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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 15:02

Dossier Noir n°2 - "Les liaisons mafieuses de la Françafrique", Agir ici et Survie, L’Harmattan, 1995

Rien a changé, tout a continué! 

 

Poursuivant un premier balayage géographique forcément très incomplet, l’on rencontre forcément le groupe des pays producteurs de pétrole d’Afrique centrale : l’or noir est source de richesses hors du commun, dont l’appropriation très inégalitaire est généralement défendue ou contestée par la violence, ou les détournements. La crise simultanée des rentes traditionnelles et de l’Etat post-colonial fait dégénérer ces luttes, d’autant plus que les compagnies extractrices préfèrent miser sur des dictatures militaro-claniques ou des " seigneurs de la guerre " que sur un processus peu prédictible de démocratisation. En ce bastion, Elf jouit d’un quasi-monopole. Sa stratégie, ses rivalités internes, le choix de ses " parrains " politiques et de ses intermédiaires locaux sont déterminants lorsqu’il s’agit de favoriser ou contrecarrer une dérive criminalisante : c’est très clair au Nigéria, qui ne sera pas examiné ici.

 

L’approche du nouveau PDG d’Elf, l’ancien Directeur du Trésor et très balladurien Philippe Jaffré, celle du manitou André Tarallo (entre réseaux Foccart et Pasqua), celle des trafiquants en tous genres, experts en recyclage de royalties, ne sont pas identiques - même si elles se recoupent, plus ou moins fréquemment. Mais l’on observe que les principaux réseaux d’origine politique, loin de calmer le jeu, optent pour le tripot. Brefs aperçus.

 

CAMEROUN

Les recettes pétrolières n’ont jamais été budgétisées pour, disait-on, " ne pas habituer les Camerounais à la facilité ". Elles ont donc largement gonflé les comptes offshore. Le Président Paul Biya garde la haute main sur la Société nationale des hydrocarbures qui contrôle toute la partie camerounaise de la chaîne pétrolière, sous le label " Confidentiel Défense " (113). Cela simplifiait la vie à Elf. Côté français, l’ambassadeur Yvon Omnès assurait une interface remarquée avec le pouvoir politique local et l’entreprise pétrolière, alors nationalisée. Ferme soutien du régime de Paul Biya dans son évolution vers le " multipartisme administratif ", il " est devenu son conseiller privé une semaine après avoir pris sa retraite, avec une concession de bois pour survivre (d’après le bruit qui court au Cameroun) (114)". Il ne serait pas le seul dans le bois : Jean-Christophe Mitterrand est l’un des responsables de la Société forestière industrielle de la Doume, dont l’implantation camerounaise n’est pas sans " concessions " (115). C’est l’ancien bras droit de JCM à l’Elysée, Gilles Vidal, qui a remplacé Yvon Omnès. Pierre Pasqua est également très présent.

 

Il y a un " mystère " dans le triangle Biya-Elf-Etat français : l’on comprend bien qu’un budget amputé de sa principale recette potentielle soit en faillite récurrente - comme la majeure partie de l’économie, aussi impudemment pillée ; pourtant, " on " décide très régulièrement en France, sous divers prétextes (l’" ajustement structurel ", la prévention d’une explosion sociale,... ) de combler le déficit budgétaire du Cameroun, ou de payer ses échéances envers la Banque mondiale. Ces dévoiements répétitifs de l’aide publique au développement n’ont que deux explications possibles : ou les décideurs ont perdu la tête, ou l’argent remis au loto camerounais n’est pas perdu pour tout le monde (le triangle se boucle à Genève, Luxembourg, ou dans les îles Caïman... (116)).

 

Notons au passage, et par pure coïncidence, que le Cameroun compte quelques gros brasseurs de liquidités. Les frères Feliciaggi, amis de Charles Pasqua, gèrent les casinos du pays (117). Comme jadis au Rwanda, la bière coule à flots : à défaut d’un autre type de développement, les BGI (Brasseries et Glacières d’Indochine), détenues par le groupe Castel, sont la première entreprise privée du pays. Elles " continuent à faire de l’or sur le continent noir (118)". " Nous détenons 92% du marché des pays francophones pour la bière, mais aussi les soft-drinks ", reconnaît Pierre Castel. Cela suppose l’agrément des pouvoirs locaux. Mais, " s’il tutoie plusieurs chefs d’Etat africains, il ne fait pas de politique (119)".

Pendant ce temps, un Biya de plus en plus contesté croit pouvoir s’en sortir en affûtant les divisions ethniques. Et un vif ressentiment anti-français gagne la population, qui a bien vu le soutien inconditionnel de la Françafrique à la " famille " présidentielle.

 

TCHAD

Là encore, les chefs de clans sur lesquels la France parie successivement (120) ne se contentent pas de battre des records de cruauté (121) : ils jouent leur va-tout en exacerbant les rivalités ethniques. Dans un contexte explosif, la Conférence nationale tchadienne avait réussi à poser les bases d’une réconciliation inespérée entre populations du Nord et du Sud, toutes excédées par les exploits indéfinis des " seigneurs de la guerre ". Mais le pétrole (du Sud tchadien) a ses raisons que la population ne connaît pas.

 

" Le règlement du problème tchadien tient à la pression internationale mais dépend avant tout de la politique française. Comment la France a-t-elle pu recevoir le président Déby alors qu’il avait fait égorger 247 personnes à Goré (dans le Logone orientale) en février dernier ? La loi du silence ne pourra plus durer longtemps. L’année dernière, il y a eu un mouvement de révolte chez les coopérants français au Tchad. Ils ne pouvaient plus supporter de voir leur présence couvrir la situation du pays. Ils ont écrit une lettre ouverte à leur gouvernement, mais ont été expulsés avant même de pouvoir la signer. On a évidemment étouffé l’affaire (122)".

 

Après la mise au pas de la Conférence nationale et l’assassinat du principal concurrent d’Idriss Déby, Abbas Koty, " le Tchad normalisé est un Tchad écrasé et sans voix ", constate un connaisseur et ami de ce pays :

 

" Une fois encore, un pouvoir soutenu par la menace des armes fait peser son joug sur les forces démocratiques existantes [...]. Les seules ressources importantes, celles du pétrole découvert dans le sud, sont détournées au profit du président qui vient d’en vendre l’exploitation pour dix ans aux compagnies américaines. Où est passé l’argent ? La normalisation du Tchad renforce l’exploitation et le pillage. [...] Or, la France, en continuant à financer une partie du fonctionnement de ce pays comme elle vient encore de le décider après un voyage du ministre de la Coopération, prolonge la vie du régime, cache les réalités politiques et sociales et provoque une aggravation de la situation économique. [...] La politique française, qui veut surtout éviter les remous, prépare en fait des situations inextricables pour demain (123)".

 

Mais le propre des réseaux croisés n’est-il pas d’enserrer les populations assujetties dans des situations inextricables ?

 

GABON

On ne s’étendra guère sur le fonctionnement souvent extravagant de cet émirat d’Afrique centrale, l’une des cornes d’abondance de la Françafrique : Pierre Péan, entre autres, l’a divulgué (124) ; dans leur dernier livre, Antoine Glaser et Stephen Smith en rajoutent une louche (125). Ils rappellent les 300 millions de FF volatilisés en Suisse, lors du projet mort-né d’usine de cellulose, et surtout les 30 milliards de FF du chemin de fer transgabonais : les commissions afférentes " ont fait la fortune autant de barons du régime gabonais que de leurs "amis" occidentaux, en particulier français (126)". Ils rappellent qu’en 1988 l’ancien directeur d’Elf-Corse, Toussaint Luciani, avait proposé l’installation d’un centre international de stockage de déchets radio-actifs, écarté finalement après l’intervention de quelques esprits malveillants. Ils signalent encore que ce pays - dont les habitants sont (en moyenne) 20 fois plus riches que les Malgaches -, a reçu de la France, pour la seule année 1987, 3 milliards de crédits bonifiés, garantis par la Coface. Tout cela sera, in fine, essentiellement réglé par le contribuable français (puisque l’émir débiteur organise son insolvabilité) : l’" aide " bon dos.

 

Elf, et André Tarallo, sont omniprésents dans l’économie et la politique gabonaises, comme dans le recyclage des pétrodollars : ceux d’Elf, bien sûr, mais ceux aussi du clan Bongo, et ceux de ses parrains politiques français - un éventail très oecuménique. Omar Bongo sait s’attacher leur protection : il multiplie la distribution de " valises à billets " en période pré-électorale. Comme par hasard, Libreville est alors très visitée par les candidats ou leurs émissaires - tel Patrick Balkany, pour le compte d’Edouard Balladur (127).

 

Sous l’impulsion de Philippe Jaffré et de son adjointe Geneviève Gomez, Elf a bien tenté d’assainir les relations avec la famille Bongo. Mais le président gabonais sait capter son monde, par toutes sortes de liens (128) : ainsi, la pure amitié entre son fils Ali et Jean-Christophe Mitterrand ; ainsi, la coopération électorale (réciproque ?) avec Charles Pasqua.

C’est que, malgré les richesses du pays (ou à cause de leur accaparement... ), malgré toute l’habileté de Bongo, son caïdat est violemment contesté. Lui aussi a dû faire face à des émeutes, à connotation anti-française ; lui aussi est tenté par la carte ethnique, misant sur une coalition anti-Fang (l’ethnie majoritaire). Charles Pasqua a donc envoyé ses experts du ministère de l’Intérieur aider Omar Bongo à " préparer " l’élection présidentielle de 1993. En mobilisant le ban et l’arrière-ban de la Françafrique, tout était paré pour un passage au " multipartisme Mbembe (129)" : la DGSE, Elf et l’ambassadeur Louis Dominici, avaient, dit-on à Paris (130), mis au point " un scénario de transition douce, en accord avec le père Mba Abessole ", le principal opposant au régime. Puis, " Bongo s’est affolé ". Au lieu d’attendre le second tour où on l’assurait de " gagner à plus de 60 %, quitte à manipuler un peu les chiffres (131)", le président gabonais s’est autoproclamé réélu dès le premier tour ruinant " toute illusion sur la démocratisation en Afrique ". Ce qui n’a pas empêché le Quai d’Orsay de qualifier la réélection d’Omar Bongo de " nouvelle étape importante du processus d’ouverture ".

 

CONGO

Le clan de l’ex-Président et ex-marxiste Denis Sassou N’Guesso avait déjà fait très fort dans le pillage et la dilapidation des ressources congolaises : somptueux " éléphants blancs ", trafic d’armes avec l’Afrique du Sud (132) et de diamants avec le Zaïre (133). Ses alliances avec Bongo et Mobutu, et ses nombreuses accointances parisiennes (134), l’ont d’ailleurs rendu quasi insubmersible, malgré son remplacement par Pascal Lissouba.

Le Congo est la base d’origine et le lieu de la première fortune des frères Feliciaggi - ces amis corses de Charles Pasqua et André Tarallo -, alors chefs d’entreprises. Leur seconde fortune s’est faite à partir de l’amitié intime et du conseil financier de Sassou N’Guesso (135), vers l’empire des jeux dits de hasard (casinos, loterie, PMU).

 

Le président Pascal Lissouba, après de premières relations houleuses avec la Françafrique, s’est assuré des " parrainages " tous azimuts : il s’est fait initier à Besançon dans une loge du Grand-Orient de France (GOF) ; il a pris pour conseillers financiers l’ancien Grand Maître du GOF, Jean-Pierre Prouteau, et Pierre Moussa, de la financière Pallas, proche de Jacques Chirac ; il est allé en pèlerinage à Colombey avec Jacques Foccart ; et " son ministre de l’Intérieur, Martin Mberri, est devenu le copain de son homologue français, Charles Pasqua 132".

 

Qu’un concentré françafricain veille ainsi sur les destinées du Congo n’empêche pas (favorise ?) l’exploitation des rivalités ethniques dans la course à la rente, et aux trafics - internes et externes. De même que Mobutu entretenait soigneusement le conflit angolais, source de nombreux profits (en particulier sur les livraisons d’armes), de même les deux frères Charles-Antoine et Jean da Costa, ministres de Pascal Lissouba, coordonnent l’entraînement de Congolais dans le camp de Loudima et leur engagement dans les rangs du FLEC (Front de libération de l’enclave du Cabinda) contre les forces armées angolaises. Ces troupes sont payées sur des fonds congolais dont les responsables reçoivent, en contrepartie, des diamants qui sont écoulés via Genève. Dans le même temps, Charles-Antoine négocie la privatisation du port de Pointe-Noire, et celle du Service national des eaux avec " un groupe français spécialisé... (136)".

 

GUINEE EQUATORIALE

Après les gros morceaux zaïrois, soudanais ou camerounais, les relations de la Françafrique avec la petite Guinée Equatoriale (350 000 habitants sur 28 000 km2) ressemblent plutôt à celle qu’entretiennent les financiers avec les paradis fiscaux : une caricature - révélatrice.

En Guinée équatoriale, pour d’obscurs motifs, la France a évincé l’Espagne - comme elle avait supplanté la Belgique au Rwanda. Jusqu’à son renversement en 1979, la dictature de Macias Nguema fut l’une des plus sanguinaires du continent - et la France fut la dernière à la soutenir. Depuis, le cauchemar perdure, comme le résume Ignacio Ramonet :

 

" [Nguema fut] remplacé par son neveu, le général Teodoro Obiang, toujours au pouvoir. Celui-ci considère la Guinée équatoriale comme sa propriété privée. Il en dispose à sa guise, s’appropriant les meilleures terres et prélevant une dîme sur l’exploitation pétrolière ".

 

" Il fait aussi régner la terreur, et plus de 100 000 habitants, sur les 350 000 que compte le pays, ont dû chercher refuge au Cameroun, au Gabon et au Nigéria (137)".

 

La prison la plus épouvantable, le bagne de Playa Negra, est située dans l’enceinte même du palais présidentiel... La torture y est appliquée systématiquement. On estime que dix pour cent des suppliciés en meurent (138). Selon Amnesty International, " le groupe des hauts responsables gouvernementaux qui semblent contrôler l’appareil de sécurité assistent souvent aux séances de torture, voire y participent activement ".

Ignacio Ramonet ajoute :

 

" [Les militants des partis d’opposition ont été] régulièrement passés à tabac par les redoutables ninjas, sortes de "tontons macoutes" dirigés par le propre frère du général Obiang. Ces ninjas sont formés, entraînés et équipés... par la France. Ce que M. Severo Moto, président du Parti du progrès, en exil, a dénoncé en reprochant à Paris de "participer à la formation d’escadrons de la mort au sein des forces de sécurité du général Obiang" et d’être plus intéressé par l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz que par l’aspiration à la liberté de ses concitoyens (139)".

 

Le 23 avril 1993, " notre ami " Obiang, chef d’" une sorte de clique familiale aussi martiale et sanguinaire qu’économiquement ruineuse (140)", a été chaleureusement accueilli à l’Elysée.

 

Quelques Français sont allés mettre en oeuvre une coopération civile de façade : ils ne s’en portent pas très bien. La journaliste Anne Crignon pourrait bien, en enquêtant sur leurs malheurs (141), toucher un point névralgique de la Françafrique, dénicher un jackpot exotique, moins aisément escamotable. Début 1993, un Français coopérant auprès du ministère du Plan est assassiné : il préparait un livre sur son expérience et parlait de " faire des révélations ". L’hôpital de Bata connaît d’étranges épidémies. 3,7 millions de francs ont été attribués à sa réfection, confiée à une filiale de Bouygues, la Colasesga - et 5 millions décidés pour une deuxième phase. Le peu qui a été réellement dépensé sur les lieux l’a été dans des conditions de gabegie scandaleuse. Le chirurgien coopérant Gérard Desgranges, qui s’en plaignait, meurt en août 1993 d’une crise cardiaque. Une autopsie du corps rapatrié, demandée par la famille, évoque " une intoxication médicamenteuse aiguë ".

 

Son successeur, Abdoulaye Keita, se plaint à son tour de l’état d’abandon où il trouve le pavillon de chirurgie. Victime de ce que le ministère de la Coopération appelle " une forme d’anxiété tropicale ", il rentre à Paris le 17 septembre. Des analyses révèlent la présence dans son organisme d’un cocktail de produits dérivés de la digitaline - qui conduirait lentement vers un arrêt cardiaque.

 

Après la mort de Gérard Desgranges, la mission française de Coopération à Malabo commande deux rapports, à des spécialistes des BTP et de l’équipement médical. Ils confirment de " graves dysfonctionnements " et le manque de professionnalisme des entreprises employées. Cela n’empêche pas le ministère de la Coopération de débloquer 21,4 millions supplémentaires : 5 millions pour la " gestion du pavillon " (de chirurgie), le solde pour les " frais annexes " - d’un hôpital qui ne fonctionne pas.

 

Les mésaventures de ces coopérants trop curieux finissent par susciter d’autres curiosités, fort déplaisantes. Pour la première fois, la Cour des comptes s’est décidée à opérer un contrôle financier des dépenses du Fonds d’aide et de coopération (FAC), à propos de ce charmant pays. Et le juge d’instruction de Carcassonne, chargé de l’un des assassinats demande une commission rogatoire internationale afin d’enquêter sur place. Le zèle ayant des limites, Alain Juppé met son veto.

 

C’est que Teodoro Obiang est un chouchou de la Françafrique. Son pays a été admis dans la zone Franc - ce qui permet d’en sortir de l’argent. Le pétrole s’extrait sans vagues. Il paraît qu’on y joue gros... Et la mafia locale, bien épaulée, défend la cagnotte sans précautions inutiles. Il faut donc protéger ce petit pays des méchants Américains, qui ont osé presser Obiang d’" accélèrer un peu sur le chemin de la démocratie (142)". Bongo a mis le holà !


112. D’après La Lettre de l’Océan Indien du 11/09/93.

113. D’après Antoine Glaser, La roue de la fortune, in Histoires de développement, décembre 1993.

114. Jean-François Médard, in L’Afrique à Biarritz, op. cit..

115. Cf. New Scientist du 29/01/94.

116. C’est l’occasion ou jamais d’évoquer la formule d’Antoine Glaser et Stephen Smith : " La France est un gros caïman dans les petits marigots africains. Rien ne lui échappe " (in L’Afrique sans Africains, Stock, 1994, p. 174).

117. Ibidem, p. 92.

118. Ibidem, p. 171.

119. Sud-Ouest du 07/11/94.

120. L’insurrection d’Idriss Déby a été propulsée à Ndjaména par l’officier de la DGSE Paul Fontbonne.

121. Les tortures infligées aux prisonniers politiques, sous Hissène Habré, ont peu de précédents. Sous Idriss Déby, l’ATPDH (Association Tchadienne pour la Promotion des Droits de l’Homme) " recense entre avril 1993 et octobre 1994, 754 tués, 453 blessés et 85 disparus. Dans 90% des cas, il s’agit d’exactions ou de massacres commis par la Garde Présidentielle " : 100 morts par exemple lors d’une manifestation de prière le 8 août 1993 sur une place de N’Djaména (André Barthélémy, La lettre du mois d’Agir ensemble pour les Droits de l’Homme, 11/94).

122. Enoch Djondang, de la Ligue tchadienne des droits de l’homme, in Vivre autrement de septembre 1993.

123. Pierre de Charentenay, Le Tchad normalisé, in La Croix du 22/01/94.

124. Affaires africaines, Fayard, 1983.

125. L’Afrique sans Africains, op. cit., p. 167-170.

126. Antoine Glaser, La roue de la fortune, in Histoires de développement, 12/93.

127. D’après Stephen Smith, in Libération du 10/11/94.

128. Il a même réussi récemment à prendre le contrôle de la Fondation Albert Schweitzer et de son célébrissime hôpital de Lambaréné : une riche promesse quand l’humanitaire monte en flèche à la bourse des valeurs.

129. Cf. p. 72-73.

130. Selon un scénario révélé par Stephen Smith, La miraculeuse réélection d’Omar Bongo, suite, in Libération du 18/12/93.

131. " A Bongoville où, sur 548 électeurs recensés, 1 410 ont voté, à 99,36 % pour Bongo. [...] Dans tout le Haut-Ogooué mais, aussi, dans d’autres circonscriptions de l’arrière-pays favorables à Omar Bongo, il y a eu deux ou trois fois plus d’électeurs que d’inscrits ". Ibidem.

132. Cf. l’affaire des 50 missiles Mistral, où l’on a évoqué le réseau JCM. Stephen Smith et Antoine Glaser, Les réseaux africains de Jean-Christophe Mitterrand, in Libération du 06/07/90.

133. Via notamment le cousin Okemba, diplomate à Kinshasa. D’après Emmanuel Dungia, Mobutu et l’argent du Zaïre, L’Harmattan, 1993, p. 57.

134. Notamment maçonniques. Denis Sassou N’Guesso appartient à le Grande Loge de France. C’est en rentrant d’une rencontre avec lui en février 1987 que Michel Baroin, ancien Grand Maître du Grand Orient de France (GOF), est mort d’un accident d’avion assez suspect. D’après Antoine Glaser et Stephen Smith, L’Afrique sans Africains, op. cit., p. 128-129.

135. Idem, p. 124-125.

136. D’après Congo : Les frères de la côte, in La Lettre du Continent du 22/12/94.

137. Ignacio Ramonet, Linceul de silence, in Le Monde diplomatique 01/94.

138. D’après Ignacio Ramonet, ibidem.

139. Ignacio Ramonet, Linceul de silence, in Le Monde diplomatique 01/94.

140. L’infernal trio de Malabo, in Neue Zürcher Zeitung (Zurich), cité par Courrier international du 22/12/94.

141. Guinée équatoriale : le pavillon des fantômes, in Le Nouvel Observateur, 20/10/94. Elle a développé cette enquête avec Denis Robert : Qui veut la mort des coopérants de Bata ?, in Libération du 02/12/94.

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 11:27

 

"...Ensemble, organisons-nous et barrons la route à l’exploitation, ensemble organisons-nous, vous de là-bas et nous d’ici, contre ces temples de l’argent. Aucun autel, aucune croyance, aucun livre saint ni le Coran ni la Bible ni les autres, n’ont jamais pu réconcilier le riche et le pauvre, l’exploitateur et l’exploité. Et si Jésus lui-même a dû prendre le fouet pour les chasser de son temple, c’est bien parce qu’ils n’entendent que ce langage..."

Capitaine Thomas Isidore Noël Sankara

[1949-1987]

Ancien Président du Burkina Faso

 

 

« Aussi longtemps qu'une seule portion de la terre Africaine demeure sous la domination étrangère, le monde ne connaîtra pas la paix »

Kwame Nkrumah

[1909-1978]

Homme politique indépendantiste et panafricaniste

Ancien Président du Ghana

 

 

 

" Il n’y a pas de dignité sans liberté : nous préférons la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l’esclavage ..."

Ahmed Sékou Touré

[1922-1984]

Ancien Président de la République de Guinée

 

 

 

"Un OUI n'a de sens que si celui qui le prononce, a la capacité de dire NON..."
Lamine Guèye 

[1891-1968]

Premier Président de l'Assemblée nationale de la République du Sénégal

 

 

«Ce qui m’effraie, ce n’est pas l’oppression des méchants ; c’est l’indifférence des bons.»

Martin Luther King

[1929-1968]

Pasteur américain, leader des droits de l'homme

 

 

 

"...Mais ma foi restera inébranlable. Je sais et je sens au fond de moi même que tôt ou tard mon peuple se débarrassera de tous ses ennemis intérieurs et extérieurs, qu’il se lèvera comme un seul homme pour dire non au capitalisme dégradant et honteux, et pour reprendre sa dignité sous un soleil pur..."

Patrice Emery Lumumba

[1925-1961]

Leader nationaliste congolais

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 11:13

29/04/08

Daniel Nguimbi

Après Gnassingbé Eyadema (père) qui avait inauguré la « manœuvre », Omar Bongo Ondimba avait pris le relais, suivi de Lansana Conté, et d’Idriss Deby. Maintenant, c’est au tour de Paul Biya de s'autoproclamer président à vie, en décidant de manière autoritaire et cavalière de modifier la constitution du Cameroun. La liste devrait s’allonger...

 

La lueur d’espoir née de l’ouverture démocratique dans le continent africain, au début des années 90, inhérente aux vents d’Est et au sommet de la Baule en France a fait long feu et n’a eu de cesse de céder du terrain, pour laisser place à l’encrage de la dictature.

 

Tels des moutons de panurge qui se sont passés le mot, les autocrates au pouvoir en Afrique, arrivés aux « commandes » pour la plupart suite à des coups d’Etat, des guérillas ou des dispositions constitutionnelles scabreuses, tentent, contre la volonté de leur peuple, de s’éterniser au pouvoir en manipulant la constitution à leur guise. Ces pourfendeurs de la République dont ils prétendent être pourtant des « humbles » serviteurs veulent transformer le continent africain en conglomérat de royaumes, où chaque potentat au pouvoir se décrète roi, et installe une monarchie en lieu et place de la République comme le veut pourtant la constitution de leur pays.

 

Les très mauvais exemples.

 

Après le Togolais Etienne Gnassingbé Eyadema qui a changé la constitution de son pays en 2002, alors qu’en principe il devait quitter le pouvoir au terme de ce mandat, ancien tirailleur arrivé au pouvoir à Lomé en 1963, à la faveur d’un coup d'Etat sanglant contre son prédécesseur Sylvanus Olympio, a fait voter une loi abrogeant la limitation du mandat présidentiel. Désormais, le « doyen » était assuré d’y rester jusqu’à la fin de sa vie. L'ordre de succession étant assuré par son fils, Faure Eyadema, dont les agissements, étaient apparents à ceux d’un prince héritier qui n’attendait que son moment pour monter au trône. Chrétien de par ses parents, Etienne qui s’était montré plutôt un mordu de l’authenticité africaine, à l’exemple de feu le maréchal Mobutu Sese Seko Kuku Gbendu Wa Za Banga, - qui a installé un régime de terreur au Zaïre - s’autoproclama, général et devint Gnassingbé. Il aura été celui qui a écrit en lettre noire, l’histoire du Togo. La suite on la connaît, Faure, son fils lui a bien succédé à sa mort.


Dans un continent africain où dirigeants et populations sont enclins à copier les mauvais exemples, Eyadema (père) n’a pas attendu longtemps pour que son exemple fasse des émules au sein de la classe politique dirigeante.

 

Comme premier relais, son alter ego, le « doyen » en titre des chefs d’Etat, Omar Bongo Ondimba qui dirige le Gabon sans partage depuis décembre 1967, ne s’est pas fait prier pour changer la constitution en 2003. Ce qui lui confère désormais la possibilité de « piloter » ce pays pendant de longues années encore, au grand dam de l’écrasante majorité des Gabonais plutôt « fatigués de la même personne depuis plus de quarante ans ».

 

Si Bongo se défend de n'être pas arrivé au pouvoir par les armes, il n’y a point de doute que la France avait déjà préparé sa succession alors que Léon Mba n’était même pas encore malade ou mort. Comme Eyadema, Bongo a changé son nom pour devenir dans un premier temps, El Hadj Omar Bongo après son islamisation, avant de devenir Omar Bongo Ondimba, il y’a quelques années. Sa progéniture, présente dans la gestion du pays, est prête à lui succéder.

 

Sa fille Pascaline Mferri Bongo, conseillère et directrice de cabinet de son père, et son fils Ali Ben Bongo Ondimba, ministre de longue date, étant certainement préparés pour continuer l'œuvre royale.

 

Evidemment, comme au Togo, la France et les autres pays Occidentaux connus pour leurs vertus démocratiques et de « liberté », n’ont rien fait pour contraindre ces potentats à quitter le pouvoir, brandissant « la non-ingérence dans les affaires internes d’un pays ». Eux qui, à d’autres occasions, ont contribué à chasser, voire à l’assassinat des présidents « indésirables » à leurs yeux, à l’instar du capitaine Thomas Sankara, n’ont eu aucune pudeur pour le reconnaître officiellement.

 

Le silence complice des Occidentaux.

 

Parce qu’il n’y a jamais deux sans trois, un troisième larron, Lansana Conté en Guinée, a fait voter une nouvelle loi dans son pays faisant de lui le président à vie, alors qu’il en était à son dernier mandat. Malgré son état de santé précaire, Lansana Conté a décidé de s’y accrocher, poussant le ridicule de voter dans sa voiture.

 

Quoi qu’il en soit, « l'appétit venant en mangeant », un quatrième despote s’est ensuite signalé sur les bords du lac Tchad, en faisant modifier la constitution. Désormais, Idriss Déby peut s’éterniser au pouvoir, lui qui ne devrait plus se représenter dès la fin de son second. Sous prétexte de garantir la « paix et la sécurité des Tchadiens », l’ex-maquisard Zaghawa arrivé au pouvoir en 1990 au terme d’une guérilla dans le désert sahélien contre son beau-frère Hissène Habré, s’est « ériger » en exemple en matière de démocratie.

 

Selon des sources concordantes, à cause d’importantes ressources pétrolières et financières à la base de la construction de l’oléoduc Tchad-Cameroun, Idriss Deby est resté maître du jeu. Comme il fallait s’y attendre, la décision du président de la République de mourir au pouvoir ne pouvait qu'être mal accueillie par le peuple.

 

Du coup, l’opposition civile et armée ne s’est pas fait prier pour hausser le ton, des combats se sont intensifiés ces derniers mois, notamment à proximité de la frontière tchado-soudanaise. Tandis que dans le sud, les populations installées sur le site des immenses richesses pétrolières crient au complot et déclarent ne pas désarmer.

 

Que de similitudes pour les quatre potentats: ce sont tous des pays francophones qui avaient organisé des simulacres de conférence nationale au début des années 90; les quatre présidents ont une formation militaire et sont arrivés au pouvoir soit par les armes, soit par un concours de circonstances malheureuses; les quatre ennemis de la démocratie sont tous soutenus par les puissances occidentales, - grands donneurs de leçons de démocratie quand cela ne les arrange pas - notamment la France qui tient lieu de puissance tutélaire.

 

Dans les quatre pays : les populations vivent dans une extrême pauvreté, tandis qu’une minorité contrôle toutes les richesses du pays. La gestion de leur pays se confond à leur famille où la corruption, le clientélisme, le tribalisme, la manipulation sont érigés an mode de gestion.

 

Selon toute vraisemblance, ce quatuor ayant fait des émules, et comme il fallait s’y attendre, Paul Biya vient de modifier la constitution du Cameroun. Il pourra dorénavant se présenter ad vitam æternam  et  rejoint le « gang » des despotes francophones au pouvoir par leur seule volonté et non celle du peuple.

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 07:51

28/04/08

Par Siméon J Francis EKOGA

 

Il est généralement admis que la démocratie est un mode de gouvernement où le peuple exerce la souveraineté. Pour Abraham Lincoln, la démocratie est « le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ». Prise dans ce sens, la démocratie s'oppose à tout pouvoir qui n'est pas l'émanation du peuple.

 

Dans la véritable démocratie, le détenteur du pouvoir est le peuple appelé souverain primaire. Les citoyens ne pouvant tous exercer cette souveraineté, ils délèguent leur pouvoir à un nombre restreint d'élus qui l'exercent à leur place.

 

Ces personnes sont désignées à travers des élections libres et transparentes. Ainsi, le pouvoir exercé par les élus l'est au nom du peuple qui le lui a temporairement transféré et à qui ils doivent rendre compte.


Malheureusement, dans un pays comme le Gabon, nous avons affaire à une démocratie de façade, caricaturée. L'on fait certes parler les urnes mais le résultat n'est pas l'expression de la volonté souveraine du peuple mais plutôt de la puissance du « prince ». En conséquence, les dirigeants deviennent, au fil du temps, de moins en moins enclin à accepter le contrôle du peuple. La démocratie devenant alors « le pouvoir du plus fort, par le plus fort et pour le plus fort ».

 

Dans la démocratie comme dans la dictature, la victoire se prépare. La méthodologie utilisée différencie la victoire de l'une de celle de l'autre.

 

Comme le dirait le Président gabonais, Omar Bongo Ondimba : « En Afrique, on n'organise pas les élections pour les perdre ».

 

L'expérience nous a montré qu'il était plus facile à celui qui est au pouvoir de se faire un résultat qu'à celui qui veut y accéder d'avoir un résultat. Triste réalité gabonaise !

Qu'est-ce qu'en fait les élections en Afrique sinon un moyen pratique de légitimation d'un pouvoir spolié et confisqué au peuple ? Après plus de 40 ans de règne sans partage au Gabon, « le grand camarade » dont le pouvoir a été marqué par des violations répétées des droits de l'homme et des assassinats politiques, a été réélu à la tête du pays en décembre 2005. Ce scrutin, comme on peut s'en douter, a été entaché par de nombreuses irrégularités.

 

Les hommes forts d'Afrique utilisent presque la même méthode pour se faire des résultats aux présidentielles. Quelques semaines avant ces élections, le Président gabonais, par l'entremise de ses services, avait procédé à de nombreuses intimidations (interdiction de sortie du territoire pour certains opposants, confiscation de passeport pour d’autres…) et arrestations parmi les membres de l'opposition. Certains candidats ont même été empêchés de se présenter devant les électeurs. Pendant la compagne présidentielle, les candidats de l'opposition ont connu plusieurs entraves qui les ont empêchés soit de circuler librement sur toute l'étendue du territoire soit d'organiser des réunions politiques. Le PDG, parti du Président Bongo, a monopolisé les médias publics en violant les dispositions légales qui garantissaient indistinctement aux candidats l'accès libre et égal aux médias de l'Etat.

 

Tout est mis en œuvre pour consacrer le pouvoir du plus fort, par le plus fort et pour le plus fort qui ne ménage aucun effort pour asseoir son autorité.

 

Au Zaïre par exemple, le défunt Président Mobutu a eu recours à l'épuration ethnique ou la traque dans une province donnée des citoyens non-originaires en vue de les empêcher d'exprimer leur opinion. L'instauration d'un climat d'émeutes pour intimider les populations d'une région peu favorable au régime en place de voter massivement, l'élimination par des moyens législatifs des adversaires aux origines douteuses, les violations des libertés publiques et l'arrestation des adversaires politiques, la confiscation, pour sa compagne, des médias et des finances publiques par le candidat sortant, référendum et recensement truqués … Ce sont là les ressources stratégiques dont se servent les dictateurs africains aux allures de démocrates.

Le pouvoir sensé revenir au peuple lui est arraché par ceux qui détiennent les moyens de contrainte : les forces de défense et de sécurité (armée, police), les finances de l'état (achat des consciences) et l'intelligence. Ces derniers confisquent la « souveraineté » populaire, désignent les animateurs des divers échelons du pouvoir. Il va de soi que ces derniers exerceront ce pouvoir sans entrave aux intérêts de leurs bienfaiteurs. Le peuple dans tout cela n'y trouvera aucun compte. Sa souveraineté primaire n'est plus qu'escroquerie. Il n'a pas délégué les animateurs et ceux-ci ne lui rendent pas de compte. Le peuple n'a en sa main aucun moyen de contrôle ou de contrainte.

 

Au Gabon où le pouvoir a été pris et maintenu par la « ruse » et la « force » avec la complicité de « l’extérieur », l'autorité suprême se maintient au pouvoir en truquant la forme des élections et leurs résultats, le peuple est impuissant. Monsieur Bongo qui est au pouvoir depuis 41 ans n'a aucune envie d'être contrôlé par le peuple. Il n'accepte pas les critiques fussent-elles constructives, comme les nôtres. Il élabore des théories sur la démocratie en vue de légitimer son pouvoir.

 

Le Président Bongo comme tant d'autres avait créé un parti unique, le PDG, qui était national et obligatoire pour tout citoyen. Il a déclaré en 1990 : « Il y a des gens qui en veulent à mon fauteuil ». Il trouvait si évident que le pouvoir lui revenait de droit presque divin. Il était sien et aucune personne, même choisie par le peuple, ne pouvait convoiter « son fauteuil ».

 

Les dictatures actuelles, à l’image du régime gabonais, cherchent à se faire passer pour des démocraties. Elles savent que pour durer au pouvoir sans être inquiété et pour exploiter la population dans l'impunité qu'un vernis de démocratie ferait toujours l'affaire.

 

C'est pourquoi loin d'être totalitaire, elles ne cherchent pas à obtenir l'adhésion de tous les citoyens ; il s'agit en fait de ce que certains appellent « la démocrature ». Dans la démocrature, tout ou presque, est équilibré : atteintes aux libertés, répressions dosées, voire gratification en biens matériels pour inhiber des soulèvements et des rejets en bloc. En Afrique actuellement la démocrature est plus à la mode que la démocratie. Cette démocrature est appelée par d'autres « la démoncratie » qui est le pouvoir des démons par les démons et pour les démons.

 

Le pouvoir des gouvernants, par les gouvernants et pour les gouvernants ! La souveraineté, le pouvoir suprême devient l'émanation de ceux qui se sont imposés au pouvoir. Ceux-ci, pour mieux exercer ce pouvoir choisissent les gens qui doivent les aider à gouverner, à qui ils délèguent une portion de leur pouvoir. La démocratie devient alors le gouvernement où les plus forts exercent la souveraineté…

 

Comment gagner les élections « démocratiquement » en Afrique ?

 

En pointant le canon aux électeurs, en muselant une presse très bruyante et pauvre, en laissant rêver les opposants et contrecarrer leur action, en invitant et laisser faire les observateurs internationaux qui, malgré leurs rapports négatifs, n'empêcheront pas les Présidents de leurs pays de prendre acte des « résultats ».

 

Il ne nous reste plus qu’à espérer qu’aucun pouvoir ne dure mille ans et que le règne des incompétents à la tête de notre pays prendra fin très bientôt.

 

Que Dieu bénisse le Gabon et veille sur tous ses habitants.

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 12:50

27/04/08

Le Quai d’Orsay reconnaît la dégradation de l’image de la France en Afrique

Les ambassadeurs Français en poste en Afrique soulignent la dégradation de l’image de la France sur ce continent, selon une série de télégrammes diplomatiques citée samedi par le journal le Monde.

 

L’image de la France “oscille entre attirance et répulsion dans nos anciennes colonies, au gré du soutien politique ou des interventions, militaires notamment, dont ont fait l’objet ces pays”, selon un télégramme de synthèse cité par le journal.

 

Les avis des 42 ambassadeurs de France en poste en Afrique ont été sollicités à l’automne 2007, après notamment un discours du président Nicolas Sarkozy à Dakar en juillet, très critiqué dans l’opinion et les capitales africaines.

 

“La France n’est plus la référence unique ni même primordiale en Afrique. Les Français ont du mal à l’admettre”, selon un diplomate cité par le journal.

La présence de bases militaires françaises en Afrique “alimente le fantasme d’une France qui n’agit qu’au profit de gouvernements iniques et pour des causes opaques”, peut-on encore lire.

 

“On nous reproche à la fois de trop intervenir et de lâcher l’Afrique. Quoi qu’on fasse, on a tort”, estime encore un ambassadeur.

Un diplomate français met aussi au exergue les “dégâts durables” pour l’image de la France de l’affaire de l’Arche de Zoé, l’association qui a tenté de faire sortir clandestinement du Tchad des enfants supposés être des réfugiés du Darfour.

Les télégrammes mettent également en exergue l’incompréhension entre l’opinion française qui tend à voir dans les Africains “des gens pauvres parce que corrompus”, et l’opinion africaine qui voit une France “frileuse, doutant de ses intérêts, méfiante à l’égard de la jeunesse africaine”.

 

La France dispose toutefois parmi ses atouts de la “terrible demande” pour la langue française, et est créditée d’une “connaissance irremplaçable du terrain”.

Le ministère des Affaires étrangères, interrogé samedi par l’AFP, n’avait pas de commentaire officiel à faire sur la parution de ces extraits dans le journal.

Des diplomates soulignaient néanmoins que ces télégrammes entraient dans le cadre plus vaste d’une réflexion interministérielle sur l’action de la France en Afrique, qui se poursuit encore.

 

“Nous analysons l’ensemble des paramètres de notre action pour la refonder et peut-être mieux l’inscrire dans un cadre européen, dans un objectif d’efficacité de l’action de l’Etat”, a assuré un responsable du Quai d’Orsay, en ajoutant “qu’aucune conclusion ni décision n’ont été arrêtées”.

 

Des exercices similaires sont en cours sur d’autres régions du monde, assure-t-on également au Quai d’Orsay.

 

A Dakar, M. Sarkozy avait été critiqué pour avoir notamment évoqué “le drame de l’Afrique, (qui est) que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire”.

Il avait ensuite en février, lors d’un déplacement en Afrique du sud, souhaité contrer l’image d’une France paternaliste et “gendarme de l’Afrique” en annonçant une révision des accords de défense liant Paris à plusieurs pays de ce continent.

 

La volonté réelle de la France de revoir en profondeur sa relation avec l’Afrique a toutefois fait l’objet de nouvelles controverses après le départ le mois dernier du secrétariat d’Etat à la Coopération Jean-Marie Bockel, qui s’était aliéné plusieurs dirigeants africains par ses critiques sur la “Françafrique”.

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 22:41

24/04/08
© Copyright TchadVision


Aujourd'hui, la françafrique se dévoile à travers ses anciennes bonnes pratiques néocoloniales héritées du foccartisme longtemps dissimulées au publique Européen. Les atrocités commises par des soldats français, dans l'est de la RDC, en Ituri, en sont révélatrices.

les médias occidentaux sont souvent muets sur le sujet pour ne pas dire complices. Aujourd'hui avec la mondialisation à l'ère de ''net'', rien ne peut être caché ou travesti, surtout la vérité.

N'empêche bien que ''secret défense'' oblige, un scandale a été révélé par la chaîne de télévision publique suédoise, STV, à l'occasion d'un documentaire diffusé au début du mois d'avril. On y voit des soldats suédois raconter qu'ils auraient assisté à des actes de torture commis par des soldats français lors du déploiement de la force européenne Artémis en 2003, dans l'est de la RDC, en Ituri. Le colonel Christophe Rastouil, qui commandait des forces spéciales françaises en Ituri, et dont le patron à Paris est le général Henri Poncet, est nommément mis en cause, indique Libération dans son édition du 19 avril. Le quotidien se fait l'écho des propos du porte-parole adjoint de l'état-major des armées à Paris, le général Christian Baptiste: "Si ces faits étaient confirmés, ils seraient sanctionnés de manière impitoyable." L'armée française a décidé de mener une "enquête approfondie."

Selon toujours le quotidien français Libération, même si les témoignages sont contradictoires, les Suédois prennent suffisamment au sérieux cette affaire pour avoir relevé, il y a quelques jours, le colonel Hans Alm de son actuel commandement au Tchad, au sein de l'Eufor. Cet officier des forces spéciales étaient déjà présent en RD Congo, avec le COS.
Aux dernières nouvelles, le colonel suédois, Hans Am, en opération au sein de la Force européenne au Tchad et en Centrafrique (EUFOR) a été relevé de ses fonctions par la hiérarchie militaire de son pays, pour "rétention d'informations", apprend-on ce mercredi 23 avril 2008, de source officielle à Bruxelles.

Le déploiement des forces de l'EUFOR (elle devrait être composée, à partir de mai, de 3.700 soldats venant de 16 pays européens, dont 2 100 Français) au Tchad et en Centrafrique sous le camouflet humanitaire pour le compte du pré-carré, est une preuve suffisante de l'interventionnisme français en Afrique.
Est-il encore nécessaire d'évoquer ici de la participation des troupes françaises au côté des soldats de Deby pendant l'assaut des forces de la Résistance Nationale sur la capitale tchadienne du 2 au 3 février dernier?
Rien n'autorise à la France d'intervenir dans ce conflit purement tchado-tchadien.
Malgré la dénonciation par la diaspora tchadienne, les ONG et les associations (surtout SURVIE) du soutien militaire de la France à Idriss Déby à travers de Conférences, projections-débats, concerts, manifestations organisés un peu partout en France et ailleurs, Sarkozy persiste et signe au grand jour sa détermination à maintenir la françafrique en sauvant le tyran soldat-Deby pour que le club du pré-carré soit sauvegardé et les intérêts français préservés.

A quand la fin du pré-carré? L'Afrique d’aujourd’hui, s'affranchirait-elle de la Françafrique?
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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 17:08

24/04/08
L'ONU et la LIbye se concertent sur le Soudan, le Tchad et la RCA 
 

Panapress

Le secrétaire aux affaires de l'Union Africaine au comité populaire général libyen des relations extérieures et de la coopération internationale, Dr Ali Triki, s'est réuni jeudi à Tripoli, avec l'émissaire du secrétaire général des Nations unies au Tchad et en Centrafrique, le portugais, Victor Da Silva Angelo, actuellement en visite en Libye.

La rencontre a permis d'examiner les efforts de la Libye en faveur de la réalisation de la paix au Tchad, au Soudan et en Centrafrique, ainsi que les résultats de la visite effectuée le 15 avril courant en Libye par le président centrafricain François Bozizé, accompagné par la Commission du dialogue national en Centrafrique qui comprend le gouvernement et les autres factions politiques.

L'émissaire du secrétaire général des Nations unies a, au cours de cette réunion, demandé le soutien de la Libye pour le programme exécuté par l'ONU pour la formation d'agents de police en Centrafrique et au Tchad en vue de contribuer au maintien de la sécurité et de la paix à l'intérieur des camps de réfugiés dans les deux pays.

Les deux responsables ont convenu au cours de cette rencontre, de la coopération entre les Nations Unies et la Libye dans ce domaine.

La Libye a, rappelle-t-on, déployé et continue à déployer d'intenses efforts pour assurer la sécurité et la stabilité dans la région, notamment dans le Darfour. Dans ce cadre, elle a accueilli durant les dernières années plusieurs mini-sommets africains consacrés aux développements de la situation dans la région, notamment la paix dans la province du Darfour et l'apaisement de la tension entre le Soudan et le Tchad.

Elle a parrainé aussi le 2 février 2007 à Syrte (centre de Libye) la signature d'un accord de paix entre le gouvernement de la Centrafrique et le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) du général Abdoulaye Miskine et qui associe aussi l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR).

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 16:43

25/04/08

Ave Césaire!
 

Nicolas Brimo, «Le Canard enchaîné» N° 4565 du 23 avril 2008

 

Il aurait sûrement bien ri, Aimé Césaire, lui qui cultivait en privé, une ironie aussi courtoise que cruelle, en voyant tous ces politiques, tous ces journalistes, se précipiter à Fort-de-France pour célébrer son embaumement.

 

Oubliée, la polémique sur les bienfaits de la colonisation où s’illustrèrent Nicolas Sarkozy et les députés UMP. Oubliées, ces années où le maire de Fort-de-France se heurtait à l’hostilité des préfets envoyés aux Antilles par le Général et «son» Jacques Foccart pour l’abattre. Oublié, ce président, Valérie Giscard d’Estaing qui se refusa à venir le saluer dans sa mairie. Oubliés, ces hémicycles désertés où le député de la Martinique, communiste puis apparenté socialiste après sa rupture avec le parti de Maurice Thorez  en 1956, défendait l’égalité sociale Hexagone-départements d’outre-mer face à l’intransigeance des gouvernements gaulliste, pompidolien, giscardien et chiraquien. Oubliée, cette radio-télévision d’Etat où pendant près de vingt ans prononcer son nom était pratiquement interdit. Oublié, le créateur de la revue «Tropiques» qui en 1942, dénonçait cette Eglise catholique plus empressée à bénir le «Travail, Famille, Patrie» du Maréchal que «l’ami des Noirs», l’abbé Grégoire.

 

Faut-il rappeler qu’il y a onze ans à peine son «Discours sur le colonialisme», déjà censuré lors de sa publication sous la IVè République, fut retiré du programme national des classes Terminales? Une décision prise par un ministre de l’Education nommé François Bayrou. Le même Bayrou qui, sans doute en guise de rédemption, est allé se recueillir, dimanche dernier, devant le cercueil d’Aimé Césaire, au stade Pierre-Aliker.

 

Car il a fallu attendre l’élection de son ami François Mitterrand pour que l’autonomie, réclamée depuis les années les années 60 par le PPM (Parti populaire martiniquais), soit enfin partiellement accordée aux départements d’outre-mer malgré les manœuvres du Conseil Constitutionnel, présidé par le chiraquien Roger Frey. Comme il a fallu attendre 1986 pour que les citoyens des départements d’outre-mer bénéficient des mêmes avantages sociaux que les métropolitains.

 

Quant à l’œuvre poétique et théâtrale d’Aimé Césaire, aujourd’hui tant célébrée, elle a été longtemps négligée. La Comédie-Française n’a inscrit à son répertoire sa «Tragédie du roi Christophe» qu’en 1991. Pour le 78è anniversaire de Césaire! Son «Cahier d’un retour au pays natal», poème manifeste de la négritude, édité en 1939, n’a été publié en poche  que près de trente ans plus tard! Et les premiers centres césairiennes ont été créés en Afrique, au Canada, en Allemagne ou aux Etats-Unis. Mais pas dans les universités françaises.

 

Rebelle à toute vanité, Aimé Césaire n’en avait cure. Lors de l’un de ces derniers entretiens télévisés, alors qu’il était interrogé sur les critiques qu’il avait suscitées tant à droite qu’à l’extrême gauche, il avait répondu avec son sourire malicieux: «Le nègre les emmerde».

 

Une belle épitaphe!

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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 14:32

Action Contributive de la Diaspora Panafricaine (ACDP) ou le rêve d'un renouveau panafricain

 

24/04/08

Propos recueillis par Adrien Poussou

 

Ils viennent d'Afrique et d'ailleurs. Ils sont basés à Nantes en France. Leur rêve : donner du pouvoir au peuple afro en les unissant autour des projets créateurs de richesses, condition sine qua non de l'indépendance totale du continent africain, donc de son développement social durable.

 

Présentez-vous à nos lecteurs et cyberlecteurs !

Je suis Moses Kadalyie, originaire du Cameroun et résidant en France depuis bientôt sept ans après mon passage dans les Amériques où j'étais enseignant du français dans des lycées à Philadelphie, Etat de Pennsylvanie.

Expliquez-nous ce qu'est l'Action Contributive de la Diaspora Panafricaine ?

Il s'agit d'une jeune association fondée en juillet 2007 par un groupe de 4 ressortissants africains de différentes nationalités, et dont le but premier est de rassembler tous les descendants africains directs ou indirects, ainsi que tous les amis de l'Afrique (quelques soient la nationalité ou les origines de ces derniers) autour d'un vaste projet consistant à créer des opportunités économiques sur le continent africain.

Comment vous est venue l'idée de lancer cette association ?

Elle relève d'une discussion entre moi et trois compatriotes africains respectivement d ‘origine nigériane, ghanéenne et tchadienne dans un restaurant antillais à Nantes. Dans cette atmosphère de convivialité et de respect mutuelle, je me représentais une union africaine à l'étranger en train de se former à quatre, quatre représentants de quatre Etats différents du continent africain susceptible de donner naissance à une communauté panafricaine de 53 représentants symboliques des 53 Etats du continent, pour fonder, avec les autres descendants africains d'Europe, des Amériques et du reste du monde, un Etat virtuel, une autre Afrique qui soit trans-nationale, transcontinentale.
Notre discussion portait sur les difficultés socio-économiques de notre continent ainsi que les facteurs limitants qui l'empêchent de surmonter ces difficultés, à savoir entre autres la main mise obscure des puissances étrangères et leur jeu subtil qui leur permet de drainer ses ressources naturelles sans contre parti, tout en faisant croire au monde entier que la pauvreté en Afrique pourrait être le fait d'un quelconque déterminisme, ou d'une incapacité des africains de faire ce que les autres peuples ont réussi à faire pour devenir riche. En tout cas, c'est ce que disait ironiquement Reagan dans les années 80 dans une déclaration de cet ordre : « Si l'Afrique veut être riche, elle n'a qu'à faire comme l'Amérique… »


Vouloir être riche, le problème n'est pourtant pas là ; car l'Afrique est déjà riche, et riche, elle l'a toujours été. Mais il reste à savoir à qui profite vraiment les richesses de l'Afrique ; bien sûr aux pays industrialisés, aux pays riches comme celui de Reagan. Comme l'a bien fait remarqué Ayo, la jeune et charmante artiste germano-nigérienne, « tout le monde profite des richesses de l'Afrique, sauf les africains eux-mêmes ».
C'est donc dans ce contexte d'échange d'opinions qu'a émergé l'idée de nous regrouper pour former une structure associative afin d'élargir le cercle de notre diaspora pour une solidarité transnationale en faveur de l'Afrique. Mais au-delà de ce contexte direct, cette idée couvait en moi depuis de longues années ; et il a fallu vraiment un moment opportun comme cette soirée-là, aussi bien qu'un élément déclencheur pour arriver à cette prise de conscience : ce fut le phénomène de l'immigration clandestine des jeunes africains (très à la une des média en cette période de l'année ) prêts à tout pour rejoindre l'Europe, qui même jusqu'à ce jour demeure un problème sans solution réel pour les gouvernements africains comme européens, mais surtout un grand défi auquel la Diaspora Panafricaine se trouve confrontée.

Ne pensez-vous pas que c'est encore une association de trop ?

Si je comprends bien, vous posez là un problème de la pléthore d'associations : autrement dit, il existe tellement d'associations aujourd'hui que ça ne vaut peut-être pas la peine de continuer à en créer. Cela est vrai. Seulement, on dit souvent qu'à partir des convictions nobles, on arrive à produire des réalités qui rendent la vie agréable. De ce point de vue, à mon sens, le trop-plein d'associations n'est pas un problème. Le problème c'est les convictions qui amènent les gens à se regrouper en association. S il s'agit par exemple de fausses convictions ou des convictions fondées sur des idéologies superstitieuses et destructives, du genre néo nazis, on peut en être sûr, la vie ne sera jamais agréable sur terre, et il vaudrait certainement mieux qu'il n'existe même pas d'associations. Mais s'il s'agit des convictions visant à incarner sur le plan de la réalité quotidienne des idées et valeurs universelles, du genre Droits de l'Homme, Droits des peuples à disposer d'eux-mêmes, alors, créons donc autant d'associations que possible, afin de mieux défendre les causes justes, car les causes justes son nécessairement de nature universel.

Qu'est-ce qui fait sa différence avec les autres ?

La différence par rapport aux autres c'est surtout l'idée de constituer une institution qui puisse être le bras agissant, l'expression concrète même de la solidarité panafricaniste traditionnelle : agir ensemble pour le bien-être matériel et spirituel du peuple africain, selon les principes édictés par nos Pères et Mères fondateurs parmi lesquels, Sr. ( Sistter) Hariet Tubman, Br. (Brother)Marcus Garvey, Br. Martin Luther King Jr., Br. Kwamé N'krumah , Br. Malcolm X, Br. Julius Nyerere, Br. G. Abdel Nasser...Pour ne citer que ceux là.

La valeur de cette vision globale revient à ceci : « think globally and act locally » autrement dit, voir grand afin de mieux agir à petite échelle. Il s'agit d'inclure et de faire participer tout le monde à une œuvre collective dont les fruits bénéficieront à la fois à l'individu et à la collectivité. Ce principe nous permet d'abolir nos barrières ethnoculturelles afin de partager une identité panafricaine commune a tous les enfants de l'Afrique où qu'ils soient dans le monde et de mettre tous nos talents et atouts au service de nos frères et sœurs du continent Mère, et certains de ses autres enfants déshérités de notre Diaspora comme à Haïti par exemple.

Les tragédies du Rwanda, et très récemment celle du Kenya n'auraient pas eu lieu si ces principes étaient mis en application dans ces deux pays respectifs. Imaginez Hutus et Tutsis entrain de construire un grand édifice communautaire pour en faire une école pour leurs enfants, ou encore entrain de cultiver ensemble des milliers d'hectares de ferme de blé ou de soja dans l'attente d'une récolte surabondante ; n'est-ce pas que leurs esprits seraient plutôt préoccupés par les fruits à venir de leur travail que par le bain de sang ? En travaillant ensemble sur des objectifs communs, nos énergies sont canalisés vers des grands et nobles idéaux ,des grandes réalisations, et ce faisant , nous sommes portés à regarder dans la même direction, dans la fureur de vaincre les défis auxquels notre communauté est confrontée, plutôt qu'à entretenir mutuellement de petites querelles de voisinage, surtout d'ordre ethnoculturelles qui ne profitent qu' à nos ennemis.- ces derniers n'attendent que ça pour nous diviser, nous humilier et nous détruire à petit feu. En définitive, toute la différence réside dans notre vision globale, notre mission, nos objectifs et nos attentes en faveur de l'Afrique.


Que recherchez-vous concrètement, j'entends par là les objectifs ?

Ce que nous recherchons, c'est avant tout une structure transnationale, transcontinentale, un corps social constitué qui s'appelle la Diaspora Panafricaine, composée de plus de cent millions d'hommes et de femmes (dispersés dans tous les pays de la planète en dehors du continent africain). En cette période de notre histoire, nous avons besoin d'un pouvoir de négociation afin de nous rendre visible au monde entier (ou plus précisément ce que les média appellent la communauté internationale), nous affirmer devant ce dernier et obtenir le respect qui nous est dû. Pour cela, il est impératif que nous puissions parler d'une même voie à nos amis comme à nos ennemis, sans complexe et avec pleine assurance, afin que nous puissions être estimés à notre juste valeur. Il va sans dire que la force de tout groupe humain repose sur son unité que lui confère le pouvoir des réalisations matérielles de tout genre, aussi bien que le pouvoir de négociation dans ses rapports avec ses partenaires étrangers.

Dans cette perspective, l'ACDP s'est fixé pour but d'apporter le meilleur de notre contribution à la réalisation du bien-être socio- économique du peuple africain, à son épanouissement matériel et spirituel. Quant à sa mission, elle est multidimensionnelle :

Contribuer à la mise en valeur du potentiel productif de nos frères et sœurs du Continent Mère en vue de la réalisation d'un projet socio-économique révolutionnaire susceptible de les émanciper de la tutelle économique des instances décisionnaires nationales et internationales. Contribuer au développement de leurs capacités productifs en mettant à leur disposition les outils de travail, les formations et les moyens de production modernes qui puissent leur permettre d'exploiter à plein rendement, d' abondantes ressources naturelles de leur sol et sous-sol, et qui font l'objet des convoitises de ses ennemis.

Créer des conditions qui puissent permettre à notre peuple de devenir autonome en matière de production économique en prenant en main la direction de son appareil productif local. Bref, faire en sorte que notre peuple devienne maître chez lui, sur la terre de ses ancêtres.

Notre projet est de doter notre Continent –Mère d'une solide base industrielle, en priorité dans le domaine de la production agro-alimentaire. En substance, il s'agit de la construction d'une grande usine de transformation des matières premières agricoles traditionnellement destinées à l'exportation (café, cacao, coton etc. ; lire les notes de conférence Ivoire Café par Mr.Thiery Tan). Ceci implique le développement de l'agriculture à la fois industrielle et vivrière à grande échelle. Une telle réalisation offrira à notre peuple de larges possibilités de se nourrir décemment, de réaliser l'autosuffisance alimentaire tout en tirant une plus-value considérable de sa production industrielle. A long terme, elle contribuera aussi à réduire de manière substantielle la facture des importations des denrées alimentaires de l'étranger et à dynamiser le commerce intercontinental de l'Afrique.

Comment financerez-vous les actions de votre association ?

C'est ici que l'Action Contributive prend sa signification concrète ; car toutes les actions et tous les programmes d'accompagnement seront financés grâce aux contributions de toute notre Diaspora. Pour cela, ACDP propose dès maintenant la constitution d'un grand capital financier, une sorte de plan Marshal, version panafricaine, suivant la voie de l'opération « Panier virtuel. » Il s'agit d'une méthode de collecte de fonds calquée sur le panier habituellement utilisé à l'église pour recueillir les dons des fidèles à la fin du service religieux le dimanche. On s'attend ainsi à ce que chacun de nous dépose dans ce panier un certain montant en dollar, euro ou livre sterling (ou l'équivalent en devise de ces trois là) selon ses possibilités. Autrement dit, le panier virtuel laisse à chacun de nous le soin de décider du montant de sa contribution ; toutefois, nous suggérons un montant minimal de 3Euros, $ 3, £3… Le capital ainsi constitué sera sécurisé dans une institution financière choisi selon les critères de fiabilité et de notoriété en matière de gestion, par une commission d'experts panafricains, dans l'attente de son lancement sous forme de « Plan Marshal » conçu par la Diaspora panafricaine, en vue d'une révolution socio-économique en faveur de l'Afrique.

Quelle réponse donnez-vous à ceux qui souvent accusent les initiateurs d'association de rechercher des intérêts personnels ?

Sur ce point, il convient de faire savoir en tout humilité tout en étant objectif, que nous n'avons rien de parfait. Cependant, la perfection est notre idéal dans la mesure où nous travaillons sans relâche dans le sens d'une amélioration constante et continue. A cet effet, chaque membre se doit d'être responsable de la bonne marche de notre association dans le sens de l'accomplissement de la mission que nous nous sommes donnés, et de la réalisation des objectifs que nous nous sommes fixés au départ en faveur de notre peuple. Ce faisant, les intérêts personnels n'ont aucune place au sein de notre cadre associatif. Ce que nous recherchons, c'est les intérêts de notre Peuple-Mère.

Par ailleurs, l'une des particularités de notre institution est la démocratie participative. Si au plus profond de vous-mêmes vous vous sentez sincèrement intègre, vous pourrez nous apporter beaucoup dans le sens de la préservation de notre association de toutes dérives dans le sens des intérêts personnels et son maintien dans le cadre de la recherche de l'intérêt collectif de notre peuple. Car, nous constituons un espace de dialogue, d'échange, de partage d'idées constructives, de recherche et d'apprentissage pour chacun d'entre nous. Par conséquent, tout un chacun a voix au chapitre.

En dernier analyse, Si vous vous attendez à nous voir parfait avant de prendre part à notre action, vous seriez complice avec les puissances étrangères dans l'asservissement de notre peuple et de vous-même. S'il est vrai, comme disait Jean Paul Sartre, que la liberté n'est pas une vertu qui donne droit à s'arracher aux circonstances pressantes, mais c'est le pouvoir de s'engager dans l'action présente pour construire l'avenir, saisissez donc cette opportunité que vous offre l'ADCP pour exprimer pleinement votre engagement dans la libération de nos frères et sœurs sur le continent, et de la notre dans la diaspora du joug de la dépendance des forces étrangères qui les maintiennent artificiellement dans l'engrenage de la pauvreté matérielle et spirituelle.

Pour des personnes qui souhaiteraient vous suivre dans cette aventure ou vous aider tout simplement, à quelles coordonnées peuvent-elles vous joindre ?
Résidence Ile Beaulieu, 9Bd des martyrs Nantais, 44200 Nantes –France

Tél : 02.51.84.12.95 ou 06.73.85.19.76

e-mail : tesna@voila.fr

Avez-vous un message à passer ?

Où que vous soyez, frères et sœurs de notre Diaspora, veuillez ne pas vous isoler ;

Plutôt que de vous isoler, rejoignez l'Action Contributive de la Diaspora Panafricaine (the Contributory Action of the Pan-African Diaspora), afin que tous ensemble, nous puissions réaliser ce vaste projet historique. Ce faisant, nous rendrons ainsi un service mémorable à notre peuple aujourd'hui enfermé dans l'engrenage de la pauvreté et de la misère, et rendu invisible au monde par les forces obscures qui l'exploitent sans ménagement, par procuration de certains de ses dirigeants. Tous ensembles, nous pouvons inventer le rêve africain (au même titre que le rêve américain) et le réaliser à plus ou moins long terme. L'essentiel est de commencer notre Action maintenant ; peu importe le temps que cela nous prendra ; la marche sur 100 kilomètres commence toujours par un premier pas.

 

 

 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Panafrique
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24 avril 2008 4 24 /04 /avril /2008 12:07

18/04/08


Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, Président de la République française

Le chanteur Ménélik s’insurge contre la Françafrique. Pour que les relations entre la France, sa partie d’adoption, et son continent d’origine évoluent et deviennent enfin équitables, il appelle à une mobilisation des artistes, de sportifs et de toutes les personnes convaincues et de bonne volonté. Coup de gueule.

 

Monsieur le Président de la République,

 

Artiste, je suis originaire d’Afrique d’où je tire mon nom de scène et puise une partie de mon inspiration. Désormais, je vis en France, ma patrie d’adoption. Pour autant cet éloignement ne me laisse pas insensible au devenir du continent qui m’a vu naître. Bien au contraire. C’est donc avec une attention particulière que j’ai écouté le discours que vous avez prononcé il y a quelques jours au Cap, en Afrique du Sud.

 

Ce discours, Monsieur le Président, est un pas dans la bonne direction. Sur le papier. Il vous reste maintenant le plus difficile : passer aux actes. Or, permettez-moi d’être prudent. Les étagères de l’histoire sont pleines de discours truffés de bonnes intentions demeurées lettres mortes, du discours de La Baule en 1990 à celui de...Cotonou. C’était en mai 2006. Alors candidat, vous promettiez déjà la rupture dans les relations France-Afrique. Depuis votre élection, c’est la continuité qui prévaut ! Du discours de Dakar en juillet dernier à l’intervention française au Tchad il y a quelques semaines.

 

Au Cap, vous nous avez une nouvelle fois promis le Grand Soir. En disant vouloir « refonder les relations entre la France et l’Afrique », j’imagine que, ce coup-ci, vous étiez sincère. Je vous prends donc au mot. Moderniser les relations France-Afrique, c’est une nécessité ; les adapter à la réalité du XXIème siècle, aussi : celle d’un continent de plus en plus attractif, ouvert à d’autres partenaires, qui affiche un taux de croissance supérieur à 6 % par an.

 

Pour « un vrai changement : en actes, pas seulement en paroles »

 

Cette croissance, pour être véritablement durable et profitable à tous, doit d’abord émaner des Africains eux-mêmes. Le développement de l’Afrique, dans les années à venir, passe par ses forces vives, une jeunesse au potentiel énorme, une nouvelle génération de dirigeants et d’entrepreneurs dynamiques qui s’étoffe peu à peu, et qui est la plus à même de créer la richesse et les emplois dont ce continent a besoin. Mais ces forces vives ne pourront pleinement s’exprimer tant que la France continuera de porter à bout de bras des régimes à bout de souffle, de soutenir des dirigeants qui font le malheur de leur peuple.

Ça n’est plus acceptable, Monsieur le Président ! Et d’ailleurs, ça n’est plus accepté aujourd’hui, tant par les jeunes générations d’Africains que par l’opinion publique française. La France doit tourner la page de « l’Afrique à Papa ». Une bonne fois pour toute. En tant qu’artiste engagé, je suis décidé à mener ce combat.

 

Mais parce qu’on est jamais aussi fort qu’à plusieurs, je lance ici un appel. Un appel apolitique, non partisan. Un appel à tous les artistes et sportifs engagés, français et africains, de sang ou de cœur. L’heure est venue de nous rassembler, de prendre nos responsabilités et de mettre notre notoriété au service du renouveau des relations entre la France et l’Afrique. Ensemble, exigeons le changement. Le vrai changement : en actes, pas seulement en paroles.

M. Sarkozy a dit : « je dirais ce que je fais et ferais ce que je dis ». Et bien, je vous prends au mot Monsieur le Président.

 

D’ici là, tous ensemble, restons vigilants.

 

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