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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 17:15

10 novembre 2009
Pierre Eric Mbog Batassi
Afrik.com


Vers la suppression des libertés syndicales au Gabon

Plusieurs structures syndicales, parmi lesquelles la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (CONASYSED) et l’Union des syndicats de l’administration publique, parapublique et privée (USAP), réunies vendredi dernier à Libreville, ont dénoncé les dernières mesures prises par le gouvernement en matière de fonctionnement des syndicats au Gabon. Elles envisagent de saisir la Cour constitutionnelle ou le Conseil d’Etat pour faire valoir leurs droits.

Les dernières mesures prises par le gouvernement gabonais interdisent notamment aux agents de l’Etat d’occuper les fonctions de membres des bureaux directeurs des syndicats. Les acteurs sociaux estiment qu’il s’agit purement et simplement d’une retour vers la dictature, marqué par une volonté de supprimer les droits syndicaux en République gabonaise.

Pour la plupart d’entre eux, cette "mesure arbitraire" vise plus concrètement à museler l’activité syndicale qui, selon eux, empêche au gouvernement de tourner en rond, dans un contexte démocratique. Ils n’excluent pas la possibilité de saisir le Conseil d’Etat ou la Cour constitutionnelle pour se faire valoir leurs droits.

Les leaders syndicaux ont déclaré que, si les autorités de Libreville désirent appliquer cette mesure, qu’elles commencent par l’appliquer sur certaines hautes personnalités de l’Etat qui cumulent plusieurs fonctions au sein des administrations publiques. Rappelons que cette mesure frappe également les leaders des partis politiques qui, pour leur part, ont dénoncé ce qu’ils avaient qualifié de "dérive dictatoriale’’.

Outre cette mesure "arbitraire", le gouvernement a décidé dans la foulée que les jours de grève ne seront plus jamais payés au Gabon. Cette décision a provoqué également la colère des acteurs de la société civile qui jugent trop sévères les méthodes de l’actuelle équipe gouvernementale, au point où beaucoup parlent déjà de dictature et de recul démocratique ; alors que le gouvernement pour sa part invoque des arguments juridique, parlant de ‘’la mise en œuvre de la législation relative à l’exercice du droit syndical telle qu’elle est édictée’’.

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 17:12

10 novembre 2009
Gabon Eco


Le directeur de cabinet d'Ali Bongo impliqué dans le scandale de la BEAC

Le tout nouveau directeur de cabinet du président Ali Bongo Ondimba vient de démissionner de ses fonctions suite à son implication dans le scandale de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC). Dans une déclaration faite dans la nuit du 9 novembre dernier à la chaîne publique RTG1, Jean Pierre Oyiba a justifié sa démission par des «raisons d’éthique et de préservation de la bonne gouvernance prônée par président Ali Bongo Ondimba» et surtout se consacrer à sa défense dans cette affaire.

Depuis début août, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), est plongé dans un gros scandale de détournement de fonds dans sa représentation de Paris. Entre 2004 et 2009, 16,5 milliards de francs CFA ont été détournés au Bureau extérieur de Paris (BEP), au profit de 139 personnes. Ce sont les premiers résultats du rapport de l'enquête menée au sein de la banque depuis la mise en lumière de ces malversations.

Dans ce rapport, le nom de Jean Pierre Oyiba est cité à la page 7 comme faisant partie d’un groupe de 3 personnes ayant bénéficié de « chèques d’un montant total de 138.251.320 FCFA (…) issus de la première livraison de la Société Générale en avril 2009». A la page 8 du même rapport, qui dresse une liste des bénéficiaires des chèques et virements frauduleux, Jean Pierre Oyiba est cité comme bénéficiaire de 4 chèques d’un montant total de 65 595 700 FCFA.

L’audit commis par la BEAC révèle qu’«au stade actuel des investigations, le montant total des détournements (...) s’élève à 16,5 milliards de francs CFA (25 millions d’euros)». Ces malversations auraient été «opérées au moyen de chèques, virements, retraits en espèces et titres de transport», précisent les résultats préliminaires de l'enquête.

«On dénombre en tout 858 chèques et 6 virements frauduleux au profit de 101 bénéficiaires, 1306 retraits en espèces frauduleux et 38 bénéficiaires de titres de transport aériens frauduleux», poursuit le document, qui met notamment en cause le Gabonais Armand Ndzamba, comptable au BEP de 1992 à 2009, comme le «principal homme orchestre de ces fraudes».

Ces enquêtes ont déjà permis d'identifier quelques 139 personnes impliquées dans ces malversations, parmi lesquelles plusieurs cadres de la BEAC. Jean Pierre Oyiba, proche collaborateur de l’actuel président gabonais, a longtemps été directeur général de l’Office des ports et rades du Gabon (OPRAG), dont le Conseil d’administration était présidé par Ali Bongo.

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 11:21

9 novembre 2009
AFP 

Jean-Pierre Oyiba, le directeur de cabinet d' Ali Bongo, investi le 16 octobre, a annoncé lundi qu'il se "déchargeait de ses fonctions" pour se défendre d'accusations dans le scandale des détournements (25 millions d'euros) à la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC).

" Pour des raisons d'éthique et de préservation de bonne gouvernance prônée par Ali Bongo Ondimba, j'ai décidé de me décharger de mes fonctions afin de me consacrer entièrement à ma défense dans cette affaire", a affirmé Jean-Pierre Oyiba, dans une déclaration lue en direct pendant le journal télévisé de la première chaine publique RTG1.

L'hebdomadaire Jeune Afrique affirme dans son édition du 8 au 14 novembre que M. Oyiba a été l'un des bénéficiaires des détournements de fonds et aurait touché "65,6" millions de Francs CFA (100.000 euros).

Le Chef de l'Etat, Ali Bongo Ondimba, accepte la démission de son directeur de cabinet.

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 23:10

7 novembre 2009
La voix de la diaspora africaine


La franc-maçonnerie est l'un des piliers du régime gabonais. Comme son père, le nouveau président règne sur les loges du pays. Et les frères restent au coeur de l'appareil d'Etat. Christophe Boltanski raconte comment, au Gabon, «si tu n'en es pas, on ne te voit pas et on ne te considère pas pour ce que tu es»

Ali Bongo est le président du Gabon, mais il n'en est pas encore vraiment le maître. Après un scrutin très contesté, il a succédé à son père, Omar. Il a ravi le sceptre. Mais il lui manque encore le maillet.

Dans quelques jours, ce sera chose faite. Le 31 octobre, il revêtira son tablier brodé et se présentera devant ses «frères» pour une élection au résultat tout aussi attendu que la première, à la tête de la Grande Loge du Gabon (GLB). Cette fois aussi, Ali s'installera dans le fauteuil d'Omar, indéboulonnable grand maître de la franc-maçonnerie gabonaise jusqu'à sa mort en juin dernier. Et sans doute dirigera-t-il, comme son père, les deux principales obédiences du pays.

Dans ce bout d'Afrique, celui qui monte sur le «trône» se doit aussi de régner sur les temples. Le nouveau président n'a pas oublié que les conseillers de son prédécesseur, ses ministres, ses directeurs d'administration étaient tous «passés sous le bandeau». Il sait bien que la franc-maçonnerie forme depuis des années l'un des piliers du système Bongo.

Il a vu comment son père s'en est servi pour asseoir son pouvoir dans son pays ou à l'étranger. Et il accueillera avec joie la conférence mondiale de la franc-maçonnerie régulière, qui se tiendra le 4 novembre à Libreville. C'est Omar qui avait «décroché» l'événement. Et Ali, qui avait suivi de près tous les préparatifs, en tirera les bénéfices.

«Docteur Zorobabel»

Au Gabon, les loges sont omniprésentes et pourtant tellement taboues. Lors de la présidentielle, le pasteur Ernest Tomo a été le seul candidat à avoir osé en parler. «Forcément ! s'emporte-t-il. La plupart de mes adversaires en faisaient partie.» Dans son programme, il n'abordait le sujet qu'à mots couverts :

«Je veux changer les habitudes d'antan qui consistaient à choisir un homme pour un travail à cause d'un lien et non pour ses aptitudes», pouvait-on y lire. Un lien ? «Au Gabon, explique le pasteur, vous ne pouvez pas être ministre, cadre administratif, patron ou même évêque si vous n'appartenez pas à une loge.» Ernest Tomo a refusé de «recevoir la lumière».

Il ne fréquente pas le bon temple. Le sien s'appelle Jérusalem. C'est une communauté évangélique qu'il a fondée à la périphérie de la ville. Cet ex-manoeuvre, qui fut aussi policier et joueur de foot, y prononce des prêches enflammés sous le nom de «Docteur Zorobabel», pendant que son épouse anime le gospel. Il est persuadé que sa critique des loges lui a valu son faible score à l'élection du 30 août dernier : 308 voix, soit 0,09%.

Un jour, pourtant, comme tant d'autres, il a été approché par les frères. «Ils m'ont fixé le rendez-vous d'initiation. Ils m'ont dit que ça serait un samedi avec un parrain, et moi j'ai dit non. Ca m'a coûté une série d'emmerdements» Quelque temps plus tard, feu Omar Bongo l'a malgré tout nommé ministre d'Etat et directeur adjoint de son cabinet, en charge des questions religieuses.

Il faut dire qu'Ernest Tomo, après s'être présenté contre lui à la présidentielle de 2005, venait de se retirer sous le coup d'une «inspiration divine». Mais une fois son rival éliminé, Bongo a bien fait comprendre à Tomo qu'il ne faisait pas partie de la «famille». «Comme je n'étais pas maçon, tonne le pasteur, dont la voix résonne dans le hall d'un hôtel de Libreville, je n'avais rien, ni bureau, ni collaborateur, ni voiture de service.» Le chef de l'Etat gabonais a fini par lui dire publiquement lors d'une cérémonie : «Si tu n'en es pas, on ne te voit pas et on ne te considère pas pour ce que tu es.»

Bongo, lui, «en a été» pendant plus d'un demi-siècle. Il affirmait avoir été «initié» en 1953 à Brazzaville. Il travaillait alors comme simple employé des postes et se prénommait Albert-Bernard. Il n'est pas encore musulman, pas même catholique, deux religions qu'il embrassera tour à tour, histoire, d'après ses détracteurs, d'être admis à l'Opep et au Vatican.

Dans un livre d'entretiens (1), il attribuera son engagement franc-maçon à un certain Naudy, inspecteur général des PTT et socialiste, un «homme admirable», dira-t-il. Mais c'est un autre vieux routier de la SFIO, Pierre Bussac, qui le fait entrer formellement au Grand Orient de France (GODF), à Angoulême, en 1965. Cet ancien du ministère de l'Outre-Mer, familier des cercles africains, a parrainé deux ans plus tôt son ami Georges Rawiri, futur président du Sénat gabonais.

Omar Bongo enchaînera les obédiences au gré de ses rencontres, voire de ses intérêts. Après le Grand Orient, libéral et adogmatique, il intègre la Grande Loge nationale française (GLNF), marquée à droite, déiste, et surtout très présente dans les réseaux qui se nouent entre la métropole et ses anciennes colonies. François Stifani, son actuel grand maître, le confirme :«Il a été régularisé chez nous, à Paris.

Ce passage a été très marquant pour lui» Bongo agit alors sous l'influence de son mentor, Jacques Foccart. Le secrétaire général de Charles de Gaulle, cheville ouvrière de la Françafrique, était-il lui-même un «fils de la veuve» ? Certains le disent. Toujours est-il qu'il a repéré Bongo quand il faisait son service militaire au Tchad et l'a fait nommer auprès de Léon M'Ba, le premier président du Gabon. Quand ce dernier décède, en novembre 1967, Foccart bombarde son protégé à la tête du pays.

Sociétés secrètes traditionnelles

Très vite, le voilà baptisé dans la foi catholique, hadj après son pèlerinage à La Mecque, initié aux mystères maçons, mais aussi membre des sociétés secrètes traditionnelles du bwiti ou du ndjobi. Bongo collectionne les croyances et les rituels comme les allégeances. Il est aussi oecuménique en religion que dans sa quête du pouvoir. «C'était un démon. Quand vous étiez contre lui, il vous baratinait, il vous donnait tout ce que vous vouliez», raconte Bruno Ben Moubamba, l'un de ses opposants. Pour parvenir à ses fins, pour enrôler ses partisans comme ses ennemis, il met tous les dieux de son côté, y compris le grand architecte de l'Univers.

«Même s'il n'avait pas été président, il aurait été franc- maçon, corrige Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient qui le connaissait bien. C'était son jardin personnel. De ce point de vue, c'était un homme de conviction.»

Et un homme de bon sens. Bongo sait bien que la «chaîne d'union», comme on dit dans les loges, lui permet d'établir des liens étroits avec des dirigeants français et, surtout, de créer une caste à sa dévotion. «A son arrivée à la tête du pays, il n'était ni leader syndical, ni chef traditionnel, ni de lignée royale, ni vraiment lettré. Pour s'imposer, il a créé la franc-maçonnerie», explique un parent. Le président gabonais fonde deux ordres : le Grand Rite équatorial, affilié au Grand Orient de France, et, sous les auspices de la GLNF, Dialogue, qui deviendra plus tard la Grande Loge du Gabon.

«C'est le pays d'Afrique noire qui compte le plus grand nombre de maçons par habitant. Es sont près de 500 rien qu'à Libreville», dit Joseph Badila, un frère congolais, auteur d'un des rares ouvrages sur la question (2). Ils détiennent les postes clés au sein de la classe politique et de l'appareil d'Etat. «Neuf directeurs d'administration centrale sur dix en font partie», estime un haut fonctionnaire. Leur tablier est gage de fidélité. En obéissant au maître, ils se soumettent au président.

Omar Bongo soigne aussi ses frères de l'Hexagone. Il reçoit leurs dignitaires avec le faste réservé à un chef d'Etat. Il accueille leurs rassemblements et sait se montrer généreux. «Pour vos pauvres !», lance-t-il un jour à des émissaires du Grand Orient de France. «Il voulait leur remettre une valise pleine d'argent», raconte Alain Bauer. La franc- maçonnerie française entretient des rapports étroits et anciens avec l'Afrique. Dès 1781, elle crée sa première loge à Saint-Louis du Sénégal.

Elle y apporte ses valeurs d'émancipation et de progrès, même si elle s'ouvre très tardivement aux autochtones. L'un d'eux, Blaise Diagne, sera le premier Africain à entrer à la Chambre des Députés en 1914. Avec son ésotérisme, ses rites, sa manie du secret, la franc- maçonnerie s'adapte parfaitement à une terre où l'invisible compte autant que le visible. «Elle s'est répandue là où il y avait déjà de l'occulte», résume Jean-Pierre Dozon, anthropologue à l'EHESS.

Mais, au fil des ans, la fraternité est devenue synonyme de réseaux, d'intrigues, et surtout de pouvoir absolu. Omar Bongo n est pas le seul dirigeant noir à tenir le maillet. Une douzaine de chefs d'Etat d'Afrique francophone seraient ses «frères de lumière» (3), à commencer par le Congolais Denis Sassou-Nguesso, le Centrafricain François Bozizé, le Tchadien Idriss Déby le Nigérien Mamadou Tandja, ou encore, même s'il s'en défend, le Sénégalais Abdoulaye Wade... Un mélange des genres que Jean-Michel Quillardet, grand maître du Grand Orient de France entre 2005 et 2008, ne cesse de dénoncer.

«Dans certains pays, comme le Gabon, le Congo ou la Côte d'Ivoire, la franc-maçonnerie a été un instrument de domination», dit-il. Durant son mandat, il a tenté de mettre fin à ce qu'il appelle la «franc-maçonnafrique», ces liens incestueux entre les loges françaises et des systèmes «au mieux corrompus, au pis dictatoriaux». Il a rappelé publiquement à ses cousins africains que «l'engagement maçonnique, ce sont les droits de l'homme et la démocratie». Le message «a été peu diffusé». Pour ne pas avoir à «serrer la main» de Denis Sassou-Nguesso, Jean- Michel Quillardet a aussi refusé de participer à la traditionnelle Réunion des Obédiences maçonniques africaines humanistes (Romah), organisée en 2007 à Brazzaville. Une attitude qui reste très isolée.

«C'est irresponsable de la part d'un dirigeant d'une grande loge historique comme le GODF, s'écrie François Stifani. L'Afrique n'attend plus qu'on lui donne des leçons.» Le grand maître de la GLNF ne trouve rien à redire au fait que ses homologues tiennent leur pays d'une main aussi peu fraternelle. Se retranchant derrière un «droit de réserve», il refuse de juger le Bongo président. «Je sais en revanche qu'il était un bon maçon. Et puis l'Afrique n'a fait que suivre l'exemple de l'Angleterre où le duc de Kent est aussi es qualités chef de l'ordre.»

François Stifani le reconnaît : le continent noir est un «enjeu majeur» pour son ordre. Sur son bureau trône «la Lettre du continent», la revue la mieux informée sur l'Afrique. Le matin même, l'ambassade de Djibouti lui a demandé d'intervenir pour aider l'un de ses ressortissants à s'inscrire à l'université. Lui-même revient tout juste du Cameroun, où il a installé une nouvelle loge. Dans le hall de la GLNF, on croise deux frères d'un pays du golfe de Guinée - un ministre et un ex-président par intérim - venus faire leur «instruction». Et Stifani se félicite de la présence à ses grand-messes d'un Sassou-Nguesso ou d'un Bongo en gants blancs, tablier et sautoir. «Nous sommes vraiment fiers qu'ils se tournent vers nous. Cet attachement est remarquable.»

Elites divisées

Une preuve ? Le 15 juin 2009, aux côtés de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant ou Robert Bourgi, héritiers des réseaux Foccart, pas moins de deux anciens grands maîtres se pressent devant le cercueil d'Omar Bongo : Jean-Charles Foellner vient lui rendre les derniers hommages au nom de la Grande Loge nationale française. Alain Bauer, qui représente le Grand Orient, enchaîne sa seconde cérémonie.

Deux jours plus tôt, il a aussi participé aux obsèques privées, à la demande de Pascaline, la fille du président défunt. «J'étais le seul Blanc.» Pour permettre à son avion de se poser, les autorités ont rouvert l'espace aérien, fermé dès l'annonce du décès. Bauer est un intime de la famille. Il a supervisé le diplôme de troisième cycle d'Ali à la Sorbonne, consacré au Transgabonais, le chemin de fer du Gabon. Un travail «propre», dit-il, sanctionné par «une mention très honorable».

C'est François Stifani qui «installera» Ali, cette semaine, à la tête de la Grande Loge du Gabon. «Son nom n'y est pour rien, jure le patron de la GLNF. Il a déjà un grade enviable d'assistant grand maître. E a fait un cursus complet chez nous.» Ali Bongo aurait été initié à l'origine selon le rite d'York, l'un des plus pratiqués aux Etats-Unis.

Un pays qu'il connaît bien et où il a fait un premier mariage. «Dans sa loge, on retrouve ses amis, raconte un ancien collaborateur de son père. Pour la plupart des étrangers ou des Gabonais de la diaspora.» Parmi eux figure son principal conseiller, l'informaticien béninois Jean-Denis Amoussou. Critiqué jusque dans son clan, Ali Bongo va, comme son père, mobiliser ses réseaux francs-maçons pour asseoir son pouvoir encore fragile.

Mais si Omar Bongo n'avait à la bouche que le mot «dialogue», une vertu maçonnique, son fils a un tempérament plus solitaire et plus ombrageux. «Il a une conception monarchique du pouvoir, selon l'opposant Bruno Ben Moubamba. Ses références, ce sont les princes du Golfe et Mohammed VI» La crise qui a secoué le pays frappe également ses temples. Les ennemis du nouveau président, comme l'ancien candidat et ministre de l'Intérieur André Mba Obame, sont ses frères au sein de la Grande Loge du Gabon. François Stifani parie qu'ils «feront la paix» dans cette enceinte. Rien n'est moins sûr, tant les élites sont divisées depuis les dernières élections.

Crimes rituels

La franc-maçonnerie suscite aussi un rejet croissant au sein de la population. Et nourrit tous les fantasmes. «Comme c'est un lieu secret où il est supposé se tramer des choses, l'imaginaire populaire lui prête une puissance sorcellaire», explique le chercheur Jean-Pierre Dozon. Les loges deviennent de parfaits boucs émissaires, responsables de tous les maux, y compris les plus effrayants. Nombre de Gabonais sont aujourd'hui convaincus que les «réseaux maçons» couvrent les crimes rituels pratiqués dans le pays, comme dans une bonne partie de l'Afrique de l'Ouest. Au Gabon, on décompterait par an quatre-vingts de ces meurtres qui relèvent du fétichisme. C'est en tout cas ce qu'affirme Jean Elvis Ebang Ondo, qui lutte contre ce fléau depuis qu'on lui a rendu, en 2005, le corps mutilé de son fils de 12 ans.

«On sacrifie quelqu'un pour avoir une promotion, explique- t-il On lui prend le sang ou des organes pour être plus puissant, pour mieux parler. Les enquêtes n'aboutissent jamais.» Une impunité qu'il attribue à des protections maçonniques. Un frère franco-gabonais balaie cette accusation récurrente : «Parmi ces criminels, il y a sans doute des francs-maçons, mais leurs actes n'ont rien à voir avec des pratiques maçonniques.» Même si l'Afrique n'a pas le monopole de ces réflexes, ce n'est peut-être, après tout, que le choc en retour de la puissance de la maçonnerie.

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 21:54

31 octobre 2009
Gabo Eco


Le chef de la diplomatie française au Gabon, Jean Didier Roisin, a été reçu le 30 octobre dernier, par le président de la République, Ali Bongo, pour discuter du projet de renforcement du partenariat militaire entre les deux pays.

Cet accord de partenariat proposé par le président français, Nicolas Sarkozy, doit permettre de dynamiser les manœuvres défensives militaires du Gabon, mais aussi de renforcer les liens entre Paris et Libreville. «Je lui ai présenté le projet d’accord de partenariat de défense entre la France et le Gabon. Vous savez que le président Nicolas Sarkozy annonçait qu’il serait proposé à nos différents partenaires et donc en premier au Gabon», a expliqué le diplomate français.

Cette rencontre a également permis d'aborder la question de la célébration du 50e anniversaire des indépendances des Etats africains.

«Je lui ai également parlé des manifestations qui allaient commémorer le cinquantenaire des indépendances africaines en 2010, et lui annoncer que monsieur Jacques Toubon, ancien ministre qui a été chargé de la coordination de ces manifestations par le président Nicolas Sarkozy, se proposait de venir avant la fin de l’année à Libreville», a rapporté monsieur Roisin.

La France, ancienne puissance coloniale, veut par cette action interpeller les États africains à saluer la mémoire des pères de l’indépendance, qui avaient consentis d’énormes sacrifices pour l’accession de leur pays respectifs à la souveraineté internationale.
L’ambassadeur de France au Gabon, Jean Didier Roisin, a été reçu le 30 octobre dernier par le chef de l'Etat, Ali Bongo, pour une séance de travail sur le projet de partenariat de défense militaire entre les deux pays.

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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 21:57

Lu pour vous le 9 septembre 2009
Linternationalmagazine


La France assure n’avoir joué aucun rôle dans l’élection présidentielle qui a vu Ali Bongo succéder à son père au Gabon mais s’inquiète de l’expression d’un "vote ethnique" qu’elle juge "préoccupant".

La présidence française estime que les troubles qui agitent actuellement le Gabon à la suite de l’élection très contestée de Ali Ben Bongo, fils de l’ancien Président décédé Omar Bongo, "ont été grossis" et dit s’interroger sur ce qui a pu laisser penser que Paris s’était mêlé d’une affaire politique interne au Gabon. "Le plus inquiétant, ce ne sont pas les quelques incidents qu’il y a eu mais plutôt l’expression d’un vote ethnique. C’est beaucoup plus préoccupant", dit-on à l’Elysée.

L’Elysée a aussi rappelé lundi que les observateurs internationaux ont dit que cette élection, "la plus libre qu’ait connue le Gabon depuis 40 ans", s’était déroulée calmement, "même s’il y a des choses à dire, certainement".

La victoire d’Ali Bongo, proclamée par la commission électorale vendredi dernier, a entraîné des troubles à Libreville, la capitale, et à Port-Gentil, deuxième ville et capitale économique du pays, des partisans des candidats battus estimant que le scrutin avait été entaché de manipulations.

L’incontournable Robert Bourgi

Proche de Nicolas Sarkozy, qu’il lui arrive de conseiller sur les questions africaines, Robert Bourgi lui aussi déclaré lundi sur RTL que Paris n’était intervenu "ni avant le processus électoral, ni pendant, ni après.". "La France n’avait pas de candidat au Gabon", a déclaré ce personnage influent dans l’Afrique francophone, qui entretenait des relations étroites et privilégiées avec Omar Bongo. "C’est le peuple gabonais qui a choisi Ali Bongo et la France n’est intervenue en aucune manière que ce soit dans cette élection présidentielle" a encore laissé entendre cet avocat français d’origine libanaise.

D’un côté, la France affiche clairement ses distances et rappelle que le Quai d’Orsay est "la seule voix légitime de la France" en matière de diplomatie. D’un autre côté, elle continue d’entretenir des liens privilégiés avec son ancienne colonie, liens qui ne passent pas toujours par les canaux diplomatiques habituels. "Il y a toujours eu des diplomaties parallèles. Il y a plusieurs portes dans la maison du père", a déclaré Robert Bourgi qui a implicitement reconnu nourrir des relations tendues avec le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner.

Signe de cette ambivalence, Robert Bourgi a raconté comment Omar Bongo et plusieurs autres chefs d’Etat africains, dont le Congolais Denis Sassou Nguesso, avaient obtenu le départ du secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, Jean-Marie Bockel, qui avait critiqué la "Françafrique".

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 11:48

13 octobre 2009
Le JDD


Au Gabon, la cour constitutionnelle a rejeté lundi soir le pourvoi de l'opposition visant à invalider la victoire d'Ali Bongo lors de l'élection présidentielle du 30 août. Le fils succède donc à son père.

La décision était attendue. Elle n'en marque pas moins la fin d'une époque pour l'opposition gabonaise. Lundi soir, la cour constitutionnelle a rejeté le pourvoi de l'opposition – au total onze requêtes en annulation du scrutin - visant à invalider la victoire d'Ali Bongo lors de l'élection présidentielle du 30 août. "L'élection d'Ali Ben Bongo Ondimba comme président de la République du Gabon est confirmée", a ainsi déclaré à la télévision nationale la présidente de la cour, Marie Madeleine Mborantsuo.

Dans les jours qui ont suivi l'élection, la proclamation de la victoire du camp Bongo avait provoqué des violences dans tout le pays. De violents heurts avaient notamment éclaté à Port-Gentil, la capitale économique du pays, et des cibles françaises avaient été visées. L'opposition avait dénoncé des fraudes généralisées. Un recomptage des voix avait donc été ordonné fin septembre. Mais seuls les suffrages de deux bureaux de vote avaient été annulés.

41,79% des voix pour Bongo

Selon les résultats officiels, le fils de feu Omar Bongo a remporté 41,79% des voix, ce qui suffit pour être élu au Gabon où l'élection présidentielle ne comporte qu'un seul tour. Après recomptage, l'opposant historique Pierre Mamboundou – qui avait également revendiqué la victoire dans les jours qui ont suivi le scrutin – arrive en deuxième position avec 25,64% des suffrages, devant l'ancien ministre de l'Intérieur, André Mba Obama, crédité lui de 25,33% des voix.

Sûr de son bon droit, Ali Bongo n'a pas attendu cette décision de la cour constitutionnelle pour agir en tant que président du Gabon. Ces dernières semaines, il s'est rendu en tant que tel au Cameroun, en République démocratique du Congo et au Tchad. De l'avis des observateurs, Ali Bongo devrait poursuivre, dans les grandes lignes, la politique menée par son père durant quarante ans. Toutefois, étant donné sa relativement courte victoire, il pourrait chercher à créer un consensus dans son pays.

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 11:01

13 octobre 2009
Linternationalmagazine

La Cour constitutionnelle valide l’élection d’Ali Bongo


La Cour constitutionnelle gabonaise a validé lundi l’élection d’Ali Bongo à la présidence de la République du Gabon, à l’issue de l’examen des 11 recours en annulation du scrutin du 30 août déposés par neuf candidats et une citoyenne, a annoncé sa présidente.


"L’élection de Monsieur Ali Bongo Ondimba en qualité de président de la République gabonaise est confirmée", a déclaré Marie-Madeleine Mborantsuo. Selon la Cour, qui avait procédé fin septembre à un nouveau recomptage des voix, Ali Bongo, le fils du président Omar Bongo décédé en juin après 41 ans au pouvoir, a remporté le scrutin avec 41,79% des voix.

L’opposant historique Pierre Mamboundou est désormais 2e du scrutin, avec 25,64% des voix et passe ainsi devant l’ex-ministre de l’Intérieur André Mba Obame, crédité de 25,33% des suffrages. D’après les résultats annoncés le 4 septembre par la Cour, Ali Bongo avait été élu avec 41,73% des suffrages devant M. Mba Obame (25,88%) et M. Mamboundou (25,22%).

L
a Cour constitutionnelle a rejeté ou déclaré irrecevables les onze requêtes en annulation du scrutin, déposées par une citoyenne et neuf candidats, dont MM. Mba Obame et Mamboundou qui s’estiment chacun vainqueur. Lundi, avant la lecture du verdict de la Cour, M. Mba Obame a annoncé qu’il entamait une grève de la faim, estimant le Gabon victime "d’un coup d’État électoral" et dénonçant "une dérive dictatoriale".

Une "petite clique s’arc-boute sur ses intérêts en prenant tout le pays en otage et en l’exposant gravement", a-t-il déclaré à la presse. "La mascarade continue". "Le président Bongo nous avait laissé un pays qui avait des institutions crédibles, mais l’égoïsme des gens, la mesquinerie des hommes et des femmes, la soif effrénée de pouvoir des uns et des autres, ont en quelques mois ruiné le travail accompli", a-t-il ajouté.

A l’annonce du verdict de la Cour, le Secrétaire général du parti d’Ali Bongo, le Parti démocratique gabonais (PDG), Faustin Boukoubi a pour sa part dit "éprouver un sentiment de pleine satisfaction". "Si Ali Bongo Ondimba avait voulu faire un coup de force, on n’aurait pas attendu quatre mois. Le droit et la loi ont prévalu. Le président de la République gabonaise est Ali Bongo Ondimba. Le Parti démocratique gabonais a prouvé qu’il était un parti démocratique", selon lui.

"Tous les Gabonais ont un président qui va s’atteler à tous les problèmes des Gabonais et faire du Gabon un pays émergent", a ajouté M. Boukoubi. A l’annonce des résultats du scrutin du 30 août, des émeutes post-électorales avaient éclaté et secoué entre le 3 et le 6 septembre Port-Gentil, la capitale économique. Lors de ces troubles, trois personnes ont été tuées selon le gouvernement, au moins cinq selon l’opposition, évoquant jusqu’à 15 décès.

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 23:21

12 octobre 2009
AFP

L'ex-ministre de l'Intérieur gabonais, André Mba Obame, arrivé 2e à l'élection présidentielle du 30 août dont il ne reconnaît pas le résultat et dont il se dit victorieux, a annoncé lundi qu'il entamait une grève de la faim, selon un communiqué diffusé par son entourage.
   
"Je ne peux me résoudre à continuer à voir ce pays être transformé en dictature sécuritaire. J’ai entamé depuis ce matin, 12 octobre 2009, une grève de la faim qui durera tant et aussi longtemps que l’intimidation, la force et la violence seront utilisées comme les seules voies pouvant permettre de régler la grave crise socio-politique que traverse actuellement le Gabon", a affirmé M. Mba Obame dans son communiqué.
   
"Je suis prêt à sacrifier ma vie pour que le Gabon ne sombre pas dans la dictature, la guerre civile et le génocide", a-t-il poursuivi.
   
Dans le communiqué, M. Mba Obame estime que le Gabon est victime "d'un coup d’État électoral" et il dénonce "une dérive dictatoriale que connaît insidieusement notre pays".
   
M. Mba Obame ne s'est pas rendu lundi aux audiences publiques de la Cour Constitutionnelle dans le cadre de l'examen des recours en annulation de la présidentielle, officiellement remportée par Ali Bongo, fils du président Omar Bongo décédé en juin après 41 ans au pouvoir.
   
La Cour constitutionnelle gabonaise a mis sa décision en délibéré jusqu'à lundi 20h00 locales (19h00 GMT) sur le contentieux de l'élection présidentielle, visée par 11 requêtes en annulation.
   
Dans son communiqué, M. Mba Obame affirme notamment que sa ville natale de Medouneu (nord) a été "prise d'assaut" dimanche par trois camions remplis de militaires qui ont pris "en otage les populations de cette petite ville sans antécédents de violence qui compte moins de 2.000 habitants".
   
Un porte-parole du ministre de la défense a contredit ces affirmations auprès de l'AFP: "Il n'y a pas de +prise d'assaut+, pas d'arrestations. Nous avons renforcé nos effectifs dans certaines localités pour éviter les débordements qui ont eu lieu à Port-Gentil (ouest) après l'annonce des résultats (de la présidentielle). Il s'agit simplement d'une opération de sécurisation qui se déroule sur l'ensemble du territoire".
   
Dans son communiqué M. Mba Obame cite un certain nombre d'événements qui montre selon lui que "la violence est le seul mode d’expression et d’action de l’État".
   
Il évoque notamment la dispersion "avec une violence extrême" de la foule qui faisait un sit-in pacifique devant la Commission électorale le 3 septembre ou l'interdiction d'un meeting de l'opposition dimanche à Libreville.
   
Des émeutes post-électorales avaient éclaté entre le 3 et le 6 septembre à Port-gentil, la capitale économique, ont fait trois morts selon le gouvernement, au moins cinq selon l'opposition, évoquant jusqu'à 15 décès.

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 23:14

12 octobre 2009
GabonEco


Dispersion d’un sit-in des "Forces féminines" devant le lycée français

La Gendarmerie nationale a dispersé ce lundi 12 octobre à Libreville un sit-in organisé devant le lycée français Blaise Pascal par un regroupement des "Forces féminines pour la démocratie au Gabon". Ce mouvement s'illustre depuis quelques semaines à Libreville en menant des manifestations visant à dénoncer l'implication des réseaux occultes de la Françafrique dans l'élection présidentielles au Gabon.

 

© gaboneco / L'initiatrice des "Forces féminines pour la démocratie au Gabon", Annie-Léa Meyé, le 12 octobre 2009 à Libreville.

 

Le lycée français Blaise Pascal de Libreville a été le théâtre ce lundi 12 octobre d’un sit-in des "Forces féminines pour la démocratie au Gabon". Organisée à l’heure de la sortie des classes pour attirer l’attention des parents d’élèves et de leur progéniture, la manifestation a été dispersée par la gendarmerie nationale.

Les manifestantes ont ensuite improvisé une marche pacifique entre le carrefour des Charbonnages et le siège de l’Union gabonaise pour la démocratie et le développement (UGDD) situé au quartier "Ancienne Sobraga"

Les "Forces féminines pour la démocratie au Gabon" ont été pour la première fois remarquées lors d’un sit-in organisé le 24 septembre devant le palais de l’Assemblée nationale à Libreville, pour protester contre l’ingérence de la France dans l’élection présidentielle du 30 août dernier. Le collectif demandait également alors à la présidente de la Cour Constitutionnelle, Marie Madeleine Mborantsuo, de proclamer les «vrais résultats», estimant que la victoire revenait au candidat des Forces du changement, André Mba Obame.

Depuis lors, elles ont régulièrement organisé des sit-in et des actions de sensibilisation des leaders politiques de l’opposition. Ainsi, le lundi 28 septembre dernier, près de 300 femmes se sont retrouvées devant le consulat de France au Gabon.

Elles ont organisé la même manifestation le lendemain devant l’ambassade de France au Gabon puis le Centre culturel français (CCF). Le mardi 7 octobre dernier, 500 de ces femmes, selon leurs propres chiffres, ont fait le déplacement du mémorial Léon Mba en vue «d’interpeller le père de l’indépendance sur la situation du Gabon.» Le vendredi 9 octobre, elles sont reparties devant l’ambassade de France. Si cette manifestation a été facilement dispersée par les forces de l’ordre, elle n’en a pas moins été grave du fait que nombreuses de ces femmes ont dénudé leurs postérieurs qu’elles montraient aux gendarmes français de faction au portail de leur ambassade. Ce spectacle aux frontières du pornographique s’est amplifié le samedi 10 octobre à l’entrée du Camp de Gaulle et il exprimerait, dans la plupart des rites féminins du pays, l’acte de malédiction .

Initié par Annie-Léa Meyè, déjà remarquée dans la société civile avec son ONG "Cri de Femme", les Forces féminines pour la démocratie au Gabon regroupent plusieurs centaines de femmes en provenance de la société civile et des formations politiques regroupées au sein du "Front du refus du coup d’Etat électoral". Elles portent régulièrement un foulard gris et dénoncent la Françafrique.

«La France s’implique trop dans les affaires du Gabon. En plus des déclarations de Bourgi, Joyandet et Sarkozy, les Français du Gabon se sont impliqués dans la campagne électorale. Une des preuves est encore visible sur la façade du Casino Croisette. Il ne s’agit pas de tous les Français mais de ceux qui ont des réseaux et des intérêts au Gabon et qui voudraient pour cela prendre tout un peuple en otage», assure Annie-Léa Meyè avant de poursuivre que : «Nous voulons dire aux Français qu’ils sont devenus indésirables au Gabon. Mais notre action est pacifique. Nous l’appelons le sit-in des agneaux parce que comme les agneaux nous sommes réellement inoffensives. Nos seules armes sont nos pancartes, nos slogans et notre détermination».

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