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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 21:43

17 février 2010
Makaila Nguebla

Bangui: Plusieurs commerçants tchadiens interpellés par les services de renseignements

Selon une source proche de l’opposition tchadienne qui a joint dans la journée la rédaction du blog, plusieurs commerçants tchadiens vivants à Bangui (RCA) sont interpellés par la police centrafricaine.

Il s’agit de :
-
  *     
Elhadji Ibrahim Lawane ;
  *    
Elhadji Moussa Ahmat ;
  *     Elhadji Abdallah Moussa ;

A l’heure où nous rédigeons  cette dépêche, ces paisibles citoyens tchadiens sont  détenus dans les locaux des services de renseignements centrafricains et risquent d’être extradés vers le Tchad où l’Agence Nationale pour la Sécurité (ANS), police politique du régime Deby , les attend de pied ferme.

Il convient de rappeler que  ces derniers temps, nous assistons à un  travail de coordination des actions  entre les services de renseignements tchadiens et centrafricains qui procèdent à des arrestations arbitraires d’opposants hostiles à Bozizé et Deby.

C’est ainsi que le Général Baba Laddé était tombé dans un traquenard, l’année dernière puis extradé sur Ndjaména et dont personne n’a des nouvelles  de lui. Il en est de même pour l’opposant centrafricain Charles Massi, arrêté au Tchad et remis aux autorités de Bangui, et dont le sort réservé a été tragique.

Pour les opposants tchadiens et centrafricains, Bangui et Ndjaména sont devenus des zones à hauts risques et infréquentables.

Ces arrestations récurrentes interviennent  alors que le régime tchadien par la voix d’Idriss Deby prétend appeler au dialogue l’opposition armée tchadienne.

Quelle ambivalence et décalage dans les déclarations et les actes du régime en place au Tchad ?

Le pouvoir d’Idriss Deby est trahi généralement par sa mauvaise foi qui caractérise son bilan de vingt  (20) de règne autoritaire similaire à des régimes d’exceptions qui se sont succédés dans le pays.

Par ailleurs, nous rappelons aux autorités de Bangui qui assurent le rôle de suppôt au régime Deby, qu’elles seront tenues responsables des dérives liberticides qui se déroulent au Tchad avec leur complicité engagée.

Nous demandons aux organisations centrafricaines de défense des droits de l’homme et aux autres structures au plan sous-régional et international d’intercéder auprès du Gouvernement de Bangui pour empêcher toute extradition vers Ndjaména de ces paisibles citoyens tchadiens dont le simple tort est de vivre hors du pays.

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 23:20

12 février 2010
Makaila Nguebla


ASSILECK
Mahamat Assileck Halata, Tchadanthropus.

Le réchauffement des relations entre le Tchad et le Soudan, continue à susciter à travers des médias des réactions contrastées dans les rangs de l’opposition tchadienne aussi bien sur place qu’en exil.

Ce matin, les auditeurs tchadiens et soudanais ont dû suivre sur Rfi à l’émission «  Appel sur l’actualité » de Juan Gomes, M. Mahamat Assileck Halata qui dirige le site en ligne « Tchadanthropus ».

M. Assileck est  intervenu pour revenir sur la normalisation des relations entre Ndjaména et Khartoum,marquée symboliquement par la visite du dirigeant tchadien Idriss Deby arrivé personnellement dans la capitale soudanaise pour sceller la réconciliation.

Mais de l’avis de l’opposant tchadien Assileck Halata, rien ne garantie la solidité absolue d’un tel accord sans fondement ni volonté réelle du régime tchadien de faire la paix avec Khartoum en occultant l’opposition armée tchadienne qui, à maintes reprises en a exprimé sa disponibilité à une approche négociée du différend politique tchado-tchadien.

M. Halata estime que les échéances électorales au Tchad et au Soudan, seraient, selon ses analyses de la situation à la base de ces négociations entre les deux pays qui souhaiteraient que ces élections se déroulent dans un climat apaisé rassurant la communauté internationale et les partenaires au développement.

Du point de vue de M. Assileck  que   les deux régimes ont intérêt  de faire semblant de normaliser leurs relations alors que sur le terrain les choses se passent autrement.

Par ailleurs, M. Mahamat n’est pas passé par le dos de la cuillère pour incriminer Ndjaména pour son soutien continu au principal groupe du Darfour notamment le MJE du Dr Khalil Ibrahim, véritable poison et abcès de fixation du régime de Khartoum.

Pour M. Assileck, tant que le MJE bénéficie de l’indéfectible appui militaire, politique et diplomatique des autorités tchadiennes dans leur composante globale, aucun accord de paix n’aura un contenu sérieux et respecté par toutes les parties concernées par ces conflits qui sévissent dans la sous-région.

Aussi, ajoute-il, que les rebelles tchadiens, le régime soudanais et tchadien y compris les groupes rebelles du Darfour sont bien conscients de la fragilité des accords signés et paraphés ici et là par Idriss Deby et Oumar Hassane El-béchir qui ne sont jamais allés aux bouts de leurs logiques de ramener la paix d’abord à l’intérieur de leurs propres pays à travers des concertations nationales consensuelles et acceptées par tous.

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 22:42

11 avril 2000
Daniel Bekoutou


Exercer le métier de journaliste en Afrique, c'est choisir de traverser un champ de mines à minuit. Cette boutade d'un confrère italien, loin de son caricature simpliste, réflète, en réalité, tous les risques auxquels sont exposés, au quotidien, les journalistes africains. Intimidation, destruction de matériels, arrestation arbitraire, menaces de mort, bref, tout un arsenal de terreur est mis en oeuvre par les régimes militaires (comme celui de Idriss Déby au Tchad) pour étouffer la presse indépendante. Celle qui, par sa liberté donne souvent une mauvaise conscience aux gouvernants.

Au Tchad, en effet, le professionalisme journalistique se paye parfois par un sacrifice suprêm: la mort. Le 1 Janvier1992. Maxime Kladoumbaye, journaliste à l'hebdomadaire N'djaaména-Hebdo, a été abattu par les agents de l'état. Une année après, Djérabé Déclaud conut le même sort tragique. Présentateur à la télévision (un média d'Etat), il a reçu deux balles dans le dos; alors qu'il venait de quitter les locaux de la télévision après avoir présenté la dernière édition du journal du soir. Bien d'autres ont été tués par empoisonnement (Néhémie Bénoudjita, brillant directeur de publication du journal Le Temps) ou injustement incarcérés (Coumbo Singa Gali, directrice de publication de l'Observateur et un autre confrère du même journal).

On le voit, même si elle prend souvent des formes insidieuses, l'élimination des journalistes au Tchad est en passe de devenir un fait banal impuni. Face à tous ces risques, à la fin des mes études en journalisme (Novembre 1994), j'ai décidé de m'installer à Dakar. Journaliste-reporter au quotidien Walfadjri, je m'occupais essentiellement des questions de droits de l'homme, d'environnement et de santé.

A 8000 km du Tchad, le Sénégal n'offre pas, pour autant, une garantie de sécurité pour le journaliste Tchadien que je suis. L'affaire Hissene Habré éclate en fin Janvier. Un tribunal Senegalais prit la decision exceptionnelle d'inculper l'ancien dictateur Tchadien, qui vivait à Dakar depuis dix ans déjà, de violations de droits de l'homme tel que la torture et la detention illégale de plusieurs centaines de gens. Mon enquête a permit aux organizations de droits de l'homme locales a établir les bases des charges contre Habré.

Pour les barbouzes de l'ancien président tchadien, M. Békoutou devient la cible à atteindre. Des coups de fils anonymes de menaces de mort ont été enregistrés à mon domicile et à la rédaction de Walfadjri. En substance, on m'a dit "tu dois assumer ton engagement dans l'affaire Habré jusqu'au bout." Pour des gens qui ont la gâchette facile, et dont leur performance criminelle est de notorieté publique (40.000 mort en huit ans de règne, 1982-1990), de telles menaces ne soufrent d'aucune ambiguité.

Mais quel a été mon crime? Peut-être, celui d'avoir oser publier un dossier dans Walfadjri (no 2360 du Mercredi 26 Janvier 2000) avec des révélations fort gênantes concernant la disparition de deux Sénégalais dans les prisons de Habré. Les autorités Sénégalaises n'étant apparemment pas informés d'un tel forfait, le journaliste Tchadien ne devait pas en faire mention dans la presse, au risque de mettre Hissene Habré et sa bande en mal avec un état généreux qui leur a accordé asile. Voilà pourquoi, à leurs yeux, je ne suis plus journaliste mais un "traitre Tchadien" ayant écrit des articles avec l'intention de nuire à Hissene Habré et ses partisans. Enfoncer des gens qui sont déjà dans de sales draps judiciaires.

Or, il ne s'agit ni d'une trahison ni d'un quelconque réglément de compte. La mort des Sénégalais, des Nigériens, des Camerounais, des Français ... sous ce régime tyrannique est un fait sacré, avéré. L'écrire est un devoir de vérité, une exigence d'honnêteté imposés par notre déontologie. Dire autre chose n'est que calomnie.

Par ailleurs, en tant qu'attaché de communication auprès des Ong, mon rôle a été de fournir aux enquêteurs certaines statistiques sur les crimes, des données relatives à la problématique de l'antagonisme ethnique au Tchad, des indications historiques du conflit armé, la recherche des victimes résidant à Dakar et les convaincre à poser plainte contre Habré. Ce travail a été réalisé dans la plus grande discretion, pour éviter de mettre la puce à l'oreille du Pinochet Africain. A défaut, l'oiseau pourrait s'envoler.

Mais, un jour avant le dépôt de la plainte (Lundi 24 Janvier), ma tâche s'est avérée plus difficile. Elle a consisté de convaincre les confrères de la presse locale et les correspondants des médias internationaux, friands de scoop, de différer la publication des articles concernant Habré au lendemain du dépôt de la plainte, c'est à dire le Mercredi 26 Janvier 2000.

Les journalistes ont mis l'information sous embargo, et la stratégie à fait mouche. Mercredi 26 janvier, vingt quatre heures après le dépôt de la plainte au tribunal hors classe de Dakar, la presse locale et internationale firent un tir groupé sur Habré. A la grande surprise de l'ancien dictateur et de ses affidés. Le réveil fut brutal pour eux; ils sentaient le sol se dérober sous leurs pieds. Le même jour (Mercredi), la justice Sénégalaise s'est déclarée compétente pour juger le dictateur. Pour parer à toute éventualité, il s'ensuivra une mesure conservatoire déployant les gendarmes au domicile de Hissene Habré.

Au regard des hostilités sucités par mes articles, et surtout les risques persistants d'atteinte à mon intégrité physique, l'Organisation nationale des droits de l'homme (Ondh) et la Fédération internationale des droits de l'homme (Fidh) ont organisé, de façon discrète, mon exfiltration de Dakar vers Paris.

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 21:47

12 février 2010
Alhadj Botouni ma sandouk


Nous venons d'apprendre par une source digne fois qu'il risque d'y avoir un rebondissement dans l'affaire de la disparition de IBNI Oumar Mahamat Saleh. En effet, selon la source,  le colonel Jean Marc MARILL actuel attaché de défense de l'ambassade de France au Tchad menace de donner sa version des faits. Pourquoi menace t-il de faire des révélations ? Sur le départ, il souhaitait malgré, un intense lobbyng à être maintenu à son poste qu'il occupe déjà depuis 5 ans. Ce poste ô combien convoité, ses prédécesseurs ne sont restés pas plus de 4 ans alors que lui en à fait 5 sur demande expresse de Idriss Déby lui même.  Entre temps, il ne s'est pas contenté de menacer. Il aurait déjà avancé des éléments assez précis pour être crédibles.

Il attribut sans réserve la mort de IBNI à Idriss Déby et son conseiller militaire français, le colonel Jean Marc GADOULLET. Ce dernier est un militaire français, ancien élève de l'école militaire interarmées de COËTQUIDAN  de la promotion VALMY 1988-1990. Il est chargé de l'encadrement de la DGSSIE (sécurité présidentielle) officiellement dans le cadre de l'accord de coopération militaire franco-tchadien.

Il dit en outre que la mort de IBNI n'a rien d'accidentelle. il serait mort parait-il pendant un interrogatoire musclé conduit par cet officier français et Déby sans donner beaucoup plus de précision sur le lieu et l'heure du décès. Ils (Déby et l'officier français) insistaient pour qu'IBNI signe des aveux mettant en cause  toute  la CPDC et Yorongar d'avoir conclus un accord avec les rebelles par son intermédiaire. Selon lui c'est la raison de l'acharnement des deux compères qui cherchaient un moyen de régler une bonne fois pour toute la question de l'opposition politique au Tchad.

En revanche pour son corps, il reste évasif  mais , laisse entendre qu'il ait pu les aider à faire disparaitre le corps et ce n'est pas la première fois que cela arrive en disant : Où est le corps de Abbas Koty ? Rappelons qu'il n'était pas encore en poste à l'époque de la mort de ce dernier qui remonte à fin octobre 1993. La rumeur à Ndjaména disait que le corps de Abbas Koty fut coulé dans de l'acide sulfurique. Même s'il n'y pas de moyens de vérifier la rumeur, au moins, la question de ce militaire en poste à l'ambassade peut en partie la confirmer. Et tout de même s'il balance ce genre d'interrogation, c'est qu'il aurait probablement lu les notes que lui ont laissé ses prédécesseurs.


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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 20:12

8 février 2010
Mahamat Assileck Halata

Arrivée au Soudan de l'un de plus grand criminel Africain:  Idriss Débyfole Itno

DEBY-20ELBECHIR-1-
Il ne faut rien attendre de cette visite, car elle ne reconcilie que l'abstrait, le mensonge, l'hypocrisie avec la démagogie. Les résistants tchadiens, les vrais, continueront la lutte jusqu'à atteindre les idéaux sublimes qui ont engendré l'essence des principes. Rien n'est fini, au contraire tout commence à point pour ceux qui, dans leur chair et dans leur sang ressentent les souffrances du peuple et son aspiration.



 

 

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 22:19

6 février 2010
Source: ANR


Procès Habré: Le Tchad propose 2 milliards de francs Cfa au Sénégal

Le Tchad a mis 2 milliards de Francs Cfa (3 millions d’euros) à la disposition du Sénégal pour l’organisation du procès de l’ex-président tchadien Hissène Habré, accusé de crimes contre l’humanité, a annoncé, vendredi, le ministre tchadien des Droits de l’Homme, Abderamane Djasnabaille.

« Le gouvernement a mis à la disposition de ce dossier Hissène Habré 2 milliards de FCfa. Nous attendons que le gouvernement sénégalais nous dise où il faut mettre cet argent », a affirmé à N’Djamena, M. Djasnabaille lors d’un point de presse, après une audience accordée à une délégation conduite par Me Jacqueline Moudeina, avocate des victimes.

« Le gouvernement tchadien soutient politiquement et diplomatiquement les victimes. Nous allons bouger à Dakar, Addis-Abeba et partout ailleurs pour que le jugement de Hissène Habré et ses complices soit effectif en 2010 », a-t-il assuré. Le porte-parole de Human rights watch, Reed Brody, a précisé que : « Le ministre nous a demandé de présenter la liste des anciens agents de la Dds (Direction de la documentation et de la sécurité) qui sont toujours dans l’administration.

« Nous ne voulons pas seulement que les victimes soient indemnisées, nous voulons aussi que les locaux de la Dds soient transformés en Musée en mémoire des victimes », a indiqué M. Brody. La France avait indiqué, mercredi, qu’elle était prête financièrement à prendre « sa part dans le soutien qui sera apporté au Sénégal » pour l’organisation du procès. « Nous souhaitons que ce procès puisse avoir lieu rapidement et dans de bonnes conditions », avait indiqué Bernard Valero du ministère des Affaires étrangères. Hissène Habré a dirigé, de 1982 à 1990, l’ancienne colonie française.

Installé à Dakar depuis sa chute, l’ancien dictateur est accusé de milliers d’assassinats politiques et de torture systématique. Il est poursuivi pour « crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de torture ».

En juillet 2006, l’Ua avait donné mandat au Sénégal de le juger. Mais ce procès n’a pas encore débuté.

 N'oublions pas que Deby a été le vrai patron de la DDS et le chef d'Etat Major d'Habré 

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7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 22:00

6 février 2010
Source: ANR


Anniversaire de la mort d'Ibni: le PS français exige la vérité

images.jpgLe Parti socialiste a réclamé aujorud'hui "que la vérité soit faite" sur le sort de l'opposant tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh, disparu il y a deux ans, et rappelé à Nicolas Sarkozy l'exigence de "vérité" qu'il avait formulée à son sujet lors d'une visite au Tchad en 2008.

"Le Parti socialiste demande que toute la vérité soit faite sur la disparition puis l'assassinat d'Ibni Oumar Mahamat Saleh", a indiqué le secrétaire national du PS à l'Europe et aux relations internationales Jean-Christophe Cambadélis.

L'impunité serait "inacceptable et constituerait un précédent dangereux", a ajouté M. Cambadélis, avant de demander "qu'une véritable commission d'enquête internationale soit mandatée", la commission d'enquête tchadienne "n'ayant pas pu éclaircir véritablement les conditions de cette disparition".

"La France veut la vérité et je ne cèderai pas sur ce point", avait affirmé Nicolas Sarkozy lors d'une visite au Tchad le 27 février 2008. "Le PS ne réclame rien d'autre que le respect de cette parole présidentielle et l'établissement de la vérité", a indiqué le PS.

Secrétaire général du Parti pour les libertés et le développement (PLD) et porte-parole de la coalition de l'opposition tchadienne, M. Ibni a été arrêté le 3 février 2008 à son domicile par des militaires tchadiens, après une attaque avortée de la rébellion sur N'Djamena. Une commission d'enquête a conclu que M. Ibni était selon toute vraisemblance "décédé".

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 23:31

1er février 2010
ANR: le Commandement


Depuis bien longtemps de nombreux opposants se reçoivent et se consultent sur l’avenir du Tchad. De toutes ces discussions parfois orageuses, parfois très constructives, nous avons tiré les premiers enseignements suivants :

Il faut accepter la vérité, le Tchad est une société violente. Depuis Tombalbaye tous les pouvoirs en place à N’Djaména se sont imposés par la force. Deby ne voulant pas partir, il sera donc déposé par la force.

Mais on ne peut plus se contenter de ce constat et il convient de tout faire pour que notre pays échappe à la malédiction de la violence et aux poisons de la division.

Remarquons d’abord que la prise du pouvoir par les militaires peut aboutir à la démocratie.

Cela a été le cas au Mali et récemment en Mauritanie et au Libéria. Mais puisque Paris est un élément clé du processus démocratique au Tchad, il est peut être utile de souligner que sans le général de Gaulle il n’y aurait point eu de 18 juin. Même le Maréchal de Mac Mahon a fini par laisser la place à la IIIème  République de Jules Ferry.

Ce petit rappel historique devrait servir à apaiser les bonnes âmes, toujours prêtes à servir la démocratie au Tchad, par tyran interposé. Un tel raisonnement aboutit à oser dire que Deby est un Président légitime, ce qui est véritable déni à la démocratie.

La première question à se poser n’est pas de faire partir Deby mais comment.

En aucune manière le despote et ses favorites ne doivent partir à cause d’une intervention étrangère. Secouer le joug de la tyrannie doit être un mouvement du peuple tout entier mais la mèche sera allumée par les militaires, il serait illusoire de penser autrement. La faute serait de ne pas se préparer à un tel mouvement.

Les militaires en question doivent être encadrés par des partis intègres dont les dirigeants ne se sont pas compromis auparavant dans des opérations douteuses et dont l’ambition, clairement affichée, est d’établir une vraie démocratie au Tchad. Mais il ne suffit pas que les militaires soient des démocrates,  il faudra aussi qu’ils soient bien réintégrés dans leurs grades et qualités ou bien recasés dans la vie civile après formation (police, gardiens de sécurité, participation aux troupes de maintien de la paix en Afrique, création de salles de sports et d’arts martiaux, correspondants de guerre, etc.) ou pour les moins jeunes qu’ils reçoivent une bonne pension pour services rendus à la Nation et puissent monter leur petite entreprise s’ils le souhaitent.

Une fois au pouvoir, il faut rétablir l’état de droit et la sécurité des biens et des personnes.

Un minimum d’infrastructures doivent être rétablies, les fonctions régaliennes de l’Etat doivent être assurées. Pour cela les ressources de l’Etat doivent être affectées à la société civile et non à des dépenses d’armement.

Aujourd’hui on peut se procurer un fusil d’assaut et des balles pour 30 euros. A qui peut on faire croire que des élections libres sont possibles avant d’avoir désarmé les milices publiques et privées ?

Un programme immédiat de réconciliation nationale doit être entrepris mais, comme l’a écrit Tchad Forum : « il n’y aura jamais de réconciliation sans la vérité et la justice. Ceux qui croient le contraire parient sur le mauvais cheval. J’ai envie de leur dire que la vérité apaise les consciences et la justice en guérit les plaies « .

Il faut tout de suite qu’une justice indépendante soit mise sur pied. Trop d’injustices ont été perpétrées pendant trop longtemps. Si les Tchadiens n’ont pas le sentiment rapide que les coupables vont être recherchés et punis selon la loi, il est à craindre que les vendettas s’enclenchent, créant un climat mortel pour une démocratie à créer.

Pour faciliter la transition, on retient que le Parti Libéral du Tchad tient beaucoup à un Ministère de la Paix et de la Promotion des Droits et Libertés,

C’est seulement lorsque ces conditions préalables de paix civile seront réalisées qu’il conviendra de laisser totalement la parole au peuple.

Toute autre attitude n’est que de la démagogie. Prétendre faire des élections aujourd’hui c’est en fait bourrer les urnes puisqu’il n’y a ni structure ni contrôle démocratique.

Raison de plus pour s’atteler à ce chantier essentiel dés le départ du tyran. Il faudra trouver une personnalité morale incontestée qui assurera le processus de transition et qui ne devra pas se présenter à l’élection présidentielle.

Deby a tout détruit, reconstruisons notre pays dans l’enthousiasme et la confiance.

L’ANR s’engage totalement dans cette volonté de recréer l’Etat pour en donner rapidement la conduite aux élus du peuple.

Avec un Etat rénové et impartial, les élections seront transparentes et les citoyens pourront contrôler le processus démocratique.

L’Union Africaine, l’union européenne, l’ONU, tous ceux qui ont un intérêt sincère à l’établissement de la paix au Tchad sont les bienvenus pour nous aider.

Mais il est bien entendu que la décision sera souverainement prise par les Tchadiens. Un Gouvernement provisoire sera formé qui devra organiser des élections.

Toutes les libertés civiques doivent être rétablies.

Des élections seront organisées sous le contrôle d’organismes internationaux neutres pour élire un Président de la République au suffrage universel. Une nouvelle Chambre doit être élue dans les deux mois qui suivent l’élection Présidentielle.

Tout cela et bien d’autres questions doivent être discutées entre nous.

Des offres sont faites à l’ANR pour qu’une table ronde se réunisse en Suisse afin que nous puissions nous entendre sur un programme de transition démocratique.

Nous remercions tous les responsables de l’opposition patriote, démocratique et sincère de bien vouloir prendre contact avec nous.

L’ANR accepte bien volontiers d’assurer le secrétariat nécessaire pour qu’une telle réunion se fasse.

Après, bien entendu, ce sera aux représentants du peuple tchadien de décider librement de leur avenir.

Tchadiennes, Tchadiens, participez activement à la reconstruction de notre pays en rejoignant l’ANR, le parti du renouveau.

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 23:06

2 février 2010
Source: ANR

Voici le communiqué du Ministère de la Défense français qui est tout fier d'indiquer qu'il instruit l'armée de répression debyque. Est ce que la notion d'honneur existe encore chez eux, comment peuvent ils ignorer ce que l'ANT fait au peuple tchadien ?

La force EPERVIER, pendant le mandat du régiment de marche du Tchad (RMT) de Noyon, a récemment mené trois détachements d'instruction opérationnelle (DIO).

60 élèves officiers d'active (EOA) tchadiens de la 23e promotion du groupement des écoles militaires interarmées (GEMIA) ont suivi ces DIO « combat débarqué » et « instruction tir ».

Lors de l'exercice de synthèse de ces DIO baptisé « manœuvre interarmées Kharnuk », les EOA ont réalisé, le dernier jour, un assaut héliporté sur l'école de Koundoul (20 km au sud de N'Djamena).

Le détachement français, composé de deux sous-groupements interarmes et d'un groupe d'appui mortier, a intégré les 60 cadets pendant toutes les phases de manœuvre offensive et défensive, de jour comme de nuit.

Pour les EOA tchadiens, ce fut l'occasion de participer en ambiance tactique à un poser d'assaut, des opérations héliportées (OHP), une évacuation sanitaire (EVASAN) par hélicoptère médicalisé et de voir se dérouler un appui feu réalisé par des Mirage F1.

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 22:38

23 janvier 2010
Source: ANR


Le Tchad objet d'un double enjeu

Depuis son accession à l’indépendance nominale en 1960, le Tchad n’a pas connu de paix. Dès 1965, des jacqueries paysannes au centre du pays ont donné naissance à des mouvements armés structurés ; la guerre aura duré plusieurs décennies avec des hauts et des bas, et en particulier avec les interventions militaires française et libyenne, l’enjeu principal étant le pouvoir dans la mesure où toutes les passations se sont faites par les armes. Depuis décembre 1990, date de prise du pouvoir par Idriss Deby, la démocratie a été proclamée. Le Tchad est donc censé enterrer définitivement les alternances politiques violentes. Or, plus que jamais, c’est le retour à la guerre.

Par M. Ibni Oumar Mahamat Saleh
Mathématicien et homme politique tchadien

Enclavé au cœur de l’Afrique, le Tchad compte environ 9 300 000 habitants pour une superficie de 1 284 000 km2. Pays de contrastes, on y distingue trois régions naturelles : la zone saharienne au nord, la zone sahélienne au centre et la région des fleuves au sud. La zone saharienne est constituée de la région du Borkou-Ennedi-Tibesti (BET). Elle couvre près de la moitié du territoire mais est largement sous-peuplée. Les trois derniers présidents sont issus de cette région : Goukouni Weddeye (1979-1982), Hissein Habré (1982-1990) et Idriss Deby (depuis décembre 1990). La zone sahélienne a été le lieu où se sont constitués les royaumes du Sahel (Kanem-Bornou, Baguirmi, Ouaddaï). Cette partie relativement très peuplée représente un peu plus de la moitié de la population totale. L’élevage constitue la ressource principale.

Enfin, la zone soudanienne située au sud du fleuve Chari d’où sont issus les premiers présidents :Tombal-baye Ngarta (1960-1975) et le général Félix Malloum (1975-1979). C’est dans cette zone, appelée autrefois « Tchad utile », que se cultive le coton et où de gisements importants de pétrole sont actuellement en exploitation (région de Doba).

Il est utile de rappeler que, contrairement à ce qui a été souvent dit, les frontières actuelles sont approximativement celles datant de la période précoloniale. D’où une interpénétration entre les différents peuples qui constituent le Tchad d’aujourd’hui.

On peut enfin noter que les frontières étaient sensiblement les mêmes que celles d’aujourd’hui. Celle du nord était entérinée en 1577 (lettre du sultan Mourad III à Idriss Alaoma). Les limites entre le Niger et le Tchad étaient définies par le traité de Shige (1578) signé entre les sultans du Bornou et du Kanem, même si elles ont été aménagées au XXe siècle pour laisser le Kawar au Niger. La frontière est, séparant le Ouaddaï du Darfour (Soudan), figurait déjà sur une carte de 1851, divisant certaines ethnies (les Massalit, par exemple). La frontière sud avec la République centrafricaine ne fait l’objet d’aucun litige.

Avant le XIe siècle, des relations existaient déjà entre le Tchad et la Libye à travers le Fezzan, et entre le Darfour (Soudan) et l’est du Tchad. À partir du VIIIe siècle, fuyant les persécutions des Mamelouks d’Égypte, d’importantes migrations arabes se sont développées en traversant le Soudan vers le Tchad. D’autres migrations ont atteint la région du Kanem dès le Xe siècle. Cette période a connu la constitution de royaumes islamisés du Sahel. Lors de la pénétration française à la fin du XIXe siècle, les royaumes du Sahel étaient des ensembles politiquement structurés, porteurs de civilisation et de culture communes et exerçaient une influence sur les actuelles régions du sud du pays. La résistance de ces royaumes au colonisateur (en particulier le refus de l’école française) a amené celui-ci à s’appuyer sur les premiers lettrés originaires du Sud pour son administration. Toutes ces données démentent le fait que le Tchad soit un État artificiel.

Les enjeux

Rattaché à l’arc camerounais, le Tchad, au cœur du continent africain, offre un double enjeu : un enjeu traditionnel, géostratégique, qui a recouvert des aspects différents tout au long des étapes qui ont marqué le XXe siècle, et un enjeu économique qui prend une importance particulière plus que jamais avec l’exploitation du pétrole.

L’enjeu géostratégique Le Tchad joue un rôle charnière dans la dimension tant Nord-Sud qu’ Est-Ouest. Traversé par la bande sahélienne où la culture arabo-musulmane est présente, le Tchad est une terre de transition marquée par l’islam où se mêlent des influences culturelles occidentales et orientales. Dès 1965 s’est déclenchée une guerre civile qui va déchirer le pays pendant plus de trente ans et qui se réactive aujourd’hui de façon vive. Le monolithisme politique, si opposé à la diversité inhérente à l’histoire du pays, imposé par Tombalbaye en 1962, a suscité des conflits internes violents, exacerbés par des interventions extérieures, directes ou voilées, de la France, des États-Unis, de pays africains frontaliers, en particulier la Libye (qui avait occupé la bande d’Aozou), mais aussi le Soudan, le Nigeria et même l’ex-Zaïre non frontalier.

Fragilisé pendant les années 70-80 par l’expansionnisme libyen et par les interventions du Soudan, le Tchad a été toujours perçu historiquement par la France comme un territoire militaire, une sorte de verrou qu’il faut absolument contrôler, quel que soit le prix des déchirements internes. Cette conception se traduit par un engagement quasi constant de l’armée française au Tchad où elle a même administré jusqu’en 1964 (soit quatre ans après l’indépendance) la région du Borkou-Ennedi-Tibesti.

Depuis les années 60, les clivages Nord/Sud n’ont cessé de s’accentuer et se sont même amplifiés depuis que le pouvoir central est entre les mains d’originaires de la région du BET, peu soucieux d’établir des structures étatiques viables.

L’effondrement de l’empire soviétique et la fin du conflit Est/Ouest ont réduit l’importance de la donne libyenne. Principale cible des États-Unis en Afrique, la Libye, par son action déstabilisatrice sur le continent, faisait le jeu du camp soviétique. Plusieurs experts du camp de l’Est avaient été faits prisonniers lors de la guerre au nord du Tchad. Aujourd’hui, en raison de la nouvelle donne internationale, le Tchad n’est plus conçu comme un simple rempart contre les menées de la Libye en Afrique subsaharienne. La donnée soudanaise a pris de l’ampleur depuis l’avènement du régime islamiste en 1989.

 L’enjeu économique Si, depuis toujours, le Tchad, compte tenu de ses ressources géologiques, est supposé receler de l’uranium et autres minerais stratégiques, c’est le pétrole qui constitue l’enjeu économique principal de l’heure.

Avec la mise en exploitation du pétrole et les perspectives prometteuses à venir (découvertes de gisements plus importants que ceux de Doba dans la région du Mandoul), les demandes de plus en plus fortes à l’échelle mondiale sur le plan énergétique (Chine, pays émergents…), on peut croire que l’importance géostratégique prendra un sens plus important.

Les facteurs de la guerre

La crise de l’État, dès le début des années 60, résulte de sonincapacité à créer un sentiment d’unité, à instaurer la justice, à garantir la paix et la sécurité intérieure. En effet, l’héritage colonial d’un État fortement centralisé d’où certains citoyens se voient exclus, laissant transparaître une monopolisation du pouvoir par certains groupes, a accéléré la crise. Les tentatives de création d’un parti unique, justifiées par la nécessité de réaliser l’unité nationale, ont produit l’effet contraire. Tombalbaye, artisan de cette démarche, a été très vite confronté à de crises graves dont les événements du 16 septembre 1963 à N’Djamena et ceux de Mangalmé en 1965, qui ont finalement conduit à la naissance du Front de Libération nationale du Tchad (FROLINAT) en juin 1966 à Nyala, au Soudan.

Finalement, le Tchad de 1960 à 1990 a vécu un système de parti unique, malgré le changement des régimes politiques. Cette forme de gestion de l’État a montré ses limites dans la mesure où, dès le lendemain des indépendances, des jacqueries paysannes ont donné naissance à des mouvements de contestation armés, qui ont vite fait basculer le pays dans la guerre civile. Cette dernière aura duré plus de trois décennies avec, comme conséquence principale, l’absence de développement du pays.

L’impasse politique dans laquelle Hissein Habré avait engagé le Tchad, doublée en matière économique de sa duplicité au détriment des intérêts français et ce malgré l’engagement militaire de Paris en sa faveur, ne pouvait être contrebalancé par le seul intérêt géostratégique qu’offrait le régime de Habré perçu comme le rempart à l’expansionnisme libyen, d’autant plus que la page du conflit Est/Ouest avec l’implosion de l’empire soviétique était définitivement tournée.

En décembre 1990, Idriss Deby prend le pouvoir avec l’appui du Soudan, de la Libye et de la France. Le point essentiel de ce changement a été l’annonce de sa volonté de démocratiser la vie politique du Tchad.

À l’épreuve de la démocratie : échec de la transition démocratique

La prise de pouvoir par Deby en décembre 1990 augure une ouverture politique qui a permis la création de plusieurs dizaines de partis politiques et d’associations de la société civile.

La Conférence nationale souveraine (CNS) a dégagé les grandes lignes de la future Constitution de la République. L’élément majeur, dans le cas du Tchad, est la limitation du mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable une fois, permettant ainsi de rompre avec le pouvoir personnel et les cycles de violence.

Après l’adoption de la Constitution par référendum le 31 mars 1996, le peuple a été sollicité pour des élections présidentielle et législatives. À ce niveau, il faut déjà souligner les fraudes et les manipulations qui ont permis à Deby d’être proclamé vainqueur à la suite d’un second tour.

Le rôle de la France dans ces fraudes et manipulations a été souligné et condamné par la majeure partie de la classe politique et de la société civile. En effet, un expert français, Jérôme Grand d’Esnon, proche de Jacques Chirac, a été dépêché pour encadrer le processus électoral . Des doutes planaient déjà sur la volonté de Deby d’instaurer une vraie démocratie au Tchad. Deby a bénéficié d’une occasion historique et d’un cadre favorable à la stabilisation du pays, mais hélas ! la dérive a commencé très vite : le système de prédation a été préservé, et aucune démarche de véritable réconciliation n’a été menée au niveau des couches de la population. Bien au contraire, ce sont la cooptation et la répression qui ont prévalu.

On assiste alors à un isolement progressif de Deby du fait des tentatives d’écraser toute opposition politique, entraînant un monolithisme de fait, des errements sur le plan sous-régional (Congo, RDC, RCA…), enfin le mépris proclamé de plus en plus face aux Tchadiens. En se mettant au service des aventures militaires de la Françafrique, la manne pétrolière en sus, Deby croyait dompter ceux des Tchadiens qui oseraient suggérer un infléchissement de son pouvoir vers plus de rationalité et de transparence.

La réédition à plus grande échelle des pratiques frauduleuses en 2001 et 2002 a totalement décrédibilisé le processus électoral, accentué les contradictions et conduit beaucoup de Tchadiens à ne plus croire en une alternance pacifique. Dans un pays comme le Tchad, où la tradition de conquête de pouvoir par les armes est établie, on a assisté à un renforcement des mouvements politico-militaires.

La volonté de Deby de se pérenniser au pouvoir par la modification de la Constitution pour lui permettre de se représenter à l’élection présidentielle en 2006 a sonné le glas de son système, qui a commencé à se craqueler dans le cœur même. C’est ainsi que, depuis 2004, des tentatives de coups d’État, suivies de défections massives au sein de sa garde présidentielle, l’ont isolé.

Responsabilité de la France dans le processus de retour à l’autoritarisme

À la lecture de toutes ces pratiques produisant un déficit démocratique transparaît déjà le rôle majeur de la France. Sa politique africaine a été toujours très sinueuse : fondée en théorie sur la légitimité du pouvoir et sur le respect de la souveraineté nationale. En théorie, car la pratique vécue au Tchad est loin des principes proclamés.

Citons Roland Marchal du CERI : « La France n’a pas eu une véritable politique d’aide, elle n’a pas travaillé à rompre ce cercle vicieux par lequel la transition politique n’existe que par la violence et de tout faire pour que le départ d’Idriss Deby du pouvoir se fasse dans les règles prévues par une Constitution légitime, au terme d’une consultation populaire respectant les normes internationales. Depuis 2003, du côté français, telle n’a pas été l’ambition, ni la pratique comme l’illustrent les déclarations de Xavier Darcos félicitant le président tchadien d’une réforme de la Constitution qui lui permettait de postuler une troisième fois, au poste de chef de l’État, et plus encore l’appui si clairement formulé à la récente élection présidentielle de mai 2006, caricature s’il en fallait encore, de ce qu’un vote truqué peut être. »

Il apparaît aujourd’hui au grand jour que l’on a affaire à un régime clanique qui a colonisé l’État dans ses moindres recoins (armée, douanes, impôts, régie de recettes…). Le soutien de la France à Deby, malgré cette situation, a été sans faille. Appui financier, appui politique et dissuasion militaire, tout a été mis en œuvre pour le soutenir et le maintenir au pouvoir. La cassure survenue au sein du clan depuis la fin de 2003 (décision du parti de Deby de modifier la Constitution en novembre 2003) a surpris la France, qui espérait pérenniser celui-ci avec l’appui de l’armée clanique.

Au-delà du Tchad, le régime Deby, par son rôle déstabilisateur, sert d’une certaine façon les intérêts français : les interventions militaires au Togo, en République démocratique du Congo ou en République centrafricaine où Bozizé a été porté au pouvoir en sont des illustrations.

Le mécontentement vis-à-vis d’Idriss Deby a commencé très tôt dans les années 90 et s’est radicalisé pour atteindre un point de non-retour lors du congrès de son parti, le Mouvement patriotique de salut (MPS), en novembre 2003.Avant même qu’il ne manifeste en 2003 sa volonté de se représenter pour un troisième mandat et de changer la Constitution, trahissant ainsi une promesse maintes fois répétée, de nombreux Zaghawa ont critiqué de façon acerbe Deby pour son incapacité à « partager », sa gestion dilettante de l’appareil d’État et son aveuglement politique parce qu’incapable de faire des compromis avec ses opposants. Deby mettrait ainsi en danger la pérennité des acquis zaghawa. En mai 2004, une tentative de coup d’État menée par la garde rapprochée du président est déjouée.La crise interne s’amplifiant, commencent des désertions tant dans les cercles dirigeants que dans la garde prétorienne du chef de l’État à partir d’octobre 2005 pour aboutir à la mise en place d’un mouvement rebelle dénommé le Socle pour le changement, l’unité et la démocratie (SCUD), qui deviendra le Rassemblement des forces démocratiques (RaFD).

Lorsqu’une colonne de rebelles tchadiens arrive aux portes de la capitale le 13 avril 2006, le président Deby dénonce une expédition menée par des mercenaires soudanais. C’est cette explication qu’il essaie depuis lors de faire prévaloir sur la scène internationale. Un observateur averti de la scène politique tchadienne a écrit : « Quelle population serait heureuse de conserver un dirigeant malade et usé par quinze ans de règne sans partage qui a réussi à cultiver l’impunité pour les siens, à laisser le Tchad au premier rang des pays les plus corrompus et les plus pauvres au monde ? Avec un tel bilan, on comprend pourquoi, faute d’oser prendre la mesure de l’opposition intérieure, Deby doit blâmer les mercenaires étrangers. La méthode, pour être simple, a plusieurs fois fonctionné en Afrique. »

L’irruption en février 2003 du conflit du Darfour sur l’actualité internationale a considérablement compliqué une lecture saine des événements du Tchad. À cause des relations transfrontalières, le fait que le régime soit dominé par les Zaghawa au Tchad a mis le pays de plain-pied dans le conflit !

Il faut souligner que le Tchad a tissé de multiples liens officieux et officiels avec la rébellion du Darfour. Officieux car, au départ, ce sont des proches du régime au niveau politique et militaire, tous issus du clan zaghawa (grand frère de Deby), qui ont mis à la disposition des rebelles hommes et matériels, surtout les fractions zaghawa de la rébellion.Ainsi, le premier commandant en chef des forces du MLS est un ancien de la garde de Deby. Le président tchadien, conscient du danger que cela représentait pour son pouvoir, a voulu jouer le jeu de Khartoum et ce jusqu’à mi-2004. Il a dû par la suite changer d’attitude. Le Soudan, jusque-là allié inconditionnel de Deby, a commencé à accuser ce dernier de jouer un double jeu. Les camps des opposants tchadiens sont ouverts au Darfour dès l’été 2004, et les moyens qui leur sont octroyés augmentent très nettement l’année suivante. Les défections zaghawa au sein de la garde républicaine éclairent la profondeur de la crise de régime au Tchad.Après cette date encore plus qu’avant, il s’agit pour le Soudan de briser ce qui constitue la seule carte militaire des insurgés au Darfour : la possible sanctuarisation du Tchad et la mobilisation guerrière transnationale efficace des Zaghawa.

Les fractions armées tchadiennes

De la déliquescence du Frolinat, au début des années 70, sous les coups de boutoir de l’armée française et de multiples divisions internes, naît un système de factions armées qui prolifèrent grâce aux interventions étrangères. Aussi, la lutte armée n’a jamais cessé même si elle est parfois de faible intensité.

L’opposition à Idriss Deby est ancienne. Elle s’est construite sur des critiques contradictoires de son comportement public et privé. Son reniement de la promesse faite en 2001, aux termes d’élections proprement calamiteuses, de ne pas se représenter a été un facteur majeur dans une sorte de prise de conscience que Deby ne partira du pouvoir que comme il est arrivé, c’est-à-dire par les armes. Les barons du régime qui espéraient alors le voir partir ont aussi adopté une position d’opposition ouverte.

Le 16 mai 2004, une tentative de coup d’État fomentée au sein de sa Garde républicaine a été déjouée de justesse. À partir d’octobre 2005, les défections des Zaghawa se multiplient et donnent naissance à plusieurs groupes armés réfugiés au Darfour, notamment le SCUD dirigé par Yaya Dillo, et le RDPJ d’Abakar Tollimi. Ce groupe issu du premier cercle Zaghawa a fondé le RaFD (refus en arabe) dirigé par un ancien directeur du cabinet civil du président Deby,Timan Erdimi.

Les mouvements armés d’opposition tchadiens sont nombreux et s’appuient généralement sur de groupes ethniques ou régionaux. Il en est ainsi du Mouvement pour la Démocratie et la Justice au Tchad (MDJT) des Toubous au Nord, du RaFD des Zaghawa à l’Est, la Concorde Nationale Tchadienne (CNT) des arabes à l’Est et surtout le Rassemblement pour la Démocratie et les libertés (RDL) des Tamas, qui après avoir fédéré certains mouvements avec le soutien de Khartoum, sous le nom de Front uni pour le changement démocratique (FUCD), s’est retrouvé aux portes de N’Djamena le 13 avril 2006. Deby a sauvé son siège présidentiel grâce à l’intervention militaire française dont la légalité est très contestable.

Depuis, une recomposition importante des politico-militaires s’est faite avec l’entrée en scène des vétérans de la lutte armée au Tchad : le Général Mahamat Nouri et Acheikh Ibn Oumar, tous deux anciens ministres. La constitution de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD) en octobre 2006 et son entrée en action avec la prise le 25 novembre d’Abéché, la plus grande métropole de l’est du Tchad semble constituer un tournant. Une alliance sur le terrain a aussi vu le jour avec le RaFD-CNT et le Front populaire pour la renaissance nationale (FPRN) du colonel Adoum Yakoub Kougou au dernier trimestre 2006.

Idriss Deby a alors cherché à convaincre l’opinion internationale que toute cette crise était en fait un complot des Arabes et des islamistes qui, après avoir pris le contrôle du Tchad et tout en y maltraitant les Africains, se précipiteraient vers le Niger et le Nigeria pour y remettre en cause les équilibres sociaux. Mais son incapacité à faire de compromis politiques, même avec l’opposition démocratique (la Coordination des partis politiques pour la défense de la Constitution – CPDC), sa logique de violence ont déjà permis à beaucoup d’observateurs (hormis les Français) de voir en Deby la source principale de la crise au Tchad et même de la sous-région.

Cette vision pose en elle-même plusieurs questions : les Arabes tchadiens qui représentent plus de 15 % de la population n’ont-ils aucun droit de contestation au Tchad sans être vus comme des mercenaires à la solde de la Libye un moment et maintenant du Soudan et de l’Arabie saoudite ?

Sans minimiser l’implication de Khartoum dans ce qui se passe au Tchad, une réponse au soutien de Deby aux rebelles du Darfour, le chef de l’État tchadien a aussi utilisé dans le passé une autre rhétorique : « Moi ou le chaos », formule à laquelle beaucoup de Tcha-diens, qui ne sont pas tous versés dans la politique, font écho par un « Moi et le chaos »…

CONCLUSION Aujourd’hui, la crise a atteint un seuil inégalé depuis plusieurs années. Avec la situation au Darfour, les deux crises s’alimentant mutuellement. Si, au Darfour, il y a l’accord d’Abuja, qui constitue un début de résolution de la crise, au Tchad, il n’en est rien.

Au contraire, c’est la rhétorique de mercenaires à la solde du Soudan qui a cours. Le soutien aveugle de la France aidant, aucun processus de sortie de crise durable n’est en vue.

La France instrumentalise la communauté internationale pour sauver Deby à travers une force onusienne au Tchad. Les tentatives françaises, toujours sous couvert de la communauté internationale, d’amener l’opposition civile, la CPDC en particulier, a composé avec Deby pour des prébendes semblent vouées à l’échec, car la population ne pardonnera pas ceux qui se prêteraient à ce jeu.

Aussi, la perspective prévisible est l’extension de la guerre de l’est au nord et au sud-est du pays, une guerre d’usure, ce qui ne sera pas à l’avantage de Deby, vu les multiples difficultés auxquelles il doit faire face.

À moins que, par un sursaut sans pareil, la communauté internationale n’impose à Deby un dialogue national inclusif réclamé par l’opposition démocratique, en l’occurrence la CPDC, la société civile et même les politico-militaires afin de mettre en place un consensus national, une transition et des élections réellement libres et démocratiques.


Ce texte provient des publications de la Fondation Gabriel Peri

Décembre 1990 : prise du pouvoir par le Mouvement patriotique du salut (MPS) de Deby. Naissance de mouvements armés : FAIDT (Front d’action pour l’instauration de la démocratie), MDD (Mouvement pour la démocratie et le développement) en 1991. CNR (Conseil national de redressement), CSNPD (Comité de sursaut national pour la paix et la démocratie), FNT (Front national du Tchad) en 1992. FARF (Forces armées pour la République fédérale), ANR (Alliance nationale pour la résistance) en 1994. MDJT (Mouvement pour la démocratie, la justice au Tchad) en 1998. ADR (Alliance des démocrates résistants) en 1999.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Tchad
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