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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 10:34

7 juillet 2009
MISNA


Rome au G8 comme Néron, tandis que l'Afrique et le sud du monde brûlent...! 

Huit acteurs, vêtus de tuniques blanches et de manteaux rouges, dans un déguisement qui souhaitait rappeler l’empereur Néron et les autres antiques romains confortablement allongés, jouant de la cithare et dégustant du vin tandis que les flammes engloutissent la Rome impériale. Cette scène a été reproduite hier en plein centre de Rome, au Circus Maximuns, sur initiative de quelques organisations humanitaires internationales qui, à la veille du G8 de L’Aquila, ont accusé les grandes économies planétaires d’indifférence par rapport aux graves menaces pesant sur le Sud du monde.

“Comme des Nérons modernes, Berlusconi et d’autres leaders récitent leur scénario tandis que l’Afrique brûle; nous demandons à Berlusconi et aux autres leaders du G8 de commencer sérieusement à agir; il est urgent de rédiger un plan concret pour récupérer le terrain perdu et maintenir les promesses sur les aides. C’est seulement ainsi que l’on pourra protéger les personnes pauvres de la triple menace de la crise économique, alimentaire et climatique”, a déclaré le porte-parole d’Oxfam International en présentant le projet à la presse.

Selon les organisations, les aides promises par le G8 aux pays en voie de développement pourraient sauver la vie de millions de personnes, et pourtant elles ne sont restées lettre morte pour le moment. Seule l’Afrique sub-saharienne, par exemple, perdra cette année 245 milliards de dollars (174,8 milliards d’euros) comme conséquence de l’effondrement économique global, mais recevra seulement 4,6 milliards (2,8 milliards d’euros) en plus de l’Aide publique au développement (Aps).

Selon l’Ocse, les leaders du G8 manqueront la promesse faite en 2005 – augmenter les aides de 50 milliards de dollars en cinq ans – de 23 milliards de dollars (16,4 euro). Les mêmes organisations rappellent qu’en moyenne, les pays industrialisés qui ne font pas partie du G8 donnent plus du double d’aides (soit 0,54% du Pib) par rapport aux membres. Les organisations lancent ensuite l’alarme sur les modalités d’utilisation de ladite “finance créative” dans le calcul des aides au développement.

Selon Oxfam, le gouvernement italien (qui a coupé les aides au développement de 56% par rapport à 2008) serait en train de négocier une nouvelle approche dans le système de comptabilisation des aides qui, en plus des fonds publics, prennent en compte les contributions privées (associations non lucratives, sociétés privées, échanges commerciaux). 

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 11:34

6 juillet 2009
Gilbert Léonard   


Le silence ahurissant des medias occidentaux

Où sont les médias occidentaux, où sont ces politiciens défenseurs de la liberté des urnes, où sont ces associations de défense des droits de l'Homme, si prompts à dénoncer les pouvoirs anti-démocratiques ?

Les medias occidentaux avaient vivement accusé l'Iran de bloquer les communications Internet et téléphoniques. Ces medias avaient tout fait pour diffuser des vidéos amateurs tournées avec des téléphones mobiles et se plaignaient que leurs équipes ne pouvaient pas tourner sur place et qu'ils ne disposaient d'aucune image professionnelle. Ils ne se sont pas donnés la peine de vérifier l'origine de ces vidéos ou communications téléphoniques: le président iranien était accusé et c'était bon.

La population du Honduras résiste contre le coup d'état qui a expulsé le président élu Manual Zelaya. Ils organisent aujourd'hui dimanche 5 juillet une marche immense depuis plus de 6 heures vers l'aéroport de Tegucigalpa pour manifester leur soutien au retour de Manual Zelaya malgré l'interdiction des forces militaires aux ordres. Le Président est à bord d'un avion qui a décollé de Washington à destination de Tégucigalpa, bien que les putchistes aient fait fermer l'aéroport et annoncé qu'ils n'accepteraient aucun avion dans l'espace aérien.

Les manifestants sont plusieurs milliers et ils avaient réussi à faire reculer les forces de répression jusqu'à l'aéroport. Mais les militaires ont usé de leurs forces à l'aéroport. Les images sont disponibles en direct sur les chaînes de télévision de l'Amérique du Sud, notamment sur http://www.telesurtv.net .

A l'heure où j'écris ces lignes, minuit passé en Europe, on dénombre deux morts et de nombreux blessés par balles.  L'avion du Président est toujours attendu. Les militaires sont en position de combat. Si les médias et les politiques occidentaux n'avaient pas passé sous silence la lutte quotidienne des Honduriens en faveur du retour de leur président, les forces du coup d'état ne se seront pas senties en position forte.

Après leur soutien tout azimut apporté aux opposants iraniens, le silence des medias et politiques occidentaux est grave. Une information qui n'est pas en boucle sur les radios d'information, qui ne passe pas dans les journaux TV de 19h00 ou 20h00, n'est pas une information.

La démocratie à géométrie variable selon les seuls intérêts d'une minorité restera le propre de la démocratie occidentale.  Elle est en opposition frontale avec la vraie démocratie qui l'effraie. C'est pourquoi elle court à sa perte, elle va mourir étouffée par la peur qu'elle entretient, elle est en train de se suicider.

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 10:58

5 juillet 2009
Soure: Facebook


Cheikh Modibo Diarra, des étoiles au ring politique

Il accepte la responsabilité des Africains qui savent. Et s’il estime avoir les qualités pour diriger son pays, il ne se dérobera pas en 2012.

Ce géant est bien sympathique. Un éternel sourire, une barbe poivre et sel, qui ne sait peut-être pas où il habite sur cette terre d’Afrique. Après avoir pris beaucoup de hauteur en s’occupant de navigation planétaire, il est revenu, démontrant par l’exemple ce qu’il proclame à propos de la fuite des cerveaux.

« Nous pouvons créer un modèle plus performant que le modèle asiatique. »

« Je récuse ce terme de « fuite » des cerveaux. Un cerveau fuit pour aller où ? C’est une notion issue des salons ou des grandes institutions onusiennes. Qui est fou au point de rester dans un endroit où l’odeur de la terre mouillée par la pluie ne lui inspire rien ? Pour rien au monde, je ne serais parti ailleurs si j’avais trouvé dans ma ville de Ségou les moyens de travailler ! »


Energie solaire

C’est pourquoi, alors qu’il est directeur du programme Mars Exploration Program Education and Public Outreach, il choisit en 1999 de travailler à mi-temps pour pouvoir se consacrer à l’éducation en Afrique. Il crée la fondation Pathfinder, du nom du programme de navigation sur Mars, pour l’éducation et le développement. Le mi-temps bientôt ne lui suffit plus. En 2002, il prend un congé sabbatique pour monter dans son pays, à Bamako, un laboratoire de recherche sur l’énergie solaire.

Le succès n’est pas au rendez-vous. Le Mali, malgré un ensoleillement permanent, n’en tire aucun profit et reste prisonnier d’une chère énergie thermique. Le service de la patrie peut s’avérer plus complexe que les équations mathématiques.

Il se met alors au service d’un projet continental, l’Université virtuelle africaine, lancée par la Banque mondiale en 1997 au Kenya, dont il devient le premier président. L’UVA, bien que comptant désormais 34 centres d’apprentissage sur tout le continent africain, ne parvient pas à s’imposer, à être l’ambitieuse locomotive de l’enseignement à distance qu’elle se voulait. Chaque pays continue à mener son expérience propre et les moyens finalement manquent à tous. L’UVA ne sera pas le fer de lance capable de changer fondamentalement l’éducation en Afrique. Plutôt que de continuer à être le président d’une banale université, fut-elle virtuelle, Diarra en tire les conséquence et la quitte en 2003 pour cofonder l’Université numérique francophone mondiale. Pour peu de temps, car le 20 février 2006, Microsoft le nomme président de sa branche Afrique.

C’est un bien long chemin depuis le baccalauréat obtenu au Mali, puis les mathématiques, la physique et la mécanique analytique à la célèbre Université Pierre et Marie Curie de Paris et l’ingénierie aérospatiale à Howard University, aux États-Unis.


La créativité et l’innovation

Les bonnes études ne garantissent pas toujours les bons postes. Diarra (par chance ?) est recruté par le Jet Propulsion Laboratory de la Nasa. Il prend part aux programmes de navigation vers Vénus, Jupiter et Mars. C’est à cette occasion qu’il crève les écrans. Le monde découvre avec surprise que, parmi les milliers d’Américains qui tiennent, depuis la terre, le gouvernail du véhicule qui se déplace gauchement sur la planète rouge, figure un Malien venu de Ségou, à 200 km de la capitale Bamako.

« Quand une agence spatiale comme la NASA veut faire plus avec moins, elle ne peut trouver mieux qu’un Africain. »

Cette présence extraordinaire pour tous lui paraît naturelle. « Personne au monde ne détient une connaissance tacite plus développée que celle de l’Africain. Quand une agence spatiale comme la NASA veut faire plus avec moins, ce qui était sa philosophie à l’époque, elle ne peut trouver mieux qu’un Africain. Nous avons toujours su que la créativité et l’innovation peuvent se substituer aux ressources financières ! »


Bonne gouvernance et ressources humaines

Diarra n’est pas revenu que pour humer l’odeur de la terre humide de son Ségou natal. Il veut participer à la construction de son continent, ainsi que le montrent ses nombreuses initiatives dans le domaine de la recherche et son programme pour l’éducation scientifique des filles. Il réalise de plus en plus que le mur auquel il se heurte a un nom, gouvernance.

« Il faut deux choses fondamentales pour que l’Afrique puisse se développer. Il faut d’une part des gouvernements capables de créer l’environnement qui permet aux citoyens et aux entreprises de se développer. Cela s’appelle la bonne gouvernance. D’autre part, il faut que nous travaillions à changer nos relations interpersonnelles. Ce qui compte, c’est qui tu es, qui tu connais. On n’interroge pas la valeur ajoutée que les employés peuvent apporter à l’entreprise. Or, c’est cela qui permet de mettre les bonnes personnes à la bonne place. On dit que les ressources humaines manquent. En réalité, elles ne manquent pas. Elles sont mal gérées.


Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas maintenir les relations de solidarité. Au contraire, il faut les renforcer, mais en les dissociant de la création de richesses. Si nous le faisons, nous créerons un modèle plus performant que le modèle asiatique, puisqu’eux sont allés à l’autre extrême où tout est basé sur la plus-value. Nous, nous pouvons maintenir, dans le domaine social, tout ce qui est culturel, tout ce qui est traditionnel, qui permet de mettre en place un filet social qui fait que personne ne tombera au fond de l’abime. C’est un troisième modèle de développement qui me semble le plus souhaitable pour les sociétés. »


Avenir politique

L’astrophysicien se dérobe de moins en moins aux questions incessantes sur son avenir politique. « J’aimerais voir la politique comprise à son sens étymologique, c’est-à-dire résoudre les problèmes de la cité. La tragédie est que les gens dans lesquels ont a investi de l’argent, qui sont éduqués aux frais du contribuable, qui ont le savoir dont on a besoin, voient la difficulté à changer le système, et comme ils ont plus de facilité à s’exiler et à gagner leur vie ailleurs, ils baissent les bras et vont gagner leur vie ailleurs en laissant la masse qui n’a pas le discernement pour changer le système. Cette génération d’Africains qui a bénéficié d’une éducation solide, qui a été exposée à d’autres systèmes, doit prendre ses responsabilités. »

« Tout le monde, intuitivement, sait que l’Afrique est à un croisement de chemins et qu’il va falloir faire des choix très précis qui vont impacter le continent pendant un long moment. Chacun sait, intellectuellement ou intuitivement, ce qu’il faut, mais chacun, malheureusement, essaie de son côté de s’en tirer seul. Les gens ne se retrouvent pas en réseau pour canaliser les aspirations des populations. Par contre, ceux qui font la politique politicienne se serrent les coudes. Ils ont des intérêts en jeu et les défendent. »

« Au Mali, quand vous bavardez avec les gens, ils disent que les choses ne changent pas. Ils réclament de l’éthique et de la transparence. Mais dans quelques années, d’autres qualités seront requises. Si l’on aime son pays, si l’on aime son continent, si l’on est honnête avec soi, on sait si on a les qualités, on ne peut pas se dérober. En 2012, si j’ai ces qualités en tant qu’enfant de ce pays, nourri par ce pays, éduqué par ce pays, je mettrai mes qualités à son service. Si je ne les ai pas, je vais aider à identifier cette personne et l’aider. »

L’homme des étoiles connaît l’importance des conjonctions. Celle-ci risque de bouleverser son programme. A la malgouvernance qu’il déplore sur presque tout le continent s’ajoute une élection qui sera très ouverte puisque personne ne bénéficiera de la prime du sortant, ce dernier ne pouvant se représenter selon les termes de la Constitution.

Une association de soutien aux actions de Cheick Modibo Diarra vient de se créer pour le soutenir. Actions pas encore clairement politiques, mais… Le 10 avril dernier, Diarra a assisté au lancement de ses activités. 

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 08:18

1er juillet 2009
Le Pays


Le sommet de l'Union africaine, le 13e du genre a ouvert ses portes aux chefs d'Etat africains ce 1er juillet en terre libyenne. Ce qui devrait être la consécration pour le guide de la Jamahiriya arabe, prend des allures de fiasco diplomatique au regard de certaines absences.

Les deux invités du guide libyen (Berlusconi et Ahmadinejad) ont fait défection à la dernière minute. La salle Ouagadougou qui accueille la cérémonie solennelle d'ouverture, baptisée ainsi au temps fort de la lune de miel entre le pays des hommes intègres et la Libye ne verra pas la présence de Blaise Compaoré. Le fils de Ziniaré n'a pas fait le déplacement de Syrte et en soi, cela est un événement.

Depuis le clash du 12e sommet à Accra au Ghana sur la création immédiate des Etats-Unis d'Afrique ou Compaoré et Kadhafi ne semblaient pas parler le même langage, l'axe Tripoli-Ouaga semble avoir du plomb dans l'aile. La diplomatie des pétrodollars ne semble plus faire ses effets et il existe aujourd'hui des chefs d'Etat qui ne se laissent plus éblouir par le portefeuille sans fond du guide libyen et qui lui opposent leurs points de vue et leurs positions politiques.

Les Africains n'en attendaient pas moins de leurs dirigeants auxquels ils ont souvent reproché le manque de courage et la connivence avec le guide libyen dans ses frasques et errements politiques. Blaise Compaoré était déjà absent au sommet de la CENSAD. Il n'est pas le seul à adopter une posture de la chaise vide. Une feinte diplomatique qui a le mérite d'éviter les affrontements verbaux tels ceux du dernier sommet de l'Union à Accra. Le soulagement avec lequel certaines personnalités ont accueilli l'annulation de la visite du président iranien Ahmadinejad montre à quel point personne n'ose défier le Colonel.

Il est vrai qu'en tant que hôte du sommet, il a droit à une certaine marge de manoeuvre. Mais cette invitation avait de quoi irriter certains participants au sommet. Ahmadinejad n'est d'ailleurs pas étranger dans les couloirs de cette organisation africaine, puisqu'il avait été l'un des invités du sommet de l'UA à Banjul en 2006. Berlusconi s'étant excusé pour cause de catastrophe ferroviaire, Kadahafi se retrouve sans invité de marque. Un premier échec qui en présage un second. Le gouvernement africain que tente vaille que vaille de mettre en place le guide libyen aura bien du mal à passer.

Et si d'aventure l'idée est admise, sa mise en oeuvre sera difficile dans les conditions actuelles. Il reste 6 mois de mandature au guide libyen pour réussir à booster son projet des Etats-Unis d'Afrique. Il va tout tenter pour y arriver. On peut tout reprocher au président Moamar Kadhafi sauf son panafricanisme et sa volonté de voir le continent africain formé une entité unique. Aveuglé par cet idéal, le président actuel de l'UA foule au pied les règles et procédures du processus de construction de l'Union africaine par cercles concentriques. Lui, veut y aller ici et maintenant et est prêt à y mettre à contribution ses pétrodollars. C'est son principal tort. Le sujet est d'une telle importance qu'il faut accorder le bénéfice de la bonne foi à tous ces chefs d'Etat et intellectuels africains qui prônent une démarche prudente et progressive en lieu et place des effets d'annonce.

Il ne faut pas oublier que parmi ceux qui sont réticents à la création des Etats-Unis d'Afrique, il y a ceux qui ne veulent renoncer en aucun cas à leur souveraineté ou à la laisser se dissoudre dans une entité au sein de laquelle ils n'auront aucun pouvoir réel. D'ailleurs, est-ce vraiment la priorité quand à l'intérieur des Etats la démocratie est malmenée en devenant de ce fait une source d'instabilité.

De quels Etats-Unis d'Afrique parle-t-on ou que veut-on bâtir quand les Etats qui doivent la composer sont déchirés par des conflits armés, des crises de légitimité des dirigeants ? Cette Afrique en miniature présente des insuffisances notoires qu'il convient de corriger et de soigner durablement avant de s'engager dans cette aventure que nous propose Kadhafi.

Pour l'heure, ce qui préoccupe les peuples africains, ce sont les crises et les conflits récurrents qui remettent aux calendes grecques les vraies questions de développement. Chaque sommet apporte son lot de conflits à gérer : Niger, Mauritanie, Somalie, Madagascar. Celui de Syrte portera les stigmates du retour des coups d'Etat sous de nouvelles formes, mais coup d'Etat quand même.

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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 12:20

2 juillet 2009
Weplanet.net


La crise économique générée par la spéculation sur les finances, les sources d’énergie, les produits agricoles… se traduit dans les pays du Sud par la flambée du prix des denrées alimentaires et des produits de première nécessité : en résultent de nombreuses mobilisations à travers le monde pour enrayer le cycle de la famine. Dans ce contexte dont le système néo-libéral porte la responsabilité, s’inscrit une crise spécifique en Afrique francophone ; au Tchad, au Cameroun, au Burkina-Faso, aux Comores, au Mali…, le mouvement des peuples à l’encontre « de la vie chère, des inégalités, de la corruption, de la fraude » se heurte aux régimes françafricains et subit de ce fait de trop nombreuses pertes en vies humaines et en infrastructures :

- des centaines de morts et une capitale, N’djaména, partiellement détruite au Tchad suite à la répression en février 2008 par les armées d’Idriss Déby d’une rébellion armée et à la quasi-liquidation, à cette occasion, de l’opposition démocratique représentée en particulier par Ngarléjy Yorongar ;

- 100 morts au Cameroun et 2000 arrestations après des manifestations en février contre la cherté de la vie et contre le projet présidentiel de modification frauduleuse de la Constitution, Paul Bya étant au pouvoir depuis des décennies et comptant bien se faire réélire aux prochaines élections de 2011,

- 170 personnes passées en jugement au Burkina Faso le 12 mars 2008 à la suite d’une manifestation en février dernier, « de lourdes peines de prison intervenant alors que les syndicats ont appelé à participer le samedi 15 mars à des "marches-meetings" à travers le Burkina Faso pour protester notamment "contre la vie chère, la corruption, la fraude". Plusieurs syndicats et associations de la société civile ont annoncé le 6 mars s’être mis d’accord pour créer une "coalition" contre la cherté de la vie, qui devrait être effective le 12 mars » (communiqué de l’AFP du 12 mars 2008). Une grève générale a été organisée les 7 et 8 avril.

- de nombreuses arrestations aux Comores, département d’outre-mer (DOM) suite à la décision controversée du gouvernement français d’expatrier Mohamed Bacar, le dictateur déchu d’Anjouan (île voisine) vers la Réunion au lieu de l’extrader pour jugement à Anjouan, comme le demande l’opposition progressiste ; dans le même temps, une législation d’exception contrevenant au droit français du sol tente de réprimer l’immigration clandestine entre les îles

- organisation d’une grève générale au Mali à partir du 16 avril 2008 « contre la vie chère et les inégalités » ; création également d’une internationale des Sans-papiers en réaction à la législation européenne qui entrave la libre circulation des ressortissants du Sud - à Haïti, pays le plus pauvre de la planète et dont le Président démocratiquement élu Jean Baptiste Aristide a été « remercié » conjointement par les services français et américains, des émeutes de la faim ont fait plusieurs morts.


Pendant ce temps, le Président Nicolas Sarkozy renouvelle avec le Tchad un contrat d’armement concernant du matériel lourd anti-émeutes et évince le Ministre de la Coopération, Jean Marie Bockel, qui s’était prononcé publiquement pour un changement de cap. La responsabilité de l’impasse actuelle incombe également à l’Union Européenne dont le projet d’APE, refusé par les pays africains à l’occasion du sommet euro-africain de Lisbonne (8 et 9 décembre 2007), équivalait à une recolonisation déguisée du continent ; N.Sarkozy, futur Président de la communauté européenne, négocie actuellement « un pacte sur l’immigration et l’asile » qui légaliserait des juridictions et règlements d’exception sur ces questions.

Dans ce contexte, la déclaration du CA d’ATTAC, réuni le 19 avril 2008, offre des perspectives de solidarité agissante et partagée avec nos partenaires africains :

« Attac trouve dans la situation africaine toutes les raisons de son combat altermondialiste : l’autonomie des peuples pour construire leur propre développement, l’annulation de la dette qui étrangle les pays les plus pauvres, l’exigence de démocratie face aux pouvoirs dictatoriaux et corrompus ou face aux nouvelles classes possédantes pressées de rejoindre l’élite mondiale. Le CA a décidé d’œuvrer pour que la participation de représentants de mouvements africains aux évènements et rassemblements altermondialistes soit mieux assurée à l’avenir. Dans le cadre du groupe de travail commun avec la Confédération paysanne sur la souveraineté alimentaire, la définition de politiques agricoles permettant à tous de se nourrir, sans dumping extérieur, concerne l’Afrique au premier chef. Le CA veillera à une meilleure visibilité des questions africaines sur les outils de communication, dont internet, et appelle à un renforcement des liens entre les comités locaux et les mouvements africains. »

Sont en lecture ci-après les communiqués du collectif des Tchadiens de l’étranger et de la plate-forme citoyenne France-Afrique, créée à l’initiative de Survie et à laquelle participe ATTAC.

http://survie-france.org/article.php3?id_article=1100
http://www.liberation.fr/rebonds/312345.FR.php

 

Autres références de lecture (essais et dossiers) :

- L’Afrique répond à Sarkozy (contre le discours de Dakar), ouvrage collectif dirigé par Makhily Gassama (Editions Philippe Rey, 2008)

- L’Afrique humiliée d’Aminata Traoré (Ed . Fayard, 2007)

- Du racisme français (quatre siècles de négrophobie) d’Odile Tobner (Les Arènes, 2007)

- La condition noire (Essai sur une minorité française) de Pap N’diaye (Ed. Calmann Lévy, à paraître en mai 2008)

- Le discours de Dakar, Le poids idéologique d’un "africanisme" traditionnel, de Jean-Pierre Chrétien, Esprit, nov. 2007

- Billets d’Afrique (lettre mensuelle de Survie) Dossier Télérama (mars2008)

- Site de l’équipe d’info Faso luttes

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 10:02

28 juin 2009
Etienne de Tayo
Promoteur de "Afrique Intègre"
http://www.edetayo.blogspot.com/ 


Un certain nombre d’Africains vivant sur le continent et que je rencontre lors de leur passage à Paris me parlent très souvent de "philosophie" pour désigner l’attitude qu’il faut avoir face aux attitudes et aux agissements des régimes politiques opérant sur le continent : « mon frère, face à ce qu’on voit et entend, si tu n’es pas philosophe, tu vas mourir un jour qui n’est pas le tien », soupire un adepte.

Dans son dernier ouvrage intitulé «Nihilisme et Négritude», paru récemment aux Presses universitires de France, Célestin Monga, qui a un immense talent à capter et à analyser les tranches de vie, évoque le cas d’un de ses amis chez qui il s'était précipité pour lui marquer son indignation après la "fessée nationale souveraine" subie par certains opposant camerounais en 1991. Son ami lui avait alors prescrit, en ces termes, la posture de philosophe qu’il faut adopter face aux événements quotidiens : « le secret d'une longue vie dans ce pays, c'est d'accepter et de comprendre que tout est illusion et de ne surtout pas tenter d'intellectualiser les petits mystères de la vie quotidienne (…) Si tu commences à te soumettre au moralisme des grandes vertus, tu cours le risque de devenir lucide, ce qui est le début de la folie" (Monga, 2009 : 208).

Le mot philosophie est utilisé ici complètement à contre sens. Il ne renvoie ni à la discipline académique connue, ni à un certain comportement propre aux philosophes. Un philosophe, tel que l’ont défini les pères fondateurs de la philosophie est forcément un intellectuel. Et un intellectuel tel que le définit Jean Paul Satre est "celui qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. C'est celui qui use de sa notoriété pour critiquer la société et les pouvoirs établis au nom d'une conception globale de l'homme". Un philosophe doit constamment prendre position et même contester quoi que cela lui coûte. Etre philosophe ici, ce n’est plus simplement faire partie de la discipline académique connue sous le nom de philosophie ou occuper une chaire de philosophie dans quelque université, mais c’est agir constamment, par son action et par son comportement, en faveur du changement, c'est-à-dire à bousculer l'establishment.

Pour le cas du Cameroun, il faut être philosophe comme Sindjoun Pokam, comme Fabien Eboussi Boulaga, comme Abel Eyinga, comme Charles Ateba Eyene, comme Shanda Tonme, comme Pius Njawe, comme Mboua Massock, comme l’ont été, Jean Marc Ela, Jean Mfoulou, Tchuidjang Pouémi et Mongo Beti par exemple. Il faut être capable de troubler le sommeil de l’establishment pour lui faire entendre la voix des sans voix. Le philosophe tel que nous l’appréhendons ici doit prendre sur lui d’être l’éclaireur de la société. Il doit le faire parce qu’il a eu le privilège de sortir de la caverne pour accéder à la lumière. Ayant ainsi accédé à la lumière, il a accédé à la connaissance. Et ayant accédé à la connaissance, il doit la partager notamment en redescendant dans la caverne pour apporter un peu de lumière à ceux qui sont encore dans les ténèbres.

Le philosophe Friedrich Nietzsche disait en parlant de ce partage de connaissances et même d’un certain devoir de partage que : « celui qui ne sait pas et se tait est un ignorant. Celui qui sait et se tait est un criminel ». Or beaucoup de ceux qui professent la philosophie face à la prévarication appartiennent à la classe de ceux qui savent parfaitement ce qui se passe. Donc si l’on s’en tient à la logique de Nietzsche, on dirait que ce sont des criminels. Mais qu’en est-il de la philosophie qu’ils professent ?

L’utilisation du mot philosophie dans ce contexte est impropre. Il s’agit pour ceux qui l’utilisent d’une usurpation de titre. La manœuvre est actionnée pour justifier le silence, la démission, la complicité et pour garantir les retombées de ce silence. Ce sont des philosophes du ventre. Il s’agit en réalité d’une prise de conscience de classe déguisée. Ils prennent conscience de ce qu’ils appartiennent à la classe des privilégiés, à la classe de ceux qui ont tout à perdre dans un quelconque bouleversement. La philosophie qu’ils proposent vise tout simplement à calmer les ardeurs de ceux dont la lutte pourrait faire bouger les lignes de la configuration sociale et leur faire perdre des privilèges acquis. Il s’agit donc d’une philosophie de la résistance au changement.

On connaissait déjà la politique du ventre détectée par la presse camerounaise et porté sur le terrain épistémologique par le politologue Jean François Bayart dans son ouvrage intitulé : "L'Etat en Afrique : la politique du ventre". C’est une politique dans laquelle, le soin à apporter au tube digestif et l'accumulation systématique des fortunes parfois insolentes sont l’alpha et l’omega. La politique du ventre éloigne ses pratiquants de toute conviction, si oui, la conviction selon laquelle, il n’y a que le ventre qui compte. La politique du ventre vide la politique de son contenu réel qui est la recherche du bien commun et la recentre sur l'exaltation de la réussite personnelle y compris en se servant dans les poches de l'Etat. C’est une politique dans laquelle on est prêt à accepter toutes les compromissions, pourvu que le ventre soit constamment plein et la peau parfaitement tendue. Il faut relever que dans cet environnement, l’embonpoint, caractérisé par ce qu’on a appelé le « ventre administratif » et le « cou plié » est une marque à la fois de séduction, d’autorité et de respect. Au Cameroun par exemple, être qualifié de « cou plié » est extrêmement flatteur.

L’attitude des philosophes du ventre s’apparente plutôt à ce que j’ai qualifié par ailleurs de « cynisme protecteur ». Un état d’esprit que je recommande à tous les peuples en combat afin qu’ils protègent leur santé et ne s’étranglent pas face aux injustices et à l’oppression. Donc il s’agit d’une préservation de la santé en vue des combats futurs qui pourront être plus déterminants. Le cynisme des philosophes du ventre est aussi protecteur, sauf qu’ils n’envisagent aucun combat futur car selon eux tout combat est voué d’avance à l’échec. S’ils protègent quelque chose, c’est plutôt leurs privilèges et bien entendu… leur ventre.

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 17:29

25 juin
Claire Schaffner
Afrik.com 


Classement des chefs d’Etat africains les plus âgés et ayant la plus grande longévité en exercice

Omar Bongo, considéré comme le doyen des présidents africains, est mort à l’âge de 73 ans, après 41 ans d’un règne sans partage sur le Gabon. Il n’était pas le seul vieux président à s’agripper au pouvoir. Nombreux sont les chefs d’État qui gardent les rênes de leurs pays pendant plusieurs décennies, et/ou restent à leur poste malgré un âge bien avancé. Petit tour d’horizon des indéboulonnables et des papys présidents.

La palme des indéboulonnables revient au colonel Mouammar Kadhafi. Il s’est autoproclamé « Guide de la grande révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste » il y a 39 ans, en 1970, soit deux ans seulement après le président gabonais, Omar Bongo. Sept ans plus tard, Sassou Nguesso prend les rênes de l’Etat congolais après l’assassinat de Marien Ngouabi. Il est nommé président en 1979, mais il perd les élections en 1992 contre Pascal Lissouba et ne revient qu’en 1997, ce qui le fait descendre à la cinquième place de notre classement des plus longs règnes. En 1979, deux dirigeants s’installent durablement au pouvoir : Theodoro Obiang en Guinée Equatoriale, et José Eduardo dos Santos en Angola. Le premier renverse son oncle Macías et prend la tête de l’Etat. Seul candidat aux élections, il est réélu en 1989 puis à tous les scrutins qui suivront, malgré une tentative de démocratisation en 1992. Quant au président angolais, il succède sans être élu à Agostinho Neto, décédé la même année. En 1992, la guerre civile éclate suite à un scrutin contesté, mais il ne quitte pas le pouvoir. Il avait pourtant promis de céder sa place au retour de la paix dans le pays. Les années 80 ont vu arriver une dizaine de présidents qui comptabilisent plus de vingt ans de magistrature suprême. L’égyptien Mohammed Hosni Said Moubarak a été intronisé en 1981, suivi de près par le camerounais Paul Biya, au pouvoir depuis 1982.

Sur le continent, certains chefs d’Etat se distinguent aussi par leur âge avancé. Treize présidents en exercice ont aujourd’hui plus de 70 ans. Les plus vieux sont le zimbabwéen Robert Gabriel Mugabe, 85 ans, à son poste depuis 22 ans, et Girma Wolde-Giorgis Lucha, président de l’Ethiopie depuis 2001. Leur cadet, Abdoulaye Wade, aujourd’hui âgé de 83 ans, a été élu à la tête du Sénégal il y a 9 ans. Avec deux ans de moins, Mohammed Hosni Said Moubarak, président égyptien depuis 1981, est le plus jeune des octogénaires. Beaucoup de ces papys présidents ont été investis il y a moins de dix ans. C’est le cas de Bingu Wa Mutharika, 75 ans, élu à la tête du Malawi en 2004 puis en 2009, et de la libérienne Ellen Johnson-Sirleaf, 71 ans, première présidente africaine, en fonction depuis 2006.

Tous ces vieux présidents font état de bilans divers et ne peuvent, bien sûr, être mis sur un même pied. Mais force est de reconnaître que c’eût été une chance pour le continent africain si, plus souvent dans les hautes sphères des Etats, vieillesse rimait avec sagesse.


Les papys présidents

1. Robert Gabriel Mugabe, 85 ans, président du Zimbabwe depuis 1987

1 ex æquo. Girma Wolde-Giorgis Lucha, 85 ans, président de l’Ethiopie depuis 2001

2. Abdoulaye Wade, 83 ans, président du Sénégal depuis 2000

3. Mohammed Hosni Said Moubarak, 81 ans, president de l’Egypte depuis 1981

4. Mwai Kibaki, 78 ans, président du Kenya depuis 2002

5. Paul Biya, 76 ans, président du Cameroun depuis 1981

6. Bingu Wa Mutharika, 75 ans, président du Malawi depuis 2004

7. Hifikepunye Lucas Pohamba, 74 ans, président de la Namibie depuis 2005

8. Zine El-Abidine Ben Ali, 73 ans, president de la Tunisie depuis 1987

9. Rupiah Banda, 72 ans, président de la Zambie par intérim depuis 2008

9 ex æquo. Bouteflika, 72 ans, président de l’Algérie depuis 1999

10. Ellen Johnson-Sirleaf, 71 ans, présidente du Libéria depuis 2006

10 ex æquo. Mamadou Tandja, 71 ans, président du Niger depuis 1999



Les indéboulonnables

1. Mouammar Kadhafi, guide lybien depuis 1970

2. Theodoro Obiang Nguena Mbasogo, président de la Guinée équatoriale arrivé au pouvoir en 1979

3. José Eduardo dos Santos, président angolais depuis 1979

4. Mohammed Hosni Said Moubarak, président égyptien depuis 1981

5. Denis Sassou Nguesso, président congolais depuis 1977 (absent de _ 1992 à 1997)

6. Paul Biya, président camerounais depuis 1982

7. Yoweri Museveni, président ougandais depuis 1986

8. Mswati III, roi du Swaziland depuis 1986

9. Robert Gabriel Mugabe, président zimbabwéen depuis 1987

10. Zine El-Abidine Ben Ali, président tunisien depuis 1987

 

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 17:22

25 juin 2009 
Bakchich
Anthony Lesme


La corruption règne en maître et les biens de dictateurs corrompus s’accumulent dans nos pays « démocratique ». 105 à 180 milliards de dollars détournés par trente deux dictateurs. C’est l’estimation du Comité Contre la Faim et pour le Développement (CCFD) dans un rapport présenté à la presse hier à Paris. En mars 2007, l’ONG avait déjà fait l’inventaire. Si bien que trois potentats africains allaient subir les attaques de deux associations : Transparency international et Sherpa. Feu Omar Bongo et les bons vivants Sassou (Congo) et Obiang Nguema (Guinée équatoriale) découvraient, stupéfaits, qu’on en voulait à leurs luxueuses baraques et leurs bagnoles. La France des doigts de l’Homme tentent de gifler les amis dévoués de la France, quel scandale ! L’affaire défraie la chronique et… font rugir les palais africains.

Seulement, c’est le baobab qui cache la forêt. Et une forêt aux odeurs de pissenlits puisque les champions toutes catégories sont six pieds sous terre. Et hors Afrique. Vainqueur posthume l’irakien Saddam Hussein (de 10 à 40 milliards $ détournés), suivent le Chah d’Iran M. Pahlavi (35 milliards) et l’indonésien Suharto (de 15 à 35 milliards). Si les hommes meurent, l’argent demeure et circule. Et c’est bien tout le problème de la restitution. Seul 1% à 4% des avoirs détournés ont été rendus aux populations volées. 2,6% sont gelés et c’est la Suisse qui s’est montrée la plus coopérante, c’est dire le succès… Mais selon Jean Merckaert, co-auteur avec Antoine Dulin du rapport Biens mal acquis, à qui profite le crime ? la donne pourrait changer.

La France aime à jouer les rôles d’exception et surtout en matière de lutte contre la corruption. Première à signer en 2005 la Convention onusienne de Mérida, elle militait dès 1989 en tant que présidente du G7 pour créer le GAFI (le Groupe d’Action financière) afin de mener la lutte internationale contre le blanchiment, précise le rapport. On aimerait un si bel entrain pour mener l’enquête sur les biens des dictateurs au sein même de l’hexagone, c’est le « paradoxe français » .

En trois ans de travail, pas toutes les zones n’ont pu être traités. « C’est un début d’enquête » feint, modeste, Jean Merckaert. Le rapport dresse tout de même quelques pistes de réflexion, en espérant peut-être des suites judiciaires.

Constater et aussi proposer, c’était le but du rapport mais certaines pistes sont plus du domaine de l’idéal. Premièrement, la moindre des choses serait de garantir l’exécution des textes en place comme ceux de la convention Mérida. Plus illusoire serait de créer un « Parquet européen » indépendant. Mirifique : « sanctionner les utilisateurs des paradis fiscaux et judiciaires mais aussi les intermédiaires ». « Les choses sont peut-être en train de changer grâce à la crise mais on est encore loin de résultats concrets, affirme Jean. Pourtant Obama et Sarkozy avaient dit ensemble, il faut s’attaquer aux paradis fiscaux, judiciaires et bancaires. Mais aujourd’hui on les entend moins. Et concrètement, on fait des demi voire des tierce-mesures. Par exemple le 2 avril dernier, au G20, une liste noire des paradis fiscaux a été dressée mais ces listes ne s’attaquent qu’à l’aspect fiscal et laisse complètement l’aspect judiciaire et bancaire. » Car les États s’intéressent surtout aux évasions fiscales de leurs entreprises [1] et qu’elles ramèneraient volontiers quelques millions au bercail par ces temps de vache maigre.

Pas le temps d’attendre selon Guy Aurenche qui s’attache à dénoncer un système qui appauvrit jusqu’au drame des populations livrées à elles-même. « La corruption nuit surtout aux pays pauvres, il y a urgence ».

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25 juin 2009 4 25 /06 /juin /2009 16:53

24 juin 2009
Comité catholique contre la faim et pour le développement


Nouveau rapport sur les vautours qui rôdent autour des pays endettés


A quelques jours de la conférence de l'ONU sur la crise, la plate-forme Dette & Développement et le CNCD-11.11.11 soulignent l'urgence de créer un tribunal international de la dette et de protéger les dépenses essentielles des pays pauvres.

« Un vautour peut en cacher un autre » : les pays endettés face à leurs prédateurs

Précis, très documenté et accessible aux non spécialistes, ce document de 32 pages dresse le portrait d'un nouvel animal de la finance mondiale, le « fonds vautour ». Il explique comment ces fonds, qui rachètent les dettes de pays pauvres à un prix extrêmement bas en vue de les contraindre par voie judiciaire à les rembourser au prix fort, engrangent des plus values colossales sur le dos des populations du Congo, en Zambie, au Pérou, en Argentine ou au Nicaragua.

En sous-titrant « Comment nos lois encouragent les prédateurs des pays pauvres endettés », le rapport pointe du doigt  les responsabilités des pays du nord : 

    * Ce sont les justices française, anglaise ou américaine qui donnent systématiquement raison aux fonds vautours contre les pays pauvres.

    * L'argent que la France et les pays riches ont consacré aux allègements de dette se voit confisqué par des fonds privés au lieu de financer les dépenses sociales, comme annoncé.


La dette des pays pauvres : une question à nouveau brûlante

    * Les populations du Sud seront les principales victimes de la crise, alors qu'elles n'y sont pour rien. 

Taux de croissance en berne, chute des recettes d'exportations et des investissements étrangers, diminution de l'aide extérieure et des transferts de migrants : les pays les plus pauvres se retrouvent exsangues et, pour certains, surendettés. Le FMI évalue les besoins de financement des pays « à faibles revenus » entre 25 et 140 milliards de dollars, rien que pour l'année 2009 (The Implications of the Global Financial Crisis on Low-Income Countries, mars 2009).

    * La seule solution que leur propose le G20 : se réendetter auprès du FMI.


A l'issue du sommet de Londres le 2 avril 2009, les pays du G20 ont abondamment communiqué sur leur effort pour les pays les plus pauvres. Las ! Loin d'augmenter leur aide publique au développement, ils ont demandé au FMI de réserver 50 milliards pour de nouveaux prêts à destination des pays « à faibles revenus » (y compris ceux dont on a allégé la dette).

    * Les pays pauvres face à un choix cornélien : sacrifier leur population aujourd'hui ou... demain.


Les pays du G20 ne laissent que deux options aux pays pauvres, dont les caisses sont vides :

- couper dès à présent les robinets de la dépense publique, en sacrifiant les hôpitaux, le salaire des enseignants, le développement agricole...

- se réendetter, alors qu'ils n'ont pas les moyens de rembourser, et courir tout droit vers de nouvelles crises de la dette -  à terme, ce sont toujours les populations qui en paieront le prix.


Alors que se tiendra du 24 au 26 juin 2009, la Conférence de l'ONU sur la crise financière et les réponses à apporter pour les pays en développement (sur la base des propositions de la Commission Stiglitz), la plate-forme Dette & Développement et le CNCD-11.11.11 préconisent trois mesures clés :

    * La création d'un tribunal international de la dette pour que tous les créanciers soient sur un pied d'égalité.

    * La protection des dépenses vitales des pays pauvres qui doivent primer sur l'obligation de rembourser.

    * Un plan d'aide d'urgence, sous forme de dons et de taxes mondiales, pour compenser l'impact de la crise.

 

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 13:54

10 juin 2009
Interview de Daniel Wermus par Mekioussa Chekir
La Tribune, Alger


LA TRIBUNE: Qu’est-ce qui a motivé la création de Media 21 et le choix de la conception qui allie théorie et terrain ?

Daniel Wermus : Les médias sont de puissants moyens de faire comprendre clairement les enjeux de l’humanité, sans jargon, sans langue de bois ni propagande. Face à l’urgence des menaces contre la planète (réchauffement climatique, conflits, déforestation, pauvreté, corruption, mauvaise gouvernance…) les journalistes doivent prendre conscience de leur «responsabilité sociale» et être capables de pointer les enjeux, les responsables et les solutions. 21 symbolise l’appartenance des médias à notre siècle et se réfère aussi à l’Agenda 21, un calendrier pour sauver la planète décidé à la Conférence de Rio sur l’environnement et le développement en 1992.

Le concept repose sur des ateliers interactifs entre journalistes du monde entier et des acteurs internationaux de haut niveau (ONU, ONG, experts, humanitaires, militaires, secteur privé, groupes médias, etc.). Ces ateliers, qui donnent aux journalistes une vision globale pour leur travail local, sont complétés par des voyages dans des pays touchés par les problèmes abordés, permettant de donner à ceux-ci un visage concret et humain.


Quelles sont les thématiques privilégiées?

Ce sont les thématiques liées au changement climatique, aux droits de l’Homme, à la santé, à l’humanitaire, à l’eau, à ’alimentation, aux migrations, à l’économie responsable, au développement durable, à la sécurité dans le monde…


Quel est l’impact des formations que vous dispensez sur la perception, le traitement et le rendement des journalistes qui en ont bénéficié?

En deux ans, une vingtaine d’ateliers ont rassemblé 325 journalistes de 90 pays et 430 acteurs qui travaillent sur ces enjeux. Plus de 450 articles ou émissions radio-TV ont été publiés après ces rencontres.

De nombreux journalistes nous ont communiqué l’impact de ces formations dans leurs pays respectifs. Grâce à ses réalisations, Média 21 a acquis une bonne notoriété non seulement dans la Genève internationale mais dans des milieux  intéressés du monde entier.

Ce qui se traduit par de nouveaux contacts avec plusieurs dizaines d’institutions et de personnes disposées à collaborer avec nous d’une façon ou d’une autre.

Le défi est de pouvoir organiser un tel réseau de manière efficace en développant de nouveaux outils d’interactivité.


Quelles sont les perspectives et les contraintes de Média 21 à court et moyen terme?

Il s’agit de développer le réseau de journalistes (plus de 1 000 inscrits à Media 21), leur interaction avec les acteurs et experts globaux. Développer des partenariats dans tous les secteurs (associatif, public, privé, universités, médias) au Nord et au Sud pour aider ce réseau à devenir une «task force» pour mieux médiatiser les défis de notre planète. En 2009, plus de 10 ateliers sont prévus sur les questions des droits de l’Homme, le climat, la liberté d’expression, la santé…

Ils réuniront au total 150 journalistes, 200 acteurs globaux et 50 partenaires pour une production attendue d’au moins 250 articles/émissions. Notre objectif à moyen terme est de générer une plate-forme internationale «Médias et enjeux globaux».

Cet espace permettrait de renforcer la place de Genève comme «lieu de gouvernance mondiale». Il favoriserait surtout des rencontres formelles ou informelles entre journalistes et représentants de l’ONU, ONG, diplomates, humanitaires, militaires, ministres, entrepreneurs… Les contraintes que nous affrontons sont liées à la difficulté de faire financer un tel effort qui est pourtant une tâche d’intérêt public. 

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