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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 00:32

18 avril 2012
Odile Tobner
Survie
 

 

Après la Libye et la Côte d’Ivoire, passées sous contrôle occidental à la suite de guerres menées notamment par l’armée française, on subodorait que le Mali était le prochain sur la liste.

 

Cela n’a pas manqué : on assiste depuis janvier 2012 à la réactivation de la rébellion du mouvement national de libération de l’Azawad, mouvement sécessionniste revendiquant la partie saharienne du territoire malien.

 

Puissamment armé, le MNLA a lancé dans le nord-est du pays une offensive victorieuse contre l’armée malienne. Le 24 janvier, à Aguel Hok, les rebelles ont exécuté, dans des conditions atroces, 80 prisonniers de guerre. On peut voir dans ce massacre l’origine du putsch militaire qui a renversé, le 21 mars, le président Amadou Toumani Touré. Depuis février, en effet, des familles de militaires, mais aussi des jeunes, se rassemblent pour dénoncer l’impuissance du chef de l’État, voire sa complicité avec la rébellion, et ces manifestations, parties du camp militaire de Kati, ont gagné Bamako et Ségou.

 

Les déclarations faites le 26 février par Juppé à Bamako, où il a été accueilli par des manifestations hostiles, n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu. Celui-ci s’est dit convaincu qu’il n’y aurait pas de solution militaire à la crise au Nord-Mali, ajoutant : « Il faut donc prendre la voie du dialogue aussi inclusif que possible avec tous ceux qui doivent s’assoir autour de la table et le président Amadou Toumani Touré a confirmé que c’était son intention ». C’était méconnaître totalement la situation ainsi que l’état d’esprit de l’armée et de la population malienne. En pompier pyromane, le même Juppé n’a pas manqué, une fois Touré destitué par de jeunes officiers, de lancer de vertueux appels au retour de la légalité constitutionnelle, demandant à la junte militaire d’organiser des élections.

 

Pendant ce temps, les vastes étendues du nord sont livrées à divers mouvements groupusculaires, mais surarmés. Outre le MNLA, on a le MPA (Mouvement populaire de l’Azawad) salafiste devenu le mouvement fondamentaliste Ançar Edine, sans compter l’AQMI, qui, ensemble ou séparément, revendiquent de lutter, qui contre l’État malien, qui pour la Charia, contre l’Occident, etc. Les habitants des localités du nord, en butte à leurs attaques ou craignant les représailles, s’enfuient vers le sud ou les pays limitrophes. Une grande partie des 200 000 personnes qui ont ainsi fui les combats vivent désormais dans des conditions critiques sur le plan humanitaire. Le cortège habituel des calamités de guerre s’abat sur un pays qui a le malheur de se trouver pris entre les manœuvres d’une politique française à la gribouille et la convoitise que suscite, chez les grandes puissances, un territoire quasi vide et recelant d’immenses ressources minières encore inexploitées. Une telle situation est propice à la création d’un État-fantôme assujetti, dont on fera au minimum peser la menace sur le Mali s’il ne consent pas à s’aligner sur les mots d’ordre de « protecteurs » intéressés.

 

On observe en effet que ni la CEDEAO, communauté des États d’Afrique de l’Ouest, ni la France, ni les États-Unis, ni l’Union européenne, si empressés à exiger des putschistes le retour à la légalité républicaine, n’ont demandé aux mouvements séparatistes qui sèment le chaos au Sahara de cesser leurs violentes attaques contre l’État et les citoyens maliens. Il faut croire qu’un Mali rétif aux injonctions des puissances étrangères gêne plus les appétits impérialistes qu’une guerre civile frappant opportunément une région convoitée.

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 01:33
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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 00:26

16 avril 2012
Source: Le Congolais

 

L’intention cachée des Etats-Unis en Ouganda, en Afrique centrale et dans la Corne de l’Afrique est la conquête du pétrole et des ressources minérales stratégiques. La poursuite de Joseph Kony et la protection des enfants ougandais ne sont qu’un écran de fumée, un prétexte pour une «intervention humanitaire» dans une région où les «guerres civiles» soutenues par les Etats-Unis (Soudan, Rwanda, République démocratique du Congo, Somalie, Éthiopie) ont fait plus de huit millions de morts au cours de 20 dernières années.


Dans une autre manœuvre visant à atteindre l’hégémonie régionale et surpasser la Chine, les Etats-Unis cherchent à prendre pied par le biais d’Africom dans le bloc incroyablement riche en ressources qu’est l’Afrique centrale. La République démocratique du Congo (RDC) constitue l’une des plus grandes régions du monde privée d’un véritable gouvernement. Elle contient de vastes gisements de diamant, de cobalt, de cuivre, d’uranium, de magnésium et d’étain, en plus de produire plus d’un milliard de dollars d’or annuellement. Il est tout à fait possible pour les Etats-Unis d’accroître considérablement leur présence en RDC en invoquant le prétexte de vouloir capturer Joseph Kony. (Nile Bowie, Merchandising and Branding Support for US Military Intervention in Central Africa, Global Research, 14 mars 2012.)

 

Dans une décision récente, le Pentagone confirme l’envoi de Forces spéciales appartenant au Corps des Marines (United States Marine Corps, USMC), pour former des troupes ougandaises non seulement dans la lutte contre Joseph Kony et l’Armée de résistance du Seigneur (Lord’s Resistance Army (LRA)), mais aussi contre Al-Shabaab en Somalie. Joseph Kony est utilisé comme prétexte pour intervenir militairement dans cinq pays africains. Jusqu’à maintenant, l’unité opérationnelle a déployé de petites équipes dans cinq pays africains, dont certains sont menacés par le groupe terroriste Al-Qaïda au Maghreb islamique, selon un communiqué de presse du Corps des Marines. (Stars and Stripes, 15 mars 2012.)

 

Officiellement, cette intervention se fait dans le cadre du «maintien de la paix», lequel doit s’accomplir par des «opérations de contre-terrorisme» appuyées par les Etats-Unis. L’objectif annoncé est de transformer les soldats ougandais en «ingénieurs du contre-terrorisme», à savoir en Forces spéciales supervisées par les Etats-Unis, «lesquelles seront ensuite déployées en Somalie en appui aux bataillons d’infanterie». (Ibid.)

 

L’envoi de Marines étasuniens serait lié à la nouvelle «Special Purpose Marine Air Ground Task Force-12 (Unité opérationnelle 12 aérienne et terrestre à but spécifique du Corps de Marines) située à Sigonella en Sicile». L’unité déploiera de petites équipes de Marines à travers tout le continent africain. L’initiative a été lancée en 2011 «dans le cadre d’un effort visant à préparer les armées africaines à mener des opérations de contre-terrorisme» sous la direction des Etats-Unis.

 

Cette initiative signifie, par ailleurs, l’implication directe de troupes et de forces spéciales ougandaises dans la guerre civile en Somalie : la genèse de cette mission comprenait des opérations à Mogadiscio en Somalie, où les soldats du maintien de la paix de l’Union africaine ont fait face à des EEI (engins explosifs improvisés) et d’autres obstacles complexes les exposant à des embuscades d’Al-Shabaab, a déclaré le major Charles Baker, porte-parole pour la mission de la Marine, dans un communiqué de presse publié par l’ambassade des Etats-Unis à Kampala.

 

Les soldats en formation utiliseront leurs connaissances en Somalie, un pays déchiré par la guerre, et dans la poursuite du commandant de la LRA, Joseph Kony, où qu’il soit », a affirmé le lieutenant-colonel de la Force de défense du peuple ougandais, Richard C. Wakayinja, dans un autre communiqué. (Stars and Stripes, 15 mars 2012.)

 

MICHEL CHOSSUDOVSKY, directeur du Centre de recherche sur la mondialisation et professeur émérite de sciences économiques à l’Université d’Ottawa. Article publié par Wikistrike.com le 16 mars 2012 et traduit de l’anglais par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 23:32
17 avril 2012
Nile Bowie

Après le Soudan du sud, le Mali. Après al shabab, Boko haram… Les lignes rouges de l’instabilité se propagent ainsi sur le continent. Ici ou là, les Etats Unis manoeuvrent et tirent les ficelles pour installer leur commandement militaire en Afrique. Mais aussi pour contrer la Chine dont l'implantation progressive menace ses intérêts stratégiques et économiques. 

Depuis l’époque de l’Empire Britannique et du manifeste de Cecil Rhodes, la chasse aux trésors de ce continent sacrifié a montré le peu de valeur qu’on attache à la vie humaine. Après des décennies d’indifférence de la part des consommateurs de matières premières, l’influence croissante de la propagande des médias sociaux a éveillé l’intérêt du public envers les problèmes sociaux longtemps ignorés de l’Afrique. Suite à des actions médiatiques de célébrités en faveur de l’intervention, l’opinion publique aux Etats-Unis est actuellement favorable à une plus grande présence militaire sur le continent africain. Après le déploiement d’une centaine de membres du personnel militaire de l’armée étasunienne en Ouganda en 2011, une nouvelle loi a été présentée au Congrès appelant à l’expansion des forces militaires régionales pour combattre l’Armée de Résistance du Seigneur, un groupe rebelle malingre soi-disant coupable de recruter des enfants soldats et de perpétrer des crimes contre l’humanité.

Bien que l’administration Obama affirme accueillir de bon coeur l’ascension pacifique de la Chine sur la scène mondiale, le récent tournant politique en faveur d’un Siècle Américain tourné vers le Pacifique (*) montre que les Etats-Unis veulent garder la capacité de contrôler militairement la puissance émergente. En plus du maintien d’une présence militaire permanente au nord de l’Australie, la construction d’une immense base militaire sur l’île coréenne de Jeju prouve leur antagonisme croissant contre Beijing. La base a la capacité d’accueillir 20 navires de guerre étasuniens et sud-coréens, y compris des sous-marins, des porte-avions, et des destroyers une fois qu’elle sera terminée en 2014 — en plus de la présence du bouclier anti-missiles Aegis. Les Chinois ont répondu en qualifiant la militarisation croissante de la région de provocation flagrante.

Sur le front de l’économie, la Chine a été exclue du Traité de Partenariat trans-Pacifique en élaboration ; c’est un accord commercial qui porte sur une réglementation du commerce international en Asie concoctée par les Etats-Unis au bénéfice des firmes étasuniennes. Comme de nouvelles divisions politiques fondamentales émergent suite aux veto chinois et russes contre l’intervention en Syrie au Conseil de Sécurité de l’ONU, l’administration Obama s’est mise à utiliser de nouveaux moyens de pression économique contre Beijing. Les Etats-Unis et le Japon ont demandé à l’Organisation du Commerce International de bloquer les projets d’extraction minière financés par Pékin aux Etats-Unis, une mesure qui s’ajoute au gel du financement des importants projets miniers chinois par la Banque Mondiale.

Afin de contrer l’ascension économique de la Chine, Washington a lancé une croisade contre les restrictions chinoises d’exportations de minéraux qui sont des composants essentiels de produits de consommation électroniques comme les écrans plats, les smartphones, les batteries d’ordinateurs portables et quantités d’autres produits. Dans un livre blanc de 2010, la Commission Européenne parle du besoin urgent de constituer des réserves de tantale, cobalt, niobium, et tungstène entre autres ; le livre blanc du département de l’Energie des Etats-Unis de 2010, "Stratégie pour les minéraux indispensables aux Etats-Unis", a aussi reconnu l’importance stratégique de ces composants clés. Comme par hasard, l’armée étasunienne essaie aujourd’hui d’augmenter sa présence dans le pays qui est considéré comme le plus riche en matières premières, la République Démocratique du Congo.

La RDC a énormément souffert au cours de son histoire du pillage étranger et de l’occupation coloniale ; elle a le deuxième plus bas revenu de PIB par personne malgré ses réserves de minéraux bruts estimées à 2400 milliards de dollars. Pendant les guerres du Congo de 1996 à 2003, les Etats-Unis ont fourni des armes et ont entraîné les milices du Rwanda et de l’Ouganda qui ont ensuite envahi les provinces orientales du Congo pour le compte des Etats-Unis. Les différentes multinationales n’ont pas été les seules à bénéficier du pillage, les régimes de Paul Kagamé au Rwanda et de Yoweri Museveni en Ouganda en ont tiré un immense profit ainsi que des guerres congolaises pour les minéraux comme le cassitérite, wolframite, coltan (dont le niobium et le tantale sont dérivés) et l’or. La RDC détient plus de 30% des réserves mondiales de diamants et 80% du coltan mondial dont la plus grande partie est exportée en Chine pour en faire des poudres et des fils de tantale pour la fabrication électronique.

La transformation économique sans précédent de la Chine ne repose pas seulement sur les marchés des Etats-Unis, de l’Australie et de l’Europe — mais aussi sur l’Afrique en tant que source d’une vaste gamme de matières premières. Comme l’influence économique et culturelle chinoise s’étend exponentiellement avec la construction symbolique des nouveaux quartiers généraux de l’Union Africaine d’une valeur de 200 millions de dollars financés uniquement par Beijing, les Etats-Unis en perte de vitesse et ses dirigeants ont exprimé leur mécontentement de voir leur rôle dans la région diminuer. Au cours d’un déplacement diplomatique en Afrique en 2011, la secrétaire d’état étasunienne Hillary Clinton, elle-même, s’est laissée allée à insinuer que la Chine se rendait coupable d’un "nouveau colonialisme" rampant.

A un moment où la Chine détient 1500 milliards de dollars de dette étasunienne, le commentaire de Clinton a la résonance d’une dangereuse provocation. La Chine, qui possède les réserves de devises les plus élevées du monde, commence à proposer des prêts à ses homologues du BRIC en RMB (Renminbi ou Yuan) et l’éventualité d’une résistance des nations émergentes au Projet du Nouveau Siècle Américain semble se préciser. Le succès de l’impérialisme anglo-saxon repose sur sa capacité militaire à soumettre les pays en ligne de mire, et les leaders africains d’aujourd’hui ne sont pas obligés de faire des affaires avec la Chine — bien qu’ils aient sûrement intérêt à le faire. La Chine investit annuellement environ 5,5 milliards de dollars en Afrique dont seulement 29% d’investissements directs dans le secteur minier en 2009 —et plus de la moitié dans les usines locales, la finance et la construction, ce qui est aussi très bénéfique aux Africains— en dépit de ce qu’on rapporte sur la maltraitance au travail.

De plus la Chine a consenti 10 milliards de prêts à des taux préférentiels à l’Afrique entre 2009 et 2012 et opéré des investissements significatifs dans les zones industrielles de pays pauvres en matières premières comme la Zambie et la Tanzanie. La Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique ; elle importe 1,5 million de tonneaux d’huile d’Afrique par jour, ce qui représente environ 30% du total de ses importations. Pendant les dernières décennies, 750 000 Chinois se sont installés en Afrique et des centres culturels financés par l’Etat chinois ont été créés dans les campagnes pour enseigner le mandarin et le cantonais. Selon les prévisions, la Chine sera la plus grande économie mondiale en 2016 et le récent projet de création d’une banque des BRIC pourrait restructurer la scène financière internationale et représenter une menace pour l’hégémonie du Fond Monétaire International sur les économies émergentes stratégiques d’Afrique.

L’implication économique de la Chine en Afrique s’accroît, et son rôle crucial dans le développement du secteur des minéraux, de l’industrie des télécommunications et des projets d’infrastructures indispensables, commence à susciter "beaucoup de nervosité" en Occident, selon David Shinn, l’ancien ambassadeur des Etats-Unis au Burkina Faso et en Ethiopie. Dans un livre blanc du Département de la Défense de 2011, intitulé "Les développements militaires et sécuritaires en relation avec le peuple de la république chinoise", les Etats-Unis reconnaissent que la technologie militaire et informatique chinoise est arrivée à maturité et qu’on peut s’attendre à ce que Beijing soit hostile à l’élargissement de l’alliance militaire des Etats-Unis avec Taiwan. Le document indique aussi que "L’ascension de la Chine sur la scène internationale sera un élément déterminant du paysage stratégique du début du 21ième siècle". De plus, le département de la Défense admet ne pas savoir comment la croissance de la Chine affectera la scène internationale.

Bien que la présence militaire des Etats-Unis en Afrique, (sous le prétexte de combattre le terrorisme et de protéger les Droits Humain) pour contrecarrer spécifiquement l’autorité économique de la Chine dans la région, ne soit pas à même de susciter les mêmes inquiétudes que la présence étasunienne en Corée du Nord ou à Taiwan, elle pourrait engendrer des tensions. La Chine a la plus grande armée du monde (2 285 000 personnes) et se prépare à défier l’hégémonie militaire sur la région du "Siècle Américain dans le Pacifique" avec ses capacités navales et conventionnelles, et en développant entre autres le premier missile balistique anti-navire. De plus la Chine a commencé à tester des systèmes de pointe anti-satellite (ASAT) et anti-missile balistique (ABM) afin d’amener la rivalité étasuno-chinoise sur le terrain de la Guerre Spatiale.

La raison invoquée par les Etats-Unis, à savoir désarmer l’Armée de Résistance du Seigneur (ARS), pour intervenir en République Démocratique du Congo, dans le Sud du Soudan, en République Centrafricaine et en Ouganda est une escroquerie. La ARS opère depuis plus de deux décennies mais demeure extrêmement faible et ne compte que 400 soldats. Selon le site LRA Crisis Tracker (http://www.lracrisistracker.com/) lancé par le groupe des Enfants Invisibles pour documenter la crise sur le terrain, la ARS n’a pas fait une seule action en Ouganda depuis 2006. La vaste majorité des attaques répertoriées ont actuellement lieu dans la région de Bangadi au nord-est de la République Démocratique du Congo, au pied d’une bande de terre qui a trois frontières entre la République Centrafricaine et le Soudan du Sud.

L’existence de l’Armée de Résistance du Seigneur doit être sérieusement remise en cause car les cas d’activité de l’ARS rapportés par le groupe des Enfants Invisibles soutenu par le Département d’Etat étasunien reposent sur des témoignages non vérifiés — il s’agit plutôt de présomptions et de soupçons que de certitudes. Etant donné l’extrême instabilité qui règne au nord de la RDC après des décennies d’invasion étrangère et d’innombrables insurrections rebelles, le pays n’a pas les moyens de mener une enquête qui permettrait de confirmer la présence de l’ARS. 

Joseph Kony mérite peut-être d’être traité en scélérat mais on ne dira jamais assez que la menace que représente l’ARS a été complètement déformée dans les derniers textes de lois étasuniens en faveur de l’intervention. L’augmentation de la présence étasunienne dans la région a pour but de contrecarrer l’expansion de la présence économique de la Chine dans un des secteurs les plus riches en minéraux et autres ressources.
L’Armée de Résistance du Seigneur a été créée en 1987, au nord-ouest de l’Ouganda, par des membres du groupe ethnique Acholi autrefois exploité par les colons britanniques pour du travail forcé et marginalisé après l’indépendance par le groupe national dominant des Bantous. L’Armée de Résistance du Seigneur avait au départ pour but de renverser le gouvernement du président ougandais actuel, Yoweri Museveni - à cause d’une campagne de génocide menée contre le peuple Acholi. Les groupes Acholi et Langi du nord de l’Ouganda ont été historiquement maltraités et ostracisés par les administrations successives soutenues par les Anglo-Américains. En 1971, les agences de renseignement israéliennes et britanniques ont fomenté un coup d’Etat contre le président socialiste Milton Obote, qui a conduit au désastreux régime de Idi Amin.

Avant de déposer Obote et de se déclarer chef de l’Etat, Amin était un membre du régiment colonial britannique chargé d’administrer des camps de concentration au Kenya pendant la révolte Mau Mau qui s’est déclenchée en 1952. Amin a massacré le peuple Acholi parce qu’il le soupçonnait d’être loyal à l’ancien président Obote qui est d’ailleurs revenu au pouvoir en 1979, après qu’Amin ait essayé d’annexer la province de Kagera de la Tanzanie voisine. Museveni a fondé le Front du Salut National qui a contribué à renverser Obote avec le soutien étasunien en 1986, en dépit du fait que son armée utilisait des enfants soldats. Museveni a d’abord pris le pouvoir puis il a été accusé de génocide parce qu’il avait enfermé le peuple Acholi dans des camps pour s’approprier la terre fertile du nord de l’Ouganda.

Le régime de Museveni a déplacé environ 1,5 million d’Acholis et tué au moins 300 000 personnes en prenant le pouvoir en 1986, selon la Croix Rouge. En plus d’être accusé d’utiliser le viol comme arme de guerre et d’avoir laissé mourir des milliers de personnes dans des camps d’internements insalubres, Museveni a été accusé de terrorisme d’Etat à l’encontre du peuple Acholi dans un rapport d’Amnesty International de 1992. Au cours d’une interview en 2006, Joseph Kony a nié avoir mutilé et torturé qui que ce soit et a, au contraire, accusé les forces de Museveni d’avoir commis de tels actes pour s’en servir comme propagande contre l’Armée de la Résistance du Seigneur.

Dans un rapport détaillé sur les atrocités commises par Museveni, l’écrivain ougandais, Herrn Edward Mulindwa écrit : "En 22 années de guerre, l’armée de Museveni a tué, estropié et mutilé des milliers de civils tout en accusant les rebelles de ces crimes. Dans le nord de l’Ouganda, au lieu de défendre et de protéger les civils contre les rebelles, les soldats de Museveni estropiaient, mutilaient et commettaient les pires atrocités en se faisant passer pour des rebelles, puis revenaient et prétendaient que les gens leur devaient leur salut." 

Malgré tant de preuves de brutalité, Museveni est un fidèle allié des Etats-Unis depuis l’administration Reagan et il a reçu 45 millions de dollars en aide militaire de la part de l’administration Obama pour la participation de l’Ouganda dans la guerre contre la milice somalienne al Shabaab. Depuis le terrible échec de l’intervention étasunienne de 1993 en Somalie, les Etats-Unis y défendent leurs intérêts par l’intermédiaire des armées du Rwanda, de l’Ouganda et de l’Ethiopie.

Depuis l’époque coloniale, l’Occident à l’habitude d’exploiter les différences ethniques en Afrique pour faire avancer ses intérêts. Au Rwanda, l’administration coloniale belge a exacerbé les tensions entre les Hutus, réduits à une sorte de servage, et les Tutsis qui étaient considérés comme le prolongement du pouvoir belge. Dès le début de la guerre civile au Rwanda en 1990, les Etats-Unis ont essayé de renverser Juvénal Habyarimana, le président Hutu en place depuis 20 ans, pour mettre en place un gouvernement tutsi à leurs ordres au Rwanda, une région historiquement sous l’influence de la France et de la Belgique. A cette époque antérieure à la guerre civile rwandaise, le Front Patriotique des Tutsis du Rwanda (FPR) dirigé par l’actuel président du Rwanda, Paul Kagame, faisait partie des Forces de Défense du Peuple Uni de Museveni (FDPU).

L’armée ougandaise a envahi le Rwanda en 1990 sous prétexte de libérer les Tutsis malgré le fait que Museveni ait refusé d’accorder la nationalité aux réfugiés tutsis-rwandais qui vivaient en Ouganda à ce moment-là, une décision qui a contribué au déclenchement du génocide rwandais de 1994. Kagame lui-même avait été entraîné au U.S. Army Command and Staff College (CGSC) de Leavenworth au Kansas avant de revenir dans la région pour diriger l’invasion de 1990 du Rwanda comme commandant du FPR (l’armée d’opposition au gouvernement rwandais de Habyarimana : ndt) qui était approvisionné à partir de bases militaires des FDPU (l’armée ougandaise : ndt) financées par les Etats-Unis en Ouganda. L’invasion du Rwanda était soutenue sans réserve par les Etats-Unis et l’Angleterre, et les Forces Spéciales étasuniennes assuraient l’entraînement des soldats avec le concours de la firme de mercenaires étasunienne, Military Professional Resources Incorporated (MPRI).

Une étude publiée en 2000 par le Professeur canadien Michel Chossudovsky et l’économiste belge, Pierre Galand, montre que les institutions financières occidentales comme le FMI et la Banque Mondiale ont procuré des fonds aux deux camps de la guerre civile rwandaise grâce à un système de financement des dépenses militaires par la dette extérieure des régimes de Habyarimana et de Museveni. En Ouganda, la Banque Mondiale a imposé, dans l’intérêt de Washington, des mesures d’austérité seulement sur les dépenses civiles tout en veillant à ce que les revenus de l’Etat soient consacrés à l’armée ougandaise (FDPU). Au Rwanda, les nombreux prêts de développement consentis par des filiales de la Banque Mondiale comme l’Association de Développement International, le Fond de Développement Africain et le Fond de Développement Européen ont été détournés au profit de la milice Hutu extrémiste Interhamwe, principal acteur du génocide rwandais.

Plus troublant encore peut-être, la Banque Mondiale a supervisé d’énormes achats d’armes qui ont été enregistrés comme des dépenses gouvernementales « bona fide » en violation flagrante des accords signés entre le gouvernement rwandais et les institutions donatrices. Sous le contrôle de la Banque Mondiale, le régime de Habyarimana a importé environ un million de machettes par l’intermédiaire de diverses organisations reliées à Interhamwe sous prétexte d’importer des marchandises civiles. Pour assurer leur règlement, un fond de placement multilatéral de 55,2 millions de dollars a été assigné aux efforts de la reconstruction d’après guerre mais l’argent, au lieu d’être envoyé au Rwanda, a été remis à la Banque Mondiale pour rembourser les dettes créées par le financement des massacres.

De plus, quand Paul Kagame est arrivé au pouvoir, Washington a fait pression sur lui pour qu’il reconnaisse comme légitime les dettes contractées par l’ancien régime génocidaire de Habyarimana. L’échange d’anciens prêts contre de nouvelles dettes (sous l’égide de la reconstruction d’après guerre) a été conditionné à l’acceptation d’une nouvelle vague de réformes dictées par le couple FMI/Banque Mondiale, et des fonds extérieurs ont été détournés de la même manière au profit des dépenses militaires qui ont précédé l’invasion du Congo (alors appelé Zaïre) dirigée par Kagame. 

Au moment où les législateurs actuels de Washington tentent d’intensifier la présence militaire étasunienne dans la RDC sous des prétextes humanitaires, le comportement ignoble -et amplement documenté- des services secrets et des paramilitaires occidentaux au Congo depuis son indépendance, prouve s’il en était besoin que le but de l’intervention occidentale est l’exploitation pure et simple et rien d’autre.

En 1961, Patrice Lumumba, le premier Premier ministre du Congo à être élu légalement, a été assassiné avec l’appui des services secrets belges et de la CIA, pavant le chemin au règne de 32 ans de Mobutu Sese Seko. Pour essayer de purger le Congo de l’influence culturelle coloniale, Mobutu a renommé le pays Zaïre et a instauré un régime autoritaire étroitement allié à la France, la Belgique et les Etats-Unis. Mobutu était considéré comme un allié fidèle des Etats-Unis pendant la Guerre Froide à cause de son positionnement anti-communiste ; le régime a reçu des milliards d’aide internationale, notamment étasunienne. Sous son administration les infrastructures se sont détériorées et la kleptocratie zaïroise a détourné les aides et les prêts internationaux ; Mobutu lui-même aurait 4 milliards de dollars sur un compte suisse.

Les relations entre les Etats-Unis et le Zaïre se sont réchauffées à la fin de la Guerre Froide quand ils n’ont plus eu besoin de Mobutu comme allié ; Washington a plus tard utilisé le Rwanda et l’Ouganda pour envahir le Congo, renverser Mobutu et installer à sa place un régime complaisant. Suite au conflit du Rwanda, 1,2 millions de civils hutus (dont beaucoup avaient pris part au génocide) sont passés dans la province Kivu de l’est du Zaïre pour échapper aux poursuites de l’Armée Patriotique du Rwanda (APR) tutsi de Paul Kagame. Les forces spéciales étasuniennes ont entraîné les troupes rwandaises et ougandaises à Fort Bragg aux Etats-Unis et ont soutenu les rebelles congolais du futur président Laurent Kabila. Sous prétexte de sauvegarder la sécurité nationale au Rwanda contre la menace des milices hutus, des troupes du Rwanda, d’Ouganda et du Burundi ont envahi le Congo et se sont déchaînées dans les camps de réfugiés hutus, massacrant des milliers de civils hutus rwandais et congolais dont beaucoup de femmes et d’enfants. Les rapports de brutalité et de meurtres de masse au Congo ont rarement été pris en compte par l’Occident parce que la communauté internationale appréciait Kagame et avait pitié des victimes tutsis rwandaises du génocide.

Halliburton et Bechtel (des firmes militaires privées qui ont tiré un énorme profit de la guerre d’Irak) ont participé aux opérations d’entraînement et de reconnaissance destinées à renverser Mobutu et mettre Kabila à sa place. Après avoir déposé Mobutu et pris le contrôle de Kinshasa, Laurent Kabila a éradiqué toute opposition et est devenu un leader tout aussi despotique ; il s’est détourné de ses alliés rwandais et a appelé les civils congolais à purger par la violence la nation des Rwandais, en conséquence de quoi les forces rwandaises se sont regroupées à Goma pour tenter de conquérir les terres riches en ressources du Congo oriental.

Avant de devenir président en 1997, Kabila a envoyé des représentants à Toronto pour discuter de projets miniers avec American Mineral Fields (AMF) et la multinationale canadienne Barrick Gold Corporation ; il a octroyé à AMF, qui avait des liens directs avec le président étasunien Bill Clinton, un permis d’exploitation exclusif pour le zinc, le cobalt et le cuivre de la région. Les Guerres Congolaises menées par le Rwanda et l’Ouganda ont fait 6 millions de victimes, le plus grand génocide depuis l’holocauste juif. L’occident a soigneusement entretenu le conflit par de l’aide financière et militaire pour s’approprier les énormes ressources
minières de l’est et du sud du Congo ; l’industrie de la Défense étasunienne a besoin d’alliages de métaux de haute qualité de cette région pour la construction de moteurs de jets de haute technicité.

En 1980 des documents de Pentagone signalaient le manque de cobalt, titane, chrome, tantale, béryllium et nickel ; c’est principalement pour s’en procurer que les Etats-Unis ont participé au conflit congolais. La seule loi que le président Barak Obama a initiée quand il était sénateur est S.B. 2125, l’Acte sur la libération, la sécurité et la promotion démocratique de la République Démocratique du Congo, en 2006. Dans cet acte Obama dit que le Congo représente un intérêt à long terme pour les Etats-Unis et il fait référence à la menace des milices hutus comme le meilleur prétexte à l’ingérence continuelle dans la région ; La section 201(6) de l’acte appelle spécifiquement à la protection des ressources naturelles de la RDC orientale.

Le rapport "Cobalt : les options politiques pour la stratégie minérale" du Bureau du Budget du Congrès publié en 1982 indique que les alliages à base de cobalt sont absolument indispensables aux industries de l’armement et aérospatiales et que 64% des réserves de cobalt se trouvent dans la Copperbelt (ceinture de cuivre) katangaise, qui va du sud-est du Congo au Nord de la Zambie. Pour cette raison, l’avenir du complexe militaro-industriel étasunien dépend largement du contrôle des ressources stratégiques de la RDC orientale. En 2001, Laurent Kabila a été assassiné par un membre de la sécurité, et son fils Joseph Kabila a usurpé la présidence. La légitimité du jeune Kabila repose uniquement sur le soutien de chefs d’Etat étrangers et de la communauté d’affaires internationale en échange de sa complaisance à les laisser piller son pays.

Pendant les élections générales du Congo de novembre 2011, la communauté internationale et l’ONU n’ont évidemment pas fait état des irrégularités massives observées par le comité électoral. La Mission de l’ONU pour la stabilisation et l’organisation de la République Démocratique du Congo (MONUSCO) a été si tellement soupçonnée de corruption que le leader de l’opposition Étienne Tshisikedi lui a demandé d’arrêter de couvrir le système international de pillage et de nommer quelqu’un "de moins corrompu et de plus crédible" à la tête de la mission. MONUSCO a été salie par le fait que beaucoup de soldats de l’ONU faisaient la contrebande de minéraux comme la cassitérite et vendaient des armes aux groupes de miliciens.

Sous le jeune Joseph Kabila, les activités commerciales entre la Chine et la RDC ont augmenté de manière significative, non seulement dans le secteur minier mais aussi énormément dans le domaine des télécommunications. En 2000, la firme chinoise ZTE a finalisé un contrat de 12,6 millions de dollars avec le gouvernement congolais pour mettre en place la première entreprise de télécommunications sino-congolaise ; de plus, la RDC a exporté du cobalt pour une valeur de 1,4 milliards de dollars en 2007-2008. La plus grande partie des matières premières, comme le cobalt, le cuivre et différents bois durs, sont exportées en Chine pour y être traitées et 90% des usines de traitement du sud-est de la province Katanga appartiennent à des Chinois. En 2008, un consortium d’entreprises chinoises a obtenu des permis d’extraction minière dans la province Katanga en échange d’un investissement de 6 milliards de dollars pour la construction de deux hôpitaux, quatre universités et un projet d’énergie hydraulique.

Dans le cadre du contrat, 3 millions supplémentaires étaient alloués au développement de l’extraction du cobalt et du cuivre dans la province Katanga. En 2009, le FMI a exigé la renégociation du contrat sous prétexte que l’accord entre la Chine et la RDC violait la programme d’aide pour la dette étrangère des pays qualifiés de PPTE (pays pauvres très endettés). La vaste majorité des 11 milliards de dollars de la dette étrangère que la RDC doit au Club de Paris a été détournée par le précédent régime de Mobuto Sese Seko. Le FMI a réussi à bloquer l’accord en mai 2009 et a demandé que soit réalisée une meilleure étude des concessions de minerais de la RDC.
Les Etats-Unis sont en train de mobiliser l’opinion publique en faveur d’une plus grande présence étasunienne en Afrique, sous prétexte de capturer Joseph Kony, de mettre fin au terrorisme islamique et de régler des problèmes humanitaires anciens. Les campagnes émotionnelles des médias sociaux réussissent à convaincre les Américains qu’il faut empêcher ces atrocités mais peu d’entre eux se rendent compte du vrai rôle que jouent les Etats-Unis et les institutions financières occidentales dans le déclenchement des tragédies qu’ils prétendent maintenant solutionner. Beaucoup de personnes sincèrement inquiètes s’engagent naïvement dans des organisations qui militent pour la guerre, en oubliant que l’armée qui sera installée au coeur de l’Afrique utilisera des drones Predator et tirera des missiles qui, on le sait, font énormément de victimes civiles.

La consolidation de la présence étasunienne dans la région fait partie d’un programme plus large, qui a pour but d’étendre le pouvoir d’AFRICOM, le commandement militaires des Etats-Unis pour l’Afrique, à travers un archipel de bases militaires dans la région. En 2007, le conseiller du Département d’Etat, J. Peter Pham, a défini ainsi l’objectif stratégique d’AFRICOM : "Protéger l’accès aux hydrocarbures et autres ressources stratégiques que l’Afrique possède en abondance, ce qui signifie d’une part protéger ces richesses naturelles fragiles et d’autre part s’assurer qu’aucune autre nation telle que la Chine, l’Inde, le Japon ou la Russie n’obtienne de monopole ou de traitement de faveur." De plus, pendant une conférence d’AFRICOM à Fort McNair, le 18 février 2008, le vice-amiral Robert T. Moeller a ouvertement déclaré que le principe directeur d’AFRICOM était d’assurer "la libre circulation des ressources naturelles africaines sur le marché mondial" avant d’ajouter que la montée en puissance de la Chine représentait une menace majeure pour les intérêts étasuniens dans la région.

L’intensification de la présence étasunienne en Afrique centrale, n’est pas seulement destinée à s’assurer des monopoles sur les réserves de pétrole nouvellement découvertes en Ouganda ; la légitimité de Museveni repose sur le soutien de l’étranger et son aide militaire massive — les forces étasuniennes au sol n’ont pas pour mission d’obtenir de juteux contrats de pétrole de Kampala. La pénétration dans le coeur de l’Afrique a pour but de déstabiliser la République Démocratique du Congo et de mettre la main sur des réserves de cobalt, tantale, or et diamants. Plus précisément, les Etats-Unis se proposent d’utiliser la politique de la terre brûlée en créant une situation de guerre au Congo qui chassera tous les investisseurs chinois. A l’image du conflit libyen, où les Chinois, quand ils sont revenus après la chute de Kadhafi, ont trouvé un gouvernement fantoche qui ne voulait faire des affaires qu’avec les pays occidentaux qui les avaient portés au pouvoir.

D’une part les Etats-Unis usent de leur influence pour favoriser l’émergence d’Etats séparatistes comme le Soudan du Sud et d’autre part, les activités de al Shabaab en Somalie, de Boko Haram au Niger et de plus grands groupes de AQMI en Afrique du nord offrent aux Etats-Unis un bon prétexte pour s’ingérer davantage dans les affaires de la région. La mission dévolue au premier président noir des Etats-Unis est d’exporter ostensiblement la guerre théâtrale contre le terrorisme sur le continent africain pour exploiter les tensions tribales, ethniques et religieuses existantes. Comme les théoriciens de la politique étasunienne tels que Henry Kissinger le proclament volontiers, "la dépopulation du tiers-monde devrait être la priorité essentielle de la politique étrangère étasunienne" ; les vastes espaces de désert et de jungle du nord et du centre de l’Afrique serviront sans nul doute de scène de théâtre aux guerres pour les ressources naturelles de la prochaine décennie.

* Nile Bowie a publié cet article original en anglais : USAFRICOM and the Militarization of the African Continent: Combating China's Economic Encroachment. Il a été traduit par Dominique Muselet pour Le Grand Soir
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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 19:49

15 avril 2012
Dr. Farmo Moumouni et El Hadj Dr. Hassimi Oumarou Maïga

 

Lettre ouverte aux chefs d’État d’Afrique Noire, aux peuples d’Afrique et à leurs prolongements dans le monde

 

Les événements qui se déroulent au Mali préfigurent la désintégration du continent. Après les traites négrières, la balkanisation, les indépendances factices et l’exploitation néocoloniale, on entre dans une zone du non retour où se construisent des stratégies politiques, économiques, militaires, etc., de domination et de confiscation des destins des peuples.

 

Seize millions d’âmes sont en détresse au Mali. Huit cents millions de personnes, au sein des pays aux destinées desquelles vous présidez, s’interrogent sur vos desseins. Un milliard d’Africains, sur le continent vous regardent. En Amérique, en Europe, sur tous les continents, la diaspora africaine s’émeut. Partout, l’Afrique meurtrie, avilie, vous interpelle. Et, la conscience africaine s’insurge contre toute confiscation de son destin, quelle que soit la forme qu’elle revêt.

 

Sommes-nous condamnés à intervenir dans l’Histoire comme instrument entre les mains de forces étrangères, avec souvent la complicité de ceux-là mêmes dont le rôle est de nous protéger ? Après les traites transsaharienne et transatlantique déshumanisantes, le partage de nos terres à Berlin, la colonisation aliénante, les indépendances simulées, le pillage effréné de nos ressources par les multinationales, l’inféodation dans la mondialisation de nos pays aux organisations internationales, et l’instauration en Afrique de démocraties dont les grands électeurs sont hors d’Afrique, de quelle autre soumission, de quelle sorte d’humiliation avons-nous encore besoin pour qu’une saine colère envahisse nos coeurs et qu’une juste révolte brise nos fers?

 

Excellences,

 

Les peuples d’Afrique Noire ne sont pas dupes, ils savent que derrière les événements qui se déroulent au Mali, se profilent des forces étrangères poussant devant elles le spectre de la désintégration du continent et du réaménagement de notre espace selon leurs intérêts. Ils savent qu’au Mali se jouent l’avenir d’un continent et le devenir d’une race.

 

Dans une démocratie, de la même manière que le pouvoir ne se prend pas par les armes, les revendications ne se font pas les armes à la main. Le principe d’un retour à une vie constitutionnelle normale s’entend fort bien, mais que vaut-il dans le cas du Mali, lorsqu’il jette le pays entre les mains d’indépendantistes armés qui portent atteinte à l’intégrité territoriale, et celles d’intégristes intolérants qui menacent la laïcité républicaine ?

 

Les peuples d’Afrique attendent de vous, Excellences, que vous soyez les premiers remparts des assauts contre eux menés, et que d’égal à égal, sans complexe aucun, vous défendiez leurs intérêts, face aux partenaires.

 

Face aux hégémonies qui menacent, l’intérêt des peuples n’est ni dans la partition du Mali, ni dans celle du continent, mais dans l’union de l’Afrique. Cette unification de l’Afrique qui était dès 1960 présentée par Cheikh Anta Diop comme « l’unique moyen de faire basculer l’Afrique Noire sur la pente de son destin historique, une fois pour toute ».

 

Il y a cinquante ans, dans le même ordre d’idées, le visionnaire qu’était Ckeikh Anta Diop recommandait d’ « opposer une fin de non-recevoir à toute idée de création d’États blancs, d’où qu’elle vienne et où que ce soit en Afrique Noire ».

Sur cette terre d’Afrique où l’homme noir a ouvert la marche de l’humanité, sur ce continent qui a été le théâtre du brassage des races et de la rencontre des civilisations, les peuples d’Afrique Noire ne sauraient être, chez elles, reléguer aux seconds rangs.

Trouver « une ligne de synthèse capable de déboucher sur une Afrique unique qui pourrait par les efforts conjugués de tous, être engagée dans l’aventure humaine des peuples» comme disait Boubou Hama, telle est la seule solution viable.

Au regard de ce que l’Afrique Noire, depuis plusieurs siècles, endure, et de sa situation actuelle qui en est la résultante, appelons une insurrection des consciences, en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud, en Europe, en Asie, et dans tous les prolongements de l’Afrique dans le monde :


- Contre l’avilissement de l’homme noir;


- Contre toute forme d’intégrisme;


- Contre toutes les forces externes et internes qui oeuvrent à la division de l’Afrique Noire, pour asseoir leur domination, afin de s’approprier les richesses du sol et du sous-sol africains.

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 19:14

18 avril 2012
Parfait Valère Mbeg

 

 

L’histoire de la colonisation est méconnue à dessein car elle est rapportée par des groupes d’ individus qui n’ont aucun intérêt à ce que le vérité soit connue,  honteux de leurs richesses acquises dans l’exploitation à la fois des « sauvages »  qu’ils sont allés  soi-disant civiliser, ou des soldats souvent de familles paysannes  qui croyaient rendre des services à leurs Patries alors que ceux des familles possédantes qui se disaient « honnêtes gens » s’arrangeaient pour que leurs progénitures fussent épargnées,  de ces aventures meurtrières.

 

Un proverbe africain dit que si tu t’égares, reviens sur tes pas et tu retrouveras ton chemin; depuis les fausses indépendances que l’Afrique a connue dans les années 1960 consécutives à la prise de conscience des indigènes qui avaient combattu aux côtés de la France et les alliés lors de la deuxième guerre mondiale, les pays africains s’enfoncent dans des guerres civiles par ci, des assassinats d’opposants et coup d’États à répétition (plus de cent recensés depuis 1960 ), des guerres de sécession qui cachent en fait une découverte de pétrole ou de minerais stratégiques car ces guerres civiles sont financées par des multinationales souvent occidentales qui tirent les ficelles sur des fausses différences ethniques face à des peuples qui  cohabitaient pacifiquement avant le début de cette colonisation.

 

Henri GUILLEMIN démontre dans ce documentaire en plusieurs parties qu’en fait la colonisation est une entreprise criminelle contre des peuples sans défense aux frais de l’administration donc de la collectivité mais au profit d’une poignée de personnes privées, une escroquerie monumentale qui continue aujourd’hui avec les multinationales qui organisent le dépeçage de l’Afrique afin de mieux servir leurs intérêts.

 

Pourquoi l’armée française a encore des bases dans des pays africains dits indépendants alors qu’elle est incapable d’empêcher la balkanisation du Mali ?

 

Pourquoi les U S A sont entrain de multiplier des bases militaires autour de tous les bassins pétroliers africains?

 

Comme Douala Manga Bell qui a tenté de s’opposer à la spoliation des meilleures terres par l’administration allemande  et qui fut victime de pendaison après sa dénonciation par un Chef traditionnel (c’étaient tous des collabos sous la colonisation) , Laurent GBAGBO qui a tenté de rendre à l’État de Côte d’Ivoire le droit d’être seulement propriétaire de son Palais Présidentiel celui-ci est envoyé en prison à La Haye, Henri Guillemin expliquera dans ce documentaire au départ pourquoi cette cour a été créé à cette époque, on pourra comprendre pourquoi leurs cours coloniales ne jugent que les Africains.  On comprendra pourquoi le pétrole de la Libye a accéléré la disparition de la famille Khaddafi en attendant que celui de la Guinée Équatoriale soit mis dans leur besace, la France ayant déjà commencé son test  en saisissant les biens sous protection diplomatique de ce pays à Paris à grand coup de renfort publicitaire, question de bien sonder les opinions publiques africaines avant l’imposture.

 

Faute d’ouvrir les yeux aux Africains, on s’achemine comme des moutons vers l’abattoir vers des nouvelles tueries que seules les multinationales qui ont des moyens d’écoutes et d’espionnages en Afrique peuvent prévoir, car c’est elles qui tirent les ficelles dans ce jeu macabre qu’a mis en place Jules FERRY le 28 Juillet 1885 devant la Chambre députés à Paris, la colonisation est une entreprise démocratique car votée par la représentation du peuple, elle n’en pas moins criminelle et profitable à une poignée de personnes dont font partie nos dirigeants choisis en fonction de cette servilité.

 

HENRI GUILLEMIN, 19 mars 1953 à Mâcon - 4 Mai 1992 à Neuchâtel,  est un historien non-conformiste proscrit des ondes  « démocratiques »   françaises alors qu’il fait beaucoup d’audience dans les  médias de Belgique et de Suisse .

 

 


 

 

 

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 14:14

7 avril 2012
Shanda Tonme

 

Il y a juste un peu plus de six mois, en novembre 2011, une prestation de serment se tenait au Cameroun. Le président élu qui se livrait à cet exercice, n’était personne d’autre que le même, celui qui depuis trois décennies, s’est confectionné un costume de monarque absolue à la tête du pays.


On avait alors vu un pays que l’on dit très pauvre et très endetté, organiser des festivités grandioses évaluées au bat mot à plusieurs dizaines de milliards, après une élection de pure forme dont l’ensemble des ingrédients façonnés par un parti-Etat omnipotent et insolent, avait déjà dépravé les caisses publiques de quelques centaines de milliards. Pour la seule prestation de serment, des badges, des pagnes, des gadgets de toute nature, des réceptions à n’en plus vivre, tous déployés sous diverses formes et résultant d’autant de marchés surfacturés au bénéfice de prestataires comparses, avaient inondé les quatre coins du pays.

Voici qu’arrive le Sénégal, avec un président prêtant serment sous une modeste tente, sans fanfares ni agapes ni gadgets, et surtout sans fantasmes monarchiques. On a cru voir un cinéma de mauvais goût, une invention, une moquerie adressée adroitement ou indirectement à ceux qui tiennent si mal et si cupidement le destin du Cameroun. Les citadins de Douala ou de Yaoundé, d’Ebolowa ou de Maroua et Limbé, n’ont pas pu s’empêcher de comparer, de regretter, de se sentir tout petit, un peu escroc et un peu barbare face à l’humilité et à la raison haute de là bas.

Plus qu’une gifle, c’est une humiliation suprême, surtout que par ici, personne n’a jamais osé s’interposer, lever le doigt pour accuser, pour dénoncer, pour invoquer l’instinct de honte, le devoir de retenue lorsque l’on a en charge le destin d’une nation. C’est la réalité d’un pays devenue presque hypothétique et exsangue par l’accumulation du doute et la prolifération de la corruption, de la tricherie et du sectarisme devenue une pandémie insurmontable, qui ressort finalement de la comparaison.

Mais comment alors ne pas s’interroger enfin, sur le dilemme malien, sur les causes et les implications d’une descente aux enfers du berceau de quelques repères les plus impressionnants et les plus représentatifs de la civilisation du nègre. Trois schémas se sont ainsi imposés dans une actualité subitement chargée d’émotions et dominée par des réflexes à la fois historiques et prospectifs.

De ces trois schémas dégageant des paramètres aussi loin les uns des autres mais aussi près les uns des autres au regard de l’exigence de valorisation de certains principes élémentaires de gouvernance, et du besoin de sauvegarder et de rappeler ce qui préoccupe dorénavant, l’obligation d’un rapport analytique s’est imposé.

A – Le Drame permanent de l’Etat colonial centralisé et totalitaire

Avec les profils que l’on découvre dans les anciennes colonies en ce qui concerne l’accession au pouvoir, la gestion du pouvoir et la conservation du pouvoir, il y a d’abord des similitudes et ensuite des différences. D’abord, il faut reconnaître que les trois pays héritent d’un système de construction des institutions étatiques entièrement calqué sur les mœurs politiques de l’ancienne métropole coloniale. La volonté des dirigeants depuis les indépendances, de ne pas aller au-delà des carcans règlementaires et légales qui furent dans un premier temps imposés, n’a jamais auguré d’une société véritablement organisée et moderne.

Que ce soit au Mali, au Sénégal ou au Cameroun, le drame de la mauvaise gouvernance est d’abord le drame d’une prédisposition mentale incapacitante et givrée, bloquée, impotente. On a reçu de part et d’autre les instruments de commandement comme on reçoit une médaille qui restera flanquée à vie sur la poitrine.

La tâche qui aurait incombé aux élites sorties bardées des diplômes de toute les spécialités des universités et écoles prestigieuses, semble avoir été oubliée sinon dévoyée. Le confort matériel allié à une sous culture obscurantiste, a enfermé les anges de la parole et de l’écriture dans des processus de dépravation inqualifiables. Ce que l’on retient après plus d’un demi-siècle de politique locale et de gouvernance nationale, c’est la faillite de l’instauration de véritables règles de jeu démocratiques dans la conduite des politiques.

De ce point de vue, qu’il y ait eu ou non la pratique des coups d’Etat ne change vraiment pas grand-chose dans les conclusions cardinales. C’est à partir de la faculté, la prédisposition et l’art de quitter le pouvoir, que l’on devrait gérer les interrogations différentielles.

Si l’on prend ce qui semble devenir le modèle salué bruyamment aujourd’hui, en l’occurrence le Sénégal, les faits ne plaident pas pour une consécration automatique et totale dans le tableau des démocraties. Si Senghor su se retirer, ce ne fut pas avant d’avoir préparé de façon autocratique, les détails de sa succession. Il régna sur son pays avec une certaine condescendance de patriarche intouchable.

Il avait certes pour lui, une auréole intellectuelle et internationale de premier plan avec laquelle ou grâce à laquelle il su écraser les contradictions et imposer ses volontés, sa vision politique. Son successeur, son digne élu, cru pouvoir rentrer entièrement dans ses costumes et hésita longtemps avant de quitter le pouvoir par les urnes. Ce n’est un secret pour personne, comme le racontera plus tard son ministre de l’intérieur, un militaire, que Abdou Diouf pensa fortement à confisquer le pouvoir, n’eut été le refus de le suivre, des hommes en tenue sur lesquels il souhaitait s’appuyer.

Wade a fait mieux, triturant la constitution, malmenant ses alliés de la première heure et reniant ses promesses solennelles, exactement comme Bozizé, Biya ou Eyadema. Avec lui, les sénégalais ont acquis la conviction qu’un être humain y compris le plus doué et le plus élégant en apparence, peut se transformer en monstre avec le temps. L’octogénaire aura tout tenté : positionner son fils, imposer une élection à l’américaine, changer la durée du mandat, tromper la vigilance des constitutionnalistes, susciter un faux débat, développer une boulimie hors normes, introduire des freins censitaires dans les conditionnalités d’accession à la candidature, jeter ses contradicteurs en prison, museler la presse, oppresser les artistes. Ce tableau est-il finalement différent du Tchad, du Cameroun, du Congo de Sassou Nguesso ?

Nous retrouvons en fait, des situations qui d’un point de vue de l’administration politique et des exigences démocratiques, présentent des individus convaincus d’être envoyés par Dieu pour gouverner leurs compatriotes, et développant une culture personnelle d’appropriation du pouvoir.

Le conseil constitutionnel au Cameroun est une simple mutation des hauts magistrats de la cour suprême aux ordres du chef de l’Etat et on ne s’attend pas à le voir dire un droit d’opposition et de changement. Au Sénégal, cet organe aurait pu entrer dans l’histoire en bloquant la candidature de Wade. Hélas, cela n’a pas été le cas, pour les mêmes causes, la même sous culture d’autoritarisme et de soumission incapacitante. (A suivre)
 

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 15:31

22 mars 2012
Coulibaly Zié Oumar
Notre voie


Règlement de la crise ivoirienne: Guillaume Soro défie la CPI

 

Guillaume Soro va-t-il échapper à la justice internationale ? Pour le concerné, c’est «oui !». Dans l’interview qu’il a accordée à l’hebdomadaire «Jeune Afrique», il affirme qu’il «n’y a rien me concernant.» Et il ajoute: «Je suis serein.» Défiant ainsi la Cour pénale internationale (Cpi) au moment où des émissaires de ce tribunal international sont en pleine enquête à l’Ouest du pays, là où les hommes de Guillaume Soro sous son commandement et celui d’Alassane Ouattara, ont massacré les mardi 29 et mercredi 30 mars 2011, 816 personnes, selon les organisations des droits de l’homme, lors de la prise de la ville de Duékoué par les FRCI.

 

Pourquoi tant de certitude pour celui qui, pourtant, revendique à tout temps, la responsabilité de cette armée privée devenue par ordonnance prise par Alassane Ouattara le jeudi 17 mars 2011, une armée nationale. Fort justement, Soro, dans son interview, parle de la situation de Jean-Pierre Bemba, un chef de guerre comme lui qui est à la Cpi après avoir été arrêté en Belgique le 24 mai 2008 et accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité – viols, pillages et meurtres. Ces crimes ont été commis en 2002 et 2003 en Centrafrique par sa milice du Mouvement de libération du Congo (MLC) où elle soutenait les troupes de l’ex-président feu Ange-Félix Patassé alors confronté à une tentative de coup d’État du général François Bozizé (En mars 2003, ce dernier finit par s’emparer du pouvoir et saisit la CPI en 2004 ).

 

«La Cpi va juger Jean-Pierre Bemba ; elle n’a pas que je sache, mis en cause Joseph Kabila », a-t-il affirmé, se mettant ainsi dans la position du président de la Rdc, adversaire de Jean-Pierre Bemba. Pourtant, Soro se trouve bien au contraire dans la situation du chef du MLC.

 

Par conséquent, si Bemba est à la Cpi parce que ce sont ses troupes qui sont responsables des massacres de la Centrafrique alors qu’il dit qu’elles n’étaient pas sous son contrôle mais sous celui de feu Ange-Félix Patassé, Soro doit répondre car ce sont ses trompes qui ont fait le massacre de Duékoué pour ne parler que de celui-là. Parce qu’il y en a bien d’autres.

 

Comme les massacres de Bouaké en octobre 2002 où plus de 60 gendarmes et leurs familles ont été froidement tués, ceux de Korhogo en juin 2006 où des personnes ont été étouffées dans un conteneur par le chef de guerre Fofié Kouakou selon les rapports des organisations de droits de l’homme.

 

Pour ces deux massacres qui vont faire l’objet d’une enquête de la Cpi, Soro affirme que «des jugements ont été prononcés, des sanctions sont tombées contre les responsables. Je vois mal la Cour remettre cela en question.»

 

Pour lui donc, dès lors qu’il y a eu des jugements et des sanctions selon les règles du Mouvement populaire de Côte d’Ivoire (Mpci), il ne devrait plus avoir de poursuite contre lui. Ironie du sort, Bemba et son camp ont développé le même argument.

 

«Après la dénonciation des exactions imputées à ses hommes, Bemba avait sanctionné les combattants concernés après la tenue d’un «procès» dans son maquis à Gbadolite », a révélé M. F. Muamba, secrétaire général du MLC dans une déclaration rendue publique le 26 mai 2008 sur le site http://www.congoindependant.com où il a dénoncé l’arrestation de Bemba.

 

On voit donc que là où Bemba est accusé d’être le responsable des crimes commis par ses hommes, Soro lui, veut s’innocenter ou tout au plus, veut-il se contenter de livrer ses chefs de guerre pour donner l’illusion d’une justice impartiale.

 

«Si certains comzones sont poursuivis par la Cpi, ils devront en répondre, mais cela s’arrêtera là», a-t-il affirmé à Jeune Afrique. On remarque par le «mais cela s’arrêtera là» qu’il n’est pas prêt à faire plus. C’est-à-dire, pas question qu’il soit tenu responsable des crimes de ses hommes et de son armée. Guillaume Soro doit être, au vu des faits et en tant que premier responsable des rebelles au moment où ils commettaient des crimes odieux, conduit à la Cpi en attendant le tour de ses chefs de guerre et ses commanditaires.

 

A moins que la Cpi qui est vue par de nombreux citoyens du monde comme une Cour aux ordres des plus forts, ne décide de faire autrement. Comme elle le fait un peu partout à travers le monde. «C’est une Cour aux mains des Occidentaux pour régler leur compte», pense-t-on dans plusieurs pays du monde.

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 14:47
25 mars 2012
Emmanuel Leroueil
TerangaWeb

Les évènements qui viennent de se produire au Mali sont graves et nous interpellent tous. Le coup de force de mutins ayant conduit au renversement du président élu Amadou Toumani Touré (ATT) n’est pas seulement un échec pour les citoyens maliens, il l’est pour tous les Africains concernés par l’idéal démocratique.

 

Ce coup d’Etat ramène ce pays vingt ans en arrière, quand la voie du changement politique ne trouvait à s’exprimer que sur le terrain de la force militaire. Depuis 1991, le Mali s’était frayé un chemin original et ambitieux vers l’affirmation d’un modèle institutionnel démocratique, exemple servant de phare à tous les pays de la sous-région et au-delà. Le modèle ATT, celui de militaires renversant un pouvoir politique corrompu et autoritaire pour permettre l’émergence d’un système démocratique et régulier, sorte de maladie d’enfance des Nations africaines, a fait florès en Afrique francophone : le Niger, la Guinée Conakry, la Mauritanie ont, avec des succès incertains, suivi l’exemple malien. A chaque fois, le but affirmé était le même : en finir avec l’autoritarisme, la corruption et la gabegie politique et économique. Malgré l’opportunisme de certains de ces coups d’état militaires visant à instaurer la démocratie, l’exemple du Mali était là pour nous rappeler que le succès était tout de même possible.

 

Mais le coup d’Etat militaire du 22 mars 2012 à Bamako, s’ajoutant aux soubresauts de contestation politique qui n’ont cessé d’agiter le continent en 2011 et 2012, doit nous amener à repenser radicalement la question des institutions politiques en Afrique.

 

Ce qui vient de se jouer au Mali n’est pas une question de personne mais de système. Un président honnête, populaire, travailleur, dévoué, sans doute compétent, n’a pas été en mesure de répondre aux attentes légitimes de sa population. La croissance du pays, à 4% en moyenne sur les cinq dernières années, inférieure d’un point à la moyenne africaine, n’a pas permis d’améliorer les conditions de vie des populations. Surtout, aucune dynamique de développement socio-économique n’a véritablement été enclenchée. L’Etat malien reste pauvre et doit contrôler un territoire immense d’1 267 000 km², dont une grande partie incluse dans le désert du Sahara, où vivent notamment les populations touarègues dont certains représentants contestent le monopole du pouvoir et de la violence légitime à l’Etat malien. Sous-équipée, l’armée malienne a jusqu’à présent surtout subie les assauts répétés des rebelles touarègues. Le ressentiment au sein des troupes et de la population face à cette impotence militaire est à l’origine du renversement du président Toumani Touré. Mais quelles que soient les motivations sincères et honnêtes des mutins, seront-ils en mesure de faire mieux ? Tout laisse à croire le contraire.

 

Ils seront eux aussi confrontés à une capacité très limitée de mobilisation des ressources ; quand bien même ils en arrivent à des mesures radicales du type embrigadement de masse pour vaincre la rébellion touarègue, l’escalade de la violence ne peut être la solution pour mettre un terme aux revendications touarègues, et encore moins améliorer les conditions de vie des maliens. S’il est absolument nécessaire que le rapport de force soit favorable à l’Etat, il faudra aussi que les revendications sociales de la population touarègue soit entendues et satisfaites. C’est cet équilibre que recherchait le président Touré, sans succès.

Cet échec n’est toutefois pas celui d’un individu, mais de toute la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette institution est censée jouer un rôle supranational non seulement économique, mais également politique et militaire (avec notamment le traité de l’ECOMOG - Ecowas Ceasefire Monitoring Group – et le protocole d’assistance mutuelle en matière de défense). L’espace ouest-africain se caractérise par une multitude de défis transverses qui concernent tous les Etats de la sous-région et qu’aucun Etat pris individuellement ne peut résoudre. Ainsi du contrôle du Sahara ; de la gestion de ressources naturelles transnationales comme le fleuve Niger ou le Sénégal ; de la lutte contre la déforestation et les risques écologiques ; de la déliquescence d’Etats faibles (Guinée Bissau) devenus de véritable plaque-tournante pour tous les trafics internationaux ; des déplacements de population suite à des conflits comme la guerre civile en Côte d’Ivoire ; de la structuration internationale de mouvements terroristes. Et, surtout, du développement socio-économique. Pour enclencher la dynamique positive croissance économique/augmentation du niveau de vie/amélioration de la qualité de vie, il va falloir mobiliser des ressources colossales pour investir, agrandir les marchés pour que les entreprises locales se développent et structurer le cadre économique, réglementaire et politique d’une façon qu’aucun Etat pris individuellement ne pourra mener à court terme.

 

Ce constat semble évident et pourtant aucun chef d’Etat, aucun responsable politique d’envergure semble en avoir saisi la pleine mesure. Les alternances politiques amèneront des Amadou Toumani Touré : des chefs d’Etat sérieux, sincère dans leur volonté de réforme, populaire au début, mais incapables de mobiliser seuls les ressources nécessaires pour répondre au chômage des jeunes, aux besoins de protection sociale et aux aspirations au confort et à la sécurité. Il y a des préalables au renforcement de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest, qui prennent du temps à mettre en place. Faire en sorte que les idées circulent et soient partagées, que les gens approfondissent leur connaissance mutuelle et leur responsabilité commune, que des mouvements politiques se structurent à l’échelon régional autour d’un programme commun clairement identifié et revendiqué. Seule la génération d’après, celle des jeunes d’aujourd’hui qui seront les responsables de demain, peut encore répondre à temps à cet impératif qui est de relancer le projet panafricain à travers des institutions sous-régionales puissantes et responsables démocratiquement devant les citoyens.

 

Le coup d’Etat militaire de Bamako, la crise politique ivoirienne, les coups d’Etat récurrents au Niger, au Tchad, en Centrafrique nous le rappellent cruellement : cinquante après les indépendances, nos Etats sont faibles qui plient au premier coup de semonce, qui sont à la merci des ambitions du premier venu. Il est plus qu’urgent de combler ce vide, de régler une fois pour toute ce problème institutionnel.


C’est pourquoi nous plaidons pour une République Fédérale d’Afrique de l’Ouest qui regrouperait les Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) et de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), ainsi que des pays anglophones de la sous-région qui souhaiteraient rejoindre cette institution. Cet ensemble serait l’exemple le plus abouti d’intégration sous-régionale au monde, qui mettrait en commun sa politique monétaire, budgétaire, économique, sociale, agricole et militaire. Nous serons amené, au sein de l’équipe de Terangaweb, à préciser l’intérêt et les contours de cette République Fédérale d’Afrique de l’Ouest, qui aurait également pour but de rationaliser la compétition politique à travers une même élection législative qui se tiendrait en même temps à chaque échelon national, les forces politiques ainsi élues se voyant représentées à la proportionnelle au niveau supranational.

 

Il est temps de redonner de l’élan au projet panafricaniste en le concrétisant autour de projets viables et utiles. Il est temps de se mobiliser pour la République Fédérale d’Afrique de l’Ouest.

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 13:39

25 mars 2012
Acheikh Ibn-Oumar

 

Décès de Muhamad Ibrahim-Nugud (1930-2012), Secrétaire-général du parti communiste soudanais depuis 1971


 

 

Survenue le 22 mars dans un hôpital londonien, la disparition de Muhamad IBRAHIM-NUGUD, à l'âge de 82 ans, ferme une page importante de l'histoire exceptionnelle du Parti communiste soudanais, et de l'histoire du Soudan en général.

 

Sa mémoire a été unaniment saluée dans tous les milieux, y compris par les responsables du gouvernement du maréchal al-BASHIR.

 

Abdalkhaleq MAHJUB, fondateur du Parti Communiste Soudanais, exécuté en 1971, par le Maréchal NumeyriAlors que le Parti communiste soudanais avait été considérablement affaibli, pour ne pas dire éliminé de la scène politique, depuis l'exécution, en 1971, de son Secrétaire général fondateur Abdalkhaleq MAHJUB, par la dictature militaire dirigée par feu le maréchal Gaafar al-NUMEYRI, l'aura du successeur a paradoxalement continué à grandir.

 

En effet, dans les dernière années de sa vie, IBRAHIM-NUGUD jouissait d'une grande considération et d'un grand respect, même chez adversaires politiques les plus farouches. Au fil des années, il s'est imposé comme un patriote authentique aimant profondément son pays: un exemple d'intégrité, d'esprit de sacrifice et de constance. 

 

Il est le seul chef de parti à n'avoir jamais accepté d'aller en exil, même pendant les années les plus sombres de la dictature.

 

Ainsi, il passa vingt années dans la clandestinité, protégé par les militants et sympathisants, se mouvant au sein du peuple "comme un poisson dans l'eau", selon la formule de MAO ZE DONG; au grand dam de la police politique: de 1971 à 1985 sous le régime NUMEYRI; et de 1989 à 2005, sous le régime AL-BASHIR.

 

Tout le monde lui reconnait une honnêteté et un détachement matériel exemplaire, en même temps qu'une grande tolérance et une élégante courtoisie dans ses rapports avec ces adversaires et ses contradicteurs.

 

Parallèlement à son engagement politique infatigable contre le colonialisme britannique et les dictatures locales, IBRAHIM-NUGUD était un intellectuel reconnu. Ses écrits sont souvent centrés sur les trois thèmes qu'il pensait déterminant dans l'analyse de la société soudanaise: les effets de l'esclavagisme, la nature de l'Etat et le rôle des confréries soufies.

 

Mais, à mon avis, sa plus grande réussite, c'est d'avoir démenti la mauvaise image des communistes dans les pays arabes et musulmans, à savoir que les communistes sont des athées fanatiquement hostiles à l'Islam et qui sont aux ordres de l'Union soviétique.

 

IBRAHIM-NUGUD a réussi à faire accepter par une société aussi traditionaliste que celle du Soudan, qu'on peut être communiste et néanmoins très attaché à l'héritage culturel et religieux de sa société.

 

Il avait coutume de dire :"si je me compromets avec les impérialistes et les dictateurs, je ne suis pas un vrai communiste; et si je renie le patrimoine arabe, musulman et négro-africain de mon pays, je ne suis pas un vrai patriote soudanais".

 

Les masses laborieuses sont reconnaissantes au parti communiste qui était le seul à s'être complètement investi pour la création et le renforcement des organisations syndicales au sein des ouvriers et des travailleurs agricoles, depuis sa naissance en 1947.

 

Fatima Ahmed Ibrahim, née en 1933, première femme membre du comité central du P.C. soudanaisUn autre aspect très important à souligner: le parti fondé par Abdalkhaleq MAHJUB, avait joué un rôle pionnier et déterminant dans l'émancipation de la femme soudanaise; particulièrement à travers Fatima Ahmed IBRAHIM, la première directrice de journal, la première femme parlementaire, et qui avait été présidente de l'Union des femmes soudanaises jusqu'à son retrait de la vie politique en 2007.

 

Le principal point faible, à mon avis, pour ne pas dire l'échec, de la lutte du Parti communiste soudanais sous la direction de feu IBRAHIM-NUGUD, c'est d'avoir raté le tournant de la modernisation: la mémoire des marxistes soudanais est resté figée dans l'époque glorieuse de la lutte contre le colonialisme et l'émergence du Tiers-monde sur la scène internationale.

 

Les mutations des ces dernières décennies avec, d'une part, l'écroulement du camp soviétique et l'obsolescence des certains dogmes et schémas d'analyse élaborés par Marx et Lénine, et d'autre part, l'apparition d'un nouveau système socio-économique marqué par les "nouvelles technologies de l'information et de la communication" (NTCI), la mondialisation, la financiarisation, et les idéologies identitaires/commnautaristes... n'ont pas été suffisamment prises en compte.

 

Cet immobilisme doctrinal a conduit à une marginalisation progressive sur le plan politique, ainsi qu'à un affaiblissement organisationnel sur le plan interne: des cadres et des dirigeants avaient démissionné estimant que le Parti devait revoir complètement sa ligne politico-idéologique ainsi que son discours, pour être en phase avec les profonds bouleversements intervenus dans le monde et dans le pays; certains exigeaient même le changement de la dénomination "communiste", à l'instar de ce qui s'est passé en Italie en 1991, et dans d'autres pays.

 

Cela rejoint une opnion qu'on trouve un peu partout dans le monde d'aujourd'hui; à savoir que le binôme "mondialisation+Internet", si caractéristique de ce début du 21ème siècle, marque la fin de toutes les idéologies progressistes historiques: marxisme, socialisme, panarabisme, parafricanisme, tiers-mondisme, etc. Les uns en concluent qu'il faut inventer des concepts et des formes de mobilisations radicalement nouvelles, les autres en concluent qu'il faut purement et simplement abandonner toute vélleité de mlitantisme.

 

Vaste débat....

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