Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

 

 

 

Rechercher

4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 23:21

4 février 2009
L'Expression

Le climat s’est encore alourdi avec la récente annonce de l’unification de tous les mouvements rebelles tchadiens et leur menace de renverser Deby.

Libertés étouffées, insécurité, crise sociale et économique: des membres de la société civile tchadienne ont dressé un bilan désastreux du Tchad, un an après l’offensive rebelle qui avait fait vaciller le régime d’Idriss Deby, et ont déploré le «silence assourdissant» de la France.

Les trois membres de la délégation tchadienne, en visite à Paris puis à Bruxelles, espèrent attirer l’attention des autorités françaises et européennes sur une situation qui selon eux n’a cessé de se dégrader depuis l’attaque rebelle sur N’Djamena, les 2 et 3 février 2008. «La démocratie tchadienne est en faillite», a résumé Tenabaye Massalbaye, président de la Ligue tchadienne des droits de l’Homme (LTDH), lors d’une conférence de presse hier à Paris. «Il y a une présence massive de militaires dans les rues, aucune manifestation n’est acceptée, la presse est mise au pas, il y a des rumeurs persistantes de disparitions et d’assassinats, notamment dans l’est» du pays, a-t-il énuméré.

Le climat s’est encore alourdi avec la récente annonce de l’unification de tous les mouvements rebelles tchadiens et leur menace de renverser Deby. Pour M.Massalbaye, aucune leçon n’a été tirée depuis un an, et le pouvoir n’a jamais donné aucune réponse aux questions soulevées par une commission d’enquête tchadienne mise en place après l’offensive rebelle des 2 et 3 février 2008.

Le pouvoir du président Deby avait alors vacillé avant de reprendre la main, avec le soutien de la France, et au terme de combats ayant fait des centaines de morts. Aucune enquête n’a jamais été engagée sur la disparition de l’opposant Ibni Oumar Mohamat Saleh, enlevé par des militaires tchadiens lors de l’offensive et présumé mort depuis, a rappelé M.Massalbaye. «Nous n’avons pas plus d’informations sur les lieux secrets de détention mis en place par le régime et le sort de quelque 400 prisonniers de guerre», évoqués dans le rapport de la commission d’enquête, a-t-il ajouté.

Enfin, le gouvernement n’a jamais aboli une ordonnance prise après l’attaque et imposant des restrictions drastiques à la presse dans le cadre de l’état d’urgence. L’avocate Delphine Djiraibé, membre de la délégation, a regretté «le silence assourdissant» de la France, qui avait à l’époque fait pression pour la mise en place d’une commission d’enquête. «Paris continue à collaborer avec Deby comme si de rien n’était», a-t-elle déploré. De manière générale, «la politique de la France au Tchad est difficilement lisible», a estimé Mme Djiraibé, en indiquant «avoir le sentiment de prêcher dans le désert».

L’avocate a de nouveau appelé Paris à soutenir un dialogue politique large au Tchad, incluant l’opposition mais aussi les rebelles. «On est dans une impasse, il faut parler avec eux. Une victoire militaire au Tchad n’est jamais définitive et les rébellions renaissent toujours de leurs cendres», a-t-elle rappelé.

Président de l’Union des Syndicats du Tchad (UST), Michel Barka a pour sa part évoqué «le calvaire» des Tchadiens et leurs «espoirs déçus» face à la rente pétrolière, dans un pays qui produit 170.000 barils/jour et reçoit environ 750 millions d’euros de recettes de l’or noir par an. «Le gouvernement ne s’en cache pas lui-même: il achète des armes avec l’argent du pétrole», a déclaré M. Barka. Dans le même temps, 80% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, et le prix du sac de riz a quasiment doublé récemment.

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
commenter cet article
4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 23:15

4 février 2009
Survie

En ce début de février 2009, anniversaire du soutien renouvelé de la France au régime dictatorial d’Idriss Déby en février 2008, il est grand temps que la France prenne les responsabilités qui sont les siennes pour une sortie de crise, qu’elle cesse de verrouiller la situation tchadienne par le statu quo et œuvre enfin au soutien d’un processus démocratique qui aujourd’hui est dans l’impasse.


Il y a un an, la France permettait au président tchadien de se maintenir au pouvoir en lui apportant le soutien diplomatique et militaire nécessaire lors d’une attaque menée contre N’Djaména par des rebelles. Faut-il rappeler les conditions d’accès au pouvoir d’Idriss Déby ? Auteur d’un coup d’Etat contre le président Hissène Habré en 1990, c’est avec la bénédiction de la France qu’Idriss Déby, ancien élève de l’Ecole militaire de Paris, a pris les rênes du pays, devenant président « élu » et « réélu » en 1996, 2001 et 2005, à la suite de fraudes électorales, le financement de candidatures fictives (faisant l’illusion de la concurrence électorale) et autre manipulation de la Constitution.

La France, en apportant un soutien politique et militaire inconditionnel au régime illégitime, dictatorial et contesté d’Idriss Déby, a choisi le camp de la dictature en armant celle-ci contre l’opposition démocratique et la population en général qui vit dans la peur quotidienne d’une nouvelle attaque.

Faisant la sourde oreille à la demande d’un dialogue national inclusif, entre tous les acteurs de la vie politique tchadienne (opposition non armée et armée), dialogue réclamé par les opposants politiques et la société civile réunie au sein du « Comité d’Appel à la Paix et à la Réconciliation », et à la demande de mise en place d’un processus de paix soutenu par la communauté internationale, la France ruine les espoirs d’une sortie de crise. Comment le comprendre autrement lorsque l’on sait qu’en février 2008, la France a fourni au régime des renseignements sur les mouvements des rebelles et sur leurs communications, a permis l’acheminement d’armes et de munitions, ou encore s’est engagée militairement dans les combats ?

En apportant son soutien à Idriss Déby, la France a permis à celui-ci d’entamer une chasse aux opposants et aux dirigeants des organisations de la société civile, lançant également des actes d’intimidation contre des journalistes indépendants et des défenseurs des droits de l’Homme. Dans la confusion des évènements du début février 2008, des opposants politiques ont en effet été enlevés, séquestrés et pour l’un d’entre eux, Ibni Oumar Mahamat Saleh (porte-parole de la Coordination des partis pour la défense de la démocratie-CPDC), probablement assassiné puisqu’il est toujours porté disparu. Un an après cette disparition, l’opposition politique et la société civile désespèrent d’être entendues dans leur volonté de construction d’un processus démocratique véritable et d’un retour à l’Etat de Droit. C’est pourquoi Survie réitère sa double volonté : celle de voir les parlementaires français se saisir du dossier en créant une Commission d’enquête pour établir la vérité sur l’implication de la France dans le conflit tchadien, et celle de voir l’Union européenne se mobiliser pour mettre un terme à l’ingérence française.

Archétype de la Françafrique, la relation entre la France et le Tchad est pleine de faux semblants, comme le simulacre de recherche de vérité sur les évènements dont nous célébrons aujourd’hui le triste anniversaire. La « Commission d’enquête sur les événements survenus en République du Tchad du 28 janvier au 8 février 2008 et leurs conséquences », créée à la demande du président français Nicolas Sarkozy pour apaiser les esprits (mais présidée par un proche de Déby) a rendu un rapport inabouti. Reconnaissant l’implication de l’Armée nationale tchadienne dans les disparitions et les violations de droits de l’Homme, ce rapport ne reconnaît pas celle de son chef, Idriss Déby, ce qui est inconcevable. La Françafrique poursuit ses abominables aventures.

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
commenter cet article
4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 23:13

4 février 2009
Tchadactuel

Le pétrole a rapporté, en 4 années d’exploitation, près de 1.500 milliards de francs CFA (plus de 3 milliards de dollars US) de recettes à l’Etat tchadien, a déclaré, mardi à Paris, un responsable syndical tchadien, Michel Barka.

"Les recettes encaissées entre le début de l’exploitation pétrolière et le mois d’août dernier se sont élevées à près environ 1.500 milliards de FCFA. Le pétrole n’a rien changé au sort des huit millions de Tchadiens", a estimé, lors d’une conférence de presse, M. Barka, président de l’Union des syndicats du Tchad.

Un mécanisme dit de "pré-affectation" et une structure associant la Société civile avaient été mis en place en 2004 pour assurer la bonne gestion des revenus pétroliers, sur insistance de la Banque mondiale.

"Toutes ces dispositions n’ont pas fonctionné. Les redevances et les royalties versées par le consortium qui exploite le pétrole Exxon Mobil et Chevron Texaco échappent à tout contrôle. Il ne faut donc pas être surpris d’apprendre que 80% des Tchadiens vivent en dessous du seuil de pauvreté, malgré le pétrole", a dit le responsable syndical.

S’exprimant sur les affectations des revenus pétroliers, M. Barka a accusé le régime de N’Djamena d’acheter des armes à "tour de bras" et de négliger les préoccupations quotidiennes des Tchadiens.

"Le SMIC continue de plafonner à 28.500 FCFA alors que le sac de riz coûte de 25.000 FCFA à 60.000 FCFA. L’insécurité dans le pays est telle que les paysans ne peuvent pas aller cultiver la terre. A tout cela est venue s’ajouter la décision irréaliste du gouvernement d’interdire l’utilisation du charbon et du bois de chauffe", a poursuivi le syndicaliste.

Il a en outre révélé que le gouvernement tchadien a acheté plus d’une centaine de chars de combat et fourni des équipements neufs aux forces armées.

"Nous avons vu arriver plus d’une centaine de chars neufs à N’Djamena. Dans les rues, les militaires portent des uniformes flambant neufs. Toute cette acquisition a été faite avec l’argent du pétrole. Je rappelle, du reste, que le président Idriss Déby Itno et son gouvernement ont toujours reconnu avoir utilisé l’argent du pétrole pour acheter des armes", a encore dit le responsable syndical.

Plus de 200.000 barils sortent chaque jour des puits pétroliers de la région de Doba, dans le Sud du Tchad, d’où la production est évacuée vers le port camerounais de Kribi, à travers un pipeline financé pour près de 3,5 milliards de dollars par la Banque mondiale.

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
commenter cet article
4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 23:10

3 février 2009
IRINnews

A N’Djamena, capitale du Tchad, quelque 10 000 à 15 000 personnes ont été expulsées de leur domicile dans le cadre d’un programme public de démolition de logements qui, selon les autorités, se trouvent sur des terrains appartenant à l’Etat. Les démolitions, démarrées en 2008, sont en cours.

« On voit des quartiers entiers, où toutes les maisons sont marquées d’une croix blanche, pour être démolies », a expliqué Merlin Totinon Nguébétan du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-HABITAT) au Tchad. « Au moment où je vous parle, des bulldozers sont en train de démolir des maisons ».

Les habitants qui ont perdu leurs logements ont dit à IRIN qu’ils n’avaient reçu aucune indemnisation, ni aucune aide au relogement de la part du gouvernement.

« On ne nous a pas proposé d’argent pour la maison », a déclaré Ousmane Atief, dont la maison, située dans le quartier de Mursal, a été démolie le 23 janvier, a-t-il dit, environ un mois et demi après le marquage du bâtiment.

Certaines familles ont vu leur foyer démoli à peine quelques semaines après le marquage. « Nous avons essayé de calculer la valeur des logements, en fonction du nombre de pièces, mais personne n’est venu ici pour nous poser des questions à ce sujet », a poursuivi M. Atief.

Comme la plupart des familles expulsées, M. Atief et les 18 membres de sa famille ont fouillé dans les décombres pour récupérer quelques affaires, avant d’aller s’installer chez des parents.

La plupart des déplacés sont hébergés par des membres de leur famille, mais certains dorment dehors, ont indiqué les habitants de N’Djamena. D’autres retournent dans leur village d’origine.

Selon Ahmat Bashir, ministre de l’Intérieur, le gouvernement revendique simplement des terres qui appartiennent à l’Etat. Certains expulsés ont néanmoins montré à IRIN ce qui semblait être des titres de propriété, et ont appelé les magistrats à intervenir en leur nom. Mais bon nombre de déplacés, installés sur ces terres au fil du temps, ne possédent pas de titres de propriété.

Conséquences sociales

Entre autres problèmes, le gouvernement n’avait pas contrôlé l’installation de ces populations à l’époque, selon M. Nguébétan, d’ONU-HABITAT. « Et ce n’est que maintenant qu’ils expulsent les gens ».

Même si une municipalité a le droit d’expulser des squatteurs pour construire sur des terrains publics, a-t-il expliqué, les autorités doivent accompagner leur démarche de mesures visant à éviter le désordre et à empêcher que les personnes expulsées ne deviennent sans-abris.

M. Nguébétan, urbaniste de profession, a expliqué que le gouvernement tchadien avait conçu un programme de développement urbain, avec l’aide d’ONU-HABITAT et du Programme des Nations Unies pour le développement, mais que les lois sur l’urbanisme n’avaient pas encore été promulguées. « Sans ces [lois], il est difficile de maîtriser la situation ».

Des magistrats ont informé IRIN qu’ils avaient tenté d’empêcher les démolitions pour les personnes affirmant être titulaires des documents requis, mais que les autorités locales avaient ignoré leurs appels à suspendre les opérations le temps d’étudier leurs cas. Le syndicat de la magistrature menace de faire grève pour protester.

« Si ça continue, notre système de justice n’aura plus aucune crédibilité », s’est indigné Mahamat Tadjadine, secrétaire général du Syndicat des magistrats du Tchad. « On ne fait aucun cas du processus juridique. Quelles conséquences cela aura-t-il sur l’image du Tchad, en particulier aux yeux des investisseurs ? ».

Malgré les tentatives répétées d’IRIN, le maire de N’Djamena n’a pas souhaité livrer de commentaires sur les allégations selon lesquelles les démolitions seraient illégales.

D’après M. Bashir, ministre de l’Intérieur, les autorités récupèrent uniquement des terres appartenant à l’Etat, sur lesquelles aucune construction n’aurait dû être entreprise. Le gouvernement dit avoir besoin de terrains pour mener de nouveaux projets de développement. Une maternité est notamment en cours de construction sur des terrains évacués par le gouvernement l’année dernière.

« Cela fait partie du travail habituel de la mairie », a déclaré M. Bashir à IRIN. « Si des personnes vivent sur des terrains qui appartiennent à l’Etat, elles doivent quitter les lieux. Ces terrains ne leur appartiennent pas et elles ne seront pas indemnisées ».

Le repaire des rebelles ?

Certains Tchadiens supposent néanmoins que ces démolitions, qui ont débuté peu après la tentative de coup d’Etat du début 2008, ont pour but de bouter les rebelles hors de la capitale.

Depuis plusieurs années, en effet, le gouvernement fait face aux attaques de groupes rebelles. « Certaines personnes pensent que le but véritable est plutôt de tenter de découvrir où habitent les rebelles qui semblent encore se trouver dans la ville », a estimé Jacqueline Moundeina, avocate spécialiste des droits humains.

« Un jour [les gendarmes] sont venus et nous ont dit que nous cachions des rebelles chez nous ; ils nous ont donné deux semaines pour partir. Nous avons tout perdu : les lits, les meubles, tout », a déclaré à IRIN Ismael Haj Madiri, un habitant de N’Djamena.

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
commenter cet article
4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 15:32

4 février 2009
Aline Bonami, Marie-Françoise Roy

 

Voici les nouvelles que nous recevions hier du Tchad. "Nous avons tente de commémorer cette journée anniversaire de la disparition d'Ibni Oumar Mahamat Saleh de plusieurs manières mais le pouvoir été plus fort que nous. Notre marche - meeting a été interdite.  Nous avons ensuite voulu organiser une journée du souvenir dans un hôtel de la place, mais le propriétaire, menace par la police semble-t-il, nous a rendu l'argent de la réservation. Nous continuons la lutte."

Suivant un message de Toka Diagana, le projet d'un volume spécial de l'African Diaspora J. Math. dédié a Ibni se met en place, et plusieurs éditeurs invites ont déjà accepte. "Le seul objectif de ce volume spécial consistera a garder vivants la mémoire du Prof. Ibni Oumar Mahamat Saleh et ses contributions pour développer les mathématiques en Afrique. Le volume spécial sera ouvert a tous les domaines  des mathématiques et de leurs applications. "

Les trois présidents des sociétés savantes SFdS, SMAI et SMF vont adresser une lettre aux présidents de la république tchadien et français pour demander a nouveau  " que lumière soit faite et justice soit rendue".

Que ceux qui vivent en démocratie apprécient la chance qui est la leur et témoignent pour les autres. 

Que ceux qui n'ont pas droit de s'exprimer librement soient assures de notre solidarité.

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
commenter cet article
31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 00:21

30 janvier 2009
Tchadactuel  

À l’approche du premier anniversaire des derniers combats entre le gouvernement et les forces d’opposition armées à N’Djamena, Amnesty International est en mesure de révéler que les graves violations des droits humains commises par les forces de sécurité se poursuivent sans que personne n’ait à rendre de comptes.

« Un an après le conflit, les membres des forces de sécurité qui se sont rendus coupables de nombreux homicides, actes de torture et disparitions forcées contre des opposants présumés au gouvernement n’ont toujours pas été traduits en justice, ce qui ne fait qu’exacerber le problème déjà généralisé de l’impunité », a déclaré Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d’Amnesty International.

L’organisation a appelé le gouvernement tchadien à ouvrir des informations judiciaires sur les allégations d’atteintes aux droits humains – dont des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité – et à traduire les responsables de ces actes en justice.

En décembre 2008, Amnesty International a publié un rapport intitulé Double malheur. Aggravation de la crise des droits humains au Tchad, qui a révélé l’ampleur des violations qui continuent d’être commises.

« Les disparitions forcées semblent être utilisées par les forces de sécurité tchadiennes pour distiller la peur au sein de la population et intimider les opposants politiques réels ou présumés », a précisé Tawanda Hondora. « Des dizaines de personnes arrêtées par les forces de sécurité ont tout simplement disparu, et l’on ignore toujours ce qu’elles sont devenues. »

Le 3 septembre, Issa Palkoubou, professeur d’anglais au Centre linguistique américain de N’Djamena, a été enlevé sur son lieu de travail par trois hommes en civil et jeté de force dans une voiture. Depuis, personne ne l’a revu ni n’a eu de ses nouvelles. On ignore également ce qui est advenu d’Ibni Oumar Mahamat Saleh, opposant politique de premier plan, qui fait partie des nombreuses personnes arrêtées en février 2008.

« Le gouvernement tchadien doit révéler le sort de tous ceux qui ont disparu. Il doit aussi engager des poursuites pénales contre toutes les personnes susceptibles d’avoir commis des violations des droits humains, et notamment les membres de ses forces de sécurité », a ajouté Tawanda Hondora.

Complément d’information

Les 2 et 3 février 2008, des groupes d’opposition armés ont lancé une offensive dans des quartiers densément peuplés de la capitale tchadienne, N’Djamena. Les forces gouvernementales ont riposté en bombardant les quartiers de N’Djamena d’où elles soupçonnaient les forces d’opposition de mener leur attaque. Des centaines de civils ont été tués ou blessés et plus de 50 000 ont fui la capitale pour aller se réfugier au Cameroun voisin. Le gouvernement tchadien a repris le contrôle de N’Djamena et les forces d’opposition se sont retirées au Soudan.

Le 3 février, en fin d’après-midi, les forces de sécurité ont fait irruption au domicile de plusieurs dirigeants de l’opposition non armée. Ils ont arrêté l’ancien président tchadien, Lol Mahamat Choa, le député Ngalegy Yorongar et le dirigeant du Parti pour les libertés et le développement, Ibni Oumar Mahamat Saleh. Lol Mahamat Choa est resté emprisonné pendant vingt-cinq jours avant d’être libéré, et Ngalegy Yorongar pendant dix-neuf jours. Quant à Ibni Oumar Mahamat Saleh, il a disparu et personne n’a eu de ses nouvelles depuis.

Le 15 mars 2009, une force multidimensionnelle, la MINURCAT (Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au Tchad), prendra le relais de l’EUFOR, force militaire de l’Union européenne. Son nouveau mandat consistera notamment à « contribuer à la surveillance ainsi qu’à la promotion et à la défense des droits de l’homme, y compris en accordant une attention particulière aux violences sexuelles et sexistes, et en recommandant aux autorités compétentes les mesures à prendre, en vue de lutter contre l’impunité. »

Pour plus d’informations, voir le rapport d’Amnesty International : Double malheur. Aggravation de la crise des droits humains au Tchad

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
commenter cet article
28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 21:08

28 janvier 2009
Centrafrique Presse

La France va retirer "d'ici l'été" au moins 1.000 de ses 1.650 soldats déployés au Tchad dans le cadre de l'EUFOR, force de l'Union européenne destinée à éviter une contagion de la crise du Darfour, a annoncé mercredi le Premier ministre François Fillon lors du débat au Parlement sur les opérations militaires extérieures (OPEX).

Le contingent européen déployé depuis un an doit être relayé le 15 mars par une force des Nations Unies, la MINURCAT 2. "Nous avons lancé l'EUFOR comme une opération transitoire, en prévision de sa relève par une force des Nations unies. Cette promesse sera tenue", a dit le Premier ministre.

M. Fillon a précisé que la France continuerait à fournir une aide logistique à la force de l' ONU. La force française Epervier déployée au Tchad depuis 1986, qui a aidé à déployer l'EUFOR, "continuera pour la MINURCAT".

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
commenter cet article
28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 21:02

28 janvier 2009
Centrafrique Presse

Les rebelles du Colonel Djibrine Dassert annoncent des combats avec les forces loyalistes

 

Le Mouvement pour la paix, la reconstruction et le développement (MPRD) du Colonel sudiste Djibrine Dassert, a annoncé la reprise des combats avec les forces loyalistes, dans un communiqué parvenu mercredi à APA à N’Djamena.

Les premiers accrochages ont eu lieu le 17 janvier indique, le communiqué, ajoutant que le MPRD a infligé des lourdes pertes humaines et matérielles aux forces gouvernementales.
Le mouvement du Colonel Djibrine Dassert affirme avoir détruit 8 véhicules de l’armée, tué 84 soldats des forces loyalistes et blessé 32 autres, dont le Colonel Demba, qui a été grièvement atteint, ajoute le même communiqué daté du 27 janvier.

Ces combats n’ont cependant été confirmés par aucune autre source. Toutefois, des témoins joints à Sarh par APA ont déclaré que des blessés de l’armée tchadienne avaient été évacués, des Monts Niellim, où opère le MPRD, à l’hôpital régional de cette ville, le plus grand centre hospitalier au sud-est du Tchad.

Les hostilités ont repris au moment même où des sudistes tchadiens ont annoncé, depuis le Cameroun, la création d’un nouveau mouvement rebelle dénommé les Forces progressistes pour l’indépendance et la renaissance (FPIR).

Dans un communiqué publié dimanche dernier à Douala, la capitale économique du Cameroun, la vice-présidente du FPIR, Mme Monique Dénéhodjimbeye, a réaffirmé l’ambition de son mouvement politico-militaire de renverser le régime en place à N’Djamena.
En plus du FPIR, qui entend lancer sa lutte à partir du Cameroun, trois autres mouvements politico-militaires opèrent dans le sud du Tchad, à savoir le MPRD du Colonel Djibrine Dassert, retranché sur les monts Niellim, dans le sud-est du pays, le Telssi-Renaissance nationale du Colonel Michel Mbaïlemel, qui s’est établi aux confins tchado-centrafricains.

Le Cameroun s’est toujours opposé à toute déstabilisation du Tchad à partir de son territoire.
La création du FPIR en terre camerounaise semble être un tournant.
Une nouvelle coalition rebelle dénommée l’Union des forces pour la Résistance (UFR), vient d’être également créée dans l’est du Tchad.

Selon des sources concordantes, l’UFR a déjà commencé à faire mouvoir ses troupes sur la frontière tchado-soudanaise, dans la perspective d’une reprise des hostilités avec le pouvoir de N’Djamena.

Un raid rebelle sur N’Djamena a échoué le 2 février 2008, grâce à l’intervention de l’armée française qui a sauvé de justesse le régime du président Idriss Deby Itno.

S’ils mettent leurs menaces à exécution, les rebelles tchadiens risquent cette fois-ci d’avoir affaire à forte partie car l’armée gouvernementale, ayant sans doute tirer les leçons de ses multiples échecs précédents, a basé sa stratégie de défense sur les blindés et l’aviation.

Le Général Idriss Déby Itno a acquis, pour les forces gouvernementales, plusieurs chars de combats, dont des blindés israéliens, et une bonne dizaine d’avions et d’hélicoptères.

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
commenter cet article
27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 23:03

26 janvier 2009
Tchadactuel

Le président tchadien Idriss Deby Itno n'a pas reçu une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU qui était en visite vendredi soir et samedi matin dans son pays, une attitude jugée "risquée" par une source diplomatique faisant partie de la délégation.

Officiellement, le président Deby n'était pas dans le pays, mais de source diplomatique, on a indiqué qu'il était rentré vendredi soir d'une visite secrète en Libye et s'estimait "trop fatigué" pour recevoir la délégation des 15 pays membres du Conseil de sécurité en tournée dans la région.

"C'est la première fois qu'un président ne reçoit pas la délégation", a souligné une source diplomatique. "En faisant cela et dans la situation dans laquelle il (le président Deby) se trouve, il prend des risques" à l'égard de sa relation avec la communauté internationale, a estimé cette source.

La délégation a toutefois été reçue la veille au soir par le Premier ministre Youssouf Saleh Abbas, qui a formé fin avril un gouvernement "d'ouverture" auquel participent des membres de la CPDC, la principale coalition d'opposition.

"Nous avons reçu l'assurance du Premier ministre que des efforts sont faits pour poursuivre le dialogue avec le Soudan. Nous avons insisté sur la nécessaire poursuite de la réconciliation interne au Tchad et de l'amélioration de la situation des droits de l'Homme", a affirmé à l'AFP un membre de la délégation.

"De la même manière que nous l'avons fait à Khartoum, nous avons demandé au gouvernement tchadien d'exercer la plus grande retenue" dans les relations tchado-soudanaises, a-t-il ajouté.

Arrivée vendredi au Tchad, la délégation s'est rendue dans l'est du pays pour rencontrer des soldats de l'Eufor, la force européenne déployée dans le pays et le nord de la Centrafrique et visiter des camps de réfugiés. La délégation est repartie tôt samedi pour Kinshasa.

Le président Deby avait failli être renversé début février par une attaque rebelle qui, partie de bases arrière au Soudan, avait atteint N'Djamena. Plusieurs organisations ont dénoncé de nombreuses violations des droits de l'Homme dans le sillage de l'attaque.

Une commission d'enquête est chargée de faire la lumière sur tous ces événements. Fin avril, l'investiture du gouvernement de M. Abbas, ex-conseiller diplomatique de M. Deby mais aussi ancien rebelle rallié, avait été considérée comme un signe d'ouverture par les observateurs et des diplomates étrangers, dont le haut représentant de l'Union européenne (UE) pour la politique de sécurité Javier Solana.

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
commenter cet article
27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 21:53

27 janvier 2009
Africatime

L’ambassadeur français au Tchad Bergot insulte la presse indépendante tchadienne

L’ambassadeur Bergot insulte la presse indépendante tchadienne: L’ambassadeur Bergot a-t-il mesuré les enjeux de cette presse évoluant dans un espace sans stabilité des règles du jeu démocratiques et sans maturité politique au débat ?

A La faveur d’un des multiples gouvernements qui se sont succédés en France, est issu un diplomate pour représenter le Quai d’Orsay au Tchad. Jean Pierre Bergot est son nom. Comme toujours, ces beaux messieurs en mission en Afrique sont connus pour les rôles cyniques qu’ils jouent dans les vieilles colonies. Et le Tchad n’échappe pas à cette règle. Se calfeutrant dans leurs villas paradisiaques retranchées généralement dans les périmètres riverains, lacustres ou fluviaux, nos « dopelés » sous surveillance « Mantha ou Epervier » sont des véritables pachas, des courroies de transmission entre l’Elysée et les acteurs de la Comédie du Palais de Djambal Bahr.

Pour sa dernière prestation du 14 juillet 2005, notre fameux diplomate a cru devoir mettre l’accent sur un aspect qu’il juge important pour marquer un jour de fête nationale de la République de Charles De Gaulle : « La liberté de la presse et la déontologie des journalistes au Tchad. »

De mémoire de presse et de témoin d’événements, nulle occasion ne nous a jeté un tel montage de discours à la face et une telle incohérence d’un natif du pays de Voltaire. De quoi rougir tous les énarques français et les adeptes de René Descartes. En l’absence d’un discours et d’une méthode, retenons que notre cher Bergot a juste saisi une occasion qui puisse l’amener a exhiber en d’autres termes les soixante cinq millions de francs cfa comme preuve d’une coopération agissante avec le Tchad en 2005. Il fallait pour cela placer « les mots aimables d’un ton paternaliste » a l’endroit des journalistes tchadiens. Ceux qu’il considère comme des manipulés, sans éthique, inféodés, racistes, agitateurs. En ces propos envers la presse tchadienne, Jean Pierre Bergot fini bien un « discours». Eh oui pas du tout long, exhaustif ni fastidieux.

Du galimatias bergotien sous l’effet d’un champagne pétillant en ce jour anniversaire français, les tchadiens l’on appris, la diplomatie tchadienne a subi un revers. Pendant que le monde entier suit de près le développement de la situation politique et militaire au Tchad, les « penseurs » de la démocratie africaine et des droits de l’Homme ne cachent pas du tout leur sentiment d’agressivité. Pendant que justement sous d’autres cieux des diplomates excellent par les occasions de leurs jours de fête, en France, certains brillent par les émotions soudaines. Faisant fi de la raison, nous avons pensé que l’ambassadeur français serait au moins guidé par le bon sens de citer parmi ses moments de vives émotions, la victoire du Boycott du peuple tchadien du 06 juin 2005, comme ce fut le cas de la victoire de la Grande Bretagne pour abriter les jeux olympiques de 2012. Un manque d’éthique ou une diplomatie manipulatrice qui confond illusion et vérité ? Loin de réclamer a notre cher ambassadeur la première faculté qui est celle de distinguer le vrai du faux qu’il a, sous les yeux, nous lui demandons humblement de découvrir le vrai pour le substituer a l’erreur comme le disait Descartes : « Tous les hommes peuvent distinguer le vrai du faux, mais peu sont capables de découvrir la vérité. »

Jean Pierre Bergot a insulte la presse tchadienne et partant la presse africaine. Que dire alors de l’esprit du Programme de l’Union Européenne et des Bailleurs de Fonds d’Appui a ce secteur ? L’ambassadeur Bergot a-t-il mesuré les enjeux de cette presse évoluant dans un espace sans stabilité des règles du jeu démocratiques et sans maturité politique au débat ? Bien évidemment l’essor de cette presse qui gène se fait dans un contexte politique des plus honni. C’est malheureusement des tristes constats comme ceux des dadjos, Mabas, Tamas, Massalits, Arabes, Kredas, Saras, Hadjarais, Kanembous et autres massacrés, des filles et femmes violées, des terres spoliées, des bétails et de puits expropriés, des élèves et enseignants terrorisés, des fonctionnaires affamés, des entreprises dilapidées, des tchadiens exilés et de la dignité bafouée qui font le quotidien des journalistes dont Jean Pierre Bergot veux museler au prix de 65 millions de cfa. Non telle n’est de l’avis du Groupe Bellagio, de la Fondation Friedrich Ebert, de la Fondation Ford, de la Fondation Rockefeller ou les Coopérations suisses ou danoises qui ont soutenus des programmes similaires d’aide à la presse en Afrique. Ceux la ne viendraient jamais évaluer leurs aides par des calculs d’intérêts partisans.

Au Tchad, des les premiers jours, il a fallu user de cette ruse de dire « l’expression est libre » pour enregistrer les premiers martyrs : le cas de Me Behidi est la tout comme au Burkina, le cas Henri Zongo est l’autre épée de Damoclès. Des états francophones au dessous du seuil de pauvreté gangrenés par la corruption. N’est ce pas monsieur Bergot !

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
commenter cet article

Textes De Juliette