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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 00:58
28 Avril 2012
Zoomtchad


Le Tchad se déculotte, le Cameroun tape sur la table et exige la renégociation des droits de passage du pétrole tchadien: Paul Biya exige d'être payé en barils de pétrole et non plus en espèce.


 

Certains médias occidentaux ont l’habitude de dire tout haut que le pétrole est une malédiction en Afrique, parce que, nous dit-on, il a été synonyme de guerres interminables et de pauvreté.  Une assertion qui prêterait  à sourire, si elle n’était pas reprise en boucle par beaucoup d’entre nous. Ainsi, le pétrole en tant que ressource la plus stratégique au monde serait une malédiction ? Dans ce cas, pourquoi ne l’a-t-il pas été pour l’Arabie Saoudite, pour le Qatar, pour les Emirats Arabes Unies, pour l’Algérie, et pour tant d’autres. La vraie malédiction pour l’Afrique et surtout pour les pays qui ont eu la chance de posséder cette richesse extraordinaire, c’est de voir à leurs têtes des dirigeants positionnés pour que le pétrole coule et profite avant tout à la puissance dominante. On l’a vu au Gabon, où après 40 ans de règne Feu Omar Bongo s’interrogeait cyniquement: « Je ne sais pas ce qu’ils ont fait avec l’argent du pétrole gabonais ? ». Le Gabon qui a engrangé des milliards et des milliards les a utilisés à arroser la classe politique française plutôt que d’augmenter le taux de scolarisation des enfants gabonais cantonné à 20% pendant plus de 35 ans.

 

Son alter ego, Idriss Deby ne fait pas autre chose ; lui aussi, a encaissé (et continue d’encaisser) des milliards et des milliards, et n’a pas été capable de donner à manger à son peuple, qui souffre de famine aggravée. Le gouvernement tchadien est obligé de mendier des sacs de riz pour limiter les conséquences d’une situation alimentaire qui relève du désastre dans certaines régions du Tchad.

 

Un désastre humanitaire dont nous avons parlé et qui est d’autant plus scandaleux que, depuis peu, deux nouveaux exploitants à savoir China National Petroleum Company et  Griffiths International  interviennent avec l’exploitation du pétrole du site des Rôniers, synonyme d’importantes royalties pour le régime Deby. Sans compter l’arrivée, dans peu de temps, du pétrole du Niger qui va être acheminé via le pipeline Tchado-Camerounais.

 

Autant d’évènements importants qui n’ont pas échappé au  gouvernement camerounais, vigilant et sourcilleux quand il s’agit de défendre les intérêts de son pays. Et la riposte n’a pas tardé, le gouvernement camerounais va lancer, a annoncé le ministre Essimi, le chantier de la révision de la convention sur le droit de passage du pétrole tchadien sur le territoire camerounais. Confirmation donc de l'intention de l'Etat du Cameroun d'accroître ses retombées du pipeline Tchad-Cameroun. Sauf que, cette fois-ci, Paul Biya souhaite désormais que les fonds représentant le droit de passage du pétrole tchadien sur le territoire camerounais, qui lui sont payés par Cotco, ne soient plus versés en espèces, mais en  barils de pétrole.

 

On apprend aussi que déjà à plusieurs reprises, l’Etat camerounais a obtenu une réévaluation en hausse des droits de transit en termes d’argent frais pour le Trésor public camerounais. Aujourd’hui, les choses ont évolué et le Cameroun exige l’équivalent en pétrole brut. Le ministre des finances a expliqué, très clairement, que le gouvernement veut voir les  membres du Consortium ajouter à la part de pétrole qui revient déjà à la Société nationale des Hydrocarbures du Cameroun (SNH), selon les contrats de partage de production, un surplus de barils qui équivaudra au montant des droits de transit. Il reviendra alors à la SNH, bras séculier de l'Etat du Cameroun dans le secteur pétrolier, de revendre elle-même cette cargaison sur le marché international, en tirant profit de la fluctuation des coûts du baril. Ce qui permettrait d'engranger plus d'argent.
 En tout cas, troquer les droits de transit contre du pétrole brut recèle l’avantage de pouvoir permettre au Cameroun de tirer profit de l’embellie des cours mondiaux de l’or noir, en vendant lui-même la cargaison reçue.

 

Il faut avouer que l’initiative bien réfléchie et calculée, rejette  l’hypothèse de recevoir une quantité de pétrole correspondant au droit de transit mais cédée au  prix du marché international..

 

Pour lancer son offensive « Droit de passage du pipeline contre pétrole », les experts camerounais sont montés au créneau avec force arguments chiffrés qui démontrent que les Camerounais sont parfaitement au fait des colossaux enjeux financiers et de leur rôle dans ce projet et ne comptent pas se taire et être bêtement exploités comme le sont les Tchadiens. Des sources crédibles révèlent, en effet que 3 ans seulement après l’entrée en activité de l’oléoduc, le consortium constitué d’Exxon-Mobil, Petronas et Chevron-Texaco avait réussi à empocher l’équivalant de la totalité des 2300 milliards investis dans le projet. Et ce, à la faveur d’une embellie des cours du pétrole brut sur le marché mondial. Ce qui veut dire que le consortium ayant amorti son investissement assez rapidement, depuis lors, les ressources tirées de la vente du pétrole tchadien par ces multinationales sont enregistrées dans la rubrique «bénéfice».

 

Alors que le Cameroun, sur 8 ans, s’est contentée seulement de 85,5 milliards CFA. Une somme que certains estiment ridicule, au vu des revenus encaissés. Dés lors, tout doit être mis en œuvre pour que les «revenus du Cameroun ne soient plus inversement proportionnels à l’embellie des cours mondiaux du pétrole», comme l’a affirmé Adolphe Moudiki, l’administrateur directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Le Consortium a réussi à amortir la totalité de ses investissements (l'ouvrage a coûté plus de 1600 milliards de Fcfa), et économisé 2300 milliards de FCFA. Les bénéfices engrangés par le Cameroun, comparés aux gains réalisés par le consortium, en si peu de temps, sont insignifiants et nous devons les dénoncer tout haut. D'où, a-t-il indiqué, la nécessité de «réviser le contrat portant sur les droits de transit de l'oléoduc tchadien», afin de rétablir ce qu'il a appelé «la justice économique».

 

La cité balnéaire de Kribi a déjà abrité une importante réunion regroupant les responsables de la SNH, les représentants de COTCO et les mandataires des différentes administrations concernées par l’exploitation du pipeline.

 

Il est utile de rappeler que les droits de transit du pipeline ont été calculés au prix de 0,41 dollars par baril de pétrole enlevé. Ce sont les droits de transit payés jusque-là en espèces. Mais attention, le Cameroun a aussi 8,7% de la COTCO, à ce titre, elle touche les dividendes de sa part de COTCO et ce, en pétrole sur la base du contrat de partage de production. Pour bien comprendre, vous imaginez que vous avez une voiture qui appartient donc à 3 personnes (Consortium, Cameroun, Tchad regroupé dans la Cotco) ensuite, vous mettez de la marchandise dans la voiture qui doit la transporter ; on paie les propriétaires de la voiture pour l’utilisation de la voiture, puis on paie aussi le passage du véhicule sur le territoire utilisé jusqu’à destination de la marchandise. Vous remplacez la voiture par le pipeline, la marchandise c’est le pétrole et vous comprenez que les camerounais ont été attentifs à tirer le maximum de ce projet en étant copropriétaires du pipeline, en ayant déjà une part de la production, et en exigeant aujourd’hui de ne plus être payé en espèces pour les droits de passage mais en barils de brut.

 

Le Tchad, quant à lui, s’est engagé par écrit sur un baril de pétrole à 15,27 dollars sur une période allant de 2004 à 2032 !!  La part du Tchad dans la COTCO est de 6%, il a 12,5% de la valeur de la production, ainsi que les taxes sur les bénéfices et ses dividendes de sa part de COTCO. Il faut ici très vite préciser que la liste invraisemblable d’exonérations accordées par le Tchad, a ruiné, par exemple, les dispositions sur les taxes sur les bénéfices, car l’exonération accordée est de 10 ans. Le diamètre du pipeline a été revu à la hausse par le Consortium pour être porté à 76 cm afin de pomper le maximum de pétrole  pendant qu’on ne paye pas de taxes, et ce, au nez et à la barbichette de nos caïds négociateurs.

 

Pour avoir une idée de la répartition des revenus pétroliers scellés par le clan au pouvoir dans tous ses démembrements et complicités, le Consortium touche 71%, (en ayant 85,3% des parts de la Cotco) le Tchad a 22% et le Cameroun récolte 7% et vient d’afficher sa détermination à augmenter sa part déjà extraordinairement bien négociée.

 

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que ce scandale autour de la liquidation des intérêts du Tchad dans ce projet pétrolier, n’a été possible qu’avec la corruption de tous ceux qui ont joué un rôle dans la « négociation » de ces accords. Dans ce Tchad dévasté par la prévarication et la concussion, où la vertu est congédiée, où les pratiques dévastatrices gangrènent toute la caste qui tient les rênes du pouvoir, une caste, par ailleurs, étroitement soudée par un système de distribution des prébendes a vendu le Tchad, sans aucune dignité et s’organisant pour être les attachés de presse de sa propre légende honteuse..

 

Le tout concourant, chaque jour, à créer  plus d’inégalités, de pauvreté et de famine au sein des populations tchadiennes et une ivresse, une démesure et une fuite en avant au sommet de l’Etat.

 

Y aura t-il un sursaut qui  relève et élève le pays ?

 

C’est possible. Constatons l’occultation volontaire, voire le black out total entretenu autour des questions liées au pétrole qui, pourtant, devraient être posées et débattues au sein des différentes institutions. Institutions se signalant, par ailleurs, aux citoyens par leur totale démission et leur docile servitude au pouvoir de Deby.

 

Il est important que nous ne nous laissons pas divertir et entrainer dans de faux débats liés, par exemple, comme récemment, à la nationalité française du ministre de la justice. Ayons à l’esprit qu’en ce qui concerne, la plus grande opportunité offerte au peuple tchadien d’améliorer ses conditions de vie, c’est-à-dire, tirer profit des richesses nationales, eh bien,  ce sont bien des Tchadiens (non détenteurs d’une double nationalité à l’époque de leurs implications pour certains) qui ont posé les actes de trahison nationale les plus ignobles contre leurs populations actuelles ; en hypothéquant et en sacrifiant  l’avenir de la jeunesse de leur pays et celle des générations futures sur l’autel de leurs ambitions vampiriques et antinationales.

 

C’est là que réside notre malédiction à nous Tchadiens !

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Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 18:30
25 mars 2012
Blog de Makaila

On parle de la reprise des affrontements à l'est, par les éléments d'Adoum Yacoub. Ils seraient dans le Salamat et Idriss Deby aurait assis un mur autour de Mongo, en faisant revenir ses troupes d'Am-Timan dans le chef-lieu du Guéra. Personne ne connaît la position des troupes rebelles. Les bruits de bottes se feraient entendre aussi au nord, venant, cette fois-ci, des hommes d'un ex-prisionnier de Khadafi.http://img.over-blog.com/220x300/1/44/13/03/debytenu01.jpg

Dans les deux cas, Idriss Deby aurait réuni ses parents pour l'une des deux options: la guerre pour se ruiner ou le départ en catimini. Les esprits se seraient divisés, les uns ayant opté pour la guerre, les autres ayant recommandé la capitulation. Mais, la France aurait refusé de collaborer quand IDI lui aurait demandé de lui fournir les informations sur la position des troupes rebelles, celles de l'est comme du nord.

(Info à vérifier)
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Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 02:28

2 janvier 2012
Makaila Nguebla

 

Sécurité transfrontalière au Tchad et en RCA: l'opinion publique internationale doit soutenir la démarche du Général Baba Laddé


La perspective de l'opposition tchadienne sur la question de Baba Laddé, qui a déjà fait couler beaucoup d'encre dans la presse centrafricaine. (Juliette)

 

Depuis plusieurs décennies, la République centrafricaine est secouée par des troubles politiques et militaires répétés. Plus de deux tiers du territoire est sous le contrôle d’environ quatorze groupes armés. Ces groupes armés perpétuent des attaques sur la population civile, se rendent coupables d’extorsions, de saccages, de pillages, d’incendies, de meurtres, d’enlèvements, de viols sur l’ensemble du territoire. Les forces gouvernementales se livrent aux mêmes exactions, en violations des droits humains, dans les régions où elles combattent les groupes armés. Elles sont de surcroit responsable d’arrestations arbitraires, de disparitions forcées, d’actes de torture et d’autres mauvais traitements.

 

Cela fait 25 ans que la LRA, originaire d'Ouganda, mène une campagne brutale de meurtres, de viols, de mutilations, et procède à des enlèvements massifs d'enfants au centre de l’Afrique. La LRA sème la terreur en République Centrafricaine (RCA) depuis décembre 1998. Les autorités dans les régions affectées préfèrent ignorer la menace qu’il pose. Les trois dirigeants du groupe rebelle - Joseph Kony, Okot Odhiambo et Dominic Ongwen, recherchés par la CPI, sont en villégiature dans ce pays. Plus d’une année s’est écoulée depuis la signature et la promulgation de la loi américaine relative au désarmement de la LRA. Malgré tout, la structure de commandement du groupe reste intacte, et il continue ses atrocités.

 

L’absence totale de l’Etat a plongé le pays dans un état d’urgence médicale chronique. La RCA est le théâtre d’une crise humanitaire majeure. Les conditions de vie des populations continuent à se dégrader de manière constante, avec des taux de mortalité excessifs, et la malnutrition est extrêmement sévère. L’épidémie de VIH Sida est généralisée parmi la population, dont les taux de décès élevés sont également dus au paludisme, à la tuberculose et à la maladie du sommeil.

 

Le président BOZIZE a été réélu pour un nouveau mandat en janvier 2011, mais l’État n’est pas capable de garantir la sécurité de ses citoyens ni de ses frontières, et les différents groupes armés circulent et agissent librement dans le pays. Les conflits ont un impact considérable sur la situation sanitaire, mais également sur d’autres aspects essentiels de la vie des Centrafricains, tels que l’éducation des enfants, la production agricole, l’accès au commerce et la dégradation des infrastructures de base, telles que les routes et les ponts.

 

Le Général Baba Laddé est un Peul du Tchad. Il dirige un mouvement politico-militaire, le Front Populaire pour le Redressement(FPR), qui se bat contre la dictature d'Idriss DEBY Itno au pouvoir au Tchad depuis 1990. Le FPR, profitant de la faiblesse de l’armée centrafricaine et de l’absence de l’Etat, s’est installé en République Centrafricaine depuis 2008.

 

Le peuple le soutient car il chasse les zaraguinas (coupeurs de route) et autres bandits. Là où il s’installe, les populations se sentent protégées et vivent en paix. Il a même manifesté son souhait de collaborer avec les FACA (Forces Armées Centrafricaines), la gendarmerie, la police, l'APRD, l'UFDR, la CPJP, le MLCJ, et le FPDC pour arriver ensemble à chasser la LRA de Joseph Kony de RCA. Il ne peut en aucune manière autoriser ses troupes à commettre des exactions à l’encontre des personnes civiles non armées.

 

Toute information relative à Baba Laddé et à ses forces armées dans la sous-région est facile de  vérifier. Les agences humanitaires internationales travaillant sur le terrain vous parleront de leurs bonnes relations avec les rebelles tchadiens.

 

Mais son message de paix est transformé en message de haine. Une partie de la presse locale à la solde du régime du Général  François BOZIZE, appendice du pouvoir d’Idriss DEBY au Tchad, s’est mise à le critiquer. Ces derniers temps, on constate une multiplication des propos accusateurs rendant le Général Baba LADDE responsable de tous les maux de la Centrafrique. Et pourtant ce pays sombre depuis des décennies, et le désastre centrafricain s’étend partout, même dans les sous-préfectures qui ne sont pas en proie à des conflits et qui n’accueillent pas  un grand nombre de déplacés, telles que Carnot, Gadzi et Senkpa Mpaéré. Dans ces trois communes rurales, les taux de mortalité dépassent de très loin le seuil d’urgence.

 

Les autorités centrafricaines incriminent  le Général Baba LADDE dans les actes de violences en RCA parce que son action a un caractère politique qui dérange. La LRA de Joseph KONI est en train de commettre un génocide, mais le pouvoir central ne s’en occupe pas parce que ce n’est pas politique. Tant que le pouvoir de BOZIZE n’est pas menacé, le massacre du peuple centrafricain est le dernier de ses soucis. Il ne s’en prend qu’à ceux qui dénoncent sa capacité de nuisance envers le peuple de Centrafrique.

 

Le 1er décembre dernier, le Président centrafricain, François BOZIZE accusait les forces du FPR de piller les éleveurs peuls  dans la région.  Ces affirmations  mensongères  du chef de l’Etat centrafricain, visent à Présenter  le Général Baba LADDE à l’opinion publique centrafricaine et internationale, comme  un vulgaire bandit dont les revendications politiques  sont insensées. Le 26 décembre 2012, Abdoulaye Miskine, probablement à la solde de BOZIZE,  attaquait Baba Laddé

 

Les éleveurs  Peuls et Mbororo, aussi bien en RCA qu’au Tchad, sont les principales victimes des armées  et des rebelles. Ils sont tués, maltraités, mutilés. Leurs enfants sont enlevés contre de fortes rançons, et souvent tués. Leur bétail est rançonné ou tout simplement racketté. Le Général  Baba Laddé issu de cette communauté Peul, s’est fait un point d’honneur à la protéger de ces gouvernements irresponsables, largement contestés et décriés  par leurs propres peuples. 

 

Il est nécessaire de rappeler qu’en 2009, le Général Baba Laddé qui se trouvait à Bangui en négociation avec le régime tchadien, sous la  protection des forces étrangères de la Mission de consolidation de la  paix en Centrafrique (Micopax), a été arrêté par les autorités centrafricaines et livré à Idriss DEBY, détenu et torturé pendant une année avant de réussir à s’évader et se réfugier au Cameroun. C’est un miracle qu’il n’ait pas subit le sort dramatique de Charles MASSI, livré à BOZIZE par son compère DEBY pour être torturé et finir sauvagement assassiné. 

 

Sa démarche pour des négociations  de paix avec Idriss DEBY nécessite donc des garanties de sécurité suffisante au niveau sous-régional et international à travers la présence de la communauté internationale.

 

A qui profite le crime ? Quand les Nations Unies exhortent de nouveau la communauté internationale à soutenir le processus de désarmement, démobilisation et de réintégration des anciens combattants, quand la représentante spéciale Margaret VOGT dit « La dynamique de paix initiée entre le gouvernement et les groupes politico-militaires sont devenus une réalité et ont offert une réelle chance pour la paix dans le pays », ce ne sont que mensonges éhontés ! Elle ajoute : « Le succès des processus de DDR et de SSR va dépendre de la capacité de la communauté internationale à fournir les ressources nécessaires à leur achèvement ». Voilà comment on continue à soutenir des dictatures sanguinaires! Où sont passés les fonds alloués au processus DDR depuis l’arrivée de BOZISE au pouvoir ? Ou sont passés les fonds des Nations Unies pour la Paix qu’il gère lui-même ? Comment l'ONU peut-elle saluer une énième fois les initiatives de réconciliation en République centrafricaine ? Face à ce désordre créé par DEBY Itno et son complice BOZIZE, la France, alliée et partenaire historique qui continue à parrainer et imposer  ces dictateurs contre  la volonté populaire, doit prendre ses responsabilités pour épargner à la sous-région une flambée de violences armées dont les conséquences seraient incalculables.

 

Croit-on qu’en réglant le problème Baba Laddé, on règle de facto tous les problèmes de la RCA ? La soi disant communauté internationale croit-elle qu’en continuant aveuglément à injecter des fonds dans un régime agonisant elle va le sauver ? Le monde doit arrêter cet acharnement thérapeutique sur un pays en état de mort cérébrale.

 

La République Centrafricaine se trouve aujourd’hui dans un état de délabrement total par la faute de ses propres dirigeants et de son opposition qui se désintéressent totalement de leur pays et de sa population. Ce pays est victime de la corruption et de l’incapacité qui ont provoqué le dysfonctionnement à tous les niveaux. L’aide extérieure massive n’a pas pu améliorer le sort des populations, et n’y arrivera pas tant que le pouvoir de BOZIZE sera en place.

 

En attendant qu’une classe politique responsable et compétente fasse le grand ménage, le FPR du Général Baba Laddé souhaite que les militaires centrafricains et tchadiens apprennent à faire la différence entre les civils et les forces de résistances hostiles à leurs régimes.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 10:51

6 novembre 2011
RFI


Détentions illégales et arbitraires

 

Au Tchad, les deux leaders syndicaux arrêtés dans la nuit du 4 au 5 novembre sont toujours derrière les barreaux. Selon leurs camarades, ils ont été arrêtés parce qu’ils préparaient des manifestations d'anciens travailleurs des chantiers pétroliers qui revendiquent des droits sociaux. Pour le gouvernement, les syndicalistes n’ont pas qualité pour organiser des manifestations.

 

Boukar Barka, secrétaire général de la Confédération syndicale du Tchad et Mangaral Nadjiam, président de l’Association des ancien travailleurs des chantiers pétroliers ont été interpellés respectivement les 4 et 5 novembre par la police. Ils s’apprêtaient à organiser des sit in pour revendiquer le paiement des droits sociaux des anciens travailleurs de TCC, une compagnie ayant travaillé à la construction du pipeline qui exporte le pétrole au sud du Tchad. Une arrestation que le Mouvement citoyen pour la préservation des libertés, une ONG de défense des droits de l’homme qualifie d’illégale et demande que les deux hommes soient présentés à la police judiciaire ou simplement libérés.

 

Le 5 novembre, une aile de la Confédération syndicale a tenu un point de presse pour rappeler que son secrétaire général Boukar Barka a été exclu du syndicat par décision de justice et n’a donc pas qualité pour organiser des manifestations. Pourquoi, s'interroge alors un syndicaliste, le gouvernement a négocié avec lui il n’y a pas longtemps?

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 10:45

5 novembre 2011
Ndjamena Matin


Le 1er novembre, une forte colonne de l’Armée composée d'environ une centaine de véhicules lourdement armés, et forte  d'environ 1500 hommes de troupe,  a quitté N'Djamena  pour une mission dans le Tibesti, et fait halte à Faya - dans l'extrême nord du Tchad. Mais, selon des sources proches des troupes, avant de quitter  la capitale tchadienne, un réseau de mécontents proches de Timane Deby  aurait donné la consigne à ces militaires de déserter la colonne et de regagner le Bilia – région extrême-est de l’Ennedi. Cela explique certainement que dans la soirée du  3 novembre, 17 véhicules équipés d'armements lourds,  et d'environ 225 hommes se sont subrepticement détachés du groupe  et ont filé à toute allure en direction du massif de Bilia, bifurquant par la localité de Kalaït en passant par le Ouadi Alilla.

Aux dernières nouvelles deux hélicoptères de l’armée se sont lancés, mais sans succès, sur leurs traces, et ont regagné hier soir leur base, bredouilles.

Une semaine plus tôt,  une colonne de l’armée de Deby toujours était allée en patrouille - de Bardaï  - en direction de la localité de Guezindi dans le Tibesti - avec pour mission de désarmer les ex-rebelles et autres mécontents qui écument le Tibesti. Elle est tombée malheureusement sur  un champ de mines. Deux véhicules ont sauté,  faisant une quinzaine de morts.

Selon un rapport top secret des autorités administratives de la région du Ouaddaï,  sept  véhicules avec 110 hommes ont aussi fait désertion à partir de Tiné pour rejoindre les rangs du  MJE de l'autre côté de la frontière Soudanaise.  Tous ces mouvements de troupes et d’hommes armés semblent indubitablement être la conséquence des mécontentements et fureurs diverses qui enflamment le clan Zaghawa depuis la mort violente de Zakaria Timane Deby, fils du « sultan » détrôné  - et cousin d’Idriss Deby Itno.

On comprend ainsi aisément la fébrilité dont fait actuellement preuve le despote qui, craignant un retournement d’une partie de sa famille s’appuyant sur des militaires, n’a pas hésité à rechercher la protection d’une union sacrée avec les Béris. Ceux qui suivent l’actualité brûlante au Tchad savent bien que   le 03 Novembre  dernier Idriss DEBY Itno a rencontré une forte délégation de Béris à Berdoba qui, en échange de leur soutien éventuel face à toute menace contre son régime, lui ont posé des conditions.

De source sûre, hier soir vendredi 4 Novembre, le Président Sultan est arrivé  à Moussoro à la  rencontre des dignitaires Béris qui l’y attendaient pour la finalisation de la réunion  qui s’était tenue à Berdoba. Idriss Deby se pliera-t-il à leurs exigences ?

Affaire à suivre.

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 01:34

1er novembre 2011
Communiqué du
Conseil National pour le Changement et la Démocratie

 

 

http://www.marxist.com/images/stories/chad/idriss_deby.jpgTous les signaux de fin de règne sont perceptibles. L’État tchadien est en déliquescence avancée et le pouvoir « Itnotisant » de Déby est aux abois. Incapable de se  remettre en cause, le régime est sans vision d’avenir ni projet de société crédible. Le président Déby est sourd et aveugle à tous les cris de détresse de la population, refusant toute conférence inclusive de paix et violant systématiquement tous les accords conclus. Le pouvoir de Ndjamena s’obstine dans ses manœuvres scélérates parachevant inexorablement son processus de pourrissement.

 

Peuple du Tchad, à toi de donner le coup de grâce afin d’ouvrir les vannes de la LIBERTÉ et des nouvelles perspectives heureuses pour ta patrie.

 

Le CNCD soutient les revendications légitimes des étudiants grévistes, les retraités, les fonctionnaires de tous les secteurs, les commerçants, les militaires, et la jeunesse... Après vingt et un ans (21) d’un régime clanique sans partage, notre pays est plongé dans une crise d’une gravité sans précédent. Ce régime est illégitime, prédateur et criminel.

 

Sur le plan politique:

 

Dès la prise du pouvoir par Idriss Deby en décembre 1990, la politique menée est caractérisée par : une violence crapuleuse, institutionnalisation des crimes politiques. Il a d’abord procédé à écarter du pouvoir des compagnons de premières heures et puis progressivement à la liquidation systématique des opposants avec lesquels son régime a signé des accords de réconciliation. Le Pr Ibni Oumar Mahamat Saleh, Secrétaire générale du PLD, Porte Parole du CPCD (la principale coalition de Partis politiques de l’opposition, avec laquelle le régime a signé un accord dit « du 13 aout », parrainé par l’UE). Depuis un certain temps, on observe au sein du clan une recrudescence des assassinats. Quand la fin est proche, les loups se mangent entre eux.

 

Sur le plan institutionnel:

 

Au fil des années, le pouvoir va se concentrer entre les seules mains d’Idriss Deby, de son clan et de son parti (MPS). S’arrogeant tous les leviers de commande de la vie politique, de l’administration, de la  justice, des principaux médias des forces de défenses et de sécurités. Il se sert des institutions de la république selon son bon vouloir et dispose de l’État comme d’un bien privé, conduisant le pays dans l’impasse actuelle. En 2005, le président Déby a modifié la constitution en violation de ses engagements solennels et de l’esprit même de la constitution afin d’instituer une présidence à vie.

 

Les dernières élections présidentielles et législatives, à l’instar de toutes celles tenues depuis 1996 ont été entachées de fraudes massives et marquées par l’usage de la violence à des fins d’intimidation des adversaires politiques et de leurs militants.  Boycottée par les principaux candidats de l’opposition, cette présidentielle marque une fois de plus le sacre d’un potentat honni par le peuple.

 

Sur le plan économique :

 

Le bilan est tout aussi effroyable. Le FMI dans son dernier rapport 2011, livre une analyse sans concession de l’état catastrophique de l’économie tchadienne caractérisée par une corruption endémique, une gestion opaque des finances publiques et de la trésorerie, l’octroi abusif de marchés de gré à gré au profit des proches, un manque notoire de transparence budgétaire, des insuffisances profondes dans les normes et cadres budgétaires légaux. Par exemple, la douane tchadienne une des principales sources de recettes pour l’économie tchadienne est contrôlée de manière totalement maffieuse par Mme  HAIGA Déby, la sœur du président Idriss Deby. Il en est de même de toutes les entreprises étatiques. Le Tchad est littéralement dépecé par l’oligarchie au pouvoir et la population laissée pour compte.

 

Tous les objectifs annoncés avec l’ère pétrolière ont échoué, pire la situation est chaotique. Les différents rapports d’organisations internationales telles le PNUD, Transparency International, la Fondation Mo Ibrahim, la Banque Mondiale, etc. placent toujours le Tchad soit à la tête des pays les plus corrompus au monde ou au contraire, au dernier rang des pays les plus pauvres de la planète.

 

La situation sociale:

 

Elle est explosive. Tous les ingrédients d’un soulèvement populaire sont réunis. Depuis 2003, le Tchad est rentré dans le club des pays producteurs de pétrole avec un revenu annuel de plus de 750 millions d’euros,  soit environ (500 milliards de FCFA), et pourtant, l’écrasante majorité des Tchadiens vit sans électricité et n’a pas accès à l’eau potable. Et bien heureuses les familles tchadiennes qui font les trois repas journaliers. Les grèves se succèdent et touchent toutes les catégories sociales : Les étudiants réclamant des longs mois d’arriérés de bourses (35€/mensuel), les retraités leurs pensions, les fonctionnaires de tous les secteurs la revalorisation de leurs salaires, les commerçants le paiement de la dette intérieur, les militaires leurs droits, et les jeunes diplômés chômeurs.

 

Ndjamena est classée parmi les villes les plus chères au monde avec un SMIG théorique de 60.000 FCFA sensiblement égal à (90 euros). Les tracts, les tags « Déby Dégage » se multiplient sur l’ensemble du territoire national.

 

Face à cette colère populaire légitime, le gouvernement comme à son habitude répond par la menace et la répression. Les étudiants arrêtés sont toujours en détention. Le premier ministre Emmanuel Nadingar accuse les étudiants, les retraités civils et militaires, les fonctionnaires et les petits commerçants d'être téléguidés par des politiciens.

 

Sur le plan international:

 

L’ère Déby s’est illustrée par une série de décisions et de pratiques toutes aussi irresponsables les unes les autres qui ont contribué à définitivement décrédibiliser notre pays aux yeux de la communauté internationale. En 1999, l’Assemblée nationale tchadienne, une caisse de résonance du pouvoir, a adopté une modification de la loi sur le pétrole, qui régit la gestion des revenus pétroliers. Pour la Banque mondiale, cette loi constituait le fondement de la coopération entre les deux partenaires et surtout devait servir de modèle à travers le monde pour garantir la bonne gouvernance et la bonne gestion dans ce domaine.

 

On retiendra surtout, ces terribles images passées en boucle sur toutes les télévisions du monde de concitoyens envoyés à la potence comme mercenaire en Libye moyennant de l’argent, tout comme le régime Déby l’a fait quelques années auparavant en RCA, au Togo, et en RDC.

 

À titre d’exemple, de l’implication du président Déby dans la grande criminalité internationale : L’affaire des faux Dinars de Bahreïn, l’arrestation de son conseiller Djamal Aganaye en Allemagne avec une centaine de kilos de cocaïne.

 

LE CNCD APPELLE AU RASSEMBLEMENT DEMOCRATIQUE DE TOUTES LES FORCES VIVES.

 

Tchadiens, Tchadiennes, 
Chers (es) Compatriotes.

 

Face à cette situation socio- politique grave, le CNCD appelle les Tchadiennes et Tchadiens de toutes conditions sociales, de toutes tendances politiques et de toute confession, à prendre leurs responsabilités devant notre destin et l’histoire.

 

Nous devons unir nos forces et mettre un terme à ce régime qui depuis 21 ans foule aux pieds nos aspirations les plus légitimes et brise toutes les perspectives de développement malgré les énormes ressources dont regorge notre pays.

 

Nous exhortons tous les patriotes épris de paix et de justice, toutes les volontés intellectuelles, politiques et citoyennes préoccupées par l’intérêt supérieur de notre pays à adhérer avec nous à ce consensus politique.

 

Le CNCD est l’instrument de rassemblement de toutes les forces vives de la Nation pour la libération de notre peuple par un Changement radical et pacifique. À travers cette plate-forme commune qui se propose d’être le creuset de toutes nos aspirations collectives, nous nous engageons résolument aux côtés de notre peuple dans sa lutte, pour sa pleine souveraineté et l’instauration d’un État de droit.

 

Le CNCD lance un appel solennel aux pays frères et amis d’aider le peuple tchadien dans sa lutte pour la démocratie.

 

Fait le 1er novembre 2011
La Coordinatrice du CNCD

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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 16:58

28 août 2011
Ndomadji Ndodegué

 

Droits de l’Homme Sans Frontières (DHSF) organise ce samedi 27 août 2011, au Centre d’Accueil et de Formation sis au quartier Abena dans le 7ème arrondissement, une journée de réflexion sur les évictions forcées au Tchad. Cette rencontre a regroupé une quarantaine de représentants de déguerpis de différents quartiers concernés à savoir Farcha, Gassi, Chagoua et Toukra.

 

Le Président de Droits de l’Homme Sans Frontières, Deuzoumbé Daniel Passalet, a rappelé que depuis 2008 jusqu’à nos jours, de nombreuses personnes ont perdu leurs domiciles et leurs parcelles au profit de l’Etat ou des particuliers. Pour lui, cette situation est anormale.  « En principe, l’Etat doit préparer l’esprit des citoyens sur le problème de déguerpissement et d’expropriation. Ce sont des choses qui sont prévues par nos textes à savoir l’article 67 de la Constitution et les droits internationaux que le Tchad lui-même a ratifiés », a clarifié le président de DHSF.

 

Mais il constate avec regret que toutes ces choses n’avaient pas été faites. Pour lui, depuis le déclenchement du déguerpissement et de l’expropriation à N’Djamena, plusieurs comités de crise ont été créés de manière spontanée pour défendre les intérêts des victimes. Ces comités ont travaillé d’arrache-pied, certains ont déposé des requêtes devant les tribunaux et d’autres se sont résignés. « Et le nœud du problème réside au niveau de l’exécution », précise Deuzoumbé Daniel Passalet.

 

Le président de Droits de l’Homme Sans Frontières a également déclaré que son organisation n’est pas contre le projet du Gouvernement qui consiste à faire de N’Djamena la vitrine de l’Afrique centrale. « Il faut cependant que cela se fasse dans les normes. Il faut concilier l’embellissement de la ville et les intérêts des citoyens puisque le droit en prévoit », précise t-il.

 

M. Deuzoumbé Daniel Passalet exhorte le Gouvernement à revoir sa politique dans le domaine de déguerpissement et d’expropriation. Car, pour lui, il est difficile d’avoir à N’Djaména à la fois un lopin de terre ainsi que de l’argent pour la construction. Il a rappelé au Gouvernement que ces déguerpis ont sacrifié leur vie pendant desdécennies pour avoir un habitat. « Et voilà qu’ils sont déguerpis d’une manière arbitraire. Où habiteront-ils », s’est interrogé le président de DHSF.

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 16:29

6 juillet 2011
James-William Gbaguidi

 

C’est sur la base d’un simple accord d'assistance logistique et de renseignement que la France entretient au Tchad environ un millier de soldats depuis pratiquement un quart de siècle. En réalité, c’est depuis le lendemain des indépendances que, soucieuse de maintenir un rang de puissance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, de l’Urss et surtout des Etats-Unis d’Amérique, la France a décidé de tout mettre en œuvre pour conserver une importante influence dans ses anciennes colonies africaines alors même que les revendications indépendantistes se multipliaient tant sur le continent qu’en dehors. Cette influence qui devait lui assurer l’accès aux ressources et un rôle politique important avait alors besoin de se fonder sur un socle véritablement solide et sécurisé : l’armée. Les accords de coopération militaire et de défense signés à cette occasion ne laissaient pas le moindre doute à ceux qui en connaissaient le contenu. L’indépendance, un bien vain mot. Aussi, lorsque les forces militaires françaises sont intervenues en 1986 pour sauver le régime du président tchadien Hissène Habré de ses ennemis soutenus par la Libye, il n’y avait, pas grand-monde pour lever de protestations.

 

Le vol de l’épervier s’en va prendre fin. Déployé au-dessus-du Tchad depuis le milieu des années 1980, le dispositif militaire français au Tchad connu sous le nom d’ «opération épervier» égrène peut-être ses derniers jours. Si on en croit l’annonce faite par le Ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé. Mise en application de la politique sarkozyenne de « rupture » tant annoncée sans grand résultat ou repli stratégique pour manquer à un ami « ingrat » ?

 

Ce type de pratiques extrêmement banales à une époque de l’histoire, n’a commencé à poser problème qu’à la fin de la guerre froide et surtout à partir de la vague de démocratisations des années 1990. Même si en ses débuts d’exercice du mandat présidentiel, le président français François Mitterrand a mené quelques actions à l’encontre des réseaux occultes chargés par l’Elysée de maintenir le « pré-carré » français en Afrique. Autant dire à l’encontre de la France elle-même. Cela n’aura duré que le temps de s’en rendre à l’évidence. C’est sous le même François Mitterrand que l’opération Epervier a été déployée au Tchad en 1986. Et que, un peu partout en Afrique, la présence militaire française a été mise au service d’ambitions retors, totalement en contradiction avec les intérêts réels des peuples d’Afrique. Avec la bénédiction de leurs dirigeants. Comme par le passé. Minuscule aperçu de la « Françafrique ».

 

Les annonces de transmutation se sont succédées sans jamais se concrétiser.  La doctrine française également a évolué. En vocables. De « l’indépendance dans l’interdépendance » d’Edgard Faure à « accompagner sans dicter » de Dominique de Villepin en passant par « ni ingérence, ni indifférence » sous Lionel Jospin, on en est arrivé avec Nicolas Sarkozy à la promesse de « rupture » formulée en 2007. Pour le même résultat. Avant l’intervention de la force française Licorne en Côte d’Ivoire qui restera dans les mémoires comme l’action décisive qui a fait capituler Laurent Gbagbo, l’armée française est intervenue deux fois au Tchad dont une fois du temps de la « rupture ». En 2006 et surtout en 2008, alors que les forces rebelles hostiles au président Idriss Déby Itno étaient sur le point de prendre la capitale tchadienne Ndjamena, il aura fallu l’intervention, là encore décisive, du dispositif français « Epervier » pour sauver le régime. Raison pour laquelle, quand par ces temps derniers, il est évoqué avec une certaine insistance le retrait prochain des soldats français stationnés au Tchad, il m’arrive dans l’esprit une foule de questions et d’hypothèses.

 

D’abord pourquoi ? Et pourquoi maintenant ? Certainement parce que, sentant amoindrie la menace rebelle, le gouvernement tchadien a commencé depuis quelques mois à exiger de la France qu’elle paye pour justifier sa présence sur le territoire tchadien. Les forces rebelles traditionnellement armées par le Soudan sont en effet totalement déconfites et désorganisées suite au retrait du soutien que leur assurait le président soudanais Omar el-Béchir. Par ailleurs, l’autre menace potentielle, celle venant de la Libye, est peut-être en passe d’être éradiquée, du fait de l’insurrection et des bombardements de l’OTAN. Enfin, du point de vue français, le dispositif épervier coûte déjà environ quarante millions d’euros annuels au contribuable.

 

Néanmoins, ces hypothèses ne satisfont pas. Il y en a d’autres. Primo, il ne faut pas croire que la France va retirer son armée d’un pays qu’elle a gardé totalement sous contrôle durant pratiquement la totalité des 50années d’indépendance si elle n’avait d’autres moyens de pression. Deuxio, les exigences du Président Déby n’ont pas dû plaire. Et alors, peut-être faudrait-il le laisser se dépêtrer seul face à une rébellion qui pourrait bien profiter de l’occasion pour se reconstituer ou à une déferlante islamiste en provenance de la Libye voisine en feu.  Cela lui rappellera sans doute l’utilité de l’ « épervier » français. Tertio, ce peut bien être un simple effet d’annonce, à l’endroit d’une opinion publique française, même si elle n’en fait pas son plat de thé, attend sûrement de son gouvernement qu’il réalise de substantielles économies sur les postes supposés futiles, pour faire face à la crise interne.

 

En tout état de cause, les Français peuvent toujours faire mine de partir, ils reviendront. Sous les formes actuelles ou sous le nouveau manteau annoncé par le Quai d'Orsay. La fin de la Françafrique, ce n’est pas encore pour demain… Et cela ne commencera sûrement pas par le Tchad.

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 05:44

10 juillet 2011 
Slate


Le Sénégal suspend l'expulsion d'Hissène Habré au Tchad

 

Le Sénégal a décidé dimanche de suspendre l'expulsion prévue lundi de l'ex-président tchadien Hissène Habré, pour répondre à une demande de l'ONU qui s'était demandé si une telle mesure ne constituait pas "une violation du droit international". "Le Sénégal suspend la mesure d'expulsion contre Hissène Habré compte tenu de la demande faite par Mme la Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme" dimanche matin, a annoncé le ministre sénégalais des Affaires étrangère, Madické Niang, dans un communiqué lu à la radio-télévision nationale RTS.

 

Le ministre a ajouté que son pays allait engager "immédiatemment des consultations avec l'ONU, l'Union africaine (UA) et la communauté inernationale" pour "qu'une solution puisse intervenir rapidement". Il a affirmé que la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), en suggérant en 2010 la création d'une juridiction spéciale pour juger Hissène Habré, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité pendant ses huit ans au pouvoir (1982-1990), "interdit" au Sénégal de le juger. Selon lui, un tribunal spécial est une "solution inacceptable pour le Sénégal qui s'était engagé à faire juger Hissène Habré par ses propres juridictions et magistrats, et non par une nouvelle juridiction dont les fondements sont discutables".

 

Le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, avait appelé le Sénégal à revoir sa décision de renvoyer Hissène Habré dans son pays, avertissant que cette extradition pourrait constituer "une violation du droit international". Le Sénégal avait annoncé vendredi qu'il allait renvoyer lundi à N'Djamena l'ancien président tchadien, exilé à Dakar depuis sa chute en 1990, faisant valoir la nécessité de se conformer à la demande de l'UA de "le juger ou l'extrader", selon le gouvernement sénégalais. Interrogé sur la suspension de l'expulsion, un des avocats français d'Hissène Habré présent à Dakar, François Serres, a dit devant la presse "prendre acte" que le président sénégalais Abdoulaye Wade "accepte de constater qu'il a violé une nouvelle fois le droit et qu'il accepte d'en payer les conséquences". "Nous allons poursuivre l'ensemble des procédures" contre la décision d'expulsion "devant les juridictions du Sénégal et de la Cédéao", a-t-il ajouté.

 

Selon lui, Hissène Habré, qu'il avait rencontré avant l'annonce de la suspension de l'expulsion, "a dit que s'il doit retourner au Tchad, ce sera dans un cercueil. Il invoque son droit à la résistance à tout ordre illégal et illégitime". L'avocat américain Reed Brody, de Human Rights Watch, s'est déclaré heureux que le président Wade ait suspendu cette expulsion mal préparée". "L'extradition de Habré en Belgique est désormais la seule option pour s'assurer qu'il répondra des accusations contre lui lors d'un procès équitable", a-t-il ajouté.

 

Mme Pillay avait "exhorté" le gouyvernement sénégalais "à revoir sa décision". "En tant que partie à la Convention contre la torture, le Sénégal ne peut extrader une personne vers un État où il y a des motifs sérieux de croire qu'il serait en danger d'être soumis à la torture", avait-elle ajouté. "En tout état de cause, le Sénégal devrait obtenir des garanties d'un procès équitable par les autorités tchadiennes avant toute extradition", avait-elle dit, soulignant qu'il était essentiel que M. Habré bénéficie de procédures régulières et ait le droit à un procès équitable.

 

La Belgique, qui réclame l'extradition d'Habré pour le juger, ainsi que plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, avaient également déploré son renvoi prévu vers le Tchad. A Dakar, dans le quartier où il possède une maison et est apprécié par ses voisins, une centaine de personnes ont manifesté dimanche en sa faveur.

 

En 2006, répondant à une demande de l'Union africaine, le Sénégal avait accepté, "au nom de l'Afrique", de le juger, mais aucune information judiciare n'y a été ouverte. Habré avait été renversé par l'actuel président tchadien Idriss Deby Itno qui, après avoir été un de ses proches, avait été accusé de complot et était entré en rébellion avant de provoquer sa chute en 1990.

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 14:49
15 juin 2011
Tchadanthropus

Réaction du Quai d'Orsay (Affaires étrangères françaises) aux arrestations des opposants qui rentrent après dialogues. Le cas Abderaman Koulamallah en question.


http://storage.canalblog.com/09/53/144170/28075926.jpgQ - L’opposant tchadien Abderaman Koulamallah, revenu au pays en prenant au sérieux «la politique de la main tendue» du président Déby, dort depuis plusieurs jours en prison. Quelle réaction vous inspire cet épisode de la vie politique tchadienne ? N’y voyez-vous pas une menace sur les efforts de réconciliation nationale, particulièrement le retour des opposants encore en exil ?

R - Nous avons appris l’arrestation du porte-parole d’une coalition rebelle tchadienne, M. Abderaman Koulamallah à son retour au Tchad le 8 juin. M. Koulamallah avait été condamné par la justice tchadienne au motif de sa participation à l’attaque rebelle sur Ndjamena fin janvier 2008.

Nous invitons les autorités tchadiennes à poursuivre le dialogue en vue d’une participation des anciens rebelles à la vie politique nationale, en application des accords du 13 août 2007. Ceux-ci visaient en effet au renforcement du processus démocratique au Tchad et appelaient l’opposition armée à rejoindre les négociations de paix déjà engagées afin de participer à ce dialogue politique. Les moyens d’apaiser ces relations avec les anciens rebelles et de les inciter à rentrer au Tchad doivent être recherchés.

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