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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 10:44

15 septembre 2009
Gaboneco.com


Selon Ben Moubamba Ali Bongo a été imposé par Total

J. Abandokwe: Le pire est de faire le constat une fois de plus que les multinationales telles que Total, Areva, Bolloré, Bouygues, etc, ont plus de pouvoir que l'Etat français, ou mieux, qu'elles se substituent à l'Etat sur le plan politico-économique, avec la bénédiction des dirigeants de l'Etat français, à l'insu du plein gré du peuple français. Et force est de constater corollairement que ce sont les multinationales qui financent les dictatures en Afrique, qui cautionnent évidemment aussi l'impunité et les violations massives des droits de l'homme commises localement. L'Etat français, ou les autres, ne sont que des minables couvertures, sous laquelle se protègent les peuples occidentaux, confortablement assis dans leur ignorance apparente. L'heure est vraiment de plus en plus grave. La désobeissance civile africaine est un moyen crucial de se battre contre tout ça, mais il faut que les africains cessent d'avoir peur. C'est pas parce qu'une fois, la grève générale n'est pas observée, qu'il faut abandonner cette stratégie. Le concert de casserole, malgré ce qu'on pourrait penser, est un son très désagréables aux oreilles des dirigeants pourris auxquels nous avons affaire.
A bon entendeur!

Le candidat malheureux à l'élection présidentielle du 30 août, Bruno Ben Moubamba, arrivé en France le 14 septembre dernier malgré l'interdiction donnée par les autorités aux opposants de quitter le territoire national, a tenu une conférence de presse ce 15 septembre devant le siège de la compagnie pétrolière Total à Courbevoie, en région parisienne. Porte-parole du Front de refus du coup de force électoral, Ben Moubamba a dénoncé l'ingérence des réseaux Françafricains dans le processus électoral au Gabon, affirmant notamment que l'entreprise Total aurait exercé des pressions sur les autorités françaises pour favoriser l'élection d'Ali Bongo à la tête de l'Etat.

 

© /Ben Moubamba, porte-parole du Front de refus du coup de force électoral.

 

La campagne de sensibilisation de l'opposition gabonaise se poursuit en France grâce à «l'évasion» de Bruno Ben Moubamba du territoire national le 14 septembre malgré l'interdiction de quitter le sol gabonais décrétée le ministère de l'Intérieur pour les leaders de l'opposition.

Le candidat malheureux à l'élection présidentielle du 30 août a tenu une conférence de presse ce 15 septembre devant le siège de la compagnie pétrolière Total S.A à Courbevoie, en France, pour dénoncer l'ingérence des «réseaux occultes» de la Françafrique dans la victoire d'Ali Bongo.

Le porte-parole à l'extérieur du Front de refus du coup de force électoral, réunissant 15 candidats qui contestent les résultats officiels, a lancé un appel pour que les autorités puissent soutenir le démantèlement des réseaux occultes de la Françafrique, qui auraient «imposé» Ali Bongo à la présidence du pays.

«C'est ici l'origine du mal, de la Françafrique, des réseaux occultes et affairistes. (…) J'ai découvert qu'Ali Bongo a été imposé par Total. C'est un choix françafricain», dénonce Ben Moubamba.

«La Françafrique passe par les milieux économiques qui désinforment l'appareil d'Etat (...) On a réussi à faire croire que lui seul [Ali Bongo] préserverait les intérêts français», poursuit-il.

Après une altercation avec l'ambassadeur de France à Libreville, Bruno Ben Moubamba avait déclaré qu'«il est tant que l’image de la France ne soit plus salie au Gabon par une mafia internationale qu’on appelle la «France-Afrique», des bandits qui n’en veulent qu’à notre argent, qui désinforment l’appareil d’Etat français et qui pensent que la gouvernance, la démocratie, sont contre les intérêts de Total, d’Areva ou d’Eramet».

A Courbevoie, il a lancé un appel auprès de responsables économiques et politiques pour «démanteler la Françafrique», qualifiant ces réseaux d'influence de «racisme géopolitique» tout en avertissant sur la montée d'un sentiment anti-français au Gabon.

«Quand vous désespérez les Gabonais, vous créez des sentiments anti-français», a-t-il averti, en rappelant les violences anti-françaises qui avaient eu lieu en Côte-d'Ivoire en 2004. «Je crains le pire. Le calme apparent au Gabon n'est qu'une veillée d'armes. (…) Je ne crois pas que le climat social va s'apaiser», a-t-il estimé.

Le Front de refus du coup de force électoral rassemble 15 candidats à l'élection présidentielle du 30 août qui contestent les résultats officiels donnant Ali Bongo vainqueur. Ils dénonçent notamment l'ingérence de la France dans ces résultats «fabriqués», mettant notamment en exergue le rôle joué par l'avocat français Robert Bourgi, le «monsieur Afrique» de couloirs de l'Elysée.

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 22:55

15 septembre 2009
Gaboneco

Bruno Ben Moubamba, candidat malheureux à l'élection présidentielle du 30 août et membre du Front de refus du coup de force électoral, est parvenu à sortir du pays ce 14 septembre malgré l'interdiction de quitter le territoire national décrétée par le ministère de l'Intérieur à l'endroit des leaders politiques de l'opposition. Arrivé en France, il a annoncé un ensemble d'actions visant à dénoncer et démanteler l'ingérence «occulte» de la France dans l'accession d'Ali Bongo au pouvoir.

Les mailles de Ndongou étaient trop grosses pour Ben Moubamba, qui est parvenu à se faufiler hors du pays ce 14 septembre, malgré l'interdiction de quitter le territoire national décrétée par le ministre de l'Intérieur en charge de la Défense nationale à l'intention des leaders politiques de l'opposition.

Le candidat malheureux à l'élection présidentielle du 30 août, rallié avec 15 autres candidats au Front de refus du coup de force électoral, est parvenu, malgré la liste noire distribuée par les autorités, à passer les différents postes de contrôles de l'aéroport international Léon Mba et à embarquer dans l'avion pour Paris.

Les forces de l'ordre auraient tenté, tardivement, de la faire descendre de l’avion, mais le commandant de bord de l’avion aurait invoqué la réglementation en vigueur pour refuser de faire descendre son passager.

Arrivé à Paris, Ben Moubamba a expliqué que son déplacement consistait à «convaincre les leaders responsables des démocraties occidentales de la nécessité d’une condamnation ferme du régime qui essaie de s’installer au Gabon».

Il a également estimé que de cette mission dépendait «à la fois la stabilité et la paix dans notre nation et l’équilibre géopolitique de la région». Il affirme posséder des «informations sur les preuves (...) relatives à la réalité des assassinats commis dans notre pays depuis le 3 septembre dernier».

Bruno Ben Moubamba doit tenir une conférence de presse le 15 septembre à 10 h 00 sur la place de la Coupole, en face du siège de l'entreprise TOTAL S.A, à Courbevoie en région parisienne pour expliquer les raisons de la contestation des résultats officiels de l'élection présidentielle, notamment l'ingérence de la France dans ce processus.

«Nous n’avons rien contre les Français mais l’ambassade, l’ambassadeur de France et la «France-Afrique» ont servi tout simplement de plateforme porteuse pour le candidat du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), et ça il faut le dire», avait déclaré Ben Moubamba.

Ben Moubamba avait affirmé le 7 septembre dernier avoir été insulté et expulsé manu militari de la représentation diplomatique française au Gabon après un entretien avec l'ambassadeur de France au Gabon, Jean Didier Roisin. Des affirmations immédiatement démenties par l'ambassade.

Le candidat Paul Mba Abessole, également membre du Front de refus du coup de force électoral, avait été contraint de rester sur le sol gabonais alors qu'il devait se rendre en Côte-d’Ivoire le 9 septembre dernier.

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 00:38

14 septembre 2009
Gabon Eco


Bengone Nsi dépose un recours chez Mborantsuo

Le premier recours contre les résultats proclamés de l'élection présidentielle du 30 août est tombé ce 12 septembre sur la table de la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie-Madeleine Mborantsuo. Dans cette saisine, Luc Bengone Nsi, candidat malheureux du Mouvement de redressement national (MORENA) met avant les incertitudes qui planent sur la nationalité du président élu, dont d'insistantes rumeurs lui prêtent des origines étrangères.

Ouverte depuis le 4 août dernier lorsque la Cour Constitutionnelle proclamait les résultats officiels de l'élection du 30 août donnant Ali Bongo Ondimba vainqueur avec 41,73% des voix, la période de contestation des résultats officiels vient d'enregistrer ce 12 septembre son premier recours.

Le président du Mouvement de redressement national (MORENA, originel), Luc Bengone Nsi, un des premiers opposants du pays, a déposé un recours sur la table de la Haute juridiction en contestant les résultats officiels sur la base de la controverse sur la nationalité du candidat élu.

En s'appuyant sur l'article10 de la Constitution gabonaise qui stipule que «toute personne ayant acquis la nationalité gabonaise ne peut se présenter comme candidat à la Présidence de la République», Luc Bengone Nsi soutient l’idée selon laquelle «les origines du candidat Ali Bongo Ondimba demeurent ambiguës».

Luc Bengone Nsi a précisé par téléphone que les déclarations contradictoires des parents d’Ali Bongo Ondimba sur la date de naissance de ce dernier constituaient l’élément de base de son recours. «S’il est avéré que ce dernier a acquis la nationalité par adoption, il appartiendra à la Cour de constater l'irrégularité de l'élection», stipule la saisine. A cet effet, Bengone Nsi a lancé un appel à tous ceux qui peuvent avoir des documents susceptibles d'authentifier l’origine nigériane d’Ali Bongo Ondimba afin qu'ils puissent les adjoindre au dossier.

«Il ne s'agit pas de xénophobie mais d'appliquer la loi. La Constitution prévoit ce cas. Il faut l'appliquer (…) L'intérêt supérieur du Gabon est sérieusement mis à mal avec l'élection d'un candidat aux origines douteuses», poursuit le recours du président du MORENA originel.

Aussi, l'opposant a demandé à la Cour constitutionnelle d’exiger un test ADN d’Ali Bongo Ondimba à comparer avec celui de sa mère Joséphine Nkama, plus connu sous le nom de Patience Dabany, pour authentifier leur lien de sang.

Depuis plusieurs années, les rumeurs vont bon train sur la nationalité du fils aîné du défunt président, dont beaucoup le soupçonnent d'être étranger. Des assertions qu'il a niées en bloc, dès les prémices de sa campagne.  Quand je suis né, le Nigeria n'était même pas indépendant. Il (l') est devenu un an après et cette guerre du Biafra a commencé en 1967, alors que j'ai déjà 8 ans», affirme-t-il.

Avec moins d'1% des suffrages le 30 août dernier, Luc Bengone Nsi fait partie du Front de refus du coup de force électoral qui réunit 15 candidats dénonçant l'irrégularité du vote. «C’est la France qui a fait ça, elle aime placer à la tête des États africains les gens qui n’en sont pas originaires», a ajouté par téléphone monsieur Bengone Nsi, soulevant une autre polémique qui bat son plein en ce moment, celle de l'ingérence de la France dans les affaires politiques africaines.

Le délai légal de 15 jours laisse jusqu'au 19 septembre prochain aux opposants pour déposer des recours et espérer invalider l'élection d'Ali Bongo Ondimba à la tête de l'État.

«Nous respectons la procédure telle que prévue par la loi, nous allons saisir la Cour Constitutionnelle. (…) Il nous reste dix jours vous dites, ce délai n’est pas encore épuisé, donc nous avons le temps d’introduire un recours», avait déclaré le 11 septembre dernier le porte-parole du Front de refus du coup de force électoral, l'ancien Premier ministre Jean Eyéghé Ndong.

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 00:31

14 septembre 2009
Pierre Eric Mbog Batassi
Afrik.com

Les leaders de l’opposition gabonaise, réunis vendredi dernier à Libreville, ont appelé la population à respecter 3 jours de ville morte. Ils entendent ainsi protester, à partir d’aujourd’hui, contre ce qu’ils appellent le « hold-up électoral » d’Ali Bongo Ondimba. Le ministre gabonais du travail a invité les populations à boycotter le mot d’ordre de ville morte.

Les journées de ville morte devraient, selon le communiqué des chefs de l’opposition, débuter ce lundi et s’étendre jusqu’ au mercredi 16 septembre 2009. « Nous, le collectif des candidats à l’élection présidentielle du 30 août, les partis politiques et la société civile opposés au coup d’Etat électoral, décrétons (...) trois journées de ville morte sur toute l’étendue du territoire », a déclaré, vendredi, devant la presse Jean Eyéghé Ndong, ancien Premier ministre et porte-parole de ce collectif.

Il a ajouté que l’action a été aussi décidée « en mémoire de nos compatriotes morts, tombés sous les balles des forces de défense et de sécurité et autres mercenaires à Port-Gentil ». A l’annonce de la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle, de violentes manifestations avaient secoué la capitale pétrolière du pays du du 3 au 6 septembre, faisant trois morts selon les autorités, au moins 15 d’après l’opposition. Le collectif, qui déposera un recours en "temps opportun" devant la Cour constitutionnelle, a aussi dévoilé différentes irrégularités au niveau du scrutin électoral dans quatre des neuf provinces gabonaises, "l’Estuaire, le Haut-Ogooué (fief de la famille Bongo), l’Ogooué-Ivindo et l’Ogooué Lolo". action avait été aussi décidée "en mémoire de nos compatriotes morts, tombés sous les balles des forces de défense et de sécurité et autres mercenaires à Port-Gentil", la capitale pétrolière située à l’ouest.


Les autorités appellent la population à boycotter l’appel

Mais à peine lancé ce mot d’ordre de ville morte, plusieurs leaders syndicaux ont appelé leurs membres à vaquer à leurs occupations. C’est le cas par exemple du syndicat des transporteurs. Dans le même ordre d’idées, le ministre gabonais du travail, François Engongah Owono a enjoint également samedi dernier, tous les travailleurs à se rendre à leurs lieux de travail, afin faire échec à ce mot d’ordre de ville morte. « J’invite la population et les travailleurs de tous les secteurs à ne pas respecter le mot d’ordre de ville morte lancé par les candidats malheureux au scrutin présidentiel du 30 août dernier », a-t-il déclaré.

Certains commerçants, rencontrés ce dimanche à Libreville, ont déclaré qu’ils ne fermeront pas leurs boutiques et qu’ils ne serviront plus jamais de marionnettes aux hommes politiques. « Ce mot d’ordre de ville morte ne nous engage pas. Les politiques utilisent toujours le peuple pour leurs propres intérêts et quand il s’agit de partager les fruits de la croissance, personne ne pense à nous », a affirmé Paul Ibinga, 27 ans, homme d’Affaires gabonais. « Ce sont les innocents qui ont payé les pots cassés à Port-Gentil, pendant que les hommes politiques continuent à mener leur vie tranquillement », a-t-il poursuivi, appelant le Gabonais à une prise de conscience collective.

C’est sur le terrain, entre ce lundi et mercredi, que l’on vérifiera si l’appel de l’opposition a été entendu ou non par la population.

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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 23:57

14 septembre 2009
Nzemba, un citoyen gabonais ordinaire


J'entends les gens dire que la communauté internationale a félicité Ali Bongo. Mas de quelle communauté parle t'on? La France (pourrie jusqu'aux os pour le pillage de nos richesses. Autrement dit , la richesse à la France et la pauvreté au Gabon).

Le Cameroun, (corrompu au même stade que le Gabon et son président content d'être désormais le doyen de l'Afrique centrale, et prêt à isoler la Guinée équatoriale qui lui donne des leçons de développement), le Maroc, personne n'est dupe pour savoir que ce pays est la seconde patrie des Bongo et, enfin La Libye et le Zaire.

Voilà les seuls pays qui ont reconnu la présidence frauduleuse de Ali Bongo.

En Europe? aucun pays de l'union européenne n'est venu soutenir ce hold up. En Amérique du Nord, ni le canada, ni les USa n'ont encore félicité cet autoproclamé Président. Alors de quelle communauté internationale veut nous parler le compatriote DUNZI? Deux pelés et trois tondus?

C'est un signe indéniable Mr Ali Bongo n'est soutenu que par quelques dictateurs franco africains et leur mère Voleuse et pilleuse de nos richesses , la France.

LA France n'a jamais développé un seul pays Africain elle pille sème le chaos et va voir ailleurs après avoir pillé et sucé nos économies .

Voilà la réalité. Le Gabon sera probablement dirigé par un étranger n'ayons pas peur des mots Ali Bongo(Nigerian); mis en place par un pays étranger la France, pour nous sucer jusqu'à l'os.

C'est cela la vérité. La France est reconnue mondialement pour son soutien aux dictateurs et son pillage des pays africains par une politique insidieuse qui consiste à mettre à la tête de chaque pays des étrangers qui n'ont pour seule idée l'enrichissement personnel et non le développement du pays.

Que peut faire un étranger à la tête d'un pays qui n'est pas le sien??? Nada rien Nothing.
Désormais Je maudirai toujours la France.

Vous verrez la France fera semblant de saupoudrer quelques investissements au Gabon, pour faire aimer Ali au sein des populations, puis continuera à piller en douceur le pays. C'est leur politique démoniaque en Afrique .

Si on ne réagit pas maintenant on aura Ali pour 30 ans.

J'en appelle aux vrais Gabonais de ne pas laisser ce pays aux mains étrangères, comme le veut la France hypocrite et pilleuse.

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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 23:48

13 septembre 2009
Carrefour Rio

André Mba Obame accusé par Francis Sala Ngouah Beaud, d’avoir fomenté un coup d’Etat au Gabon


Francis Sala Ngouah Beaud, journaliste et membre de l’équipe de campagne d’André Mba Obame, candidat malheureux à la présidentielle du 30 août 2009, donnait une interview samedi sur les antennes de la première chaîne de télévision gabonaise (RTG 1). Il y a affirmé que les violences qui ont secoué Port-Gentil après la proclamation des résultats de cette présidentielle étaient "inévitables", et que M. Mba Obame avait voulu déstabiliser le pays avec le soutien de mercenaires équato-guinéens. Malabo a "formellement démenti" dimanche "toute ingérence" et "toute tentative de déstabilisation" du Gabon. 

“Voyant la tournure que prenaient les événements, je suis vite revenu sur mes convictions personnelles et j’ai quitté l’équipe de campagne du candidat André Mba Obame”, a affirmé Francis Sala Ngouah Beaud, samedi, sur les antennes de RTG1. Le journaliste a ajouté que l’ex-ministre gabonais de l’Intérieur propageait tout au long de sa campagne des propos haineux, favorisant le replis identitaire et la partition du Gabon.

“J’étais au courant de tout et au cœur de toutes les décisions”, a poursuivi le journaliste qui a déclaré que le candidat André Mba Obame a fait entrer des mercenaires équato-guinéens au Gabon, afin de préparer des violences post-électorales et une éventuelle prise de pouvoir par la force. Il soutient que certaines personnalités proches de ce candidat seraient parties jusqu’en Guinée Equatoriale pour s’assurer du soutien des autorités de Malabo. Yaoundé aurait été également contacté, mais en vain, le président Paul Biya étant absent de son pays.


Les autorités équato-guinéennes démentent

Dès dimanche, les autorités équato-guinéennes ont récusé l’accusation portée par le journaliste. "La Guinée équatoriale dément formellement toute ingérence dans les affaires du Gabon ou toute tentative de déstabilisation d’un pays souverain", a affirmé à l’AFP par téléphone le ministre de l’Information et porte-parole du gouvernement équato-guinéen, Jeronimo Osa Osa Ekoro.

André Mba Obame, affirme Francis Sala Ngouah Beaud, voulait utiliser des arguments ethniques pour gagner le soutien du Cameroun et de la Guinée Equatoriale, deux pays de la sous-région d’Afrique centrale, dirigés par des Fang, une ethnie dont il est lui-même originaire. "Ce sont ces mêmes arguments qu’il a utilisés pour fanatiser les foules dans le Woleu-Ntem, sa province d’origine", a souligné M. Ngouah Beaud, expliquant que les violences qui ont suivies la proclamation des résultats de la présidentielle étaient "inévitables".

Francis Sala Ngouah Beaud était, jusqu’au 29 août dernier, le directeur adjoint de TV+, une télévision fondée vers les années 2000 par André Mba Obame. Disant avoir été menacé de mort après sa démission, il vivrait aujourd’hui caché avec sa famille

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 23:48

13 septembre 2009
Noël Kodia


Juste après Kadhafi, après une élection largement contestée, entachées d'irrégularités et suivie de violences, Nicolas Sarkozy a voulu classer rapidement un dossier devenu embarassant pour la France. Suite à l’annonce de la victoire d’Ali Bongo avec près de 42% des voix, ses adversaires ont crié à la fraude organisée. S’en sont suivis des actes de violences, dans la capitale et en province.

A Port-Gentil, un couvre-feu a été décrété. Le consulat de France a été incendié. Des stations-services du groupe pétrolier Total ont été saccagées. Pourquoi la France semblerait-elle visée ? Il faut noter déjà que certaines irrégularités ont été soulevées au cours du processus électoral. La commission électorale n’a pas fonctionné correctement, le procès verbal n'ayant pas signé par tous les membres. Ensuite, les adversaires d’Ali Bongo ont été intimidés par les forces de l’ordre, fidèles sûrement à leur ancien maître. A Libreville, le matériel de transmission de la chaîne de télévision d’André Mba Obame a été la cible des hommes cagoulés et mitraillée dans la nuit de mercredi, un jour avant l’annonce des resultats finaux.

A-t-on voulu empêcher l’opposition d’expliquer à ses militants comment s’est déroulée cette présidentielle ? D’autant qu’il y a eu aussi des coupures du réseau sms. On a suivi par les média internationaux une partie du peuple gabonais en colère se plaindre de l’éventuelle fraude organisée pour emmener Ali Bongo à la victoire.

Ce n’est plus un secret pour les Gabonais : Ali Bongo est un « produit » de la France car enfant d’un doyen de la Françafrique. En se félicitant, quelques jours après le 30 août 2009, du bon déroulement du scrutin au Gabon et en déclarant faire confiance aux institutions gabonaises pour que le processus se poursuive dans le calme, la France n’avait-elle pas dirigé son regard vers Ali Bongo ?

Ce dernier n’avait-il d'ailleurs pas été reçu à l’Elysée par le Président Sarkozy en décembre dernier ? D’ailleurs, Bernard Kouchner en déclarant que la France n'avait pas de candidat au Gabon parce que ce pays est souverain, n'a-t-il pas été en contradiction avec Alain Joyandet qui affirmait que son pays n'attendait que la victoire d'Ali Bongo soit confirmée par la Cour constitutionnelle pour reconnaitre le nouveau président gabonais ?

En fait, la France qui est officiellement restée « neutre » apparait comme liée au clan Bongo. Elle est directement concernée par les intérêts pétroliers, par le rôle historique du Gabon dans la « Franceafrique », par la présence de 10.000 ressortissants français et de la base militaire. Ainsi, la France se trouve dans une situation délicate car soupçonnée par les gabonais d’avoir soutenu Ali Bongo et faire ainsi barrage à l’alternance.

Dans ce sens, Bruno Ben Moubamba, le candidat ayant observé une grève de la faim pour demander le report du scrutin, accuse certains milieux affairistes français de faire croire à l'appareil d'Etat français que la démocratie est nuisible aux intérêts de Total, Eramet (manganèse) et Areva (uranium).

Car l’élection a été préparée par le parti au pouvoir (le PDG) qui a soutenu son candidat. En général, on organise les élections en Afrique pour les gagner par tous les moyens. Quand on pense à quel point les relations franco-gabonaises ont été tendues avant la mort d’Omar Bongo, surtout avec le scandale des biens mal acquis décrié par la presse française, on croyait que ces relations se clarifieraient vers plus de transparence après l’ère Bongo.

Mais avec la « monarchie » qui se révèle à travers la « victoire » du fils, les Gabonais voient en lui le successeur du maître de la Françafrique dans la région qu’était son père. Or ces derniers sont allés massivement aux urnes car ils voulaient une véritable alternance. Cela explique pourquoi les manifestants hostiles à Ali Bongo accusent la France de l’avoir « imposé » aux Gabonais le fils du président Omar Bongo.

Depuis la naissance de la Françafrique sous De Gaulle, Omar Bongo a été toujours considéré comme un serviteur de celle-ci. Or, Ali a déclaré qu’il était est l’héritier familial et spirituel de son père. Pourrait-il vraiment être le président de tous les Gabonais quand on sait que les partisans de ses deux adversaires ne le considèrent pas comme « un président démocratiquement élu » mais plutôt un homme éloigné du peuple?

Pour les Gabonais dont 70% de la population vivent avec moins d’un dollar par jour dans un pays paradoxalement riche, la France apparait ainsi comme complice de la politique antisociale et antiéconomique pérennisée par le père Bongo et que voudrait poursuivre le fils en autorisant les quelques multinationales françaises à travailler dans l’opacité et le monopole.

Cette politique a empêché la grande majorité des gabonais de profiter des opportunités d’un marché ouvert et de la mondialisation, et donc de se développer. L’incendie de certaines installations de Total à Port Gentil (qui est maintenant sous couvre-feu) ne serait ainsi pas un hasard.

Car les temps ont changé et les Africains se sont déjà approprié la démocratie pluraliste consécutive à la chute du mur de Berlin. En s’en prenant aux intérêts français, les Gabonais viennent de donner un avertissement à la Françafrique, cette « nébuleuse » qui serait à l’origine de la monopolisation des richesses d’une partie du continent et du soutien aux dictateurs, dont Omer Bongo faiait partie, qui ont sacrifié son développement pour des intérêts personnels.

Le Gabon fait partie d’une région très souvent secouée par des soubresauts politico-ethniques consécutifs à des « élections à problèmes ». Il semblerait malheureusement que se reproduisent ces scènes que l’on a pu voir en Centrafrique, au Congo et au Tchad. Ali Bongo réglera-t-il les « incidents » par la force pour se maintenir au pouvoir ? Ne risquera-t-il pas de se discréditer car nouvellement élu ? Pourra-t-il marier diplomatie et corruption comme l’a fait son père pendant plusieurs décennies ?

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 23:12

13 septembre 2009
Source: ANR


Les manifestants de ce samedi, Gabonais pour la plupart réunis à Paris, ont fait dans le symbole. Pour certains vêtus de costumes et de lunettes noires, les quelque 150 manifestants ont joué un cortège funéraire, celui de la mort de la Françafrique - ces relations troubles entre la France et les pouvoirs africains-, dix jours après l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo au Gabon.

Les roses blanches devaient même échouer sur le parvis du palais de l’Elysée; c’était sans compter un dispositif policier important, et des barrières, pour contenir le mouvement aux abords de l’avenue des Champs-Élysées.

Dans le cortège, les slogans sont sans équivoque: «La Françafrique, c’est fini».

Une pancarte brocarde le ministre des affaires étrangères, «Docteur Kouchner, Dictatologue Sans Frontières», alors que Robert Bourgi, conseiller Afrique officieux de Nicolas Sarkozy, qui a fait état sans scrupules de la nature de ses relations avec les chefs d’Etat africains il y a quelques jours, est lui aussi au centre des quolibets. Ali Bongo, récemment élu et contesté à la tête du Gabon, est considéré comme «le nouveau-né de la Françafrique».

«Je trouve inconcevable que la France n’ait pas pris plus de distance avec Bourgi, qu’elle ne condamne pas ses propos», explique Renée Clément, qui organise le rassemblement. Il est pour eux le symbole de la Françafrique, qui aurait poussé Ali Bongo au pouvoir. Ce qui a été l’événement de trop, à leurs yeux.

Alors quand Nicolas Sarkozy félicite son nouvel homologue, il est vu comme un complice. «Il faut que Sarkozy ait un positionnement franc. Il conteste l’élection en Iran, et pas au Gabon, alors que c’est la même chose: un vol», s’indigne M. Mengoune, de la Diaspora Gabonaise Unie.

A côté de là, des hommes prédisent l’explosion de la francophobie, au Gabon. «De plus en plus de Gabonais ont le sentiment que leur pays est occupé par la France, explique Jules-Florent. Vous allez tout perdre.» Guy, l’étudiant qui s’était mis en grève de la faim devant l’ambassade du Gabon à Paris, est aussi de la partie.
Il a mis fin à son action. «On ne voulait pas lui faire prendre de risque pour sa santé», explique Michael. «Le combat va être long.»

"Nous sommes en colère aujourd'hui car le peuple gabonais dans sa majorité s'est vu imposer un président qu'il n'a pas du tout choisi dans les urnes", explique Yolande Bazegue, coordinatrice de la plateforme de veille et d'actions pour les élections libres et transparentes.

Du simple citoyen aux partisans des candidats malheureux, tous réclament une nouvelle vérification des procès-verbaux et dénoncent l'interdiction de sortie du territoire infligée aux chefs de l'opposition accusés d'être à l'origine des violences qui ont secoué Port-Gentil au lendemain de l'élection d'Ali Ben Bongo à la présidence.

Pour Mengue M'eyaa, présidente du Mouvement civique du Gabon, soutien du candidat Pierre Mamboundou, l'attitude de Libreville témoigne d'un "recul des libertés individuelles". "Il est  inacceptable que les candidats à la présidentielle n'aient pas le droit d'aller et venir. Il est inacceptable que ces candidats soient menacés, soient terrorisés."

Au même moment, d'autres Gabonais battent le pavé parisien. Arpentant les rues qui mènent à l'Elysée,  symbole, selon eux, de la Françafrique.

"Le Gabon n'est qu'une illustration parmi d'autres et nous ne voulons pas que ça continue. Cela fait plus de 40 ans que ce genre de système persiste. Aujourd'hui on dit 'Non'", explique Renée Clément du collectif Les anges gardiens de l'Afrique.

Si les manifestants n'ont pu se rendre devant le palais présidentiel, ils ont toutefois rallié d'autres Africains de la diaspora à leur cause, comme ces quelques Malgaches qui espèrent de la France qu’elle ne reconnaisse pas ceux qui ont le pouvoir dans leur pays.

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13 septembre 2009 7 13 /09 /septembre /2009 22:46

13 septembre 2009
Survie

Alors que les Gabonais aspirent à la démocratie et au changement après les 41 ans de gabegie du règne d'Omar Bongo, Ali Ben Bongo, fils du précédent, vient, non sans difficulté, d'être déclaré vainqueur de l'élection présidentielle au terme d'une mascarade électorale et d'un coup de force qui vise à prolonger la mainmise du clan Bongo sur le pays, avec la bénédiction des autorités françaises.

A
li Ben Bongo, fils et ex-ministre de la Défense d'Omar Bongo, également visé en France par une plainte sur les biens mal acquis, a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle gabonaise du 30 août dernier avec 41,73% des voix devant ses deux principaux concurrents André Mba Obame (25, 88%) et Pierre Mamboundou (25, 22%). Annoncés non sans atermoiements par la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP, en grande partie composée de membres du Parti démocratique gabonais, au pouvoir) et surtout par l'actuel ministre de l'Intérieur (également PDGiste), ces résultats contredisent toutes les estimations qui donnent, procès-verbaux des décomptes de voix à l'appui, Ali Bongo loin derrière ses deux principaux concurrents. Mais c'était compter sans les faux PV et les PV falsifiés introduits à la Commission électorale. Afin de mener à son terme cette mascarade électorale, le régime a également dispersé avec violence les nombreux manifestants et responsables de l'opposition venus au siège de la CENAP s'assurer du bon décompte des voix. Aujourd'hui, la Garde présidentielle et l'armée quadrillent Libreville. La tension est extrême dans le pays. Exténués par 41 ans de dictature d'Omar Bongo et ulcérés par le coup de force d'Ali Bongo, la majorité des Gabonais n'entend pas se laisser abuser une fois de plus. Le consulat de France à Port Gentil a ainsi été incendié, tout comme un édifice du groupe français Total, symboles du soutien indéfectible de la France au régime Bongo depuis des décennies.


Quand Ali s’appelait encore Alain et était chanteur de charme

La France a prétendu être neutre. La seule chose qu'elle fait dans cette élection, c'est d'aider au déroulement normal des opérations, a déclaré le secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet. Sans doute trouve-t-il normales les conditions de la tenue de cette élection : organisation précipitée du scrutin, listes électorales gonflées, multiples violations du droit constitutionnel, énorme déséquilibre financier et médiatique entre les candidats qui, ailleurs, feraient crier au déni de démocratie. Dès le lendemain du vote, le même A. Joyandet a jugé le scrutin régulier alors que de nombreuses fraudes ont été dénoncées tant au Gabon que dans les ambassades à l'étranger. A l'ambassade du Gabon en France par exemple, l'ambassadrice a même été prise la main dans le sac, en possession de plusieurs dizaines de fausses cartes d'électeurs.

Est-ce être neutre que laisser Robert Bourgi, conseiller notoire de Nicolas Sarkozy pour la diplomatie parallèle, ainsi que d'autres ressortissants français en vue au Gabon soutenir Ali Bongo ? Alors que dans le même temps A. Joyandet menace les Gabonais : “si par malheur, les ressortissants français venaient à être inquiétés, il y aurait une quasi-automaticité d'intervention de nos troupes basées sur place.[…] il y a assez peu de probabilité que l'armée française quitte le Gabon.

L'association Survie attire l'attention des dirigeants français sur la lourde responsabilité qui est la leur dans la détérioration de la situation au Gabon. A force de vouloir figer le pouvoir gabonais aux mains d'un clan complice des intérêts transnationaux les plus voraces, la France s'aliène la majorité du peuple gabonais.

L'association Survie demande aux autorités françaises de ne pas reconnaître l'élection d'Ali Bongo et de ne pas cautionner la prise du pouvoir par ce qui constitue un véritable un coup d'Etat électoral. Nous attendons du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner la même résolution dans la défense des principes démocratiques qu'il a montrée lors d'autres élections dans le monde, le même soutien à une opposition écrasée et bafouée dans ses revendications. Nous ne voulons pas que notre pays apparaisse comme le fidèle soutien de régimes despotiques indéfiniment reconduits. Nous demandons au gouvernement français de s'assurer que les militants gabonais de la démocratie et des droits de l'Homme seront préservés de la répression qui risque de s'abattre sur eux comme sur tous ceux qui luttent pour le droit et la justice. Nous assurons les citoyens gabonais qui défendent leurs droits de notre solidarité dans leurs revendications.

En Mauritanie, au Niger, à Madagascar, nous assistons à un recul des acquis démocratiques, tandis qu'au Congo Brazzaville, au Cameroun, au Tchad les vieilles dictatures sont confortées. Le risque est grand de voir surgir au Gabon le même scénario qu'au Togo depuis 2005 : élection truquée, coup d'Etat électoral, répression des contestations, puis normalisation diplomatique validant une succession dynastique de Faure Gnassingbé après 38 ans de règne d'Eyadéma père. Tout cela, avec la complicité de la France, dans la droite ligne de la triste politique françafricaine avec laquelle le candidat Nicolas Sarkozy voulait rompre. Politique qu'il prétend maintenant camoufler sous des gesticulations médiatiques comme celle qui s'annonce en 2010, décrétée « année de l'Afrique » : “ année importante pour la relation entre l'Afrique et la France alors que 14 anciennes colonies françaises célèbreront le cinquantième anniversaire de leur indépendance. (…) Et je souhaite que 2010 signale aussi l'achèvement d'une rénovation profonde de nos relations avec le continent africain. 

Certains Français en seront peut-être dupes, pas les peuples africains.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Gabon
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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 12:04

3 septembre 2009
Rodrigue Kpogli
http://lajuda.blogspot.com/

Voilà ! C’est fait. Ali Ben Bongo, le fils du vieux crocodile françafricain décédé en juin dernier après 41 ans de règne, est officiellement reconnu président du Gabon. Les résultats du cirque électoral ont été proclamés ce midi et au nom du père et avec l’onction de la France, le bonhomme aux cheveux défrisés l’emporte avec 41,73% devant André Mba Obame et Pierre Mamboundou. La monarchie est désormais établie au Gabon. En tout cas, pour le moment. Faure Gnassingbé du Togo a trouvé de la compagnie. Et le rang de ce mouvement ira en grossissant avec la maturation à l’ombre de projets similaires pour d’autres territoires africains avec le concours total de la France et de toutes les forces néo-impériales pour qui la « démocratie est un luxe pour l’Afrique ». En clair, l’humiliation, le viol des Africains et le pillage de leurs terres ne doivent jamais avoir une solution de continuité.

A la veille de ce cirque électoral, quelques hypocrites et cyniques drapés de leurs toges de journalistes, faisant semblant d’ignorer que le choix d’Ali Bongo était un acquis, demandaient à leur douce France de rester neutre dans le processus électoral au Gabon. Certains, doublement cyniques, à travers des articles clairement ambigus, faisaient semblant d’appeler la France à soutenir la démocratie dans ce pays. Toutes ces proclamations et exhortations visaient à se donner bonne conscience et à clamer au moment opportun que seuls les Gabonais ont choisi de monarchiser leur pays alors que la France y a été impartiale ou qu’elle y a même soutenu la démocratie. Dans le même temps, on n’a cessé d’écrire, de dire, images à l’appui qu’Ali Bongo est « le favori pour diverses raisons » de ce scrutin. Cette incessante affirmation qui, en réalité, était la décision définitive de l’Elysée et de ses alliés multinationales, a fini par énerver Pierre Manboundou qui dans une sorte de rugissement de tigre édenté, a assené le 19 août 2009 à Sylvain Attal de France24 que « Ali Bongo n’est favori de personne ici au Gabon. Il faut que cela soit clair. Il est peut-être favori pour France24 mais pas pour les Gabonais». Jolie mise au point. Mais, Monsieur Manboundou, les jeux étaient faits depuis longtemps à l’Elysée et ailleurs sans le consentement des Gabonais, d’ailleurs décretés « immatures pour la démocratie » à l’instar des Congolais, des Camerounais, des Togolais, des Burkinabé, des Tchadiens…

Aujourd’hui, après le Congo où Sassou Nguesso est reconduit tranquillement au pouvoir, le Niger où Mamadou Tandja a défait les fragiles institutions les unes après les autres, Total, Areva, Bolloré et les vautours mafiafricains viennent de réaliser la succession dynastique au Gabon comme hier, au Togo. Pour arriver à leurs fins, ces vampires ont gonflé le corps électoral porté à 820.000 électeurs sur une population réelle d’environ 1,3 millions. Ils ont ensuite utilisé tout le pouvoir financier que leur a procuré le long règne du pion Bongo Ondimba qui a pris la peine de préparer soigneusement et patiemment sa succession. Ils ont utilisé l’armée avec la complicité du 6è BIMA et de la base aérienne française pour terroriser les patriotes en agissant sur les leviers de la répression et des intimidations. Ils ont fait recours à l’usuelle pratique du bourrage d’urnes. Ils ont aussi et surtout utilisé les médias nationaux et internationaux pour faire l’idée que quoiqu’il se passe, Ali Bongo était le favori, malgré les contestations dont il est l’objet dans le pays y compris jusque dans le parti de son père, le PDG (Parti démocratique Gabonais) dont le bilan est plutôt catastrophique malgré l’énormité des richesses de cette partie de la terre africaine. Malgré les 41 ans de Bongo, voilà que les Gabonais en redemandent. Tout ceci pour faire passer les Noirs pour des grands enfants inconscients ou des bêtes insensibles à la douleur et qui « votent » pour leurs propres bourreaux.

Dans cette conquête qui n’en est pas une dans les faits, tous les réseaux ont été mobilisés pour avaliser le fils à papa au sommet du pays. Change-t-on une équipe qui fait gagner ses propriétaires et parrains? Evidemment pas ! Robert Bourgi, « le Monsieur Afrique » de Sarkozy a d’ailleurs parié sur le fils Bongo. Cela veut tout dire !

Omar Bongo Ondimba, en bon pion français a passé toute sa vie à financer les partis politiques en France de l’extrême gauche à l’extrême droite au point de trouver inutile voire dangereux de bâtir un centre de santé digne de ce nom pour ses propres besoins et ceux de son clan dans son pays natal. Lui, Omar qui a tout donné à la France, n’avait pas supporté l’ingratitude de celle-ci. Et, pour sanctionner les révélations de ses turpitudes financières et l’étalage de ses biens mal acquis en France, Omar Bongo est parti mourir en Espagne. Aller mourir non pas en France, mais ailleurs était le châtiment le plus infâme qu’en digne fils, le nano-président a estimé infliger à son mentor. Quel intérêt ont-ils, tous ceux-là qui ont volé, appauvri les Gabonais et financé leurs outils politiques ou se sont enrichis de rompre le cycle ? Aucun ! Et la meilleure façon de s’assurer que les richesses de cette partie de l’Afrique restent leur propriété exclusive, c’est de confier le contrat de métayage du père au fils.

Tous les Africains sont interpellés par la dérive monarchique en œuvre aujourd’hui en Afrique. Les réactions doivent être fortes et radicales. Car, de la façon dont un peuple, dans son entièreté se comporte face aux affronts et déstabilisations qu’il subit dépend leur perpétuation ou non. Le peuple noir ne peut pas et ne doit pas continuer à être l’oiseau qu’on plume pour couvrir les autres. A force de se laisser plumer, nous finirons tous nus. De tout temps, l’Afrique a servi et nourri les autres et pas les Africains eux-mêmes. La concurrence liée aux enjeux du monde d’aujourd’hui va de toute évidence aggraver la situation de l’Afrique. C’est là que le peuple noir doit sortir de ses gongs et travailler pour mettre hors d’état de nuire tous les guignols qui, au terme d’incessants viols, sont faits « gouvernants » avec comme cahier de charges de continuer l’œuvre coloniale de la démolition de la société africaine. Ce combat ne sera pas de tout repos. Il sera périlleux, mais c’est le nécessaire et unique chemin pour le peuple noir d’espérer guérir les douleurs à lui infligées par la complicité de certains de ses propres fils aliénés et kleptocrates s’offrant, en plus de leur incapacité, des vacances dont les frais d’hôtel uniquement vont de 655 millions CFA (Paul Biya en France) pour les uns à 750 millions CFA pour les autres (Abdoulaye Wade en Suisse et en France).

Tous ceux-là qui vampirisent l’Afrique veulent nous convaincre que la Gabon est en paix. Qu’il y a des acquis à consolider et que pour ce faire, il ne faut pas bousculer les choses. On intime subrepticement l’ordre à nos compatriotes du Gabon d’accepter le « changement sans la révolution ». Non, la paix est multidimensionnelle. La paix ne signifie pas seulement l’absence de conflit armé. Un pays où les personnes dorment le ventre vide, où les enfants n’ont pas accès aux soins et à l’éducation scolaire, où les infrastructures sont absentes, où les transnationales peuvent impunément détruire l’environnement et piller les richesses du peuple, où des bases militaires stationnent depuis des décennies, où les dirigeants sont des pions soutenus mordicus contre le peuple n’est pas en paix. Des pays dont l’économie et la monnaie ainsi que les avoirs extérieurs sont détenus par les autres ne sont pas en paix.

C’est là qu’il faut convoquer nos prédécesseurs : les Olympio, Lumumba, Nkrumah, Sekou Touré, Steve Biko, Um Nyobè, Ouandié, Félix Moumié, Anta Diop, Thomas Sankara, Tavio Amorin... Ils doivent même nous inspirer dans nos initiatives. Car, le combat n'a pas abouti ; il n'est pas achevé. Depuis leur tombe, il faut leur demander la passation du flambeau. A notre génération de se montrer digne de marcher dans leur sillage afin que leur mort ne soit pas vaine et rompre définitivement avec les indépendances fictives qui servent à imposer au peuple noir des pions de la trempe de Gnassingbé et fils, de Bongo et fils et d’autres encore ... au travers desquels l’humiliation et le saccage de l’Afrique se perpétuent.
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Published by Juliette Abandokwe - dans Gabon
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