvier, et spécialement au courageux Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC) de Martin Ziguélé.

 

 

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 19:16

16 décembre 2010

Source: Crisis Group

 

Dans certaines régions diamantifères de la République centrafricaine (RCA), l'extrême pauvreté et les conflits armés menacent la vie de milliers de personnes. Une réforme du secteur minier s'impose. "De dangereuses petites pierres : Les diamants en République centrafricaine", le dernier rapport de l’International Crisis Group, démontre comment la mauvaise gouvernance, la pauvreté et la criminalité dans le business du diamant nourrissent les conflits. Du fait de sa fragilité chronique, l’Etat n’a ni les moyens ni la volonté d’assurer que l’exploitation de ces richesses naturelles bénéficie à la population. Les calculs politiques entravent la gouvernance du secteur et accroissent l’appauvrissement des mineurs tandis que la forte taxation des exportations favorise une contrebande que les autorités sont incapables d’enrayer.

« Les mineurs victimes de la pauvreté et du parasitisme de l’Etat rejoignent facilement les groupes rebelles », explique Ned Dalby, analyste de l’Afrique centrale à l’ICG. « Pendant ce temps, les réseaux criminels permettent aux combattants de profiter de l’extraction et du commerce illégal de diamants et de continuer à s’en prendre aux populations ».

Depuis l’arrivée au pouvoir du Président François Bozizé en 2003, les compagnies minières sont quasiment toutes parties, ne laissant derrière elles qu’un vaste secteur informel. Le régime cherche à récolter des profits immédiats en imposant une réglementation fiscale stricte et une gestion opaque et centralisée, mais le prix élevé des permis et la corruption de la brigade minière créent un piège à pauvreté pour les mineurs artisanaux condamnés à l’économie informelle. La fermeture par le gouvernement en 2008 de la plupart des comptoirs d’exportation a sévèrement diminué les investissements dans la production, a fait disparaître de nombreux emplois et a ainsi contribué à l’essor de la malnutrition infantile.

La contrebande prive le pays de recettes nécessaires. Dans le même temps, la redistribution inéquitable des richesses nationales par l’Etat a conduit certains groupes marginalisés à entrer en rébellion, les profits tirés du trafic de diamants leur permettant d’attirer des recrues et leur fournissant une forte incitation pour ne pas désarmer.

La réforme du secteur des diamants est impérative pour améliorer les conditions de vie des communautés minières, augmenter les recettes de l’Etat et mettre fin aux conflits armés à répétitions. Le gouvernement doit renforcer le contrôle démocratique et la transparence de la gestion minière. Un engagement manifeste en ce sens doit constituer la condition sine qua non pour le soutien des partenaires internationaux à une réforme en profondeur du secteur du diamant. La stratégie de réforme devrait prioriser l’exploitation artisanale sur l’exploitation industrielle mais aussi réduire les incitations à la contrebande et renforcer les contrôles sur le lien entre trafic de diamants et groupes armés.

« Il est grand temps que le gouvernement et les partenaires internationaux s’engagent pour une réelle réforme du secteur minier », déclare Thierry Vircoulon, directeur du Projet de l’Afrique centrale à l’ICG. « Sinon, la consolidation de la paix restera une entreprise inachevée en RCA ».

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11 février 2011 5 11 /02 /février /2011 13:21

8 février 2011

Centrafrique Presse

 

vote-a-Bangui-4eme.jpgChaque jour qui passe apporte son lot de révélations sur la parodie d'élections qui a eu lieu le 23 janvier 2011 en Centrafrique, notamment sur l'ampleur de la fraude du clan bozizéen. Par exemple, à Kabo où la CEI a cru annoncer la victoire au premier tour de Francis Bozizé, la réalité de ce qui s'est passé est tout autre. Kabo est une ville martyre qui a beaucoup souffert de la terreur de Francis Bozizé pendant la rébellion de son père. Tueries, incendies volontaire de maisons...

 

On ne voit pas comment la population de cette ville peut spontanément élire ce monstre de rejeton. En effet, c’est une dame, Mme Edith Badingar candidate indépendante qui était en tête suivie par le candidat du MLPC, Clément Nobona. Informé, le clan Bozizé a aussitôt dépêché un convoi militaire de la GP kidnapper le sous-préfet de la ville qui est ramené manu militari à Bangui et dans la même nuit de leur arrivée, conduit à Sassara. Là, ils ont procédé à leur guise aux falsifications et modifications nécessaires pour faire gagner Francis Bozizé au premier tour. Comment peut-t-on appeler « élections » un tel carnaval.

 

S’agissant de Carnot, c’est par la terreur et l’intimidation que les soldats de la garde présidentielle ont fini par imposer comme députée de Carnot 1 la maîtresse favorite de Bozizé, Renée Madeleine Sambo Bafatoro qui a clairement fait chanter son président d’amant que si elle n’était pas élue dès le premier tour comme Monique sa rivale à Bimbo 2, elle allait rompre avec lui et retourner vivre en France avec ses enfants.

 

Jusqu’à présent, Carnot continue de vivre sous la terreur de la garde présidentielle qui n’arrête pas de persécuter et spolier les collecteurs et opérateurs économiques de la ville qui sont accusés de n’avoir pas voté le KNK et d’avoir soutenu financièrement le candidat Ibrahim Aoudou Paco. Ils sont régulièrement victimes d’extorsion d’argent (en général plusieurs millions de F CFA) par un certain lieutenant Abdoulaye de la garde présidentielle. La population est littéralement terrorisée sur les multiples barrières routières sur l’axe Carnot-Berbérati et Carnot–Baoro où les téléphones portables et sommes d’argent sont systématiquement arrachés aux voyageurs et confisquées.

 

C’est dans ce contexte que les concurrents de la maîtresse de Bozizé de Carnot dont Ibrahim Aoudou Paco viennent d’adresser une lettre de protestation au faux pasteur et nullissime Joseph Binguimalé de la CEI pour dénoncer les nombreuses violations du code électoral pendant et après le scrutin du 23 janvier 2011.

Ces « élections » doivent être annulées purement et simplement.

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 00:36
Relu pour vous le 1er février 2011
Publié le 29 mai 2009
Kathy Glassborough

Mais les Procureurs de la CPI indiquent qu’ils manquent de preuves pour établir sa responsabilité pénale individuelle pour les crimes.
Une femme, visiblement perturbée, se tient de côté alors que nous parlons à un groupe de personnes dans les rues de Bangui au sujet de la justice à l’encontre de l’ancien président du pays qui a selon eux entraîné les gens ordinaires dans une bataille après avoir perdu le contrôle du pouvoir.

Bernard, notre traducteur, nous dit qu’Elisabeth vit à PK12, une zone située juste à l’extérieur de la capitale de la République centrafricaine, RCA, qui fut dévastée lors des “évènements” de 2002 à 2003, lorsque l’ancien chef de l’armée et Chef d’État actuel François Bozizé avait arraché la présidence des mains d’Ange-Félix Patassé après plusieurs mois de combats.

Alors qu’Elisabeth marmonne entre ses dents, nous remarquons qu’elle n’a plus de dents de devant. Soudain, elle élève la voix au dessus de celle du groupe et crache avec colère, “Patassé… doit [être traduit en] justice pour répondre de ce qu’ [il] nous a fait. 

“Les Banyamulengue ont brûlé nos maisons. Les femmes ont été violées et leurs maris tués. Aujourd’hui, les femmes n’ont plus de maris mais elles ont le sida, et leurs enfants ont le sida.” 

Elisabeth nous explique que ses dents de devant ont été démolies avec la crosse d’une arme pendant les évènements.

Banyamulengue est le nom que les habitants donnent au Mouvement pour la libération du Congo, MLC, une milice congolaise dirigée par Jean-Pierre Bemba, qui aurait été amenée par Patassé en 2002 pour l’aider à repousser les rebelles. 

Patassé, qui vit aujourd’hui en exil au Togo, aurait également recruté d’autres milices des pays voisins, y compris celle dirigée par Abdoulaye Miskine, homme politique et rebelle tchadien basé en Libye. 

Les Procureurs de la Cour pénale internationale, CPI, indiquent qu’entre octobre 2002 et mars 2003, les civils furent violés, assassinés, torturés et que leurs biens furent volés par le MLC et les propres troupes de Patassé, apparemment en représailles de leur soutien présumé à Bozizé.

Depuis le début de leur enquête en RCA en 2007, les Procureurs ont souligné que le nombre des civils violés était tel qu’il ne pouvait être ignoré en droit international, et que les rapports de violence sexuelle incluaient souvent “des aspects aggravants de cruauté”, tels que des auteurs multiples, et la participation forcée des membres de la famille. 

Suite à ces enquêtes, Bemba a été inculpé par la CPI pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, et il est actuellement en détention dans l’attente de son procès. Les Procureurs indiquent qu’il conclut avec l’ancien président un accord commun, et qu’ils avaient un arrangement réciproque en vertu duquel Bemba apportait une aide militaire à Patassé en échange de son soutien stratégique et logistique. 

Bemba aurait cherché à obtenir l’aide de Patassé pour renforcer la frontière entre la République démocratique du Congo, RDC, et la RCA après que l’ancien président de la RDC Laurent Kabila soit entré par la RCA pour attaquer le MLC de Bemba en 1998. Il est également accusé de s’être allié à Patassé pour empêcher que des liens se nouent entre le président de la RCA de l’époque et Kabila. 

Mais bien que les Procureurs reconnaissent que Patassé a été impliqué dans les atrocités, ils n’ont pas émis de mandat d’arrêt contre lui.

Elisabeth indique qu’il ne suffit pas qu’un chef de milice étrangère soit traduit en justice pour ce qui s’est passé en RCA. Pour elle, l’homme qui a fait venir les Banyamulengue dans le pays doit aussi être tenu responsable. 

Des sentiments similaires sont exprimés à Bangui et dans les zones environnantes. 

A PK12, à une distance de 12 kilomètres en bus depuis la ville, nous sommes assis et parlons à Jeudi, un chef de communauté de l’un des quartiers de la zone.

“Mon quartier a été maudit par Dieu,” déclare-t-il.

“[Lors du coup d’état, les forces] ont violé les femmes, [celles qui étaient] épouses [tout comme celles qui ne l’étaient pas], 10 ou 15 hommes sur une femme. La plupart des femmes ont été affectées, les Banyamulengue les ont contaminées,” explique Jeudi.


Assis dans une clairière entre les huttes à l’écart de la principale route marchande qui traverse PK12, Jeudi nous raconte que sa communauté a été dévastée au cours des évènements. 

Il nous emmène voir des femmes qui nous parlent de multiples viols en réunion que nombre d’entre elles ont subi. 

Elles nous montrent aussi leurs maisons rudimentaires, désignant du doigt les fenêtres dont les cadres en bois ont été, selon elles, démontés et brûlés par les soldats lors des combats.

Il y a une compréhension inégale au sujet de la CPI et de son travail parmi les gens à qui nous parlons. Alors que certains semblent n’en avoir jamais entendu parler, d’autres savent qu’à La Haye, un tribunal étudie les crimes commis contre eux.

Cependant, Jeudi, est au courant du travail de la Cour et comme les autres, il appelle à ce que Patassé soit traduit en justice à La Haye. “[Il] devrait être emmené à la CPI,” déclare-t-il.

Marie Edith Douzima Lawson, une avocate de RCA qui représente les victimes devant la CPI, a noté que “lors de l’audience de confirmation des charges de Bemba le nom de Patassé est apparu comme celui du co-auteur des crimes”.



Elle indique qu’il est difficile d’expliquer aux victimes pourquoi la CPI n’a pas émis de mandat d’arrêt contre Patassé même si la Cour a indiqué qu’il était impliqué dans les violences dans des documents officiels et des audiences publiques.

Il y a eu de nombreuses spéculations quant à la raison de savoir pourquoi Patassé n’a pas été inculpé.

Fatou Bensouda, procureur adjoint à la CPI, a expliqué que les Procureurs n’avaient pas agi parce qu’ils manquaient de preuves par rapport à sa responsabilité pénale individuelle.

“Nous sommes satisfaits des preuves dont nous disposons quant à la responsabilité pénale individuelle de Bemba. Voilà pourquoi nous avons continué à poursuivre Bemba. Nous ne disposons pas encore de ces éléments contre Patassé. Voilà pourquoi nous n’avons pas réclamé un mandat d’arrêt contre lui, même si il est co-auteur avec Bemba,” a-t-elle expliqué.

Bensouda a déclaré que Patassé avait sans aucun doute été un acteur très important dans le conflit de RCA entre 2002 et 2003, et a ajouté qu’il était l’un de ceux qui avaient fait venir les troupes du MLC dans le pays. 

Cependant, elle a déclaré que cela ne suffisait pas pour monter un dossier d’accusation contre lui, “Nous sommes dirigés par les preuves et les preuves seulement. Nos enquêtes continuent, [mais] nous poursuivrons Patassé uniquement si nous sommes convaincus que sa responsabilité pénale individuelle est établie.” 

Elle a également souligné que personne n’est à l’abri de la justice de la CPI, précisant qu’un chef d’état en exercice – Omar El Béchir du Soudan – avait été inculpé par la Cour. 

Alors que les citoyens de RCA s’inquiètent du fait qu’aucun ressortissant de leur pays n’ait été inculpé par rapport aux atrocités commises en 2002 et 2003, Bensouda a expliqué qu’il n’y avait rien d’étrange à cela.


“Ce n’est pas une surprise qu’un chef de milice étranger ait été inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en RCA. A cette époque, Jean-Pierre Bemba était le chef incontesté du MLC, et de ces mêmes Banyamulengue qui ont violé, pillé et tué les civils en RCA,” a-t-elle dit.

Bensouda a déclaré que beaucoup de victimes interviewées avaient désigné ceux qui avaient commis des crimes contre eux comme “les hommes de Bemba”.

“Je pense que cela dit tout,” a-t-elle dit. “Les victimes de ces crimes semblent satisfaites, soulagées et reconnaissantes par rapport au fait que Jean-Pierre Bemba ait été arrêté et qu’il soit sur le point d’être jugé. 

“Lorsque nous avons annoncé l’arrestation de Bemba vous pouviez voir sur le marché de nombreuses personnes qui écoutaient la nouvelle, la radio colée à l’oreille. C’était un rêve que Bemba soit jamais amené à responsabilité pour ce qu’il a fait.”

Les avocats de Bemba ont déclaré que la CPI s’en prenait à la mauvaise personne. 

Lors de l’audience de confirmation des charges contre Bemba en janvier dernier à La Haye, sa défense avait soutenu que le MLC avait été déployé à la demande de Patassé et qu’il avait obéi à ses ordres, et que Bemba ne pouvait donc pas être tenu responsable pour les crimes prétendument commis par ses troupes en RCA. Une fois que les MLC avaient franchi la frontière du Congo, ils n’étaient plus “les hommes de Bemba” mais subordonnés à Patassé, ont déclaré les avocats.

Jeudi a expliqué que les gens à PK12 étaient perplexes par rapport à la question de savoir pourquoi ils avaient été soumis à une telle violence par des troupes prétendument soutenues par le dirigeant d’alors du pays.

“Les [forces] ont donné le prétexte qu’elles étaient là pour chasser les rebelles. Elles seules peuvent expliquer pourquoi elles ont violé les femmes. Si c’était des soldats ordinaires, ils seraient juste venus pour chasser les ennemis, pas pour violer,” a-t-il dit.

De retour à Bangui, nous nous arrêtons pour parler à Bonaventure, assise pour se reposer à l’ombre d’un arbre, alors que des filles vendant des bananes, mangues et des cartes de recharge pour portables passent lentement dans la chaleur du jour. 

“Si la CPI fait son travail, Patassé doit aussi être jugé. S’il n’est pas arrêté, cela signifie qu’il n’y a pas de justice dans le monde pour les gens comme moi,” nous dit Bonaventure.

Pierre, originaire de Bossangoa, la ville natale de Bozizé, se joint à notre conversation.

“Patassé doit répondre de ce qu’il a fait. Les Banyamulengue ont fait beaucoup de choses, ils ont commis beaucoup de crimes,” a-t-il dit.

“Ils ont dit aux maris de se déshabiller et de sortir et ils leur ont tiré dessus. Patassé a fait venir Bemba ici, alors lui aussi doit répondre devant la CPI.”

Parlant à l’IWPR depuis sa maison au Togo, Patassé a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’était “au courant de rien” après avoir été informé que les citoyens de RCA l’accusaient d’avoir invité les hommes de Bemba dans le pays, et de ne pas avoir mis un terme aux atrocités qu’ils ont prétendument commises. 

Patassé a déclaré qu’il n’était pas au courant du procès de Bemba à la CPI et, interrogé sur le fait de savoir s’il aurait été possible d’arrêter cette violence contre les civils entre 2002 et 2003, il a seulement répondu, “Nous ne sommes pas en 2002-2003, nous sommes en 2009.”

Réinterrogé sur cette dernière question, il a répondu, “Posez cette question à l’actuel président. Je répète, ces questions ne me concernent pas.”

“Les plaintes portées par Bozizé à la CPI sont illégales. Ce n’est pas à Bozizé le rebelle de se plaindre, c’est à moi qui représentait le gouvernement légal à l’époque.”

Nous partons pour un voyage en car d’une demi-heure vers un autre quartier périphérique de Bangui appelé Combattant, et nous asseyons avec un groupe de femmes du voisinage. Elles parlent d’abord lentement, et il y a de longues pauses dans la conversation. 

Puis elles commencent à nous raconter ce qui leur est arrivé lorsque les hommes de Bemba sont venus à Bangui, laissant la désolation dans leur sillage.

“Quand les Banyamulengue sont arrivés, nous nous sommes enfermées dans nos maisons. Nous avions très peur. Il était difficile de trouver de la nourriture. Ils sont restés ici longtemps, jusqu’à ce que Bozizé arrive au pouvoir. Ils traitaient très mal les gens. Ils tuaient les gens et les jetaient dans la brousse,” a déclaré une femme.

“Ils ont violé beaucoup de femmes, même des grand-mères Cinq hommes ont violé la même femme. Cette maladie, le sida s’est désormais répandue ici. Patassé les a amenés [les Banyamulengue] ici pour sa sécurité mais nous ne savons pas pourquoi ils nous ont violées.

“Leur arrivée a été soudaine. Si un homme réagissait, ils lui tranchaient la gorge. Puis ils couchaient avec toutes les femmes et en tuaient aussi certaines. S’ils entraient dans la maison et ne trouvaient pas de femmes, ils violaient les hommes. 

“Certaines femmes furent violées avec des fusils et gravement blessées à l’intérieur. Beaucoup de femmes sont tombées enceintes mais beaucoup d’enfants sont morts et les femmes mouraient juste après l’accouchement.

“Les gens [s’en sont pris à] Patassé en raison du comportement des Banyamulengue.

“Le viol est la pire des choses. Le viol est un moyen d’humilier la population. Les victimes ont déclaré qu’elles voulaient faire passer une pétition à La Haye pour que Patassé y soit transféré. Nous espérons que cela permettra aux gens d’arrêter de violer, sachant qu’ils pourraient être traduits en justice.”

Katy Glassborow est reporter de l’IWPR à La Haye. Le Dr Jan Coebergh, un docteur basé à La Haye qui se spécialise dans l’étude des taux de mortalité dans les situations de conflit, et Mélanie Gouby, reporter basée à Londres, ont contribué à cet article.

Certains des noms reproduits dans cet article ont été modifiés pour des raisons de sécurité.
 Par Katy Glassborow à Bangui (AR No. 211, 7-May-09)
Mais les Procureurs de la CPI indiquent qu’ils manquent de preuves pour établir sa responsabilité pénale individuelle pour les crimes.
Une femme, visiblement perturbée, se tient de côté alors que nous parlons à un groupe de personnes dans les rues de Bangui au sujet de la justice à l’encontre de l’ancien président du pays qui a selon eux entraîné les gens ordinaires dans une bataille après avoir perdu le contrôle du pouvoir.

Bernard, notre traducteur, nous dit qu’Elisabeth vit à PK12, une zone située juste à l’extérieur de la capitale de la République centrafricaine, RCA, qui fut dévastée lors des “évènements” de 2002 à 2003, lorsque l’ancien chef de l’armée et Chef d’État actuel François Bozizé avait arraché la présidence des mains d’Ange-Félix Patassé après plusieurs mois de combats.

Alors qu’Elisabeth marmonne entre ses dents, nous remarquons qu’elle n’a plus de dents de devant. Soudain, elle élève la voix au dessus de celle du groupe et crache avec colère, “Patassé… doit [être traduit en] justice pour répondre de ce qu’ [il] nous a fait. 

“Les Banyamulengue ont brûlé nos maisons. Les femmes ont été violées et leurs maris tués. Aujourd’hui, les femmes n’ont plus de maris mais elles ont le sida, et leurs enfants ont le sida.” 

Elisabeth nous explique que ses dents de devant ont été démolies avec la crosse d’une arme pendant les évènements.

Banyamulengue est le nom que les habitants donnent au Mouvement pour la libération du Congo, MLC, une milice congolaise dirigée par Jean-Pierre Bemba, qui aurait été amenée par Patassé en 2002 pour l’aider à repousser les rebelles. 

Patassé, qui vit aujourd’hui en exil au Togo, aurait également recruté d’autres milices des pays voisins, y compris celle dirigée par Abdoulaye Miskine, homme politique et rebelle tchadien basé en Libye. 

Les Procureurs de la Cour pénale internationale, CPI, indiquent qu’entre octobre 2002 et mars 2003, les civils furent violés, assassinés, torturés et que leurs biens furent volés par le MLC et les propres troupes de Patassé, apparemment en représailles de leur soutien présumé à Bozizé.

Depuis le début de leur enquête en RCA en 2007, les Procureurs ont souligné que le nombre des civils violés était tel qu’il ne pouvait être ignoré en droit international, et que les rapports de violence sexuelle incluaient souvent “des aspects aggravants de cruauté”, tels que des auteurs multiples, et la participation forcée des membres de la famille. 

Suite à ces enquêtes, Bemba a été inculpé par la CPI pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, et il est actuellement en détention dans l’attente de son procès. Les Procureurs indiquent qu’il conclut avec l’ancien président un accord commun, et qu’ils avaient un arrangement réciproque en vertu duquel Bemba apportait une aide militaire à Patassé en échange de son soutien stratégique et logistique. 

Bemba aurait cherché à obtenir l’aide de Patassé pour renforcer la frontière entre la République démocratique du Congo, RDC, et la RCA après que l’ancien président de la RDC Laurent Kabila soit entré par la RCA pour attaquer le MLC de Bemba en 1998. Il est également accusé de s’être allié à Patassé pour empêcher que des liens se nouent entre le président de la RCA de l’époque et Kabila. 

Mais bien que les Procureurs reconnaissent que Patassé a été impliqué dans les atrocités, ils n’ont pas émis de mandat d’arrêt contre lui.

Elisabeth indique qu’il ne suffit pas qu’un chef de milice étrangère soit traduit en justice pour ce qui s’est passé en RCA. Pour elle, l’homme qui a fait venir les Banyamulengue dans le pays doit aussi être tenu responsable. 

Des sentiments similaires sont exprimés à Bangui et dans les zones environnantes. 

A PK12, à une distance de 12 kilomètres en bus depuis la ville, nous sommes assis et parlons à Jeudi, un chef de communauté de l’un des quartiers de la zone.

“Mon quartier a été maudit par Dieu,” déclare-t-il.

“[Lors du coup d’état, les forces] ont violé les femmes, [celles qui étaient] épouses [tout comme celles qui ne l’étaient pas], 10 ou 15 hommes sur une femme. La plupart des femmes ont été affectées, les Banyamulengue les ont contaminées,” explique Jeudi.


Assis dans une clairière entre les huttes à l’écart de la principale route marchande qui traverse PK12, Jeudi nous raconte que sa communauté a été dévastée au cours des évènements. 

Il nous emmène voir des femmes qui nous parlent de multiples viols en réunion que nombre d’entre elles ont subi. 

Elles nous montrent aussi leurs maisons rudimentaires, désignant du doigt les fenêtres dont les cadres en bois ont été, selon elles, démontés et brûlés par les soldats lors des combats.

Il y a une compréhension inégale au sujet de la CPI et de son travail parmi les gens à qui nous parlons. Alors que certains semblent n’en avoir jamais entendu parler, d’autres savent qu’à La Haye, un tribunal étudie les crimes commis contre eux.

Cependant, Jeudi, est au courant du travail de la Cour et comme les autres, il appelle à ce que Patassé soit traduit en justice à La Haye. “[Il] devrait être emmené à la CPI,” déclare-t-il.

Marie Edith Douzima Lawson, une avocate de RCA qui représente les victimes devant la CPI, a noté que “lors de l’audience de confirmation des charges de Bemba le nom de Patassé est apparu comme celui du co-auteur des crimes”.



Elle indique qu’il est difficile d’expliquer aux victimes pourquoi la CPI n’a pas émis de mandat d’arrêt contre Patassé même si la Cour a indiqué qu’il était impliqué dans les violences dans des documents officiels et des audiences publiques.

Il y a eu de nombreuses spéculations quant à la raison de savoir pourquoi Patassé n’a pas été inculpé.

Fatou Bensouda, procureur adjoint à la CPI, a expliqué que les Procureurs n’avaient pas agi parce qu’ils manquaient de preuves par rapport à sa responsabilité pénale individuelle.

“Nous sommes satisfaits des preuves dont nous disposons quant à la responsabilité pénale individuelle de Bemba. Voilà pourquoi nous avons continué à poursuivre Bemba. Nous ne disposons pas encore de ces éléments contre Patassé. Voilà pourquoi nous n’avons pas réclamé un mandat d’arrêt contre lui, même si il est co-auteur avec Bemba,” a-t-elle expliqué.

Bensouda a déclaré que Patassé avait sans aucun doute été un acteur très important dans le conflit de RCA entre 2002 et 2003, et a ajouté qu’il était l’un de ceux qui avaient fait venir les troupes du MLC dans le pays. 

Cependant, elle a déclaré que cela ne suffisait pas pour monter un dossier d’accusation contre lui, “Nous sommes dirigés par les preuves et les preuves seulement. Nos enquêtes continuent, [mais] nous poursuivrons Patassé uniquement si nous sommes convaincus que sa responsabilité pénale individuelle est établie.” 

Elle a également souligné que personne n’est à l’abri de la justice de la CPI, précisant qu’un chef d’état en exercice – Omar El Béchir du Soudan – avait été inculpé par la Cour. 

Alors que les citoyens de RCA s’inquiètent du fait qu’aucun ressortissant de leur pays n’ait été inculpé par rapport aux atrocités commises en 2002 et 2003, Bensouda a expliqué qu’il n’y avait rien d’étrange à cela.


“Ce n’est pas une surprise qu’un chef de milice étranger ait été inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en RCA. A cette époque, Jean-Pierre Bemba était le chef incontesté du MLC, et de ces mêmes Banyamulengue qui ont violé, pillé et tué les civils en RCA,” a-t-elle dit.

Bensouda a déclaré que beaucoup de victimes interviewées avaient désigné ceux qui avaient commis des crimes contre eux comme “les hommes de Bemba”.

“Je pense que cela dit tout,” a-t-elle dit. “Les victimes de ces crimes semblent satisfaites, soulagées et reconnaissantes par rapport au fait que Jean-Pierre Bemba ait été arrêté et qu’il soit sur le point d’être jugé. 

“Lorsque nous avons annoncé l’arrestation de Bemba vous pouviez voir sur le marché de nombreuses personnes qui écoutaient la nouvelle, la radio colée à l’oreille. C’était un rêve que Bemba soit jamais amené à responsabilité pour ce qu’il a fait.”

Les avocats de Bemba ont déclaré que la CPI s’en prenait à la mauvaise personne. 

Lors de l’audience de confirmation des charges contre Bemba en janvier dernier à La Haye, sa défense avait soutenu que le MLC avait été déployé à la demande de Patassé et qu’il avait obéi à ses ordres, et que Bemba ne pouvait donc pas être tenu responsable pour les crimes prétendument commis par ses troupes en RCA. Une fois que les MLC avaient franchi la frontière du Congo, ils n’étaient plus “les hommes de Bemba” mais subordonnés à Patassé, ont déclaré les avocats.

Jeudi a expliqué que les gens à PK12 étaient perplexes par rapport à la question de savoir pourquoi ils avaient été soumis à une telle violence par des troupes prétendument soutenues par le dirigeant d’alors du pays.

“Les [forces] ont donné le prétexte qu’elles étaient là pour chasser les rebelles. Elles seules peuvent expliquer pourquoi elles ont violé les femmes. Si c’était des soldats ordinaires, ils seraient juste venus pour chasser les ennemis, pas pour violer,” a-t-il dit.

De retour à Bangui, nous nous arrêtons pour parler à Bonaventure, assise pour se reposer à l’ombre d’un arbre, alors que des filles vendant des bananes, mangues et des cartes de recharge pour portables passent lentement dans la chaleur du jour. 

“Si la CPI fait son travail, Patassé doit aussi être jugé. S’il n’est pas arrêté, cela signifie qu’il n’y a pas de justice dans le monde pour les gens comme moi,” nous dit Bonaventure.

Pierre, originaire de Bossangoa, la ville natale de Bozizé, se joint à notre conversation.

“Patassé doit répondre de ce qu’il a fait. Les Banyamulengue ont fait beaucoup de choses, ils ont commis beaucoup de crimes,” a-t-il dit.

“Ils ont dit aux maris de se déshabiller et de sortir et ils leur ont tiré dessus. Patassé a fait venir Bemba ici, alors lui aussi doit répondre devant la CPI.”

Parlant à l’IWPR depuis sa maison au Togo, Patassé a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’était “au courant de rien” après avoir été informé que les citoyens de RCA l’accusaient d’avoir invité les hommes de Bemba dans le pays, et de ne pas avoir mis un terme aux atrocités qu’ils ont prétendument commises. 

Patassé a déclaré qu’il n’était pas au courant du procès de Bemba à la CPI et, interrogé sur le fait de savoir s’il aurait été possible d’arrêter cette violence contre les civils entre 2002 et 2003, il a seulement répondu, “Nous ne sommes pas en 2002-2003, nous sommes en 2009.”

Réinterrogé sur cette dernière question, il a répondu, “Posez cette question à l’actuel président. Je répète, ces questions ne me concernent pas.”

“Les plaintes portées par Bozizé à la CPI sont illégales. Ce n’est pas à Bozizé le rebelle de se plaindre, c’est à moi qui représentait le gouvernement légal à l’époque.”

Nous partons pour un voyage en car d’une demi-heure vers un autre quartier périphérique de Bangui appelé Combattant, et nous asseyons avec un groupe de femmes du voisinage. Elles parlent d’abord lentement, et il y a de longues pauses dans la conversation. 

Puis elles commencent à nous raconter ce qui leur est arrivé lorsque les hommes de Bemba sont venus à Bangui, laissant la désolation dans leur sillage.

“Quand les Banyamulengue sont arrivés, nous nous sommes enfermées dans nos maisons. Nous avions très peur. Il était difficile de trouver de la nourriture. Ils sont restés ici longtemps, jusqu’à ce que Bozizé arrive au pouvoir. Ils traitaient très mal les gens. Ils tuaient les gens et les jetaient dans la brousse,” a déclaré une femme.

“Ils ont violé beaucoup de femmes, même des grand-mères Cinq hommes ont violé la même femme. Cette maladie, le sida s’est désormais répandue ici. Patassé les a amenés [les Banyamulengue] ici pour sa sécurité mais nous ne savons pas pourquoi ils nous ont violées.

“Leur arrivée a été soudaine. Si un homme réagissait, ils lui tranchaient la gorge. Puis ils couchaient avec toutes les femmes et en tuaient aussi certaines. S’ils entraient dans la maison et ne trouvaient pas de femmes, ils violaient les hommes. 

“Certaines femmes furent violées avec des fusils et gravement blessées à l’intérieur. Beaucoup de femmes sont tombées enceintes mais beaucoup d’enfants sont morts et les femmes mouraient juste après l’accouchement.

“Les gens [s’en sont pris à] Patassé en raison du comportement des Banyamulengue.

“Le viol est la pire des choses. Le viol est un moyen d’humilier la population. Les victimes ont déclaré qu’elles voulaient faire passer une pétition à La Haye pour que Patassé y soit transféré. Nous espérons que cela permettra aux gens d’arrêter de violer, sachant qu’ils pourraient être traduits en justice.”

Katy Glassborow est reporter de l’IWPR à La Haye. Le Dr Jan Coebergh, un docteur basé à La Haye qui se spécialise dans l’étude des taux de mortalité dans les situations de conflit, et Mélanie Gouby, reporter basée à Londres, ont contribué à cet article.

Certains des noms reproduits dans cet article ont été modifiés pour des raisons de sécurité.
 Par Katy Glassborow à Bangui (AR No. 211, 7-May-09)
Mais les Procureurs de la CPI indiquent qu’ils manquent de preuves pour établir sa responsabilité pénale individuelle pour les crimes.
Une femme, visiblement perturbée, se tient de côté alors que nous parlons à un groupe de personnes dans les rues de Bangui au sujet de la justice à l’encontre de l’ancien président du pays qui a selon eux entraîné les gens ordinaires dans une bataille après avoir perdu le contrôle du pouvoir.

Bernard, notre traducteur, nous dit qu’Elisabeth vit à PK12, une zone située juste à l’extérieur de la capitale de la République centrafricaine, RCA, qui fut dévastée lors des “évènements” de 2002 à 2003, lorsque l’ancien chef de l’armée et Chef d’État actuel François Bozizé avait arraché la présidence des mains d’Ange-Félix Patassé après plusieurs mois de combats.

Alors qu’Elisabeth marmonne entre ses dents, nous remarquons qu’elle n’a plus de dents de devant. Soudain, elle élève la voix au dessus de celle du groupe et crache avec colère, “Patassé… doit [être traduit en] justice pour répondre de ce qu’ [il] nous a fait. 

“Les Banyamulengue ont brûlé nos maisons. Les femmes ont été violées et leurs maris tués. Aujourd’hui, les femmes n’ont plus de maris mais elles ont le sida, et leurs enfants ont le sida.” 

Elisabeth nous explique que ses dents de devant ont été démolies avec la crosse d’une arme pendant les évènements.

Banyamulengue est le nom que les habitants donnent au Mouvement pour la libération du Congo, MLC, une milice congolaise dirigée par Jean-Pierre Bemba, qui aurait été amenée par Patassé en 2002 pour l’aider à repousser les rebelles. 

Patassé, qui vit aujourd’hui en exil au Togo, aurait également recruté d’autres milices des pays voisins, y compris celle dirigée par Abdoulaye Miskine, homme politique et rebelle tchadien basé en Libye. 

Les Procureurs de la Cour pénale internationale, CPI, indiquent qu’entre octobre 2002 et mars 2003, les civils furent violés, assassinés, torturés et que leurs biens furent volés par le MLC et les propres troupes de Patassé, apparemment en représailles de leur soutien présumé à Bozizé.

Depuis le début de leur enquête en RCA en 2007, les Procureurs ont souligné que le nombre des civils violés était tel qu’il ne pouvait être ignoré en droit international, et que les rapports de violence sexuelle incluaient souvent “des aspects aggravants de cruauté”, tels que des auteurs multiples, et la participation forcée des membres de la famille. 

Suite à ces enquêtes, Bemba a été inculpé par la CPI pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, et il est actuellement en détention dans l’attente de son procès. Les Procureurs indiquent qu’il conclut avec l’ancien président un accord commun, et qu’ils avaient un arrangement réciproque en vertu duquel Bemba apportait une aide militaire à Patassé en échange de son soutien stratégique et logistique. 

Bemba aurait cherché à obtenir l’aide de Patassé pour renforcer la frontière entre la République démocratique du Congo, RDC, et la RCA après que l’ancien président de la RDC Laurent Kabila soit entré par la RCA pour attaquer le MLC de Bemba en 1998. Il est également accusé de s’être allié à Patassé pour empêcher que des liens se nouent entre le président de la RCA de l’époque et Kabila. 

Mais bien que les Procureurs reconnaissent que Patassé a été impliqué dans les atrocités, ils n’ont pas émis de mandat d’arrêt contre lui.

Elisabeth indique qu’il ne suffit pas qu’un chef de milice étrangère soit traduit en justice pour ce qui s’est passé en RCA. Pour elle, l’homme qui a fait venir les Banyamulengue dans le pays doit aussi être tenu responsable. 

Des sentiments similaires sont exprimés à Bangui et dans les zones environnantes. 

A PK12, à une distance de 12 kilomètres en bus depuis la ville, nous sommes assis et parlons à Jeudi, un chef de communauté de l’un des quartiers de la zone.

“Mon quartier a été maudit par Dieu,” déclare-t-il.

“[Lors du coup d’état, les forces] ont violé les femmes, [celles qui étaient] épouses [tout comme celles qui ne l’étaient pas], 10 ou 15 hommes sur une femme. La plupart des femmes ont été affectées, les Banyamulengue les ont contaminées,” explique Jeudi.


Assis dans une clairière entre les huttes à l’écart de la principale route marchande qui traverse PK12, Jeudi nous raconte que sa communauté a été dévastée au cours des évènements. 

Il nous emmène voir des femmes qui nous parlent de multiples viols en réunion que nombre d’entre elles ont subi. 

Elles nous montrent aussi leurs maisons rudimentaires, désignant du doigt les fenêtres dont les cadres en bois ont été, selon elles, démontés et brûlés par les soldats lors des combats.

Il y a une compréhension inégale au sujet de la CPI et de son travail parmi les gens à qui nous parlons. Alors que certains semblent n’en avoir jamais entendu parler, d’autres savent qu’à La Haye, un tribunal étudie les crimes commis contre eux.

Cependant, Jeudi, est au courant du travail de la Cour et comme les autres, il appelle à ce que Patassé soit traduit en justice à La Haye. “[Il] devrait être emmené à la CPI,” déclare-t-il.

Marie Edith Douzima Lawson, une avocate de RCA qui représente les victimes devant la CPI, a noté que “lors de l’audience de confirmation des charges de Bemba le nom de Patassé est apparu comme celui du co-auteur des crimes”.



Elle indique qu’il est difficile d’expliquer aux victimes pourquoi la CPI n’a pas émis de mandat d’arrêt contre Patassé même si la Cour a indiqué qu’il était impliqué dans les violences dans des documents officiels et des audiences publiques.

Il y a eu de nombreuses spéculations quant à la raison de savoir pourquoi Patassé n’a pas été inculpé.

Fatou Bensouda, procureur adjoint à la CPI, a expliqué que les Procureurs n’avaient pas agi parce qu’ils manquaient de preuves par rapport à sa responsabilité pénale individuelle.

“Nous sommes satisfaits des preuves dont nous disposons quant à la responsabilité pénale individuelle de Bemba. Voilà pourquoi nous avons continué à poursuivre Bemba. Nous ne disposons pas encore de ces éléments contre Patassé. Voilà pourquoi nous n’avons pas réclamé un mandat d’arrêt contre lui, même si il est co-auteur avec Bemba,” a-t-elle expliqué.

Bensouda a déclaré que Patassé avait sans aucun doute été un acteur très important dans le conflit de RCA entre 2002 et 2003, et a ajouté qu’il était l’un de ceux qui avaient fait venir les troupes du MLC dans le pays. 

Cependant, elle a déclaré que cela ne suffisait pas pour monter un dossier d’accusation contre lui, “Nous sommes dirigés par les preuves et les preuves seulement. Nos enquêtes continuent, [mais] nous poursuivrons Patassé uniquement si nous sommes convaincus que sa responsabilité pénale individuelle est établie.” 

Elle a également souligné que personne n’est à l’abri de la justice de la CPI, précisant qu’un chef d’état en exercice – Omar El Béchir du Soudan – avait été inculpé par la Cour. 

Alors que les citoyens de RCA s’inquiètent du fait qu’aucun ressortissant de leur pays n’ait été inculpé par rapport aux atrocités commises en 2002 et 2003, Bensouda a expliqué qu’il n’y avait rien d’étrange à cela.


“Ce n’est pas une surprise qu’un chef de milice étranger ait été inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en RCA. A cette époque, Jean-Pierre Bemba était le chef incontesté du MLC, et de ces mêmes Banyamulengue qui ont violé, pillé et tué les civils en RCA,” a-t-elle dit.

Bensouda a déclaré que beaucoup de victimes interviewées avaient désigné ceux qui avaient commis des crimes contre eux comme “les hommes de Bemba”.

“Je pense que cela dit tout,” a-t-elle dit. “Les victimes de ces crimes semblent satisfaites, soulagées et reconnaissantes par rapport au fait que Jean-Pierre Bemba ait été arrêté et qu’il soit sur le point d’être jugé. 

“Lorsque nous avons annoncé l’arrestation de Bemba vous pouviez voir sur le marché de nombreuses personnes qui écoutaient la nouvelle, la radio colée à l’oreille. C’était un rêve que Bemba soit jamais amené à responsabilité pour ce qu’il a fait.”

Les avocats de Bemba ont déclaré que la CPI s’en prenait à la mauvaise personne. 

Lors de l’audience de confirmation des charges contre Bemba en janvier dernier à La Haye, sa défense avait soutenu que le MLC avait été déployé à la demande de Patassé et qu’il avait obéi à ses ordres, et que Bemba ne pouvait donc pas être tenu responsable pour les crimes prétendument commis par ses troupes en RCA. Une fois que les MLC avaient franchi la frontière du Congo, ils n’étaient plus “les hommes de Bemba” mais subordonnés à Patassé, ont déclaré les avocats.

Jeudi a expliqué que les gens à PK12 étaient perplexes par rapport à la question de savoir pourquoi ils avaient été soumis à une telle violence par des troupes prétendument soutenues par le dirigeant d’alors du pays.

“Les [forces] ont donné le prétexte qu’elles étaient là pour chasser les rebelles. Elles seules peuvent expliquer pourquoi elles ont violé les femmes. Si c’était des soldats ordinaires, ils seraient juste venus pour chasser les ennemis, pas pour violer,” a-t-il dit.

De retour à Bangui, nous nous arrêtons pour parler à Bonaventure, assise pour se reposer à l’ombre d’un arbre, alors que des filles vendant des bananes, mangues et des cartes de recharge pour portables passent lentement dans la chaleur du jour. 

“Si la CPI fait son travail, Patassé doit aussi être jugé. S’il n’est pas arrêté, cela signifie qu’il n’y a pas de justice dans le monde pour les gens comme moi,” nous dit Bonaventure.

Pierre, originaire de Bossangoa, la ville natale de Bozizé, se joint à notre conversation.

“Patassé doit répondre de ce qu’il a fait. Les Banyamulengue ont fait beaucoup de choses, ils ont commis beaucoup de crimes,” a-t-il dit.

“Ils ont dit aux maris de se déshabiller et de sortir et ils leur ont tiré dessus. Patassé a fait venir Bemba ici, alors lui aussi doit répondre devant la CPI.”

Parlant à l’IWPR depuis sa maison au Togo, Patassé a déclaré à plusieurs reprises qu’il n’était “au courant de rien” après avoir été informé que les citoyens de RCA l’accusaient d’avoir invité les hommes de Bemba dans le pays, et de ne pas avoir mis un terme aux atrocités qu’ils ont prétendument commises. 

Patassé a déclaré qu’il n’était pas au courant du procès de Bemba à la CPI et, interrogé sur le fait de savoir s’il aurait été possible d’arrêter cette violence contre les civils entre 2002 et 2003, il a seulement répondu, “Nous ne sommes pas en 2002-2003, nous sommes en 2009.”

Réinterrogé sur cette dernière question, il a répondu, “Posez cette question à l’actuel président. Je répète, ces questions ne me concernent pas.”

“Les plaintes portées par Bozizé à la CPI sont illégales. Ce n’est pas à Bozizé le rebelle de se plaindre, c’est à moi qui représentait le gouvernement légal à l’époque.”

Nous partons pour un voyage en car d’une demi-heure vers un autre quartier périphérique de Bangui appelé Combattant, et nous asseyons avec un groupe de femmes du voisinage. Elles parlent d’abord lentement, et il y a de longues pauses dans la conversation. 

Puis elles commencent à nous raconter ce qui leur est arrivé lorsque les hommes de Bemba sont venus à Bangui, laissant la désolation dans leur sillage.

“Quand les Banyamulengue sont arrivés, nous nous sommes enfermées dans nos maisons. Nous avions très peur. Il était difficile de trouver de la nourriture. Ils sont restés ici longtemps, jusqu’à ce que Bozizé arrive au pouvoir. Ils traitaient très mal les gens. Ils tuaient les gens et les jetaient dans la brousse,” a déclaré une femme.

“Ils ont violé beaucoup de femmes, même des grand-mères Cinq hommes ont violé la même femme. Cette maladie, le sida s’est désormais répandue ici. Patassé les a amenés [les Banyamulengue] ici pour sa sécurité mais nous ne savons pas pourquoi ils nous ont violées.

“Leur arrivée a été soudaine. Si un homme réagissait, ils lui tranchaient la gorge. Puis ils couchaient avec toutes les femmes et en tuaient aussi certaines. S’ils entraient dans la maison et ne trouvaient pas de femmes, ils violaient les hommes. 

“Certaines femmes furent violées avec des fusils et gravement blessées à l’intérieur. Beaucoup de femmes sont tombées enceintes mais beaucoup d’enfants sont morts et les femmes mouraient juste après l’accouchement.

“Les gens [s’en sont pris à] Patassé en raison du comportement des Banyamulengue.

“Le viol est la pire des choses. Le viol est un moyen d’humilier la population. Les victimes ont déclaré qu’elles voulaient faire passer une pétition à La Haye pour que Patassé y soit transféré. Nous espérons que cela permettra aux gens d’arrêter de violer, sachant qu’ils pourraient être traduits en justice.”

Katy Glassborow est reporter de l’IWPR à La Haye. Le Dr Jan Coebergh, un docteur basé à La Haye qui se spécialise dans l’étude des taux de mortalité dans les situations de conflit, et Mélanie Gouby, reporter basée à Londres, ont contribué à cet article.

Certains des noms reproduits dans cet article ont été modifiés pour des raisons de sécurité.
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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 18:47

30 janvier 2011

Nicolas Champeaux RFI


En Centrafrique la Commission électorale n’est toujours pas en mesure de donner une date pour la publication des résultats globaux de la présidentielle et des législatives de dimanche dernier. Elle poursuivait la publication des résultats partiels qui  ne permettent de dégager des tendances claires en faveur d’un des cinq candidats à la présidentielle. En quatre jours la commission a traité moins de 20 % des procès-verbaux tandis que les candidats de l’opposition et l’indépendant Ange Félix Patassé dénoncent des fraudes et se sont retirés du processus de traitement des PV. Ils protestent aussi contre les agissements de la garde présidentielle qui persécuterait l’équipe d’un candidat aux législatives dans la ville de Carnot dans l’Ouest du pays.

 

« La garde présidentielle aurait confisqué les cartes  d’identité  et les permis de conduire de plusieurs dizaines de personnes montées de Bangui pour soutenir la campagne du député sortant.  D’après des proches d’Ibrahim Aoudou Paco qui souhaitent garder l’anonymat, la garde présidentielle les empêche de quitter Carnot, le député sortant et son épouse ont pu regagner la capitale avant-hier où ils disent vivre cachés. A Carnot Aoudou Paco affronte Madeleine Sambo Bafatoro présentée comme une proche du Président François Bozizé. Elle a été investie par le parti au pouvoir KNK. La campagne avait déjà été très tendue  dans cette ville de l’Ouest de la Centrafrique et l’équipe d’Aoudou Paco affirme que le jour du scrutin des membres de  la présidentielle ont fait intrusion dans des bureaux de vote. Des sources diplomatiques avaient déjà signalé des incidents impliquant la garde présidentielle à Carnot et cette semaine quatre des cinq candidats à la présidentielle ont dénoncé les agissements de la des forces de défense à Carnot, Bangui, Ndjoukou, Mobaye, Gambo, Bambari et Bossangoa Du côté du président François Bozizé, on dit regretter les débordements quelles que soient les parties impliquées ».

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 18:51

29 décembre 2010

Ndeke Luka

 

La date des élections groupées fixées au 23 janvier 2011, continue de diviser la classe politique centrafricaine. La majorité présidentielle tient au strict respect de la date fixée par décret présidentiel, mais l’opposition politique  réunie au sein du Collectif des Forces du Changement, souhaite le report de ces élections, au regard des dispositions du code électoral.

La population centrafricaine est bouleversée par la date des élections groupées de janvier 2011, à cause de la prise de position de l’opposition politique et la majorité présidentielle, qui ne sont pas sur la même longueur d’onde  sur la date du 23 janvier.

Pour Fidèle Gouandjika porte parole du gouvernement, « la majorité présidentielle est prête à se rendre aux urnes », mais c’est l’opposition qui veut « donner un mandat cadeau au président Bozizé, parce qu’elle n’a pas un candidat crédible ».

Louis Pierre Gamba, vice-président du Collectif des Forces du Changement a déclaré que techniquement, la date du 23 janvier ne sera pas tenue, au regard du code électoral. Selon lui, les listes électorales qui ne sont pas encore disponibles constituent un élément clé de ce report.

Selon Rigobert Vondo, rapporteur général et porte parole de la Commission Electorale Indépendante, la transcription des listes électorales est terminée, et l’étape actuelle est consacrée à la photocopie de ces listes électorales. Il pense aussi que « les hommes politiques doivent libérer le peuple centrafricain pour aller aux élections ».

Rigobert Vondo affirme également que la date du 23 janvier 2011 sera tenue, car les reports à répétition du mois d’avril et juin de l’année en cours n’ont servi à rien.

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 00:43

24 décembre 2010

APA-Bangui 

 

Ange-Félix Patassé fustige l’occupation du siège de la Commission électorale par des forces de sécurité

 

L’ex-président centrafricain Ange-Félix Patassé, candidat indépendant à la présidentielle de janvier 2011, a condamné vendredi l’occupation par des forces de sécurité du siège de la Commission électorale indépendante (CEI), soupçonnant la mise en place, par le pouvoir du Président François Bozizé d’un mécanisme de fraude pour les élections de janvier 2011.

 

"Le code électoral est violé, la liste électorale n’est même pas affichée. C’est vraiment un brouillard complet", s’est plaint le candidat à la présidentielle et ancien chef de l’Etat Ange-Félix Patassé.

 

« Comment voulez-vous qu’on aille aux élections dans ces conditions ? », s’est interrogé Ange-Félix Patassé ? « Moi, j’accuse François Bozizé. Nous connaissons le plan de fraude. Cela est le nœud du problème », a-t-il déclaré.

 

Le rapporteur général de la CEI, Rigobert Vondo, a expliqué que le président de la CEI a constaté un laxisme des agents chargés de la confection des listes électorales et pris la décision de les faire travailler sans discontinuer, pendant deux jours, notamment dans la confection des fichiers électoraux et des listes d’émargement, en vue de respecter l’échéance du 23 janvier 2011.

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 00:32

26 décembre 2010

Le Confident

  

Le Chef de l’Etat, le général François Bozizé, en recevant M. Awa Ahmed Youssouf, la Représentante Spéciale de l’Union Africaine en Centrafricaine, a placé la sécurité et notamment le programme de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) au centre de ses préoccupations. 

 

A l’approche des élections prévues en principe le 23 janvier 2010, ce qui se passe et se trame au sein de certaines rebellions demeurées encore actives, n’incite pas forcement à l’optimisme. En juin 2010, quand la Commission Electorale Indépendante (CEI) avait entrepris une série de consultations avec les entités parties prenantes au processus électoral, les leaders avaient émis des préoccupations quant à l’insécurité qui prévalait sur une bonne partie du territoire national. Cette problématique de l’insécurité devait être prise en compte dans l’élaboration du chronogramme qui avait été entériné par l’accord du 10 Août 2010.

 

Des armes non encore déposées 

 A cette époque, le président de l’Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie (APRD), M. Jean-Jacques Demafouth, en charge du Désarmement, avait exprimé un certain optimisme quant à l’effectivité des opérations de Désarmement aux mois de septembre et d’octobre 2010. Mais jusqu’à lors, même les groupes politico-militaires qui, ont signé un accord de paix avec le gouvernement et qui ont adhéré à l’accord de paix global de Libreville du 21 juin 2008, n’ont encore pas déposé les armes. Les listes ont été remises, les regroupements ont été effectués, les primes globales d’alimentation (PGA) avaient commence par être distribuées par le gouvernement. En dehors de quelques incompréhensions de départ, ces distributions ont été harmonieuses dans les zones occupées par l’APRD et l’Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR). Elles ont été par contre très houleuses au sein des combattants du Mouvement des Libérateurs centrafricains pour la Justice (MLCJ). La situation a même provoqué une scission au sein du MLJC. 


La témérité de l’UFDR semble payer 
 

Tout le monde croyait la tempête passée après les assurances de M. Jean-Jacques Demafouth et du général Raymond Paul Ndougou. Si au sein de l’APRD et de l’UFDR, la discipline du respect des accords a prévalu, il n’en a pas été de même pour les autres mouvements politico-militaires et de l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA) dirigé par le Chef rebelle ougandais Joseph Koni, qui n’ont cessé de faire régner la terreur à l’intérieur du pays. Concomitamment avec ses exactions dans le Mbomou et le Haut Mbomou, l’Armée de Résistance du Seigneur a lancé une série d’attaques dans la Haute Kotto et la Vakaga en direction du nord-est , certainement en direction du Darfour Soudanais. Ces attaques ont semé le trouble dans l’esprit des populations qui se sentaient abandonnées. Heureusement que les rebelles ougandais ont été vivement combattus à Sam-Ouandja, Ouadda-Djallé et à Tiringoulou. Ils avaient poussé l’outrecuidance jusqu’à s’attaquer au Chef-lieu de la préfecture de la Vakaga qu’est Birao. La témérité des combattants de l’UFDR de Zacharia Damane a fait craindre le pire aux éléments de la LRA, qui semblent mettre un bémol dans leurs actions dans la Haute–Kotto et la Vakaga. 

 

Des zones d’ombre persistent 

 Apparemment, le groupe rebelle qui semble donner le plus de soucis aux autorités centrafricaines est la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) de Abdoulaye Hissen. Alors que le gouvernement manifestait la volonté de négocier avec ce groupe rebelle, il s’est finalement rendu compte que la CPJP brille par des tergiversations. 

De l’analyse du gouvernement, apparaîtraient deux groupes aux vues diamétralement opposées. D’un côté, ceux qui veulent opter pour les négociations, de l’autre, ceux des rebelles qui ne s’inscrivent pas du tout dans une logique de paix. Ceux-là ont opté pour des actions de guérilla. Installés depuis à Yangoudrondia, ils lancent des opérations sporadiques à Yalinga et ont même réussi à s’infiltrer dans la Ouaka où ils avaient récemment perpétré une attaque contre la ville d’Ippy. Mais l’opération la plus spectaculaire de ces dernières semaines a été l’attaque de Birao que les rebelles ont occupée le 24 novembre 2010. La CPJP y a été finalement délogée par les efforts conjugués des Forces Armées centrafricaines (FACA) et de l’Armée Nationale Tchadienne. Malgré cette opération salutaire qui a permis à la République Centrafricaine d’avoir la plénitude de sa souveraineté sur le territoire national, des zones d’ombre persistent. La Vakaga, le Bamingui-Bangoran, la Haute-Kotto, la Nana-Gribizi et l’Ouham restent des zones de préoccupations. Dans la Nana Gribizi, le Front Populaire pour le Redressement du général tchadien Baba Laddé est toujours présent à Takara.  

Dans la zone de Sido dans l’Ouham, le Front Démocratique du Peuple Centrafricain de Abdoulaye Miskine continue de faire parler de lui. 

 

L’autorité de l’Etat souffre 

L’optimisme que semblent nourrir pour les zones occupées par les mouvements de rébellion doit être mesuré. Des incidents ont émaillé le recensement électoral tel que celui de Birao où des agents ont été pris en otage et des listes électorales déchirées. Mais l’accalmie qui règne en ce moment n’est que de façade. Dans la Haute-Kotto, les populations nourrissent une crainte certaine. Même si elles ne le clament pas sur les torts, les populations évoquent des infiltrations car elles sont souvent terrorisées par des hommes en armes qui essaient de les dissuader d’aller voter. Même dans les zones jugées généralement calmes, la situation par rapport à l’APRD n’a pas évolué dans le sens du respect de l’autorité de l’Etat. Récemment, une mission militaire mixte s’est rendue à Paoua. Pour les membres de cette mission, l’autorité de l’Etat ne s’exerce que dans un périmètre de 5 Km autour de Paoua, alors que les éléments de l’APRD viennent se ravitailler en ville au vu et au su de toute la population. Des élections dans un tel environnement peuvent –elles rassurées ? C’est vrai que la Jeunesse Pionnière Nationale (JPN) est décidée à recevoir une bonne partie des démobilisés pour assurer leur insertion.  

Mais, on est encore loin de cette éventualité car le désarmement n’a pas encore commencé. Le 23 janvier n’est pas loin et on risque d’organiser des élections avec des combattants, fusils en main. Cela ne rime pas avec des élections libres, transparentes et surtout apaisées.

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 23:57

24 décembre 2010

Source: RFI  (Vigilance!)

 

En Centrafrique, des militaires ont assiégé toute la journée du 22 décembre 2010 et ce depuis la veille au soir l'Assemblée nationale où se trouve le siège de la Commission nationale indépendante, empêchant les commissaires de la CEI de rentrer chez eux. A un mois des élections législatives et présidentielle, les listes électorales ne sont toujours pas affichées. La CEI est en train de travailler d'arrache-pied pour confectionner les listes d'émargement mais l'arrivée des militaires a surpris tout le monde.

 

 

 

 

Les élections doivent se tenir dans un mois et les retards s'accumulent. Pour retranscrire les noms des électeurs inscrits sur les listes d'émargement, 150 scribes viennent d'être recrutés. Dans la nuit du 21 au 22 décembre, les forces de sécurité ont mis en place une sorte de blocus de la CEI, au grand dam de l'opposant Gabriel Jean-Edouard Koyambounou, premier vice-président de la CEI.

« On a passé la nuit, ici, au siège de la CEI comme des prisonniers. Et nous, on est surpris que ça se passe comme cela, qu’on nous réduise notre liberté et que nous travaillons sous pression. C’est quand même un processus démocratique. C’est comme si on était en état de siège. Cela crée une psychose chez les agents électoraux que nous sommes. »

Le 22 décembre, le porte-parole du gouvernement, Fidèle Ngouandjika, faisait valoir que les militaires ne sont pas dans les salles de la CEI mais à l'extérieur du bâtiment, et qu'il faut bien que le travail se fasse.

« C’est parce qu’on voudrait que tous les commissaires restent là, sur place, pour terminer cette opération cruciale. Si cette opération ne réussit pas, on risque de ne pas aller aux élections le 23 janvier 2011. Il faut qu’ils travaillent pour mériter les indemnités. Et les personnes seront libérées que lorsque le travail sera fini. Notre pays a un slogan  c'est : ‘Le travail, rien que le travail’. Il faut que les gens travaillent ».

Stupéfaite, l'opposition centrafricaine ne cachait pas mercredi soir son inquiétude sur les conditions du vote, le 23 janvier prochain.

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28 décembre 2010 2 28 /12 /décembre /2010 23:32

26 décembre 2010

L'Observateur

Le 23 janvier 2011 est une date qui divise plus qu'elle n'unit la classe politique centrafricaine, invitée aux élections législatives et présidentielle. Discordance totale de tons, en effet, entre le général président scotché au pouvoir depuis une dizaine d'années, un certain Patassé, contraint à l'exil au Togo, qui piaffe d'impatience de rempiler pour un nouveau bail, et une opposition qui réclame au préalable, et à cor et à cris, d'importantes réformes institutionnelles.

Tôt ou tard en tout cas, François Bozizé se donne les moyens de conserver son fauteuil tant convoité.A commencer par la tentative de musellement de Martin Ziguélé, le principal opposant ; la réhabilitation controversée de l'ancien dictateur Jean Bedel Bokassa et, maintenant, la prise en otages, par ses bidasses, des membres de la Commission électorale indépendante (CEI) dans la nuit du 22 au 23 décembre pour les empêcher de rejoindre leur domicile tant qu'ils n'auront pas fini le travail de confection des listes d'émargement dans l'optique du scrutin du 23 janvier ;une CEI pourtant logée dans l'enceinte de l'Assemblée nationale. Tout de même ! Eh bien, messieurs les bidasses, si votre action commando peut être révélatrice, tant de votre zèle que de l'empressement du timonier d'en découdre avec ses opposants, elle nous dit déjà de quel côté penchera la balance au soir du scrutin ;car, après avoir bravé l'Assemblée nationale pour réussir cette prise d'otages, apprivoiser la Cour suprême sera un jeu d'enfant comme on l'aura vu récemment au Gbagboland.Mais si maladif est votre empressement d'aller aux urnes pour éterniser votre règne, pourquoi ne pas dispenser le peuple centrafricain de cette saignée financière qu'occasionne chaque élection, et donner une couleur kaki à votre démocratie ?

La peur d'élections transparentes vous habite, certes, mais, en bon général, votre champion devrait éviter toute bavure à l'ivoirienne.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Centrafrique
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