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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 19:06

15 juin 2012
Juliette Abandokwe

 

 

"Les combattants Mboua Massok – Secrétaire général du NODYNA -, et Yon Daniel - militant - sont détenus depuis le 11 juin 2012 au groupement de gendarmerie, vers la direction des douanes à Douala." (SMS reçu aujourd’hui).


Mboua-Massok2-copie-2.jpgC'est dans des circonstances extrêmement électriques que le Combattant Agissant Mboua Massok a été interpelé lundi dernier 11 juin au niveau de l’axe Liberté, avec un de ses militants Yon Daniel, alors qu’il distribuait des tracts appelant ses compatriotes à la résistance. Ils auraient été arrêtés par la Brigade de Gendarmerie, et détenus non loin de la Direction des Douanes à Douala.

 

Poumon économique du Cameroun et des pays riverains enclavés, et traditionnellement premier fief de la grogne anti-Biya, la ville de Douala est sous tension depuis le début de la semaine. En effet, pour tenter d'enrayer la montée anarchique du « phénomène » des mototaximen, les autorités ont décidés de bloquer leur accès aux grands axes de la ville. Officiellement considérés comme une menace pour l’ordre public, ils représentent en vérité une masse populaire potentiellement non maîtrisable, et donc un gros danger pour le régime d’Etoudi qui a encore besoin de faire semblant de parfaitement contrôler la situation. Les grandes artères sont donc quadrillées par les forces de l'ordre, et le délégué du gouvernement, Fritz Ntoné Ntoné, a publié une liste de quartiers désormais interdits aux mototaximen. Ils n'ont droit de rouler qu’en périphérie dorénavant, ce qui correspond évidemment à une véritable déclaration de guerre. Une riposte a d’ailleurs été d’ores et déjà promise.

 

Des mesures clinquantes et démagogues qui ne font que simuler une résolution de symptômes d'un malaise profond et grandissant, et qui ne servent qu’à jeter la poudre aux yeux du peuple camerounais, comme d’habitude.  Dans un contexte où le taux de chômage, chez les jeunes particulièrement, est devenu un secret d'Etat tant il est scandaleux pour un régime « librement et démocratiquement élu », au pouvoir depuis 30 ans, le peuple Camerounais a une fois de plus la preuve que « son Choix » n’a jamais eu la moindre intention de travailler pour le bien de la Nation.

 

Paul Biya, locataire à temps partiel du 6ème étage de l’Hôtel Intercontinental de Genève, se montre une fois encore incapable de juguler une crise qu’il estime racailleuse et ponctuelle, alors qu’elle n’est qu’une manifestation des plus naturelles de l’absence d’avenir d’une jeunesse sans formation et sans emplois. A vrai dire, l’augmentation du nombre de mototaximen, alimentée par l’accès facilité aux motos chinoises inondant le marché camerounais, n’est que le signe d’une situation socio-économique qui s’aggrave exponentiellement. L’Etat n’arrive pas à gérer un problème qu’il a lui-même provoqué à travers une monumentale malgouvernance depuis 30 ans. La brutalité et la répression, seul langage qu’il connait et dont il use avec application, risque à tout moment de déclencher l’explosion d’une véritable bombe à retardement que le pouvoir cherche à présenter comme une simple crise sociale d’un instant.

 

S’étant appliqué pendant 30 ans à faire croire aux Camerounais qu’ils étaient bons à rien, profondément impotents et surtout superflus, Biya joue à l’autruche comme toujours, sautillant avec insouciance de crises en émeutes à l’aide de sa Brigade d’Intervention Rapide (BIR), qui n’est autre qu’un groupe paramilitaire de tonton-macoutes. Il fait semblant que tout va bien au Cameroun, mais sait parfaitement que sa démarche de gain de temps est très limitée et qu’il joue avec le feu au quotidien.

 

Aucune solution de rechange n’est donnée à des milliers de jeunes dont « le choix du peuple » Paul Biya confisque brutalement le revenu de survie, hypothéquant le droit à la vie tout simplement.

 

Camille Parfait Mboua Massok, la voix du petit peuple, est bien davantage qu’un combattant. Malgré les campagnes d’intimidation répétées du pouvoir dont il fait l’objet depuis des décennies, et les sarcasmes dont l’affublent certains de ses compatriotes en mal d'initiatives véritablement porteuses propres, il est devenu un mythe, l’expression de plusieurs générations, et donc d’une tranche importante de la population. Biya sait très bien que si d’aventure il osait toucher à un seul cheveu d’une telle icône, il le paierait très cher.

 

Les matraques et la barbarie du BIR, d’un système qui veut faire croire à un peuple entier qu’il est impuissant, ne peuvent rien dans une guerre d’usure où les esprits apprennent à s’émanciper au prix du sang.

 

Qui vivra verra.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
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