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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 14:02
APS - 20/02/08

 

L’ancien ministre sénégalais de la Culture, Makhily Gassama, qui a coordonné la rédaction du livre-réponse d’une vingtaine d’intellectuels africains au discours prononcé le 26 juillet 2007 à Dakar par le président français Nicolas Sarkozy, a dit que cet ouvrage va au-delà et dénonce aussi l’atmosphère générale d’afropessimisme en cours en Europe.

 

Intitulé ‘’L’Afrique répond à Sarkozy : contre le discours de Dakar’’, le livre paru aux éditions Philippe Rey, sera en libraire jeudi prochain. Makhily Gassama envisage une cérémonie de lancement de l’ouvrage à Dakar. ‘’S’il ne s’agissait que de répondre à Sarkozy, on n’avait pas besoin d’un livre. Il y a l’atmosphère générale d’afropessimisme cultivée à volonté par des Européens. Pour dire que nous ne valons rien, nous ne sommes capables de rien. Cela dans le but de relancer une nouvelle colonisation du continent. C’est devenu vraiment inquiétant’’, a dit M. Gassama dans un entretien accordé mardi à l’Aps. L’homme de lettres a cité le livre du journaliste Stephen Smith, ‘’Négrologie. Pourquoi l’Afrique meurt’’. Pour lui, cet ouvrage est ‘’plein d’idioties’’ et véhicule ‘’un révisionnisme aberrant’’Gassama a ajouté : ‘’tout cela contre l’Afrique. Pourquoi ? Sur les chaînes de télévision françaises, on voit des gens qui se spécialisent dans le dénigrement de l’Afrique, dans la falsification de notre histoire - qui a toujours été dénoncée par Cheikh Anta Diop’’.

 

‘’Si ça n’inquiète pas nos hommes politiques, nous ça nous inquiète. Ils ne sont pas inquiets et ils continuent à faire leur courbette à la France et ils ne pensent qu’il est temps maintenant de se souder comme les intellectuels’’, a-t-il encore souligné.

 

En plus de Makhily Gassama, les intellectuels suivants ont collaboré à la rédaction du livre : Zohra Bouchentouf-Siagh, Demba Moussa Dembélé, Mamoussé Diagne, Souleymane Bachir Diagne, Boubacar Boris Diop, Babacar Diop Buuba, Dialo Diop, Koulsy Lamko, Gourmo Abdoul Lô, Louise-Marie Maes Diop, Kettly Mars, Mwatha Musanji Ngalasso, Patrice Nganang, Djibril Tamsir Niane, Théophile Obenga, Raharimanana, Bamba Sakho, E. H. Ibrahima Sall, Mahamadou Siribié, Adama Sow Diéye, Odile Tobner, Lye M. Yoka

S’agissant du discours du président français, dans lequel ce dernier affirmait notamment que ‘’le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire’’, Makhily Gassama estime qu’une seule réponse ne suffit pas. ‘’Même une seule action, aussi intense soit-elle, ne suffit pas’’.

 

‘’Chaque secteur doit réagir avec les moyens et armes qu’il possède. Nous, nous sommes des intellectuels. Nous ne pouvons agir qu’en intellectuels, devant tout ce qui se passe actuellement autour de l’Afrique : la recrudescence du racisme, la marginalisation du continent aux plans culturel et intellectuel et cette course vers l’Afrique pour l’exploitation de ses ressources, au détriment du continent’’, a-t-il souligné

‘’On nous dit que nous faisons que parler. Nous ne pouvons réagir qu’avec les moyens dont nous disposons. Les politiciens ont aussi leur rôle à jouer. C’était un discours très grave de la part d’un chef d’Etat. Nous avons fait ce que nous avons à faire. Les politiciens doivent faire leur travail, comme tous les autres acteurs’’. Pour M. Gassama, ‘’les hommes politiques africains, de la majorité comme de l’opposition, n’ont pas réagi. Quand ils l’ont fait, c’est pour applaudir Nicolas Sarkozy’’.

 

‘’Est-ce que nous avons la même vision de son discours ? Est-ce que nous avons les mêmes ambitions pour l’Afrique ? Est-ce que nous avons la même sensibilité lorsque l’Afrique est blessée ? Est-ce que nous avons la même forme de réaction ?’’ s’est interrogé l’ancien conseiller culturel du président Léopold Sédar Senghor Prié de dire si les intellectuels ne bénéficient pas de plus de liberté que les décideurs politiques et économiques, il a affirmé : ‘’personne n’est libre. La liberté, elle se conquiert. C’est une question de volonté personnelle. Quand on a un complexe de dépendance, évidemment on reste dépendant. Et généralement nos chefs d’Etat ont ce complexe de dépendance vis-à-vis de l’Europe et singulièrement vis-à-vis de la France’’.

 

‘’Mais quand on veut être libre, de ses gestes, de ses pensée, de ses actions, on peut être libre.

 

La liberté on ne vous la donne pas, elle est à conquérir’’, a-t-il insisté. Makhily Gassama a dit que dans le livre les intellectuels ont expliqué le silence de certains secteurs par la complicité qui existe entre les élites dirigeantes africaines et françaises. Il a ajouté qu’il s’agit aussi des dirigeants des partis d’opposition ‘’qui pensent qu’il ne peuvent aller au pouvoir qu’avec la complicité de la France’’. ‘’Ils ne remettent jamais en cause le fonctionnement du système. Ce qui les intéresse c’est l’accession au pouvoir, alors qu’ils savent très bien que ce système-là n’est pas viable pour l’Afrique. Ils peuvent tout critiquer sauf cet aspect. Ils ne remettent jamais en question la politique de la Francçafrique’’, a-t-il poursuivi.

 

‘’Nous sommes allés au-delà du discours de Sarkozy, pour aborder des questions aussi graves que celles qui touchent à la coopération entre l’Afrique et l’Europe. Théophile Obenga a beaucoup parlé de cette question dans son texte. Il a dénoncé avec beaucoup de rigueur l’eurocentrisme de l’Europe’’.

 

A propos du contexte dans lequel le discours de Sarkozy a été prononcé à Dakar, M. Gassama a dit que les intellectuels s’attendaient à ce que le président français confirme la rupture qu’il a prônée lors de sa campagne électorale.

 

‘’On attendait la première sortie de Nicolas Sarkozy avec beaucoup d’espoir. Mais il arrive et il nous débite le discours que nous savons à Dakar. Voilà pourquoi nous avons réagi’’, a-t-il expliqué relevant que la majorité des intellectuels africains a toujours attendu, depuis la première décennie des indépendances (années 1960), ‘’une rupture, une nouvelle orientation dans les relations entre la France avec ses ex-colonies, une nouvelle coopération fondée sur le respect de la dignité de l’autre’’.

 

‘’On a pensé, avec l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir (en 1981), que cette rupture allait avoir lieu. Elle n’a pas eu lieu, malgré la nomination de Jean-Pierre Cot au ministère délégué à la Coopération’’.

 

‘’Il (Jean-Pierre Cot) a voulu changer les choses, mais il n’a pas fait plus d’un an : +la Françafrique l’a mis hors-jeu, avec la complicité du gouvernement français et de nos dirigeants. Ça veut dire que c’est très difficile. Ce n’est pas seulement une affaire de la droite, c’est toute la classe politique française qui est impliquée’’ Nicolas Sarkozy, pendant sa campagne présidentielle, a parlé de rupture, rappelle l’ancien ministre qui ajouta que cette position avait fondé un certain espoir chez des intellectuels africains. ‘’On était heureux qu’enfin un homme politique arrive et veuille provoquer cette rupture avec le passé. Pour amorcer cette politique qui va rendre l’homme politique africain plus responsable qu’il ne l’est, plus libre, plus digne. Mais il est passé à côté’’.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Panafrique
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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 11:11
Le Potentiel (Kinshasa)
19 Février 2008
 
Par Freddy Mulumba Kabuayi
 

Au moment où la CEEAC, par décision de son président en exercice, Joseph Kabila Kabange, président de la RDC, reprend en son compte le dossier de la situation au Tchad, concurremment d'ailleurs avec l'Union européenne, il n'est pas trop tôt de s'interroger sur ce qui s'est réellement passé, sur l'attitude des dirigeants africains, sur la situation réelle dans ce pays et sur les leçons à tirer. Certes, un seul article ne saurait épuiser le sujet.

 

D'ailleurs, chaque jour, il y a des écrits sur ce que Jeune Afrique appelle le « Cancer Tchad » Nous lançons seulement le débat, espérant que d'autres pourront le poursuivre. La plupart d'entre nous n'avons suivi les évènements que d'un bout de la lorgnette. D'autres la connaissent sans doute mieux.

 

Quoi qu'il en soit, sans vouloir retracer toutes les péripéties et tout le fil événementiel des différentes phases, la crise tchadienne nous inspire les leçons suivantes :

 

1ère leçon : La violence appelle la violence. Violence physique, juridique, verbale chacune provoque une réaction équivalente. Au Tchad, la révision constitutionnelle pour maintenir le président actuel en fonction indéfiniment ou pour lui permettre de faire succéder par son fils, a provoqué l'envie d'accéder au pouvoir par la force des armes. De toute façon, depuis 1978, au Tchad, on accède au pouvoir par les armes, quitte à légaliser le fait accompli. Malgré certaines déclarations post crise de certaines grandes puissances, qualifiant les dernières élections de démocratiques et transparentes, chacun se souvient du tollé soulevé par un scrutin irrégulier. Si le Sénégal l'a échappé belle - exception qui confirme la règle -, le Kenya a sombré dans les luttes tribales fratricides pour les mêmes causes.

 

2ème leçon : Le manque de volonté politique de nos dirigeants. Cette nième crise était prévisible. Le sommet de Libreville du 25 janvier lui était voué. Malgré les appels au secours du président Deby-Itno malgré l'existence de mécanismes de prévention ou d'alerte précoce, aucun dirigeant n'a volé au secours du Tchad, ni diplomatiquement, ni militairement. A la rigueur, on aurait pu condamner les dernières attaques par anticipation. L'Amérique de Bush qui pratique la guerre préventive, aurait pu être sollicitée. Mais, tout le monde s'est contenté d'un soutien poli, estimant sans doute que les marrons étaient cuits pour le voisin Idriss Deby. Il y a eu absence de volonté politique, sauf si l'on qualifie cela d'impuissance.

 

3ème leçon : l'impuissance de nos gouvernements. Ce serait peut-être la vraie explication, car que pouvaient faire quelques pays africains francophones, sans l'aval de la France. Pour projeter des troupes en si peu de temps vers le Tchad, si l'on ne vient pas du Soudan ou de la Centrafrique, il faut disposer de moyens aériens et de toute la logistique. Les pays auxquels je pense en sont dépourvus. Sur le plan politique, c'est Paris décide. S'il est exagéré de penser que nos gouvernants sont des fantoches, il n'en demeure pas moins vrai qu'ils ne peuvent pas prendre une position qui va à l'encontre des grandes puissances, sans conséquences. D'ailleurs, la décision de Deby de ne pas libérer aussitôt les « criminels de l'Arche de Zoé, est sans doute une des causes de l'attitude française pendant la crise. Pour être respecté et promouvoir sa politique, il faut avoir les moyens militaires, diplomatiques, économiques et financiers. Beaucoup de pays africains en sont dépourvus. Ils doivent compter sur la solidarité ou le bon vouloir des Grands. D'où cette impuissance regrettable mais compréhensive.

 

4ème leçon : les Grandes puissances nous prennent pour de grands enfants. Parce que nous sommes faibles et démunis, les grandes puissances nous dictent ce que nous devons faire, à temps et à contretemps. Au Tchad, les Français qui étaient intervenus il y a un an sans l'aval de Conseil de sécurité, ont prétendu cette fois-ci que cela était indispensable. La France a déployé ses troupes de Libreville à Ndjamena, sans attendre l'accord du gouvernement. Comme dans un no man's land. Ce qu'il ne ferait ni en Algérie, ni à Cuba, ni en Californie. La France a proposé à Deby de l'évacuer pour garantir sa sécurité et sa vie ; la France a prétendu avoir aidé le gouvernement par des renseignements militaires seulement. Bref, la France n'a rien vu, rien fait. Elle est restée neutre.

 

5ème leçon : le ridicule ne tue pas. Comme il fallait s' y attendre, Deby qui s'est fait aider des Français et des soudanais du MGE, traite les autres rebelles de mercenaires. Qui est mercenaire et qui ne l'est pas ?Lui-même est un sous produit soudanais. Aussitôt après les évènements, Deby déclare qu'il est prêt à gracier les condamnés de l'Arche de Noé. Il a sans doute eu la révélation au cours des événements. Oeuvre du saint Esprit. La France qui a vu venir les rebelles et n'a rien fait, de peur de gêner ses partenaires de l'Eufor, prétend désormais qu'elle a toujours soutenu Deby. La France qui a demandé à Idriss de quitter le Palais, dit qu'elle n'a jamais souhaité son départ. Enfin, il y a comme cela des déclarations ridicules et contradictoires qui prouvent que le ridicule ne tue pas. En politique, mentir n'est donc pas ridicule ni prohibé.

 

6ème leçon : ceux qui comptent sur l'Union africaine ou les organismes politiques internationaux, savent qu'ils n'ont aucune garantie pour leur pouvoir. Il vaut mieux compter sur un ami sûr.

 

Désormais, il ne nous reste qu'à tirer les conclusions de la survie de Deby en disant que les problèmes non résolus sont sans pitié pour les peuples comme pour les gouvernants. Ne l'oublions pas.

 

Copyright © 2008 Le Potentiel

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Published by Juliette Abandokwe - dans Panafrique
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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 15:47

Les épouses d'une vingtaine de chefs d'Etat africains ont créé un Réseau africain de femmes négociatrices de paix, a-t-on appris à l'issue d'une réunion à Brazzaville. Ce Réseau doit travailler "en étroite collaboration" avec des organisations non gouvernementales et des associations féminines d'Afrique "pour la préservation de la paix" sur ce continent, ont déclaré les organisateurs de la sixième conférence de la Mission de paix des premières dames d'Afrique (Mipreda) réunie jeudi dans la capitale du Congo.

La Mipreda a aussi désigné sa nouvelle présidente en la personne d'Hajia Turai Yar'adua, l'épouse du chef de l'Etat nigérian Umaru Yar'adua, qui succède à Antoinette Sassou Nguesso (photo), femme du président congolais Denis Sassou Nguesso, élue en 2005 au Burkina Faso.

Mme. Sassou Nguesso préside également la Fondation Congo Assistance, une ONG qui a pour objet de promouvoir l'action sociale, dans les domaines de la santé, du développement, de l'éducation et de la formation professionnelle.

Créée en 1997 au Nigeria, la Mipreda milite pour la stabilité et un développement harmonieux de l'Afrique.

Publié le 15 février 2008.

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 15:26
Source Afrique Centrale Info
13/02/08

 

L'organisation de défense de la presse Reporters sans frontières (RSF) dénonce dans son rapport annuel publié mercredi une "répression sans complexes" de la presse en Afrique en 2007, épinglant notamment le Niger et le Maroc. "Ce qu'ils n'osaient pas faire auparavant, les gouvernants africains le font désormais. Les barrières qu'ils n'osaient pas franchir dans la répression contre les journalistes qui dérangent sont tombées", écrit RSF en préambule de la partie du rapport consacrée au continent africain.

 

"Décomplexés, plusieurs ministres de l'information sont montés au créneau toute l'année pour défendre une certaine idée de l'Afrique", affirme le rapport.

 

Selon RSF, au Niger, en Angola, au Sénégal, au Tchad, au Soudan et au Gabon, "des journalistes ont connu l'arrestation, souvent brutale, l'inculpation, souvent extravagante, et l'incarcération, toujours pénible". "L'infamie et la prison" sont réservés à ceux qui refusent d'être aux ordres.

 

L'organisation relève qu'au Niger "cinq journalistes, dont trois étrangers, ont été incarcérés en 2007 pour avoir réalisé des reportages ou des interviews des rebelles touaregs qui, à partir de février, ont attaqué des postes militaires du nord du pays". Le gouvernement, ajoute RSF, "n'a pas supporté que la presse le contredise, lui qui n'a jamais vu dans la rébellion autre chose qu'une affaire de +coupeurs de route+".

 

Au Maroc, note encore l'organisation, "l'année 2007 a été, pour les journalistes marocains, celle de tous les dangers et de toutes les mauvaises surprises". Selon RSF, "l'Etat a donné l'impression de vouloir réformer le code de la presse, tout en n'hésitant pas à emprisonner les journalistes et faire saisir leurs publications".

 

"Le pouvoir de Mohammed VI continue de jongler maladroitement avec l'envie de préserver son image à l'étranger et la tentation de contrôler la presse indépendante marocaine", ajoute l'organisation.

 

"En 2007, la liberté de la presse en Afrique a été durement blessée", conclut RSF, qui dénonce notamment l'influence des investissements chinois en Afrique, estimant que Pékin se montre moins soucieux que les occidentaux de préserver la liberté de la presse africaine.

 

Publié le 13 février 2008.

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