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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 15:54

11 octobre 2013
Relu pour vous.


Une exécution d'esclaves en Martinique en 1822

 

En janvier 1822, la France avait tenté de reconquérir Haïti, mais avait été repoussée. En représailles, les gouverneurs de la Guadeloupe et de la Martinique dénoncèrent de prétendus complots. Une rafle eut lieu en Martinique au Carbet, à la suite de laquelle 66 condamnations furent prononcées, dont 29 condamnations à mort. 

Le chevalier de Fréminville, officier de marine chargé de braquer les canons de sa frégate sur la foule, raconte l’exécution, qui eut lieu à Fort-de-France, le 19 novembre 1822. 

« Le 19 au matin nous nous approchâmes de la ville à une demie porté de canon et nous mîmes en panne devant la plage. Une immense potence y était dressée ainsi que deux échafauds. Un cordon considérable de troupes sous les armes environnaient le lieu de ces lugubres préparatifs et contenait la foule des spectateurs dans le nombre était prodigieux. 

À 7h 10 minutes un pavillon bleu fut hissé.  C’était le signal convenu pour nous avertir que le supplice des condamnés allait commencer. Aussitôt nous fîmes mettre tous les canonniers à leurs pièces, la mèche allumée et prêts à faire feu au premier mouvement tumultueux que nous apercevrions sur le rivage. 

Comme nous étions fort près, avec l’aide de nos lunettes surtout, nous pûmes distinguer jusqu’à la moindre scène de la sinistre tragédie qui allait s’y passer. 

À sept heures un quart, nous vîmes arriver les 66 nègres criminels, conduit par une forte garde et accompagnée de quelques ecclésiastiques qui leur offraient les dernières consolations. Tous s’avançaient d’un pas ferme et d’une contenance assurée. Les bourreaux armés de fouets et munis d’un fourreau rempli de braises allumées montèrent sur le premier échafaud. 

On y fit monter successivement 37 condamnés qui furent l’un après l’autre fouettés, marqués d’un fer ardent et mis ensuite aux fers pour la vie. C’était le premier acte et il fut fort long. 

Un instant après, 22 autres rebelles furent menés au pied de la potence. Ils étaient nus, à l’exception d’un court caleçon et ils avaient tous un bonnet de coton blanc sur la tête. Le premier qui fut livrer exécuteur monta avec courage à la fatale échelle. 

Nous apprîmes par la suite que, s’adressant à ses compagnons dans ce moment suprême, il avait dit d’une voix ferme : « Regardez-moi bien, mes amis ! Je vais vous apprendre à mourir. » Le bourreau lui abattit son bonnet sur les yeux et le lança dans l’éternité. 

Les 21 autres furent pendus avec cette même formalité préalable et en quelques minutes tous avaient cessé de vivre. 

Il en restait encore sept. C’étaient les plus coupables, car outre la rébellion à main armée dont ils étaient fauteurs comme les autres ils avaient débuté dans cet acte criminel par massacrer leur maître sur une habitation des environs avec des raffinements de cruauté inouïe. 

Ils montèrent sur le second échafaud où ils furent l’un après l’autre enchaînés dans une espèce de fauteuil. Là, il eurent d’abord le poing droit coupé d’un coup de hache puis la tête tranchée avec un large coutelas, car l’odieuse guillotine n’a pas été introduite dans les colonies. »

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 16:13

9 octobre 2013
Xavier Monnier
Bakchich

 

 

Le voyage de novembre 2012 de Cloclo et de son gendre à Malabo aura couté près de 11 000 euros à Reims Aviation, société en redressement judiciaire depuis septembre.

 

Aider les entreprises françaises en difficulté a un coût. Voyager vers d'aussi accueillantes et démocratique contrées que la Guinée Equatoriale également. Pour un saut de puce d'une nuit, du 17 au 18 octobre 2012, l'avocat Claude Guéant, son beau-frère de banquiers d'affaires Jean-Charles Charki et le consultant international Michel Scarbonchi ont dépense la coquette somme de 10 746,55 euros. Nuit d'hotel au Sofitel et billets d'avions compris. L'objectif de ce voyage a consisté à vendre au président equato-guinéen, Teodoro Obiang, un brin fâché avec la France depuis le mandat d'arrêt international délivré contre son fils dans l'affaire des Biens Mal Acquis, un projet d'avion révolutionnaire porté par Serge Bitboul, le Skylander. Un voyage vain, le chef d'Etat africain n'a pas bourse déliée. Et la société en charge de la fabrication et la conception du Skylander, SkyAircraft a été placée en liquidation judiciaire en avril dernier.

Malgré l'échec, les frais de déplacement n'ont jamais pesé sur le portefeuille de Claude Guéant. Bien normal. «Travaillant gratuitement pendant plusieurs jours pour aider une entreprise, a argué le Sarko boy à Bakchich, il me semble assez normal que je n'ai pas payé en plus de ma poche mes frais de déplacement.» En fait, c'est l'entreprise de son gendre, LPA Holding, alors sise à la même adresse que son cabinet d'avocat qui s'est chargé de passer la commande auprès de Carlson Wagon Lit. Le voyagiste s'est chargé des réservation des Billets d'avion, et des nuits au Sofitel Malabo. Et la douloureuse acquitté au 15 novembre 2012, d'être très prestement remboursé par l'entreprise de Serge Bitboul. LPA adresse un courrier le 4 décembre, le virement part le 17 selon le document que Bakchich s'est procuré.

 

 

Seul petit hiatus, ce n'est pas SkyAircraft qui a réglé l'addition mais une autre société de Serge Bitboul, Reims Aviation. Un petit jeu d'écriture, sur des sommes somme toutes modestes mais qui ont eu le malheur d'attirer l'attention de la Justice.

Comme l'a révélé le quotidien régional l'Union, la facture du voyage a été réquisitionné par la Division nationale des investigations financières et fiscale (DNIFF), laissant présager d'une enquête parisienne sur ce curieux voyages d'affaires du clan Guéant à Malabo.

 

Lire: Un nouveau crash judiciaire pour Claude Guéant?

 

Serge Bitboul et sa holding Geci est quant à elle visé par une enquête préliminaire de la Brigade financière de Paris, a confirmé à Bakchich le parquet. Son introduction en bourse, après avoir provoqué des réprimandes de la part de l'AMF, intéresse la justice.

 

Enquêtes et Champagne

 

Plus à l'est, ce n'est pas la justice pénal, mais commerciale qui fait un mauvais sort au chef d'entreprise. Après la liquidation de SkyAircraft, Reims Aviation a été placé en redressement judiciaire début septembre. Une procédure initiée, cas assez rare pour être souligné, par le procureur de la République de la cité champenoise.

«On entendait parler depuis des mois d'une situation dégradée mais sans pouvoir agir, faute de documents, décrypte un magistrat. Tout le monde s'observait en chien de faïence». Une première alerte du comité d'entreprise en juillet n'est pas assez étayé pour que le parquet bouge. Puis le commissaire au redressement productif transmets un état des dettes contractées par la société auprès de l'Urssaf, avant que le Comité d'Entreprise n'arrive à établir une perte de 11 millions d'euros de la société, agrémenté de quelques délits d'entraves. A l'audience du 10 septembre devant le tribunal de commerce ce sont finalement 15 millions de passifs et des comptes non certifiés depuis 2012 qui surgissent. La société est placeé en redressement judiciaire. 

 

 

«C'est la seule procédure en cours à Reims, assure le parquet à Bakchich, pour l'instant». Selon les informations glanées au pays du Champagne, plusieurs incartades avec le droit ont été d'ores et déjà relevés par les administrateurs judiciaires. Une tenue de comptabilité de l'entreprise erratique, des soupçons de lettres d'intention de commandes d'avions falsifiés. Bon nombre de factures de consultant intriguent également quand de mémoire de salarié de Reims Aviation, peu de conseils ont été aperçus sur le site.

«Nous attendons le rapport des administrateurs. L'important est d'arriver à sortir l'entreprise et ses salariés de l'ornière avant de penser à des enquêtes, décrypte une source judiciaire. On fait du social avant de passer éventuellement au pénal.» 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 21:00

17 avril 2012
Sarah Halifa-Legrand

 


http://referentiel.nouvelobs.com/file/3465418.jpgCette fois, il n'y aura pas eu de grandes promesses. Certes, des mots circulent : transparence, immigration, aide au développement, gouvernance… Mais aucun des dix candidats à la présidentielle ne s'est lancé dans un discours de Cotonou, la fameuse profession de foi de 2006 du candidat UMP qui annonçait "une relation nouvelle" avec l'Afrique. Est-ce par manque d'intérêt ? Ou par crainte d'échouer ?

 

A en croire Nicolas Sarkozy, si personne ne s’y risque, à commencer par lui, c’est qu’il a rempli le contrat. Il avait promis d’en finir avec la "Françafrique" ? Eh bien, c’est chose faite : dans un entretien à la revue "Politique internationale" publié le 5 février dernier, il assure que ce gros mot n’a désormais "plus aucun sens".

 

Pour preuve, dit-il, "les réseaux occultes, les intermédiaires douteux, tout cela n'existe plus", les accords de défense secrets qui nous liaient aux pays de notre ancien pré-carré ont été renégociés et publiés et nous diversifions nos partenariats en Afrique au-delà des Etats francophones. Bref, il affirme construire une "relation équilibrée, décomplexée et transparente" fondée sur "l'exigence de démocratie et de bonne gouvernance".

 

Un échec de Sarkozy

 

Faux, objectent ses détracteurs. L’académicien et ancien ambassadeur au Sénégal, Jean-Christophe Ruffin, dresse dans "Jeune Afrique" un réquisitoire contre la politique africaine de la France de ces cinq dernières années : "Les clauses secrètes ont, certes, disparu, mais elles laissent la place à des arrangements informels non écrits qui ne sont pas moins opaques. (…) L'interventionnisme français en Afrique a rarement été aussi fort (…). Sauvetage militaire d'Idriss Déby Itno au Tchad, soutien au général putschiste Mohamed Ould Abdelaziz en Mauritanie, coup de pouce électoral à Ali Bongo au Gabon, intervention armée en Côte d'Ivoire, appui à la transition guinéenne, interventions armées au Niger contre al-Qaïda, intervention en Libye (…) La politique africaine doit peu au quai d'Orsay et beaucoup encore aux réseaux de toutes natures."

 

A ce tableau des plus noirs, il faut ajouter l’image désastreuse de la France que notre politique d’immigration a laissée dans les esprits africains, tandis que notre politique de développement est allée déclinant.

 

Sans oublier les péchés originels : le discours de Dakar, où l’on vit Nicolas Sarkozy se mettre à dos toute l’Afrique en assénant que "l’homme africain [n’était] pas assez entré dans l’histoire", et la visite en grande pompe de Mouammar Kadhafi à Paris. Une visite qui embarrasse désormais le chef de l'Etat, comme le montrent ses déclarations, ce mardi 17 avril, sur France Inter, où il s'est défendu d'avoir "frayé" avec le Guide libyen.

 

En finir encore et toujours avec la Françafrique

 

Sans surprise, la plupart des candidats partagent ce constat d'échec. Ils sont même convaincus qu'il faut reprendre le chantier depuis le début. Résultat, on nous promet une fois de plus la mort de ce cadavre qui n'en finit décidément plus de mourir : "la Françafrique".

 

François Hollande le premier, qui part cependant avec un lourd handicap : les années Mitterrand ont laissé une image du PS des plus mauvaises en la matière. Le candidat socialiste va-t-il faire table rase de ce passé ? Il s’engage, dans une interview donnée fin mars à afrik.com à faire "disparaître" cette "Françafrique", ses "officines", "à n’avoir qu’une seule politique, confiée à notre diplomatie et seulement à celle-ci", à en finir avec "le temps du paternalisme et de la condescendance", à établir des "relations avec l’Afrique entre égaux, entre partenaires de même rang" et à mettre un terme aux "rapports de domination, d'influence et d'affairisme pour les amis du pouvoir".

 

On croirait entendre un remake des annonces du candidat UMP de 2007. Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé en conclut d'ailleurs, goguenard, dans "Jeune Afrique", que "les rares prises de position de M. Hollande ou de son porte-parole, M. Fabius, (…) ne sont qu'un mauvais copier-coller de ce que nous faisons."

 

La "doctrine hésitante" du PS

 

S’il est élu, Hollande réussira-t-il là où Sarkozy a échoué ? Jean-Christophe Ruffin voit dans le manque "d'expérience africaine" du candidat socialiste un défaut qui pourrait très bien s'avérer, in fine, être un atout si Hollande joue la carte de l'"homme neuf".

 

Quelqu’un comme Thomas Mélonio, responsable de l'Afrique au secteur international du PS, pose des idées sur la table qui pourraient faire pencher la balance de ce côté : développement de la coopération avec les Organisations non gouvernementales, intégration des dispositifs militaires dans les cadres de l’Union européenne, gestion collective des politiques de coopération internationale…

 

Mais Hollande va devoir compter avec tout l'aréopage des caciques socialistes qui ont tissé, au fil des années, des liens pas toujours très recommandables sur le continent : Laurent Fabius, Michel Rocard, Jacques Attali, Jack Lang, Jean-Marie Le Guen, Jean-Christophe Cambadélis…

 

On se souvient combien le PS a peiné à prendre position sur le coup de force de son ancien ami Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire. Tout comme Sarkozy avait consacré au Gabon son premier déplacement sur le continent en juillet 2007, le premier voyage de Laurent Fabius, chargé des questions internationales dans la campagne de François Hollande, l'a conduit à Libreville, le 14 février dernier, pour y célébrer les "excellentes relations" franco-gabonaise. Il est vrai qu'Ali Bongo a pris, avec la bénédiction présumée de la France, la succession de son père Omar, grande figure de la Françafrique, lors d'une élection des plus douteuses. Cette "doctrine hésitante" du PS, comme la qualifie l'association Survie, n'est pas des plus prometteuses.

 

Reste qu'il est urgent de modifier le logiciel français : l'Afrique change à toute vitesse. Une Afrique qui "exige un sérieux effort d'imagination dont la France est pour l'instant pathétiquement dépourvue si l'on en juge par la stupidité de ses politiques en matière de lutte contre les narcotiques, l'immigration et l'islamisme", observe amèrement Jean-François Bayart, directeur de recherche au CNRS, dans son blog sur Mediapart.

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 20:46

17 avril 2012
Am Dworaczek-Bendome

Le rôle !

Devenir président de la république où être reconduit, dans les deux cas, cela suppose ou implique une solide expertise sur des questions internationales, et en particulier, en ce qui concerne la France et sa zone d’influence que sont ses 14 anciennes colonies d’Afrique : le Bénin, le Cameroun, la Centrafrique, le Congo-Brazzaville, la République Démocratique du Congo (RDC), la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Burkina Faso, Madagascar, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigeria, le Tchad, le Togo, le Sénégal et la Somalie.

L’angélisme !

La France, pays des droits de l’homme, la France éternelle des mots factices dès qu'il s'agit de tout faire pour perpétuer aveuglement des systèmes en fin de vie. Monsieur Nicolas Sarkozy avec son discours de Dakar de juillet 2007 : ″Le drame de l’Afrique n’est pas dans une prétendue infériorité de son art, sa pensée, de sa culture (...) le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire ″ n'est qu'une faribole devant la souffrance qui permet le maintien en place des régimes qui ont prouvés leur incapacité à répondre aux attentes des populations.

Connivence avec les potentats et mépris des peuples !

Avec la présidence de Monsieur Nicolas Sarkozy, il n' y a eu de rupture que dans les mots mais une continuité voire une aggravation dans les actes et les relations incestueuses avec ceux qui piétinent le droit. Pour ceux qui ont entourés le président français ces cinq dernières années, l’Afrique reste un champ de prédation et de pillage. Pour que cela ne prenne jamais fin, ils arrangent toujours pour soutenir des despotes et autres dictateurs qui les laissent tranquillement mener leurs affaires dans une opacité totale. On se rappelle des déballages de Monsieur Robert Bourgi et compagnies, on constate que depuis que Monsieur Nicolas est à la tête de la France, les chantiers divers ont été confiés à Véolia, Bouygues et Bolloré etc.… comme quoi, si les français n’ont rien déboursés pour le "Yacht", les africains "oui"

Le paradoxe des politiques français, discours contre l’immigration massive sur son territoire mais de l'autre elle soutient et participe à conforter des régimes qui favorisent les départs et amènent les populations à choisir l’exil plutôt que de crever sur place, étrange !

Éclairci à l'horizon !

Pas si sûre que ça, car du côté de Monsieur François Hollande, les choses ne sont pas plus claires, en dehors des généralités, on ne trouve rien qui puisse faire espérer une démarcation réelle avec ce que nous connaissons jusqu’à maintenant. D’ailleurs, après le voyage de Monsieur Laurent Fabius au Gabon, on a l’impression que même si le locataire de l’Elysée changeait, la politique "empreint de cécité" de l’élite politico-affairiste dirigeante demeurera. On se rappelle de Monsieur François Mitterrand à la tête de la France et sa politique du pré-carré africain, pour l’histoire, on a retenu le scandale de "l’Affaire carrefour du développement", avec Monsieur Christian Nucci, ancien ministre de la coopération pour le détournement qui portait sur 27 millions de francs entre 1984 et 1986, il y a eu également les pérégrinations de Jean-Christophe Mitterrand que Les présidents africains avaient surnommé affectueusement "Papamadit". Fils aîné de l'ancien président de la République, il avait pris en charge la cellule Africaine de l’Elysée à l’automne 1986 jusqu’ à l'été 1992.

En mars 1985, Omar Bongo ondimba, le défunt président du Gabon l’avait fait entrer dans une société minière gabonaise.



Les deux emblèmes du sarkosysme en Afrique

Messieurs Alassane Ouattara (cote d’ivoire) et Ali Bongo Ondimba (Gabon). Ces deux hommes ont en commun d’être extrêmement redevables à Monsieur Nicolas Sarkozy pour les postes qu’ils occupent aujourd’hui. Ils sont bénéficiés sa bienveillance sans faille pour prendre le pouvoir dans leur pays respectifs. Ils sont les symboles les plus représentatifs de sa politique africaine avec la Libye de Kadhafi.



Rappel : Gabon, Fin Août 2009, Omar bongo Ondimba meurt en Espagne, Maitre incontestable du Gabon, il laissait derrière lui un pays sclérosés par une élite qui en avait fait un lieu de "corruption active et permanente", rien n’échappait à leur voracité, privant ainsi le pays des moyens pour se développer. Grâce à Monsieur Nicolas Sarkosy et ses sbires, ce rêve d’un nouveau départ sera tué dans l’œuf. D’ailleurs, on ne sait pour quelle raison urgente, Monsieur Nicolas Sarkozy s’était empressé de reconnaître avant même la proclamation des résultats officiels par la Cour constitutionnelle gabonaise l'élection d'Ali Bongo à la tête du Gabon? - Mystère ! - L’espoir que la France laisserait les Gabonais librement décider leur avenir était mort.



Rappel : Cote d’ivoire, Fin janvier 2012, Alassane Ouattara et ses des chasseurs traditionnels, les "Dozos", arrivaient au pouvoir grâce au forcing de l’armée française et la complicité de l’ONU. L’économiste formé dans les universités américaines et ancien directeur du département Afrique du FMI occupait enfin ce poste qu'il avait tant convoité et que surement sans Monsieur Nicolas Sarkozy, il aurait continuer attendre. Sans son implication personnelle, son appui et la mobilisation des réseaux françafrique, ces deux hommes seraient peut-être encore aujourd’hui à rêver des honneurs et de pouvoirs.

N’étant pas au pays des Bisounours, on peut penser aisément, qu' il y a des contre parties, renvoi d’ascenseur !

Le pragmatisme

C’est savoir tronquer le petit livret des droits de l’homme contre le "bréviaire de l’asservissement des peuples".

Une autre façon de faire est possible !

Monsieur Jean Christophe Ruffin, ancien ambassadeur de France au Sénégal, par son action dans ce pays avait commencé à tracer une voie plus emphase à une coopération à visage "humain". Cette démarche ne lui a pas porté chance, puisque par demande express de Monsieur Wade, ancien président du Sénégal, il avait été remplacé rapidement mais il avait esquissé la voie à suivre face à un monde globalisé et à des société en mutation où souvent plus de 50% de la populations a moins de 20 ans.

Il faut finir avec ces chancelleries françaises qui se comportent en second "bastion" des pouvoirs en place. Ces alliances objectives nuisent gravement à l’image de la France et aux français auprès des opinions publiques des pays concernés. La Tunisie reste un exemple patent en ce sens. La France et ses Les représentants doivent équilibrer les échanges entre les pouvoir en place et les peuples :

- On peut défendre les intérêts de la France sans devenir des portes flingues des dictateurs et autres prédateurs ;

- On peut préserver les intérêts de la France tout en respectant les choix des populations, sans détourner la démocratie et nier les droits des peuples à disposer et décider pour eux-mêmes ;

- On peut défendre les intérêts de la France sans se conduire en salaud ou jouer les barbouzes et les sous-mains.

Les français ont la chance eux, de pouvoir à des échéances bien précises, de décider librement qui ils veulent pour les représenter, à cet occasion, il revient dont au français de dire si les intérêts de la France ne peuvent pas être défendus tout en préservant et respectant "l’humain",la France n’est pas la chine, l’inde ou Singapour etc...

 

Réponse à ces questions, le 22 Avril et le 6 mai 2012 à 20h. 

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2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 03:03

31 août 2011
DNA

 

Nigeria / Désastre environnemental dans le delta du Niger

 

Une odeur de pétrole étourdissante flotte sur la jetée. Les pirogues, l’eau, le sable, les mangroves sont couverts d’une couche brunâtre et visqueuse. Un tableau quotidien pour les habitants de Bodo, dans le sud du Nigeria.

Le pétrole a beaucoup apporté au pays, mais ses habitants le subissent au quotidien. (Photo AFP)

Le pétrole a beaucoup apporté au pays, mais ses habitants le subissent au quotidien. (Photo AFP)

 

Comme tant d’autres villages du royaume ogoni, Bodo a vu son environnement se dégrader au cours de 50 années d’exploitation pétrolière marquées par des fuites.

 

On est en plein cœur du delta du Niger, une région paradoxale, pauvre mais richissime en hydrocarbures. De nombreuses multinationales y opèrent.

 

Dans un rapport sans précédent, l’ONU a dénoncé l’ampleur et l’impact de la pollution en pays ogoni. La contamination est telle qu’elle exigerait la plus vaste opération de nettoyage jamais entreprise dans le monde, dit cette étude (DNA du 7 août).

 

Cuisiner et se laver avec une eau surchargée en benzène, cancérigène

 

Sur la jetée de Bodo, des villageois foulent pieds nus le sable souillé. Certains se couvrent le nez de la main ou avec un mouchoir.

 

Le pétrole a beaucoup rapporté au Nigeria, premier producteur d’Afrique. Il a coûté cher à de nombreux Ogonis qui vivaient de la pêche et de l’agriculture. Ils ont vu leurs moyens de subsistance détruits au rythme des fuites.

 

«Les habitants ici sont des pêcheurs et des agriculteurs, ils dépendent des ressources de la mer. Avec ces fuites, on ne peut plus rien faire», résume Michael Kobah, enseignant de 49 ans. Las d’attendre une éventuelle intervention extérieure pour décontaminer sa région, il s’est lancé dans la plantation d’arbres, dans l’espoir qu’ils purifient l’air.

 

«Nous devons maintenant aller à 50 milles, en haute mer, pour attraper le moindre poisson», se lamente Friday Gimmogho, 31 ans, bredouille sur la jetée. Et Patricia Boribor, 62 ans, dit avoir abandonné ses terres qui ne produisaient plus rien.

 

À quelques kilomètres de Bodo, dans le village de Nisisioken Ogale, les habitants ont été sommés par le PNUE de ne plus utiliser l’eau de leurs puits. Les prélèvements ont montré qu’elle contenait 900 fois plus de benzène, un hydrocarbure cancérigène, que la limite recommandée par l’Organisation mondiale de la santé. Une eau que les villageois boivent et avec laquelle ils cuisinent et se lavent depuis des années.

 

Nisisioken est traversé par un oléoduc de la compagnie nationale nigériane NNPC dont les fuites ont contaminé les nappes phréatiques. «L’oléoduc est très mal entretenu. Ils ne prêtent pas attention à notre communauté, dénonce Austin Kpalap, 31 ans. Ils ne s’intéressent qu’à ce qu’ils se mettent dans les poches. La plupart vivent à Abuja ou à Lagos, ils ne sont pas ici, ils ne ressentent pas la pollution ambiante.»

 

Sur ce site couvert de brut, les oiseaux chantent mais l’air est irrespirable

 

Quelques kilomètres plus loin, à B-Dere, un chemin de terre étroit débouche sur une marre entourée de verdure. Les oiseaux chantent, mais l’air est irrespirable. Le site est couvert de brut. Le géant anglo-néerlandais Shell, premier opérateur au Nigeria, a été particulièrement implanté en pays Ogoni, dont il s’est retiré en 1993. Mais la zone est encore traversée par deux oléoducs que le groupe possède dans le cadre de la SPDC, une co-entreprise avec la NNPC, et compte de nombreux puits inactifs.

 

Shell, qui assure prendre très au sérieux le rapport et les recommandations de l’ONU, soutient que le sabotage, le vol et le raffinage clandestin de brut obtenu en perforant les oléoducs sont les principales causes de pollution. «70% des fuites dans le delta sont dues au sabotage», affirme Mutiu Sunmonu, patron du groupe au Nigeria. Le raffinage illégal et les attaques d’oléoducs par des groupes armés contribuent à la pollution et posent un véritable problème, admettent tous les observateurs.

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1 septembre 2011 4 01 /09 /septembre /2011 16:44

1er  septembre 2011
Blog d’Allain Jules
L'information déjantée, au Kärcher, et la liberté d'expression dans sa quintessence

 

PARIS – Diantre !

 

En Libye, alors que les renégats de Benghazi, ces voyous islamistes à la petite semaine ne contrôlent rien, en Occident, on se prépare. Et pourtant, les pisses-froid de l’OTAN poursuivent leurs bombardements aveugles sur les populations civiles qu’ils sont sensés protéger selon les résolutions onusiennes  tronquées et triturées 70 et 73. Aujourd’hui, à Paris, a lieu,  le partage du gâteau libyen estampillé « conférence des amis de la Libye ». Ambiance.

 

Ils vous disent qu’ils veulent reconstruire une « Libye libre », dans la paix par la voix du repris de justice Alain Juppé. Interviewé par Olivier Mazerolle, Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, estime que « tant que Kadhafi n’aura pas été neutralisé, un risque de violence subsiste ». Le ministre ajoute que la France est prête à participer à la construction de l’Etat de droit, « un véritable défi ». Quelle voltige mensongère !

 

Qui peut vraiment croire à cette arnaque des plus ridicules ? Alors même que les combats battaient le plein sur place, en Libye, que des agents des entreprises du secteur des hydrocarbures multipliaient leurs séjours sur le sol libyen, notamment à Benghazi, pour s’assurer que le CNT allait honorer les contrats passés avec Mouammar Kadhafi.

 

Et ce qui est amusant dans cette affaire, c’est que, il y a 60 pays présents à Paris. Ils veulent dépecer leur proie, alors que rien n’est fini en Libye. Mais, la vraie idée, sans être grognon, tenez vous le pour dit, c’est la peur de Nicolas Sarkozy de rater le coach. Pourquoi ? La forte poussée islamiste, avec Al Qaïda qui est réellement aux commandes du CNT fait craindre le pire.

 

Ainsi, alors que certaines indiscrétions parlent de la France qui héritera de 35% du pétrole libyen, il faut avouer qu’elle veut impliquer les autres pays pour qu’ils soient comptables en cas de violences futures. La France veut ainsi justifier l’installation sur le sol libyen de ses forces spéciales, scénario que craint le CNT qui risque d’être perçu comme étant  un machin aux yeux des Libyens. Ce qu’il est d’ailleurs. Enfin, à Paris cet après-midi, la Chine et la Russie boudent cette pseudo réunion, en envoyant pour la première, son vice-ministre des Affaires étrangères, et la deuxième, son émissaire spécial pour l’Afrique.

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 16:09

26 août 2011
Marguerita Nasi
Libération

 

 

S'il a traîné des pieds pour s'engager dans le conflit libyen, Silvio Berlusconi s'empresse de répondre aux demandes d'aides financière du CNT, alors que la France multiplie promesses et déclarations sur l'avenir de la Libye.

 

«Il n'y a pas une course à qui arrivera le premier en Libye», a assuré vendredi le ministre des Affaires trangères italien, Franco Frattini, dans un entretien à la radio publique Rai. Le chef de la diplomatie italienne affirme que l'Italie et la France ne sont pas engagées dans une bataille «de type colonial» pour s'emparer des richesses de la Libye.

 

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTLv2xoIqRA0BgfVsOfrWY5jPjWtUtv58ZKU1BBKzk-TtCk-X5GPourtant, les commentaires de la presse italienne sur une concurrence entre les deux pays pour décrocher les meilleurs contrats dans la Libye post-Kadhafi abondent, alors que les deux pays enchaînent décisions, conférences et déclarations sur l'avenir de la Libye.

 

La Libye, un marché juteux

 

La Libye a de quoi susciter les convoitises des puissances étrangères.

 

Le pétrole. Avant la chute de Kadhafi, le pays produisait 1,55 million de barils de pétrole par jour (2% de la production mondiale). La Libye était le 17e producteur de pétrole dans le monde. Pendant l'ère Kadhafi, l'Italie était le pays qui importait le plus de pétrole de la Libye: 376 000 barils de pétrole brut par jour, contre 205 000 pour la France.

 

Si aujourd'hui la production de pétrole libyen est descendue d'1,55 million de barils par jour à 50.000 et que, d'après les experts, il faudra des années pour que le pays revienne à plein régime, le marché libyen reste tout de même très attirant. D'autant plus que l'or noir n'est pas le seul appât du pays.

 

Les routes et infrastructures. La fin du conflit libyen signifie aussi le début d'une grande opération de construction de routes et infrastructures. Avant l'insurrection, l'Italie était devenue le premier partenaire commercial de la Libye et plus de 180 entreprises italiennes y étaient installées. Il faut aussi se souvenir du Traité d'amitié signé en 2008 entre Berlusconi et Kadhafi. Ce traité visant à enterrer le différend colonial prévoit le versement par l'Italie de 5 milliards de dollars sur 25 ans en dédommagement de la colonisation, sous forme d'investissements dans de grandes infrastructures (autoroute, ligne ferroviaire). Grâce à cet accord, de nombreuses firmes italiennes ont décroché des contrats en Libye: de Finmeccanica (ferroviaire, trafic routier) à Impregilo (BTP).

 

La LIA. Créée par Kadhafi en 2006, la Libyan Investment Authority est un fonds souverain aux 53 milliards de dollars d'actifs qui investissait partout dans le monde, y compris dans la Société générale. Quand la guerre sera terminée, le nouveau régime devra décider qui gèrera le fonds.

 

«Guerre économique»

 

Malgré les déclarations de Frattini, nombre d'observateurs estiment que France et Italie se lancent dans une course aux contrats. Dans La Stampa, le journaliste Paolo Baroni estime ainsi que les deux pays se livrent une véritable «guerre économique». «Maintenant que le bataille est (presque) terminée va commencer la deuxième phase de l'opération. On parle de reconstruction, d'affaires de milliards d'euros pour refaire routes, ports, installations industrielles, villes entières, et c'est toujours Paris qui appuie sur l'accélérateur. Et Rome qui suit», constate le journaliste.

 

L'Italie se ferait-elle dépasser par l'Hexagone? C'est Nicolas Sarkozy que le numéro deux de la rébellion libyenne, Mahmoud Jibril, recontre en premier, avant de rendre visite à Silvio Berlusconi. Et c'est bien la France qui convoque en septembre, en accord avec le Royaume-Uni, la conférence des «amis de la Libye», «une grande conférence internationale pour aider la Libye libre de demain, pour bien montrer que nous passons à l'avenir», d'après les mots du président français.

 

Par ailleurs, alors que la France était pionnière de l'intervention en Libye, Rome a traîné les pieds dans l'opération militaire de l'Otan.

 

«Notre gouvernement a longuement hésité avant de se ranger avec l'Otan. Et en mars dernier Paolo Scaroni, patron du groupe pétrolier Eni, avait demandé la fin des sanctions contre Tripoli», rappelle Sissi Bellomo sur Il Sole 24 Ore. Pour Alberto Negri, expert du monde arabe du quotidien économique, Rome pourrait payer cette «position ambiguë». D'autant plus que Moustapha Abdeljalil, chef du CNT, a promis jeudi de récompenser, lors de la reconstruction du pays, les Etats ayant aidé la Libye «en fonction du soutien» qu'ils ont apporté aux insurgés.

 

Interrogé par Ilsussidiario.net, le chef de la diplomatie Franco Frattini tente de rassurer les Italiens. Alors que le journaliste lui demande si«dans la nouvelle Libye, l'Italie compte moins qu'avec Kadhafi», Frattini rappelle «l'importance fondamentale de l'Italie dans ce pays», et assure que «les décennies d'amitié politique, d'échanges économiques et de collaboration internationale continueront même avec le nouveau gouvernement.»

 

Par aillleurs, si Silvio Berlusconi a pu hésiter à critiquer Kadhafi, lecavaliere s'est empressé de répondre aux demandes d'aide financière du CNT, et a devancé les autres pays européens en annonçant le déblocage dès la semaine prochaine d'«une première tranche» de 350 millions d'euros en faveur du CNT.

 

A travers l'Eni, l'Italie va fournir gaz et essence à la Libye, une aide qui sera récompensée dans le futur par des livraisons de pétrole. L'Eni apportera aussi son soutien technique au CNT afin de relancer les installations pétrolières à l'Est de la Libye. Enfin, Rome et le CNT vont mettre en place «un comité de liaison» pour répondre rapidement aux besoins du peuple libyen et résoudre les nécessités concernant la reconstruction.

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 21:31

25 août 2011
Adrien Hart

 

Le régime de Kadhafi s’est écroulé après un long règne de 42 ans. Si Nicolas Sarkozy apparaît comme le grand gagnant, les perdants sont l’Union africaine et l’Afrique du Sud, qui auront du mal à faire oublier leur soutien au Guide libyen.

 

Dans une guerre, il y a toujours ceux qui fêtent avec exaltation la victoire, et ceux qui sortent les mouchoirs pour essuyer leurs larmes. Petit tour d’horizon des gagnants et des perdants après la chute de l’ancien président de l’Union africaine, couronné «roi des rois africains» et dont les chèques généreux ont aidé de nombreux régimes du continent.

 

LES GAGNANTS

 

Nicolas Sarkozy

La guerre en Libye, c’était sa guerre. Et Nicolas Sarkozy l’a gagnée. La France a été très sévèrement (et justement) critiquée pour son attitude, sa passivité par rapport aux révolutions tunisienne et égyptienne. Paris semblait alors à l’écart du grand vent de l’Histoire qui balayait les côtes septentrionales de l’Afrique.

 

Le pays, qui aime tant se présenter comme celui de la «Révolution de 1789» et des droits de l’Homme a voulu se rattraper avec la Libye, dont le Guide avait pourtant été reçu en grande pompe à Paris en 2007, un an après l’élection de Sarkozy à la présidentielle. L’hôte de l’Élysée est ainsi le premier chef d’État à avoir demandé le départ du colonel Kadhafi (le 25 février) et le premier à avoir reconnu le Conseil national de transition (CNT) comme seul représentant du peuple libyen (le 11 mars).

 

Avec l’aide du Premier ministre britannique David Cameron, Sarkozy persuade l’Otan et les pays arabes (notamment le Qatar) de lancer une opération militaire dans les sables libyens, avec l’aval précieux du Conseil de sécurité de l’ONU. La presse raille alors «Super Rambo», un nouveau «Napoléon». Kadhafi résiste, les insurgés se divisent, l’enlisement est proche. «Sarkozy aura son Vietnam, son Afghanistan aux portes de l’Europe et juste avant la présidentielle de 2012», persiflent ses détracteurs.

 

L’intervention libyenne a coûté cher à l’armée française: 1,2 million d’euros par jour —en pleine crise économique. Mais les armées française et britannique ont prouvé qu’elles comptaient toujours parmi les plus puissantes au monde et constituaient la colonne vertébrale de la défense européenne. Un gain stratégique majeur face à l’Allemagne, superpuissance économique mais qui reste un nain dans le domaine militaire.

 

Le binôme Paris-Londres a aussi effacé l’affront de l’intervention franco-britannique du canal de Suez en 1956. Après avoir défait les troupes égyptiennes, les troupes coloniales avaient dû observer un cessez-le-feu et retirer leurs soldats à la demande de Washington et Moscou. Pour Londres et Paris, c’était la fin d’un monde, le «début de la fin» de leur empire colonial, le crépuscule de leur influence au Moyen-Orient.

 

Après l’intervention réussie en Côte d’Ivoire, la France marque avec la Libye son retour en Afrique et dans le monde arabe. Mais l’après-Kadhafi ne sera pas facile à gérer, les critiques voyant notamment en l’Otan une «armée d’occupation» sur une terre arabo-musulmane.

 

Barack Obama

Enfin une bonne nouvelle. Empêtré dans une grave crise de la dette, «dégradé» par l’agence de notation Standard & Poor's, le président américain peut savourer la chute de Kadhafi. En quelques mois, Washington a éliminé Oussama Ben Laden et contribué à chasser le Guide libyen. Pas mal.

 

Mais ces victoires ne dissipent pourtant pas cette impression de faiblesse, ce sentiment persistant de déclin de l’«empire américain». Si Washington a apporté une aide militaire non négligeable à l’intervention de l’Otan, les États-Unis ont toujours été en retrait, peu convaincus par cette entreprise franco-britannique.

 

L’indécision de Barack Obama au printemps, fort occupé par ailleurs en Afghanistan, a laissé le champ libre au volontarisme français.

 

Abdoulaye Wade

Le président sénégalais connaît des difficultés au plan national et a dû faire marche arrière à propos d’une modification contestée de la Constitution, juste avant la présidentielle de février 2012. Mais sur le plan international, Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000, a eu du flair sur la crise libyenne. Il a même été le 9 juin le premier chef d’État étranger à se rendre à Benghazi, dans le fief rebelle, pour demander solennellement à Kadhafi de partir:

 

«Il faut te retirer de la politique, ne pas rêver de revenir. Plus tôt tu partiras, mieux ça vaudra».

 

Cet appel à quitter le pouvoir ne manque pas de sel dans la bouche d’un président qui, à 86 ans, va se présenter pour un troisième mandat Mais il marque un indéniable sens politique. Le Sénégal a été le deuxième pays du continent (après la petite Gambie) à reconnaître le CNT, allant à l’encontre de l’Union africaine. Le  Sénégal, pays de 12 millions d’habitants, a une nouvelle fois montré que sa diplomatie dépassait le cadre de son environnement immédiat et avait des ambitions continentales —voire mondiales.

 

Les détracteurs du président Wade se gargarisent toutefois de l’opportunisme de l’octogénaire hyperactif qui avait déroulé à Dakar, il y a quelques mois seulement, le tapis rouge pour un certain Mouammar Kadhafi…

 

LES PERDANTS

 

L'Afrique du Sud

Le grand perdant de la chute du régime de Kadhafi pourrait bien être l’Afrique du Sud, première puissance économique du continent, qui vient de faire son entrée dans le club des Brics (avec le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine), les principales puissances émergentes mondiales, et qui est candidat à un poste permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.

 

La diplomatie sud-africaine avait déjà été vivement critiquée pour avoir soutenu Laurent Gbagbo dans la crise ivoirienne, et pour avoir jusqu’au bout défendu un gouvernement d’union nationale entre Gbagbo et le vainqueur de la présidentielle, Alassane Ouattara. Mais elle n’a pas pour autant redoré son blason avec la crise libyenne. Une fois de plus, elle a œuvré pour un partage du pouvoir, refusant de reconnaître le CNT et critiquant avec virulence les frappes de l’Otan. Le président Jacob Zuma a même fait le déplacement à Tripoli pour essayer de convaincre, sans succès, son «frère» libyen.

 

Et Pretoria apparaît maintenant sur la défensive. Lundi, le gouvernement a dû démentir publiquement toute tentative d’exfiltration de Kadhafi, assurant que les avions sud-africains stationnés en Libye étaient uniquement «destinés à évacuer le personnel de l’ambassade»Mardi, Zuma est à son tour monté au créneau pour défendre la position de l’Union africaine, fortement inspirée par l’Afrique du Sud, en affirmant que l’utilisation de la force par l’Otan avait sapé les efforts de médiation africains… 

 

Dans le même temps, l’autre géant africain, le Nigeria, premier producteur de pétrole du continent et pays africain le plus peuplé (160 millions d’habitants), a reconnu mardi le CNT comme seule autorité légitime. Abuja n’a même pas attendu le sommet de l’UA de vendredi sur la crise libyenne.

 

En compétition avec l’Afrique du Sud pour décrocher un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU, le Nigeria de Goodluck Jonathan a indéniablement marqué un point, même si la reconnaissance des insurgés est très tardive. Et sur la crise ivoirienne, Lagos avait également fait le bon choix, en soutenant Ouattara contre Gbagbo.

 

L’Algérie

Étonnant silence à Alger. La Tunisie a reconnu le CNT, le Maroc l’a suivie. La presse algérienne s’interroge: «Où est l’Algérie dans ce rendez-vous de l’Histoire?» Le pays partage une longue frontière avec la Libye, mais Alger n’a jamais demandé le départ du pouvoir de Kadhafi. L’ambassade d’Algérie a été la seule à avoir été saccagée après l’entrée des rebelles dans Tripoli. L’après-Kadhafi ne sera pas simple pour les autorités d’Alger.

 

L’Union africaine

L’organisation panafricaine a beaucoup souffert pendant la crise libyenne. Comment critiquer, comment «lâcher» un dirigeant africain qui a assuré la présidence de l’UA, qui a été un des principaux contributeurs à son budget? Depuis le début, Addis Abeba a inlassablement appelé au dialogue, critiqué les frappes de l’Otan, tenté des médiations.

 

Mais l’UA est restée prisonnière de ses contradictions. Et en appelant ses membres à ne pas appliquer le mandat d’arrêt international de la Cour pénale internationale (CPI) visant le Guide libyen, elle a pris une position diversement appréciée par les Occidentaux.

 

Comment va maintenant faire l’UA pour boucler son budget sans l’apport libyen? Il est grand temps que l’organisation panafricaine trouve en elle-même les ressources financières et la volonté politique pour influer enfin sur l’histoire du continent.

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 21:15

25 août 2011
Mountaga Fané Kantéka
Alterinfo

 

Guerre de désinformation et crimes contre l'Humanité


 

L'Occident et ses médias se sont encore discrédités aux yeux du monde, en poussant le vice jusqu’à diffuser des FAUSSES NOUVELLES sur la situation libyenne. En prétendant que les insurgés avaient gagné la guerre contre le pouvoir légitime et réussi à arrêter le médiatique fils de Kadhafi, SAÏF AL ISLAM. Et dans la foulée, des PSEUDOS EXPERTS occidentaux se sont livrés à des spéculations sur le proche avenir de la Libye. En l’espace de 24 heures, DÉMENTI CINGLANT : il n’en est rien. Non seulement, Tripoli tient debout encore, mais l’influent fils de Kadhafi est libre comme le vent et s’est même permis d’inviter des journalistes pour le leur prouver. C’est plutôt SCANDALEUX de la part d’une entité qui veut imposer son « savoir vivre » au reste du monde, en monopolisant le discours. 

 

L'ONU et la légalisation du grand banditisme international  

 

Ceux qui ont la critique facile contre l’Afrique et ses institutions dont l’Union Africaine, en ont pour leur rhume. Oui, parce que les agissements de l’ONU sont bien plus ODIEUX et constituent un CAUTIONNEMENT DU CRIME CONTRE L’HUMANITE au profit des « superpuissances » qui, derrière un PSEUDO DISCOURS PHILANTHROPIQUE, n’ont qu’une obsession : le VOL DES RESSOURCES NATURELLES. Et pour cela, se servant des plus GROSSIERS MENSONGES, ils s’en vont prendre des « résolutions » au niveau de l’ONU pour sévir au nom d’une légalité qui n’est ni plus ni moins que l’incarnation de la LOI DE LA JUNGLE : LA LOI DU PLUS FORT.

 

Et ces MENTEURS et VOLEURS, au laïus prolixe, la conscience tranquille, s’en vont BOMBARDER DES PEUPLES, tuant femmes et enfants, dans une ATMOSPHÈRE MÉDIATIQUE PLUS QUE COMPLAISANTE. Pendant qu’ils assassinent des milliers d’innocents sans sourciller, il suffit qu’un ou deux de leurs soldats tombent pour qu’ils en fassent un drame planétaire. Et quand ils vont bombarder chez les autres, ils agissent sciemment pour PROPAGER LES DÉGÂTS MATÉRIELS, pour pouvoir avoir d’importants CHANTIERS À RECONSTRUIRE après . Pour se faire encore plus de POGNON. Et ce sont eux qui, encore, avec la complicité de l’ONU, veulent poursuivre les dirigeants africains pour « crime contre l’humanité » ! 

 

Dites-donc, QUE SAVENT-ILS DE « L’HUMANITÉ » ? Que savent-ils, à part le gain matériel ? Que savent-ils, à part la SAUVAGERIE DANS L’IMPUNITÉ ? Corrompus et corrupteurs, ASSASSINER est un BESOIN VITAL pour eux. Assassiner des populations, assassiner des cultures, assassiner des idéaux. Voilà le mode de fonctionnement du monde occidental. Et c’est à ce prix qu’il s’est hissé au rang de « superpuissance », pillant à souhait les richesses mondiales, affamant et affligeant les autres enfants de Dieu.

 

Pour en revenir au cas libyen, les VÉRITABLES CRIMINELS contre l’humanité sont : SARKOZY, JUPPÉ, LONGUET, CAMERON, OBAMA. Et tous ceux qui ont consenti au bombardement de la Libye. Ainsi que tous les JOURNALISTES qui font la promotion de ces agissements.

 

Je voudrais bien savoir COMBIEN DE GENS SONT MORTS en Libye sous les BOMBARDEMENTS de l’OTAN ? 

 

Il faudrait peut-être mettre sur pied une COMMISSION SPÉCIALE pour évaluer le nombre de VICTIMES INNOCENTES et en tirer toutes les CONSÉQUENCES JURIDIQUES. Il est temps que les Africains et les Arabes se réveillent, sous peine de disparaître sous le SADISME ATAVIQUE de l’homme de l’Occident. 

 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 18:13

19 juin 2011
Survie


La zone franc et le franc CFA, un système hérité de la colonisation


La zone franc et sa monnaie le franc CFA constituent le seul système monétaire colonial au monde à avoir survécu à la décolonisation. La mise en place progressive de ce système est le résultat de choix stratégiques de la France mettant l’entreprise de colonisation au service des intérêts économiques français. Les monnaies africaines sont supprimées et des banques privées appartenant aux colons mais contrôlées par la France sont créées. 

La puissance coloniale exploite les matières premières des colonies pour alimenter l’industrie française et utilise les colonies comme débouchés pour les produits français. Suite à la crise de 1929, la France accentue son repli sur l’empire colonial pour protéger son économie et son commerce extérieur. La création de la zone franc en 1939 offre le moyen de pérenniser cette stratégie : les échanges avec des pays extérieurs à la zone franc sont interdits, ce qui cimente les liens économiques et commerciaux entre la France et son empire. La monnaie franc CFA (Colonies Françaises d’Afrique) est quant à elle créée en 1945 afin que la dévaluation du franc français au sortir de la guerre n’affecte pas les marchés des possessions africaines de la France. Celle-ci conserve ainsi le leadership dans le commerce extérieur des colonies et réaffirme sa suprématie sur son empire. 

Au moment des indépendances, la quasi-totalité des anciennes colonies françaises d’Afrique subsaharienne décide de rester dans le giron de la France en signant des accords de coopération monétaire et en adhérant de ce fait à la zone franc. Le franc CFA est d’ailleurs renommé franc de la Communauté Française d’Afrique en 1958. Mais la Guinée refuse cet assujettissement monétaire et sort de la zone franc dans un coup d’éclat. Le président Sékou Touré veut une réelle indépendance politique et économique pour la Guinée, et pour ce faire crée le franc guinéen et quitte la zone en 1960. Au Togo, ancienne colonie allemande membre de la zone franc depuis 1949, des voix s’élèvent également contre le franc CFA en la personne du président Sylvanus Olympio. La sortie de la zone est prévue pour 1963 mais Sylvanus Olympio est assassiné juste avant que l’indépendance monétaire du pays ne soit acquise. Ce n’est que dix ans plus tard, en 1973, que la zone connaît de nouvelles modifications avec la sortie de la Mauritanie et de Madagascar. 

C’est également à la période des indépendances que des banques centrales dont seulement la moitié des administrateurs sont des représentants africains sont créées pour émettre le franc CFA. Les présidents de ces institutions sont néanmoins français et restent maîtres de toute décision. Pendant les années 1970 la zone franc connaît des ajustements à la fois techniques et symboliques : révision des accords de coopération monétaire, déménagement des sièges des banques centrales de Paris à Dakar et Yaoundé, diminution du nombre de représentants français au sein des Conseils d’Administration. D’autre part deux nouveaux pays signent des accords de coopération avec la France et adoptent le franc CFA : la Guinée Équatoriale en 1985 et la Guinée-Bissau en 1997. Malgré ces changements, la France garde la mainmise sur la politique monétaire de la zone franc dont les pays subissent des choix économiques et monétaires dictés par les intérêts français. La France va même jusqu’à décider unilatéralement de la dévaluation du franc CFA en 1994. 

La zone franc : une gestion et des principes au service des intérêts français

La zone franc englobe donc aujourd’hui quinze pays : huit pays d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina-Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo), six pays d’Afrique centrale (Cameroun, République Centrafricaine, Congo-Brazzaville, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad) et les Comores. C’est une organisation financière, monétaire et économique, dont le cœur est la France et l’instrument principal le franc CFA. Cette organisation, gérée par la France, s’appuie sur des institutions africaines : la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la Banque des Etats d’Afrique Centrale (BEAC), la Banque Centrale des Comores (BCC). 

Le système franc CFA est basé sur quatre grands principes : la centralisation des réserves de change au Trésor public français, la fixité de la parité franc CFA/euro, la libre convertibilité du franc CFA à l’euro, et la libre circulation des capitaux entre la France et les pays africains de la zone franc. A ces principes s’ajoutent la participation française aux instances de direction des banques centrales africaines, pièce maîtresse du système CFA puisqu’elle garantit l’application sans faille des quatre principes précédemment cités. 

La centralisation des réserves de changes : un principe qui bloque l’économie des pays de la zone franc

Chaque banque centrale de la zone franc possède un compte d’opérations au Trésor public français et doit y déposer une partie de ses réserves de monnaie. Depuis 2005, 50% des réserves de change doivent être stockées sur le compte d’opérations en France (jusqu’en 2005 ce pourcentage était de 65). Il y a donc actuellement environ 8000 milliards de francs CFA venant de la BCEAO et la BEAC stockés au Trésor public, soit plus de 12 milliards d’euros. C’est autant d’argent qui est amputé du budget des États de la zone franc. La France rémunère les banques centrales africaines en intérêts, tout en se servant au passage grâce à des placements privés (des sommes dégagées au profit de la France qui se comptent en centaines de millions d’euros). Pire, la part d’intérêts versée aux banques centrales est comptabilisée dans l’Aide Publique au Développement ! Dépouillés de la moitié de leurs recettes, les pays africains de la zone franc se retrouvent ainsi dans une situation économique et sociale très difficile, d’autant plus que la France leur impose une rigueur budgétaire (c’est-à-dire une baisse des dépenses publiques) pour que l’approvisionnement du compte d’opérations soit garanti. 

La parité fixe franc CFA-euro : une entrave à la compétitivité des économies africaines dans le monde

Hier lié au franc français, le franc CFA est aujourd’hui arrimé à l’euro, c’est-à-dire que la valeur du franc CFA sur les marchés mondiaux dépend de celle de l’euro. Autrement dit, les pays africains de la zone franc n’ont pas le contrôle de leur politique de change et subissent les fluctuations du cours de la monnaie unique européenne. Les recettes de leurs exportations doivent être converties en euro avant de l’être en franc CFA, ce qui signifie que si la conversion entre l’euro et les monnaies étrangères fluctue, les recettes des pays africains de la zone franc fluctuent également. Actuellement la valeur de l’euro se renforce par rapport aux monnaies étrangères. Par conséquent, la compétitivité des pays de la zone euro, et donc de la zone franc, diminue par rapport au reste du monde. Une baisse de la compétitivité signifiant une plus grande difficulté à vendre ses produits sur le marché mondial, les conséquences pour les pays africains de la zone franc d’un arrimage à une monnaie forte comme l’euro sont considérables : les économies restent faibles, et les population se paupérisent car les matières premières qu’elles produisent ne peuvent ni être exportées ni être transformées. 

La libre convertibilité franc CFA/ euro et la libre circulation des capitaux ou comment légaliser la fuite des capitaux

La libre convertibilité s’applique des pays africains de la zone franc à la France et inversement, mais ne concerne pas les échanges entre les trois zones du système CFA. Ce principe facilite les investissements français en Afrique, le rapatriement des capitaux, et l’importation par la France de matières premières, mais bloque les échanges inter-africains. 

Les principes de libre convertibilité et libre circulation des capitaux favorisent également la fuite des capitaux de l’Afrique vers la France. Les entreprises françaises installées dans les pays africains de la zone franc peuvent rapatrier librement leurs liquidités vers la France et les transferts d’argent entre la France et l’Afrique s’opèrent sans entraves au profit des élites françafricaines. 

La participation française à la gestion des banques centrales africaines

Dans les trois banques centrales de la zone franc, des administrateurs français siègent aux Conseils d’Administration (CA). Dans les faits, la présence d’administrateurs français garantie par les statuts des banques centrales confère à la France un droit de veto lors de la prise de décision. Au CA de la BCC, 4 administrateurs sur 8 sont français alors que les décisions doivent être votées à la majorité. A la BCEAO seuls 2 administrateurs sur 16 sont français, mais l’unanimité est requise pour toute décision majeure (et notamment la modification des statuts). La situation est la même à la BEAC avec 3 administrateurs français sur 13. Le pouvoir de la France dans ces institutions est donc considérable et la présence de représentants français garantit la mise en œuvre de tous les principes centraux du système CFA. 

Un système monétaire qui constitue une entrave à la souveraineté des États africains de la zone franc

Le franc CFA est un liant qui cimente les relations économiques entre la France et les pays africains de la zone franc. Ces pays ne sont pas libres de la gestion de leur politique économique et monétaire, domaine pourtant constitutif de la souveraineté d’un État. Preuve en est la dévaluation de 1994 décidée unilatéralement par la France. 

Malgré le passage à l’euro, la France garde la mainmise sur la zone franc, alors même qu’elle n’est plus émettrice de la monnaie d’arrimage. L’adoption de l’euro aurait pu se traduire par une disparition du pouvoir tutélaire de la France sur ses anciennes colonies, or la France a obtenu que les accords de coopération monétaire de la zone franc ne soient pas affectés par l’intégration européenne. 

Cinquante ans après les indépendances, la politique monétaire de la zone franc reste donc décidée par la France en fonction de ses intérêts propres. Cinquante ans pendant lesquels cette politique a été complètement déconnectée des vrais enjeux du développement africain tout en permettant à la France de contrôler économiquement et politiquement ses anciennes colonies au profit de son économie nationale, et au préjudice du développement des relations entre pays africains. Le modèle imposé par le système franc CFA induit une verticalité des échanges (Nord-Sud) au détriment d’une coopération horizontale (Sud-Sud). Un tel système financier, au service des intérêts économiques et politiques de la France, ne peut pas être le vecteur de l’autonomie monétaire et du développement. Il perpétue les relations asymétriques et néocoloniales entre la France et les pays de la zone CFA. 
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