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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 11:12

11 mars 2010
Makaila Nguebla


Selon un ressortissant du Tibesti qui a joint la rédaction du blog au sujet de la situation précaire des populations dans cette région comprenant deux départements à savoir :

• La préfecture de Zouar et de Bardaï
• La sous-préfecture de Aouzou-Yibibou, Zoumri-Bardaï,Wour-Zouar et Goubene.

Notre interlocuteur affirme que du fait de l’isolement de la région, celle-ci est abandonnée totalement par les cadres mais aussi  par la mauvaise volonté du gouvernement tchadien dont la politique de développement est défaillante.

Aussi, ajoute-il, que même le personnel humanitaire est  complètements absent dans les différentes localités afin de venir en aide aux populations démunies et en détresse.

Il ressort de ses propos que les populations de cette région souffrent de tous les maux et leurs conditions de vie sont extrêmement difficiles.

Pour preuve, les prix des  denrées de première nécessité varient comme suit :

- le sac de sucre coûte 35.000 fcfa ;
- le sac de farine coûte 25.000 fcfa ;
- le sac de riz coûte 30.000 fcfa ;
- le fût d’essence coûte 175.000 fcfa .

Selon notre source, plusieurs cas de maladies sont signalés et le taux de mortalité est très élevé dû notamment au manque des médicaments, d’infrastructures hospitalières et d’un  personnel médical qualifié dans toute la région.

La même source indique que les enfants ayant dépassés les 11 ans n’ont été scolarisés à cause justement d’une mauvaise politique d’éducation national menée par le gouvernement en place.

Les biens y compris les palmeraies des populations locales ont été incendiés à l’époque où le  Mouvement pour la Justice et l’égalité (MDJT), était actif dans la zone. Dit-il.

Le personnel administratif tel que le préfet et le sous-préfet  nommés dans la région, figurent que par leurs noms ; car ils ne foutent rien du tout. La région est abandonnée à elle-même, pas de points d’eau potable et la frontière avec la Libye est fermée d’où l’asphyxie générale des populations vivant dans ces zones enclavées.

Notre source souligne aussi que plusieurs personnes d’ethnie Toubou sont détenues en Libye  et purgent des peines allant de 15 à 20 ans  à cause de quelques farines qu’ils envoyaient aux parents restés sans nourritures dans cette zone désertique et montagneuse coupée du reste du monde.

Plus de 470 véhicules de marque Toyota des particuliers ont été interceptées par les autorités libyennes qui reprochent à ces derniers de fournir des vivres aux populations de Tibesti.

Devant cette situation désastreuse à laquelle font face les populations de la région du Tibesti, la première responsabilité revient aux autorités tchadiennes qui ont montré à la face du monde les  limites de leur gestion chaotique du pays.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 11:02

12 mars 2010
Source: Makaila Nguebla

 

Pour mémoire, nous pouvons citer l’article du président de l’Organisation Tchadienne des Droits Humains (OTDH) paru dans Le Temps n°553 du 23 au 21 janvier 2008, l’article intitulé plein feu sur la Coopération au Tchad : la vérité de Mahamat Ali Togoï paru dans ce même journal n° 573 en septembre 2008 et enfin celui de Adoum Korom, Coordinateur du Programme-Kanem, ″La face cachée de la Coopération Suisse au Tchad″, actuellement disponible dans les différents sites et blocs (senego.org, wikio.fr, ndjamena-matin.com, ambenatna.com, etc.) qui ont tous dénoncés la gestion opaque du Bureau de la coopération Suisse au Tchad.

Dans la même ordre d’idées de ces réactions concernant les dérapages et les détournements d’objectifs orchestrés par Sabine Schenck (ex-coordonnatrice) et ses complices, nous relaterons parmi tant d’autres les sujets ci-après : les gabegies du projet de réhabilitation des pistes et ouvrages Biltine-Ennedi (T45) et la problématique de l’extension du PDR Ennedi vers les régions du Borkou et du Tibesti.

La gabegie du projet de réhabilitation des pistes et ouvrages

Le Bureau de la Coopération Suisse (BuCo), avant la reforme de 1999, gérait des projets thématiques dans lesquels figure le volet piste et ouvrages hydrauliques qui intervenait dans la région de Biltine et l’Ennedi. Cette reforme  a conduit à la mise en place des programmes de développement régionaux appelés PDR. Curieusement, le volet piste et ouvrages qui intervenait dans ces deux régions est devenu un projet à part entière. Ce projet destiné à améliorer le trafic routier est transformé en une entreprise privée après sa première phase de démarrage qui est de trois ans. Le processus lancé pour sa privatisation échappe à toutes les normes vu le flou avec lequel Sabine Schenck s’est engagée pour la création du Bureau d’Etudes Conseil et Assistance Technique (ECAT).

La seule idée derrière cette privatisation consiste à mettre en place une machine de détournement des fonds. A cet effet, la même équipe du projet T45 a été scindée en deux entités, l’un contrôleur  (T57) et l’autre exécutante (ECAT). Les financements qui ont servis à créer l’ECAT ont été prélevés du Programme de Développement Régional Ennedi, des autres Programmes et de la liquidation  du projet pistes/ouvrages ou T45.  Par exemple, une lecture du rapport d’évaluation et du Protocole de Remise/Reprise respectivement en date du 18 au 28 décembre 2001 et 16 août 02 révèlent que des véhicules et des camions en bon état ont été vendus à l’ECAT à des prix  dérisoires. En plus de cela, un lot important des matériels jugé arbitrairement défectueux (motopompe, groupe électrogène, compresseur, chargeur, Caterpillar, porte-chars, dame-sauteuse, etc.) et des immobiliers (terrains, bureau) ont été attribués gratuitement à cette entreprise dont-elle semble être l’une des actionnaires importantes. Cette formule de privatisation d’un projet de développement en une entreprise à but lucrative est unique au monde surtout en matière de gestion des programmes et projets de développement. L’ECAT constitue aujourd’hui une chasse gardée de S. Schenck et ses complices. La question qu’on peut se poser ici, pourquoi les PDR créés avant T45 n’ont pas encore obtenu leur autonomie.

Les efforts que la DDC (Direction de Développement et de la Coopération sis Berne) déploient à travers la collecte des fonds pour le développement de nos communautés sont ainsi détournés par des individus mal intentionnés via des projets maffieux, tel que le cas de l’ECAT et projet  T57 unité de contrôle.

L’extension vers la région du Borkou et du Tibesti

Il est à noter que le Programme de Développement Régional Ennedi est destiné à la population de toute la région du B.E.T, comme le prévoyait le document stratégique de la DDC dit Programme Par Pays (PPP) 2002. Il se trouve que la population du Borkou et du Tibesti ne bénéficient pas de l’appui au développement à cause de diverses manœuvres utilisées  par le BuCo pour maintenir le PDR Ennedi dans un stade embryonnaire et avoir une main mise sur les actions. Le traitement inégal entre les régions (Borkou, Ennedi, Tibesti) a engendré une tension entre les cadres du PDR et le BuCo. Car certains individus dotés de mauvaise foi entravent un développement socialement  et économiquement équilibré entre les régions.

Tous les cadres qui ont revendiqués au respect du processus d’extension des actions vers les autres régions, ont été expulsés ou poussés à démissionner. Cette stratégie permet au réseau d’accumuler des fonds pour s’enrichir.

A travers la manipulation des certaines autorités issues des régions d’intervention de chaque Programme de la Coopération suisse, ils tentent d’édulcorer la réalité de la mauvaise gestion du programme Tchad. A titre d’exemple, après la parution de l’article du Coordinateur Adoum Korom, tous les membres du réseau se sont mobilisés pour trouver des issus favorables à leur sort. C’est pourquoi nous demandons aux autorités d’agir avec beaucoup de vigilance sur l’imbroglio  de l’affaire S. Schenck et  ECAT. Car, le dossier Tchad est actuellement en pleine agitation au niveau de la DDC –Berne. Des inspections sont en cours pour faire la lumière sur la gestion passée et présente du BuCo -Tchad.

Une fois de plus nous portons à la connaissance de l’opinion nationale et internationale que l’aide de la Confédération suisse destinée au développement des communautés rurales du Tchad est utilisé à des fins personnelles par un réseau constitué des coopérants suisses et des cadres tchadiens.

Mahamat Ali Togoï et Mahamat Kosseï Allahimi, ex-cadres du PDR Ennedi.
ali.togoi@yahoo.fr et mahamatkossei@yahoo.fr     


A lire prochainement : les investissements détournés par l’ECAT et les mystères du projet de lutte contre la désertification au BET appelé GUP dont le coût est estimé à neuf milliards (9. 000 000 000) FCFA !!!

 

 

                                    

                                                                                   

 

 

 

 

 

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Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 12:33

8 mars 2010

Mahamat Ahamat Aldjabor
Source: Blog de Makaila


Le syndrome de l’opposition de l’est du Tchad

 

Dans la vie, il faut au moins être honnête avec soit même. Depuis 2001, il est observé l’émergence des mouvements armés contre la dictature implacable de Deby. Malheureusement, la racine créatrice de chaque mouvement a une base ethnique. Est-ce par simple hasard ou bien est ce que on est d’abord compris par ses cousins ou bien ces sont des pratiques sciemment imposées pour réussir ses objectifs.

 

Ainsi donc, on a vu beaucoup des mouvements armés créés. Ces tendances ont tenté de combattre individuellement le régime, mais les résultats sont bien connus. Elles se sont vues obliger de se regrouper. La première initiative est celle du FUC avec une majorité écrasante des Tama, elle n’a pas fait long feu compte tenu de l’inexpérience de son chef le Général Mahamat Nour Abdelkérim. Aussitôt, l’UFDD, le RFC et l’UFDD-Fondamentale se sont regroupés autour de la CMU (Coordination Militaire Unifiée), véritable force de frappe qui a donné une leçon inoubliable à Deby. Au retour de l’action du 2 février, l’Alliance Nationale fut rapidement créée. Elle n’a pas vécu longtemps compte tenu des bassesses et coups bas de Soubiane qui a voulu s’assimiler à Nouri. Conscient de toutes les initiatives antérieures, les cinq grands mouvements (UFCD, UFDD-F, RFC, FSR et UFDD) disons les plus crédibles à l’époque se sont regroupés pour engendrer  l’UFR.

 

Comme Nouri a raté la présidence de la dernière tentative en l’occurrence l’UFR, il a pesé de tout son poids pour laisser cette grande organisation aller à l’avant. Comment Nouri s’est pris pour cela, tout il a dit a ses cadres « on n’a pas le choix, allons et en suite nous bifurquerons pour aller au nord c'est-à-dire Fada ».

 Pour qui ce concerne Soubiane, il l’a conseillé de rallier en lui passant un ses proches lieutenants en la personne d’Hassan Abbaye. Rappelons que  le RFC a eu son coup de division quelques mois avant par l’entremise des Bachar et fils.

 

L’UFCD à son tour, s’est vu également délaissé par son remarquable ASSALY qui est venu au nom des tchadiens, comme c’est un syndicaliste authentique, mais au terrain il n’a fait que regrouper les braves fils du Guéra. Quant à son neveu Adoum Yacoub Kougou, il lui aurait recommandé de mener une stratégie pour uniquement s’équiper, chose qui a été bien faite par ce dernier comme étant un grand comploteur des anciens temps, disons un renard de la révolution tchadienne connu pour ses coups bas par tous ses paires. Il a aussi bien joué avec sa colonne quatre en se cachant au MOUSSAL LASS. Avec ses pratiques, plusieurs de ses cadres l’ont abandonné, on peut citer entre autre le cas le plus flagrant « Mahamat Hisseine » membre fondateur du FPRN.  

 

La grande trahison fut remarquée lors du combat d’Amdam. Je ne veux pas m’appesantir dans ce passage car c’est un sujet qui fâche éperdument. Au retour à la frontière, le comploteur a eu son coup de son neveu GUIHINI, le criminel national. La déchirure au sein de l’UFDD s’accentue par la prise de position de ses vaillants cadres et officiers que je ne veux pas citer sciemment, qui ne connait pas l’UFDD à ses débuts.

Cinq mois après, en novembre 2009, Nourri s’est investi pour en une seule fois s’attaquer à trois mouvements à la fois et ceci par la main sale de son Mahamat Mahadi appuyé de quelques individus qui ne disent des arabes, l’UFDD-F, le FSR de Capitaine Ismail, le CDR et l’UDC se sont vus scinder en deux.


L’opposition a tant espérée de ce vieux, le Général de son état, mais hélas, il l’a toujours déçue en cherchant et en rêvant à être vaille que vaille Président du Tchad et si Dieu n’en veut pas!

 

Dans ce contexte, comment voulez vous qu’on puisse lutter, quand d’autres ont des projets diaboliques contre les sauveur du peuple tchadien. Malgré tous ces complots tissés de fil blanc, le noyau de l’UFR demeure intouchable et mortel.

 

Partant de ce diagnostic, nous sommes à la recherche des causes, on n’incrimine personne, on cherche à savoir pourquoi l’opposition armée de l’Est se déchire-t-elle ainsi ? Pour l’instant, en s’accordant le bénéfice du doute, on peut conclure que l’opposition est victime de ses propres pratiques.

 

Ou bien, pouvons nous contenter de cette affirmation presque gratuite à mon avis, car c’est lié toujours à un contexte bien déterminé, « Ne diabolisons pas l’émiettement de l’opposition armée de l’Est du Tchad, toutes les oppositions armées du monde sont passées par là, c’est un phénomène naturel voir humain » selon ses dires de sage et grand combattant de la liberté.

 

Il faut donc, proposer une alternative plausible au peuple tchadien à travers un projet de société évaluable au crible des indicateurs objectivement vérifiables.

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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 10:08

8 mars 2010
Centre d'actualité de l'ONU

Note de Juliette: Voyez comment la communauté internationale, représentée par les organes soi-disant intègres, reflet du concert des nations, infantilise un peuple, se rendant ainsi complice du Tyran. Où sont les bénéfices du pétrole tchadien? La communauté internationale doit véritablement être accusée officiellement du délit de recel. Car elle sait parfaitement que le produit du pétrole tchadien qui s'engouffre dans le pipeline direction Kribi est tout simplement volé au peuple tchadien.

 

Le Tchad, l’un des 31 pays du monde qui souffrent le plus d’insécurité alimentaire 

Deux millions de Tchadiens auront besoin d’aide alimentaire cette année (extraits)

 

Les agences des Nations Unies redoublent d’efforts pour assister les deux millions de Tchadiens qui auront besoin cette année d’une aide alimentaire à cause du manque de précipitations et des mauvaises récoltes, a fait savoir lundi l’ONU.  

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (
FAO) avait classé en novembre dernier le Tchad comme l’un des 31 pays du monde qui souffrait le plus d’insécurité alimentaire. La sécheresse, l’augmentation des prix des denrées alimentaires et les conflits armés sont les principaux facteurs de cette crise.

Une évaluation conjointe menée par la FAO, le Programme alimentaire mondial 
(PAM) et le gouvernement tchadien en décembre 2009 avait conclu que le pays avait besoin de 80.000 tonnes de céréales pour couvrir les besoins des populations touchées.  

En coordination avec le gouvernement, la FAO a distribué 615 tonnes de nourriture animalière et prévoit de fournir des semences pour 33.000 ménages vulnérables. 

Le PAM a mis en place un plan de distribution de 47.000 tonnes de nourriture pour 750.000 personnes affectées par la sécheresse dans les régions de Kanem, Bahr-el-Ghazal, Guera, Batha, Lac et Hadjer Lamis. Selon le PAM, ces régions sont les plus vulnérables car elles sont cycliquement touchées par des phénomènes climatiques aléatoires qui ont un impact négatif sur la production agricole.  

Le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF) a débloqué cette année 3,7 millions de dollars destinés aux secteurs de la santé et la nutrition au Tchad. 

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 12:43

3 mars 2010
Source: Makaila Nguebla


Selon le RGPH2, la population Tchadienne, estimée à 11 274 106 âmes composée majoritairement des jeunes, soit plus de la majorité de la population totale. Et selon les projections du PNUD, en 2050, celle-ci sera 27.8 millions. 57 % des Tchadiens ont moins de 18 ans. Cette population  s’agrandit de plus en plus sans que le pouvoir en place  ne se soucie de son futur.  Elle est abandonnée à son triste sort. Face à la mondialisation, sur le marché de l’emploi les jeunes Tchadiens ne sont point compétitifs.  Mais là où le bas blesse, c’est qu’il n’y a pas des mesures d’accompagnement en faveur des jeunes. Partout, il y a une demande criarde spécifiquement dans  le domaine l’éducation, emploi, sport et culture.


A l’Université de N’djaména, les grèves et les années blanches sont légion. Les étudiants se peinent durant 6, 7 voire 9 ans pour avoir un diplôme. Avec un système d’enseignement vétuste, pour ne pas dire caduque et démodé, elle forme plus des cancres que des cadres. Le diplôme et le passage en classe supérieure, par népotisme, se gratifient. Sortis de l’Université avec un diplôme en poche, de milliers de jeunes errent dans les rues de la capitale. Dans les secondaires et primaires, faute d’enseignants qualifiés, la baisse de niveau est légion. Exemple de nouveaux lycées crées, particulièrement celui de Goudji est appelé
«  Lycée Tramol » parce que regorgeant plus des délinquants que d’élèves. Tous les exclus et redoublants en effet, avec un 5 000 frs comme frais d’inscription, y s’arrangent à étudier. Dans un tel lycée, quelle formation ou éducation peut- on recevoir ? Le pire est à craindre pour les pauvres enseignants. Pour ces jeunes, quel sort leur réserve l’avenir ? Aussi  quels sont les initiatives ou secteurs étatiques qui accompagnent la jeunesse Tchadienne, symbole de l’unité nationale. Les tambours de la Solidarité et des Actions Sociales du Gouvernement ou Pouvoir ne se font pas encore entendus.

 

Au regard d’une jeunesse mal éduquée, désinformée, affamée, désœuvrée vivant dans la précarité, il n’y aurait point de concorde et cohésion sociale entre les différentes  nationalités.  L’absence de cela exposera une Nation  dans des luttes perpétuelles. Une réalité, la jeunesse Tchadienne, issue du Nord et du Sud, vit dans l’enfer ; avec un lendemain hypothétique, aléas du népotisme et de la médiocratie. Partagée entre chimères et illusions, elle s’en lisse vers sa propre mort sans siroter la gloire de son temps. Par ailleurs au-delà du clivage, tous les jeunes ont le même dilemme : comment réussir leur vie ?  Au détriment du travail, avec des diplômes, ils se donnent à d’autres activités pour atteindre leur finalité.  Nombre d’eux sont devenus des musiciens, des répétiteurs, vagabonds alcooliques et prostitués. Pour ceux- ci, l’embauche se fait rare. Elle est un sésame pour leur insertion. Pis encore, même, la porte des stages n’est accessible pour certains, ceux n’ayant pas de longs bras.  

Ce tableau sommaire et désastreux déduit qu’au Tchad, les jeunes ne sont pas une priorité mais une bombe à retardement. Certes, ils sont une bombe mais une force révolutionnaire, la masse motrice du changement. Ils sont le levier du développement d’un pays qui se cherche comme le Tchad. Depuis dix (10) ans, le pays de Toumaï se retrouve économiquement en bonne santé. Les caisses de l’Etat sont pleines de telle sorte des chantiers pharaoniques sont lancés sans un de moindre ne soit concrétisé. La corruption est dans toutes les sphères. Sur le social, rien n’est fait : un faubourg malfamé, le 6ème pays corrompu au monde avec 91.3 % de citoyens vivant dans la précarité, alors le bout du tunnel pour la Nation de Sao n’est pour demain.  Or tout y est sauf les idées pour un projet de société. Avec quel mandat social divertit – on - le peuple ? Qu’a- t- on fait du  chômage des jeunes diplômés, du panier de la ménagère, de la condition des fonctionnaires,  de la santé et de  la formation des enfants des agriculteurs et pasteurs ?

 

Que les Tchadiens meurent de faim, vivent dans des logis de fortune, demeurent des ignorants de leurs droit et devoirs, cela ne dit guère aux tenants du pouvoir parce qu’ils se portent bien. Mais un danger guette le pays. Que des jeunes dans les universités de la rue, des sans emplois. Le social tchadien est sous la grogne or n’a-t-on pas dit que le social se guérit par le social ? Celui- ci  n’est pas aussi un divertissement pour choper les voleurs de la République et de les gracier, par la suite. Le paradoxe, c’est l’irresponsabilité de l’Etat ! Des milliards sont investis dans l’éducation – formation et qui ne servent à rien. L’Etat n’est en mesure de rendre actif  le fruit de son investissement. Quel gâchis ! Avec un taux d’alphabétisation croissant et une forte demande d’emploi, la jeunesse doit être prioritisée. Car elle est un mouvement, un électorat, et un instrument de persuasion. Du fait de la marginalisation, voire l’exclusion des forces porteuses de modernité et de valeurs républicaines, les soubassements de l’Etat- Nation s’effritent. On en répertoriait ainsi un début d’esquive  devant l’effort, le goût au bien mal acquis, la tricherie ou le favoritisme comme moyen d’améliorer sa condition socioprofessionnelle et la bureaucratie comme mode de gestion des affaires de la Cité. On trait l’Etat,  claniquement, pour assouvir l’ego vide. Cette autogestion mascaradesque assombrit davantage l’espoir du peuple Tchadien, de surcroit la couche vulnérable. De facto, la peur dans l’âme et vivant dans l’incivilité et l’inconscience, la jeunesse  s’avère comme un androïde, un citoyen aux ordres des fantasmes du politique. Comme la dit Sembene « ce ne sont pas ceux qui sont pris par force, enchainés et vendus comme esclaves qui les sont vraiment, ce sont ceux qui acceptent moralement et physiquement de l’être ».

 

Alors les jeunes Tchadiens apparaissent comme esclaves de leur époque. Une époque où règnent le communautarisme, l’individualisme, la gabegie, l’arbitraire, la force pour ne pas dire les lois de la Nature. De même, ils sont moins nantis – intellectuellement et financièrement – que les jeunes Ouest Africains sacrifiant leur vie dans le Sahara ou l’Océan à la recherche de l’Eldorado. Ces jeunes poussées par les précarités de l’injustice dont ils vivent tentent de changer leur destin. Que n’en plaise aux toubabs et à nos gouvernants.

 

Etant par essence une jeunesse inactive, paresseuse, l’éduquer et la former ne sont des solutions pour une insertion sociale ; moins encore la construction du campus de Toukra, des stades municipaux, et du centre culturel. La passivité de celle- ci appelle un changement de comportement. Une jeunesse instruite à la recherche des roses pour un lendemain meilleur doit être dynamique, salvatrice aux idéaux  républicains. Ce dynamisme s’explique par son coefficient intellectuel, surmontant égoïsme et excellant pour le mieux- être de la Nation. Il est du devoir de l’Etat d’inculquer aux forces de l’espoir le patriotisme et de les apprendre à «  travailler pour gagner chaque jour leur pitance ». Dans un régime où règne la dictocratie, ces notions ne sont au quotidien comme a martelé Berlin Isaiah «  nous flottons, sur un bateau sans gouvernail, et nous ignorons où est le port : il faut donc continuer à naviguer ». Ainsi, à l’ère pétrolière où l’injustice sociale est flagrante et face à une jeunesse consciente de son être, grandie dans la violence et le matérialisme, le devenir de toute une Nation est un leurre. Telle est la destinée de la jeunesse et du pays.  

 

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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 12:31

3 mars 2010
Source:  blog de Makaila Nguebla


J’ai été personnellement très enthousiasmé par les débats politiques lors de la compagne présidentielle togolaise de ce mois de fevrier 2010. Malgré la main mise du clan Nganssibé sur tous les domaines (administration, armée, économie, constitution) mais il existe toujours des hommes dignes qui ont dit haut et fort tout le mal qu’ils pensent de 40 ans de régime du RPT. Ils sont nombreux mais je retiendrai surtout le très charismatique Jean-Pierre FABRE et le vaillant Kofi YAMGNANE qui abondonne sa vie paisible française pour venir mettre la main dans les politiques usées et personnalisées togolaises. Que dire du jeune secrétaire general du CAR de Me Yawovi Agboyibo  ou  de cet avocat, ancien vice président de la Ceni qui a déclaré aux yeux du monde que les résultats des élections publiées en 2005 n’étaient pas celles des urnes. Bravo les hommes politiques togolais. Africa 24 nous a permis de suivre de bout en bout votre éloquence et la force de vos convictions. Peut être que la fraude rptiste vous empêchera encore d’accéder à l’alternance tant recherchée mais sachez que vous avez amplement rempli votre devoir. Vos débats contradictoires ont montré clairement l’absence d’un protagoniste en face de vous.


Pour revenir à mon cher pays, je crains fort qu’un tel débat politique ne puisse jamais avoir lieu sous nos cieux. En effet, Dieu nous a donné des hommes politiques argentivores, égoïstes, hypocrites qui ne disent jamais tout haut ce qu’ils pensent. 2 ans après les enlèvements des opposants tchadiens, les principaux protagonistes n’ont toujours pas le courage de dire à l’opinion nationale et internationale la réalité des faits de ce février 2010 . Le soit- disant opposant  lol mahamat choi, lui aussi victime s’engouffre dans l’hypocrisie la plus abjecte en refusant de dire réellement ce qui s’est passé, moyennant des billets craquants offerts par le commanditaire deby.


Kamoungue Wadal, jadis considéré comme le militaire le plus courageux a choisi la voie du mangement et se tait dans un gouvernement moribond. Que dire des nouveaux riches younousmi, pahimi albert, djasnabaye , nadingar Emmanuel. Ce beau monde représente une honte pour le Tchad car pour accéder à ces postes ministériels, ils ont du trahir leurs collègues ou leurs partis d’origine. C’est vrai qu’il existe une petite minorité qui fait l’exception mais cela n’est pas suffisant pour alimenter un débat digne de ce qui se passe en Afrique de l’ouest. Yorongar ou Salibou Garba seuls ne peuvent faire face au MPS qui achète avec des dizaines de millions tout ce que le Tchad compte comme juristes, économistes, gestionnaires, politiciens, chefs traditionnels. Pour moi, toutes ces personnes ont perdu les qualités humaines pour n’être que des instruments aux mains du roi. Ils ont fait l’inverse de la déclaration mémorable de Sekou Touré : « nous préférons être pauvres dans la dignité qu’être riches dans l’esclavage ». Si non, comment peut on comprendre des hautes personnalités bradées des gros diplômes soutenir des politiques abjectes impulsées par Deby. Comment peuvent ils garder de silence lorsque la corruption bat son plein au Tchad. Au nom de quels principes, peuvent ils garder un silence lorsque des milliers de tchadiens sont expulsés de leur maison sans mesures d’accompagnement par le  voleur Zene Bada et son patron Deby au moment où ils pleuraient leurs morts suite à l’incursion des rebelles de février 2008?

Comment peut on arrêter quelqu’un, l’accuser de détournements et le gracier sans jugements au vu et su de tous les hommes de droit?  Savez vous, chers lecteurs, que les actuels ministres de pétrole Mahamat nasser, ministre de commerce Mahamat Ali Hassan ont été deux plus tôt demis de leurs fonctions et nommés à nouveau ministres sans moindre jugement qui puisse les blanchir ? c’est ridicule, chers compatriotes tchadiens, c’est ridicule. Cessons de nous ridiculiser aux yeux du monde alors que ce monde est devenu village planétaire et que le Tchad, grâce à sa télévision désormais internationale et à la magie de l’internet  est analysé quotidiennement par le monde. Les griots tchadiens, suivez mon regard, connaitrons un jour le même sort que les griots nigériens , à la chute de Tandja mamadou. Ils se sont tus à jamais et n’auront jamais le courage et la fierté de parler au public. Leur tort est d’avoir encouragé et cautionné le mal perpétré par Tandja.


Combien de tchadiens cautionnent et encouragent –t-ils  le cancer debyste ? ces messieurs savent –ils ce qui les attend au jour dernier jugement ?peuvent -ils me dire où se trouvent actuellement les ministres nigeriens des mines, des finances et le premier ministre?

Merci beaucoup

Daniel hongramngaye

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 11:31

19 février 2010
Daniel Hongramngaye
Blog de Makaila


L'armée tchadienne interpellée par le peuple à prendre ses responsabilités comme au Niger

Ce qui se passe sous nos yeux  chez nos voisins nigériens doit à plusieurs égards inspirer nos officiers supérieurs, nos militaires, nos dignes soldats s’il en existe encore. Pour être clair, les officiers nigériens, les hommes de rang qui ont pris leur responsabilité au Niger hier 18 février 2010 pour mettre fin à une situation politique tendue et à un régime dictatorial sont pour moi simplement et purement des héros et doivent servir d’exemple pour nos militaires tchadiens.

La situation politique au Tchad est pourtant plus exécrable que celle du Niger.
En effet, Idriss Deby Itno est identique à Mamadou Tandja si non pire.

·         Les deux hommes ont modifié leur constitution pour se maintenir au Pouvoir

·         Les deux hommes ont organisé des élections de façade pour confisquer le pouvoir. Des élections durant lesquelles, les taux d’abstention sont des plus elevé et les fraudes des plus gigantesques.

Les comparaisons s’arrêtent là car après, Deby a déclassé son homologue loin derriere. Deby a errigé la corruption, le clientélisme, le zaghawisme, le népotisme en système de gestion publique alors que Mamadou Tandja est resté intègre, transparent dans la gestion des fonds publics. Et cette qualité de Tandja est même reconnue par ses opposants qui ne lui reprochent que sa passion à rester au pouvoir en foulant au pied la constitution. Mamadou Tandja a su négocier d’arrache pied avec le géant français Areva dans le contrat d’exploitation de l’uranium nigérien pour le profit de toute la nation tandis que Deby s'est uniquement occupé du bonus du contrat pétrolier de Doba  avec le consortium (esso, chevrona, petronas) car pour lui, c’est ca qui va dans sa proche. Le mécanisme de contrôle de la production, du transport, des taxes, et des prix de référence et de décote des barils du pétrole tchadien ont été négligés, ouvrant la porte à toutes les manipulations des sociétés pétrolières  étrangères en activité au Tchad. Ce consortium réalise aujourd’hui des bénéfices qui sont le double ou le triple de ses prévisions.

En 20 ans de pouvoir debyste, le bilan est là catastrophique et lamentable. Des millions de dollars américains engrangés par le Tchad issu des recettes pétrolières depuis juillet 2003 n’ont enrichi qu’une minorité des tchadiens, proches du régime. 

D’où la question importante que je pose à nos militaires  tchadiens : « Le peuple tchadien ne mérite pas t’il autant que le peuple nigérien ? »

Je sais que la donne militaire est spécifique au Tchad à cause du pléthore des itnos dans l’armée mais rappelons tout de même que la volonté populaire est invincible. Je sais aussi que que beaucoup de tentatives ont échoué dans le passé mais la cause est noble et mérite d’être défendue jusqu’au bout. 

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:23

15 février 2010
Tchadactuel

Acheikh Ibn-Oumar, réfugié en France, est le représentant pour l’Europe de l’Union des forces de la résistance, la principale opposition armée basée à l’Est du Tchad. Il a été ministre des affaires étrangères du Tchad sous Issène Habré et représentant du Tchad auprès des Nations Unies sous le président Idriss Déby Itno, contre qui il se bat aujourd’hui.

Qu’est-ce que l’UFR ?

L’Union des forces de la résistance regroupe huit mouvements armés qui opèrent à la frontière tchado-soudanaise. Il n’a pas été facile de fédérer ces groupes car, comme toujours, le chef est contesté. C’est le cas aujourd’hui de Timane Erdimi, le président de l’UFR. En effet, il y a eu en mai dernier des combats assez violents (dans la ville d’Am Dam, à l’Est du Tchad, ndlr) qui n’ont pas été bien gérés. Ca a créé un mouvement d’humeur parmi les troupes, mais pas de scission.

Quelles sont les revendications de l’UFR ?

Il n’y en a pas. L’objectif est de faire partir le général Déby du pouvoir car on estime qu’il est illégitime. Il a violé la Constitution après que ses deux mandats ont expiré (le président a modifié en 2005 le texte constitutionnel pour lui permettre de briguer indéfiniment la présidence, ndlr). Il a commis beaucoup de crimes et d’assassinats d’opposants. Donc notre volonté est clairement de le faire partir ou de refaire un gouvernement de transition dans lequel il aurait un rôle limité et serait sous contrôle de l’ensemble de la classe politique. Cet objectif général est partagé par les huit groupes de l’UFR. Mais le drame avec les Tchadiens est que plus ils sont d’accord sur le plan politique, plus il leur est difficile de s’organiser ! Les mouvements ont pour la plupart des bases ethniques donc il y a entre eux des problèmes d’honneur, de bienséance… Le moindre incident prend vite une importance disproportionnée par rapport aux enjeux politiques. Et il y a aussi des querelles de leadership. Mais, pour une fois, sur le plan des idées, les groupes armés comme l’ensemble de la population tchadienne sont d’accord pour qu’il y ait un changement. Il faut réorganiser l’armée, établir un Etat de Droit, qu’il n’y ait pas l’ethnie du président qui domine toutes les autres.

Quelle est la stratégie de l’UFR pour renverser Déby ?

La lutte militaire et la pression diplomatique. On se fait régulièrement rappeler au bon souvenir du gouvernement par des opérations militaires et, en même temps, on mène des offensives diplomatiques en essayant de mobiliser la communauté internationale, l’Union africaine et les pays voisins par des propositions de conférences de paix pour sortir avec un compromis.

Avez-vous des enfants soldats dans vos rangs ?

Non. Ce bruit que fait courir le gouvernement est une arme politique. Tant qu’on se prépare aux combats, personne ne dit qu’il y a des enfants soldats dans nos rangs. Mais dès qu’il y a des combats, le régime exhibe des enfants en disant que ce sont ceux de la rébellion ! On a ouvert nos camps aux journalistes, et on a même demandé à l’Union africaine de venir inspecter nos troupes. Ils n’en ont pas vu.

Donc vous dites qu’il n’y a aucun enfant soldat dans vos rangs ?

Evidemment, il peut y avoir le cas de garçons qui mesurent 1m75 et qui disent qu’ils ont 19 ans alors qu’ils en ont 16… Mais il faut savoir qu’il y a des enfants en armes, même dans des camps de réfugiés. Les forces des JEM (rebelles soudanais soutenus par N’Djamena et qui visent Khartoum, ndlr) qui sont au Tchad, d’où viennent-elles ? Des camps de réfugiés ! Recrutés, formés et équipés au Tchad.

Quand les FUC se sont ralliés au gouvernement en 2007, il y avait quelque 370 enfants soldats en leur sein…

Toutes les forces des FUC étaient des novices. Elles se sont constituées à la suite d’un recrutement massif réalisé en très peu de temps. Vous savez, il y a aussi un aspect culturel lié à la définition de l’enfant. En France, on est majeur à 18 ans. Chez nous, dans les zones rurales, le passage à l’âge adulte n’est pas lié à l’âge mais à la circoncision, entre 14 et 16 ans. Pendant la cérémonie, on reçoit un turban, un javelot, un couteau et on annonce à tout le monde qu’on est un homme. Les enfants, de par leur rôle dans la société, ne sont donc pas des enfants. Et ça marche à l’inverse pour les femmes : la femme n’est réellement majeure qu’après la ménopause, quand elle ne peut plus faire d’enfant. Malgré cet environnement culturel, on a adhéré aux conventions internationales : au sein de l’UFR, il faut prouver qu’on a plus de 18 ans. Mais souvent, il faut donner foi à la parole du candidat.

Après les derniers combats de mai 2009, quel est l’état militaire de l’UFR ?

Après la bataille d’Am Dam, on a perdu 10% de notre capacité matérielle et 20% de nos hommes. Pas mal de combattants ont été découragés et se sont ralliés au gouvernement (qui offre depuis mai une prime de 400 000 francs CFA à tous ceux qui acceptent de déposer les armes, ndlr). Pour des groupes de lutte de style guérilla, ce nombre n’est pas important. Dès le départ, nous n’alignons que 5000 à 6000 hommes quand l’armée d’en face en a 40 000 et a des avions ! Dans le type de conflit que nous menons, ce n’est pas disproportionné.

Mais la suprématie aérienne de l’armée nationale tchadienne vous empêche désormais de prendre N’Djamena (qui est tout à l’ouest du Tchad) par la route, comme vous aviez déjà tenté de le faire en février 2008…

La suprématie aérienne ne nous gène pas tant en tant que puissance de feu – nous avons des armes antiaériennes - que parce que les Français, officiellement neutres, mettent leur matériel aérien d’écoute et d’observation au service de Déby. On pense aussi que les Français aident aussi l’ANT (armée nationale tchadienne) dans le calcul des angles de tir, dans la formation, le soutien logistique, le transport de blessés, etc. Si, jusqu’à présent, Déby a réussi à s’en sortir malgré les tentatives de coup d’Etat, c’est grâce à son joker français.

Et-ce que les responsables de l’UFR ont des contacts avec les affaires étrangères en France ?

Officiellement non. Mais disons que les points de vue circulent… Et quand il y a des combats, il y a des contacts. Ne serait-ce que pour qu’on sache où sont les expatriés, pour qu’on évite de les prendre pour cible. On évite de toute façon au maximum de combattre dans les centres urbains. On est certes entré à N’Djamena en février 2008 mais parce qu’on pensait que, comme on avait cassé le dernier cordon de l’armée à 70 km de la capitale, on avait gagné. Et c’est justement parce qu’on pensait avoir gagné qu’on a perdu. On s’est laissé aller à des discussions interminables, dans des AG, pour savoir qui allait être président. Et on n’a pas réussi à se mettre d’accord ! Une des leçons qu’on a tirées, c’est la mise en place de l’UFR en janvier 2009 avec la désignation d’un Etat-major, d’un président, d’un vice-président… On a un gouvernement de l’ombre, avec un bureau exécutif.

Quel est projet votre politique pour le Tchad ?

La situation est tellement catastrophique qu’on n’a pas besoin d’avoir un projet. Il y a deux impératifs : le premier est l’égalité des citoyens devant la loi et l’administration, pour qu’on cesse de donner des privilèges en fonction de l’origine ethnique. Le second est que si quelqu’un détourne de l’argent, enlève un opposant, le tue, enlève une fille (dans les zones rurales, les fidèles de Déby pratiquent une sorte de droit de cuissage), il doit être jugé. On est en Afrique, donc les gens comprennent qu’il y ait un peu de corruption, de tripatouillage. Mais que le président, sa famille et ses affiliés soient au-dessus de la loi, que leurs gens pillent ouvertement les biens de l’Etat, vendent des sociétés nationales et jusqu’aux véhicules de fonction… Bref, que les responsables de violations des droits de l’Homme et de détournements soient poursuivis et sanctionnés, ce sont les deux principales revendications. Le reste, la démocratie, le régime présidentiel ou bicaméral, ça nous vole au-dessus de la tête. Les besoins sont basiques.

Quels sont vos liens avec le Soudan ?

Pour tous les mouvements de guérilla, la réponse côté cour est nous sommes des révolutionnaires, nous nous alimentons sur les prises faites sur l’ennemi. Côté jardin, nous avons deux types de force : des forces de type guérilla, dans les régions de Salamat et de Dar Sila, dispersées à l’intérieur du Tchad dans des zones difficiles d’accès, qui n’ont pas ou peu de logistique et vont à pied, à cheval, en chameau et qui vivent sur la collecte auprès de la population… Nous avons aussi un groupe de type classique, avec une armée mécanisée, basée à la frontière soudanaise, qui mène les actions les plus spectaculaires. Cette branche-là est financée par les Soudanais.

Quel est l’intérêt du Soudan ?

C’est lui qui a permis à Idriss Déby de prendre le pouvoir depuis le Darfour avec le soutien de la Libye et de la France, en 1990. Mais Déby s’est mis, après pas mal de rebondissements, à soutenir les rebelles soudanais. Et donc, par réaction, le Soudan a armé l’opposition tchadienne. Les Soudanais ne nous ont cependant jamais poussés à prendre le pouvoir. Leurs rapports avec nous sont assez distants. Ils nous soutiennent quand Déby donne beaucoup d’aide aux JEM (rebelles soudanais soutenus par N’Djamena et qui visent Khartoum, ndlr) pour les attaquer. Et ils arrêtent leur soutien en fonction de leurs rapports avec Déby.

L’UFR recrute-t-elle en ce moment ?

Il n’y a plus de recrutement depuis plusieurs années. Les gens affluent d’eux-mêmes, et en grande partie ce sont des gens qui désertent l’armée et nous rallient en plein combat.

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 22:10

16 février 2010
Les Afriques


Chacun ayant démontré à l’autre sa capacité de nuisance, c’est désormais l’équilibre de la terreur entre Deby et Bechir.

Une branche d’olivier ! Une colombe ! Le président tchadien Idriss Deby Itno n’a pas fait dans l’originalité pour un voyage historique au Soudan voisin. L’ancien commandant en chef des Forces armées du nord de Hissein Habré, ci-devant général de corps d’armée, est devenu colombe tendant une branche d’olivier à son ennemi juré soudanais Omar el-Béchir.

Annonce-t-il la fin du déluge à Noé en son arche ? L’arche, Noé presque Zoé, le souvenir ne doit pas être pourtant agréable. Mais il est vrai que dans l’islam qui unit les deux protagonistes, Mahomet recommande selon unehadith, le récit de ses compagnons, « Consommez de l’huile (d’olive) et frottez-vous en le visage, car elle provient d’un arbre béni ».

Le premier signe de rupture significatif est que les deux pays n’ont eu, cette fois, besoin de personne. Ce sont leurs intérêts bien compris qui les ont motivés.

La fin du déluge est loin d’être acquise malgré la volonté des ex-amis de pacifier leur frontière longue de 2000 km qui sera difficile à sécuriser. Les deux pays vont affecter une force mixte de trois mille hommes à cette tâche. Ce n’est pas gagné. On se demande d’ailleurs pourquoi Deby se prive de l’appoint de la force d’interposition onusienne dont il exige le retrait. A Doha, à Tripoli, à Dakar, les deux hommes avaient déjà signé des accords. Avec inéluctablement le même résultat. A peine l’encre avait-elle séché que les engagements étaient foulés aux pieds. Celui signé le 3 mai 2009 à Doha, était ponctué dès le lendemain par des affrontements entre l’armée tchadienne et les rebelles. L’accord signé à Dakar de mars 2008 avait tenu un peu plus. Quelques mois, avant que l’opposition tchadienne ne conduise un raid qui n’échouera qu’aux portes de Ndjamena.


Rupture

Le premier signe de rupture significatif est que les deux pays n’ont eu, cette fois, besoin de personne. Ce sont leurs intérêts bien compris qui les ont motivés. Le premier séjour depuis six ans du président tchadien ponctue un processus entamé en octobre 2009 pour aboutir le 15 janvier dernier à la signature d’un accord de normalisation et d’un protocole additionnel de sécurisation des frontières.

L’accord s’est fait sur le dos des rébellions dans les deux pays. N’Djamena somme les rebelles soudanais de quitter son territoire le 21 février prochain au plus tard. Khartoum offre aux rebelles tchadiens de « se rallier à N’Djamena ou partir ».

La paix enfin, ou, à tout le moins, la fin de la belligérance. Le temps est venu d’avaler les rancœurs. Le Soudan qui a porté Deby au pouvoir en 1990 avec la complicité passive de la France, qui a refusé à Habré les renseignements qui lui auraient permis de frapper les colonnes de Deby, et qui n’a jamais avalé l’oubli de Deby. Oubliant peut être que celui-ci n’avait guerre le choix et ne pouvait, devant les exactions contre les siens au Darfour, que leur offrir gite et armes. Béchir a commencé alors à faire pour les ennemis de Deby ce qu’il lui avait fait pour lui, contre Habré. Sauvé de justesse par la France, Deby a montré qu’il pouvait en faire de même et a porté une colonne de rebelles jusqu’aux portes de Khartoum. La paix signée est donc d’abord un équilibre de la terreur. L’efficacité de l’arme de la rébellion éprouvée, il s’agit de ne plus y recourir. C’est la bombe nucléaire des pauvres. Elle ne doit plus que dissuader, ne jamais servir donc.


Motivation supplémentaire

Les préoccupations internationales constituent une motivation supplémentaire. La fameuse communauté internationale dans sa nouvelle version pour l’Afrique, la Cour pénale internationale. Avec des législatives cette année et une présidentielle en 2011, Deby ne veut pas risquer de fournir quelque grief, une répression qui tourne mal par exemple, et de conduire la CPI à s’autosaisir.

Béchir a déjà maille à partir avec elle. Ses élections générales en avril et surtout le référendum d'autodétermination du Sud en janvier 2011 suffisent à sa peine. Mais aucun des deux hommes n’a toutes les cartes en main. Les capacités des rebelles à faire le dos rond, à trouver d’autres alliances rouvriraient des plaies encore trop récentes pour ne pas nourrir la suspicion et relancer, le cas échéant, les hostilités entre les deux hommes forts, qui mettent leur sécurité propre au dessus de toute autre considération, y compris l’accord qui vient d’être signé.

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 21:53

16 février 2010
ANR

L'opposition tchadienne doit gagner la bataille de la morale

Quand on accepte de fournir des services douteux contre de l’argent, cela s’appelle de la prostitution. Certes cela présente l’avantage de gagner de l’argent facilement et rapidement, mais il faut satisfaire les caprices du client et obéir à son souteneur. Le client est, par définition exigeant et volage, et le souteneur vous abandonne dés qu’il a trouvé des « gagneuses » plus efficaces.

C’est exactement ce qui arrive aux opposants/businessmen. Ayant vendu leurs atours à tous ceux qui voulaient d’eux, ils s’étaient habitués au luxe et à l’argent facile. Mais leurs clients et leurs souteneurs, pourtant peu difficiles et bien peu délicats, ont fini par s’apercevoir qu’ils ne rendaient pas les services promis.

Depuis quelques semaines, les opposants/businessmen connaissent la déchéance des prostituées sur le retour. Eux qui ont confisqué à leur profit la rébellion tchadienne, eux qui ont abandonné les soldats honnêtes à la faim et au danger, eux qui ont trahi l’espérance du peuple, les voilà rattrapés par leur passé de mensonges et de rapines.

Familiers des plus belles villas de Khartoum, les voilà maintenant parqués dans des baraques d’où ils partiront bientôt pour la Libye, essayer de se vendre à Deby une fois de plus. Mais le tyran sait que la valeur marchande de ces individus est nulle, pour ne pas dire négative, tellement leur image de marque est mauvaise. Pourtant, après maintes humiliations, Deby finira par les accueillir, car il a tout intérêt à présenter ces vendus comme les « dignes » chefs de la rébellion. Ces ralliés vont déconsidérer, comme d’habitude, l’opposition et désespérer un peu plus les Tchadiens, qui auront du mal à croire qu’il existe une alternative au système debyque.

Quelques semaines après leur ralliement, Deby va les éliminer et c’est justice. Ce qui est étonnant, c’est que le même mécanisme se répète depuis 20 ans et que le nombre de candidats à l’essorage debyque ne faiblit pas. Deby génère une telle gangrène morale qu’il fabrique des traitres et des idiots à la chaine.

Cette pourriture de l’esprit et du cœur constitue le plus grand danger pour notre pays car ces cellules cancéreuses bouffent toute l’énergie du Tchad. Elles se nourrissent de tout ce qui est propre, de tout ce qui est sain, de tout ce qui est bon, pour assurer leur croissance.

Voilà pourquoi l’opposition doit gagner la bataille de la morale et de la conviction. Deby se maintient au pouvoir en faisant croire au peuple que tout est pourri et qu’il n’existe aucune autre solution que le cynisme et la corruption. Nous devons au contraire, démontrer par notre attitude, qu’il existe de la générosité, de la grandeur et de la fraternité dans toutes les couches de la population tchadienne.

Il ne faut pas croire que Deby est fort militairement. Il a été mis en sérieuse difficulté chaque fois que quelques centaines d’hommes déterminés l’ont attaqué. Bien sur il a bénéficié du soutien honteux de la puissance coloniale, mais il s’en est surtout sorti car les opposants/businessmen n’ont jamais eu le soutien du peuple qui voyait en eux d’autres Deby en puissance.

Un héros révolutionnaire, disait Saint Just, « est un héros de bon sens et de probité » , d’ailleurs, grâce à ces deux termes inconnus de Deby et de ses clones, la révolution française a eu lieu. L’ANR et ses alliés ne roulent pas sur l’or, ils n’obéissent pas à des puissances étrangères, mais à des principes simples : l’amour de leur pays, le respect de l’autre et une bonne dose de réalisme.

Pendant des années on nous a raillés, moqués et vilipendés. Pourtant nous avons continué notre route avec une invincible patience car nous sommes sur de vaincre. Nul ne peut s’opposer indéfiniment au peuple.

Oui nous allons chasser Deby et renverser cul par-dessus tête tous ces vampires qui se repaissent de notre sang. Car le jour se lève toujours, même après la plus sombre nuit. La vie triomphe après la mort la plus atroce, et nul dictateur ne peut emprisonner longtemps l’espérance.

Oui, nous allons renverser Deby, même avec nos mains nues, mais pour cela, il faut que chacun s’y mette.

Tchadiennes, Tchadiens, battez vous, chacun à votre place, chacun avec ses moyens, chacun avec ses idées et rejoignez l’ANR, le parti du renouveau !

anr.tchad@gmail.com

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