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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 14:19

13 juillet 2009
MwindaPress


Pas grand monde dans les bureaux de vote

Mais où sont donc passés les 2,2 millions d’électeurs prétendument inscrits sur les listes fabriquées (trafiquées ?) par le ministère de l’Administration du Territoire ? A l’heure qu’il est le gouvernement en est aux abois.  On s’interroge sur ce qui a bien pu se passer. Engloutir des milliards pour un tel résultat quel gâchis ! Les quelques observateurs membres de  groupuscules non identifiés payés par le clan de Mpila pour faire le voyage de Brazzaville ont eu beau écarquiller les yeux, ils ne les ont pas vus. Même le recrutement en nombre des citoyens de la RDC pour voter plusieurs fois n’y  a rien fait ; pas plus que les billets de 5 000 FCFA  distribués comme récompense pour  stimuler l’électeur et les véhicules de transport mis à sa disposition. La réalité est là, têtue : l’abstention a été massive lors de la présidentielle du 12 juillet 2009 au Congo. Le peuple, m écontent, s’est vengé : une claque mémorable pour le pouvoir.

Dans les 15 à 20 % d’inscrits qui sont allés voter ce dimanche à l’occasion de la présidentielle beaucoup l’ont fait sans enthousiasme. La majorité des inscrits sont tout bonnement restés à la maison. Certains d’entre eux ont entendu suivre la consigne de boycott lancée par l’opposition. Les plus nombreux ont certainement voulu manifester, hors affiliation partisane, le rejet d’un homme, Sassou Nguesso qu’ils n’entendent plus voir, même en banderoles, et l’échec d’une politique qui signifie pour eux manque d’eau potable, délestage dans la fourniture d’électricité, pauvreté rampante, chômage des jeunes… Ils ont donc entendu protester à leur manière contre la réélection annoncée de cet homme qui s’incruste au pouvoir depuis un quart de siècle sans résultats tangibles. Contre leur volonté.

Quoiqu’il en soit chacun doit le savoir : être élu par 15 ou 20 % des inscrits ne gêne pas le moins du monde un dictateur comme Sassou Nguesso. Il en a du reste l’habitude. D'ailleurs, après quelques atermoiements il est prévu qu’il annonce  nuitamment un taux de participation s’élevant à 60 ou 70 %, comme lors des législatives. La seule inconnue sera de savoir si les Congolais accepteront indéfiniment, et sans se révolter, d’être gouverné par un homme minoritaire et désavoué dans le pays.

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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 15:21

12 juillet 2009
Christian Tsoumou
Reuters


Le Congo élit son président, Denis Sassou-Nguesso favori

Juliette: A l'heure où nous parlons, dimanche 12 juillet à 15h30, le pays est complètement bloqué, aucun appel téléphonique ne peut entrer ni sortir, aucune image ne peut sortir du pays. Les militaires sont partout, toutes les villes du pays sont lourdement militarisée, à croire les témoignages datant de vendredi dernier.
Comme le disait Lamine Guèye, premier président de l'Assemblée nationale de la république du Sénégal, "un OUI n'a de sens que si celui le prononce a la capacité de dire NON...."


Le président de la République du Congo, Denis Sassou-Nguesso, devrait sans surprise être réélu dimanche pour un nouveau mandat de sept ans à l'occasion d'un scrutin boycotté par des partis d'opposition en raison d'irrégularités présumées.

 


Les bureaux de vote ont ouvert à 06h00 GMT dans cette ancienne colonie française de 3,7 millions d'habitants. Selon les autorités congolaises, le pays compte 2,2 millions d'électeurs appelés à choisir entre 13 candidats.
"Je viens de voter. J'espère que le président va gagner. Mais s'il est réélu, il devra s'attaquer au problème du chômage et augmenter les salaires des enseignants", a déclaré Georges Itoua, un électeur âgé de 30 ans.

Les partis d'opposition ont dénoncé des irrégularités dans la composition des listes et la distribution des cartes d'électeurs et ils ont appelé à un report du vote afin de créer une nouvelle commission électorale.
"Personne ne devrait aller voter dimanche. Restez chez vous, nous ne voulons pas d'un hold-up électoral ou d'une parodie de scrutin", a affirmé Clément Mierrassa, chef du Parti social-démocrate congolais, l'une des formations ayant appelé à boycotter le vote.

De nombreux électeurs se sont plaints de ne pas avoir reçu de carte, et les partis d'opposition ont affirmé que 500.000 cartes supplémentaires avaient été imprimées afin de permettre aux autorités de truquer les résultats.
L'Union européenne a également critiqué le manque de progrès effectués depuis la présidentielle de 2002, lors de laquelle la régularité des listes avait déjà été contestée. Le scrutin avait alors débouché sur des violences. "Nous attendions plus de progrès de la part du gouvernement", a déclaré Miguel Amado, chef de la mission européenne, qui n'a dépêché aucun observateur pour superviser le déroulement du scrutin.

"NE CRAIGNEZ RIEN ET ALLEZ VOTER"

Lors d'un dernier meeting tenu près de Brazzaville devant 100.000 partisans, le chef de l'Etat a appelé la population à la mobilisation. "Ne craignez rien et allez voter. Il n'y aura plus de guerre au Congo", a-t-il déclaré.
Denis Sassou-Nguesso a pris le pouvoir au Congo à la faveur d'un coup d'Etat en 1979. Il l'a perdu en 1992 lors d'élections multipartites qui ont vu la victoire de Pascal Lissouba, mais ce dernier a été chassé du pouvoir lors de la guerre civile de 1997 après laquelle Sassou-Nguesso s'est réinstallé à la tête de l'Etat.

Il a remporté la dernière élection présidentielle en 2002 à l'issue d'un scrutin boycotté par ses principaux rivaux qui ont évoqué un simulacre.
Le déroulement des élections législatives de 2007 a aussi été vivement critiqué, l'opposition accusant le pouvoir d'avoir trafiqué les listes électorales en y inscrivant les noms de personnes décédées. Les rumeurs et les craintes de voir les tensions dégénérer en violences comme par le passé ont poussé certains habitants de Brazzaville à quitter la capitale. Plusieurs organisations ont lancé des appels au calme cette semaine.

Bien qu'il tienne son pays d'une poigne de fer, Denis Sassou-Nguesso fait face à de fortes pressions de l'étranger.
Il fait ainsi partie des trois présidents africains, avec feu Omar Bongo (Gabon) et Teodoro Obiang (Guinée équatoriale), menacés par une plainte déposée en France par une ONG anti-corruption. (pour plus de détails : ID:nL71028132 ).

De même, la mort en février du journaliste franco-congolais Bruno Jacquet Ossébi, qui faisait campagne contre la corruption, a été jugée suspecte par Reporters sans frontières ( ID:nL9174545 ).
Sur le plan économique, même si les attentes des investisseurs sont faibles, l'élection est l'occasion pour les autorités d'améliorer leur image et d'attirer des investisseurs. L'économie congolaise reste dépendante des exportations de pétrole. Avec 220.000 barils par jour, le Congo est le cinquième producteur de pétrole du continent africain.

(Avec David Lewis, version française Grégory Schwartz et Clément Dossin)
(Service Informations générales. Tel 01 49 49 53 34. paris.newsroom@reuters.com Reuters Messaging: clement.dossin.reuters.com@reuters.net))
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10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 10:49

VENEZ  NOMBREUX  POUR  MANIFESTER  CE  SAMEDI  11 JUILLET   2009

de 13h à 18h

DE LA BASTILLE A LA PLACE DE LA REPUBLIQUE 
 

 

 

A Mbé, les populations ont hué le criminel Denis SASSOU NGUESSO

À Brazzaville les populations quittent la ville pour aller à l'intérieur du pays et à Kinshasa. Le pouvoir surpris par cet exode massif vers l'intérieur du pays, tente de contenir les populations en les apeurant: 
« si vous quittez Brazzaville, vos maisons seront pillées... »Tout va se jouer par cette mobilisation de Paris ce samedi 11 juillet. 

Le mot d'ordre qui sera lancé au pays à partir de Paris sera le meilleur soutien pour nos populations et il obligera le pouvoir de Brazzaville de capituler, afin de reporter l'élection présidentielle du 12 juillet. 

Une pétition sera remise au président de République Française Nicolas SARKOZY.

Nos compatriotes d'Angleterre, des USA et du Canada manifesteront le même jour que nous. Ceux de Washington vont interpeller l' ONU.

SASSOU NGUESSO n'a jamais été l'élu du peuple Congolais, c'est un produit des politiques Français véreux. 

Venez Nombreux le dire ce samedi 09 juillet au président Nicolas SARKOZY par une forte mobilisation et que le peuple Congolais ne supporte plus cette hypocrisie. La rupture, le peuple Congolais la veut, et maintenant! 

Chaque Congolais où qu'il se trouve en France ou ailleurs dans le monde doit être dans son entourage un militant engagé pour sensibiliser et mobiliser.

Congolaises, Congolais, levons nous et osons, il n'est jamais trop tard. 

Si jamais le pouvoir en place ne revient pas à de bons sentiments pour examiner les points d'ombre formulés par tous les candidats de l'opposition, il n'est pas exclu que le Congo Brazzaville connaisse dans les prochains jours de journées agitées. 

Ce soir déjà les médias périphériques dénoncent de vagues de mouvements de la fuite de la population de la capitale Brazzaville vers Pointe Noire et Kinshasa par crainte des affrontements à l'approche des élections qui vont être organisées soit dit en passant sous un climat de méfiance totale. 

A moins de 24 heures de la vérité, la panique n'est plus du côté des populations qui ont tenté de quitter en masse les grandes villes Congolaises pour se réfugier dans les localités intérieures du pays supposées plus calmes, mais plutôt du coté du pouvoir et de 
SASSOU NGUESSO

Après une tournée de campagne dans le Congo profond, la réalité est la même partout, les Congolais sont indifférents, il n'y a pas eu de mobilisation réelle des populations autour de la candidature de 
Denis SASSOU NGUESSO. Pour créer l'illusion, les techniciens de Télé Congo ou Télé Kim Il Sung essaient de faire des montages avec les images de sa précédente tournée où il embarquait depuis Brazzaville, des milliers de gens, principalement des Congolais de la RDC à coût de tee-shirt et de quelques billets de CFA.

Conscient de la réalité du terrain et de l'aversion que suscite sa candidature dans les esprits des Congolais, 
Denis SASSOU NGUESSO sait qu'il lui est quasiment impossible de sortir vainqueur aux urnes, c'est la raison pour laquelle, il s'accroche à son fichier électoral qui contient des milliers de mineurs, d'étrangers et de morts pour prendre de l'avance sur ses adversaires.

Désorienter par le manque d'enthousiasme des Congolais pour ce scrutin et le travail remarquable de sensibilisation que font les candidats du Front de l'Opposition, 
Denis SASSOU NGUESSO ne voit que la tricherie et la violence pour s'accrocher au pouvoir.

Le message des responsables de sa campagne dans différentes localités est simple, si vous ne votez pas pour 
SASSOU NGUESSO, il y aura la guerre. Pour brandir ce spectre de la guerre, le candidat SASSOU NGUESSO qui fait déjà campagne avec les moyens de l'état, enfonce le clou en utilisant dans ses tournées de campagne, les hélicoptères de l'armée, dans le seul objectif d'apeurer les populations d'accréditer la menace d'affrontement et d'orienter leur choix sur sa candidature.

Pour s'assurer un soutien militaire sans faille, il a fait venir des mercenaires occidentaux en supplément des militaires de BEMBA et autres Rwandais déjà sur place, cantonnés à Lifoula à quelques Kilomètres de la capitale, pour pallier à un éventuel retournement d'une majorité des militaires des forces armées Congolaises et même de ses miliciens de Tsambitso qui vivent la même situation d'extrême pauvreté que le reste des Congolais.

Mais 
Denis SASSOU NGUESSO sait également que si la colère du peuple, débouche sur le déferlement dans les rues d'une marrée humaine, ses mercenaires et ses armes ne pourront rien faire. Pour tenter de freiner l'inéluctable protestation populaire, il a chargé ses quelques sbires, les généraux ADOUANDENGUET et le chef d'état major Charles MONDJO pour proférer les menaces de mort aux candidats Mathias DZON, Guy Romain KINFOUSSIA et Clément MIERASSA.

Sachant que le front, ses candidats et peut être d'autres encore tiendront un dernier meeting de campagne ensemble ce vendredi 10 juillet 2009, SASSOU NGUESSO et ses sbires cités ci dessus veulent rendre les candidats du front responsable de ce qui résultera de la colère du Peuple au sortir de ce Meeting.

Chers compatriotes, nous ne pouvons pas accepter ce genre de provocation, en refusant l'appel à concertation et même au report du scrutin au regard des irrégularités flagrantes du fichier électoral, le président de la République, par ailleurs candidat à sa propre succession est le seul responsable devant l'opinion nationale de tous ce qui pourrait arriver.

Nous ne parlons plus de la communauté internationale dont le regard complaisant sur la situation du Congo est le signe de son abandon du Peuple Congolais.

Chers compatriotes, où que vous vous trouvez, parmi les protestataires ou dans les forces de l'ordre, filmez même avec vos téléphones portables, les faits et gestes des généraux ADOUA, NDENGUET, MONDJO et autres. Cela nous permettra d'étoffer notre dossier contre ses citoyens devant le TPI pour témoigner de leurs responsabilités dans le plan machiavélique de SASSOU NGUESSO contre le Peuple Congolais.

Chers compatriotes, la victoire et la libération sont au bout de l'effort, n'ayons pas peur, mobilisons nous et soyons nombreux à ce meeting du front qui aura lieu ce Vendredi 10 juin 2009 à l'esplanade du stade MASSAMBA-DEBAT ou au centre sportif de Bacongo.

Suivons les instructions de nos leaders du front, la victoire est à notre portée et la panique est dans leurs maisons.

Vive le Congo, Vive son Peuple, Vive le front, en avant pour la victoire.

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 23:40
9 juillet 2009
Auteur: La voix du peuple
Source: Zenga-Mambu


Lentement mais sûrement, le pouvoir de Brazzaville, personnifié par le monarque Sassou Nguesso est en passe de parachever sa mission : celle de mettre hors d’état de nuire à son pouvoir tout ce qui nage à contre courant.

En effet, non rassasié d'avoir, par la corruption accélérée, non seulement caporalisé tous les instruments du pouvoir à savoir : les instances judiciaires, législatives, les structures liées aux échéances électorales, l’armée, la presse publique, le trésor public… mais aussi anesthésié les opposants d’hier et également copté en amadouant certains congolais du sud comme du nord du pays, enfin, après avoir échoué dans l’assassinat crapuleux de quelques poids lourds des partis du front de l’opposition, Mr Sassou arrive à la phase finale de son plan. Il s’apprête actuellement à donner un coup d’arrêt à l’émersion dangereuse de cette opposition, non seulement en lui refusant de faire correctement ses meetings comme lui-même mais et surtout menace de faire arrêter les membres de cette opposition si jamais ceux-ci organisaient une quelconque marche.

Ainsi, craignant la nuisance redoutable de cette opposition à son pouvoir et surtout que celle-ci envisage d’organiser une marche pacifique au terme de son méga meeting qui se tiendra vendredi 10 juillet 2009 au centre sportif de makélékélé, le président, lui-même candidat à cette présidentielle du 12 juillet 2009, a préféré prendre ses dispositions machiavéliques en mettant ses chiens de garde dans la rue, à la tête desquels se trouverait de triste mémoire un certain « général Jean-François Ndenguet ».

Les congolais en général et les Brazzavillois en particulier ne le savent sans doute pas encore et pourtant, des équipes militaires armées jusqu’aux dents quadrillent depuis quelque temps déjà toute la ville et très bientôt tout le pays prêtes donc à agir au moindre signal. C’est dans ce climat tendu que le pouvoir lâche l’une de ses premières flèches en la personne du célèbre général qui s’est distingué par le pillage, le viol, l’assassinat des congolais pendant la transition flexible de Mr Sassou et par le massacre des 353 congolais du Beach qui fait de cet homme « Una persona none grata » en France, il s’agit bien sûr de ce général de la police congolaise, celui-là qui rappelle sans nul doute aux congolais son triste compère Ndinga du président Lissouba dont il n’ignore pas les circonstances exactes de sa fin.

Compte tenu de la surdité d’un pouvoir autiste et décidé coûte-que-coûte à passer au 1er tour du scrutin du 12 juillet prochain, et considérant que la marche pacifique est bien autorisée par la constitution en vigueur, « la voix du peuple » en appelle à la vigilance de tous les brazzavillois épris de paix et de justice, surtout en ce moment crucial du combat du peuple congolais, pour libérer ce peuple meurtri du joug monarchique et clanique de Sassou Nguesso.
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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 23:28
9 juillet 2009
Simon Pierre Goma 
Zenga-Mambu.com


La première étape de la protestation populaire contre les conditions d’organisation par le gouvernement du scrutin présidentiel du 12 juillet 2009 vient de commencer à Brazzaville, ce mercredi 8 juillet 2009 à 5H du matin comme l’avait demandé hier, Mathias Dzon, candidat de l’ARD à cette élection, au cours d’un meeting qui a regroupé environ 5.000 personnes à l’esplanade du stade Alphonse Massamba Débat.


Le concert de casseroles

De Talangaï à Makélekélé, en passant par Ouenzé, Poto-poto et Moungali, les Brazzavillois ont donné chacun chez soi, le spectacle du premier concert de casseroles entre 5h et 6h du matin avant de se vaquer à leurs occupations quotidiennes, en espérant que le son de la mélodie soit parvenu à Mpila. Ce n’est qu’une première étape, ils ont promis de continuer le mouvement demain si le chef de l’état ne revenait pas sur sa position va t-en guerre de tenir le scrutin dans les conditions déplorables que tout le monde constate et dénonce sauf lui et son piteux ministre de la décentralisation Raymond Mboulou.


Demain c’est donc une journée pays mort

Le concert de casseroles est donc reconduit pour demain, les congolais des autres localités sont appelés, non seulement à emboiter le pas à ceux de Brazzaville et organiser sur l’étendue du territoire national, des concerts de casseroles à la même heure qu’aujourd’hui mais aussi à rester chez eux, de façon à paralyser tout le pays. C’est donc UNE JOURNEE PAYS MORT que l’opposition congolaise invite les congolais à observer demain.

Les congolais sont appelés au scrutin présidentiel ce 12 juillet 2009 dans les conditions que l’opposition congolaise, notamment le front uni des partis de l’opposition (FUPO) ainsi que de nombreux observateurs de la vie politique congolaise dénoncent.

Alors que les candidats du front uni des partis de l’opposition dénoncent avec des preuves irréfutables les irrégularités du fichier électoral, l’établissement et la distribution des cartes d’électeurs et des cartes d’identité nationale aux nombreux étrangers, aux enfants mineurs et même aux personnes décédées, le pouvoir continue de faire la sourde oreille à l’appel des partis du Front pour une concertation en vue du redémarrage de toutes les opérations préélectorales que sont le recensement administratif, la mise en place d’une commission électorale indépendante et d’une nouvelle loi électorale conforme à la constitution.

Puisque la honte et le ridicule ne tuent pas, le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation, Raymond Mboulou est encore passé sur les ondes de la radio française RFI ce matin pour narguer les candidats de l’opposition qui ont réclamé le report du scrutin, estimant nécessaire une révision du fichier électoral qui contiendrait, plusieurs irrégularités.

Malgré donc les preuves irréfutables susmentionnées Raymond Mboulou, fidèle à la stratégie du président candidat Sassou Nguesso de passer en force, estime que les conditions sont réunies pour la tenue du scrutin ce dimanche 12 juillet 2009, ne laissant donc aucune chance pour une élection apaisée, juste et transparente.

La protestation populaire devient donc la seule voie de salut pour la paix et le seul espoir d’un changement.

Jeunesse congolaise, Peuple congolais, forces vives de la nation, l’heure est arrivée d’arrêter la mascarade. Faisons de la journée de demain, UNE JOURNEE PAYS MORT comme l’ont demandé les responsables du front de l’opposition.

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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 22:53
9 juillet 2009
IFEX
Le Comité pour la protection des journalistes

Enquête sur la mort de Bruno Ossébi sans résultats

Près de quatre mois après la mort du journaliste franco-congolais, Bruno Jacquet Ossébi, le Comité pour la
protection des journalistes (CPJ) a aujourd'hui demandé  aux autorités de la République du Congo de rendre public leur rapport d’enquête sur cette affaire. Ce rapport a déjà été rédigé il ya quelques semaines.

Jean Michel Opo, le juge d'instruction désigné en février dernier pour diriger l'enquête sur les causes de l'incendie qui a ravagé la résidence d’Ossébi à Brazzaville, la capitale congolaise, avait déclaré au CPJ en mai dernier que la commission rogatoire de la police avait soumis un rapport à son bureau. Dans différents entretiens avec le CPJ la semaine dernière, le juge Opo, qui occupe désormais d'autres fonctions, et l'officier de police judiciaire à la tête de la commission rogatoire, le colonel Félix Obié, ont refusé de faire tout commentaire sur le contenu du rapport. Le juge Opo a déclaré qu'il a été appelé à de nouvelles fonctions à la suite de nouvelles nominations au sein de la magistrature.

De même, le nouveau juge d'instruction chargé de l'affaire, Jean-Louis Bitumbu, s'est refusé à faire des commentaires sur ce rapport, disant qu'il est tenu par le secret de l'instruction.

"Quatre mois après la mort du journaliste Bruno Jacquet Ossébi, des interrogations pertinentes persistent toujours, tandis que les autorités congolaises semblent réticentes à rendre public les résultats des enquêtes
officielles", a déclaré le directeur de la section Afrique du CPJ, Tom Rhodes. "Nous exhortons les autorités de la République du Congo à aborder tous les aspects de cette affaire et à rendre public les résultats de leurs
enquêtes", a-t-il ajouté.

Ossébi, qui était un fervent chroniqueur en ligne du site Web congolais d'information basé en France, Mwinda, était connu pour sa large couverture d'une plainte visant les biens acquis par les familles présidentielles du
Congo, du Gabon et de la Guinée équatoriale en France.

http://www.ifex.org/republic_of_congo/2009/07/09/ossebi_investigation/fr/

Pour tout renseignement complémentaire:
Le Comité pour la protection des journalistes
330 7th Ave., 11th Floor
New York, NY 10001
USA
info (@) cpj.org
tél: +1 212 465 1004
téléc: +1 212 465 9568
http://www.cpj.org
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9 juillet 2009 4 09 /07 /juillet /2009 22:15

9 juillet 2009


Internet Sans Frontières dénonce depuis plusieurs mois la mort de Bruno Ossébi, dont le décès ainsi que celui de sa famille (deux fillets de 9 et 11 ans), est survenu dans des conditions étranges en février dernier à Brazzaville.

Le journal le Monde revient aujourd'hui sur les circonstances de la mort du journaliste, à seulement quelques jours de l'élection présidentielle de la république du Congo, à laquelle se présente le président sortant M.  Denis Sassou Nguesso.

Archippe Yepmou
Directeur Executif
Internet Sans Frontieres.

******************

La mort mystérieuse d'un journaliste franco-congolais à Brazzaville

Bruno Jacquet Ossébi, journaliste franco-congolais engagé dans la lutte anticorruption, est mort à Brazzaville à l'âge de 44 ans, le 2 février, dans des circonstances mal expliquées, alors qu'il soutenait la plainte déposée à Paris contre les "biens mal acquis" visant les présidents du Gabon, de Guinée équatoriale et du Congo. A la veille de l'élection présidentielle du dimanche 12 juillet en République du Congo, Reporters sans frontières (RSF) a publié, jeudi, un rapport d'enquête qui qualifie de "probable" la "thèse d'une attaque délibérée".

L'opposition en République du Congo continuait, mercredi 8 juillet, de demander le report de l'élection présidentielle de dimanche pour laquelle l'actuel président, Denis Sassou-Nguesso, fait figure de grand favori face à douze autres candidats. Les observateurs n'excluent pas sa victoire au premier tour. L'opposition dénonce des erreurs dans les listes électorales.

Le 3 juillet, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), basé à New York, constatait les "réticences" des autorités congolaises à rendre publics les résultats des enquêtes. En avril, un premier rapport du CPJ soulignait "les circonstances nébuleuses" de la mort de Bruno Jacquet Ossébi.

Le drame s'est joué en deux temps : le 20 janvier, un incendie surprend Bruno Jacquet Ossébi à son domicile. Tandis que sa compagne et les deux enfants de cette dernière périssaient dans les flammes, le journaliste était brûlé au deuxième degré. Hospitalisé, il donnait des signes de rétablissement lorsque, le 2 février, à la veille de son rapatriement en France organisé par le Quai d'Orsay, il est mort subitement.

Trois jours avant l'incendie, Bruno Jacquet Ossébi avait publié dans le journal en ligne MwindaPress un article révélant que la société pétrolière nationale, dirigée par l'un des fils du président Denis Sassou-Nguesso, sollicitait d'une banque française un prêt de 100 millions de dollars gagé sur la production d'or noir. Il l'accusait d'organiser un "endettement de façade" en contradiction avec les engagements pris par le Congo auprès du Fonds monétaire international. Deux jours avant le sinistre, le journaliste avait pris contact avec le Comité pour le recouvrement des biens volés de la Banque mondiale. Quelques semaines plus tôt, il avait manifesté l'intention de se joindre à la plainte déposée contre les "biens mal acquis".

Le fait que les décombres de la maison incendiée du journaliste ait été déblayés quelques heures après l'incendie et qu'il n'y ait eu "ni enquête sérieuse ni autopsie", selon RSF, alimente les interrogations. La cause officielle de son décès - "arrêt cardio-respiratoire" - ne mentionne pas les brûlures dont il souffrait.


Délinquance du système

Le rapport de RSF apporte de nouveaux éléments de contexte. Bruno Jacquet Ossébi, apparenté à plusieurs barons du régime congolais, était un homme d'affaires (dans les secteurs du bâtiment et des services) et aussi un journaliste-blogueur dénonçant "la délinquance financière du système". Plusieurs fois menacé mais né d'un couple mixte franco-congolais, il pensait être protégé par sa nationalité française. Constatant l'inertie des enquêteurs congolais, RSF demande à Paris d'ouvrir une instruction pour expliquer les causes de sa mort.

L'affaire s'inscrit dans une série d'intimidations brandies par plusieurs pays africains à l'encontre de militants ou de journalistes engagés dans la dénonciation de la corruption. Au Gabon, trois militants, dont le signataire de la plainte déposée en France contre les "biens mal acquis" (BMA), ont été inculpés et incarcérés pendant douze jours, en janvier à Libreville. Au Cameroun, Jean-Bosco Talla, directeur de l'hebdomadaire Germinal est harcelé depuis qu'il a contribué au rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) sur la corruption publié le 24 juin.

Sans oublier l'étrange incendie, sans grande gravité, dont a été victime Benjamin Toungamani, un opposant congolais exilé en France dont l'épouse s'apprêtait, elle aussi, à porter plainte dans le dossier BMA. Le feu, à son domicile de Saint-Ay, près d'Orléans, le 20 janvier, avait pris le même jour que l'incendie de Brazzaville.

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 12:28

7 juillet 2009
Arsene Severin


Trois candidats de l’opposition à l’élection présidentielle ont appelé mardi les populations à un « concert de casseroles » ce mercredi à 5h du matin. Mathias Dzon qui a donné cette information au cours d’un meeting animé ce mardi à Brazzaville, a précisé à des milliers de partisans que ce concert devrait avoir lieu dans les maisons et non dans les rues, pour éviter, a-t-il expliqué, tout débordement.

"Personne ne va déhors, restez chez vous. Ne donnez pas l'occasion à ceux qui n'attendnt que ça pour faire le vrai désordre dans la ville", a fait savoir M. Dzon, expliquant que cette expérience vient de la République centrafricaine voisine.

Ces trois candidats de l'opposition, MM. Dzon, Clément Mierassa et Guy Romain Kinfounsia avaient été rçus lundi par le ministre en charge des élections, qui n'aurait pas donné une bonne suite à leurs doléances.  Rappelons que les deux autres candidats de l’opposition ont lancé ce même message dans les provinces, Mierassa à Djambala dans le centre du pays, et Kinfounsia à Kinkala dans le Pool (sud). Ils ont prévu d’autres actions s’ils n’étaient pas écoutés.

"S'ils n'écoutent pas, nous nous exprimerons sous d'autres formes, ce, jusqu'au 10 juillet, date de fin de campagne", a prévenu le candidat de l'Alliance pour la république et la démocratie (ARD).

Les opposants ont également annoncé à leurs partisans, un grand meeting le 10 juillet au Complexe sportif et universitaire de Makélékélé. "Soyez encore plus nombreux pour dire non à ces gens-là", a déclaré un responsable de l'opposition.

Rappelons qu’à six jours de la tenue du scrutin, l’opposition continue à réclamer de conditions d’une élection transparente et juste. Le candidat Dzon a exhibé "une montagne" de cartes d'électeur qui seraient distribuées aux mineurs et aux étrangers. Sur place, d'autres militants ont ajouté à cette "montagne", des cartes peu conformes.

Quelques figures de l'opposition ont pris part à ce rassemblement tenu en face du stade Alphonse Massamba Débat : Ange Edouard Poungui, Général Raymond Damase Ngolo, Général Anselme Makoumbou-Nkouka, Pascal Tsaty Mabiala, Rigobert Ngouolali et Bonaventure Bavoueza Mizidy, candidat à cette élection.

L'organisation d'une "grève de sommeil" en tappant sur les caressoles avait été émise par le président du Front des partis de l'opposition, Kinfounsia, lor du meeting de cette plate-forme politique tenue le 20 juin dernier à Brazzaville.

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 12:17
8 juillet 2009
Jeune Afrique


Denis Sassou Nguesso : « Pourquoi je vais gagner »


 
Candidat pour un nouveau mandat à la présidentielle du 12 juillet, le chef de l’État congolais ne semble guère douter de sa victoire face à des concurrents aussi déterminés que divisés. Transparence du scrutin, critiques de l’opposition, bilan du septennat écoulé, affaire des « biens mal acquis », disparition d’Omar Bongo Ondimba... Entretien avec un homme toujours aussi sûr de lui-même et de son destin.

Au Congo comme (presque) partout ailleurs sur le continent, élection rime avec tension. Surtout lorsqu’il s’agit d’une présidentielle, que l’alternance s’oppose à la continuité et qu’une partie des électeurs se souvient toujours du fracas des armes et des horreurs de la guerre civile. À deux semaines de l’échéance du 12 juillet, Brazzaville est calme pourtant, même si certains, tant au sein du pouvoir que de l’opposition ou des chancelleries étrangères, jouent volontiers à se faire peur. Sur le papier, tout est clair. Face au chef de l’État sortant, Denis Sassou Nguesso, 66 ans, revenu aux affaires en 1997, douze candidats s’apprêtent à briguer les suffrages des Congolais. Parmi eux, le lot habituel de postulants alimentaires, mais aussi quelques personnalités connues comme Mathias Dzon, ancien directeur national de la Beac, et Guy-Romain Kimfoussia, un officier supérieur à la retraite, porte-parole du Front des partis de l’opposition. Tout est clair, mais tout se brouille à la congolaise quand on sait que le même Dzon a été pendant cinq ans le grand argentier de Sassou Nguesso et qu’une des nièces de ce dernier a épousé Ange Édouard Poungui, candidat invalidé, principal animateur de la campagne « Tout sauf Sassou », dont il fut le… Premier ministre dans les années 1980. Si l’on ajoute à cela le fait que la plupart des concurrents notables sont des frères maçons et que deux des ex-adversaires les plus acharnés du président – Bernard Kolélas et Jacques Joachim Yhombi Opango – roulent désormais pour lui, l’électeur et a fortiori l’observateur ont parfois du mal à se retrouver dans cet entrelacs de ruptures et de retrouvailles souvent politiquement incestueuses, où l’on peine à discerner les postures opportunistes des (rares) convictions.

Dans cette brume de début de saison sèche, où les mots, parfois violents, ont heureusement tendance à se perdre, Denis Sassou Nguesso n’a guère de mal à apparaître comme le grandissime favori du scrutin. La faute, disent ses opposants, à des listes électorales « manipulées » et à une instance de régulation « partiale ». Au point qu’un Mathias Dzon, auteur d’un « Pacte présidentiel » de cent propositions tout droit sorties d’Alice au pays des merveilles, n’exclut pas de boycotter in extremis le scrutin et d’appeler les Congolais à en empêcher le déroulement… « Parce que Sassou est le seul point de repère stable », rétorquent les partisans du chef de l’État, le seul à pouvoir garantir la paix civile, condition sine qua non du développement.

Samedi 20 juin, alors que l’opposition tenait sagement meeting à quelques centaines de mètres de là, c’est un homme sûr de lui et de son destin, beaucoup plus président que candidat, qui a reçu Jeune Afrique dans sa résidence de Mpila, pour un long entretien dont nous vous donnons ici à lire l’essentiel.


Jeune Afrique : En annonçant votre candidature le 6 juin à Brazzaville, vous avez, dites-vous, répondu à l’appel des Congolais, mais aussi de votre « voix intérieure ». Que vous a-t-elle murmuré, cette petite voix ?

Denis Sassou Nguesso : Le plus important est évidemment ce que m’a demandé le peuple congolais. Lors de ma grande tournée d’avril-mai à travers tous les départements du pays, j’ai pu entendre et mesurer à quel point les populations souhaitaient que je poursuive l’œuvre entamée. Et cela de la manière la plus sincère et la plus pressante. Au point que les contributions financières pour ma future campagne ont commencé à affluer : 45 millions de F CFA par exemple, rien que pour le département des Plateaux. À Brazzaville, mon meeting du 6 juin a rassemblé un demi-million de personnes. Était-il imaginable que je me dérobe ? D’autant qu’à cette mobilisation en faveur de ma candidature correspondait ce que me dictait ma conscience, ma voix intérieure. Oui, j’ai encore des services à rendre à ce peuple congolais qui a fait ce que je suis et qui m’a tant donné. J’ai donc réfléchi avant de prendre ma décision, mais je n’ai pas hésité. 


Pourquoi avoir choisi un éléphant comme emblème de campagne ?

C’était déjà mon logo lors de la présidentielle de 2002. L’éléphant, c’est la force tranquille. Celui qui, dans la forêt, reçoit sur son dos les branches que cassent les singes. Celui qui assume et supporte. Bref, c’est le chef. 


Vous avez face à vous douze concurrents. Un mot sur les quatre candidats retoqués par la Cour constitutionnelle ?

Il ne m’appartient pas de commenter cette décision. 


Il y a pourtant parmi eux des figures connues comme Christophe Moukouéké et surtout l’ancien Premier ministre Ange Édouard Poungui, qui y voit une manœuvre politique inspirée par vous pour l’éliminer de la course.

Si manœuvre politique il y a, ce dont je doute fortement, j’attends qu’on me la démontre, preuves à l’appui. En tout état de cause, elle ne saurait émaner de moi, mais de la Cour. C’est à elle qu’il faut s’adresser. 

La plupart des candidats de l’opposition continuent de réclamer la mise en place d’une commission électorale indépendante. Ils n’ont pas confiance dans l’instance de supervision en vigueur, la Conel. Laquelle, il est vrai, n’a guère brillé par sa technicité lors des précédents scrutins.

Les difficultés qu’a rencontrées la Conel étaient d’ordre purement technique, dues à un manque de maîtrise de l’outil informatique. Elles n’avaient rien de politique et elles ont, depuis, été résolues. En réalité, ceux qui critiquent la Conel sur le fond souffrent sans doute d’amnésie. Ils oublient que cette instance est un pur produit de la Conférence nationale souveraine et que les élections de 1992 et de 1993 ont été organisées par le ministère de l’Intérieur et par la Conel – exactement comme aujourd’hui. Or, comme chacun le sait, j’ai été battu en 1992. Pourquoi ce qui était valable hier aux yeux de l’opposition ne l’est plus aujourd’hui ? Pourtant, c’est le même type de Conel, comme sous André Milongo, comme sous Pascal Lissouba : une Conel ouverte aux partis et à la société civile, présidée par un magistrat. Si l’opposition radicale refuse d’intégrer la Conel, où elle a toute sa place, qu’y puis-je ? Devrais-je pour autant arrêter la marche de l’État ? Annuler les élections ? Geler le processus démocratique ? 


Autre grief formulé par vos concurrents : les listes électorales, jugées par eux non fiables. Vous bénéficieriez ainsi d’un « matelas stratégique » de cinq cent mille électeurs fictifs...

Qu’ils le prouvent ! C’est à eux d’apporter les preuves de leurs accusations ! Les listes électorales sont connues, affichées et publiées dans chaque département. Les cartes électorales sont en voie de distribution. Ils prétendent que nous donnons des cartes à des étrangers, eh bien qu’ils le démontrent ! Qu’ils produisent un non-Congolais avec une fausse carte, qu’ils le filment, qu’ils le photographient et qu’ils envoient le tout à la Conel ! Nous verrons bien. 


N’y a-t-il pas un risque que, comme en 2002, les candidats de l’opposition se retirent du jeu à la veille du scrutin ?

À l’impossible nul n’est tenu. Nous aurons tout fait pour qu’une telle éventualité ne se produise pas. Si, malgré tout, certains s’engagent sur cette voie, ce sera leur responsabilité. L’élection aura bien lieu, avec ou sans eux. L’exemple de l’Algérie est là pour le démontrer. Une partie de l’opposition a boycotté la récente présidentielle, sans que cela change quoi que ce soit. Un président a été élu et nul ne conteste sa légitimité. 


Ne craignez-vous pas des troubles, des violences, des dérapages ?

Non, les Congolais ne veulent plus entendre parler de tout cela. Ils savent le prix des violences et ils ne veulent surtout pas qu’une paix aussi chèrement acquise soit remise en cause. Au moment où je vous parle, le boulevard des Armées à Brazzaville est à la disposition de l’opposition, qui y organise un meeting. En toute tranquillité ! 


Et l’accès aux médias d’État ?

Il est garanti et réparti également, de par la loi. 


Vos opposants vous accusent de jouer un double jeu. Vous parlez de paix le jour et, la nuit venue, vous feriez entrer des conteneurs d’armes, vous entraîneriez des milices. Le candidat Mathias Dzon parle même de mercenaires. Que répondez-vous ?

Écoutez. C’est moi qui, au Congo, ai mis un terme au règne des milices, il y a douze ans. C’est moi aussi qui ai fait procéder à cinq reprises au moins à l’incinération publique des stocks d’armes saisis sur ces mêmes milices. Il n’y a plus un seul milicien dans ce pays. Tout élément en armes relève de la Force publique, dûment identifiée comme telle, et tout matériel militaire importé lui est exclusivement destiné. Est-ce clair ? 


L’armée a mis en place une opération de sécurisation des élections baptisée « Araignée 2009 », et le siège de la Conel à Brazzaville est désormais protégé par des soldats et des sacs de sable. Pourquoi ce déploiement de force ?

Vous dramatisez. Toute élection a besoin de sécurité, ici comme ailleurs. Chaque candidat, dans ses déplacements et ses apparitions publiques, a le droit d’être protégé. Tout comme doit l’être le siège de la Conel. Citez-moi un seul pays où les forces de l’ordre ne sont pas mobilisées en pareil cas ? 


Mathias Dzon a été votre ministre des Finances, Poungui votre Premier ministre, le général Ngouélondélé a dirigé vos services de sécurité. Pourtant, ils figurent aujourd’hui au rang de vos adversaires les plus virulents. Comment l’expliquez-vous ?

C’est leur choix. N’attendez pas de moi que je le commente. 


Quand le candidat Dzon qualifie votre régime de « monarchique, antidémocratique, antisocial, inhumain et impopulaire », cela ne vous fait pas réagir ?
Ce serait m’abaisser et abaisser la fonction qui, jusqu’au jour de la prestation de serment du futur président, demeurera la mienne : celle de chef de l’État. 


Vous n’avez donc pas l’intention de rendre coup pour coup ?
Ceux qui souhaitent me voir sur ce terrain-là risquent d’être déçus. La politique n’est pas un combat de boxe. 
 
J’imagine que vous laisserez ce soin à votre équipe de campagne…
C’est possible. À elle de décider. 
 
Vos adversaires ont demandé à la Cour constitutionnelle d’invalider votre candidature, au motif que vous n’avez pas déclaré votre patrimoine. Qu’en dites-vous ?
Laissons la Cour répondre. Il est vrai que l’article 48 de la Constitution prévoit que chaque candidat à une fonction élective doit déclarer son patrimoine. Il prévoit aussi une loi d’application pour rendre effective cette disposition. Or cette loi n’a pas encore été adoptée par le Parlement. Je remarque d’ailleurs qu’aucun de ceux qui ont fait cette demande auprès de la Cour n’a déclaré son propre patrimoine, bien que certains soient des élus du peuple. Concluez vous-même. 

Si vous aviez à le faire, que déclareriez-vous ?
Je n’ai rien à cacher, tout est ouvert. J’ai ma résidence privée de Mpila, qui est ma propriété depuis 1970, où je vis et où je travaille. Après tout, j’aurais pu la mettre en location et loger dans une résidence officielle, comme cela se fait dans la plupart des pays, mais je suis économe des deniers de l’État. J’ai des biens dans ma ville d’Oyo, un appartement à Paris et une maison au Vésinet, qui ont été abondamment photographiés. Tout cela, mes adversaires le connaissent. Certains d’entre eux ont d’ailleurs largement profité de mon hospitalité, que ce soit au Congo ou en France. Ce qui est normal. Je ne leur en veux pas. 

Envisagez-vous un second tour ?
Nous verrons bien. En attendant, je me concentre pour gagner au premier tour. 

Et si vous étiez battu ?
Si je ne pensais pas sérieusement que j’allais gagner l’élection, je ne serais pas candidat. Mais je suis aussi un démocrate. J’ai déjà été battu en 1992. Je me suis sagement retiré chez moi et je n’en ai pas fait un drame. 
 
L’Union européenne a décidé de ne pas envoyer d’observateurs. Cela vous chagrine ?
Non, ils étaient là en 2002. Ils sont libres de revenir comme de ne pas revenir. Je n’en connais pas les raisons, mais c’est le problème de l’UE. La crédibilité du scrutin n’en sera pas pour autant entachée. 

Y a-t-il un lien entre cette réticence de l’Union européenne et l’affaire dite des « biens mal acquis », qui vous concerne en partie ?
Je l’ignore. Le but de ceux qui ont monté cette affaire de toutes pièces était de démoraliser les Congolais et de les inciter à la révolte. Je ne vois pas l’UE, qui est une instance respectable, se laisser influencer par ce genre de manipulation. De toute façon, l’offensive a piteusement échoué. Ce ne sont pas les ONG qui décident à la place du peuple. 

Pourquoi votre image a-t-elle des difficultés à « passer » à l’étranger ?
Ce qui m’importe, c’est qu’elle passe, comme vous dites, aux yeux des Congolais. En Occident, certains sont de mauvaise foi, d’autres critiquent en méconnaissance de cause, d’autres aussi savent faire la part des choses. Et puis, je suis tel que je suis. Je vous l’ai déjà dit : je n’ai ni à m’excuser, ni à me justifier auprès de ceux qui ignorent tout des réalités de mon pays. 

Parmi les treize candidats à l’élection présidentielle, aucune femme. Le Congo serait-il en retard sur le reste du monde ?
Comme vous y allez ! En 2002, il y avait deux candidates, cette fois il n’y en a pas. C’est purement circonstanciel. Laissez-nous progresser, évoluer. Un jour, une femme sera présidente du Congo, une autre dirigera la France ou les États-Unis. C’est à la fois inévitable et souhaitable. 

L’élection pourra-t-elle se dérouler partout dans la région du Pool ?
Absolument. Tout comme les législatives et les locales auparavant. Sans aucun incident. 

Le fait que Bernard Kolélas, qui est le leader historique du Pool, se soit rallié à vous signifie-t-il que cette région est désormais orpheline, en panne de chef ?
Ne réduisez pas Bernard Kolélas aux dimensions d’un leader départemental. C’est un homme politique d’envergure nationale qui existe bel et bien, avec son parti et son influence. 

On le dit fatigué. Sur le déclin.
C’est vous qui le dites. Quand bien même, cela signifierait-il qu’il n’existe pas de relève ? Et puis cessons de tout analyser en termes de clivages régionaux. Les ressortissants du Pool sont des Congolais à part entière. Ce ne sont pas des obsédés de l’ethnicisme. 

Le décès du président Bongo Ondimba aura-t-il un effet sur le vote batéké au Congo ?
Je ne vois pas le rapport. Les Tékés, communauté à laquelle appartenait le défunt président Bongo Ondimba, sont présents au Gabon et dans les deux Congos. Chacun se détermine en fonction de ses propres échéances politiques. Il n’y a jamais eu de confusion à ce sujet. 

Pourtant, Bongo est intervenu à plusieurs reprises dans les affaires intérieures congolaises, notamment entre 1992 et 1998. Pour le meilleur ?
Tout à fait. Pour la paix. 

Êtes-vous inquiet pour l’avenir du Gabon ?
La Constitution est respectée, ce qui est encourageant. Cela dit, le problème posé par la disparition d’un homme tel que celui-là est sérieux. Il mérite que l’on soit attentif, vigilant et bienveillant. 

Pourriez-vous, si le besoin s’en faisait sentir, proposer vos services de médiateur, comme Bongo l’a fait pour votre pays ?
Une chose est sûre : je ne resterai pas indifférent. Les problèmes du Gabon, qui est notre voisin immédiat, sont aussi les nôtres. 

Le Comité de suivi de la Convention pour la paix et la reconstruction du Congo, réuni début juin à ­Brazzaville, vous a proposé de faire voter une loi d’amnistie en faveur de votre prédécesseur, Pascal Lissouba, en exil en France depuis près de douze ans. Êtes-vous d’accord ? 
S’il s’agit d’une amnistie individuelle en faveur de M. Lissouba, pour telle ou telle raison spécifique, et non d’une amnistie collective, je suis tout à fait disposé à l’examiner avec un a priori favorable. 

Vous avez été récemment frappé par un deuil particulièrement pénible, celui de votre fille Édith Lucie. En avez-vous tiré un surcroît de force ?
J’ai dit ce que j’avais à dire à ce propos le jour des obsèques. Je ne souhaite pas me répéter. Reportez-vous aux mots que j’ai prononcés à Edou. 

Le découragement ne vous a pas effleuré ?
Non. Pas du tout. 

Si vous êtes élu dans quelques semaines, peut-on vraiment dire que ce sera votre ultime mandat ?
La Constitution de 2002 est claire à ce sujet : un septennat renouvelable une seule fois. Ce sera donc en principe mon dernier mandat, sauf si la Loi fondamentale venait à changer sur ce point. 

Ce que, apparemment, vous n’excluez pas…
Nulle part dans le monde il n’existe de Constitution immuable. Mais elle ne peut être modifiée, sur ce point ou sur un autre, par exemple la limite d’âge requise pour être candidat, que si le peuple le souhaite et l’approuve. 

Comptez-vous, en cas de victoire, renouveler et régénérer votre gouvernement ?
Je ne dis pas que je ne changerai rien, mais il y a déjà beaucoup de jeunes dans mon gouvernement. Les générations montantes y sont largement représentées. Ce n’est pas une équipe de vieux. 

Un nouveau Premier ministre ?
Je n’en sais rien et ce n’est pas le moment d’envisager cette question. 

Un président sortant est avant tout jugé sur son bilan. Y a-t-il des domaines dans lesquels vous pensez avoir échoué ?
Il y a des secteurs où j’aurais souhaité aller plus vite, même s’il était quasiment impossible, vu l’état des lieux, d’obtenir des résultats significatifs partout. Je pense à l’emploi, à l’électricité, à l’eau. Les attentes sont fortes, je le sais, mais chacun doit comprendre que l’on ne peut distribuer ce que l’on ne produit pas. Ce sont des chantiers énormes. Estimer que nous aurions dû mettre la charrue avant les bœufs relève de la démagogie. 

Est-il normal qu’en dépit des sommes que vous avez débloquées certains malades doivent se faire porter à dos d’homme pour grimper les étages du CHU de Brazzaville, faute d’ascenseurs et de civières ?
L’aide d’urgence que j’ai fait débloquer pour le CHU n’était qu’un palliatif, en aucun cas un moyen de résoudre la totalité de ce chantier. Le CHU a besoin d’une réhabilitation complète. C’est un problème que j’ai pris à bras-le-corps. Il demande juste un peu de temps. 

On dit que le Sassou Nguesso de 2009 n’est plus celui d’il y a vingt ans, en ce sens qu’il hésite désormais à sanctionner les corrompus.
Certainement pas. Je vérifie, je fais instruire et, au besoin, la sanction tombe. Il y a peu, à l’issue de la dernière réunion du Conseil supérieur de la magistrature, onze magistrats, dont un membre de la Cour suprême, ont été radiés pour des faits de cette nature. Idem pour des agents du Trésor indélicats, de connivence avec des opérateurs économiques étrangers. Ils sont aujourd’hui en prison, après avoir été jugés et reconnus coupables. Le Congo est un État de droit. 

Vo
tre programme a pour intitulé « Les chemins de l’avenir ». Le précédent s’appelait « La nouvelle espérance ». Vous connaissez, je suppose, la célèbre phrase de Napoléon, « les chefs sont des marchands d’espérance »…
Si je vous suis bien, je devrais donc dire aux Congolais : « Votre avenir est bouché, votez pour moi ! » Ce ne serait ni sérieux ni réaliste. Ce pays a un avenir porteur d’espérance. Construisons-le ensemble. 

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de mener campagne en utilisant les moyens de l’État ?
Je réponds qu’ils n’ont pas le sens de l’État. Jusqu’au terme de mon mandat, le 14 août au soir, quand je remettrai le pouvoir entre les mains de mon successeur, que ce soit moi-même ou un autre, je demeurerai le chef de l’État du Congo. D’ici là, je continuerai d’agir, de voyager, de recevoir des émissaires, d’en envoyer, de signer des textes, d’inaugurer telle ou telle réalisation. Et je ne le ferai pas en cachette. Voudriez-vous, au prétexte que je suis candidat, que ce pays ne soit plus dirigé ? Imaginez un pilote qui abandonne son cockpit en phase d’atterrissage : qu’en penseraient les passagers ? 

On a l’impression, à vous écouter, que les jeux sont faits en votre faveur.
Comment cela ? Je ne vais tout de même pas adopter une posture de perdant pour vous faire plaisir ! Vous savez, je suis l’un des rares chefs d’État en exercice qui connaisse la médaille sous ses deux faces : la victoire, mais aussi la défaite. Cela me donne un certain avantage, question sérénité. 

Que diriez-vous aux Congolais, en quelques phrases, pour les convaincre de vous renouveler leur confiance ?
Les Congolais me disent ceci : vous avez ramené la paix, la stabilité et la sécurité. Vous avez réorganisé l’État et l’économie. Certes, tout n’est pas encore parfait, mais vous devez continuer sur ce chemin afin de moderniser et d’industrialiser le Congo. C’est pour cette raison que nous allons voter pour vous. 

Ce n’est pas tout à fait ma question…
Je sais. Mais c’est la réalité. Le peuple dit cela et je suis d’accord avec lui. 

Pourquoi ne dites-vous pas « je » ? Une présidentielle, c’est un rapport entre un homme et les citoyens.
Je serai plus direct lors de la campagne. 

Question de pudeur ?
 
Peut-être. D’éducation aussi. Après tout, la pudeur n’est pas un sentiment déshonorant…
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Published by Juliette Abandokwe - dans Congo Brazzaville
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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 12:13

8 juillet 2009
Wallys KIMBATSAM


Les citoyens congolais sont appelés aux urnes pour des élections présidentielles, dans des conditions politiques, constitutionnelles et réglementaires qui annihilent toute possibilité de succession au pouvoir anti-démocratique de Sassou Nguesso.

Les conditions dans lesquelles se dérouleront ces élections n’apporteront aucune nouveauté palpable, malgré le tapage médiatique orchestré par les autorités congolaises soutenues par des partis politiques inféodés. Ces partis politiques qui ont contracté leur devenir en s’alliant avec des institutions qui prêchent l’asservissement et la corruption des élites, en vue de dompter la véritable opposition.

De toute façon personne ne doute que les élections seraient falsifiées et non démocratiques comme les précédentes (Présidentielle de 2002 et élections législatives de 2007), et ce pour les raisons suivantes :

La persistance de l’impunité pour crimes économiques, politiques et atteintes graves à la dignité et aux droits humains ;

L’accaparement par le seul ministère de l’Intérieur des pouvoirs de préparation, de supervision et de l’annonce des résultats des élections. Ce ministère connu par tous, comme instance partiale, impliquée dans tous les truquages électoraux ;

La connivence entre le pouvoir et les partis politiques représentés au parlement en vue d’intimider et terroriser les forces appelant au boycott, aux dépens de la liberté d’opinion et d’expression ;

L’asservissement du secteur audiovisuel en faveur de la pensée unique en bafouant le droit des forces de l’opposition crédible d’exprimer leur point de vue et d’exposer leurs positions au peuple congolais ;


Mais, le plus important reste « le putsch constitutionnel » de 2009 qui va donner à l’actuel président ce qu’il exige : l’impunité, la présidence à vie et le droit de déposséder les traîtres à sa personne de leur nationalité en les condamnant à jamais à l’exil.


La stratégie du boycott

Le boycott ! Une démarche qui soulève bien des questions : pour qui ou contre qui ? Par qui et pourquoi ? Avec quels effets et quels résultats ? Pour quel avenir ? Le quasi-silence est en lui-même interpellant car les effets du boycott sont redoutables. Aujourd’hui mode d’action marginal il constitue pourtant une véritable menace pour les institutions. Un boycott est nécessaire pour commencer la clarification politique et s’opposer à la désorientation créée par la défaillance de certains partis (opposition modérée). Travailleurs, étudiants et intellectuels qui bouillonnent de colère devant le résultat des dernières élections législatives ne doivent pas être laissés dans l’isolement, ou pire, être acculés à contribuer à faire élire une autre fois la même personne. Une politique active est nécessaire, comprenant l’organisation de réunions pour promouvoir le boycott, de manifestations et de grèves.

Pourquoi le boycott est-il la réponse politique adéquate et nécessaire pour les élections de 2009 ? Parce que le boycott enlèvera toute crédibilité à cette escroquerie électorale et sera un moyen de traduire le mécontentement de masse en une authentique action politique

Mais, le boycott ne s’arrêterait pas à cette simple déclaration. Il faudrait accompagner cette déclaration par une action sur le terrain visant à discréditer la tenue de ces élections sur toute l’étendue du territoire. Il faut une politique active, prenant la forme d’un boycott organisé, pour unifier la classe politique et pour ouvrir un nouveau chemin de lutte qui contribuera à construire un mouvement de masse, authentiquement indépendant.

D’une seule voix, l’opposition congolaise doit se lever et annoncer au régime son intention de boycotter l’élection et de ne pas participer à aucune nouvelle élection au Congo tant que le système n’est pas réformé.

Bref, l’on ne peut combattre un système illégal comme celui de Sassou Nguesso par la légalité. A cette illégalité, il faut nécessairement opposer une action républicaine et citoyenne alternative. C’est la seule manière d’en finir.

Cela veut donc dire que si l’opposition fait une contre campagne dans les régions, campagnes et villages en demandant aux sympathisants non seulement de ne pas voter, mais aussi de convaincre leurs proches de ne pas aller voter, alors il va sans dire qu’il n’y aura pas d’élections crédibles au Congo. Une opposition unie pourrait ainsi bloquer et empêcher effectivement la tenue des élections sur toute l’étendue du territoire.

Le principe d’une telle action est simple, mais efficace. Car, même si l’opposition n’est en mesure de convaincre qu’une partie de la population de chaque région, ce sera largement suffisant pour bloquer et immobiliser le pays car les élections seraient, de ce fait même, compromises. Confronté à une situation lui échappant, Sassou Nguesso serait alors obligé de négocier les réformes exigées par l’opposition, car l’opposition serait alors en position de force pour lui imposer ces réformes et le rendre impuissant. Et avec un certain doigté, il n’est pas exclu que si notre Président s’entête dans une situation de pression aussi forte, son régime finira par s’écrouler.


Le rôle de l’opposition

Que veut donc l’opposition congolaise ? Faire des " Ministres manioc" ou gagner les élections ? Quand on regarde le silence de notre opposition aujourd’hui, incapable de revendiquer ce que Sassou Nguesso revendiquait au Président Lissouba en 1997 et ce dans la même situation, on se rend compte que c’est une opposition non seulement alimentaire, mais également une opposition qui ne sait pas ce qu’elle veut.

Elle semble même ne pas vouloir gagner les élections !!! Il me semble, que la meilleure manière de perdre une élection consiste à faire exactement comme l’opposition congolaise est en train de faire en ce moment : c’est-à-dire, accepter l’offre de Sassou Nguesso et légitimer la fraude par la participation à des élections de mascarade.

Par contre, l’opposition congolaise, si elle choisit de boycotter massivement les élections, elle pourrait discréditer et affaiblir considérablement le régime.

Or, accepter l’invitation de Sassou Nguesso et participer aux élections de 2009 ne pourra assurer à l’opposition que des miettes. En d’autres termes, le régime ne pourra pas récompenser tous les partis politiques en leur offrant des portes feuilles ministériels ou autres dans un régime déjà saturé, un régime où on ne sait plus à qui donner quel poste, un régime dans lequel il est obligé de créer des « postes- garage » pour récompenser quelques complices. Participer aux élections, c’est donc assurer l’échec de l’opposition dans un contexte où cette opposition, minoritaire au Parlement, ne pourrait, d’une part, aucunement influer sur l’avenir du pays, et d’autre part, serait condamnée à végéter pendant les 7 prochaines années. Par contre, une victoire de l’opposition dans un système réformé assure à l’opposition toute entière de pouvoir bénéficier de la victoire. Par ailleurs, à quoi sert une opposition minoritaire dans un gouvernement d’union national qu’envisage Sassou Nguesso ? A rien du tout. Ils ne feront rien pour le peuple. Les ministres de l’opposition se contenteront ainsi d’être de simples "ministres manioc", sans plus. Si l’opposition participe aux prochaines élections, c’est qu’elle ne veut point gagner. Elle se contentera de faire gagner le régime de Sassou Nguesso dans l’espoir d’en tirer des bénéfices personnels aux dépens d’une réelle aspiration du peuple au changement.

L’opposition congolaise n’a pourtant rien à perdre. Au contraire, si les élections se tiennent dans un contexte réformé, l’opposition congolaise, aura de meilleures chances de faire élire son candidat.

Participer aux élections présidentielles de 2009, en somme, c’est condamner le pays à 7 ans de plus de Sassouïsme effréné et dégradant, et l’opposition à la végétation totale. Or, je suis convaincu que le peuple congolais ne supportera plus cette situation.

Le pays en arrive donc à un point où, si on ne le laisse pas souffler quelques années par un délestage politique, il éclatera dans des violences dont l’issue serait imprévisible.

Enfin, il faut saluer tous ceux qui ont décidé d’appeler au boycott de ces élections. Ils viennent de montrer le chemin, il faut les soutenir et s’associer à eux à l’ensemble des Congolais qui ne veulent plus de ces insultes à leur dignité et à leur intelligence.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Congo Brazzaville
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