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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 22:02
10 septembre 2011
Jean-Baptiste Placca

Entendez-vous les dissonances que produisent, sur la terre d’Afrique, les mots : démocratie et élection ? En fonction du lieu d’où on les prononce, ils recouvrent des réalités qui vont du meilleur au pire. Et les meilleurs, souvent, ne sont pas ceux qui se font le plus remarquer.

Il n’a, par exemple, pas pu vous échapper que l’on vote au Cameroun, en octobre, ou en RD Congo, au mois de novembre. Mais vous souvenez-vous de l’élection présidentielle, au Cap-Vert, il y a à peine trois semaines ? Ou du référendum du 23 août dernier, au Liberia ? 

Etienne Tshisekedi, vous connaissez, certainement ! Il est la vedette du feuilleton hebdomadaire des manifestations et contre-manifestations agrémentées de gaz lacrymogènes, à Kinshasa. Mais vous rappelez-vous avoir jamais entendu le nom de Jorge Carlos Fonseca ? C’est le tout nouveau président du Cap-Vert, élu le 21 août dernier. 

Au Liberia, l’initiative du référendum a été prise par le chef de l’Etat, Ellen Jonshon-Sirleaf. L’opposition a appelé à le boycotter ou à voter contre. C’est ce qu’ont fait les électeurs, et le pouvoir a assumé ce désaveu, sans aucune manigance. Au Cap-Vert comme au Liberia, ces scrutins sont déjà du passé. La vie a repris son cours. 

Comme on aimerait qu’il en soit ainsi, partout sur ce continent ! Seulement, voilà : au Cameroun, l’opposition et une partie de la société civile observent avec suspicion les différentes étapes du processus électoral. Leurs protestations sont balayées du revers de la main par les partisans du président Biya, qui débordent de certitudes, quant à la popularité de leur héros. 

Les opposants, eux, parlent plutôt d’un verrouillage de la chaîne électorale par le régime. C’est d’ailleurs le même état d’esprit que l’on observe en RD Congo, où Etienne Tshisekedi dit vouloir tout déverrouiller, avant qu’il ne soit trop tard. 

Au Cap-Vert, Manuel Inocêncio Sousa, le perdant, a admis sa défaite et félicité le vainqueur, avant même que ne soient donnés les résultats définitifs. Pas de contestation, aucun mort, pas un seul blessé. Non pas qu’il n’aime pas le pouvoir. Mais il a accepté sa défaite parce que le processus électoral a été transparent. 
Lorsque les règles du jeu sont claires, et que les institutions chargées d’organiser les élections ne donnent pas l’impression d’avoir des choses à dissimuler, la défaite peut être acceptée, et même avec élégance. C’est le message qu’envoie le Cap-Vert à l’Afrique des élections sanglantes et hautement inflammables.
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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 22:21

5 septembre 2011
Keita Idrissa

 

Oh mon DIEU! Le ridicule ne tue plus dans la vie politiquede nos dirigeants africains: Un dictateur qui traite un autre dictateur de dictateur. Tous les deux veulent rester au pouvoir à vie puis se faire remplacer par leurs fils en l'occurence Saif al Islam et Karim Wade.

 

Abdoulaye Wade qui exige une caution impayable à ses adversaires pour les élections présidentielles dans son pays, parceque l'opposition a été vigilante pour stopper son plan de faire de son enfant son vice-président et donc son successeur direct. C'est même Wade qui appelait Dadis son fils et condamnait Gbagbo aussi de vouloir confisquer le pouvoir en Côte d'ivoire. Wade a réussit a écarter ses opposants en imposant une caution impayable mais son fils ne deviendra JAMAIS président au Sénégal. Un de ses porte-paroles a affirmé dans une des émissions télévisées que, je cite "le niveau de la caution n'a jamais été facteur pour limiter les candidatures ".

 

Wade a reçu jeudi le 1er Septembre, le chef du CNT libyen dans sa résidence parisienne. Quels conseils a-t-il donné à Moustapha Abdeljalil? Il est content de ne plus rembourser l'argent qu'il avait reçu de Kadhafi depuis quand il était "opposant historique" jusqu'à nos jours. Après 60 jours d'immobilisme, Wade se rend au Tchad à la cérémonie d'investiture d'Idriss Déby ensuite il rendra à la Mecque sur invitation du roi d'Arabie Saoudite pour effectuer le petit pèlerinage. Ce pèlerinage n'a aucun sens car il était le premier conseiller de son autre fils Dadis qu'il a induit en erreur.

 

Et après il lui donne le conseil d'aller dire officiellement qu'il est "désolé " pensant que le peuple de Guinée est bête. Pendant que Kadhafi avait la fonction de sponsor et de bailleur de fond du CNDD, Wade et Compaoré prodiguaient de mauvais conseils aux membres du même CNDD. Abdourahmane Diouf voit des risques à propos de la cherté de la caution présidentielle et affirme que "la possibilité pour un candidat de donner des garanties à des Lobbies privés fait que déjà même avant d'être élu, il a hypothéqué son mandat. Et après la victoire aux élections, vous leur devez un retour sur investissement ".

 

Au lieu maintenant de travailler sur la base du mandat que le peuple vous a donné, vous allez passer la moitié de votre mandat à essayer de garantir le retour sur investissement de ceux qui vous ont aidé. Et la  deuxième partie de votre mandat sera consacrée à penser aux prochaines élections pour voir comment vous en sortir. Nous connaissons déjà ce phénomène.

 

Donc le ridicule ne tue plus, si un cadavre traite un autre cadavre de dépouille mortelle. Et cela ne doit pas surprendre quelqu'un qui sait que le serpent a deux langues.


Merci et bon début de semaine.

 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Panafrique
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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 17:58

26 août 2011
Projet 2014

 

Note de Juliette: Texte géographiquement transférable ailleurs.

 

Comment combattre l’impunité dans laquelle opèrent nos bourreaux congolais, soutenus par leurs partenaires étrangers, sans plus attendre ?

 

1. La première chose que nous devons comprendre est que ce ne sont pas des assassins, des pilleurs, des traîtres, des voleurs de la nation, incapables, paresseux qui pourront un jour instaurer un état de droit au Congo.

 

2. La seconde chose qu’il nous convient de comprendre, c’est que, quelque soit les bonnes volontés de nos partenaires ou amis éventuels, ils ne peuvent pas développer le Congo à notre place, quand bien-même, ceux d’entre eux qui sont sincères et fidèles nous sont utiles, par l’aide qu’ils sont susceptibles de nous apporter pour nous développer plus vite que nous ne le ferions seuls ou presque.

 

3. La troisième chose que tout congolais doit se mettre à l’esprit est que la construction d’un état uni, fort, paisible et prospère ne peut pas se réaliser tant que nous nous laissons enfermer dans nos égoïsmes, dans nos tribalismes, dans nos régionalismes, dans nos nationalismes, dans nos fanatismes infructueux.

 

4. La quatrième chose dont les congolais doivent tenir compte est la nécessité d’une nouvelle naissance chez l’être humain pour que celui-ci passe du monde des ténèbres et de la méchanceté vers la famille de la lumière et de la bonté. Cette conversion est indispensable chez tout congolais qui se voudrait participer à la pacification et à la prospérité du Congo.

 

Il est donc indispensable, impérieux que nous trouvions comment remplacer ces hommes, que nous avons-nous-mêmes commis à la gestion de l’Etat, par des hommes intègres, patriotes, capables, intelligents et sages. Il est aussi indispensable que chaque congolais, décidé à devenir acteur de développement, tant au niveau individuel et qu’au niveau collectif, s’impose un nouveau mode de pensée, des nouvelles méthodes de travail, pour se qualifier bâtisseur d’une nation unie, paisible et prospère au Centre de l’Afrique.

 

Nous nous devons rapidement, en tant que peuple, établir une liste exhaustive de nos partenaires et de nos amis tout en distinguant bien les deux. Cette liste, qui doit être établie sur la base des rapports que nous avons déjà eu avec ces états étrangers et non sur la base des sentiments puérils qui caractérisent jusqu’ici nos rapports aux tiers et qui sont à base de nos nombreux déboires d’aujourd’hui.

 

Dans le but de nous approprier notre Congo, nous nous devons d’étudier et de comprendre, ensemble, les modalités d’une construction nationale sûre, durable, solide. Il est donc question, d’expurger notre espace politique, notre administration et nos cultures de toutes les velléités égoïstes, tribalistes, régionalistes et nationalistes improductifs, pour les remplacés par des esprits altruistes, civiques, fiers d’être congolais, élevés dans leurs pensées et dans leur agir, productifs au temporel et au spirituel, indépendants, libres, décomplexés, équilibrés. La rédaction d’un projet de société qui soit le plus démocratique et le plus complet est, au sein du Projet 2014, la démarche volontaire, patiente, mais sûre pour amener notre peuple à prendre les vrais engagements citoyens et à cesser de se complaire dans des lamentations qui ne porteront aucun fruit savoureux.

 

Il faut déduire de notre quatrième prémisse qu’il soit illusoire de compter sur des hommes qui, volontairement, demeurent sans foi ni loi. Ces non convertis, ces païens, ne peuvent en aucun cas nous être utiles dans notre quête d’une pacification, d’une unification et d’une prospérité au Congo. En revanche, il convient d’avoir toujours à l’esprit qu’ils sont, par essence, des obstacles dressés sur notre chemin que nous devons apprendre à écarter ou à surmonter, démocratiquement, et non à coup de meurtres, à l’opposé de la manière dont agissent jusqu’ici la plupart de nos politiciens dont les mains sont pleinement couvertes du sang congolais et étranger. Ces hommes aux consciences flétris, ne peuvent que se dresser en obstacles sur notre marche et cela se comprend, humainement parlant. Seuls, ceux d’entre eux, à qui Dieu fait grâce de reconnaître leur culpabilité, nous rejoignent et commencent à apprenne une nouvelle vie, celle des hommes mus, saisis par l’amour divin et portés vers les autres congolais, par amour.

 

Par rapport à ce combat, dans notre rapport à l’impunité, dans le cadre du Projet 2014, nous prenons une longueur d’onde d’avance sur nos précurseurs. Très lentement mais sûrement, nous nous forgeons une image forte. Pour cela, nous veillons à nous associer des congolais soucieux de la justice et pas seulement du droit, de la paix et non seulement de la tranquillité, du développement et non seulement du progrès.

 

C’est pour cela, que nous invitons tous ceux qui veulent participer, à la vraie lutte contre l’impunité à nous rejoindre. Nous les invitons à nous rejoindre non seulement avec comme objectif de dénoncer les traîtres de notre nation comme le font – très imparfaitement – plusieurs d’entre nous en ce moment. Mais, il s’agit aussi de venir au Projet 2014 avec comme objectif de faire en sorte que le pays soit gouverné et servi demain par des hommes nés de nouveau, qui respectent une éthique sociale démocratiquement établie en vu de participer à la création de la confiance du congolais en son pays et de l’engagement de ce dernier pour la sanction juste et démocratique de ceux qui ont mettent notre pays dans l’état où il se trouve aujourd’hui.

 

La difficulté que rencontre plusieurs à nous rejoindre provient de celle du renoncement au mal que l’on reconnait en soit pour se tourner vers l’amour de sa nation. Un amour impossible tant qu’on n’est pas en mesure d’aimer son prochain comme soit même !

 

Les questions fondamentales sont alors : pourquoi aimerions-nous notre prochain, notre compatriote, comme nous-mêmes ? Que nous fait-il de bon pour que nous lui rendions sa pièce de monnaie ? Que perdrions-nous à ne pas l’aimer ? Comment nous aimerions-nous nous-mêmes ? Pour répondre à ces questions, plusieurs philosophies politiques et plusieurs religions nous proposées que nous devons examiner avant de les embrasser.

 

Notre observation est que le congolais s’est investi dans beaucoup de ces philosophies sans prendre du recul. Le résultat en est les déceptions que vivent plusieurs de nos compatriotes qui espéraient vraiment, qui comptaient sur du vent ! C’est ce que nous développerons dans notre prochaine livraison.

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 00:53

16 août 2011
Eugène Wope

 

« Vient un temps où le silence est trahison. » – Martin Luther King, Jr [1]

 

Des regrets à de nouvelles espérances

 

Maintenant que les passions déchaînées partout en Afrique par la récente crise post-électorale ivoirienne sont un peu retombées. Maintenant que le spectre de la guerre s’est éloigné. Le moment est venu de jeter un regard apaisé mais lucide et critique, sur ce terrible conflit qui a dressé deux moitiés de la Cote d’Ivoire l’une contre l’autre, deux moitiés de l’Afrique l’une contre l’autre, afin d'en tirer les enseignements qui permettront, osons l'espérer, de garantir une issue moins dramatique à la trentaine d’échéances électorales (présidentielles et législatives) prévues en Afrique en 2011-2012 [2]. Le risque est réel qu'une crise d’une ampleur comparable éclate ailleurs en Afrique, si les conditions ne sont pas mises en place pour éliminer ou à tout le moins réduire les raisons de contestations post électorales.

 

Pour y parvenir, il convient dans un premier temps de tenter d’établir des responsabilités, en focalisant l'analyse sur l'élément déclencheur ayant été directement à l'origine de cette crise ivoirienne, à savoir la contestation des résultats de la dernière élection présidentielle. Un examen approfondi des éléments les moins controversés, notamment les résultats du premier tour, visera à établir une intime conviction quant à la désignation du vainqueur du second tour parmi les deux prétendants, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo. Si les conclusions de cet examen s'avèrent pertinentes, c'est-à-dire s’il ne subsiste aucun doute raisonnable quant à la désignation du vainqueur, elles permettraient alors de dégager la responsabilité de ce dernier, et par conséquent d’imputer la principale responsabilité du déclenchement du conflit au perdant. S'il est vrai que la réalité n'est pas aussi manichéenne, que la vérité est sans doute moins tranchée et plus complexe, cette approche présente l'avantage de poser le problème sur une base claire et simple, mais permettant néanmoins d'obtenir un premier niveau d'appréhension cohérente de la situation globale. Elle permet également d'éviter le piège d'une combinatoire infinie de causes et d'effets conduisant au dilemme de la poule et de l'œuf, ou ne conduisant à aucune vision concrète en noyant la perception des vrais enjeux dans un fatras de considérations toutes relativisées. Cette première étape de la réflexion est indispensable et fondamentale pour 2 raisons :

 

 

  • Lorsque cela est possible, il est toujours préférable d'établir sans ambiguïté la réalité des faits ayant entraîné comme dans le cas de cette crise, des conséquences importantes en termes de souffrances humaines et de destruction matérielle. Il est important de pouvoir identifier les responsabilités et désigner les vrais coupages, afin d'être ensuite en mesure d'entamer un processus de cicatrisation des blessures et de réconciliation. En ce sens la commission Vérité et Réconciliation mise en place en Afrique du Sud à la sortie de la période d'apartheid a été une formidable thérapie, qui a sans doute permis une transition à peu près maîtrisée et apaisée, et évité une guerre des races.

  • Des conclusions de cette première étape de l'analyse, découle d’abord la légitimité de la prétention de l’un ou l’autre des candidats à la victoire ; dépend ensuite également l’appréciation de l'opportunité de l'intervention de la communauté internationale ; dépendent enfin les conséquences possibles de l'issue de ce conflit sur le contexte politique en Afrique pour les prochaines années.

 

 

Puis il s'agit d'examiner le rôle joué par les principales instances africaines, en particulier l'Union Africaine, ainsi que par les principaux pays africains dont le Nigeria et l'Afrique du Sud, pour trouver une issue à ce conflit. L'attention est portée sur ce qui a pu apparaître comme insuffisant dans les initiatives entreprises par ces acteurs majeurs, afin de dégager quelques facteurs pouvant rendre leur incidence plus décisive si de tels conflits viennent à se reproduire en Afrique.

 

Enfin il convient d'examiner la position de l'élite intellectuelle africaine sur ce conflit, à la lumière de la conscience critique, courageuse et éclairée qu'elle a le devoir d'incarner, afin de servir de modèle et de guide pour combattre la mauvaise gouvernance, pour défendre la justice et le faible, et pour contribuer à l'éveil des consciences africaines à la démocratie et à une défense intelligente des intérêts de l'Afrique.

 

Les élections

 

Le conflit ivoirien a éclaté suite au blocage provoqué par la revendication de la victoire par les deux candidats à l’élection présidentielle de novembre 2010. Pour déterminer l’équilibre des forces en présence en Côte d’Ivoire, on peut s’appuyer sur les résultats du premier tour qui ont été acceptés par toutes les parties. Ces résultats se présentent ainsi : L. Gbagbo 38% (un gros tiers), A. Ouattara 32% (un tiers), H. K. Bedié 25% (un petit tiers), donc grosso modo une répartition 1/3 – 1/3 – 1/3. Entre les 2 tours, A. Ouattara a eu l'intelligence de conclure un accord avec le (presque) troisième tiers du corps électoral représenté par H. K. Bédié (25%). Au second tour, il aurait suffit que seulement 6% des voix de H. K. Bédié (sur 25%) se reportent sur A. Ouattara (toute chose étant égale par ailleurs) pour que ce dernier fasse jeux égal avec L. Gbagbo. Le potentiel de 25% de report possible sur A. Ouattara laissait dans tous les cas suffisamment de marge pour que la victoire lui fut acquise de manière quasi certaine (il pouvait en théorie espérer presque 2/3 des voix, 57%, avec un bon report).

 

Il parait dans ces conditions plus que probable, ma conviction est que c’est une certitude, que Alassane Ouattara est le vainqueur de ces élections, et que Laurent Gbagbo les a perdu. Le maintien de L. Gbagbo dans ses fonctions aurait envoyé un signal catastrophique, n'aurait pas manqué de donner des idées aux nombreux dictateurs africains qui ont tremblé jusqu'à la dernière minute quant à l'issue de cette crise ivoirienne : il n'est pas hasardeux de penser, pour des raisons qu’il est aisé de comprendre, que leur souhait était que la version du vainqueur décidée par la cour constitutionnelle - organe officiel facilement contrôlable par les pouvoirs en Afrique - s'imposât ! Que L. Gbagbo réussisse son hold-up électoral, et son succès n’aurait pas manqué d’être interprété par ses pairs Africains comme la preuve qu’il leur était possible de s'accrocher au pouvoir et de s’y maintenir, même lorsque leur défaite électorale est incontestable. Pour les prochaines décennies, il aurait été virtuellement impossible qu'un président en place perde les élections, quelque soit les résultats sortis des urnes.

 

Examinons maintenant divers arguments avancés pour réfuter cette conclusion.

 

D'aucun ont trouvé contre nature l'alliance conclue entre A. Ouattara et H. K. Bédié entre les 2 tours, au motif que Bédié fait partie de ceux qui ont mis en doute la nationalité de Ouattara. C'est méconnaître le peu de scrupules de la classe politique en général, prête à faire feu de tout bois pour éliminer un adversaire (je ne parle même pas de l'absurdité de cette balkanisation arbitraire de l'Afrique qui a érigé des barrières artificielles entre les Africains, qui sont devenues aujourd'hui de vrais obstacles qu'il faudra bien un jour éliminer). C'est méconnaître l'histoire car en réalité, il y a plus d'affinités entre la sensibilité politique du RDA d'Houphouët Boigny dont Bédié est l'héritier et celle du RDR de Ouattara, qu'entre Bédié l’houphouëtiste et le socialiste L. Gbagbo.

 

L'argument des 2/3 de la CEI(commission électorale indépendante) acquises à l'opposition est un mauvais procès : par sa constitution même, 1/3 + 1/3 + 1/3, une coalition de 2 des 3 parties confère automatiquement un quorum de 2/3 à ladite coalition.

 

Je me suis opposé, parfois énergiquement à ceux qui ont tenté d'ériger Laurent Gbagbo en défenseur d'une Afrique libre et indépendante. Non, L. Gbagbo n'est pas, n’a jamais été, ce héros panafricain moderne dont l’Afrique toute entière espère l’avènement, et le considérer ainsi ridiculise et décrédibilise ceux qui le font. Comparer Gbagbo à Mandela comme certains ont tenté de faire est une vraie imposture [3]. Laurent Gbagbo à très intelligemment adopté une posture et un discours anti impérialiste et anti colonialiste, mais qui sont orthogonales à son action réelle lorsqu'on examine les faits. Malgré une attitude affichée de reniement de l’occident et de l’impérialisme occidental, de pur apparat, les actes de L. Gbagbo trahissent un tropisme occidental marqué. On se rend bien compte aujourd'hui qu'il a accentué la mise en coupe réglée de la Cote d'Ivoire par des concessions parfois surprenantes qu’il a accordées à ces mêmes multinationales occidentales prédatrices de l'Afrique contre lesquelles il prétendait se battre (Bolloré, Bouygues, Total, Pinault/CFAO, Euro RSCG, ...) [4], qu’il n’a pas hésité à gaspiller des sommes considérables en une pléthore de conseillers et d’experts, d’instituts de sondages de tous ordres souvent recrutés en occident, qui lui ont servi des conseils et des sondages pourris avant les élections, et qui lui ont par la suite organisé une défense désordonnée et peu crédible après sa débâcle électorale (Euro RSCG et Jacques Séguéla conseils du président Gbagbo pour sa réélection, des avocats de renommée internationale Roland Dumas, Jacques Vergès, Marcel Ceccaldi, lobbyistes américains,...). On est conduit à se demander si la fureur de Laurent Gbagbo contre l'occident et la France en particulier n’est pas motivée par une sorte de « dépit d'un amoureux éconduit », insuffisamment récompensé après avoir généreusement consenti tant de cadeaux ! Cette recherche frénétique d’une sorte d’assurance à travers un entourage de conseillers occidentaux renvoie à un autre anachronisme malheureusement encore trop fréquent en Afrique noire dans le choix des sélectionneurs nationaux de foot : presque souvent tous des blancs, alors même que de nombreux champions africains se sont illustrés dans cette discipline à l’échelle mondiale depuis des décennies (loin de moi l’idée d’ouvrir une polémique raciale !).

 

Par le simple fait que Laurent Gbagbo se soit opposé à la France, puissance dont le colonialisme est tant honnie, de nombreux Africains ont été tenté de l’élever en héros intrépide dressé contre les oppresseurs de l’Afrique, et l’ont presque instantanément lavé de tout péché, y compris celui du refus du verdict des urnes, y compris celui d’avoir bradé les intérêts économiques de son pays, y compris celui de favoriser le trafic d’influence de groupes d’intérêts aux motivations contestables (églises charismatiques, etc.). S’opposer ne signifie pas grand chose en soi, s’opposer n’a de sens que lorsqu’on a un projet de société valable, et surtout lorsqu’on se donne les moyens de le mener à bien - ce dernier point est capital - pour le bonheur des populations qu'on gouverne. Sékou Touré s'est également opposé à la France en 1958, on a vu le désastre où sa mandature a conduit la Guinée. Ilne suffit pas d’être « contre », il faut également et surtout être « pour » l’excellence, apporter des solutions, proposer des pistes de solution réalistes en terme de timing et de chance de réussite.

 

Je n'ai, au jour d’aujourd’hui, aucun élément me permettant de penser de A. Ouattara soit meilleur démocrate que L. Gbagbo. Je n'ai aucune certitude que Ouattara sera un meilleur président que L. Gbagbo. Je n’ai même à vrai dire aucun motif de sympathie personnelle à son égard. J'aurais même quelque raison de m'en méfier car l'unanimité du soutien que les puissances occidentales lui ont accordé peut laisser un sentiment de suspicion, ne semblant pas dénué d'arrières pensées intéressées, semblant même cacher des gages (ou des signes de gages) que A. Ouattara pourrait avoir donné. Malgré cela je pense qu’il serait encore plus dangereux pour l’Afrique de cautionner l’usurpation d’une victoire électorale. En ce sens le cas ivoirien est important pour l’Afrique, il pourrait servir de jurisprudence pour les élections à venir.

 

En toute logique, on est également fondé de penser que le soutien dont a pu bénéficier A. Ouattara puisse être mis sur le compte de son habileté à nouer des alliances, et pas sur celui de sa faiblesse supposée sur laquelle ses puissants alliés auraient misé. Si tel est le cas, il est parfaitement envisageable de payer sa dette vis-à-vis du soutien de puissants alliés sans aliéner intégralement ses propres intérêts. L'exemple de la Corée du sud est là pour montrer que malgré la nécessité d'une grande gratitude à l'égard de l'Amérique et de sa protection, le pays a su préserver et conforter ses intérêts aux côtés de ceux de ses protecteurs, au point de devenir aujourd'hui un concurrent de ces derniers dans de nombreux domaines. Que le soutien de l'occident à A. Ouattara fut calculé, quoi de plus normal, c'est le contraire qui aurait été surprenant ! L’occident à des intérêts spécifiques à défendre, cela est dans l’ordre normal des choses, l’Afrique également doit défendre ses propres intérêts : c'est la configuration où les différentes parties fonctionnent en ayant chacun à l'esprit ses intérêts bien compris qui est la bonne martingale pour l'Afrique (gagnant / gagnant). La compétition est permanente et perpétuelle, il faut donc s'y faire et apprendre à défendre ses intérêts au milieu d'autres intérêts en concurrence, et dont on ne doit pas attendre qu’ils soient nécessairement amicaux.

 

Laurent Gbagbo, à l’instar de quelques autres leaders politiques d’Afrique que le hasard des alternances politiques ayant suivi la fin de guerre froide et l’effondrement du bloc de l’Est a porté à la tête d’Etats - les mettant ainsi en situation de passer à la postérité en transformant radicalement les pays qu’ils étaient appelés à diriger (Pascal Lissouba au Congo, Nicéphore Soglo au Bénin, Samuel Doe au Libéria, …) - n’a pas su saisir l’opportunité d’inscrire son nom dans un chapitre honorable de l’histoire africaine. Alpha Condé, porté récemment à la tête de la Guinéeà la suite d’une élection démocratique prend t-il ce même chemin ? Ses premiers pas de président sont marqués par une série de décisions controversées qui semblent motivées par un autoritarisme et une susceptibilité excessives, et on est étonné de le voir courir les tribunes pour déclarer qu’il est le plus compétent au seul motif qu’il est le plus ancien opposant de Guinée. Tout cela donne quelques sérieuses raisons d’inquiétude sur sa capacité à mettre en place les bases d’une bonne gouvernance, même si on peut penser qu’il lui faut sans doute un peu de temps pour remettre en marche un pays désorganisé par plus de 50 ans de dictature et d’incurie. Un Abdoulaye Wade du Sénégal, plus ancien dans la fonction, ne rassure pas d’avantage lorsqu’il se fait plus remarquer la manière désordonnée dont il se saisit d’une multitude de questions traitées de part le monde (même lorsqu’elles ne le concerne en rien, comme par exemple les questions de politique intérieure française), prenant la parole à tout propos (et surtout hors de propos) dans le moindre forum international où il a pu s’insinuer, au lieu de s’atteler à construire une perspective d’avenir pour une jeunesse sénégalaise désespérée qui, chaque jour prend par bataillon entier des risques insensés pour traverser la mer en embarcation de fortune dans l’espoir pouvoir entrer clandestinement en Europe à la recherche d’un travail et d’un confort de vie qu’elle ne peut trouver dans son pays.

 

La méfiance légitime que les Africains peuvent/doivent avoir vis-à-vis des ingérences étrangères en général, occidentales en particulier, ne doit pas les empêcher de voir un danger encore plus pernicieux, qui aurait résulté du maintien indu de Laurent Gbagbo au pouvoir. L'anti occidentalisme (justifié lorsqu’il dénonce les abus des multinationales dont les pouvoirs politiques occidentaux se sont parfois fait les complices) et l’anticolonialisme (justifié dans tous les cas) ne doit pas conduire à rejeter par principe tout ce qui est soutenu par l'occident, au risque de jeter le bébé avec l'eau du bain. Si on est si méfiant à l'égard de Ouattara, et les raisons ne manquent pas, au lieu de chercher à contester sa victoire acquise dans les urnes, au risque d’établir un précédent fâcheux, il faut plutôt réfléchir aux moyens de le mettre sous surveillance, afin qu'il soit comptable de ses actions, et qu'il se soumette à son tour au prochain verdict des urnes, et donc de la voix du peuple, le moment venu.

 

Un autre argument qui a été souvent avancé pour disqualifier Ouattara est lié au fait que la violence/la guerre ait été nécessaire pour qu’il se hisse au pouvoir. La guerre n’est jamais souhaitable car ses conséquences sont toujours très lourdes en pertes humaines, en souffrances de civils innocents, en dégâts matériels. Mais est-ce sa seule faute? Est-ce même seulement sa faute? Il n'est pour rien dans le fait que ses concurrents politiques aient cherché à l’éliminer de la course à la présidence de son pays en mettant en doute sa nationalité. Il n'est pour rien dans l'entêtement déraisonnable de L. Gbagbo à se maintenir au pouvoir malgré sa défaite électorale, au point d'aller s'enterrer piteusement dans un bunker dérisoire, abandonné par son armée en déroute et condamné à une défaite certaine à plus ou moins brève échéance. Il n’est pas absurde de supposer que A. Ouattara a quelque chose à voir avec la rébellion du nord, s'il n'en est pas l'instigateur, il en est de fait le "père spirituel". Mais il faut se souvenir que cette rébellion a éclaté à la suite de la tentative bien inconsciente d'une certaine élite politique corrompue d'exclure une partie des ivoiriens de la jouissance de leur citoyenneté sur une base ethnique et arbitraire (le funeste concept de l’ivoirité !).

 

L’argument du bourrage des urnes dans la partie nord du pays sous contrôle de la dissidence tombe également, car si bourrage il y a eu dans le nord malgré le nombre important d’observateurs, L. Gbagbo pouvait en faire autant dans la partie sud. Rien ne permet de démontrer que A. Ouattara ait forcément eu besoin de tricher massivement pour gagner ces élections, son alliance avec Bédié étant objectivement de nature à lui assurer la victoire. L’argument du mauvais fonctionnement du report des voix en Afrique n’a pas plus de fondement. Si on n’imagine pas que tous les électeurs de Bédié se soient automatiquement levés comme un seul homme pour aller voter pour A. Ouattara au 2nd tour en suivant la consigne donnée par leur champion éliminé au 1er tour, on imagine encore moins un report massif des électeurs de Bédié sur Laurent Gbagbo, en contradiction ouverte avec la position officielle de leur candidat. Si on peut imaginer un nombre plus élevé d’abstentions parmi ces électeurs du camp Bédié au 2nd tour, leur champion n’étant plus dans la course, il est plus que probable que parmi ceux de ces électeurs qui se sont déplacés pour aller voter, une majorité s’est portée sur A. Ouattara.

 

Un motif souvent évoqué pour dénoncer l’intervention de la communauté internationale dans ce conflit ivoirien est qu’il existe ailleurs dans le monde d’autres conflits qu’elle n’a pas pu régler. On reproche pèle mêle, à juste titre, à la communauté internationale :

  • son absence pendant les massacres au Rwanda en 1994,

  • la victoire électorale volée du Hamas en Palestine en 2006 (le Hamas, parti islamiste palestinien, a en effet obtenu la majorité absolue aux élections législatives du 25 janvier 2006, devançant largement le Fatah, le parti fondé par Yasser Arafat, et provoquant l’embarras des pays occidentaux),

  • la victoire électorale usurpée d’Ali Bongo à la dernière élection présidentielle au Gabon en 2009, aux dépens de Mba Obame le vrai vainqueur de cette élection,

  • son incapacité à trouver une solution au problème du proche orient,

 

Oui tout ça est vrai, mais cela ne justifie en rien qu’il faille d’abord résoudre tous les problèmes dans l’ordre où ils se sont produits avant de s’attaquer à d’autres défis. Tous les problèmes ne sont pas du même niveau de difficulté, les leviers de solution ne sont pas toujours disponibles au moment souhaité sur commande.

 

L’argument d’un L. Gbagbo mis dans l’incapacité de gouverner depuis 2002 du fait du conflit, non plus, ne tient pas à la lumière d’un examen critique. Si L. Gbagbo n’a pu trouver une issue à ce conflit, s’il n’a pu négocier un accord pour ramener la paix et restaurer l’unité du pays, c’est qu’il n’a pas l’étoffe de sa fonction, et n’a par conséquent rien à faire dans ce fauteuil présidentiel. La dimension de l’homme d’état se mesure aussi à son aptitude à franchir les obstacles même les plus difficiles.

 

Enfin, les exactions diverses et l’insécurité observées actuellement en Côte d’Ivoire ne sauraient être une preuve à charge pour le gouvernement en place. Ce sont les conséquences prévisibles du violent conflit qui a secoué le pays, au cours duquel des armes se sont éparpillées massivement et de manière totalement incontrôlée dans le pays. Il faut sans doute un peu de temps et une action énergique du pouvoir en place, avant qu’une situation normale soit rétablie. La crédibilité de ce gouvernement sera également jugée à sa capacité à rétablir dans un délai acceptable la paix et la sécurité dans le pays.

 

 

La responsabilité des institutions africaines et des grands pays africains

 

J'avoue que je me suis un moment trompé lorsque j'ai pensé que le choix du Premier ministre du Kenya Raila Odinga comme médiateur de l'Union Africaine (UA), était un signe fort et un tournant de maturité de cette institution (annonciateur d'un changement profond et positif). Je me suis souvenu qu'en décembre 2007, Raila Odinga a été spolié de sa victoire à l'élection présidentielle kényane par le président sortant Mwai Kibaki, ce qui a déclenché une crise grave émaillée de violents affrontements entre les partisans des deux camps. La paix n'est revenue dans le pays qu'à l'issue de longues et pénibles tractations ayant conduit à la formation d'un gouvernement de coalition où le président sortant (perdant des élections) a été maintenu en fonction en cédant une partie de son pouvoir au premier ministre (gagnant de l'élection). L. Gbagbo a sans doute espéré réitérer une telle forfaiture, et j'ai pensé que le choix de Raila Odinga comme médiateur, de par son parcours personnel, signifiait que les instances dirigeantes de l'UA avaient conclu qu'un tel compromis était exclu.

 

J’ai été déçu de constater par la suite que les grandes instances africaines n’avaient pas pleinement réalisé que les événements de Cote d’Ivoire pouvaient constituer une vraie opportunité, peut-être une opportunité unique à l’échelle d’une génération, pour opérer un tournant historique en fixant d’autres règles de gouvernance en Afrique, en imposant l’avènement d’une nouvelle ère où la volonté du peuple africain, la voix des grandes institutions africaines (UA, CEDEAO, UMOA, CEMAC ...) comptent dans les choix, où des dirigeants peuvent être sanctionnés dans les urnes, où les présidents ne s'éternisent plus au pouvoir (tout pouvoir s’use et se corrompt avec le temps).

 

L’Afrique du sud s’est montrée constamment immature quant à la gestion des grands dossiers diplomatiques dont elle s’est saisie sur le continent, en complet décalage avec sa position de leader économique de la zone. Peut-être est-ce l’effet d’un manque d’expérience et d’entrainement du fait du long isolement diplomatique auquel le régime défunt de l’apartheid a été contraint ? Ce pays présente deux facettes dissemblables. Une facette économique où il tient sans conteste le rang de superpuissance à l’échelle du continent, et une facette diplomatique où il accumule une incroyable série de maladresses renvoyant plutôt à une maturité encore balbutiante dans ce domaine. La revendication systématique d’une position médiane dont ce pays a fait son credo en diplomatie, de Thabo Mbeki à Jacob Zuma - on coupe la poire en deux et on distribue à chacune des parties une moitié, même et surtout lorsque l’une des partie est en position d’usurpateur - laisse une impression de manque d’imagination et surtout de manque d’audace et de courage politique. Cette approche peut n’avoir aucun sens lorsqu’on a à faire à des belligérants autistes et jusqu’auboutistes comme c’est malheureusement parfois le cas. Il y a des moments où le compromis s’apparente à de la compromission. A ces moments là, un gouvernement qui revendique les premiers rôles a le devoir de proposer des réponses courageuses, de prendre le risque de déplaire à une partie si c’est le prix à payer pour obtenir une plus grande stabilité et la paix à plus long terme.

 

Il est vrai que la CEDEAOsous la houlette du Nigéria a brandi la menace d'un recours à la force armée pour contraindre Laurent Gbagbo à laisser le pouvoir au vainqueur de l'élection. Si la guerre n'est jamais une bonne option, et on ne peut que déplorer que la crise ivoirienne ait finalement conduit à une telle extrémité, il apparait néanmoins à la lumière de nombreux événements historiques que, dans certaines circonstances, le recours à des moyens de coercition y compris des moyens militaires, peut permettre d'éviter des conséquences encore plus catastrophiques. "Vous avez préféré le déshonneur à la guerre. Vous avez eu et le déshonneur et la guerre". Par ces mots le dirigeant politique et chef de guerre anglais Winston Churchill, à propos des tergiversations de ses pairs européens face à une Allemagne nazie menaçante, soulignait la nécessité de recourir parfois à la force pour faire triompher des principes plus élevés, plutôt que de rechercher systématiquement un compromis mou qui peut résulter au final à bien plus de dégâts et de souffrances humaines.

 

 

L'engagement de l'élite intellectuelle

 

La lecture de ces événements ivoiriens par de nombreux intellectuels africains en premier lieu, ensuite par un certain nombreux de spécialistes occidentaux de l’Afrique, m’a un peu surpris. La quasi uniformité de la réaction de la classe pensante en Afrique à ces événements (cette tentation quasi pavlovienne de se situer par opposition à l'occident /communauté internationale), est à mes yeux aussi suspecte que l'unanimité du soutien apporté par les pays occidentaux à Alassane Ouattara. Mais là où il y a seulement suspicion d'inféodation de ce dernier aux intérêts occidentaux, les premiers (intellectuels africains) ont semblé manquer de discernement et de recul, en concentrant leurs forces à la seule dénonciation des inconvénients de l’ingérence étrangère occidentale. Leur jugement a peut-être été obnubilé par la rancœur accumulée par des siècles d’oppression et de mépris que l’occident a infligé aux peuples colonisés. Je ne dis pas que cette soif d’en découvre pour recouvrer liberté et véritable indépendance ne soit pas légitime, encore faut-il garder suffisamment de sang froid et de discernement pour l'exercer à bon aloi (c'est à dire de manière appropriée sur le timing et les chances de réussite). En cette affaire, nombre de tenants de la nouvelle oligarchie intellectuelle africaine, loin d’incarner la conscience critique et éclairée de la société africaine face aux défis colossaux de la mondialisation et de la mauvaise gouvernance, se sont malheureusement mués en alliés objectifs de politiciens corrompus et souvent sans envergure d’homme d’Etat, contribuant à fragiliser les efforts encore balbutiants pour instaurer la démocratie et la bonne gouvernance en Afrique, continent où ces valeurs peinent à s’enraciner.

 

D’éminents intellectuels et personnalités africains se sont exprimés lors de cette crise ivoirienne, dont la phase critique a duré 5 mois, entre l’apparition des premières tendances de résultats du second tour fin novembre 2010 jusqu’à la chute et la capture de Laurent Gbagbo en avril 2011. C'était un sentiment d’incompréhension que m’a inspiré le cris de Gaston Kelman : "Où étais-tu (communauté internationale) donc quand Nelson Mandela croupissait dans les geôles de la honte et du racisme ..." [3]. C'est bien la pression de cette même communauté internationale qui a contraint le régime d'apartheid à plier, pendant que dans les manifestations anti-apartheid (j'ai participé à quelques unes à Paris dans les années 80), on avait peine à trouver un nombre conséquent de manifestants de race noire ! Faut-il rappeler ici que pendant ce temps, la Cote d’Ivoire d’Houphouët Boigny, le Gabon d’Omar Bongo jusqu’au Zaïre de Mobutu (République démocratique du Congo actuel), des pays bien Africains, collaboraient plus ou moins ouvertement avec le régime de l’apartheid ? C’était un sentiment de douleur que j’ai éprouvé lorsque sous la plume de Guy-Patrice Lumumba, homme politique congolais, fils du héros panafricain Patrice Émery Lumumba, j’ai lu le 23/12/2010 : "J'affirme mon soutien au combat du président Laurent Gbagbo pour une Afrique libre et indépendante". La teneur de nombreux articles publiés sur ce conflit par de nombreux Africains a semblé être plus motivée par l’obsession de régler son compte à l’ex puissance coloniale, la France, au point de donner parfois le sentiment que les souffrances endurées par le peuple ivoirien en entier étaient reléguées à un second plan [3]. J’ai souvent été en profond désaccord avec les points de vue développés dans cette logique là. Non pas que je ne sois pas d’accord avec ces auteurs sur les dangers d’une confrontation armée et sur les risques qu’une intervention étrangère fait peser sur l’indépendance et la souveraineté des peuples africains, nous étions en parfait accord là dessus. Mon désaccord portait sur le fait que la responsabilité du pourrissement de la situation fut exclusivement attribuée aux puissances étrangères (occidentales), et que les seules responsabilités africaines ne soient que le fait d’agents africains manipulés par l’occident. Des acteurs africains ont bel et bien eu leur part de responsabilité majeure en propre, qu’il convient de reconnaître et d’assumer. L'anti-impérialisme ne doit pas conduire à rejeter par principe tout ce qui est soutenu par l'occident, au risque de jeter le bébé avec l'eau du bain.

 

Deux tentations sont revenues de manière fréquente dans les articles parmi les plus commentés à propos de cette crise [3] :

- La tentation de renvoyer dos à dos les protagonistes Ouattara et Gbagbo au motif que trop de sang a coulé. Par une argumentation technique parfois très sophistiquée, ces analyses ont tenté de proposer une issue qui aboutissait le plus souvent soit à l’élimination des 2 prétendants pour privilégier une troisième piste, soit à la légitimation du verdict d’institutions politiques (cour suprême notamment) dont il apparaissait à l’évidence qu’elles étaient inféodées à l’une des parties.

- Le soupçon systématique d’une main invisible et omnisciente de la communauté internationale, de la Franceen particulier, qui imposerait de manière discrétionnaire tous les choix politiques et économiques en Afrique.

 

 

Renvoyer dos à dos

 

Renvoyer tout le monde dos à dos est irresponsable quant aux conséquences qui pourraient en découler (pourrissement de la situation, éternisation de la confrontation, …). Un tel dénis de responsabilité rappelle Ponce Pilate qui, en renvoyant dos à dos un innocent, Jésus, et un coupable, le brigand Barrabas, aurait de fait condamné Jésus, que pourtant il ne croyait pas coupable, à la crucifixion.

 

Renvoyer dos à dos parce qu’il y a risque de sang versé, ou même parce qu’il y a trop de sang versé, est une option dangereuse : elle revient à se laisser submerger par l’émotion, Oh ! Combien compréhensible, suscitée par tant de souffrance humaine inutilement infligée, mais dont il faut savoir s’affranchir et garder la tête suffisamment froide pour rechercher lucidement et trouver des solutions justes et durables. Si une telle logique venait à triompher, il suffirait dorénavant à un adversaire malheureux de tout faire pour pourrir suffisamment la situation pour que la partie adverse cède et consente finalement à un partage du pouvoir. Tout le monde n’a pas forcément tort lorsqu’une situation est bloquée. Lorsqu’il est possible d’établir des responsabilités, il faut avoir le courage de désigner les coupables sans ambiguïté, la tergiversation favorisant le cafouillage dont tout le monde sort perdant.

 

 

Main invisible de l’occident

 

Nombreux ont été les Africains qui ont vu dans ce conflit une occasion de s’émanciper de l’influence de la communauté internationale. Cette communauté internationale, perçue comme prédatrice et exploitant les richesses de l’Afrique à son seul profit, regroupe indistinctement l’ancienne puissance coloniale, la France, dont les ingérences politique et économique sont de moins en moins tolérées par les Africains, l’ONU dont l’action par le passé a montré qu’elle pouvait se faire le complice ou même le bras armé des intérêts mercantiles des grandes puissances occidentales - le cas du Congo est emblématique de ce point de vue, comme le montre le magnifique texte de l’immense écrivain Frantz Fanon "La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ?" [5] -, les Etats-Unis dont la puissance impériale donne le sentiment qu’ils ont les moyens d’imposer leur volonté partout dans le monde à tout moment. Aussi puissants qu'ils soient, même les Américains ne sont pas des faiseurs de miracle.

 

Dénoncer indistinctement et systématiquement l'ingérence de la communauté internationale en Afrique peut paraître un peu hypocrite, les mêmes qui aujourd'hui crient à l'ingérence de cette communauté internationale n'hésitant pas le lendemain à courir tous les forums internationaux à la recherche de soutiens aux causes qu'ils défendent. Parfois même, ils fondent toute leur stratégie de défense sur cette seule espérance de la précieuse pression de cette même communauté internationale (Reporters sans frontières a œuvré avec quelques succès pour la défense de journalistes persécutés dans leurs pays en raison de leur activité de journaliste, de même Amnesty international pour la défense des prisonniers politiques, …). Qu'on le veuille ou non, avec la poussée inexorable de la mondialisation, de plus en plus de causes deviennent planétaires, et il est illusoire de penser qu'en quel qu'endroit que ce soit dans le monde, il est possible de s'isoler durablement dans une bulle à l'abris de toute contamination étrangère, ou même simplement en choisissant les combats qu'on doit mener ainsi que les alliés et les ennemis qui vont s'affronter.

 

Si les intérêts de cette communauté internationale n’ont aucune raison d’être strictement alignés sur ceux de l’Afrique, prendre prétexte que la France a des intérêts à défendre en Côte d’Ivoire pour adopter systématiquement une position opposée à celle de la France, même lorsque ce faisant on va à l’encontre des ses propres intérêt, ne parait pas acceptable. Quel Africain n'a pas intérêt à ce que plus aucune élection en Afrique ne soit détournée et confisquée par des pouvoirs corrompus et incompétents? Le hold-up électoral de L. Gbagbo, s'il avait réussit, aurait brouillé l’intangibilité d’une telle position de principe. Bien sûr que la France a des intérêts à défendre, et il serait bien naïf de penser qu’en Afrique, comme partout ailleurs dans le monde, il peut être possible de n’avoir à faire qu’à des interlocuteurs désintéressés et sans arrière-pensées. Ce monde là n'existe pas ! La compétition est permanente et perpétuelle, il faut donc s'y faire et apprendre à défendre ses intérêts au milieu d'autres intérêts qui ne sont pas forcément amicaux. Oui il y aura toujours des interférences, des conflits d'intérêt, et il faudra bien que l’Afrique trouve au milieu de cette lutte permanente pour la survie le moyen de tirer son épingle du jeu, à l’instar des autres peuples qui y parviennent. L’anathème de la naïveté est souvent, trop facilement en Afrique, avancé pour disqualifier définitivement toute position qui ne marque pas une opposition de principe à l’occident. Une telle attitude est dogmatique et rigide, en ce sens que l’Afrique peut parfaitement envisager de manière réaliste une alliance avec l’adversaire et même l’ennemi d’hier, dans la mesure du respect de ses propres intérêts : ceux-ci ne sont forcément et de manière irréductible exclusifs des intérêts de l’occident. Cela n’est pas nécessairement faire preuve de faiblesse que d’accepter dans certaines circonstances un accord de ses positions avec celles de l’occident.

 

L’Afrique peut et doit apprendre à exister par elle-même. Pour cela les Africains doivent d’abord s’affranchir d’archaïsmes politiques d’un autre temps, certains restant figés dans le schéma d'une répartition de rôles qui n’est plus aujourd'hui d’actualité avec la fin de la guerre froide et l’effondrement du bloc de l’Est, comportant un "pré carré français" qu’une entente entre puissances aurait concédé à la gestion discrétionnaire de la France. Une des manifestations flagrantes de ces réflexes hérités du passé se traduit par le sentiment éprouvé par de nombreux Africains, qu’une carrière politique ne peut se faire en Afrique qu’à travers le destin que la France veut bien façonner à l’homme qu’elle a choisi pour l’incarner (du moins dans les anciennes colonies françaises). D’où la tentation fréquente chez ceux des Africains francophones nourrissant des ambitions politiques d’aller chercher des appuis auprès des autorités françaises, avant même d’avoir élaboré un programme politique, avant même d’avoir une idée des choses à mettre en place si le destin les portait au pouvoir. Cette tendance aux rapports infantilisants entre la France et l’Afrique doit cesser. La classe politique et les milieux économiques en France ont aujourd’hui conscience que la France n’a sans doute plus les moyens de maintenir une telle dépendance. Ils prennent également de plus en plus conscience que cette dépendance est dangereuse à long terme pour les intérêts de la France[6] [7]. Le moment est sans doute venu pour les Africains, de se défaire de certains liens incestueux et stériles liant l’Afrique et la France, afin de reconstruire une alliance basée sur des rapports équilibrés et profitables aux peuples des deux parties. L’Afrique seul a le pouvoir de faire ce pas décisif de l’indignation vers la reconstruction, de la consommation frénétique et passive de tout ce qui est importé de l’extérieur vers la production, la consommation, l’exportation de bien culturels et économiques de l’Afrique vers le reste du monde.

 

Dans le cadre de la dernière crise ivoirienne, la communication maladroite et quelque peu arrogante des officiels français – faisant comme si la France seule dictait le déroulement des événements en Côte d’Ivoire - a pu accentuer le sentiments de certains Africains de n’être que spectateurs du jeu des grandes puissances et de la France sur leur continent. Cela avait quelque chose d’agaçant, et en tout cas était contre-productif. Que la France ait eu une certaine influence dans le contexte de cette crise ivoirienne ne fait aucun doute. Qu’elle ait décidée seule d’agir militairement, et ait eu les coudées franches pour prendre toute décision dans ce conflit est moins certain. Je ne puis croire que le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-moon, ou le président américain Barack Obama soient aux ordres de Paris.

 

 

Pour avancer: Leçons de cette crise

 

Les grands équilibres géopolitiques du monde sont aujourd’hui dans une phase de transformation accélérée. Un occident repus et vieillissant doit affronter l’émergence d’autres forces avides de trouver également leur place au soleil, et qui se donnent les moyens d’y parvenir. Cet occident, précédemment triomphant et aujourd’hui en plein questionnement sur son rôle et sa place dans le monde, montre les signes d’une difficulté à s’élever à la hauteur des espérances que la révolution tunisienne a déclenchée dans le monde, en Afrique notamment. Il court le risque de se retrouver du mauvais côté de l’histoire s’il ne trouve pas les ressources nécessaires pour appuyer et accompagner cette révolution en marche. Le monde arabe semble avoir trouvé une autre voie pour aller vers la démocratie et la bonne gouvernance. Une voie différente des moyens habituels qui ont montré leurs limites : terrorisme, guerre civile, coup d'état violent. C'est une révolution pacifique, par le soulèvement populaire non armé, qui ne peut que susciter la sympathie de l'opinion publique internationale devenue de nos jours un acteur majeur dont les politiques même les plus puissantes, les multinationales même les plus importantes, sont obligés de tenir compte.

 

Cette révolution arabe a ouvert un boulevard à l'Afrique noire. L'Afrique noire a elle seule la capacité de s'y engager, si elle décide de hisser ses voiles dans le sens de ce vent de changement, mais elle a également la capacité, la "liberté" de s'en détourner. Il est du devoir de tout Africain de faire en sorte que cette seconde alternative - qui est peut-être tentante pour les générations actuelles d'Africains malmenées par des dictatures brutales et corrompues (certains les ont qualifié de "générations sacrifiées") - ne l'emporte pas. Ni la France, ni les Etats-Unis, ni l’ONU ne peuvent le faire à la place de l’Afrique. Mais il ne doit pas y avoir de doute que cette communauté internationale saura accompagner une volonté populaire clairement exprimée, organisée, déterminée, non violente. Elle le fera par réalisme, parce que c’est dans son intérêt d’être du bon côté de l’histoire. L’Afrique doit avoir conscience que le reste du monde ne fait pas du bonheur de l’Afrique une priorité : seuls les Africains peuvent le faire. Et pour ce faire, l’Afrique n’a besoin de la permission de personne. L’intérêt de l’occident, du moins à long terme, est d’avoir en Afrique des partenaires économiques crédibles, au pouvoir d’achat élevé, afin de développer ses échanges économiques, et pas des consommateurs que l’extrême pauvreté rend inintéressants d’un point de vue strictement économique.

 

Me revient à l’esprit une réflexion de l’homme politique Français Lionel Jospin, déclarant en toute ingénuité, et probablement avec sincérité, qu’il n’avait pas nommé dans son gouvernement (1997-2002) de personnes issues des minorités parce qu’il n’en avait pas trouvé. Quand on ne cherche pas, on ne trouve pas, et quand on ne veut pas chercher, on ne peut pas trouver. Si les Africains ne désirent pas ardemment le changement et le progrès, ils ne parviendront pas à l’obtenir.

 

Au-delà de l’élite intellectuelle, l’élite de la société en général, les chefs traditionnels notamment, a un rôle déterminant à jouer. Je ne puis imaginer que si quelques chefs traditionnels importants et respectés, il y en quelques uns en particulier dans les parties ouest et nord du Cameroun (je n’ai pas dit qu’on ne pourrait pas en trouver dans d’autres régions de ce pays) se lèvent résolument pour réclamer le changement en écho à la voix de leurs peuples, pour dénoncer les fraudes électorales massives que le pouvoir en place aujourd’hui se prépare à commettre lors des prochaines élections présidentielles, je ne peux donc imaginer que ce pouvoir aura les moyens de les faire taire tous, encore moins de les tuer tous. On a vu qu’au Yémen, la prise de position de quelques chefs de tribus importantes a contribué de manière décisive à la chute probable d’un régime qui comme dans le cas du Cameroun, maintenait sur le pays une dictature prédatrice et rétrograde depuis une trentaine d’années [8]. Et un soutien extérieur, fut-il celui de la France, ne pourra être de taille à étouffer et vaincre la fronde de personnalités d’une telle respectabilité, à moins que le régime camerounais et la Francen’acceptent de subir la réprobation unanime de toute la communauté internationale, qui ne manquera pas de s’émouvoir bruyamment si l’intégrité physique de telles personnalités venait à être atteinte ou même seulement attentée. Aucun gouvernement français n’est disposé à affronter cela aujourd’hui, dans le contexte d’une mondialisation accélérée et acceptée par tous des valeurs de démocratie et de liberté.

 

Mais l’Afrique doit conduire son évolution avec lucidité et intelligence. Le combat n'est pas seulement "contre" l'exploiteur, il est aussi et surtout "pour" l'excellence. Un Africains qui se hisse aux premières places de sa discipline, quel qu’elle soit, rend plus de services à l'Afrique que n'importe quel ministre ou opposant politique. Roger Milla, par ses performances sportives, a plus fait pour l'essor et la reconnaissance du football africain que n'importe quelle instance officielle ou débat public. 

 

 

[1]Extrait dudiscours de Martin Luther King : "Au-delà du Vietnam : le moment de briser le silence" (titre original : "Beyond Vietnam : a time to break silence") prononcé le 4 avril 1967 devant une assemblée à l'église Riverside de New York, un an jour pour jour avant son assassinat.

[2]Calendrier des élections en Afrique 2011-2012

Source : http://www.survie-paris.org/calendrier-des-elections-en.html

·15 janvier 2011 : referendum indépendance Sud Soudan (99% pour indépendance)

·23 janvier 2011 : présidentielle et législatives Centrafrique (reportées du 16 mai 2010) (François Bozizé 1er tour 66,08% (CEI) à valider par Cour constitutionnelle dans 15 jours après 23 janvier. ex-président Ange Félix Patassé, 20,10%)

·6 février 2011 : législatives au Cap-Vert (victoire du Parti africain de l’indépendance du Cap-Vert (PAICV))

·18 février 2011 : Présidentielle Ouganda (Yoweri Museveni 68,38 %, au pouvoir depuis 1986)

·31 janvier 2011 : présidentielle et législatives Niger (1er tour 31.1, 2e tour 12.3, investiture 6 avril) : présidentielle : Mahamadou Issoufou Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) 57,95 % ; Législatives : provisoires Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS Tarayya), 39/113, parti de Tandja Mamadou, Mouvement National pour la Sociétéde Développement (MNSD Nassara), de Seïni Oumarou, 26/113...

·20 février 2011 : législatives Tchad (report 28 nov 2010) (provisoire MPS Déby + RDP + VivaRNDP : 133/188) + élections locales le 27 mars

·13 Mars 2011 (report 27.2, 6.3) : Présidentielle Bénin (Yayi Boni 53,14% au 1er tour avec des fraudes, mais il aurait gagné au 2e)

·8 avril 2011 : présidentielle Djibouti (M. Guelleh 79,26% mascarade)

·9 avril 2011 : présidentielle Nigéria (57% Goodluck Jonathan) + législative, Etat et gouvernorat (élections législatives, présidentielle et locales reportées aux 9, 16 et 26 avril)

·25 avril (1er tour) et 8 mai 2011 : présidentielle Tchad : fraudes massives et boycott de l’opposition réelle à la dictature (Idriss Déby Itno 88,66 %)

·30 avril 2011 : législatives Bénin

·Septembre 2011 ? : législatives + présidentielle Egypte, 2 tours

·1er octobre 2011 : 1er tour législatives Mauritanie, municipales

·Octobre 2011 ? : présidentielle Cameroun (Biya est tenu d’organiser le scrutin Présidentiel entre le 14 Septembre et le 14 Octobre)

·Octobre-novembre 2011 : législatives + présidentielle Madagascar (report du 3 mars) (risque report en juillet 2012)

·Octobre 2011 : élections législatives et présidentielle au Liberia

·Octobre 2011 : élections législatives et présidentielle en Zambie (Rupiah Banda contre opposant historique Michael Sata

·23 octobre 2011 : Assemblée Constituante Tunisie (report du 24 juillet)

·Novembre 2011 : présidentielle Gambie

·Novembre 2011 : Législatives Guinée Conakry

·28 novembre 2011 : présidentielle et législatives RDC

·Décembre 2011 (report du 23 avril 2011) législatives Gabon (risque report en 2012)

·Février 2012 : présidentielle Sénégal (date connue le 18.12.2011)

·Avril 2012 : présidentielle Mali (fin mandat Amadou Toumani Touré)

·Mai 2012 : législatives Burkina Faso

·Juillet 2012 : législatives Mali

·Juillet 2012 ? : législatives Cameroun

·2012 (report février 2011) : Présidentielle Zimbabwe sur nouvelle constitution après massacres 2008 et législatives

·2012 : législatives Congo Brazzaville

[3]Voici les liens vers certains quelques uns des articles référencés dans ce document, qui ont été publiés par d’éminents intellectuels et personnalités au cours et sur cette crise ivoirienne.

·Article d'Achille Mbembe et Celestin Monga sur la crise ivoirienne publié le 26 janvier 2011 sur le site internet Mediapart : http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/260111/cote-divoire-la-democratie-au-bazooka

oMohamadou Gamdji fait une analyse critique particulièrement limpide et argumentée de cet article dans la publication suivante : http://www.journalducameroun.com/article.php?aid=8495

·L’article de Pierre Sané fait une chronique pointue de l’échec annoncé de ces élections ivoiriennes : http://www.ladepechedabidjan.net/Pierre-Sane-Les-elections-de-Cote-d-Ivoire-Chronique-d-un-echec-annonce_a1540.html

·Les articles suivants exposent une dénonciation rhétorique, presque rituelle, de l’ingérence étrangère et de l’occident paré de tous les vices, par opposition à une Afrique victime et infantilisée, qui serait inocente ou simplement contrainte à un ecomplicité criminelle.

oLettre ouverte un peu surréaliste de l’écrivain Calixte Beyala à Bechir ben Yahmed :

http://www.camer.be/index1.php?art=12646&rub=24:21

oArticle publié le 04 Janvier 2011 par Tierno Monénembo dans les colonnes du journal Le Monde :

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/03/l-onu-recolonise-l-afrique_1460370_3232.html#ens_id=1445146

Article repris in extenso ici : http://xalimasn.com/lonu-recolonise-lafrique/

Le point de vue de Gaston Kelman publié sur le site Grioo.com le 31/01/2011 :

http://www.grioo.com/ar,la_crise_ivoirienne_vue_par_gaston_kelman_pouvais-je_rester_sourd_a_tant_de_souffrances_baffouees_,20494.html

·L’interview de Jean François Probst, un éminent spécialiste Français de l’Afrique, sur Kernews, au cours duquel il déclare : « Je crois que Gbagbo est plus proche de Mandela que de Mugabe.»

http://www.camer.be/index1.php?art=12579&rub=6:1

Les propos de ce consultant international en communication, auxquels certains africains ont été sensibles, devraient être considérés avec circonspection. Monsieur Jean François Probst prétend se soucier de l'indépendance de l'Afrique, mais se désole dans le même temps que le renforcement de la présence américaine et chinoise en Afrique se fasse au détriment de la France. LaFrance aurait-elle vocation à mieux défendre les intérêts de l’Afrique ?

[4]« La françafrique », livre majeur de François-Xavier Verschave paru en 1998 aux éditions Stock.

[5]in Afrique Action, n°19, 20 février 1960, texte repris dans les écrits politiques de Frantz Fanon rassemblés dans son livre posthume "Pour la Révolution Africaine" (1964).

[6]« Comment la France a perdu l’Afrique », livre de Antoine Glaser et Stephen Smith paru en 2005 aux éditions Calmann-Lévy.

[7]Le Medef (Mouvement des Entreprises de France), principale organisation patronale française, repense les relations économiques entre la Franceet le continent africain :

http://www.grioo.com/ar,france_quand_le_medef_repense_ses_relations_avec_l_afrique,21287.html

[8]Jeudi 11 août 2011, Saba news, agence nationale et officielle de presse de la République du.Yémen, rapporte qu’en échange de son immunité, le président yéménite Ali Abdallah Saleh aurait accepté de ne pas contester le plan de transition élaboré par les monarchies du Golfe, les Etats-Unis et l'Union Européenne.

 

 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Panafrique
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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 23:35

15 août 2011
Source: Fondation pour les Médias en Afrique de l'Ouest


Note de Juliette: Des manifestations populaires et des médias sont régulièrement violemment réprimées au Togo, la dernière en date étant celle du 16 juin dernier, où des militants de l'opposition avaient été réprimés par les forces de l'ordre avant même le début de la manifestation. 



 


La police prend des mesures répressives contre des manifestants


Le 6 août 2011, les forces de sécurité du pays ont violemment dispersé un groupe de défenseurs des droits humains qui manifestaient pour demander une enquête sur les attaques et menaces récentes proférées à l'endroit des journalistes et des médias du pays. Le groupe a accusé l'Agence nationale de Renseignements (ANR) d'avoir physiquement agressé les journalistes et les citoyens du pays avec impunité.

 

Les manifestants, qui étaient principalement des professionnels des médias, des membres de l'organisation SOS Journaliste en danger, des groupes de la société civile et des membres des partis d'opposition, ont été agressés à coup de gaz lacrymogène.

 

Le correspondant de la Fondation pour les Médias en Afrique de l'Ouest (MFWA) a rapporté que la répression contre les manifestants à laquelle les agences de sécurité ont eu recours a obligé les leaders à mettre fin à la manifestation et à s'adresser aux manifestants devant l'ambassade de France à Lomé, la capitale.

 

Une déclaration lue par les manifestants a, entres autres, demandé l'ouverture d'une enquête sérieuse sur les allégations de menace de l'ANR à l'encontre des journalistes et la démission du colonel Yotroféi Massina de la tête de l'ANR.

 

"Face à ce péril que fait planer le pouvoir en place sur la liberté de presse, SOS Journaliste en danger exige la satisfaction de ses demandes en vue de rassurer les journalistes dans leur sécurité et de leur garantir un climat favorable au libre exercice de leur profession", a soutenu la déclaration.

 

Le correspondant a informé que depuis le 22 juillet, les journalistes critiques vis-à-vis des autorités avaient reçu des menaces d'"atteinte à l'intégrité physique et à la vie".

 

Toutefois, le ministre togolais de la Sécurité et de la Protection civile, le colonel Gnama Latta, a nié les allégations du groupe. Dans un communiqué lancé le 5 août, le colonel Latta a affirmé que les conclusions d'une enquête montrent que les allégations contre l'ANR n'étaient pas fondées et que son ministère était prêt à assurer la protection des journalistes du pays.

 

Pour tout renseignement complémentaire:

Fondation pour les Médias en Afrique de l'Ouest
PO Box LG 730
30 Duade Street, Kokomlemle
Legon, Accra
Ghana

alerts@mediafound.org
tél: +233 302 242470
http://www.mediafound.org 

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 23:39

16 juillet 2009
Source: ANR

 

 

La vérité sur le patrimoine 2008 de Abdoulaye WADE


- Une Villa au Point E, agrandie par le rachat de la villa voisine. Valeur estimée après transformation toujours en cours : 1 milliard

- Un terrain de 5000 m2 à Yoff Layenne. Valeur estimée : 750 millions

- Quatre terrains de 10.000 m2 aux Almadies, valeur estimée: 8 milliards

- 60 terrains de 500 m2 sur la VDN à hauteur de la Cité Gorgui, valeur estimée : 6 milliards

- 5 Immeubles de 6 étages contenant 4 appartements par étage, valeur estimée : 7 milliards

- 10 terrains de 200 m2 dans le domaine du Cices, valeur estimée : 400 millions

- 30 Hectares de terrain dans aux alentours de l'aéroport, valeur estimée 60 milliards

- Un terrain bientôt rasé de 3 hectares dans Dakar Centre Ville, valeur estimée : 30 milliards

- Un immeuble de 10 étages à la Rue DocteurTheze, valeur estimée : 2 milliards

- Une cité de 20 villas sur la Corniche, à hauteur de la villa de l'ex président Senghor, valeur estimée 10 milliards

- Un terrain de 10.000 m2 au niveau du Stade, valeur estimée : 1.750.000.000

- Un terrain de 100 hectares à Touba

- Un terrain de 150 hectares aux environs de Tivaouane

- Une propriété de 10 hectares à Popenguine

- Une cité de 100 maisons à louer à Kebemer

- 60 maisons achetées du Plan Jaxaay

- Des vergers et champs cultivés d'à peu près 5000 hectares répartis dans différentes régions duSénégal.

- Une propriété à Versailles, en copropriété avec son épouse, réfectionnée et étendue, valeur estimée : 4 milliards.

- Un immeuble de 4 étages à Paris XVIème, valeur estimée : 8 milliards

- Une propriété à Montpellier

- Une propriété à Bordeaux 

- Une villa en Côte d'Azur

- Une villa à Orléans

- Une maison de maître à Lilles 

- Une propriété dans le Michigan

- Une propriété à New Orléans

- Une propriété dans le Wisconsin

- Un immeuble de 3 étages à New Jersey

- Un hôtel de 90 chambres à Casablanca

- Un hôtel 60 chambres à Marrakech

- Un hôtel de 48 chambres à Paris XIVème

- Un hôtel 50 chambres en Suisse


Des actions dans les structures suivantes, soit directement ou indirectement :

- AIBD (20 % des actionstotales) –

- DAPORT Sénégal (30 % des actions)

- BEN LADEN Sénégal (20 % des actions) –

- Dakar Dem Dikk (80 % des actions totales) –

- ATTAR ( 30 % des actions) –

- OIL Libya (30 % des actions) –

- ZAM ZAM (20 % des actions) -

- Jafza Sénégal (10 % des actions)

- Veolia Sénégal (10 % des actions) 

- GECOM Industries (20 % des actions)

- IRIS Sénégal ( 20 % des actions)

- Expresso Sénégal (15 % des actions)

- DELARUE Sénégal (5 % des actions)

- MEDIATIQUE Afrique (10 % des actions) –

- AFRICA SALT (10 % des actions) –

- DP World Sénégal (10 % des actions) –

- HENAN Chine Sénégal (10 % des actions) –

- OFFNOR Shipping Sénégal (20 % des actions) –

- SERPM (Sociétéd'Etude  et de Réalisations des Phosphates de Matam, 25 % des actions) –

- Cabinet CICE (30 % des actions)

      

Divers comptes en banque, soit à son nom ou au nom de Abdullah Wad, ou au nom de Aboula Tzipi Wade ou au nom de Abadalaye Fabien Wade :

- 4 comptes bancaires à Dubaï contenant respectivement: 

- Commercial Bank Of Dubaï  32,5 millions de dollars -

- City Bank 26,3 millions de dollars –

- Emirate Bank 16,1 millions de dollars –

- Standard Chartered Bank

- 10,9 millions de dollars

- 2 comptes bancaires à Chypres

- Bank of Cyprus :22 millions de dollars

- Hellenic Bank : 14 millions de dollars

- 4 comptes bancaires en Frances contenant respectivement

- Société Général :  17,6 millions d'euros -

- BNP Paribas : 14,3 millions d'euros - Ex-Credit

- Lyonnais : 8,2 millions d'euros –

- HSBC Paris :  3,2 millions d'euros

- 2 comptes bancaires aux USA :

- Bank of America :6,2 millions de dollars –

- HSBC : 2,8 millions de dollars

- 2 comptes bancaires en Suisse :

- Banque Migros : 43 millions CHF –

- Banque Coop : 65,2 millions CHF


Un parti politique dont il est le seul actionnaire à 100 %.

Le patrimoine mobilier et immobilier du parti est en copropriété avec son fils Karim Ada :

- 500 voitures Pickup

- 150 voitures 4x4

- 35 voitures 8x8

- 1 avion 20 places

- 1 Péniche

- 1 Yacht stationné à Nice

- 1 permanence neuve construite sur un terrain de 5000 m2

http://www.digitalsolidarity2008.org/var/ezflow_site/storage/images/espace-presse/photos/personnalites-politiques/nicolas-sarkozy-et-abdoulaye-wade/621-2-fre-FR/Nicolas-Sarkozy-et-Abdoulaye-Wade_imagelarge.jpg

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12 août 2011 5 12 /08 /août /2011 20:43

12 août 2011
Actuniger.com

 

 

Le gouvernement nigerien inaugure demain, samedi une ligne verte dédiée à la lutte contre la corruption et le trafic d’influence selon le communiqué du conseil des ministres. La décision de créer cette ligne portant le numéro 0800111 a été prise lors d'une réunion du Conseil des ministres présidée par le chef de l'Etat nigérien Mahamadou Issoufou, selon le communiqué.

 

http://www.lesafriques.com/images/stories/web/actu/Mahamadou_Issoufou2.jpgPar ailleurs, une adresse électronique sera aussi créée pour permettre à toute personne, victime ou témoin oculaire des faits constitutifs de corruption ou d’interventionnisme, de saisir la justice. Si les faits sont avérés, le ou les auteurs et complices seront exposés à des poursuites judiciaires », a expliqué Marou Amadou, ministre de la Justice, porte-parole du gouvernement.


« Aujourd’hui, notre volonté la plus ardue est de redorer le blason de la justice, de lui donner un certain prestige dont elle a tant besoin pour que s’établisse à nouveau la confiance entre la justice et le justiciable », a-t-il souligné.

 

Dès son accession au pouvoir suprême, celui-ci avait prévenu qu'il mènerait une lutte implacable contre la corruption, le trafic d'influence et le détournement des deniers publics.

 

Plusieurs hauts cadres de l'administration financière nigérienne ont déjà été sanctionnés pour malversations.

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 00:26

11 août 2011
Relu pour vous
Publié le 31 janvier 2007
Source : La Révolution en Charentaise

 

Les rouages de la politique Française en Afrique depuis l’indépendance des Colonies : de la « Francafrique », ou comment la France a pu continuer à tirer les rênes de façon occulte en Afrique, à la « Mafiafrique », c’est à dire la mondialisation des relations criminelles.


Retranscription d’une conférence donnée en 2003, ce texte présente la politique franco-africaine, domaine réservé de l’Elysée, donc peu connu et propice à la désinformation.

 

L’auteur de ce texte François-Xavier Verschave n’est pas un illuminé de plus criant au complot. Aujourd’hui décédé, il a présidé l’association Survie, créée à la suite du manifeste-appel de 53 Prix Nobel demandant que des actions politiques soient menées par les citoyens pour lutter contre l’extermination par la faim et militant entre autres, sur les questions de relations franco-africaines et de biens publics mondiaux.

 

L’impossibilité de parvenir à mettre à l’ordre du jour une loi visant à réformer en profondeur l’aide publique au développement, en dépit du soutien des parlementaires mais aussi de personnalités médiatisées, lui a fait prendre conscience que la corruption, dont il connaissait l’existence, jouait un rôle majeur. Ses publications « Noir Silence » (600 pages avec 10000 faits pour lequel il a été débouté du seul procès pour « offense à chef d’état » , autrement dit « crime de lèse majesté », intenté par trois dictateurs africains) , « Noir Chirac » et « La Françafrique » explorent les responsabilités françaises, les responsabilités africaines étant déjà connues.

 

Les mécanismes "proprement" dits

 

Au lendemain de l’indépendance accordée de proche en proche aux Colonies, la France a besoin de maintenir de façon occulte la dépendance de l’Afrique au sein de la nouvelle légalité internationale : pour renforcer sa position à l’ONU, accéder à des matières premières stratégiques, et financer sa vie politique.

 

La méthode consiste à placer des chefs d’Etat, de couleur noire, mais « amis » à la têtes de ces pays, en recourrant si nécessaire à la répression, à l’assassinat politique, ainsi qu’à la fraude électorale massive. Mais elle s’appuie aussi sur de multiples réseaux : politico-affairistes comme le réseau Foccart (créé par De Gaulle et repris par Chirac, Pasqua puis Mitterand), militaires, Services Secrets, Grandes Entreprises , Initiés, ministères …

 

Ces réseaux sont les leviers de la politique française

 

Financiers, comme le franc CFA permettant l’ évasion des capitaux (en rapatriant les “aides” accordées en Suisse, pour les partager entre le chef d’Etat et le décideur politique français désireux de financer la campagne électorale de son parti), augmentant au passage démesurément la dette du tiers monde.

 

Policiers : « on a recyclé les anciens de l’OAS dans les polices politiques » aux mêmes méthodes tortionnaires, et en mettant à disposition des officiers des Services Secrets auprès des chefs d’Etat, permettant aussi de les “relever” s’ils entendent changer la donne.

 

Militaires en recourrant à des mercenaires de la République (parfois recrutés dans les milieux de l’extrême droite), mais présentés comme des électrons libres.

 

Economiques, comme ces entreprises « faux-nez » noyautées par les Services Secrets et dont « une partie des ressources alimente des fonds parallèles ».

 

La conséquence de cette politique, c’est la disparition des biens publics, et l’absence de développement économique dans ces pays, car le développement productif par des entrepreneurs non corrompus réduirait la dépendance des populations envers l’Etat.

 

Cette situation va s’aggraver avec l’augmentation démographique, et la Dette va enfler par le détournement des prêts accordés, jusqu’à pouvoir être supérieure à la production annuelle en ressources ! Et quand, comme c’est parfois le cas, « c’est la même personne qui gère à la fois la dette, achète les armes, et vend le pétrole », la boucle est bouclée.

 

Apres la chute du mur de Berlin, accompagnée d’un nouvel élan démocratique, les dictateurs, sous les feux des critiques, en allument un autre pour faire diversion : ils désignent l’autre ethnie comme bouc émissaire. Ou alors ils sont légitimés démocratiquement … en truquant les élections, sauf les rares fois où la population veille au grain. Enfin il reste la solution du coup d’Etat …

 

Suivant la mondialisation, la Mafiafrique se développe alors, car « le pétrole et les armes sont les secteurs de plus grande corruption », et génèrent des flux financiers opaques, transitant dans les diverses chambres de compensation comme Clearstream, dont beaucoup comptes se trouvent dans des paradis fiscaux, ces trous noirs où tous les mécanismes légaux mis en place s’effondrent, en particulier l’impôt.

 

Une perspective plus positive

 

Dans ce contexte où le légal est mis en péril par l’illégal, la seule perspective plus positive selon Verschave, c’est la conquête de biens publics à l’échelle mondiale, arrachés à la logique marchande, entretenant un jeu à somme positive : tout le monde pourrait y gagner en partageant un gâteau plus gros.

 

De la Françafrique à la Mafiafrique, François-Xavier Verschave, Editions Flibuste

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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 19:09

Lu pour vous le 23 juillet 2011
Publié le 8 juin 2011
Source: Book'ing

"Peau noire, masques blancs" - "Les damnés de la terre" - Frantz Fanon


"Cette Europe qui jamais ne cessa de parler de l'homme, jamais de proclamer qu'elle n'était inquiète que de l'homme, nous savons aujourd'hui de quelles souffrances l'humanité a payé chacune des victoires de son esprit."

Dans son introduction à "Peau noire, masques blancs", Frantz Fanon explique que son ouvrage est une étude clinique, dont le but est d’analyser le cercle vicieux qui enferme noirs et blancs dans des rapports de sujétion générateurs d’incompréhension.

Il nous propose pour se faire de découvrir dans un premier temps "les différentes positions qu’adopte le nègre face à la civilisation blanche", pour ensuite développer les conséquences de cette confrontation sur la perception qu’a le noir de lui-même, et, par extension, de sa race.

Pour réaliser cette analyse, l’auteur s’appuie sur des cas qu’il a eu lui-même l’occasion de traiter, dans le cadre de l’exercice de sa profession de psychiatre aux Antilles, ainsi que sur des témoignages littéraires relatifs à son sujet d'étude et contemporains de la rédaction de son ouvrage. Le but de ce travail, en mettant au jour les mécanismes d’infériorisation du noir, est de le désaliéner, le sortir du reniement de soi acquis durant la colonisation.

"Il s’agit de savoir s’il est possible au noir de dépasser son sentiment de diminution".

Après des siècles de domination européenne (par le biais de l'esclavage puis de la colonisation), d'humiliation, de non reconnaissance de l'individu dans son intégrité, le blanc est parvenu à inculquer au noir la haine de soi et de ses semblables.

A la faveur des écrits (romans, livres scolaires, affiches publicitaires) et des images (cinémas) issues de la culture occidentale, il l'a de plus amené à se constituer une vision du monde blanche : aucune expression noire ne lui étant offerte, sa culture et son histoire étant oblitérées, l'indigène est lui-même anéanti, déstructuré en tant qu’homme. Il n’existe qu’avec et par le colon, qu'en tant que "négatif" du blanc.

Se conformant à l’image de nègre primitif, abruti, analphabète, qui lui a été servie, il adopte une attitude servile, d’éternel coupable.Dans ce contexte, la seule solution pour s’humaniser est à ses yeux de "devenir blanc", par mimétisme, assimilation, par le biais notamment du langage (le créole est délaissé au profit du français) mimétisme qui suppose le rejet de ses semblables.

Frantz Fanon nous fait bien comprendre qu’à partir du moment où un peuple est colonisé, il n’est plus lui-même.

La colonisation a des conséquences économiques, sociales et psychologiques sur l’indigénat, et occasionne forcément une blessure absolue et profonde dans l’inconscient des masses colonisées. Elle amène à une conception manichéiste du monde, les noirs et blancs représentant deux pôles en lutte perpétuelle. Cette lutte est reproduite dans la conscience du noir. L'auteur réfute les théories qui prétendent que le sentiment d’infériorité du noir serait inhérent à sa nature, et que les peuples colonisés éprouveraient un besoin de dépendance que le colon se contente finalement d'assouvir... Il réplique que c’est le colon qui crée le colonisé, et précise que, d’après son étude, "aux Antilles, toute névrose, tout comportement anormal, tout éréthisme affectif est la résultante de la situation culturelle", et non d'un quelconque patrimoine génétique.

"L’infériorisation est le corrélatif indigène de la supériorisation européenne. Ayons le courage de le dire : c’est le raciste qui créé l’ infériorisé".

La lecture de "Peau noire, masques blancs" n'est pas spécialement facile : certains développements, exprimés d'un point de vue purement psychiatrique, m’ont échappée.
L'ensemble de l'argumentation de l'auteur n’en reste pas moins très intéressante, dans sa démonstration que le colonialisme n’a jamais été source de bienfaits pour l'indigénat. Elle permet de saisir une partie de la mesure des dégâts infligés par le joug européen à la fois sur les psychés individuelles et sur la conscience collective des peuples colonisés.
Le souhait de Frantz Fanon est de "ré-humaniser" le noir, de lui rendre son statut d’homme. Il doit pour cela se rapproprier sa propre histoire, sa propre culture, et, dans une dynamique d’ouverture au monde, la partager, et la faire connaître.
On pourrait lui reprocher de s'être arrêté à une analyse de la situation, sans proposer de véritable solution qui permettrait au noir cette réhabilitation.
C’est pourquoi j'ai trouvé complémentaire et intéressant de lire ensuite "Les damnés de la terre", dans lequel l'auteur développe sa conception de la manière dont les peuples soumis à la domination occidentale doivent se défaire de cette domination pour redevenir des hommes à part entière...

Au moment où il écrit cet ouvrage, en 1961, le monde colonial est en plein éclatement. 1956 a vu en Angola la naissance du mouvement populaire de libération, Madagascar a retrouvé son indépendance en 1960 après une lutte nationaliste incessante contre la France, la révolte des Mau Mau qui permettra au Kenya d'y accéder en 1963 bat son plein... Et, surtout, en Algérie, la guerre a débuté, depuis 1954.

Frantz Fanon, qui a exercé sa profession de psychiatre à l'hôpital de Blida, où il a été amené, là aussi, à traiter les nombreux troubles occasionnés par la situation coloniale mais aussi par les exactions commises pendant la guerre d'indépendance (tortures, massacres), prend fait et cause dès 1956 pour la libération du peuple algérien : il remet sa démission de son poste à l'hôpital et rejoint le Front de Libération Nationale (FLN).

Ce qui frappe en premier lieu, lorsque l'on débute la lecture des "damnés de la terre", c'est sa limpidité. L'auteur pose un raisonnement lucide et visionnaire, mais surtout accessible à tous. Il est d'ailleurs important de noter, ainsi que le fait Sartre dans la préface qu'il a rédigé à cet ouvrage lors de sa parution, que ce dernier à été écrit à l'intention des peuples colonisés, et non de leur oppresseur.

Dans un premier temps, Fanon pose le principe de l'inéluctabilité de la violence dans le processus de libération, qui ne peut passer que par la destruction totale de la structure mise en place par le régime colonial. "L'intuition qu'ont les masses colonisées que leur libération doit se faire et ne peut se faire que par la force", après des décennies d'exploitation et d'asservissement, est le départ d'un élan populaire que rien ne doit pouvoir arrêter.

Aucune compromission à cet éveil des opprimés n'est acceptable : les partis politiques nationalistes raisonnables qui cherchent à négocier avec les colons ne peuvent que permettre à ces derniers de maintenir une partie de leur emprise sur les colonies. Cette violence semble par ailleurs logique, puisqu'elle vient en réponse à celle qu'a fait subir l'européen des années durant aux indigènes, auxquels il a toujours été dit qu'ils ne comprenaient que le langage de la force !

La volonté de combat fait naître chez le peuple la notion de conscience et de destin national, et là où "Les damnés de la terre" est très intéressant, c'est que Fanon insiste sur le fait qu'il ne faut pas s'arrêter là : après la libération, un autre combat se joue, celui de la reconstruction. L'auteur voit dans la décolonisation l'occasion inespérée de bâtir un nouveau modèle de société, dans laquelle l'homme serait le bien le plus précieux, une société tournée vers l'ensemble du peuple.

Fanon est bien conscient de tous les obstacles qui s'opposent à l'avènement de cette société idéale, et il les détaille, pour mieux les reconnaître et les éviter. La plus grande difficulté à surmonter réside dans les inégalités qui séparent les colonisés les uns des autres. Les citadins ont profité durant la domination européenne de certains avantages. Il s'est ainsi créée une bourgeoisie indigène qui singe la bourgeoisie occidentale, mais qui n'a ni la puissance économique de cette dernière, ni sa légitimité séculaire. La bourgeoisie indigène se contente d'afficher des signes extérieurs de richesse, mais fait preuve d'étroitesse d'esprit en refusant de réinvestir ses bénéfices dans l'économie locale.

Le prolétariat des villes, se calquant sur le comportement de cette bourgeoisie, fait preuve de racisme envers le milieu rural, considéré comme moyenâgeux, et dont il craint que les masses ne viennent lui disputer ses avantages acquis. L'élaboration d'une société bourgeoise suite à la décolonisation est par conséquent vouée à l'échec, nous dit Frantz Fanon : se vendant aux grandes compagnies étrangères pour faire du profit, minée par la corruption, la cupidité, elle accentue les inégalités qui vont forcément inciter les miséreux à se révolter, et l'expérience (notamment dans certains pays d'Amérique du Sud) a démontré que dans ce cas, l'armée, appelée en renfort pour réprimer la révolte, en profite pour prendre le pouvoir et c'est alors une dictature militaire qui s'installe.

C'est pourquoi l'auteur insiste sur la nécessité d'instaurer un lien entre les villes et les campagnes. Il est indispensable que les élites nationalistes se rapprochent du vrai peuple, l'instruise, le politise, l'organise. Le peuple se doit non pas d'être tenu en laisse, mais d'être souverain. La reconstruction doit passer par la reconnaissance et l'implication de tous, le citoyen doit participer à la reconstruction de la nation pour se l'approprier. Il doit être l'artisan de son propre développement.

La tâche est immense, il s'agit d'alphabétiser, de répartir travail et richesses, de rétablir l'égalité entre citadins et ruraux, hommes et femmes, de passer, en bref, d'une conscience nationale à une conscience politique et sociale.

Autre danger sur lequel l'auteur alerte les états nouvellement libres : celui de se risquer à répondre aux sollicitations des nations impérialistes ou socialistes, qui ont bien compris les enjeux de la décolonisation. Rappelons que nous sommes alors en pleine guerre froide, et que la dite décolonisation est pourvoyeuse d'opportunités de positionnement stratégique sur le plan économique et politique, d'où les tentatives de séduction des différents blocs... Mais, ainsi que nous le rappelle Frantz Fanon, les nations libérées du colonialisme doivent être maîtresses de leur destin.

"Le sort du monde ne dépend pas de la guerre entre régime socialiste et pays capitalistes, mais d'investir et aider techniquement les régions sous-développées".

D'autant plus qu'ainsi qu'il le souligne dans sa magnifique conclusion, le système occidental a montré ses limites, son inhumanité. Le modèle européen, notamment, n'est par conséquent pas à suivre...

Quelques 60 ans plus tard, on peut déplorer que les conseils qu'il prodigue dans ces "Damnés de la terre" n'aient pas été vraiment suivis... On y réalise toute la mesure de sa clairvoyance, de la justesse de son analyse sur le devenir des nations décolonisées qui ont rarement -voire pas du tout- profité de l'occasion pour mettre en place une société équitable et humaniste telle qu'il la rêvait pour ces peuples épuisés par des siècles d'asservissement.

La consolation est maigre, de se dire qu'il n'aura pas été là pour faire un constat amer (il est mort des suites d'une leucémie quelques mois après la parution de ce livre) face à cette Afrique aujourd'hui ravagée par la misère, le sida et les guerres intestines.

Frantz Fanon, grand humaniste, avait foi en l'homme.
Peut-être l'homme n'a-t-il pas eu assez foi en lui-même...
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 03:47

15 juillet 2011
Afrik 53

 

François Fillon osera-t-il prétendre que comme au Cameroun la France n'a tué personne en Côte d'Ivoire....?

 

 

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