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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 19:31

15 septembre 2011
Juliette Abandokwe

 

 

Le procès de la légitimité ou non de la présence d’Alassane Dramane Ouattara à la tête de l’Etat ivoirien, ainsi qu’à son tour la légitimité ou non de la brutale désactivation de Laurent Gbagbo par l’armée française & co, fera sans aucun doute encore couler beaucoup d’encre. Néanmoins certains éléments méritent d’être rappelés pour tenter d’alimenter une réflexion à vocation évolutive sur un plan panafricain.

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSLTbh1Cswqqn7AXlhaYxyCTpdZe-yAOe6W5UtilRNEOIoH0SULYQCeux qui maintiennent jusqu’à aujourd’hui qu’Alassane Ouattara n’est pas un « usurpateur », ont des raisons diverses. Outre les considérations purement ethniques, donc pas très constructives sur le plan politique, certains invoquent notamment des preuves dans le passé de bonne gestion économique. Objectivement, ce genre d’argument mérite d’être approfondi et devrait être entendu et respecté si avéré. Car il s’agit bien d’une vérité universelle que de dire que l’Afrique souffre plus que jamais aujourd’hui d’une gestion abyssalement opaque, et de ce fait profondément destructive pour un continent qui ressemble de plus en plus à un champ de ruines fumantes. Néanmoins, un argument de bonne gestion, quelque soit son poids, ne peut pas être isolé du tableau circonstanciel dont il fera toujours naturellement partie.

 

C’est ainsi que, dans le cadre d’une profonde fracture dans le paysage sociopolitique de la Côte d’Ivoire, dès le 14 septembre dernier, à l’annonce du Prix Houphouët Boigny décerné à ADO par l’UNESCO,  certains manifestent leur désapprobation qualifiant la démarche de provocation, tandis que d’autres réagissent en traitant les premiers de fanatiques.

 

Pourtant, l’exclamation des premiers se fonde sur des éléments mûris au cours des derniers douze mois, dans l’observation de la situation particulière de la Côte d’Ivoire, et générale du continent africain depuis cinquante ans.

 

D'abord, de questionner la légitimité d’Alassane Ouattara, et de suspecter qu’il soit arrivé au pouvoir à travers d’autre procédés que le simple verdict des urnes, en mettant en doute des résultats dont la vérification demandée n'a pas été faite, n'est pas une preuve de fanatisme.

 

Ensuite, de désapprouver la décision de donner un prix qui se veut prestigieux, à un chef dont le problème de légitimité posé, non seulement par Gbagbo, mais par une masse non-négligeable d’Africains, n’est pas résolu à ce jour, n'est pas du fanatisme non plus.

 

De surcroît, la manifestation publique d'une désapprobation est un droit fondamental dans un pays démocratique. La qualifier de preuve de fanatisme constitue un acte de mépris, qui caractérise d’ailleurs ceux qui cherchent à prendre ou à garder le pouvoir en écrasant les contestataires quelque soit leur masse, dans l’ignorance totale des droits fondamentaux de la personne.

 

Usurpateur ou non, selon les nombreux témoignages ainsi que les différents rapports d'experts sur le terrain, Ouattara ne maitrise pas, et n’a d’ailleurs jamais maîtrisé, la brutalité de ses troupes. Néanmoins, de par sa responsabilité suprême, il est tenu de rendre compte personnellement, au minimum à la communauté qui l’a « librement et démocratiquement » élu, des diverses exactions arbitraires commises par ses employés, avant d’aller récolter en grande pompe, les récompenses fabriquées sur mesure par le mécanisme néocolonial en vigueur.

 

En fin de compte, par cette décision, l’UNESCO rappelle et confirme publiquement à titre posthume le lien partisan d’Houphouët Boigny avec la Françafrique en tant qu’homme de la France en Afrique, à travers l’instauration francophile d’un pouvoir personnel dont les abus sont répertoriés dans l’histoire de l’Humanité. Houphouët est l’incarnation d’un pouvoir fondamentalement non-démocratique, qui a été maintenu par la terreur de ses milices.http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcS0XUcDwpFcrnYYGvV5nYVGquezlDaJwoJ2muS1Tc29hGyo9-W0aA

 

En tant qu’illustre garant des intérêts français en Côte d’Ivoire et en Afrique, sa persécution il y a 40 ans d’un Gbagbo jugé subversif, prouve accessoirement à quel point l’UNESCO, censé promouvoir l’autonomisation des jeunes par l’éducation, en décernant ce prix à Ouattara, se décrédibilise aux yeux de nombreux humanistes et progressistes africains, en affichant un soutien inconditionnel à la politique de colonisation/recolonisation de la France en Afrique. Ce prix décerné à Ouattara, même s’il lui va bien paradoxalement, est bel et bien une provocation, et pour beaucoup même une insulte, envers les efforts, aussi hétéroclites et désorganisés soient-ils, de quête d’émancipation du peuple Africain. Il est avant tout un affront envers le peuple Ivoirien.

 

En ce qui concerne la réconciliation que demande désespérément la situation aujourd’hui profondément fracturée en Côte d’Ivoire, nous assistons malheureusement au bien médiocre effort de réhabilitation d’un homme, dont on ne cherche qu’à redorer le blason de « chef d’Etat ». Il ne s’agit que d’une simple façade justificative, érigée par ceux-là même qui, par la force, ont réussi à repositionner leur pion sur l’échiquier stratégique de leurs intérêts économiques africains.

 

Les graves problèmes éthiques qui entourent le pouvoir d’Alassane Ouattara aujourd’hui, ne pourront être masqués par des couronnes de lauriers, quelque soient leur parfum enjôleur. La mince couche de plâtre de la tentative de devanture s’effritera à la première occasion.

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29 août 2011 1 29 /08 /août /2011 21:45

29 août 2011
CameroonVoice

 

Tueries massives de Duékoué: Les auteurs sous la protection du régime

 

Pendant que des honnêtes citoyens ivoiriens sont jetés en prison, des chefs de guerre non nationaux ayant combattu aux côtés des Frci jouissent d’une impunité totale pour les crimes qu’ils ont commis avant, pendant et après la crise post-électorale. Les massacres de Duékoué et le pillage de la réserve du mont Peko pourraient rester sans suite. Enquête.

 

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT33PzmbtwL4u9WryM3sh2pa8S1iiKKH5MORQOl-iH7iHFjpD7TeQDans le département de Duékoué où des tueries massives à l’actif des forces militaires qui ont accompagné le candidat Alassane Ouattara au palais présidentiel ont été enregistrées, la crise post-électorale a laissé des traces indélébiles. Avant même l’enlèvement du président Gbagbo le 11 avril 2011, les organisations non gouvernementales (Ong) internationales des droits de l’homme ont dénoncé de façon unanime ces crimes contre l’humanité et appelé à la prise de sanctions contre leurs auteurs. Un scénario inimaginable aujourd’hui, vu qu’aucune procédure judiciaire ne vise à ce jour les éléments des forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), membres des Forces armées des forces nouvelles (Fafn) au moment des faits. Aussi les chefs de guerre, les com’zones dont un certain nombre ont été identifiés comme auteurs de crimes de sang, ont-ils été promus à des postes clés au sein de la nouvelle armée.

 

Sur place dans le département de Duékoué, la situation de terreur prévaut toujours. Les autochtones continuent de vivre à l’étroit, dépossédés de leurs terres, de leurs villages et martyrisés au quotidien par des hommes en armes qui occupent encore aujourd’hui, 5 mois après la fin des hostilités, la forêt du mont Peko et les sous-préfectures et villages environnants. 

 

Sous la pression des Ong internationales, des mesures ont été prises pour une meilleure sécurisation des populations de la région. Et l’Onuci s’implique dans l’assistance aux populations désoeuvrées et désorientées. Le 10 août dernier dans la sous-préfecture de Bagohouo, la mission onusienne a même initié une opération de désarmement des bandes armées qui pullulent dans la zone. Pour la première fois, à cette occasion, apparaissait au grand jour, le tristement célèbre Amadé Ouéremi dont la simple évocation du nom suffit pour faire fuir des villages entiers dans la sous-préfecture de Bagohouo située sur l’axe Duékoué-Kouibly.

 

Un semblant de désarmement

 

On pouvait, ce jour-là, faire des photos de lui sans perdre la vie ou, pour les plus chanceux, une oreille. Au grand étonnement des populations wê. Mais Amandé Ouéremi ne s’est présenté qu’avec 87 éléments sur le millier d’hommes qu’il compte dans ses rangs. Tous de nationalité burkinabé comme lui-même, ces hommes qui arborent fièrement le treillis n’ont déposé que 54 armes obsolètes. 35 fusils calibre 12, des obus de mortiers sans les mortiers eux-mêmes, deux AK 47 en mauvais état. Une mise en scène grotesque qui n’a pas échappé à l’attention des populations convaincues que l’arsenal militaire de leurs bourreaux reste intact. «Ils étaient déjà plus armés que les Fds et ils ont reçu des caisses d’armes et munitions pour combattre le régime Gbagbo lords de l’offensive des Frci à laquelle ils ont pris une part active. L’Onuci ne doit pas nous tromper ainsi. Si elle veut les désarmer, elle doit pouvoir assiéger leur Qg situé dans la forêt du mont Peko et faire un ratissage. Ces hommes sont trop puissants et si rien n’est fait, ils nous chasseront définitivement de nos villages et de nos plantations», s’indigne un villageois qui ne décolère pas.

 

Fait notable, les représentants de l’Onuci avaient annoncé publiquement, au cours de la prétendue cérémonie de dépôt des armes, que 25 éléments d’Amadé qui étaient en service aux cotés des FRCI à Tabou et 30 à Abengourou étaient attendus dès le lendemain 11 août à Duékoué. Ce qui revient à dire que l’occupant de la forêt classée du mont Peko et ses environs a fourni des mercenaires sur tous les fronts. La preuve que des troupes venues des pays sahéliens limitrophes de la Côte d’Ivoire, particulièrement du Burkina Faso, ont pris une part active dans l’offensive militaire qui a conduit au renversement du pouvoir Gbagbo.

 

Le mont Peko et ses environs toujours occupés

 

Une fois la cérémonie terminée, Amadé Ouérémi qui s’est présenté comme le protecteur des populations tant allogènes qu’autochtones s’est retranché avec ses hommes dans la jungle du mont Peko où il conserve intacte son arsenal de guerre et ses effectifs.

 

Deux jours après la cérémonie de dépôt des armes, soit le 12 août dernier, des Frci arrêtent deux de ses éléments à Sibably, dans la sous-préfecture de Bagohouo. Les nommés Ouédraogo Ousmane et Ouédraogo Abdoulaye avaient été pris en flagrant délit de vol de cacao. Ils ne resteront pas longtemps en prison pour autant. Amadé obtiendra leur libération, après une intervention de l’Onuci. Aussi lors d’une récente visite du chef d’état-major, Soumaïla Bakayoko, le comandant Losséni a plaidé pour que l’Etat octroie des titres fonciers aux Burkinabé qui occupent la forêt classée du mont Peko. 

 

Pour l’instant donc, et malgré les professions de foi des gouvernants, des hommes soupçonnés d’avoir massacré des populations civiles innocentes continuent de sévir en toute impunité. Tant en ce qui concerne les crimes économiques que les crimes de sang. A la tête de plusieurs centaines de mercenaires Burkinabé qui ont combattu aux cotés du MPCI de Soro Guillaume en 2002, Amadé Oueremi dont les hauts faits ne se comptent plus a contrôle la réserve nationale du mont Peko d’une superficie de 36000 hectares depuis près d’une décennie. En janvier 2011, ses effectifs avaient littéralement grossi, les prémices d’une reprise des hostilités militaires étant déjà perceptibles.

 

Maitre des lieux, Amadé favorise l’installation par vagues successives de Burkinabé auxquels il vend des parcelles entières de ces terres qui font pourtant partie du patrimoine mondial de l’humanité. Personne, même les casques bleus, n’y a accès. La forêt est surexploitée en toute impunité. Les bois précieux prennent la direction du Burkina Faso, son pays.

 

En 2010, des agents des Eaux et Forêts basés à Duékoué tentent de se rendre dans la réserve pour s’imprégner de la situation sur place. Ils seront repoussés à l’arme lourde, leur véhicule de type 4X4 carbonisé dans le village de Guezon-Taouaké où l’épave du véhicule est encore visible. Le 2 décembre 2011, des gendarmes sont désarmés et humiliés à Bagohouo. Les ex-Fds y retournent le lendemain 3 décembre 2010 avec des renforts. Mais c’était sans compter avec la capacité de feu d’Amadé Ouéremi et ses hommes qui règnent en maitres dans la région. Les ex-Fds seront mis en déroute et perdront jusqu'à 6 éléments : des  gendarmes et des militaires dont un officier des FANCI. A la faveur de l’offensive contre le régime Gbagbo en mars dernier, Amadé devient un pourvoyeur d’hommes des Forces nouvelles muées par un décret d’Alassane Ouattara, alors retranché au Golf Hôtel, en Forces républicaines de Côte d’Ivoire(FRCI).

 

Un acteur clé des évènements de de Duékoué

 

Avant le début de l’opération, l’occupant burkinabé chasse les autochtones guéré des villages de Blodi, Toazeo, Yrozon, Zia, Bagohouo... Certains villageois fichés comme des activistes pro-Gbagbo seront tout simplement exécutés. Trois agents de santé sont enlevés et envoyés au Qg de la bande armée, afin d’y administrer des soins aux blessés dans leurs rangs. A ce jour, l’on est sans nouvelles de ces agents de l’Etat qui auraient finalement été exécutés parce qu’ils constituaient désormais un danger pour leurs bourreaux.

 

Le 28 mars dernier, pendant l’attaque de la ville de Duekoué, Amadé fera son entrée dans la ville par le quartier Diagne Bernard «Carrefour». Ses hommes et lui feront, dès le mardi 29 mars, plus de 1000 morts selon des témoignages recueillis dans la ville. Des pasteurs ne sont pas épargnés. Femmes, enfants, vieillards etc. périssent égorgés. D’ailleurs, il est cité dans tous les rapports des organisations internationales des droits de l’homme qui ont mené des investigations sur le terrain comme étant le bourreau des populations de Duékoué.

 

Pour «avoir su maitriser la ville», Amadé recevra des félicitations, le 30 mars 2011, d’un haut gradé des FN à la gendarmerie de Duékoué. Au cours des événements, ses hommes ont abattu de sang-froid le chef du village de Bagohouo. Menacé de mort, l’adjoint au chef du village prend la fuite pour avoir la vie sauve. Et c’est finalement le chef de guerre burkinabé qui désignera quelqu’un à la tête de la chefferie traditionnelle, en la personne de Do Simplice.

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 16:02

25 août 2011
Agence Ivoirienne de Presse - AIP

 

La Division des droits de l’homme (DDH) de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a révélé, jeudi, trois nouveaux cas de violations des droits de l’homme ont été enregistrés dans deux villes de l’intérieur et dans la banlieue abidjanaise.

 

http://stpci.net/photos/ado0frci_1.JPGLors du point hebdomadaire de l’ONUCI, le porte-parole par intérim, Kenneth Blackman, a expliqué que des cas d’exécutions sommaires imputées aux éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) à Sassandra, San Pedro et Yopougon-Yaosséhi ont été notés par la DDH qui continue son travail d’enquête et de vérification d’informations concernant des violations des droits de l’homme.

 

Selon M. Blackman, si deux éléments des FRCI mis en cause dans le cas de Sassandra ont été arrêtés, dans le cas des exécutions perpétrées à San Pedro et à Yopougon, par contre, « on n’a pas d’informations attestant à des arrestations d’auteurs présumés », ajoutant que la DDH a fait parvenir ces informations au ministre de la Justice qui a fait une requête à la Division de l’informer de tous les cas d’exécutions extrajudiciaires, afin que les autorités compétentes prennent des mesures adéquates en vue de mettre un terme à l’impunité.

 

Concernant la situation sécuritaire dans l’ouest du pays, des patrouilles conjointes se font de part et d’autre de la frontière ivoiro-libérienne par les forces onusiennes (ONUCI et MINUL), en vue de rassurer les populations et contribuer à leur sécurité, a déclaré le porte-parole par intérim de l’ONUCI, ajoutant que des séances de travail entre les forces impartiales, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), d’autres représentants de l’Etat et les dozos, ont eu lieu en présence du Général Béréna de l’ONUCI.

 

Il a en outre relevé que durant la semaine écoulée, la force de l’ONUCI a effectué 1.371 patrouilles terrestres et aériennes à travers le pays, traité gratuitement 1.155 patients et distribué 24.500 litres d’eau potable aux populations ivoiriennes.

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU, dans sa resolution 2000 adoptée le 27 juillet, a donné à l’ONUCI un mandat en particulier de participer à la démobilisation des anciens combattants et à la restructuration du secteur de la sécurité, conditions essentielles pour un rétablissement de la sécurité en Côte d’Ivoire. Il a également recommandé au Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies d’assister les autorités ivoiriennes pour l’organisation des prochaines élections législatives et d’en certifier le résultat, conformément à l’accord de Ouagadougou conclu entre les parties ivoiriennes en 2007, rappelle-t-on.

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2 août 2011 2 02 /08 /août /2011 21:26

22 juillet 2011
CPJ 

 

Les autorités de la Côte-d'Ivoire ont arrêté jeudi dernier un journaliste pour avoir animé une émission-débat télévisée soutenant l'ancien président ivoirien évincé, Laurent Gbagbo, selon des journalistes locaux.

 

HermannAboa-copie-1.jpgHermann Aboa, animateur à la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI), la première chaîne  de télévision publique ivoirienne, est détenu dans une prison du camp de gendarmerie d'Agban, à Abidjan, la capitale économique ivoirienne, ont dit des journalistes au CPJ. Il a été inculpé par le procureur de la République d'activités antiétatiques, notamment l'atteinte à la défense nationale,   l'atteinte à l'ordre public, participation à un mouvement insurrectionnel,et l'incitation à la haine raciale, a déclaré au CPJ une source proche du dossier qui a parlé sous couvert de l'anonymat.

 

Ces accusations sont liées à une émission-débat intituléeRaison d'Étatdont M. Aboa était un des animateurs au cours des cinq mois de crise politiquequi ont suivi le second tour du scrutin contesté qui avait opposé l'actuel président, Alassane Ouattara, et le président sortant, Laurent Gbagbo. Cette émission recevait exclusivement des invités soutenant M. Gbagbo, alors président, qui contrôlait la RTI avant qu'il ne soit évincé en avril dernier par les forces fidèles à M. Ouattara.

 

« Les poursuites contre Hermann Aboa pour avoir animée une émission de télévision contredisent le discours de réconciliation nationale du président Ouattara et les promesses de son gouvernement de ne pas persécuter les journalistes ayant travaillé pour la presse pro-Gbagbo », a déclaré Mohamed Keita, coordonnateur du Plaidoyer pour l'Afrique du CPJ. « Nous demandons la libération immédiate de M. Aboa et l'abandon des charges retenues contre lui ».

 

Une quinzaine de personnes, parmi lesquelles six autres journalistes et des personnalités des médias sont détenus depuis plusieurs semaines par le gouvernement de M. Ouattara, sous des accusations d'activités antiétatiques liées à leur militantisme en faveur de M. Gbagbo, selon des médias et des recherches du CPJ. 

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 03:12

 

25 mai 2011

Rosa Moussaoui

L'Humanité

Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) du président Ouattara

 

 

La publication du rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, bloquée depuis sept mois, accable les Forces nouvelles.


Les seigneurs de guerre du nord de la Côte d’Ivoire se préparaient, bien avant les élections, à une reprise du conflit armé. C’est ce que révèle le rapport S/2011/271 du groupe d’experts de l’ONU sur la Côte d’Ivoire. La publication de ce document devait intervenir en septembre 2010. Longtemps bloqué, il n’a été transmis au Conseil de sécurité que le 20 avril dernier.

Ce rapport décrit les violations de l’embargo sur les armes imputables à l’administration Gbagbo comme aux Forces nouvelles (FN) de Guillaume Soro. Il dissèque, surtout, l’économie de guerre mise sur pied par les «com’zone» (commandants de zone) des Forces nouvelles, rebaptisées, depuis, Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) par Alassane Ouattara.

Loin de se conformer au désarmement, un préalable à la tenue d’élections posé par les accords de Ouagadougou, les FN, affirme le document, ont bénéficié, dès2009 et 2010, de «transferts d’armes et de munitions» depuis le Burkina Faso, «principal pays de transit», en violation de l’embargo sur les armes imposé par la résolution 1572 (2004). Le mouvement s’est accéléré pendant la crise post-électorale, jusqu’à l’offensive éclair lancée par les Forces nouvelles le 22 février 2011. La rapidité de leur avancée vers Abidjan s’explique par ces livraisons illégales d’armes, parmi lesquelles une « grande quantité de fusils d’assaut (...) dont les numéros de série avaient été effacés (...) par meulage» pour en dissimuler l’origine. Le document confirme aussi l’appui de «forces militaires étrangères opérant sur le territoire ivoirien», en citant le Burkina Faso, le Sénégal et le Nigeria. S’agissant des financements, le groupe d’experts soupçonne le camp Gbagbo d’avoir détourné des fonds publics et des recettes douanières pour acquérir illégalement des armes. Il pointe, surtout, les «taxes» imposées par les com’zone sur «les activités liées à la culture du cacao». Les Forces nouvelles accumulent ainsi «chaque année un montant compris entre 22 et 38 millions de dollars (chiffres approximatifs)».

 

Autre source de source de financement des FN, «la contrebande de diamants bruts», «l’extraction et l’exportation d’or». Au passage, les com’zone n’ont pas de scrupules à se servir. Le document cite ainsi le cas de Martin Kouakou Fofié, com’zone de Korhogo, visé par des sanctions internationales («Les forces sous son commandement se sont livrées au recrutement d’enfants soldats, à des enlèvements, à l’imposition du travail forcé, à des sévices sexuels sur les femmes, à des arrestations arbitraires et à des exécutions extrajudiciaires»). Un homme d’affaires prospère qui «a créé des entreprises dans divers secteurs de l’économie, notamment l’immobilier, l’exploitation minière, les télécommunications et le commerce de produits de base et de carburant».

 

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 12:59

11 mai 2011

David Gakunzi

 

 

Crimes d’Etat, terreur totale et silence complice des médias français

 

Il sera dit un jour que l’obscur Ouattara fut un homme qui a versé beaucoup de sang ivoirien. Il sera dit un jour que cet homme était en contrat, en alliance, et ce, depuis ses débuts, avec les pires ennemis de l’Afrique, les mitrailleurs et les renifleurs aux griffes de feu, les fauves renifleurs et avaleurs d’or et de diamant, de cuivre et d’uranium, de cacao et de café, de coton et de pétrole… Il sera dit un jour qu’il y avait dans ce Ouattara-là une résonnance de ces hommes qui se battent non pas pour le triomphe d’un quelconque héroïque et majestueux principe, mais pour autre chose ; tout à fait autre chose.


http://img.over-blog.com/300x169/0/45/57/01/Victimes-de-la-terreur-de-Ouattara.jpgOuattara. L’homme n’a manifestement ni vision ni charisme, ni épaisseur ; pis, lorsqu’il parle des Ivoiriens, on ne sent, dans sa voix monocorde de bureaucrate de la bourse mondiale, nulle présence de celui qui veut unir le passé, le présent et l’avenir. Impossible unité, impossible liaison donc de cet homme avec cette terre, avec ce peuple de Côte d’Ivoire. On ne l’imagine pas sur le trône ; et pourtant le voilà Président. Mais comment donc ? A coup de bombes larguées par la France sur Abidjan. Paris débarque, brûle Abidjan, se saisit de Gbagbo et de la fumée des buchers, Ouattara s’élève Président. Ere nouvelle : droit de la force et terreur totale sur la Côte d’Ivoire.

 

 Assassinats, enlèvements, viols, pillages. Simone Gbagbo trainée dans la poussière, martyrisée dans sa féminité ; cruauté innommable : la différence qui sépare l’homme de la bête tout simplement franchie. La mère de Laurent Gbagbo, Mamie Koudou Gbagbo, âgée de 90 ans, arrêtée ; elle aussi ! Arrêtée, séquestrée et malmenée. Désiré Tagro, ancien ministre, assassiné : l’homme négocie la fin des hostilités avec les troupes françaises et se présente un tissu blanc à la main ; à quoi aura-t-il droit ? A une balle plantée dans la bouche. Et Duékoué. Les habitants de Duékoué, génocidés : les hommes, tous les hommes, y compris des gamins de deux ans, alignés massacrés à coup de fusils et de machettes. Et Yopougon, Yop l’insoumise, bombardée, saccagée, pillée, déshabillée, violée, massacrée. Perquisitions cour après cour, parents mis à genou devant leurs enfants ; exécutions sommaires sur indication, chasse aux Guérés et Bétés. Combien de morts ? Combien de corps ramassés par la Croix-rouge ? Combien de corps ? Et le village de Sassandra brulé ; et les villages de Abedem et de Drago rayés de la carte.


Meurtres collectifs, meurtres sélectifs, meurtres génocidaires, épuration ethnique ; rafles et torture instituées en règle de gouvernance. Henri Dacoury Tabley, l’ancien gouverneur de la BCEA0, arrêté, tabassé, torturé ; son corps exposé nu, nié dans son humanité, l’enfer total, enfer filmé ; Affi N’guessan, secrétaire général du FPI et tous ceux qui refusent la soumission, kidnappés, séquestrés, embastillés, frappés, torturés, bestialisés ; les militants de l’opposition traqués, traqués listes à la main, traqués jour et nuit, battues organisées, les militants de l’opposition traqués et assassinés tous les jours ; comme si on voulait rendre impossible tout avenir à l’opposition politique. Echos mussoliniens : « L’opposition n’est pas nécessaire au fonctionnement d’un système politique sain. L’opposition est stupide et superflue dans un régime totalitaire comme le régime fasciste ».


Eliminés donc d’abord les proches de Gbagbo ; éliminés ensuite ses sympathisants ; éliminés encore ceux qui pourraient éventuellement devenir ses sympathisants, tous ceux-là qui ne sont pas en allégeance, qui ont eu l’impudence de ne pas accourir pour embrasser comme il se doit, c’est-à-dire avec fougue et flamme soudaine, le nouveau pouvoir. Eliminés tous ces autres-là qui ne sont ni de l’ethnie ni du parti des vainqueurs. Eliminés pour un oui ou pour un non. Eliminés même les alliés d’hier. Ibrahim Coulibaly, dit IB, abattu. L’homme de tous les mauvais coups depuis plus de dix, le compagnon d’hier, celui qui a ouvert les portes d’Abidjan à Ouattara avec ses commandos invisibles, IB encerclé, sommé de se rendre, torturé puis abattu comme un chien. Dynamique fasciste.

 

C’est qu’il s’agit de semer la terreur ; c’est qu’il s’agit non seulement de châtier, de faire gémir les ivoiriens d’avoir voulu l’émancipation, mais aussi de faire perdre conscience à la société ivoirienne, de la briser, de la modeler dans la terreur ; c’est qu’il s’agit de ramener les Ivoiriens à la case départ, la case esclave avec des méthodes dignes de la gestapo ; c’est qu’il s’agit de faire comprendre à tous les Africains que la liberté est cause de malheur, de grand malheur et que seule la servitude, que seul l’esclavage est porteur d’avenir !

 

Ouattara plante donc son trône dans le sang. Un trône mugissant et prompt au sacrifice humain. Les Ivoiriens sont désormais, de nouveau, bons à dévorer. A dévorer avec leur pétrole, avec leur cacao, avec leur café. Alors à Paris, on se tait. Jour après jour, on tue à Abidjan et Paris se tait ; et lorsque la terreur s’incruste jusque dans les corps violés de Yopougon, l’un de ces illustres quotidiens de la place parisienne, toute honte bue, parle de « traitement de Yopougon ». C’est écrit : rayer des humains, c’est les « traiter ». Summum d’inhumanité, insensibilité absolue face aux supplices infligés aux Ivoiriens ; silences. 


Silence dans la quasi-totalité de la presse de France. Meurtres collectifs, assassinats politiques et emprisonnements enfermés dans le non advenu, embastillés dans le silence. Ce qui est advenu, ce qui est entrain d’advenir n’est pas advenu ! Silence sur ces familles condamnées à errer dans les forets, sans nourritures, pour fuir l’anéantissement, pour fuir les tueurs de Ouattara ; silence sur Blolequin, ville autrefois habitée par 30 000 personnes, aujourd’hui cité fantôme aux rues désertes ; silence sur ces journalistes et avocats poursuivis, pourchassés comme du gibier à abattre ; silences sur ces cabinets d’avocats brulés ; silence sur ces journalistes et musiciens arrêtés, torturés ; silence sur ces jeunes poursuivis car coupables d’être « nés du mauvais côté », l’Ouest du pays… La Côte d’Ivoire de Ouattara exhale, empeste, pue la mort, les corps sont enfouis dans des conteneurs car les morgues sont débordées, mais … silence dans la presse de l’autoproclamée patrie des Droits de l’Homme. Douleur sans fond des Ivoiriens niée, douleur redoublée par ce déni, ce refus de reconnaissance, cette expulsion dans le non existant, dans le hors langage, dans le « n’ayant pas lieu ».


Mais qu’est donc devenue la presse de France ? A quoi sert cette presse qui n’est plus affirmation de la liberté de tous les hommes et qui n’ose plus nommer par son nom, la terreur concrète contre l’homme, contre les hommes ? Pourquoi ce renoncement ? Pourquoi ? Cette presse-là sait pourtant ; elle sait, elle est bien informée, elle est au courant de la terreur qui règne à Abidjan, elle sait qu’on étouffe à Abidjan, que l’air est devenu tout simplement irrespirable et que fait-elle ? On attend qu’elle s’insurge, qu’elle dénonce au nom de la défense des droits de l’homme mais elle fait l’inverse, le contraire : elle se tait. Elle sait que la Côte d’Ivoire vit sous la terreur mais elle ne parle pas. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? Parce que tout simplement lever le voile sur la nature et la barbarie du pouvoir installé à Abidjan, serait nommer les responsabilités de la France et révéler, du coup, au monde et au citoyen lambda, ce que Paris, ce que Sarkozy a fait de la Côte d’Ivoire : une terre brutalisée, torturée, massacrée. Crime d’Etat postcolonial.


Or pourquoi nommer ce crime ? Que vaut le destin, la vie des Ivoiriens face aux intérêts suprêmes de la France ? Pas grand-chose. Mépris cynique et vicieux de la vie humaine. Latitude totale donnée ainsi au pouvoir de Ouattara de torturer et de tuer ! Impunité assurée d’avance pour les tueurs et les tortionnaires de l’homme installé à Abidjan. Et où, oui, où le refus inconditionnel et universel de l’assassinat politique, de l’arbitraire, de la torture, de la dictature, de la férocité de la dictature ? Où ? « L’école française d’Alger » est de retour sur le continent africain ; elle fait des ravages au bord de la lagune Ebrié ; on le sait, et pourtant, silences ; on fait bloc dans le silence autour de l’homme de la France à Abidjan. Rien vu ; rien entendu. 


Mais qu’importe. Qu’importe le jour, le mois ou l’année : Ouattara, l’homme de Paris à Abidjan, partira un jour. Il partira. Le temps de Ouattara finira. Il n y a pas d’avenir dans l’histoire de l’Afrique pour ce nom là, Alassane Ouattara ; il n’y a d’autre avenir pour ce nom-là que celui d’un Mobutu et d’un Bokassa, eux- aussi tueurs de leurs propres peuples et morts abandonnés de tous. Ouattara partira un jour, et il sera dit ce jour-là, que cet homme faible qui n’avait de force que venue de Paris ; il sera dit que cet homme de la démesure dans la cruauté, aura planté et porté la violence à son paroxysme au cœur de la société ivoirienne. Il sera dit qu’en un seul mois de règne, il aura arrêté et exécuté plus de monde que durant les quarante ans de règne d’Houphouët-Boigny et de Gbagbo réunis ! Il sera dit et rappelé que s’il a pu ainsi sévir impunément, ce fut en parti, grâce, au silence de ceux qui, à Paris, devaient parler et qui ont refusé d’élever la voix. Il sera rappelé que non, ceux-là ne dormaient pas, qu’ils savaient et que leur silence, chacun de leur silence, fut coupable. Martin Niemöller : « Car il est des silences coupables, plus assassins qu’aucune parole, qu’aucune arme peut-être. Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d’alibi aux crimes contre l’humanité. »
 

David Gakunzi est l'auteur de Côte d'Ivoire : le crime parfait 

 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 00:33

1er mai 2011

Nerrati Press

 

 

L’intervention militaire conjointe de l’« ONUCI » et de la force française « Licorne » relève de l’ingérence, affirme l’essayiste et militante altermondialiste, Aminata Traoré. Ancienne ministre de la culture du Mali, elle plaide pour une démocratie africaine par et pour les peuples, propre à émanciper le continent du pillage néocolonial.


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Aminata Traoré, ancienne ministre de la culture du Mali. 



VOUS AVEZ LONGTEMPS VÉCU ET TRAVAILLÉ EN CÔTE D'IVOIRE, QUE RESSENTEZ-VOUS À LA VUE DU CHAOS DANS LEQUEL EST PLONGÉ CE PAYS ?

AMINATA DRAMANE TRAORÉ : Je suis horrifiée. Nous devons cette nouvelle humiliation à notre immaturité politique qui consiste à réduire la démocratie aux élections en perdant de vue le jeu des intérêts dominants et l’asymétrie des rapports de forces.

L’attaque de la résidence du président Laurent Gbagbo et son arrestation ne sont ni plus ni moins qu’une illustration de ce que cheikh Hamidou Khan appelle l’art de vaincre sans avoir raison, qui est le propre de l’Occident.

Je suggère dans ma Lettre au président des français à propos de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique en général une inversion des priorités de manière à privilégier le projet de société, à faire de l’élection le choix de gouvernants capables de réaliser ce projet dans le respect des aspirations des peuples. Riches de leurs expériences individuelles, les principaux protagonistes de la crise ivoirienne (Laurent Gbagbo, Alassane Dramane Ouattara et Konan Bédié) auraient pu, dans une telle perspective, diagnostiquer les politiques économiques mises en œuvre et proposer des alternatives au système capitaliste qui a fait de la Côte d’Ivoire un réservoir de matières premières avec les conséquences sociales, politiques et écologiques que l’on sait.

L’absence de débats de fond sur les conséquences catastrophiques du système néolibéral sur l’emploi, l’agriculture et les sociétés paysannes, le revenu, l’éducation, la santé, la cohésion sociale, la relation au pouvoir et à l’argent nuit considérablement à la construction d’une démocratie conforme à la demande des Africains.

Je ne vois pas comment ni pourquoi la démocratie qui est en crise en Occident pourrait faire des miracles en Afrique au point de justifier une expédition punitive. Mais, à propos des dominés, les dominants ne se posent pas ce genre de questions.


COMMENT JUGEZ-VOUS LA PARTICIPATION DES MILITAIRES FRANÇAIS DE LA FORCE LICORNE À L'OFFENSIVE MILITAIRE QUI A DÉLOGÉ LAURENT GBAGBO DE LA RÉSIDENCE PRÉSIDENTIELLE, LE 11 AVRIL 2011 ?

AMINATA DRAMANE TRAORÉ : À ce sujet, on en entend des vertes et des pas mûres de la part des officiels français et des prétendus spécialistes de l’Afrique. Leur thèse peut être ainsi résumée : l’Afrique se mondialise et décide librement de faire du commerce avec les partenaires de son choix, la Chine étant l’un des plus importants. La France et les autres puissances occidentales ne voient pas, semble-t-il, de mal à cette situation. Elles seraient tout simplement soucieuses de nous mettre sur le droit chemin de l’État de droit, qui passe par des élections régulières, transparentes et propres.

Les Ivoiriens n’y seraient pas parvenus tout seuls par la faute de Laurent Gbagbo qui, après avoir été battu, semble-t-il, au deuxième tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 par Alassane Ouattara, se serait accroché au pouvoir.

Les tenants de ce discours le classent aussitôt parmi les dictateurs à qui la France se doit de donner un «avertissement », comme l’a exprimé le premier ministre français, François Fillon, à l’Assemblée nationale. On est stupéfaits par une telle arrogance quand on se réfère à l’opinion que les Français se font de leur démocratie et à la cote de popularité du président Sarkozy, qui est au plus bas.

À mon avis, la France de Nicolas Sarkozy est intervenue militairement, avec les Nations unies en cheval de Troie, pour ce que je considère comme une action de dressage démocratique de l’homme africain. Une bonne partie des populations civiles à défendre ont non seulement présent à l’esprit le discours de Dakar, mais sont parfaitement conscientes des humiliations de l’immigration « choisie » dont le président français est le père. Son nouveau ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, en remet une couche en s’attaquant à l’immigration légale. Si nous comprenons bien, le soutien aux « révolutions » et à la « démocratisation » a des limites. La France nous aime libres et en démocratie. Mais entre nous et chez nous.


PEUT-ON RESUMER LA CRISE IVOIRIENNE À UNE CRISE POST-ÉLECTORALE, A UN CONTENTIEUX ENTRE UN PRÉSIDENT RECONNU PAR LA « COMMUNAUTE INTERNATIONALE » ET UN PENDANT ACCROCHÉ AU POUVOIR ?

AMINATA DRAMANE TRAORÉ : Le contentieux électoral est le prétexte qui, lorsque les enjeux économiques et géostratégiques l’exigent, peut servir de justification à toute sorte d’agression. Mis à part cette instrumentalisation, je ne vois aucune raison de mettre un pays souverain à feu et à sang. Point n’est besoin de rappeler que ce type de contentieux se règle souvent sans qu’aucune goutte de sang ne coule. Nous connaissons bon nombre de cas où les redresseurs de torts ont fermé les yeux sur les fraudes et sont même allés parfois jusqu’à inverser les résultats électoraux.

En somme, loin d´être un problème ivoiro-ivoirien, cette crise est l’une des expressions tragiques de la marche chaotique et macabre du monde depuis la chute du mur de Berlin.


LAURENT GBAGBO NE PORTE-T-IL PAS UNE LOURDE RESPONSABILITE DANS CETTE LONGUE CRISE ?

AMINATA DRAMANE TRAORÉ : Pas plus que la France et les Nations unies qui, depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, ont joué sans en avoir l’air la carte du « tout sauf Laurent Gbagbo ». Il suffit de se référer à l’édifiant documentaire de Patrick Benquet, la Françafrique, pour comprendre l’ingérence permanente dans nos affaires.

Le passé et le profil de Laurent Gbagbo ne répondent pas aux critères des maîtres du monde dans leur casting des dirigeants des pays dominés. Il fallait qu’il parte. Tous les leviers possibles et imaginables ont été actionnés pour atteindre cet objectif. La mauvaise volonté dans le désarmement de la rébellion, l’asphyxie, ces derniers mois, de l’économie ivoirienne, sans crainte aucune de la souffrance humaine induite par les privations et les pénuries, ainsi que le lynchage médiatique sont autant d’armes au service de l’ingérence et de la déstabilisation.

Je rends personnellement hommage à un homme de courage et de dignité qui a été le premier à défier l’un des hommes politiques les plus puissants du continent africain et à avoir fait de la prison avec sa femme au nom du multipartisme et de la démocratie.


QU'Y A-T-IL DE COMMUN ENTRE LES INTERVENTION EN CÔTE D'IVOIRE ET EN LIBYE ? LA PROTECTION DES CIVILS EST INVOQUÉE DANS UN CAS COMME DANS L'AUTRE, QUE PENSEZ-VOUS DE CETTE INVOCATION, QUI EST UN AUTRE NOM DU DROIT D'INGÉRENCE HUMANITAIRE ?

AMINATA DRAMANE TRAORÉ : Il y a lieu d’étudier de manière approfondie les similitudes et les différences entre ces deux situations. L’une de ces similitudes est l’instrumentalisation des populations civiles qui, dans le cas de la Côte d’Ivoire, sont d’abord victimes de la dérégulation et de la déprotection dans le cadre du libéralisme économique. Contentieux électoral ou pas, les Ivoiriens étaient déjà confrontés aux difficultés croissantes d’accès à l’emploi, à l’alimentation, aux soins de santé.

Ce sort qu’ils partagent avec l’immense majorité des Africains soumis aux diktats du « FMI » et de la  «Banque mondiale (BM) » n’est pas de nature à perturber les dirigeants occidentaux qui, subitement, prétendent voler au secours de la veuve et de l’orphelin à coups de missiles « humanitaires ».

L’argument invoqué est le même dans le cas des deux pays en vue de susciter le maximum d’indignation à l’égard des dirigeants que l’Occident a décidé d’évincer.

La différence de taille entre la Libye et la Côte d’Ivoire, c’est que le lâchage de Muammar Kadhafi, qui était devenu un partenaire privilégié, se situe dans la droite ligne de celui de Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie et de Hosni Moubarak en Égypte.


COMMENT JUGEZ-VOUS LE RÔLE JOUÉ PAR LES NATIONS-UNIES TOUT AU LONG DU PROCESSUS ÉLECTORAL, PUIS LORS DE L'OFFENSIVE CONTRE LAURENT GBAGBO ?

AMINATA DRAMANE TRAORÉ : Le rôle joué par l’« ONU » en Afrique est le même depuis la fin des années cinquante. Conçue par les grandes puissances, cette organisation sert leurs intérêts. l’« ONU » n’a jamais été un instrument de paix en Afrique. En 1960, à propos de la mort de Patrice Lumumba, Franz Fanonécrivait : « Il ne fallait pas faire appel à l’+ ONU +. l’+ ONU + n’a jamais été capable de régler valablement un seul des problèmes posés à la conscience de l’homme par le colonialisme, et chaque fois qu’elle est intervenue, c’était pour venir concrètement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur ». C’est dire jusqu’à quel point il est urgent de repenser le cadre normatif des relations entre les nations.


COMMENT LE CONTINENT AFRICAIN PEUT-IL, DANS UN TEL CONTEXTE, REPRENDRE EN MAIN SON AVENIR ?

AMINATA DRAMANE TRAORÉ : L’intervention militaire conjointe de l’« ONUCI » et de la force française «Licorne » en Côte d’Ivoire constitue, de mon point de vue, l’un de ces grands moments de dévoilement de la nature injuste et cynique du monde actuel. L’assujettissement des classes dirigeantes africaines fait partie de l’agenda de l’Occident. Il leur faut aller à l’assaut de l’Afrique pour s’assurer le contrôle des matières premières, des ressources naturelles indispensables à leurs politiques de croissance et de compétitivité face à la Chine.

Nous sommes rattrapés, en Afrique, par des questions de fond qui n’ont pas été examinées avec rigueur. Nous nous devons de les mettre à plat. La première question qui me semble essentielle est : quelle Afrique voulons-nous à la lumière de l’état du monde globalisé, fragmenté et de plus en plus violent ?

Si nous parvenons à nous saisir de cette question au niveau de chaque pays, des différentes sous-régions et du continent en outillant les populations de telle sorte qu’elles puissent s’impliquer à fond dans l’analyse de l’état des lieux, la formulation, la mise en œuvre et le suivi des solutions pourront jeter les bases d’une démocratie africaine par et pour les peuples.

C’est un chantier gigantesque, mais exaltant, qui n’a rien d’impossible si les élites acceptent enfin de se réconcilier avec le continent. 

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 00:20

1er mai 2011

Nerrati Press

 

L’ancien président sud africain Thabo Mbeki a condamné le rôle de l’« ONU » dans la crise en Côte d’Ivoire dans une contribution publiée vendredi 29 avril 2011 par « foreign policy ». Thabo Mbeki a estimé que la crise en Côte d’Ivoire résulte de l’incapacité pour les organisateurs de gérer les « pré-requis électoraux ». Il a dénoncé le contrôle exercé par la rébellion sur la partie nord du pays et le maintien de la capacité militaire de celle-ci qui ont constitué les moyens par lesquelles Alassane Ouattara s’est installé au pouvoir en Côte d’Ivoire.


http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQmD5gHDKXF2OZoKq-JlJ1Wcdn50Iz2KAOnVQYISm7MDssJLdqr2wIl n’est pas étonnant, poursuit-il, que Laurent Gbagbo dénonce une trahison au regard de l’aggravation de la crise postélectorale. Pour Mbeki, les événements tragiques en Côte d’Ivoire ont consacré la marginalisation de l’« Union africaine » dans la résolution des défis majeurs de l’Afrique. L’« UA » a plutôt été utilisée par les grandes puissances « pour légitimer leur actions en persuadant l’+ ONU + d’autoriser leurs interventions égoïstes ».

 

Selon Mbeki, accepter l’« ONU » comme une force neutre dans la résolution des conflits internes, comme celui vécu en Côte d’Ivoire, est aujourd’hui gravement compromis. « Il sera désormais difficile pour l’+ ONU +de convaincre l’Afrique et le reste du monde en développement que cette organisation n’est pas un simple instrument entre les mains des grandes puissances du monde » s’est-il insurgé.

 

Aussi, l’ancien président sud africain préconise-t-il « l’urgente nécessité de restructurer le système des relations internationales qui ont mis en évidence la réalité de l’abus de pouvoir dans l’ère post-guerre froide ». « Nous ne pouvons qu’espérer que Laurent et Simone Gbagbo et le peuple ivoirien ne continuent pas à souffrir en étant les victimes maltraitées et humiliées d’un système mondial qui, dans son intérêt, tout en prônant haut et fort les droits universels de l’homme, ne cherche en réalité qu’à perpétuer la domination du plus grand nombre par quelques-uns qui disposent de l’essentiel du pouvoir politique, économique, militaire et médiatique » poursuit-il.

 

« Les procédures perverses et néfastes qui ont frappé la Côte d’Ivoire amènent à se poser d’urgence la question suivante : Combien de violations flagrantes de pouvoir devra subir l’Afrique et le reste des pays en développement avant que la vision d’un système démocratique de la gouvernance mondiale soit réalisée ? » a-t-il conclu.

 

Thabo Mbeki a été médiateur de la crise en Côte d’Ivoire. Sous son égide a été conclu l’Accord de Pretoria qui a notamment permis à Alassane Ouattara, inéligible selon la « Constitution ivoirienne », d’être candidat à titre exceptionnel, à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire.

 

La crise ivoirienne est née d’une tentative de coup d’état suivie d’une rébellion armée démarrés le 19 septembre 2002 à l’initiative d’Alassane Ouattara avec l’appui de la France, contre le régime de Laurent Gbagbo démocratiquement élu en 2000. Après différents accords de paix, les rebelles ont obtenus, en échange de leur promesse de désarmement jamais réalisée, plusieurs postes dont ceux clés de Premier ministre, ministre de la Justice, ministre de l’économie et des finances de même que la présidence de la commission électorale et la majorité absolue des sièges dans cette institution.

 

Le contentieux électoral né du refus de Ouattara d’accepter les résultats du scrutin du 28 novembre 2010s’est transformé en une guerre avec l’ingérence armée de la France et de l’« ONU (Organisation des Nations Unies) » qui soutiennent celui-ci.

 

Le Président Laurent Gbagbo, élu, reconnu et investi Président par le « Conseil Constitutionnel », plus haute juridiction chargée de proclamer les résultats définitifs en Côte d’Ivoire, a été capturé le 11 avril 2011 par les forces françaises sous mandat de l’« ONU » et remis aux mains de son adversaire Ouattara qui le détient prisonnier dans un lieu inconnu du « nord du pays ». De nombreuses organisations et des milliers de personnes exigent la libération immédiate de Laurent Gbagbo et de ses proches.

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 04:04

23 avril 2011

Afonso Bukika


Au lendemain de la victoire militaire de la « Communauté internationale » ouattariste et ouattarisée en Côte d’Ivoire, le temps de la réflexion s’impose, pour dissiper tant de confusions, d’amalgames, de sujétions anachroniques, d’irrespect à l’endroit des vies humaines, et de violation du droit … passés étonnamment sous silence… Et nous nous apercevrons bientôt que les affirmations les plus certaines, les plus sécuritaires n’étaient guère indemnisées de mensonges, imposées par la Force aveugle, celle-là même qui vient d’installer, sous nos yeux, un État Léviathan, où trône la Bête, qui toujours dirige sans légitimité, toujours par la force… le museau toujours humant l’état de nature comme l’indique si bien Hobbes …


En 12 points, à travers des questions de droit constitutionnel, de droit pénal et de bon sens, il sera question ici d’interroger l’immonde, l’inacceptable, pour tenter d’anticiper sur le devenir de la Côte d’Ivoire, où les actes posés récemment ont violemment attenté à la Loi et au droit. Et où des prises de positions éclairantes sont souhaitables, pour apporter une alternative aux voies aveugles où bêlent des complots ensauvagés contre la souveraineté et les richesses des pays africains…

1. Le Conseil Constitutionnel (CC) a fait Gbagbo vainqueur de l’élection présidentielle ivoirienne, on le sait. La « Communauté internationale » et les ouattaristes de tous bords ont contesté, rejeté et défait cette décision… Ce rejet, lui-même, en droit, est sans fondement, en l’absence d’une ou de plusieurs requêtes dûment formulées pour attaquer la décision rendue par la Haute Cour, instance suprême. La question qui se pose au nouveau pouvoir est cruciale et imparable : demandera-t-on maintenant à ce même Conseil Constitutionnel que l’on a délégitimé de valider impunément l’élection du candidat par lui déclaré battu ? L’ayant récusé  à dire le droit lorsqu’il s’est agit des uns, va-t-on maintenant en accréditer à nouveau la légalité dès lors qu’il s’agit du candidat de la « Communauté internationale » – et ce n’est ni une métaphore ni une moindre affaire ? Au fait, est-ce une candidature recevable que celle de la « Communauté internationale dans le cadre des Etats africains souverains ? Voici que, de bonne heure, en accolant à Ouattara le parrainage et l’adoubement de la « Communauté internationale », l’histoire nous rattrape ironiquement. Car Bédié et les autres avaient fermé la porte à ce candidat au nom de l’argument du déficit de son ivoirité, déficit estimaient-ils alors, pouvait donner lieu à tous les excès… Cette affaire était-elle si incongrue ? En adoptant comme nous des vues souverainistes et continentalistes, on pouvait pertinemment s’en offusquer…Et Gbagbo en a fait partie, qui, en panafricaniste démocrate, a fini par trancher en faveur de la tempérance, et tiré d’embarras son adversaire historique aux présidentielles. Et a constitutionnalisé la recevabilité de sa candidature alors quasi-unanimement contestée. Il reste que, la Côte d’Ivoire sent une odeur de règlement de compte qui heurte sans toujours se l’avouer la Citoyenneté, qui est aujourd’hui troquée et découpée en tribus, en régions, en croyances…contre son indivisibilité intrinsèque, son unicité… Sachons prévenir : il y a des Actes de récrimination et des violences aveugles que seule la « Communauté internationale » peut poser en Afrique. Et que n doit s’autoriser un Africain.

2. Passons. Comment Ouattara va-t-il se faire investir par une instance qui l’a rejeté et qu’il a lui-même ignorée ? A moins que le nouveau maître de cette Election-Léviathan ne concède à dissoudre le Conseil Constitutionnel pour en créer un autre, le sien propre, comme avec la CEI outtarisée, proclamant des résultats nationaux à son hôtel… La biopolitique du pouvoir… Il y a là, une question majeure, dont on ne peut faire l’économie, autrement qu’en prenant le partir de sonner le glas à l’État de droit…Dissoudre ou ne pas dissoudre ?

3. Et s’il s’y résignait – face à tension de la crise, à l’impasse, et surtout la contrainte accablante de la contradiction-, par quel tour de passe-passe voudra-t-on commander au Conseil Constitutionnel « ouattarisé » de valider une élection qu’elle n’aurait ni organisé, ni arbitré, somme toute ? Comment le sommerait-on de trancher en faveur de l’élection d’un candidat qui a vaincu militairement son adversaire, sans s’honorer de la victoire mathématique des urnes ?In absurdum !

4. Autre impasse : après avoir violé la règle des 3 jours requis pour rendre les résultats de l’élection, qui devaient être entérinés ou non par le CC comme disent les clauses, faut-il rappeler pour mémoire que c’est la CEI ouattarisée qui a créé la grande suspicion et le grand désordre de cette Élection ? Et rappeler qu’après cette première défection fatidique, elle a cru devoir s’affilier impunément dans un pays africain indépendant, les autorités onusiennes et diplomatiques françaises pour décider, sur le tard, et de toute évidence happée par la pression et la force, contre toute disposition du Code électoral endogène. Plus grave, la CEI ouattarisée choisit de se déporter en toute inclination biopolitique partisane sur L’hôtel du Golf, indûment encadrée par des représentants de la « Communauté internationale » pour dire des résultats tronqués…Dans force bureaux de votes, les inscrits sont inférieurs aux résultats finaux… Preuve élémentaire de la fraude inintelligible…

5. Par ailleurs, en quoi la contestation et le rejet des résultats de la CC ne sont-ils pas eux-mêmes qualifiés de violation flagrante de la souveraineté de la Loi fondamentale ivoirienne ? Qu’est-ce qui donc, en dehors de la force et du non-droit les a validés, en droit ? Le rejet en vertu de quel droit ? de quelle législation en vigueur en Côte d’Ivoire ? Ainsi donc, c’est a légitimité même de contester les résultats de la CC par la Communauté Internationale (CI) qui est formellement contestée…

6. Ainsi donc, Ouattara n’est-il pas – ne peut-il pas être – du moins en toute rigueur juridique, l’élu des Ivoiriens, décision jusqu’à preuve du contraire promulguée par la seule Haute Cour compétente en matière électorale, le Conseil Constitutionnel. La preuve, il devra bien y passer. C’est que notre figure du Léviathan est bien le produit du mépris de la Démocratie africaine par cette nébuleuse « Communauté internationale » qu’on eût voulu voir plus rigoureuse dans l’exécution conforme de la résolution onusienne, autorisée par le non moins nébuleux droit d’ingérence, exercé seulement dans les pays de la périphérie, avec le même usage criminel du glaive… La Nébuleuse est demeurée une instance que ne peut qualifier le droit, parce que procédant du flottement et du relativisme faible, de la confusion ourdie, de l’ambiguïté, de l’essentialisme le plus vil, de la force brute, et somme toute, du désir de la Bête : vivre de force et de non-droit, avec une conjonction de présences hostiles au fond à la norme, à la Loi : résolutions onusiennes surinterprétées ou dûment mésinterprétées, usage de la force manipulé et décidé en dehors de l4économie propre de la résolution, missions militaires extrapolées, usurpées, imputées in situ qui, par un Secrétaire Général de l’ONU sous mandat mais non moins couvert par la résolution, lorsqu’il lui vient la liberté d’invoquer par correspondance, l’intervention militaire tous azimuts…qui par le conglomérat d’instances et de figures ouattaristes et ouattarisées. Mais au nom de quoi ? Au nom de quel droit ? Fonctionnant avec amalgames, multipliant les réseaux de relations personnalisées et informelles en emboîtant le pied à la Françafrique, qui en est l’avatar, la « Communauté internationale » ouattarisée – qui ne sera jamais la Communauté internationale, loin s’en faut ! -, est apparue dans tout l’éclat de son jusqu’au boutisme militaire, retournant le mandat onusien en mandat anti-souverainiste, françafricain… Elle n’est pas seulement sans fondement juridique dans le rôle de contestation des résultats du CC, dans le fait d’imposer contre les résolutions onusiennes elles-mêmes la guerre, quitte à enjoindre de frapper aveuglément sur des positions et des populations civiles, en se dédouanant dans le même temps de toute forme de responsabilité au sujet des crimes de guerres perpétrés, étonnamment imputés au seul Gbagbo… Que fera-t-on de ces corps calcinés dont les images accablantes et choquantes ayant fait le tour de la planète, qui prouvent de manière formelle que seule la Bête Léviathan de la Communauté internationale en est capable contre l’Afrique ? … Pour l’Histoire, on ne devra jamais oublier que ces Africains sont tombés sous la pression de cette Communauté internationale ouattariste, ouattarisée et « criminalisée ».

7. Pourquoi cette Communauté internationale n’est-elle pas intervenue lorsque, dans le même pays, quelques années auparavant, une élection démocratique et des libertés se sont trouvées violées, avec des corps gisant partout avec aveuglement ?Lorsque le putsch est survenu ? Et que, de surcroît, les Accords de coopération militaire stipulaient l’intervention de la France en faveur du régime en place ?Pourquoi, s’agissant des mêmes Accords, la « Communauté … » choisit-elle de ne guère secourir Gbagbo – qui a donné l’essentiel des marchés du pays à cette même  » Communauté internationale » avec ses Alliés, tandis que les Accords commandent expressément sa protection ? C’est en cela que Gbagbo, l’historien, devait rappeler à raison qu’il y avait bel et bien violation flagrante des clauses des Accords militaires… qui commandent la protection des gouvernants en l’espèce… Et pas en cas d’attaque extérieure, comme ont voulu l’affirmer indûment certains, sans vouloir lire les textes des Accords eux-mêmes… Si au demeurant l’on devait s’en tenir à cette interprétation fallacieuse et inexacte des Accords, elle se retournerait contre ceux qui les mésinterprètent aussi passablement mal. Faudrait alors en généraliser les effets, en exigeant de tous, y compris la « Communauté internationale » elle-même, le non-interventionnisme dans les affaires intérieures ivoiriennes…et africaines… Un coup on applique les Accords, un coup on les dénie, un coup on parle au nom du droit d’ingérence, un coup on se sert du non-droit et de la violence criminelle pour arriver coûte que coûte à ses fins…

8. Ceci amène au problème de la responsabilité pénale encore éludée par le  » Bloc  » ouattariste, avec pour lance de fer la « Communauté internationale » et ses divers Affiliés,qui ont explicitement appelé à la Guerre, l’ont légalisée en se servant de l’ONU, et amplifié l’usage de la Force ( en extrapolant les recommandations de la résolution onusienne, en les lisant à l’envers… la Bête déteste l’Afrique… ) le plus frappant estqu’à aucun moment la Communauté internationale et sa pseudo-philosophie de la paix-guerre , son Communautarisme internationaliste au rabais, n’ait voulu envisager la voie diplomatique… Alors dites-nous, au nom de quoi doit-on juger unilatéralement Gbagbo et exonérer cet Etat Léviathan (cette jungle militaro-criminelle que vient de déposer la Résistance ivoiro-africaine) de toute poursuite pénale ? C’est pour cela qu’il convient d’instruire des enquêtes sévères, strictes, par des organismes ad hoc, internes et externes à la Côte d’Ivoire, pour avoir des diagnostics fiables, formels, permettant aux coupables d’exactions criminelles d’être poursuivies, sanctionnés, sans espoir d’être sous quelque immunité que se soit…Je sais que, contre les prévisions faciles, Maître Jacques Vergès et les autres, rompus à l’exercice, devont défendre le droit pénal de toute manipulation et de toute complaisance…

9. Par ailleurs, pourquoi doit-on, si tant est que l’on doit préserver les Droits des uns et celui des autres, admettre tandis qu’on parle de transparence que le lieu de détention de Gbagbo et de son épouse soit secret ? Que cache-t-on derrière cet usage mystificateur et fétichiste de la détention des Gbagbo ? Pourquoi use-t-on de tant de mensonges à ce sujet ? Prétextant qu’ils sont à l’intérieur du pays lorsqu’il est établi à l’inverse qu’ils sont toujours à l’Hôtel du Golf ? Que vise subrepticement une telle stratégie avérée de désinformation ? Il faut se garder de commettre d’autres actes criminels après plusieurs autres…

10. Par ailleurs, lorsqu’on prétend mettre en place une Commission de Réconciliation, n’a-t-on pas vu la façon dont, dans une situation bien plus grave, en terme d’étendue humaine de dégâts et de bestialité du système de l’Apartheid, le président Mandela a réglé le problème sous le mode de l’Amnistie générale ? Ou on amnistie, et on généralise la Réconciliation. Ou on n’amnistie pas, dès lors, qu’on ne parle pas de Réconciliation nationale. La chasse aux sorcières continue, les militaires tribalisés, composés de Rebelles acquis à l’impunité et de soldatesques recrutées à la hâte aux abords des frontières du pays, continuent le règlement de comptes, les Gbagbo sont capturés, des ministres du gouvernement Gbagbo mis à mort, molestés, des militaires gbagboistes sommés de faire allégeance à la Bête, et de rejoindre les rangs de la nouvelle équipe pour garantir coûte que coûte leur brevet de bonne foi, après le kidnapping de Bagbo… Mandela n’a-t-il pas tendu la main aus partisans de l’Apartheid ? Et n’est-ce pas avec le président et Nobel Declerk qu’ils ont ensemble appelé à pacifier et unifier le pays ? Il n’y a pas de pacification ni de réconciliation sans l’Adversaire d’hier.

En poppérien, simple rappel, c’est avec les adversaires d’hier qu’il faut construire la société ouverte de demain. Car, c’est en apprenant de nos erreurs que nous nous améliorons. L’histoire commande un faillibilisme politique en Cote d’Ivoire. Où les adversaires d’hier, dont l’un a sauvé l’éligibilité de l’autre, qui lui l’a jeté en prison…doivent faire face à la Côte d’Ivoire, à l’Afrique et au monde pour donner une leçon de politique à l’africaine… La Charte démocratique du Mende, la première du monde, en a tous les ingrédients… L’avenir de la Côte d’Ivoire en dépend. Et la stabilité de cette région… Comme César hier à Rome, le cadavre des visionnaires et des héros est un sujet de trouble infini, surtout dans un pays où l’on refuse de désarmer et où l’on pousse à faire des élections au Bazooka comme dit Achille Mbembe…

11. Doit-on pour autant prendre parti pour l’impunité, face aux crimes de guerre perpétrés ? C’est là la responsabilité de la Côte d’Ivoire comme je viens de l’indiquer. Pour le respect des morts calcinées, des charniers, il est impérieux d’instruire un procès pénal formel. Et d’établir clairement la Responsabilité des uns et des autres. Sans la moindre complaisance. Il y a lieu impérativement de procéder aux réparations… de répondre des Actes criminels localisés. Mais il y a l’impératif catégorique du Vivre-ensemble. Celui du devenir de ce pays.

- on peut donc – on doit donc – très bien exonérer les condamnations, les poursuites engagées et établies, si l’on gage véritablement la Réconciliation nationale, celle-ci jure toujours avec le sacrifice des compatriotes, fondateur d’un nouveau lien social, d’une nouvelle Communauté réconciliée. Et René Girard d’ajouter : c’est le sacrifice qui est fondateur de cette Communauté à naître… Or si l’on veut mourir à ce terrible passé – sans daigner l’oublier -, si l’on veut commettre le meurtre de cette Bête qui tétanise le vivre-ensemble, de cet Etat Léviathan qui est suspendu sur nos têtes, si l’on veut renaître à un présent qui reste à inventer, à pacifier, à solidariser, en étant affranchi des oripeaux de la violence et des Haines antérieures présumées entre différents groupes, il faut bien voir le courage d’Amnistier, il faut bien en arriver là. Et cela demande bien plus de force que de faiblesse, plus de courage que de lâcheté, plus de Raison que de dénis de droit.

- Encore que les Haines supposées antérieures entre les différentes communautés linguistiques soient plus souvent affaire d’instrumentalisation idéologique et politicienne.Mais soumettons nos Actes à nos philosophies les plus élevées : C’est avec les braises qu’on allume le feu, c’est aussi avec les braises qu’on peut éteindre le feu, disent nos sagesses, si immensément dialectiques, attachées au dépassement des contraires par la hauteur de la confrontation argumentée – et non exclusivement militaire. Que je sache, l’Afrique est capable de cette exigence dialectique, celle qui naguère  fait serrer la main du président Wade par Abdou Diouf…avant de voir son adversaire embrasser sa Mère…génitrice d’un démocrate… Exigence qui a fait que Mandela réconcilie l’Afrique du Sud…

-Et si le pétrole et les richesses  africaines expliquaient les raison profondes des nouveaux conflits armés qu’on a pris l’habitude maintenant de faire valider par l’ONU, il faut garder à l’esprit que ces nouvelles guerres onusiennes commanditées contre l’Afrique se soldent pardes  logiques quaternaires qui consolident la catastrophe en pays  périphériques :destruction massive et intentionnelle du « pays couvert de pétrole, et de richesses » (I), partage des marchés et reconstruction du pays militairement défait par les membres dits de la « Communauté internationale » et leurs Affiliés (II), et Exploitation des richesses locales sur le long terme après avoir placé des régimes fantoches et recolonisés (III), Occupation militaire du site…(IV)… L’impératif d’exploitation économique s’avère toujours plus fort que la stabilité de l’Afrique… C’est pourquoi cette Afrique doit regarder l’ONU en face, debout. C’est debout comme Homo Erectus que l’Afrique va conquérir sa souveraineté. En défiant la pesanteur militaro-économique.

12. Pour terminer ce texte, je voudrais souligner que je suis assez d’accord avec quelques voix, quelques Etats, quelques intellectuels africains, qui ont courageusement pris position au sujet de la crise ivoirienne en faveur de la préservation de la souveraineté africaine et de ses richesses, sans s’inféoder aux privilèges de l’instant ni à l’auto-servitude habituelle. L’authenticité de la pensée est l’avenir de l’Afrique qui doit redécouvrir et ré-exercer la Maât, cette pensée géométrique et justicière. Plusieurs intellectuels, politologues et philosophes de la planète ont perdu l’usage de l’objectivité, la liberté de dire « Non » contre les détournements grotesques de la Raison et les dénis de justice. Ils ont corrompu l’activité autocritique de la pensée, en adoubant les Actes de violence et d’usurpation des Etats et des « Blocs » économico-politiques auxquels ils « appartiennent ». Cela dessert considérablement notre façon de gager le vivre-ensemble planétaire, qui reste tronquée, hiérarchisable, divisible à l’infini. A l’inverse, certains, comme Achille MBemba, pensent à contre-courant du dogme de la bienpensance du Centre…, qui a violemment pris à partie, les défenseurs de la persévérance d’un ordre mondial interventionniste et fait de sujétion en Afrique, et récusé le truquage ouattarien… Ainsi du leader panafricaniste Kémi Séba, accueilli désormais en Terre démocratique africaine, notamment au Sénégal, qui a trouvé honteux le choix de la guerre par des Africains eux-mêmes, comme mode de règlement des conflits africains…

- On peut en dire autant des autres penseurs acquis comme nous autres universitaires et intellectuels diopiens, à la prééminence de la souveraineté économique, politique et industriel de l’Afrique. Et attachés à l’idée que la science, repensée dans le contexte africain propre,  doit nous aider au développement et à l’industrialisation. De la sorte, la coopération sur fond colonial, tout échange visant la surexploitation et l’informalité à la manière de la françafrique, et toute relation internationale qui privilégieraient encore des rapports de servitude fondés sur l’interventionnisme militaire, l’unilatéralisme financier, diplomatique et économique, et la domination sont à abandonner, au profit du multilatéralisme, du co-développement, de la recherche de la paix et de la justice sur l’ensemble de la planète… le contraire exacerberait les nouveaux damnés de l’économie-monde… sans que l’on puisse jamais prévoir la réaction de demain comme ces Conférences Nationales Africaines que l’on a impunément étouffées, ou ce « Printemps arabe » que l’on s’empresse de récupérer, quand bien même il conteste comme les Conférences Nationales le joug aveugle et le détournement de l’avenir des Citoyens par des systèmes anarchiques coalisés ruinant les bien-vivre minimal des peuples.Car l’usage onusianisé de la force pour différer et tétaniser la souveraineté générale des Etats militairement faibles, pourrait bien s’avérer être la  grande sottise du XXI ème siècle… Car, il révèle une façon d’habiter le monde encore faible, détournant sans cesse notre rêve de mondialiser les rapports étatiques et continentaux, en les pacifiant par la Raison, par le droit, la justice, le respect de la vie des autres… Aujourd’hui l’économie-monde reste sans figure ni contenu à l’aune d’un vivre-ensemble planétarisé. 

Grégoire Biyogo, philosophe, politologue, égyptologue, Directeur de l’Institut Cheikh Anta Diop, Paris, le 21 avril 2011. Lauréat de la Sorbonne, Auteur de plusieurs ouvrages, dont entre autres Déconstruire les Accords de coopération franco-africains (2011).

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Published by Juliette Abandokwe - dans Côte d'Ivoire
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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 22:30

21 avril 2011

Paul Martial

 

 

L’arrestation de Gbagbo ne résout pas le conflit meurtrier qui sévit dans le pays. En outre, le soutien intéressé de la France à Ouattara va imposer une nouvelle dette aux Ivoiriens et faire les affaires des multinationales françaises.

La polémique continue de faire rage autour de la capture de Laurent Gbagbo, l’ancien président de Côte d’Ivoire. Ses partisans affirment que ce sont les soldats français du dispositif Licorne qui l’ont fait prisonnier. Les porte-parole d’Alassane Ouattara mais aussi de la France et de l’Onuci démentent, en s’en tenant à la version d’une opération menée entièrement par les hommes des Force nouvelles rebaptisées Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) de Ouattara.


En tout cas, sans les bombardements massifs aériens et terrestres du dispositif Licorne de l’armée française et de l’Onuci, les Forces républicaines n’auraient pas réussi à capturer Gbagbo ni vraisemblablement gagné la bataille d’Abidjan. 


L’aide de la France et de l’Onuci ne datent pas de la résolution 1975 de l’ONU. En effet plusieurs mois auparavant, ils ont préparé cette attaque avec l’aide des gouvernements burkinabé et nigérian, fourni armes et munitions, formé et entraîné l’encadrement des FRCI et assuré la logistique tout au long de l’offensive.


Une fois de plus, ce qui était présenté comme une opération humanitaire n’est qu’une intervention militaire pour installer le protégé de l’impérialisme. Ce n’est pas nouveau, déjà les expéditions coloniales se présentaient comme des missions civilisatrices.


Dans cette bataille pour le pouvoir, Gbagbo comme Ouattara se sont conduits en seigneurs de guerre, utilisant milices, mercenaires et autres supplétifs pour terroriser les populations en perpétrant les pires exactions.


Évidemment, le bilan d’autosatisfaction de Juppé, ministre des Affaires étrangères – qui occupait le même poste à l’époque du génocide du Rwanda – souligne qu’aucun soldat français n’a trouvé la mort, mais se garde bien de communiquer le nombre de victimes ivoiriennes des bombardements français sur Abidjan.


Les populations civiles continuent de vivre la peur au ventre dans des conditions extrêmement difficiles, tant pour ceux qui sont resté en Côte d’Ivoire que pour les réfugiés.


Les opérations de ratissage des FRCI contre les milices pro Gbagbo occasionnent de nombreuses violations des droits humains et des exécutions sommaires, à tel point que les organisations humanitaires comme Human Rights Watch et Amnesty International ont protesté. Dans le même temps, les partisans armés de Gbagbo se désagrègent et forment des petits groupes qui pillent et violentent la population.


Ouattara se trouve dans une situation fragile. Son élection reste contestable aux yeux de nombreux Ivoiriens, son refus dès la fin des élections d’un recomptage ne fait qu’augmenter la suspicion. Mais surtout, Ouattara se retrouve otage vis-à-vis des chefs de guerre des FRCI. En effet, ces «
Com Zone» (commandants de zone) dirigent les régions du nord du pays et s’enrichissent en imposant un racket sur toutes les activités économiques. Il sera difficile à Ouattara d’imposer un État de droit qui suppose de faire le ménage. Les forces armées qui l’ont soutenu sont loin d’être unies, comme on a pu le constater lors des affrontements à Abidjan.


Redevable aux chefs de guerre du nord du pays, il l’est aussi à l’Onuci mais surtout à la France qui veut faire de la Côte d’Ivoire un Eldorado pour les entreprises de l’hexagone, à la manière de ce qu’ont fait les USA avec l’Irak. Le gouvernement français vient de débloquer 400 millions d’euros sous forme de prêts pour la reconstruction du pays, soit plus du double de l’engagement de l’Union européenne.


Ces sommes iront directement dans la poche des multinationales françaises déjà très présentes dans le pays, pendant que le peuple ivoirien meurtri par la guerre se verra obligé de rembourser cette nouvelle dette… humanitaire.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Côte d'Ivoire
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