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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 10:27

28 juillet 2009
AFP

L'opposition exige la démission d'Ali Bongo

Plusieurs candidats à la présidentielle exigent qu'Ali Bongo, lui aussi en lice pour le scrutin, quitte le ministère de la Défense, qu'il a conservé après la formation du nouveau gouvernement. Ils craignent notamment que le fils du chef de l'Etat défunt Omar Bongo ne se serve de son poste pour se renseigner sur eux.

Plusieurs opposants et candidats à la présidentielle ont appelé, ces derniers jours, le ministre gabonais de la Défense Ali Bongo Ondimba, candidat désigné du Parti démocratique gabanais (PDG, au pouvoir) à la prochaine élection présidentielle, à quitter son poste de fonction publique.

Ali Bongo Ondimba, fils aîné du défunt président Omar Bongo Ondimba, a été maintenu au poste de ministre de la Défense dans le nouveau gouvernement formé par Paul Biyoghe Mba le 22 juillet dernier, suite à la démission de l'ancien Premier ministre Jean Eyeghe Ndong.

Avec lui, Pierre Claver Maganga Moussavou, un autre candidat à la prochaine élection présidentielle, a également conservé son portefeuille de ministre de l'Enseignement technique.

"Nous exigeons la démission de ces ministres"

"Nous exigeons la démission de ces ministres", a déclaré samedi Paul Mba Abessole, président du Rassemblement pour le Gabon (RPG, majorité du président), lui-même candidat au prochain scrutin présidentiel.

L'opposant Zacharie Myboto a été le premier à formuler cette demande le 23 juillet dernier dans une interview à la presse internationale.

Lundi, huit candidats à la présidentielle et leurs représentants se sont réunis au siège de l'Union du peuple gabonais (UPG, opposition radicale) à Libreville, pour exiger la démission de ces deux ministres.

"Nous ne comprenons pas pourquoi ces deux-là restent membres du gouvernement", a indiqué Jules Aristide Bourdès Ogouliguédé, président du Congrès pour la démocratie et la justice (CDJ, opposition).


Soupçons d'espionnage

"L'un de ces deux reste ministre de la Défense nationale, ce qui signifie qu'il a sous son contrôle les forces armées gabonaises et tous les services de renseignement sur la sécurité intérieure et extérieure de l'Etat. C'est une situation que nous ne pouvons pas du tout accepter", a martelé M. Ogouliguédé, qui a présidé la rencontre de lundi.

Ces candidats soupçonnent Ali Bongo Ondimba de vouloir se servir de son poste pour "disposer des renseignements qui peuvent lui être livré à tout moment au sujet des autres candidats".

Dans un entretien avec la presse lundi soir, Pierre Claver Maganga Moussavou a indiqué qu'il démissionnerait le 14 août prochain, après le baccalauréat technique.

Vendredi dernier, le ministre de la Communication, Mme Laure Olga Gondjout, a rétorqué, sur la télévision nationale, qu'aucun texte législatif n'oblige un candidat à une élection de quitter ses fonctions. 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Gabon
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 16:09

24 juillet 2009
APA


23 candidats sont en lice pour l’élection présidentielle anticipée prévue au Gabon le 30 août prochain, suite au décès à mi-mandat, le 8 juin dernier à Barcelone, dans le nord-est de l’Espagne, du président Omar Bongo Ondimba, réélu en décembre 2005 pour un nouveau bail de sept ans à la tête d’un pays qu’il dirigeait sans partage depuis 42 ans.


La Commission électorale nationale et permanente (CENAP), qui a rendu publique jeudi soir à Libreville, la liste des candidats retenus pour se présenter au scrutin, a rejeté cinq dossiers incomplets.

Tous les dossiers rejetés ne contenaient pas la quittance du trésor public attestant du versement de la caution de cinq millions de FCFA réclamés à tout candidat à une élection présidentielle au Gabon.

Avec 23 candidats en course, dont trois femmes, une première dans l’histoire du Gabon indépendant, la «bataille» pour la succession du président Omar Bongo Ondimba s’annonce épique.

«Une vingtaine de candidats, ça fait beaucoup, ça fait même disproportionné. Mais c’est ça l’inconvénient de la démocratie», a déclaré M. Jean Eyéghé Ndong, qui a démissionné, vendredi dernier, de ses fonctions de Premier ministre, chef du gouvernement, pour se présenter à l’élection présidentielle en tant que candidat indépendant.

La présidentielle s’annonce d’autant plus serrée que le scrutin doit se dérouler en un seul tour, «la mort subite», une option choisie par le défunt président et cadrant avec sa philosophie de partage du pouvoir.

Après une bataille électorale âprement disputée, la classe politique doit conclure une «paix des braves», ni vainqueur ni vaincus. Aucun candidat, même vainqueur, ne disposant de la légitimité nécessaire pour pouvoir gouverner seul sans les autres.

Mais les observateurs à Libreville estiment que le président Bongo Ondimba, candidat «naturel» du Parti démocratique gabonais (PDG au pouvoir) à chaque élection présidentielle, a fait consigner le scrutin à un tour dans la constitution pour éviter d’affronter une opposition regroupée au second tour de scrutin, après être partie en rangs dispersés au premier tour.

Il s’était ainsi donné le moyen de conserver le pouvoir, contre vents et marées. D’où ses victoires aux trois scrutins pluralistes qui se sont déroulés au Gabon depuis l’avènement du multipartisme intégral, en 1990.

Pour le scrutin du 30 août prochain, les alliances ne vont pas manquer de se tisser à mi-chemin de la campagne électorale qui s’ouvre le samedi 15 août à minuit pour s’achever le 29 août 2009 à 24 heures, selon le calendrier, publié le 15 juillet par la CENAP et adopté par le gouvernement.

«Ce serait un peu maladroit de la part d’un responsable de dire sur la place publique les stratégies qu’il peut concocter et qu’il ne peut dévoiler que lorsque tout est fin prêt. Et que les adversaires ne peuvent plus rien faire», a laissé entendre M. Eyéghé Ndong, concernant les alliances éventuelles qu’il pourrait être amené à conclure.

Selon les observateurs, il existerait également des candidatures suscitées par certains camps pour rogner ou éparpiller les voix d’un certain électorat considéré comme acquis à quelque adversaire. Surtout que pour cette présidentielle 2009, un «repli identitaire», le vote ethnique, sera une donne qu’il faudra intégrer.

Tous les ingrédients sont d’ailleurs réunis pour accréditer le vote ethnique. La plupart des partis politiques voire leurs candidats étant l’émanation de groupes socioethniques bien déterminés. Et les alliances déjà concluent par certaines formations politiques en sont également le reflet.

Même le parti au pouvoir qui, jusqu’à présent, s’enorgueillissait d’être le «creuset de l’unité nationale», n’a pas été épargné par la «fièvre» du repli identitaire. La procédure adoptée par le parti pour désigner Ali Bongo Ondimba, actuel ministre de la défense et fils du président défunt, pour être son candidat à l’élection présidentielle, a été largement dénoncée au sein du parti et en dehors.

Trois membres de cette formation politique, et non des moindres, ont claqué la porte du parti pour se présenter comme candidats indépendants à l’élection présidentielle, dont le Premier ministre Jean Eyéghé Ndong, premier vice-président du parti, qui a démissionné vendredi dernier, de ses fonctions de chef du gouvernement.

Casimir Oyé Mba, le ministre du pétrole et membre du bureau politique, et André Mba Obame, ministre de la coordination et du suivi de l’action gouvernementale, également membre du bureau politique du PDG, ont également signé leur rupture avec le parti en se portant candidats.

Ils ne figurent pas dans le nouveau gouvernement formé par le nouveau Premier ministre Paul Biyoghe Mba et dont la composition a été rendue publique mercredi soir à Libreville.

La multiplicité des candidatures pour la succession du président Omar Bongo Ondimba trouve sa justification dans la volonté de changement qui habite désormais les Gabonais, déterminés à rompre avec 42 ans d’un système qui a accentué les inégalités sociales, a estimé un politologue.

Cette volonté de changement s’est également exprimée avec force au cours de la période de révision des listes électorales. Prévue du 11 au 20 juillet, l’opération a été prolongée de 24 heures.

L’engouement extraordinaire des électeurs à s’inscrire sur les listes électorales trouvait sa justification dans l’espoir du changement par les urnes, un rêve impossible sous le président Bongo Ondimba. D’où la forte abstention enregistrée à tous les scrutins.

Jamais une telle affluence n’avait été observée, sinon aux premières années de l’instauration de la démocratie multipartite, en 1990.

L’opposition a bien plaidé pour une prolongation des délais mais en vain. «En tout cas, ceux qui s’inscrivent, c’est pas pour voter le PDG et les hommes au pouvoir le savent», a lancé un opposant. 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Gabon
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 15:53

24 juillet 2009
RFI


Officiellement investi le 19 juillet dernier par le Parti démocratique gabonais (PDG) comme candidat à la présidentielle du 30 août prochain, Ali Bongo Ondimba se retrouve aujourd'hui en lice avec des barons du parti qui ont claqué la porte du parti en dénonçant la procédure de désignation du candidat. Dans une interview accordée à RFI dont nous publions des morceaux choisis, le candidat du PDG se prête aux questions sans ambages des journalistes africains sur son investiture, la solidité du parti, ses origines, la corruption ou encore l'alternance politique.

Les observateurs du monde entier de la scène politique gabonaise prédisaient à demi mots un coup d'Etat orchestré par vous au lendemain du décès de votre père Omar Bongo Ondimba. Il n'en est rien finalement, du moins dans sa conception classique, comme il nous a été donné d'assister au Togo ou en RDC, il semblerait que vous ayez été plus subtil dans l'approche, puisque le coup de force s'est opéré au sein même du parti de votre père, le PDG. Qu'est-ce que vous répondez à cette observation ?

 «Je pense tout simplement ceux qui me connaissent vraiment n'avaient aucun doute et aucune inquiétude sur la manière dont les choses allaient se passer ici au Gabon. Je suis profondément légaliste et pour moi il n'a jamais été question de faire, comme vous l'avez suggéré, ce que l'on appelle vulgairement un coup d'Etat.

 Cela ne vous a jamais tenté ? Vous ne vous êtes jamais dit que vous vous trouviez en position de force avec l'armée et que vous pouviez le faire sans attendre ?

 On l'a vu ailleurs et nous estimons que cela n'a jamais été la bonne méthode. Le président Bongo nous a légué des institutions fortes, donc il n'était nullement question pour nous de pouvoir même envisager cette solution là. De plus, je tiens à faire remarquer que mes états de service plaident pour moi. Cela fait pas mal d'années que j'ai été associé au processus de démocratisation du pays et je ne vois pas pourquoi, après avoir lutté en tant que compatriote pour que nous puissions avoir une plus grande démocratie, que je sois, moi, le premier à venir lui porter un coup fatal.

Par rapport au «passage au forceps» au sein du PDG, votre parti dans lequel vous êtes vice-président. Est-ce un «passage au forceps» ? Est-ce que les règles démocratiques ont été respectées ?

Comment peut-on parler de forceps alors que nous avons enregistré 10 candidatures et que nous avons suivi un processus de sélection qui était une première dans notre pays. Je peux dire que les choses se sont passées le plus démocratiquement possible. Nous avons tous été auditionnés et c'est à la suite de nos auditions que les dirigeants du parti, notamment le comité de concertation et le comité permanent du bureau politique, ont pris la décision qui est la leur.

Et comment expliquer que des membres influents du parti, qui ont souvent fait route avec vous, puisque vous étiez avec un des nouveaux candidats dans le courant des Rénovateurs, contestent aujourd'hui ce système, se mettent en marge et soient candidats à leur tour ?

C'est très difficile pour moi de répondre à cette question. La seule question qu'on pourrait se poser est de savoir quelle aurait été leur réaction si c'est eux qui avaient été sélectionnés ? Je crois que lorsqu'on s'engage à jouer une partie de football, on ne s'engage pas à jouer au rugby. On connaît les règles avant, donc on n'attend pas la fin du match, le coup de sifflet final, pour dire que, finalement, on n'était pas d'accord avec les règles du football et puis qu'on aurait préféré jouer au rugby ou au handball. Je crois qu'au départ tout le monde connaissait les règles, tout le monde savait comment cela allait se passer.

Toutes les règles ont été respectées jusqu'au bout ? Il n'y a pas eu d'arrangements souterrains qui feraient que ce soit vous qui bénéficiez des amitiés de votre papa ?

Je pense que c'est faire injure aux dirigeants du parti qui sont des gens sérieux et qui ont tout simplement appliqué les statuts de notre parti, statuts qui ont été acceptés par tous lors du Congrès de septembre 2008. A partir de ce moment là tout le monde connaissait la règle du jeu. Je pense que tout ceci s'est passé normalement. Le processus a été même plus long dans la mesure où la concertation nous demandait que des contacts soient pris, que les membres du comité permanent du bureau politique prennent leur temps ; ce qu'ils ont fait. Encore une fois les choses se sont bien passées et je pense que le parti en est sorti renforcé et encore plus fort.

Le PDG ne vit-il pas le début de sa fin ?

C'est une question qui nous fait un peu sourire. On a tellement prophétisé la fin du PDG. Je peux vous dire que le congrès que nous avons tenu hier a été une bonne réponse à tous ceux qui étaient dans le doute. Mais cela n'a empêché qu'il y en ait d'autres qui présentent des candidatures indépendantes alors qu'ils étaient membres du PDG.

C'est plutôt un signe de vitalité au niveau du discours, du débat. Et tous les observateurs auraient été plus sceptiques s'il n'y avait eu qu'un seul candidat.

Il se trame des rumeurs sur vos origines. Est-ce un handicap ou craignez-vous un spectre à l'ivoirienne ?

(Rires) Ceux qui affirment cela sont des très mauvais connaisseurs de l'histoire.

Mais d'où vient la rumeur ?

Certainement parce qu'à l'époque de la guerre du Biafra, un certain nombre d'enfants du Biafra se sont réfugiés au Gabon, certains sont restés, certains sont partis.

Mais pourquoi cela tombe sur vous ?

Allez le demandez à ceux qui affirment ce genre de rumeurs. (…) Ceux qui font cela ne me font pas injure à moi, ils font injure à mes parents. Je crois que les mêmes gens qui ont fait confiance à Omar Bongo pendant 40 ans, pensent qu'il allait leur mentir sur un sujet comme celui là. C'est ridicule. (…) Je suis un des rares Gabonais qui ont grandi devant les yeux de la Nation.

N'avez-vous pas peur que les affaires familiales se retournent contre vous ? On a cité votre nom dans l'affaire des biens mal acquis...

Ceux qui ont cité mon nom sont très mal informés.

Vous voulez dire que vous ne possédez rien à Paris de ces appartements ou ces véhicules de luxe dont on parle souvent ?

Ne soyez pas ridicule. Je dis encore une fois que ceux qui prétendent connaître un certain nombre de choses sur moi ne savent rien. Je ne redoute rien et je ne crains rien.

Le jour du décès du président Bongo Ondimba, il y a eu fermeture des frontières et déploiement d'auto-mitrailleuses devant le siège de l'UPG, le principal parti de l'opposition. Est-ce que vous n'utilisez pas vos fonctions et vos positions pour maintenir la pression et faire peur à vos adversaires ?

Je crois simplement que vous avez été très mal informés. Certes les frontières ont été fermées 24 heures. Simple mesure conservatoire. A ce moment là le chef de l'Etat vient de décéder, le vice-président, le Premier ministre et le président de l'Assemblée nationale étaient hors du territoire national et donc les frontières ont été fermées 24 heures en attendant le retour de ces personnalités là, c'est tout. Ensuite, concernant le déploiement de chars devant le siège de l'UPG, cela ne s'est pas du tout passé comme ça et nous n'avons jamais déployé de chars devant la demeure de celui-ci.

(…) Ce qui est clair c'est qu'un officier général est allé rencontrer le président de l'UPG pour lui signaler que l'armée était prête à assurer sa sécurité si tel était son désir. Si cela avait été son désir, la chose aurait été faite. Mais il ne l'a pas souhaité et le général est rentré chez lui. Il n'y a jamais eu de char garé devant chez lui.

 «Chaque vache lèche son veau» dit un proverbe africain et on sait qu'au Gabon on ne gouverne qu'avec la France. Alors, monsieur Ali Bongo, quel rapports avez vous avec Paris ? Avez-vous été bien introduit ?

Personnellement j'ai de bons rapports avec les autorités françaises, ne serait-ce que dans les fonctions qui sont les miennes. J'ai connu plusieurs ministres de la Défense. La France est notre premier partenaire en matière de coopération militaire et pour l'instant cela se passe très bien.

Vous avez récemment rencontré le président Sarkozy.

Oui quand il est venu à Libreville.

Pas avant ?

Je l'avais rencontré il y a déjà plus d'un an à Paris, oui.

Donc vous étiez déjà en préparation.

Je l'ai rencontré dans le cadre de mes fonctions puisqu'il s'agissait aussi de parler avec lui de coopération militaire entre le Gabon et la France et de la révision des accords de défense.

Le corbeau ne comprend rien du langage du rossignol. Monsieur Ali Bongo, la mauvaise maîtrise des langues locales gabonaises n'est-elle pas un réel handicap pour votre campagne ?

Qui est le corbeau et qui est le rossignol ? C'est un mauvais procès d'intentions que l'on me fait. Nous avons une cinquantaine de dialectes au Gabon. A supposer que j'en parle un, il y en aurait 49 que je ne parle pas. Alors quelqu'un peut il être élu simplement parce qu'il parle un dialecte alors qu'il ne va pas parler les 49 autres ?

Peut-t-on faire une campagne dans l'arrière pays sans parler les dialectes lorsque l'on rencontre les électeurs ?

Ceux qui avancent certaines choses sont très mal renseignés. Je comprends mon dialecte et le parle peu, tout simplement par coquetterie parce que je n'ai pas un bon accent et pour éviter de déclencher l'hilarité je m'abstiens de le parler alors que je le comprends bien.

On a beaucoup parlé des rivalités de famille avec votre soeur Pascaline. Les choses se sont elles arrangées en famille et le beau-frère Toungui a-t-il renoncé à ses ambitions à votre profit ?

Là encore je dirais qu'il ne s'agissait que de fantasmes de certaines plumes. Curieusement c'est toujours à l'extérieur de votre famille que les gens pensent mieux vous connaître. Apparemment il y a des spécialistes de Pascaline, d'Ali Bongo et autres, et qui connaissent mieux que nous-mêmes ce qui se passe dans notre propre famille. Les choses sont très simples. Pascaline c'est ma soeur et je pense un peu mieux la connaître que d'autres. Il n'a jamais été question que nous puissions être divisés.

Même si son mari avait eu des ambitions d'occuper le fauteuil que vous voulez occuper aujourd'hui ?

Au Gabon, chaque citoyen est libre.

Vous voulez dire que votre beau-frère n'a jamais essayé d'être candidat à la présidentielle et que cela aurait pu apporter des dissensions dans la famille ?

Est-ce qu'il vous l'a dit ? Je voudrais savoir à qui l'a-t-il dit ? Apparemment nous avons des spécialistes qui savent lire et décoder les affaires familiales. Et apparemment ils ont une meilleure méthode de lecture que moi, alors j'aimerais bien qu'ils puissent m'en faire profiter de temps en temps.

Monsieur le ministre, dans votre discours de dimanche, vous avez lancé un appel sous forme de promesses pour une meilleure répartition des richesses nationales et surtout pour une lutte acharnée contre la corruption. Pourquoi faudrait-t-il vous croire quand on sait que vous êtes un pur produit de cette corruption au Gabon ? Avez vous conscience du fait que lutter contre la corruption reviendrait à vous attaquer inévitablement à des dignitaires du système Bongo, des dignitaires qui vous ont certainement aidé ?

Je vous remercie pour cette question, encore que je ne sais pas d'où sort cette affirmation de dire que je suis un pur produit de la corruption. Au Gabon, nous connaissons notre pays, nous connaissons ce qui va bien, nous connaissons ce qui ne va pas bien. Sur cette question du partage, c'est une question essentielle. Cette notion de partage va devenir pour nous une vraie religion. Si je suis cette affirmation qui a été faite que je suis un pur produit de la corruption, pourquoi diable me mettrais-je dans les difficultés en venant parler de quelque chose comme cela. Je continuerais à profiter du système, pourquoi viendrais-je dire moi qu'il faut arrêter cela.

Cela peut-être une promesse électorale ?

C'est très dangereux de venir faire des promesses électorales de ce genre. Je ne suis pas quelqu'un qui avance des choses simplement comme cela. Ceux qui me connaissent savent très bien que je dis ce que je fais et je ferais ce que j'ai dis. J'ai un bilan dans le ministère qui est le mien, où il y a le plus de sanctions. Un, nous allons veiller à une meilleure répartition des fruits de la croissance ; deux, que nous récompenserons l'effort et le travail bien fait ; trois, que nous sanctionnerons là où il faudra sanctionner, sans exagération mais sans faiblesses non plus. (…)

Est ce un avantage ou un handicap de s'appeler Bongo ?

Tout le monde semble dire que c'est un handicap. Du point de vue marketing c'est déjà un avantage parce que mon nom est connu. La question est toujours la même lorsqu'on a un nom connu, c'est de se faire un prénom. Je me suis fait un prénom au Gabon, de là ne vient pas le problème. Mon problème vient du fait que les gabonais m'ont vu grandir, ma silhouette est connue, mais ils ne me connaissent pas.

Pourquoi ?

Pour une raison très simple. Dans nos traditions, le père est devant, l'enfant est derrière. Il est quand même difficile que de penser que j'aurais pu venir me hisser à son niveau et me mettre devant. Les mêmes qui me disent qu'ils ne me connaissent pas auraient été les premiers à me pourfendre.

Le reproche qui a été fait à votre père c'est la longévité au pouvoir, d'avoir fait 41 ans. Aujourd'hui vous aspirez à occuper le même fauteuil, peut on avoir la certitude que vous n'allez pas rester aussi 41 ans aux affaires ? Est ce qu'il peut y avoir une chance d'alternance au pouvoir ? Est ce que vous y pensez, à vous éterniser vous aussi au pouvoir pour faire 2 générations de Bongo à la tête du Gabon ?

Etant donné que j'en ai déjà 50 ans, plus 40 ce sera difficile. Ce n'est pas du tout l'objectif qui est le mien. Je suis pour l'alternance, mais cette alternance, c'est le peuple qui en décide.

Est ce que vous vous êtes pour un nombre limité de mandats ?

Je crois que c'est une question qu'il faut regarder calmement et sereinement, plutôt que de vous répondre tout de suite ce que les gens veulent entendre. Je ne veux pas être comme ces gens qui se précipitent à répondre parce que c'est dans l'ère du temps d'être pour les limitations de mandats et puis demain ils vont commencer à se gratter la tête pour savoir comment tripatouiller la Constitution pour changer cela. Je crois que c'est un problème très sérieux et qui doit être regardé en profondeur pour voir quels sont les axes de réflexion. Si on parle de limiter les mandats, c'est peut être tous les mandats qu'il faut limiter, pourquoi seulement certains et pas d'autres.

Mais vous personnellement, vous aspirez à rester aux affaires combien de temps si vous y arrivez ?

Dieu seul sait. Mais encore une fois je peux vous dire que je ne vais pas m'éterniser au pouvoir pour la plaisir de m'éterniser au pouvoir». 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Gabon
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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 10:33

16 juillet 2009
AFP


Ali Bongo Ondimba, fils du défunt président Omar Bongo Ondimba et ministre de la Défense, a été désigné mercredi soir à Libreville candidat du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir) à l’issue d’une réunion du bureau politique de cette formation politique.

Ali Bongo Ondimba, par ailleurs vice-président du PDG, a été préféré, par consensus, à neuf autres candidats à la candidature au sein de son parti.

Il avait notamment pour adversaire l’actuel Premier ministre Jean Eyeghe Ndong et l’ancien Premier ministre et présentement ministre des Mines et du pétrole Casimir Oyé Mba.

Il sera investi officiellement dimanche prochain lors du congrès de cette formation politique, a indiqué le secrétaire général du PDG, Faustin Boukoubi, dans une déclaration lue à la télévision nationale.

Ali Bongo Ondimba est ainsi le huitième candidat à la future élection présidentielle anticipée prévue pour se tenir au plus tard le 6 septembre prochain, date butoir de la période intérimaire.

Cette élection présidentielle anticipée sera organisée suite au décès d’Omar Bongo Ondimba intervenu le 8 juin dernier à Barcelone (Espagne).


Présidentielle au Gabon: la commission électorale choisit le 30 août

La Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap) du Gabon a proposé au gouvernement d'organiser l'élection présidentielle anticipée le 30 août, selon un calendrier publié tard mercredi par le média privé d'information en ligne Gabonews.

Aucune source officielle n'avait immédiatement pu être jointe par l'AFP pour commenter cette information.

Selon l'agence Gabonews, généralement bien informée, la Cénap a arrêté un calendrier électoral, devant encore être examiné par le gouvernement, qui prévoit notamment l'organisation de la présidentielle le 30 août. Ce scrutin est à tour unique au Gabon.

D'après le Code électoral, c'est la Cénap qui détermine "la date de convocation des électeurs", ensuite "matérialisée par décret pris en Conseil des ministres".

La Cénap envisage la période du 17 au 22 juillet pour le dépôt des dossiers de candidature, et le démarrage de la campagne électorale le 15 août à 00H00 (14 août à 23H00 GMT), pour deux semaines.

Aucune date n'avait jusqu'à présent été proposée pour ce scrutin. La Cour constitutionnelle avait indiqué qu'il devrait se tenir "au plus tard le 6 septembre".

La semaine dernière, le ministère de l'Intérieur, chargé de la préparation des scrutins, avait arrêté un calendrier d'opérations pré-électorales, incluant la révision des listes électorales, qui a débuté le 10 juillet.

Cette révision se poursuivra jusqu'au 21 juillet. Les listes électorales seront ensuite "traitées" (du 22 au 31 juillet), puis "éditées et affichées" (1er au 5 août) avant l'enregistrement des réclamations (6-8 août).

Le ministère compte remettre "les listes définitives" à la Cénap le 15 août, avant d'entamer le lendemain la distribution des cartes électorales.

L'élection présidentielle anticipée fait suite au décès, annoncé le 8 juin, du président Omar Bongo Ondimba, dont le mandat devait prendre fin en 2012. 

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 11:27

13 juillet 2009
GabonNews
Désiré Clitandre Dzonteu


Avec l’annonce samedi et dimanche, respectivement des candidatures de Paul Mba Abessole, leader du Rassemblement pour le Gabon (RPG, Majorité présidentielle) et de Pierre Claver Maganga Moussavou, président du Parti Social Démocrate (PSD, Majorité présidentielle), la liste des candidatures à l’élection présidentielle anticipée commence à s’allonger.

Samedi, à l’issue du Congrès extraordinaire du RPG, Paul Mba Abessole, actuel Vice-premier ministre en charge de la Culture et des Arts, a officiellement annoncé sa candidature au prochain scrutin présidentiel en déclinant quelques grands points qui figureront dans son programme de société dont « « un toit pour tous ».

Le pasteur Ernest Tomo, qui, en 2005 avait retiré sa candidature au profit du défunt chef de l’Etat s’est à nouveau présenter sou la bannière d’indépendant. Et affirme qu’il est le « Candidat de Gabon d’abord ».

A son tour, ce dimanche, Pierre Claver Maganga Moussavou, également ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle, encore en poste, a rejoint la liste des personnalités gabonaise devant figurer sur les candidatures à cette présidentielle qui devra permettre de remplacer Madame Rose Francine Rogombé qui assure, constitutionnellement, l’intérim du défunt chef de l’Etat Omar Bongo Ondimba, depuis le 10 juin dernier.

La semaine dernière, l’acteur libre de la société civile, Bruno Ben Moubamba, avait, lors d’une conférence de presse à la Chambre de commerce de Libreville, affiché son ambition à conduire, si le peuple gabonais le désire, aux destinés du pays dirigé pendant près de 42 ans par le défunt président Omar Bongo Ondimba.

Unique femme à avoir déjà annoncé sa candidature, Victoire Lasseni Duboze, ancienne président de l’Union des femmes du Parti démocratique gabonais (UFPDG), structure spécialisée de cette formation politique, qui a pris des distances avec la politique il y a quelques mois, s’est présentée en indépendante, avec la forte conviction que le temps est arrivé pour les femmes de jouer un rôle plus que majeur dans la vie politique du pays.

Dans le lot, on dénombre ainsi trois candidatures issues des indépendants tandis que deux partis politiques de la majorité présidentielle ont déjà clairement tracé la ligne de démarcation. Ce qui fait dire à certains analystes de la politique gabonaise que « la majorité présidentielle commence à voler en éclat ».

Et L’on s’attend à ce que dans les jours à venir de nombreux autres personnalités se prononcent sur leur positionnement en tant prétendants à ce siège qu’occupe actuellement et de manière provisoire, Rose Francine Rogombé.

Ce qui est sûr c’est que le parti de Feu président Omar Bongo Ondimba, qui fait perdurer le suspense, devra positionner au moins un candidat, le moment venu, pour défendre les couleurs de la formation créer dans l’Ogooué –Lolo (Centre-sud) en 1968.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Gabon
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12 juillet 2009 7 12 /07 /juillet /2009 15:39

12 juillet 2009
Philippe Bernard
Le Monde


Un mois après la disparition d'Omar Bongo, la France voudrait apparaître comme un observateur neutre dans le processus encore incertain de succession à l'homme qui régna pendant 41 ans sur le Gabon en toute complicité avec Paris. Le président Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner se sont donné le mot. "La France n'a pas de candidat", a répété le ministre des affaires étrangères, jeudi 2 juillet à Dakar. "Moins la France s'occupera de la succession gabonaise, mieux elle se portera", renchérit une figure de l'UMP.
(Juliette: TOTAL ELF, BOUYGUES ET AREVA.... débrouillez-vous!    Mon oeil!!)


Ce retrait apparent masque la vive préoccupation des responsables français. La qualité démocratique du processus constituera le premier test de la volonté de "refondation" des relations franco-africaines revendiquée par le président de la République. Qui plus est dans le pays le plus emblématique du caractère opaque et incestueux de ces relations depuis près de cinquante ans. En outre, plane sur le Gabon le souvenir amer des successions ratées et des élections sanglantes (Côte d'Ivoire, Congo, Togo) auxquelles la France a été mêlée.
Or le scénario est loin d'être écrit dans un pays qui n'a jamais connu de succession ouverte. Une concertation est en cours avec les partis politiques sur un point crucial : le calendrier de la révision des listes électorales. Celles-ci, selon de nombreux observateurs, sont lourdement lestées d'électeurs-fantômes. En outre, de nombreux Gabonais, sans illusion sur l'honnêteté des scrutins, ne s'y sont jamais inscrits. Les partis de l'opposition, dont quatre candidats sont déjà déclarés, réclament leur réouverture et un délai de plusieurs mois avant l'élection présidentielle censée se tenir "avant le 6 septembre", selon la récente décision de la cour constitutionnelle.
Face à eux, les tenants du Parti démocratique gabonais (PDG), fondé par Omar Bongo, se satisferaient d'un simple toilettage des listes électorales. Leur problème est ailleurs : éviter l'implosion à cause de candidatures multiples.

Outre Ali Bongo, le fils aîné du président défunt et ministre de la défense, pas moins de neuf candidats briguent l'investiture de l'ex-parti unique qui pourrait être annoncée le 18 juillet. Cet afflux de prétendants rompt spectaculairement avec la tradition qui faisait d'Omar Bongo l'éternel "candidat naturel" du PDG.

Pressé et contesté, Ali Bongo est déjà parti en campagne. Des communiqués diffusés par la télévision publique font état d'appels de la "jeunesse gabonaise" en faveur de sa candidature et de collectes de fonds. Logiquement, son intérêt serait que le scrutin se tienne rapidement et utilise les mêmes listes électorales que celles qui assuraient à son père des scores dignes de républiques bananières.

Ce souhait de promptitude est défendu par la France. "Les transitions qui durent peuvent se transformer en cauchemars", indique-t-on à l'Elysée où l'on évoque le risque de dérapage ethnique. On estime à Paris que deux enjeux dominent : "La stabilité du pays (et non celle du régime, précise-t-on), et la qualité démocratique de la transition." Le processus, ajoute-t-on, doit être "aussi exemplaire que sous la présidence d'Omar Bongo".
Mais tandis que des diplomates de l'Elysée affichent une certaine prudence à l'égard d'une candidature d'Ali Bongo, l'entourage proche du chef de l'Etat voit en ce dernier un homme "plutôt francophile" bénéficiant d'"un certain nombre de ralliements autour de lui".

Pour Robert Bourgi, héritier des réseaux gaullistes en Afrique aujourd'hui proche de M. Sarkozy, "Ali sera le seul candidat du clan Bongo". "Mon candidat, c'est lui. Or, je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy", avance cet avocat qui s'est fait une profession d'obtenir des entrevues auprès du président français pour des personnalités africaines. "Ali privilégiera les entreprises françaises, il en finira avec les micmacs d'un autre temps", plaide encore M. Bourgi. Il suggère qu'il proclame tout haut ce que l'exécutif français pense tout bas.

LE CANDIDAT DE M. BOURGI

"Bourgi a un candidat, c'est son affaire, pas la nôtre", rétorque Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. "Le parrainage de M. Bourgi ne nous encourage pas. Ce n'est pas dans l'intérêt d'Ali", ajoute Alain Joyandet, secrétaire d'Etat à la coopération, qui dit pourtant apprécier les services du bouillant avocat. L'enjeu n'est pas seulement politique. "Le clan Bongo veut garder le pouvoir mais aussi garantir son impunité, souligne un haut diplomate. Mais il sait parfaitement qu'Ali est extraordinairement impopulaire."

Lors des obsèques à Libreville, le 15 juin, rapporte une autre source diplomatique française, Ali Bongo a été pris à partie par un groupe de jeunes défiant le service d'ordre et brandissant le poing. "Le clan familial se rend compte qu'Ali Bongo est le pire candidat, assure ce spécialiste de l'Afrique, surtout lors d'une élection à un tour où il est interdit de miser sur le mauvais cheval."

Du degré de solidarité familiale au sein du foisonnant clan Bongo, notamment entre Pascaline, grande argentière du régime et Ali, qui tient l'armée, dépendra la succession politique d'Omar Bongo. Parmi les multiples inconnues de cette équation complexe figurent les risques de procédures judiciaires visant la restitution à l'Etat des "biens mal acquis" par la famille Bongo. A Paris, la procédure qui vise aussi plusieurs membres de la famille n'a pas été éteinte par la disparition d'Omar Bongo.

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 12:09

8 juillet 2009
Noël Kodia
Source: RDPG


Le président Bongo n’est plus après 41 ans de pouvoir. Contrairement à certains pays comme le Togo et la Guinée, le Gabon, par l’intermédiaire de la Cour constitutionnelle, vient de donner un bel exemple de respect de la Constitution en confiant les fonctions de chef de l’Etat par intérim à la présidente du Sénat, Rose Francine Rogombé. Elle doit diriger le pays jusqu’à la prochaine présidentielle qui devrait ouvrir une nouvelle page en Afrique centrale, nouvelle si on se réfère aux conflits qu’ont connus les autres pays de la sous-région comme le Congo, le Tchad et la Centrafrique.

Mais devant l’appétit du pouvoir, tant de la majorité présidentielle que de l’Opposition, ne faudrait-il pas craindre que le Gabon traverse une zone de turbulence au vu des enjeux politiques et économiques que suscite le pouvoir sur le continent ?


Enjeux politiques

Après Houphouët-Boigny, l’un des précurseurs de la Françafrique, Bongo est l’autre grand pilier de ce système, nouant des relations intimes avec la majorité des présidents français, de Charles De Gaulle à Jacques Chirac. Maintenant que ce pilier vient de s’écrouler, les relations politiques franco-africaines vont-elles subir une grande secousse ? Surtout avec la dénonciation des présidents qui n’arrivent pas à faire décoller économiquement leur pays, malgré les richesses que leur procure l’exploitation des ressources naturelles comme le pétrole, l’uranium…? Jusqu’à quand la « diplomatie françafricaine » protègerait-elle les biens mal acquis dont le président Bongo a été l’un des possesseurs interpellés ? Un problème qui risque d’être une bombe à retardement pour certains présidents longtemps inamovibles au pouvoir.

Un long règne à la direction d’un pays est en effet souvent synonyme de tensions sociopolitiques en Afrique. Et comme d’ordinaire la pérennité au pouvoir en Afrique fait penser au détournement des richesses de l’Etat (car comment comprendre que des pays riches comme le Gabon, le Congo, l’Angola présentent des populations vivant paradoxalement au seuil de la pauvreté avec moins d’un dollar par jour ?), les Gabonais devraient se rappeler les guerres civiles de la sous-région pour ne pas tomber dans la confrontation interethnique. Celle-ci débouche souvent sur des conflits armés comme l’ont démontré malheureusement leurs voisins Congolais, Centrafricains et Tchadiens à cause des enjeux politiques et surtout économiques (leur sous-sol regorgeant de matières premières).

Ce rappel est nécessaire pour que le parti au pouvoir et l’Opposition posent les véritables bases objectives pour une alternance crédible. Déjà se remarque un signe positif et encourageant avec l’acceptation de la présidente du Sénat au poste de président par intérim comme le stipule leur Constitution. Pour garantir la paix dans son pays, Bongo a pratiqué le népotisme (pouvoir financier confié à sa fille Pascaline et pouvoir militaire à son fils Ali) et la corruption de l’Opposition pour éviter d’hypothétiques mécontentements populaires que l’on avait constatés à l’orée de la démocratie multipartiste. Bongo n’étant plus là, la corruption de l’Opposition n’aurait plus lieu et peut-être allons-nous assister à son véritable réveil pour demander à la majorité présidentielle des élections libres et transparentes pour une véritable alternance. Une alternance qui semble se fonder sur les tractations entre plusieurs acteurs politiques : d’un côté les enfants qui voudraient continuer l’œuvre de « papa », et de l’autre, les militants qui veulent enfin réaliser leur souhait de diriger « réellement » le pays.


Enjeux économiques

Malgré l’arrivée des Chinois dans les structures commerciales et économiques du Gabon, les multinationales occidentales y occupent une place prépondérante dans l’exploitation du pétrole, de l’uranium, du manganèse du bois… Parce qu’ils convoitent les richesses du continent, les Occidentaux, pour leur économie, ont souvent été prêts à y mettre le feu pour ensuite jouer aux sapeurs pompiers, en négociant alors des contrats d’exploitation de certaines richesses en position de force. La Chine s’intéresse aussi aux richesses du continent même quand les droits de l’Homme sont bafoués dans certains pays comme le Soudan où elle vend des armes à cause de son pétrole (et cela, malgré la tragédie du Darfour condamnée par l’opinion internationale). Mais les Occidentaux sont encore bien là et peuvent peser de tout leur poids.

L’économie gabonaise est essentiellement fondée sur l’exploitation de son sous-sol. Aussi, pour éviter la frustration populaire que pourrait provoquer une alternance mal négociée après la mort de Bongo, l’Union européenne et l’Union africaine doivent imposer aux politiques gabonais une bonne gouvernance économique, facteur de paix sociale permettant aux partis politiques de jouer leur véritable rôle, celui de conscientiser la société dans la paix que Bongo a su imposer à coups de corruption. Avec leurs richesses, des pays comme le Gabon, le Congo… dont la population n’est pas assez importante, seraient des Etats qui ne vivraient pas de troubles sociopolitiques si les royalties engendrés par la vente des matières premières étaient bien gérés, loin du népotisme et du gangstérisme financier qui les caractérisent. Malheureusement Bongo n’a pas pu échapper à la règle en « travaillant » avec ses enfants.

Les Africains sont imprévisibles dans la gestion du pouvoir politique car souvent rattrapés par le subconscient ancestral. Et comme le Gabon appartient à une zone où les conflits interethniques sont monnaie courante, l’UA et la Communauté internationale devraient aider les Gabonais dans la réalisation de la prochaine présidentielle pour qu’elles ne soient plus surprises comme dans d’autres pays.

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 11:42

7 juillet 2009
Africa Presse
Source: AFP (observateur engagé et rapproché!)


Le gouvernement gabonais a saisi la Cour constitutionnelle sur l’impossibilité d’organiser l’élection présidentielle anticipée dans les délais prévus par la Constitution, a annoncé lundi à l’AFP une source officielle, estimant un report “inévitable”.

“Le Premier ministre a saisi la Cour constitutionnelle pour lui dire que le gouvernement ne peut pas organiser le scrutin dans les délais indiqués” par la Constitution, a déclaré à l’AFP cette source du ministère de l’Intérieur, qui co-organise les élections avec la commission électorale.

Le Gabon a entamé la transition le 10 juin, deux jours après l’annonce par Libreville du décès, en cours de mandat, du président Omar Bongo Ondimba. Selon la Constitution, le chef de l’Etat intérimaire dispose de 45 jours au plus pour organiser une élection présidentielle, “sauf cas de force majeure dûment constaté par la Cour constitutionnelle”.

Reçu lundi par l’institution, le ministre de l’Intérieur Jean-François Ndongou a présenté un nouveau “chronogramme” d’opérations pré-électorales tenant compte de cette impossibilité, “maintenant, la Cour va apprécier et fixer les délais définitifs”, a affirmé la source au ministère de l’Intérieur.

“La Cour doit se prononcer demain (mardi) après-midi” sur la saisine, a précisé la même source, estimant qu’un report était “inévitable”.

Interrogée sur le nouveau calendrier d’opération pré-électorales, elle n’a pas voulu s’exprimer.

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 08:03

5 juillet 2009
AFP


Le parti au pouvoir au Gabon a enregistré au moins huit demandes pour le choix de son candidat à l'élection présidentielle anticipée, ont rapporté dimanche des médias gabonais, l'agence privée Gabonews citant celle d'Ali Bongo, fils du défunt président Omar Bongo Ondimba.

Joint par l'AFP, le secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG), n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet. "On donnera l'information demain (lundi) soir, lorsque les différentes instances (du parti) en auront pris connaissance", a dit M. Boukoubi.
Samedi soir, il avait affirmé à l'AFP qu'il y avait "plus de cinq" dossiers reçus, mais n'avait pas souhaité en dire davantage.

En ouverture de son journal du soir, la première chaîne de la Radio-télévision gabonaise (RTG1) a annoncé que le PDG avait reçu au total huit dossiers à l'issue du recensement de ses candidats à la candidature, alors que l'agence d'information en ligne, Gabonews, généralement bien informée, a fait état, elle, de dix postulants à l'investiture du parti.
Les deux médias s'accordent sur la candidature de Casimir Oyé Mba, membre du bureau politique du PDG et actuel ministre des Mines, du Pétrole et des Hydrocarbures.

M. Oyé Mba, 67 ans, ex-Premier ministre (1990-1994), l'a confirmé sur la RTG1: "J'ai fait porter à la permanence du PDG (...) ma lettre de candidature à la candidature du PDG" pour la présidentielle.
Si la RTG1 n'a fourni aucune indication sur les autres prétendants, Gabonews a publié une liste de dix noms, incluant Jean Eyéghé Ndong, 63 ans, un des vice-présidents du PDG et actuel Premier ministre, ainsi qu'Ali Ben Bongo Ondimba, 50 ans, autre vice-président du parti et actuel ministre de la Défense.

Plusieurs sources avaient prêté à M. Bongo fils l'intention de vouloir succéder à son père, mais lui-même ne l'a jamais publiquement commenté. Ces derniers jours, les appels à sa candidature se sont multipliés à travers le pays.
La liste publié par Gabonews comprend aussi Daniel Ona Ondo, 64 ans ce mois-ci, député du PDG et ex-ministre. Christiane Bithouga, ex-ministre, y est la seule femme.

Selon le PDG, les dossiers des aspirants-candidats seront examinés lundi par une instance du parti. Mardi, une autre procèdera au choix du candidat, choix qui sera "entériné" mercredi par le bureau politique.
Le sélectionné sera investi candidat officiel lors d'un congrès à une date non fixée.

Le Gabon a entamé la transition le 10 juin, deux jours après l'annonce par Libreville du décès du président Bongo.
Selon la Constitution, le chef de l'Etat intérimaire dispose de 45 jours au plus pour organiser une élection présidentielle, sauf cas de force majeure. Aucune date n'a encore été annoncée pour ce scrutin à un tour.

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 09:54

25 juin 2009
AFP


Si l'éloge du bilan du président Omar Bongo a été quasi-unanime au Gabon tout de suite après sa mort début juin, des voix commencent, discrètement mais sûrement, à évoquer les failles d'un système qui lui a permis de se maintenir au pouvoir pendant 41 ans. Ces critiques n'émanent plus seulement de la société civile, qui était jusque-là l'une des seules voix discordantes au Gabon. Elles viennent de l'intérieur du régime.

"Après l'ère Omar Bongo Ondimba, pour une politique de rupture". Le titre surprend, d'autant qu'il figure en bonne place dans L'Union, quotidien gouvernemental toujours loyal à l'égard de son "présida" et dont le logo est encore barré d'un bandeau noir symbolisant le deuil. L'auteur de l'article le reconnaît lui-même: "A la mort d'un patriarche ou d'un roi, en Afrique, seule l'oeuvre qui aura positivement marqué ses semblables est mise en exergue".

"Pour autant", s'interroge-t-il, "serait-il juste de dire que durant toutes ces 40 années de règne, nous avons vécu dans le meilleur des mondes? Assurément non". "Le successeur du président Bongo Ondimba doit (...) rompre avec le mode de gestion qui a longtemps causé du tort à l'ensemble de la société gabonaise", plaide le journal.

En cause, l'un des piliers du système Bongo: la "géopolitique", ce savant équilibre entre ethnies et régions au sein des institutions. Une politique qui a servi de prétexte "pour justifier le repli identitaire, véritable négation de l'unité nationale" pourtant tant vantée par le régime. "Un tel article n'aurait jamais été possible du vivant de Bongo", commente un haut fonctionnaire qui a requis l'anonymat. "Les gens ont tourné très rapidement la page Bongo".

Pour le politologue Jean-François Obiang, le Gabon "commence déjà à sortir du système de très large consensus mou mis en place par le président et qui avait comme unique dénominateur commun le +respect+ affiché pour la personne de Bongo". Parmi les critiques, à peine voilées, des derniers jours: celle du dessinateur de presse Lybek, qui, dans ses vignettes "Gabonitudes", met en scène un aspirant successeur réclamant "un peu plus de temps pour magouiller (sa) candidature". "Ici, c'est maintenant: Constitution, concertation et consensus", réplique la foule au politicien véreux qui constate, dépité: "Oh!? Donc on ne peut plus faire comme à l'époque..." Sous-entendu, l'époque Bongo.

Même constat pour l'Agence gabonaise de presse (AGP), alors que les affiches géantes dans Libreville promettent encore "gloire éternelle" au "regretté président". "Après les hommages rendus au président Bongo, qui ont vraisemblablement masqué les failles de 41 ans de pouvoir", son parti risque d'être déchiré par les luttes intestines, écrit cet organe officiel. Seulement, note-t-il, "le temps où les chèques et/ou la mallette de cash dissipaient les rivalités internes" à la majorité présidentielle est désormais "révolu".

Pour L'Union, tous ces travers du système qui commencent à être identifiés sont "autant d'obstacles au développement", dans un pays pétrolier aux revenus élevés mais dont les routes sont en piteux état et les systèmes sanitaire et scolaire à l'abandon."Les gens savent que, lors de la prochaine présidentielle, les candidats ne vont pas se départager en revendiquant l'héritage de Bongo, puisque ce sont tous, de près ou de loin, ses héritiers", estime Jean-François Obiang. "Ils doivent commencer à faire l'inventaire des années Bongo, pour ensuite ébaucher un programme pour l'avenir". 


Ramification du clan Bongo et intérêts financiers colossaux

Au jeu de "je t'aime, moi non plus", la famille Bongo ne manque pas de joueurs d'exception. Mais cette fois-ci, après le décès de "Papa" qui arbitrait les parties financières, les enfants peuvent perdre gros autour du tapis vert et jaune du Gabon. Si Ali Bongo, le sécurocrate, et Pascaline Bongo, la trésorière, qui affrontent déjà un rejet dynastique, se déchirent et ne disposent plus des clés du palais, un nouveau chef, extérieur au sérail, pourrait avoir le mauvais goût de nationaliser les avoirs de la famille. Un séisme pour la Bongo Family. En exclusivité, La Lettre du continent a enquêté sur les intérêts croisés des héritiers du doyen dans l'économie du pays.

Les "PDG" du Palais du bord de mer. Directrice du cabinet présidentiel, Pascaline Bongo représente l'Etat au conseil de plusieurs grandes entreprises de la place - notamment Total Gabon, dont elle est la vice-présidente - aux côtés de Fidèle Ntissi, trésorier payeur général et ancien directeur du cabinet privé du chef de l'Etat. Pascaline est aussi présidente de Gabon Mining Logistics (Bolloré) et administratrice de BGFI Bank, Ceca-Gadis et Pizo Shell. Son frère, Ali Bongo, ministre de la défense qui supervise tous les achats d'armes et de fournitures militaires, préside l'Oprag (Office des ports et rades du Gabon) et est l'un des actionnaires de la compagnie aérienne Afrijet. Autre fils du défunt président, Christian Bongo, DG de la BGD (Banque gabonaise de développement), est également dans l'aviation avec Allegiance après avoir dirigé Gabon Airlines, autre fleuron familial. Directeur adjoint du cabinet présidentiel, Patrice Otha préside de son côté la BGFI Bank.

BGFI Bank, coffre-fort inexpugnable. "Premier groupe financier de la zone Cemac", la BGFI Bank, la banque favorite du bord de mer, a pris son envol sur les cendres de la défunte FIBA (ex-banque d'Elf Gabon). Elle dispose des filiales BGFI Bank Congo (présidée par Jean-Dominique Okemba, neveu du président) et BGFI Bank Guinée équatoriale, et a obtenu en février 2007 un précieux et discret pied-à-terre à Paris. Ses filiales et intérêts sont totalement imbriqués avec ceux de la Compagnie du Komo (lire ci-dessous) et d'Ogar Vie (assurances) d'Edouard Valentin dont la fille Sylvia "Najma" est l'épouse d'Ali Bongo. Dirigée par Henri-Claude Oyima, né à Ngouoni et petit-neveu du défunt président, BGFI Bank a parmi ses actionnaires : Pascaline Bongo, Christian Kerangall, PDG de la Compagnie du Komo (25,01% de BGFI), Robert Boutonnet (Cie du Komo) - qui a créé dans les années 60 la Sogafric -, Delta Synergie (9,01%) qui regroupe aussi des intérêts de la famille, BGD (10%), le ministre Richard Auguste Onouviet, le groupe Carlo Tassara (9,5%) de Romain Zaleski (présent aussi dans Comilog/Eramet) et Marcel Abéké, administrateur DG de Comilog. Bref, un vrai jeu de bonneteau. BGFI Bank réalise chaque année pour ses bienheureux actionnaires un résultat net compris entre 20 et 30 milliards F CFA.

La galaxie de la Compagnie du Komo. La CDK, comme on la surnomme à Libreville, contrôle une dizaine d'autres entreprises dont la Sodim (auto, matériel TP et forestier), Sogafric Services (froid, plomberie et sécurité), SOGI (industrie), Solsi (informatique), Electra (équipements de bureau)… et détient des participations dans la SEEG (2,78%), Gaboa (11,43%), Setrag (7%), Maboumine (niobium, 20%), etc. En Afrique, la CDK est aussi présente en Angola (froid, ascenseurs et négoce), en Guinée équatoriale, au Tchad et en Afrique du Sud. En Europe, elle est actionnaire de la Société financière des Ternes qui contrôle cinq concessions Mercedes et le Bureau technique d'approvisionnement (BTA), ainsi que 50% du cabinet de conseil en informatique Artaud, Courthéoux et associés (ACA). Le groupe dépasse les 120 milliards F CFA de chiffre d'affaires annuel. Comment les intérêts solidaires franco-gabonais de ce baobab financier vont-ils se recomposer après le décès d'Omar Bongo qui en contrôlait les racines ? Mystère et boule de gomme…

Taux de conversion : 1€ = 655 FCFA (parité fixe)


Source : LC N° 567 du 25 juin 2008 

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