Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

 

 

 

Rechercher

19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 23:15

Juliette Abandokwe

19 août 2015

 

 

L’agitation mégaphonique du paneliste Banda Kani, apprenti transfuge rdpciste, sur Afrique Media, ne doit tromper personne, et surtout pas la télévision panafricaine, en dépit de ses besoins en marketing « politique ».

 

En bon démagogue, tout droit issu de l'école des jupes de Paul Biya, Banda Kani connait très bien les ficelles de la manipulation de masse, camerounaise en l’occurrence.La forme de son discours se calque parfaitement sur ce que la masse veut entendre. Mais en écoutant bien et en examinant le fond, les lacunes béantes et les distorsions très primitives se voient aisément.

 

Juste parce que les autorités camerounaises s’attaquent à son joujou promotionnel (Afrique Media), il se retourne brusquement contre ce pouvoir nourricier jusque là tant chéri. Il préfère donc la nouvelle nourriture sucrée de sa notoriété d’ennemi autofabriqué de la France, grand ami de son électorat futur potentiel.

 

Mais où était donc Banda Kani en février 2008 quand la France soutenait Paul Biya contre le peuple camerounais à force de matraquage, arrestations tout azimut et exécutions extrajudiciaires? Et où était-il aussi quand la France aidait le moribond Idriss Deby à se maintenir au pouvoir alors que la rébellion venu de l’Est du Tchad était déjà arrivée devant le Palais rose? Ses pérégrinations migratoires entre le Manidem et le RDPC ne lui auront pas suffi pour faire fructifier sa science nationaliste pour le Bien de la Nation.

 

On ne change pas au chien sa manière de s'asseoir. La transhumance politique constitue un signe majeur d'opportunisme qui qualifie en réalité l’ennemi public no 1 de la plus belle des façons.

 

A vrai dire, Banda Kani a commencé sa campagne électorale présidentielle, et se sert d'un média déjà très populaire sans lui. Si Afrique Media ne prend pas garde, il risque de sombrer avec le nouveau messie Kani à la première occasion de dérive. L’autre mégaphone turbulent d’Afrique Média, Jules Njawé, n’est qu’une grande cloche bien creuse, qui ne sonne que quand on l’agite.

 

Chers auditeurs d'Afrique Media, méfiez-vous donc de toute instrumentalisation de ce media somme toute très novateur et culotté à souhait, au grand dam des jaloux, et quoiqu'on puisse en dire, un rêve au bout de la nuit du colonisé frustré par sa captivité spirituelle. Aussi bien que soit le fait qu'on se sente capable aujourd'hui de fustiger et condamner librement les ennemis de la Nation, méfions-nous quand même de ceux que nous croyons être nos amis, ou pire, des messies que l’on croit indispensables et qu’on affuble de qualités imaginaires.

 

Le messie au service de la Nation camerounaise n'existe pas. Le seul qui peut sortir le Cameroun d'affaire est le citoyen camerounais lamda HIM-SELF. Même Idriss Deby n'est en aucun cas l'ami du peuple camerounais. Bien au contraire. Il fait partie intégrante de la clique de vautours qui se prépare à plumer le Cameroun,et attend seulement la bonne occasion pour venir le faire en toute tranquillité. Pire que la France y a pas, dirons-nous. La France a déjà plumé les trois-quarts, les autres viendront prendre le reste. En terme de résultat, aucune différence donc.

 

Les manières de Deby? Elle sont les mêmes que celle de la France: Semer un désordre et une discorde sans pareils et profiter du bruit pour prendre ce qu'on peut. Il a été en Centrafrique le bras armé de la France. Un serviteur très efficace, puisqu'il a contribué avec succès à mettre le pays à feu et à sang. Deux décennies lui auront suffi pour se concentrer sur ce résultat. Aujourd'hui, la plus grande partie du diamant du nord de la RCA prend directement le chemin de N'djamena. Le Cameroun est tout autant bourré de ressources naturelles intéressantes pour Deby, et bien davantage même.

 

C’est ainsi que quand on voit Deby inviter Afrique Media à s'installer au Tchad, il ne s’agit pas d’une simple manœuvre d'émancipation vis-à-vis de la France. Pour commencer il officialise enfin sa relation très discordante avec Paul Biya depuis longtemps, et nous aide aussi à comprendre une fois pour toute qu'en terme de Boko Haram, l'armée tchadienne n'est certainement pas venue au Cameroun pour venir aider le peuple camerounais.

 

Notons également que Guerandi et ses lieutenants s'étaient ralliés à Deby depuis un an ou deux, et ce, vous l'imaginerez aisément, en tout cas pas pour le plaisir de Biya. D’autre part, quand Biya accueille Bozizé et sa clique au lendemain du coup d'Etat de mars 2013, il sait parfaitement qu'il ne fait pas plaisir à Deby,devenu ennemi juré de Bozizé qu'il a "lâché" pour sauvegarder la nappe de pétrole centrafricain que Bozizé se préparait à vendre aux chinois. Les intérêts de la France sont en jeu certes, mais ceux de Deby encore plus.

 

Pour en revenir aux bidouilleurs locaux, Banda Kani n'est en fin de compte qu'un ambianceur de quartier qui surfe sur les vagues circonstancielles pour se faire une notoriété qui ne tient qu’à la forme de ses discours. Pas très solide pour un pseudo futur chef d’Etat. Mais suffisamment solide aux yeux d’une opinion publique encore maniable comme l'argile.

 

Quant à Idriss Deby, nous avons à faire à un monsieur qui sème la désolation partout où il pose son regard depuis plus de 25 ans, y compris et avant tout pour le peuple tchadien. Il n'est en aucun cas l'ami du peuple camerounais ni d’ailleurs d’Afrique Media, et n'a strictement rien d'un panafricaniste.

 

Néanmoins,les honneurs que beaucoup d'Africains accordent aujourd’hui à Kadhafi, ennemi de l'Occident, qui avait de son vivant posé effectivement des actes pouvant être qualifiés de panafricanistes malgré le manque de finalisation, font aujourd’hui grande envie à Deby. Insatiablement avide de pouvoir et du sentiment d'indispensabilité, il envie profondément la position antifrançaise et anti-occidentale de Kadhafi le "Panafricaniste", dont il se voit aujourd’hui personnellement le bénéficiaire avec son clan. Pourtant il sait parfaitement qu'il ne doit sa survie, politique en tout cas, qu'à la France, puisqu'au Tchad il n'aurait jamais pu rester 25 ans au pouvoir par fraudes électorales successives et répression abominable, sans la France. Chef d'Etat-Major d'Hissène Habré aujourd'hui devant la justice pour crimes contre l'Humanité, Idriss Deby a été installé au pouvoir en 1990, couvert et soigneusement cautionné par la France en tant que complice sanguinaire et malfaisant d'accords de défense bidon promulgués par la France. Son statut est donc exactement le même que celui du pauvre Paul Biya que ses admirateurs d’avant rejettent subitement aujourd’hui et qui se cramponne à Etoudi depuis 33 ans avec le soutien de la France. On ne peut qu'espérer qu'Afrique Media assure ses arrières en conséquence.

 

Que l'on choisisse de soutenir Afrique Média est très légitime et potentiellement porteur de la renaissance d’une opinion publique africaine libre des contraintes extracontinentales que nous connaissons. Mais il s’agit d’un manque flagrant de clairvoyance, et même insultant pour les grandes figure du panafricanisme tels que Kwame N’Krumah ou Thomas Sankara, de soutenir des gens qui s'accaparent frauduleusement du concept de "panafricanisme" et qui l'instrumentalisent ensuite à des fins très personnelles, lavant les cerveaux à toutes les sauces. Le nettoyage d’un paysage médiatique asphyxié depuis plus de 5 décennies par RFI et consort est plus qu’essentiel. Mais si le détartrage donne lieu à de nouvelles déviances javellisantes, c’est alors qu’on se sera battu pour pas grand-chose. Certains diront que la France dehors d’abord et on verra ensuite pour le reste. C’est une stratégie comme une autre. Néanmoins, si on jette le bébé et l’eau du bain en même temps, que restera-t-il dans la baignoire? Deby ? Obiang ? Bongo ? Sassou ?

 

C’est là que la stratégie de marketing d’Afrique Media ne pourra plus se contenter de la mégaphonie de Banda Kani qui aura même entre temps contribué à miner le terrain, ou des interviews vendus par-ci par-là, dont certains à des ennemis de la Nation camerounaise, même potentiels. C’est là aussi qu’Afrique Media s’apercevra, si ce n’est pas déjà fait, que dans certains domaines, la communication ne peut pas demeurer une simple activité lucrative, et qu’à part une ligne éditoriale bien établie, il lui faudra aussi une rigueur drastique dans la qualité de ses panelistes et autres intervenants, pour que ses plateaux ne deviennent pas de vulgaires tremplins pour des aventuriers politiques en tout genre. Un auditorat doit d’abord se respecter, car c’est par lui d’abord que vit le média en question.

 

En conclusion, l'éveil c'est bien, il est même attendu depuis des lustres. Mais qu'il soit conscient et dirigé avec sagesse à bon escient, et non de manière désordonnée juste parce que des messies autoproclamés nommés Banda Kani ou Idriss Deby sont sortis de nulle part avec des raccourcis intellectuels qui arrangent les esprits somnolent.

 

Le droit de penser est inviolable, profitons-en donc alors. C’est cela la véritable émancipation.

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
commenter cet article
1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 22:09

Juliette Abandokwe
1er avril 2014

 

Violences des 29 et 30 mars en République centrafricaine - Extrait du point de presse – 01.04.2014


Q - Quelle est votre réaction à la tuerie de ce we à Bangui (24 personnes tuées par des soldats tchadiens) ? cela peut-il remettre en cause la présence militaire tchadienne en RCA, que ce soit au sein de la Misca ou pour évacuer des civils musulmans ?

R - La France déplore les violences des 29 et 30 mars à Bangui, dont la responsabilité incombe pour une large part aux milices anti-balakas.

La France présente ses condoléances aux familles des victimes et assure le peuple centrafricain de sa solidarité en cette journée de deuil national. Elle demande que toute la lumière soit faite sur ces violences et rappelle qu’il n’y aura pas d’impunité pour ceux qui commettent des exactions.

La France soutient la MISCA dans l’exécution de son mandat de protection des populations civiles, en application de la résolution 2127 du conseil de sécurité des Nations unies et avec l’appui de l’opération Sangaris.

http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/republique-centrafricaine/la-france-et-la-republique-1216/evenements-19300/article/violences-des-29-et-30-mars-en

 

 

http://www.lanouvellecentrafrique.info/wp-content/uploads/2013/02/dby1.jpgDans les déclarations des représentants de l'Etat français, pas un mot sur la responsabilité d'Idriss Deby, chef suprême des militaires tchadiens en RCA à travers son neveu même père même mère, dans le massacre de plus de 20 personnes le week-end dernier à Bangui.

 

Un flagrant délit de révisionnisme par omission ! Et ensuite ils diront que l'Africain n'est pas entré dans l'Histoire. Voyons voir comment la France va sanctionner TOUS « ceux qui commenttent des exactions ».

 

Pourquoi ne mentionne-t-on pas ceux qui ont tiré sur la population avec leurs armes? Ils sont pourtant au moins tout autant responsables que ceux qui utilisent les civils par ricochet pour atteindre leurs ennemis.

 

MessieursDames l'Etat français,

 

cessez de cautionner les crimes et l'occupation en Centrafrique de votre collègue sous-préfet et ami Idriss Deby Itno, IDI pour les intimes. Vous couvrez l'intolérable, vous vous comportez en maître chez autrui, sur terre centrafricaine, avec votre collègue sous-préfet IDI et vous nous étouffez.

 

Si vous étiez venus chez nous comme vous l'avez clamé à qui a bien voulu vous écouter, pour arrêter cette guerre (en désarmant les belligérants aviez-vous dit), vous manquez singulièrement de neutralité. Vous faites même figure d'une girouette bien huilée, qui tourne au gré de la météo. Tantôt vous faites copain-copain avec les antibalakas, tantôt vous admettez leur diabolisme.

 

Si vous êtes venu faire autre chose que ce que vous aviez dit que vous feriez, c'est que vous vous déclarez ennemi de la nation centrafricaine. Si en plus, devant devant les deux ennemis caractérisés de la nation, soit, d'un côté les milices antibalakas à la solde d'un ex-rebelle-général-président frustré, et de l'autre côté un Deby avec ses satellites hétéroclites qui tournent comme des frelons paniqués là où son neveu les envoie, vous pratiquez la dénonciation à deux vitesses, c'est que vous vous déclarez doublement ennemi de la nation centrafricaine.

 

MessieursDames l'Etat français,

 

personne n'est dupe de vos simagrées de pseudo-défenseurs des faibles. D'autant plus que la faiblesse omniprésente, renforcée par l'absence calculée de l'armée nationale nationale centrafricaine, vous arrange vous et IDI. Nous savons tous sans exception qui est qui dans la maison.

 

En cautionnant systématiquement les activités hétéroclites et criminelles de Deby (pour ne parler que de lui), ne serait-ce qu'en RCA, avec un passé très lourd en terme de politique africaine, vous faites figure d'Etat criminel par excellence, multirécidiviste, imbibé dans la culture de l'impunité, exclusivement intéressé par l'extraction de vos intérêts géo-économiques, et rendant les populations superflues avec l'appui de vos acolytes et garants locaux, antipatriotes patentés.

 

Les milices antibalakas sont, par le biais de leur gourou Bozizé&co, issues de vos manigances locorégionales. Seleka tout autant, par le biais de nombreuses sangsues de fortune qui roulent pour le sous-préfet Deby et ses sbires.

 

MessieursDames l'Etat français,

 

continuez à faire la sainte-nitouche, cela vous sied si bien. 

 

Mais soyez conscient que la roue tourne.....

Même l'Empire romain a fini par se désintégrer... et pas toujours avec douceur et dans l'intérêt des Romains qui, se croyant bénéficiaires de l'Empire romain, en ont finalement été les victimes.

 

A bon entendeur !

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
commenter cet article
17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 03:00

17 novembre 2013
Juliette Abandokwe

 

Bangui, RCA. 

Le vendredi 15 novembre la presse tout azimut révèle " l'existence d'un centre de détention illégal à Bangui dans le bâtiment du Comité extraordinaire pour la défense des acquis démocratiques (Cedad), un service de renseignement officiel dirigé par le très influent Noureddine Adam." (chef d'une bande d'ex-Seleka tueurs.)

Le soir du samedi 16 novembre, Maître Modeste Bria, ancien procureur de la République, est abattu par des "ex-Seleka" dans un restaurant au carrefour Benz-Vi. 

Nous n'avons pas encore d'éléments sur les circonstances exactes de l'assassinat de Maître Bria ni sur ses activités de ces dernières semaines, ni du nom de l'infortuné professeur d'université qui l'accompagnait, tombé également sous les balles des assassins.

Je ne fais que juxtaposer les événements des 15 et 16 novembre 2013. 

Nous savons que Bangui est asphyxié par les services secrets tchadiens et que les écoutes téléphoniques sont à l'origine de nombreuses disparitions forcées et de meurtres de personnes enlevées. Personne à Bangui n'ose parler en public de ce qu'il pense, tant l'infiltration d'agents de renseignements est omniprésente. D'ailleurs, les services prévus pour recevoir les plaintes pour les nombreuses exactions sur les civils ne répondent pas au téléphone.

Nous savons que Noureddine Adam roule pour Idriss Deby, et reconnaissons dans l'existence d'une prison secrète, sous le couvert pompeux du "Comité extraordinaire pour la défense des acquis démocratiques", où se pratique la torture, les sinistres méthodes de Deby, dont souffrent également le peuple tchadien.

Un lieu de détention dont la juridiction échappe totalement au contrôle du Ministère centrafricain de la Justice, dont dépendait Maître Bria. 

Je m'arrête là. 

Exigeons tous ensemble qu'une enquête soit menée pour expliquer l'exécution de ce magistrat, qui évoque un pur et simple règlement de compte. 

Et surtout, exigeons tous ensemble que soient exposées au grand jour les activités de Noureddine Adam en lien avec les Acquis Démocratiques sur le territoire centrafricain dont il serait responsable, et plus particulièrement dans les cellules de la mort qu'il a derrière son bureau.

Le nouveau "Guantanamo" mais tchadien cette fois, en plein coeur de Bangui!!

L'emprise diabolique de l'occupation tchadienne sur le territoire centrafricain continue, pendant que le CNT et les prétendants au poste suprême gigotent en vertu d'une pseudo transition et élection "démocratique et transparente". 

Le poste suprême là n'est qu'un vulgaire piège à souris, dirigé par le maître rat pour qui toutes les souris sont grises......

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
commenter cet article
2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 12:17

2 octobre 2013
Juliette Abandokwe

 

 

Théâtre d’une tragédie abyssale, le Centrafrique vit aujourd’hui la pire crise politico-humanitaire que le pays a connue depuis «l’indépendance». La situation, pourtant déjà épouvantable, a pris depuis le 30 septembre un nouveau tournant. 

Depuis 24h, une unité blindée de l’armée nationale tchadienne et des véhicules montés de mitraillettes lourdes, se dirigent vers la ville de Bossangoa, à 300 km au nord-ouest de Bangui, environ 200 kilomètres de la frontière du Tchad. 20 autres véhicules auraient également quitté la ville de Sarh au sud du Tchad pour la même zone. 

Idriss Deby légitime de toute évidence cette invasion formelle par le massacre de Tchadiens dans la zone par des milices en tout genre. La lutte contre l’impunité, martelée à l’ONU depuis des semaines, a très bon dos, et l’histoire de l’humanité s’apprête à s’enorgueillir d’une nouvelle page. 

Aujourd’hui, Bossangoa et sa périphérie est devenue en moins d’un mois le nouvel enfer sur terre, avec des tueries innommables de civils en majorité musulmans, des représailles en tout genre, l’anéantissement de villages entiers dans la fumée. Les témoignages de villageois terrorisés font état de véritables raids indiscriminés et tueries aveugles à bout portant et à la machette. La communauté internationale découvre, s’apitoie, crie au scandale.
Et après… ?

Pendant que les « Grands » de ce monde se perdent en palabre à l’ONU, à New York et à Genève, où pendant des heures et des heures les membres des assemblées répètent religieusement qu’ils sont choqués par les événements horrifiant en Centrafrique, que les uns et les autres plaident pour obtenir des moyens financiers, on assiste à un enlisement horrifiant de la situation. Aucune action concrète supplémentaire n’est entreprise sur le terrain. A part les véhicules de l’ONU venus avec les équipes d’inspection, à part les constats, les journalistes qui commencent à affluer, les reportages truculents d’horreur, rien d’autre ne se passe. Aucune force d’interposition en vue. Pourtant les exactions durent depuis plus de 6 mois déjà.

Le Tchad et son tyran, avide de justifier la présence massive de l’armée nationale tchadienne (ANT) en Centrafrique, attend, comme un vautour qui jauge sa proie moribonde se débattant pour le droit à la vie. Un vautour qui s’érige en justicier, qui clame sa préoccupation quant aux droits humains, alors que ses propres prisons nauséabondes sont pleines à craquer de prisonniers politiques oubliés. Un criminel contre l’Humanité, responsable de bon nombre d’assassinats politiques et de massacres de populations, régnant sur son pays avec une brutalité sanguinaire depuis 23 ans, après avoir déjà tué des milliers de Tchadiens « sous les ordres » d’Hissène Habré. 

C’est ce monsieur-là donc qui veut maintenant, unilatéralement, dans une vision de fait accompli, après avoir joué la sainte-nitouche au Mali, rétablir l’ordre en Centrafrique. Et les Grands de ce monde le regardent faire sans rien dire. 

Dans le cadre de la lutte contre la prolifération d’armes, notamment à Bangui, un curieux manque d’enthousiasme dans le soutien d’initiatives déjà existantes sur le terrain est observable. Pourtant des actions de désarmement sur le terrain ont bien lieu, depuis des semaines. Elles sont concertées et organisées, malgré le peu de moyens. Dans les médias occidentaux, on parle d’uniformes dépareillés des éléments de la FOMAC. Pourtant à Bangui, ces éléments sont parés d’uniformes tout neuf. Certains efforts de ces éléments sont énormes. Le Général Jean Félix Akaga, valeureux commandant de la FOMAC, est clair dans ses déclarations devant les officiers généraux des Forces armées centrafricaines (FACA) et ceux des ex-Séléka: « Tout individu porteur d’une arme et ne situant pas sa qualité en service doit être désarmée de gré ou de force. » 

Et pourtant, les activités formelles de la FOMAC sont manifestement poussées à la sous-estimation par les médias internationaux et les actions entamées sur le terrain grossièrement sabotées. A Bangui, le contingent tchadien de la FOMAC, outsider évident depuis plusieurs mois par rapport aux objectifs généraux de la mission, progresse dans le boycottage systématique des activités de désarmement en ville de Bangui. Encouragés, les éléments tchadiens et soudanais de l’ex-Seleka refusent publiquement de se laisser désarmer. Les témoignages de Banguissois sont innombrables. L’occupation du pays par le Tchad est une évidence pour tous depuis plusieurs mois déjà et se traduit par les comportements arrogants des éléments définis comme tchadien par la population, et qui en même temps alimentent les ressentiments intercommunautaires et surtout interreligieux dans tous les esprits. 

Mais aujourd’hui, ce sont les blindés de l’armée tchadienne qui sont entrés sur le territoire centrafricain. Un territoire qui n’est défendu en l’état par aucune armée. Une armée qui n’existe que de nom, dont l’avenir est contrôlé par le Tchad. Pendant que des cadres très compétents sont à la proue de sa réorganisation, dans les arcanes des services du renseignement militaire, on retrouve des Tchadiens et leurs acolytes chefs de guerre Seleka.  

Tout le dispositif est en place. Des soldats tchadiens sont envoyés depuis des semaines par petits groupes successifs avec bienveillance par Deby pour « protéger » le pouvoir. La nouvelle « garde présidentielle » est là, avec l’étiquette FOMAC. Pourtant le pouvoir a bien moins besoin d’être protégé que d’être écrasé au sol, pour manger la poussière de force. Il n’est ici que question de pouvoir, rien d’autre. 

Accessoirement, Abdoulaye Miskine, un des principaux pourfendeurs des forces tchadiennes en Centrafrique depuis plus de 10 ans, est arrêté et détenu au Cameroun depuis 3 semaines dans des conditions qui restent mystérieuses. La médiatisation tortueuse autour de son arrestation, émaillée de mal-information occidentale, prouve une fois encore l’investissement politique malsain de ces médias. Les mouvements de Miskine sont parfaitement connus de tous depuis toujours, et pourtant on cherche à justifier son arrestation avec des motifs fallacieux. En avril dernier, il avait essuyé deux graves attaques par les hommes de Noureddine Adam, acolyte centrafricain d’Idriss Deby, qui avait failli lui coûter la vie. Son arrestation au Cameroun n’est que la continuation de la même démarche. 

Ce dont on ne parle pas non plus, est le massacre et la déportation dans les prisons du sud du Tchad de nombreux éléments de Miskine par l’armée tchadienne dans le cadre de l’avancée de Seleka, sous prétexte qu’il s’agissait des hommes de Baba Ladé. En bref, Miskine est une bête noire pour Deby et sa désactivation momentanée au Cameroun a fait partie du prélude à l’invasion militaire tchadienne.

Les blindés tchadiens sont sur le territoire national centrafricain depuis 2 jours. 

Qu’en dit François Hollande ? et Ban Ki Moon ? Est-ce que les Grands de ce monde ont mesurés l’implication d’une occupation militaire tchadienne en terme humain et en termes de lutte contre l’impunité ?

Le peuple centrafricain se meurt. Les Grands pleurnichent. Les vrais pourfendeurs ont carte blanche.

On a vraiment envie de demander « Où est la communauté internationale…. », tout en sachant qu’il ne sert à strictement rien de demander. 

La réponse est claire : La communauté internationale est là.
Et après… ?

Deby et ses élans hégémoniques et ses plans très grossiers de mise sous pression sont publics, il ne cache rien. Son système de fonctionnement manipulateur est connu depuis 23 ans au minimum. Les Grands de ce monde marchandent avec lui ouvertement, lui vendent des armes de guerre, le cautionnent, le regarde faire le sale boulot dans la sous-région. 

Et après… ?

Nous devons impérativement questionner l’ONU et ses partenaires. A quoi sert-elle ? et surtout comment vit-elle ? 

Car soyons lucide aujourd’hui. La crise en Centrafrique, silencieuse parait-il, fait partie d’un giron de crises extrêmement lucratif. Les bailleurs de fonds sont là, pêle-mêle. Les bouches affamées aussi sont là, pêle-mêle. Des requins et des vautours, que dis-je. 

La lutte contre l’impunité, le grand slogan en Centrafrique aujourd’hui… à l’ONU pardon !

Pourtant les crimes économiques monstrueux, rapportant aux uns et autres des dividendes qui ne disent pas leur nom, cautionnés par les Grands de ce monde, pataugent dans les marécages nauséabonds de l’impunité depuis des lustres. On fait des appels larmoyant de fonds monumentaux pour les « populations en détresse », pour des opérations de sauvetage extraordinaires pour de milliers de civils. De temps en temps, on fabrique une nouvelle « force d’interposition » avec des sigles clinquant et bling-bling. Des nouveaux uniformes, des nouvelles couleurs, des nouveaux chefs, des experts, toute l’arrogance d’un système humanitariste sur des populations profondément humiliées qui attendent juste une bouffée d’oxygène, et dont une émancipation aussi minime soit-elle n’intéresse strictement personne. 

A vrai dire, le Centrafricain lambda est superflu. 

L’impunité en Centrafrique, à l’heure où Idriss Deby envoie ses blindés sur le territoire national centrafricain, dans le mutisme de la communauté internationale, rentre dans une phase dont on ne connait pas encore la définition. 

La « lutte contre l’impunité en Centrafrique » …… et après… ?

La définition du superflu.

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
commenter cet article
30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 04:38

30 septembre 2013
Juliette Abandokwe

 

En 2007, Médecins sans Frontières disait que "dans une indifférence quasi générale, la République centrafricaine vit une catastrophe humanitaire majeure décriée par l’UNICEF qui estime à 285.000 personnes le nombre de déplacés de guerre pris entre les violences des rebelles, des bandits, et les opérations de ratissage des forces gouvernementales. Ces populations trouvent globalement refuge dans la brousse, dans les champs, ou carrément à l’étranger au Cameroun et au Tchad voisins. Le nombre de personnes victimes à divers titres de cette guerre est estimé par l’ONU au quart de la population centrafricaine, soit 1 million de personnes. Un autre indicateur alarmant, la mortalité infantile est de 420 enfants par semaine."

La situation était catastrophique, mais un régime garant des intérêts tchadiens et occidentaux était là, bien installé, aussi sanguinaire et profondément vicieux qu’il soit. Pour les humanitaires l'heure était grave, mais pour les géopolitiques, l'humain superflu.

Aujourd'hui, AFP et RFI crient tout azimut, et on dit que "la situation est extrêmement préoccupante en Centrafrique, où un tiers de la population est menacée d'une catastrophe humanitaire. La tension est extrêmement vive en Centrafrique, à tel point que le président français, François Hollande, a appelé, mardi 27 août, l'ONU et l'Union africaine "à se saisir de la situation" de ce pays "au bord de la somalisation et qui compte un million et demi de déplacé. 60.000 enfants risquent d'y mourir de malnutrition."

La rédaction de RTL mentionne le 29 septembre 2013 qu’il y a « sept chirurgiens pour cinq millions d'habitants, le pays au bord du gouffre ». Mais de qui se moque-t-on !? Tout d’abord le nombre d’habitants est grossièrement gonflé pour les besoins de l’argument (4,525 millions en 2012 pour la Banque Mondiale), et ensuite on fait comme si Seleka a tué tous les chirurgiens en 6 mois et que la population vivait bien avant le 24 mars, alors qu’en 2011 déjà MSF lançait des cris d’alarme sur la situation sanitaire désastreuse.

Une vraie revisitation de l’Histoire du Centrafrique, une fois de plus, par le chasseur, relayé par des médias occidentaux d'une efficacité sans faille.

En 2007 PERSONNE ne parlait de se "saisir de la situation" militairement comme on le fait aujourd'hui. A l’heure que nous vivons, ce sont carrément des commandos militaires qu'on lancent sur la RCA et qu'on prévoit de déverser sur le pays avec la bénédiction de la communauté internationale et de l’ONU. En quel honneur....? par humanisme….  Vraiment !?

Comme par hasard, un désordre inouï, avec un fort parfum d’ordre et de provocation, règne dans le pays depuis 6 mois, baignant très visiblement dans un "laissez-faire" total par la "communauté internationale" notamment. Bien calculé jusqu’à maintenant, la France ne dénonce rien et laisse faire, malgré la présence militaire française (autour de l’aéroport) pour "protéger les ressortissants français". A croire que les ressortissants français n'ont pas de domicile et qu’ils vivent tous à Bangui M'Poko!

Ensuite, le Tchad de Deby verse l'huile sur le feu. Ses sbires locaux sont dans tous les mauvais coups, au nez et la barbe de tout citoyen centrafricain. Tout le monde sait parfaitement que la tuerie/pillage de BoyRabe des 22-23 août 2013 a été perpétré par les hommes de Noureddine Adam, acolyte personnel d’Idriss Deby, qui recrute des Tchadiens et des anciens du Darfour. Dans la foulée, personne ne dénoncent les disparités évidentes au sein de Seleka et personne ne parle même d’enquêtes ou d’une analyse précise dans le but de résoudre le problème "Seleka". Les yeux qui ont vu sont là pêle-mêle, malgré la peur des représailles. On insiste de rester dans les estimations aléatoires qui ne riment à rien. La résolution du problème "Seleka" n'est pas vraiment intéressant pour ceux qui veulent coûte que coûte « intervenir » en RCA. Des estimations deviennent d’ailleurs une arme dans le rapport des forces puisque l’incarnation du manque de preuves concrètes. Les otages locaux du Tchad ne sont pas en mesure de faire un véritable état des lieux. L’atmosphère lourde et délétère de Bangui, psychotique, autant dans les quartiers que chez les gouvernants, déshumanise et neutralise. Les forts sont là et ont le champ libre pour exercer la tyrannie, celle qui rend les hommes superflus.  

Aujourd'hui à Bangui, à l'heure où toutes les "sensibilités" ont été mobilisées à l'ONU, et que tout le monde demande des interventions musclées pour "sauver les populations de l'anéantissement", tout en sachant que la prolifération d'armes légères est le problème no1 sur toute l'étendue du territoire, y compris à Bangui, on assiste régulièrement ces derniers jours à des scènes où des Seleka tchadiens refusent de se laisser désarmer par le mécanisme local qui a pourtant été créé pour désarmer les belligérants.

Mais qu'est-ce que ça veut dire finalement!? Le problème est que ce qui doit vraiment être dénoncé ne l'est pas. Le peuple centrafricain souffre sous le joug d'une présence militaire indésirable, contre laquelle le gouvernement ne peut rien faire. Un gouvernement héritant d'un système en friche, avec des institutions vides de substance.

Le désarmement à deux vitesses s’installe déjà : on désarme les occupés, et les occupants gardent leurs armes. Ensuite viendront encore ceux que Idriss Deby entraine dans ses camps militaires, et le tour sera correctement joué. A l’ONU et en France, on dira que la RCA est maintenant sécurisée. Le peuple centrafricain n’aura rien gagner de plus qu’une humiliation quotidienne extrême, l’annihilation de l’existence de son armée nationale et l’interdiction d’exister en tant que citoyen libre de ses choix.

Et la transition…. ? « Passage d’un état à un autre. (Larousse)» On va bien voir.

Pour le moment, de toute évidence, nous nous dirigeons allégrement dans une situation où les éléments armés tchadiens ont totalement carte blanche, font la pluie et le beau temps, tant au sein des ex-Seleka que dans les FOMAC, sur le territoire centrafricain devant le nez de tous. Plus besoin de se cacher d’ailleurs. Les forces armées tchadiennes, étatiques et non-étatiques, sont là plus que jamais.

Nous devons continuer impérativement à dénoncer et à refuser la présence armée tchadienne sur le territoire centrafricain, ainsi que les manigances des ennemis de la Nation centrafricaine. Nos voix sont encore trop petites, trop timidement organisées. Des moyens il y en a. L’occupation du tarmac de l’aéroport de Bangui nous l’a prouvé.

Mais la peur est là, omniprésente, ordinaire, difficile à vivre et à ressentir quand on n’est pas dedans.

A bon entendeur. 

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
commenter cet article
25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 10:31
25 septembre 2013
Juliette Abandokwe
 
L'occupation militaire de la République Centrafricaine par le Tchad confirmée!
 
Le désordre multiforme de Bangui n’est pas un hasard :

Il est clairement fabriqué pour provoquer la déstabilisation de toute action qui pourrait amener la paix et pour induire l’occupation militaire forcée du territoire centrafricain.

 

 

Idriss Deby a besoin de contrôler la RCA pour sécuriser son régime.

→ Contrôle de son « ventre mou » et prédation des ressources minérales centrafricaines.

 

Les militaires tchadiens continuent à renflouer les rangs de la FOMAC.

 

·         Idriss Deby n’est ni l’ami de Michel Djotodia ni du peuple centrafricain.

·         Ses troupes ne sont pas du soutien mais de l’occupation.

·         Les FOMAC tchadiens sont la substitution d’une garde présidentielle non sollicitée.

·         Les menaces terroristes en RCA sont une invention de Deby pour justifier une occupation militaire.

 

Les services secrets tchadiens asphyxient Bangui, écoutes téléphoniques massives.

 

Arrestations et disparitions forcées d’opposants tchadiens. Par exemple :

 

Idriss Ismail Idriss. Ex-Secrétaire d'Etat au Ministère des affaires étrangères,

Vice-président du FUC (Front Uni pour le Changement), grande figure dans les rebellions de 2006 à 2008. Arrêté en avril à Bangui, extradé à Ndjamena, aucune nouvelle jusqu'à aujourd'hui.

 

Colonel Job Nendobe. Figure de l’opposition armée tchadienne. Arrêté en octobre 2012 par Bozizé, libéré le 24 mars 2013, en résidence surveillée à Bangui par les services secrets tchadiens, il est arrêté en août 2013, et est introuvable à ce jour.  

 

L’occupation tchadienne du territoire centrafricain est confirmée, ainsi que sa complicité et co-responsabilité dans les graves exactions de certains « Seleka » sur le territoire centrafricain.

 

La responsabilité du Tchad d’Idriss Deby, à travers son homme de main Noureddine Adam, dans différentes vagues d’exactions contre des populations civiles est prouvée par de nombreux témoignages.

 

Une pétition populaire demandant le retrait des troupes tchadiennes de la FOMAC et du territoire centrafricain est restée sans échos.

 

*   *   *

 

Idriss Deby occupe la RCA formellement depuis 2003 avec l’avènement de François Bozizé, arrivé au pouvoir à l’issue d’une campagne sanglante contre les populations civiles pendant 2 ans, crimes jusqu’à aujourd’hui resté impunis.

 

La décennie de pouvoir de François Bozizé, soutenue et financée par Deby, a été émaillée de crimes divers : disparitions forcées, assassinats, exécutions extrajudiciaires, détentions arbitraires, crimes économiques massifs et violation du droit au développement du peuple centrafricain.

 

Tous ces crimes, accomplis publiquement pendant 10 ans, restent pour l’heure impunis, dans le silence assourdissant de la communauté internationale.  

 

La naissance de Seleka dans le courant de 2012 – coalition de différents groupes militaires non-étatiques - s’est faite dans le but de renverser un pouvoir profondément abusif, criminel et illégitime, issu d’élections frauduleuses et non représentatives de la volonté du peuple.

 

La composition du départ s’est progressivement modifiée. Infiltré progressivement par Idriss Deby et ses hommes de main Noureddine Adam et Moussa Daffane, certains autres groupes se sont volontairement distancé, tel que le FDPC d’Abdoulaye Miskine, et autres groupes de l’opposition armée tchadienne.

   

Prise de Bangui

 

Dans le courant de janvier et février 2013 notamment, alors que Seleka est aux portes de Bangui, les assassinats de civils runga et goula et les appels à la haine ethnique battent leur plein dans la capitale, orchestrées par François Bozizé et ses hommes de main de COCORA sous prétexte de défendre la ville contre les assaillants. Distribution d’au moins 2000 armes légères dans les quartiers. Ses crimes restent pour l’heure impunis.

 

Après le renversement de François Bozizé le 24 mars 2013, le chaos s’installe.

Pillages massifs des uns, politique de la terre brûlée des autres. TOUS sont responsables.

 

5000 à 6000 hommes, issus de différents mouvements armés, enfants-soldat, familles de paysans du nord incorporés à la va-vite, sans formation particulière, mais tous épuisés par une décennie de gouvernance abandonnique et catastrophique.

 

Michel Djotodia, doyen et représentant du mouvement Seleka, est proclamé chef de la coalition à l’entrée de Bangui. Deby et ses hommes de main sont là.  

 

Il est aujourd’hui indispensable d’analyser avec précision la composition des éléments de Seleka à l’entrée de Bangui, afin de déterminer avec précision les responsabilités exactes dans les crimes atroces commis par certains éléments de Seleka.

 

Rapidement, les 5000-6000 éléments se sont retrouvés à plus de 20 000 éléments, sous-entendu plus de 15 000 éléments incontrôlés, sortis de nulle part. Tout homme habillé en treillis militaire et béret rouge, avec ou sans arme, avec ou sans turban, devient un Seleka.

 

Pillage et/ou tueries, contrôle impossible. Système judiciaire dépassé et impuissant.

 

La tuerie de BoyRabe du 22 au 23 août 2013, ainsi que l’attaque de la semaine d’après, conduisant les populations de BoyRabe et Boeing à se réfugier sur le tarmac de l’aéroport M’Poko, ont pourtant été commises de façon organisée. Des enquêtes sur les responsabilités sont possibles et les témoignages sont largement suffisants pour déterminer le rôle des uns et des autres. Les attaquants de BoyRabe, pour la plupart ne parlaient ni français ni sango, et sont reconnus formellement comme des hommes (tchadiens et soudanais) de Noureddine Adam.

 

Les divers témoignages de la vie quotidienne des Banguissois notamment, expriment très formellement la présence militaire du Tchad à Bangui, à travers les soldats tchadiens de la FOMAC qui augmentent progressivement, ainsi que de nombreux éléments Seleka formellement identifiés comme étant tchadiens et leurs amis soudanais du Darfour.   

 

Halte à l’occupation tchadienne de la RCA

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
commenter cet article
10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 19:10

10 juillet 2013
Juliette Abandokwe


Depuis le 24 mars dernier, les exactions en tout genre de "Seleka" se sont concentrées sur des pratiques de grand banditisme dignes des plus grands méchants de western américains. Qu'on aie assisté à une ou deux semaines de pillages aurait été explicable, sans être bien sûr justifiable. Mais au-delà d'un temps de battement pour permettre aux différents éléments de retrouver leur place, cela devenait franchement très suspect. 

Rappelons-nous que Seleka était dès le début un mouvement composé d'éléments très hétéroclites et munis d'objectifs tout aussi divers. Déja pour commencer, si Bozizé avait été un bon président, qui aurait au moins essayé de développer un tant soit peu la Nation centrafricaine, il n'aurait pas eu en face de lui une rébellion aussi massive et déterminée. De plus, nous avons assisté à un mouvement multicéphale à son entrée à Bangui le 24 mars, avec plusieurs chefs dont on ne pouvait prédire ni le devenir ni le pouvoir de nuisance pour la population. 


Qui sont les Seleka d'aujourd'hui.....? et pour qui roulent-ils surtout.....?

Noureddine-Adam.jpgEntre le démarrage de Seleka en début décembre 2012 et son "cantonnement" à la ligne rouge de Damara à fin décembre, des transformations essentielles dans le leadership du mouvement avait préparé la prise du pouvoir à Bangui. La crise de gouvernance au sein de Seleka s'étant déclaré étonnamment tardivement, nous avions vite vu que les postes de chefs et de porte-parole se disputaient âprement, et que cette division allaient coûter la vie à la cohésion du mouvement.

Division fabriquée ou non, très ancienne stratégie ennemie en tout les cas, ceux qui contrôlent la RCA depuis 10 ans, qui ont porté, cautionné et financé un Bozizé pour qu'il ne reste qu'un pauvre pion, ont repris le dessus après un court instant de flou général. Le temps de reprendre leurs esprits pendant que les éléments de Seleka trépignaient d'impatience derrière la ligne rouge, et le tour était joué. Tout le monde savait que le boulanger Bozizé n'allait pas tarder à reprendre ses discours de zizanie qui justifieraient très largement son renversement. En effet, Bozizé n'a jamais montré la moindre once d'humilité ou de volonté de faire un effort pour éviter le pire. En était-il même capable, ou n'était-ce pour lui que l'introduction de politique de la terre brûlée qu'il avait déjà démarré avec Cocora? Sa dernière déclaration où il défiait le peuple centrafricain, disant qu'il allait falloir compter avec lui lors des élections de 2016 n'a été qu'une provocation de trop. 

S'en est suivi ce que nous savons tous, et que nous déplorons aujourd'hui, ainsi que les moult interprétations des tenants et aboutissant, de ce qu'il faudrait faire et qui est responsable, avec les variations opportunes habituelles. Certains, de mémoire très courte, essaient de prouver au monde que mieux que Bozizé on ne pouvait pas avoir. Certains autres aussi cherchent à argumenter que ceux qui avaient "soutenus" l'avancée de Seleka sont aujourd'hui des criminels et devront s'asseoir dans un Tribunal pour être jugés. En bons automates à l'esprit du colonisé typique, cultivant la négation et la manipulation, il est déclaré sans ambage que l'expression d'une opinion pouvait devenir un crime quand le résultat sur lequel se porte ladite opinion ne nous arrange pas, et persuade le monde que rien ne justifiait le départ d'un Bozizé pourtant arrivé au bout des ressources de son "butin de guerre" de 2003, après une décennie de violences étatiques, d'oppression brutale faite de détentions arbitraires, d'intimidation et d'assassinats, de crimes économiques massifs et de refus catégorique de travailler pour le bien de la Nation. Vouloir se débarrasser d'un tel lot de désolation nationale, est devenu un crime, juste pour occulter la masse de crimes impunis précédents, et par refus de prendre le risque de critiquer des maitres contre lesquels se sent complètement impuissant. Et pour ceux-là, à l'instar de tout tyran bien pensant, vouloir autre chose qu'une médiocrité abyssale, seule proposition de "programme politique" à disposition, est un crime. Des interlocuteurs stériles et sans intérêt dans un contexte de crise politico-économique qui dure depuis plus d'une décennie, et surtout les petites puanteurs que Bozizé laisse derrière lui dans sa fuite désespérée.

Aujourd'hui, à trois mois et demi du renversement du clan Bozizé, les exactions la Seleka "libératrice" semblent peu à peu se calmer, à l'instar des apparents efforts de désarmement, malgré que la configuration politique donne toujours autant de fil à retordre dans des débats sans fin. Sans trop donner d'importance à la dimension géostratégique sous-régionale, ce sont surtout les discussions sur la transition et les élections prochaines qui mobilisent et échauffent les esprits. 

Et pourtant cette dimension, plus particulièrement la relation entre la RCA et le Tchad, se banalise dans les esprits, ou a découragé la plupart des Centrafricains tant le déséquilibre des forces est grand. "On sait bien ce qui se passe, mais qu'est-ce qu'on peut faire...". La soumission à l'intolérable est là depuis, à la grande joie des prédateurs. Mais la liberté de penser est pourtant là aussi. 


Le noyau du début de Seleka n'a plus aucune espèce de pouvoir aujourd'hui. 

Dans tous les grands débats aujourd'hui, on sait que la République Centrafricaine représente encore et plus que jamais la 24ème région du Tchad, dont le gouverneur n'est autre que Noureddine Adam, d'une faction Seleka catapultée sur le terrain plusieurs semaines après le début, pour être prêt, derrière la ligne rouge de Damara, à prendre le contrôle lors de l'entrée à Bangui, au bénéfice de son employeur Idriss Deby. Tous les matins, il téléphone à son chef pour lui rendre les comptes de la situation locale, et intervient régulièrement dans les médias nationaux tchadiens.  

Depuis que la RCA est restée suspendue du Processus de Kimberley le 23 mai 2013 (garantie de traçabilité des diamants), le diamant centrafricain prend pratiquement exclusivement le chemin du Tchad. Les grandes mafias du diamant n'en ont que faire des systèmes de traçabilité du diamant et ont développé moult stratégies pour contourner la traçabilité "officielle". Les activités maffieuses du clan Deby ne sont d'ailleurs un secret pour personne. 

Le commerce ilicite et maffieux du diamant centrafricain a donc encore de très beaux jours devant lui, au nez et à la barbe du très bien pensant Processus de Kimberley. C'est comme ça que dans un 2ème temps on pourrait légitimement s'interroger sur les véritables raisons de la suspension de la RCA du Processus de Kimberley, losqu'on sait que cette législation sert à empêcher le financement de "rebellions" soit de groupements armés non-étatiques. A condition bien sûr qu'on soit dans le contexte d'un Etat, ce qui n'est pas très sûr en RCA à l'heure actuelle. En tout cas, nous sommes catégoriquement dans le contexte d'un Etat dépouillé de sa souveraineté nationale.

En effet, lorsqu'on considère que dans les faits la République Centrafricaine est une annexe du pré-carré d'Idriss Déby, président du Tchad "démocratique", et que Seleka ainsi que l'essence du gouvernement de la République Centrafricaine, en théorie souveraine et indépendante, est dans les fait contrôlé par un proche collaborateur de Deby, on peut dire sans trop se tromper que Seleka, occupée à piller le diamant centrafricain pour le bénéfice majoritaire de Deby le Tchadien, ne correspond pas vraiment à un groupement armé non-étatique dont personne n'a le contrôle. D'où une prévention quelque peu décalée d'une suspension de l'Etat centrafricain du Processus de Kimberley. 

Lorsqu'on considère que le Ministre en charge de la Sécurité, Rounga centrafro-tchadien, est intimement lié au Tyran du Palais Rose, la majeure partie de sa famille vivant au Tchad, et que Mahamat Bahar, Chef des Renseignements Militaires au Ministère de la Défense, communement appele B2 (Chef du 2ème Bureau), poste clé au sein de l'Etat-major, est zaghawa pure souche, on doit comprendre que la RCA est aujourd'hui sous occupation tchadienne purement et simplement. 

Le fait donc de considérer que Seleka n'est rien d'autre qu'une bande de voyous incontrôlés est une manière de contourner voire d'occulter le vrai rôle de Seleka en RCA aujourd'hui, qui n'est entre autre qu'un instrument d'entretien d'un désordre calculé pour garder la main mise sur le fonctionnement du gouvernement centrafricain. Car sans sécurité, pas de prêts, ni d'investissements, ni de développement, et surtout une crédibilité constamment sur la sellette pour le chef de l'Etat.

La Seleka d'aujourd'hui, grossièrement télécommandée par le Palais Rose à Ndjamena, représente donc tout simplement une garantie que le peuple centrafricain restera à genou, sans possibilité d'émancipation, impuissant devant le pillage systématique des ressources de son sous-sol. En somme, la concrétisation du rêve d'Idriss Deby et l'assurance qu'il n'y aura pas à Bangui une base arrière pour son opposition, ainsi que la garantie d'une source d'enrichissement énorme. 

Nous nous souviendrons certainement sans peine de la garde prétorienne de Bozizé composée à 50% de Tchadiens zaghawa pour surveiller le pré-carré de Deby. Ces éléments ayant été retiré par Deby en automne dernier, il était prévisible qu'un régiment tchadien, ou pro-Deby, allait forcément tôt ou tard venir le remplacer. Nous sommes donc servi aujourd'hui, malgré le "désarmement de gré ou de force" des éléments incontrôlés de Seleka. Ne soyons pas dupe. A la fin de ce désarmement, nous aurons une nouvelle "garde prétorienne" en place pour surveiller et quadriller le pré-carré débyque centrafricain, la 24ème région du Tchad. 

Deby pourra faire tout ce qu'il voudra pour écraser toute velléité de résistance, tant au Tchad qu'en RCA, au Congo Brazzaville et ailleurs dans la sous-région. Harceler, humilier, casser, torturer, tuer, on a déjà tout vu avec l'ancien chef d'Etat-major de Hissène Habré aujourd'hui en ballottage judiciaire. Mais il ne pourra pas tuer ce qui anime ses opposants, ni violer chez qui que ce soit la liberté de penser.

Personne n'est éternel. Mais il s'inscrira dans l'Histoire de l'Afrique comme un des pires tyrans que le continent aura vu, pas seulement pour son peuple, mais aussi pour les peuples environnant.

Car soyons lucide. Tant que Deby sera au pouvoir, il n'y aura pas de paix ni de développement en République centrafricaine. Mais sa mise en disponibilité, tout comme un bon casse-tête chinois, est une autre histoire...

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
commenter cet article
6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 16:01

6 juin 2013
Juliette Abandokwe

 

Dix jeunes pris en otages à Baboua le 1er juin 2013, dont  5 jeunes capturés dans le secteur de ziko-mofôrô et 5 autres qui sont les enfants d’un éleveur dans le secteur de Nguèzè, par des ravisseurs se réclamant d’Abdoulaye Miskine. 

Information émanant du Colonel Adam.

  

 

Désinformation médiatique

 

Cette information exprimée au conditionnel, reprise par Fred Krock (journaliste, reporter et photographe, journal L’Hirondelle) pour Afrik.com, s’est ensuite transformée en affirmation formelle contre Abdoulaye Miskine.

 

La métamorphose m’a interpellée et le manque d’indépendance del’article mahttp://www.africanaute.com/photos/bibliotheques/27276/c-noureddine-adam-ministre-centrafricain-securite-publique.jpgpoussé à aller au-delà de la simple information de façade.

 

On peut lire ensuite que le FDPC dirigé par Abdoulaye Miskine exige du gouvernement centrafricain une rançon de 10 millions de fr. CFA pour la libération des otages, soit 1 million par personne.

 

La question de savoir si et comment ces éléments ont été vérifiés par le journaliste est cruciale.

 

Miskine et Seleka

 

http://img.over-blog.com/300x225/1/81/85/96/photos-m-daillon/Miskine.jpgSoit dit en passant, Abdoulaye Miskine n’a jamais signé les accords de Libreville comme stipulé dans l’article de M. Krock. D’autre part, le mouvement « rebelle » de Miskine ne s’est pas séparé de Seleka sur un simple caprice.  Décrire son retrait comme une option «pour faire cavalier seul » révèle une belle méconnaissance du terrain et/ou un défaut d’indépendance de l’analyse.

 

C’est en voyant arriver Noureddine Adam, l’homme de main d’Idriss Déby en RCA, alors que la Seleka était déjà devant Bangui, que Miskine avait décidé de quitter une coalition dorénavant complètement contrôlée par son grand ennemi Deby et son pion Noureddine. Ceux-ci   allaient forcément tôt ou tard lui tendre un traquenard pour en finir avec lui.

 

Mobile du discrédit

 

En ce qui concerne l’enlèvement des 10 jeunes à Baboua le 1er juin dernier, il faut noter l’importance de la source. L’information est donnée par le colonel Adam. Noureddine Adam, actuel ministre d'État chargé de la Sécurité publique, de l'Émigration-Immigration et de l'Ordre public, 3ème homme fort à Bangui, à la solde d’Idriss Deby, est bel et bien l’ennemi juré d’Abdoulaye Miskine, qui n’a jamais voulu accorder ses violons sur ceux de Deby.

 

Alors que Djotodia tendait la main à Miskine pour le faire revenir à Bangui, et que l’affaire était en cours, Noureddine Adam et sa faction de la Seleka attaque les positions de Miskine à 2 reprises entre le 2 et le 4 avril dernier, le blessant la 2ème fois. Une quinzaine de ses hommes les plus fidèles sont tués, et son camp correctement pillé.

 

Miskine à Bangui n’arrangerait pas du tout Deby ni Noureddine Adam par extension, car leur contrôle des commandes seraient immanquablement questionné.  

 

Un élément clé dont on ne parle pas, est que le 31 mai dernier, sachant que les éléments de Noureddine Adam, stationnés à Bouar, étaient sur le point de l’attaquer une nouvelle fois, Miskine prend les devants et les attaque à son tour, leur faisant subir une cuisante défaite.  Grande est l’humiliation pour Adam et ses hommes, et on s’imagine aisément la soif de vengeance en découlant.

 

Stratégie boiteuse

 

En ce qui concerne l’enlèvement de ces 10 jeunes de Baboua, pour la plupart des enfants d’éleveurs, il est curieux que la rançon soit demandée à l’Etat centrafricain. En effet, dans les enlèvements passés de Mbororos, ce sont aux familles qu’on demandait la rançon. A l’est du Nigéria, où les enlèvements sont devenus une source de revenus très lucratives pour les coupeurs de routes, c’est encore à la famille qu’on demande la rançon et non à l’Etat nigérian ou au gouverneur.

 

De plus, avec tous les problèmes à Bangui en ce moment, il est difficile d’imaginer qu’une dizaine de jeunes d’éleveurs deviennent une priorité pour le gouvernement centrafricain. Donc, si le but de Miskine était d’obtenir de l’argent, ce n’est pas sûr qu’il réussisse de cette façon.  Dans quel autre but le ferait-il donc ?

 

D’autre part, depuis plus de 10 ans que Miskine est dans le maquis, son nom n’a jamais été associé à des prises d’otage contre rançon à l’Etat centrafricain. C’est vrai que les stratégies peuvent changer, mais on peine à voir ce que Miskine y gagnerait, sachant que l’Etat n’est pas prêt à débourser 10 millions.

 

Otages instrumentalisés ?

 

Dix jeunes innocents sont en train de souffrir quelque part, privés de leur liberté, certainement affamés, brimés ou frappés. Révoltant ! Seraient-ils simplement pris en otage pour une sinistre affaire de chantage ? Qui les a vraiment enlevés ?

 

Si d’aventure ces 10 jeunes viendraient à périr ces prochains jours, on dirait tout d’abord que Miskine est un grand méchant, puisqu’il s’attaque à des civils sans défense. Néanmoins, nous devrions nous poser la question de savoir à qui profiterait une telle accusation d’exaction. Car il ne s’agit pour le moment que de supputations, dont la source est plus que douteuse.

 

Bien sûr, dans le maquis tout est possible dira-t-on.

 

Le manque total de scrupules aidant, notamment dans les affaires internationales autant que nationales d’Idriss Deby, qui ne recule devant rien pour criminaliser toute velléité de résistance envers lui, on est en droit de s’inquiéter pour la survie de ces 10 jeunes capturés arbitrairement, dans une région qui n’est rien d’autre qu’un far-west sans foi ni loi.

 

Avant de suivre des rumeurs manipulatrices les yeux fermés, diffusées par une presse pas très indépendante, voire au service de gens peu recommandables œuvrant pour des puissances étrangères occupatrices, nous devrions demander des preuves tangibles et examiner les mobiles des uns et des autres.

 

Ou alors des preuves du contraire !

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
commenter cet article
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 09:08

7 mai 2013
Juliette Abandokwe


Notre camarade tchadien Makaila Nguebla, blogueur et résistant infatigable contre la tyrannie d'Idriss Deby, a été arrêté mardi après-midi 7 mai 2013 à Dakar, après la visite du ministre tchadien de la justice dans la capitale sénégalaise.

Résidant à Dakar depuis plusieurs années en tant que réfugié politique, Makaila est l'un des principaux pourfendeurs du régime de Déby, qui règne sans partage sur le Tchad avec sa famille depuis plus de 20 ans.

Nous demandons instamment aux autorités sénégalaises de faire preuve de clairvoyance et de respecter les droits de notre frère en tant que réfugié, tout comme elles respectent inconditionnellement l'exil de Hissène Habré depuis passé 20 ans, malgré les importantes charges de crimes contre l'humanité pesant contre lui.

Nous demandons à la jeunesse sénégalaise de réclamer des comptes au gouvernement sénégalais qu'elle a élu, dans le cadre d'une grave violation des droits du réfugié et de la personne humaine, qui constitue en passant une grave menace pour l'image d'un Sénégal souverain et démocratique.

Aux acteurs de la société civile du Sénégal et d'ailleurs, et aux associations de défense des droits de l'homme, nous demandons de réclamer haut et fort les motifs de l'arrestation de Makaila, de localiser le lieu et ses conditions de détention, de s'assurer qu'il bénéficie d'une défense ad hoc, et de suivre avec une attention soutenue la potentielle extradition de Makaila vers le Tchad.

Nous dénonçons très fermement l'illégalité de l'arrestation de Makaila Nguebla, qui ressemble très grossièrement à un délit d'opinion et de presse sur une terre qu'il pensait d'asile.

 

 

Qui est Makaila Nguebla?
Source: Leral.net

 

La plume combattante

 

Makaila Nguebla est d’origine tchadienne. Voilà maintenant six ans depuis qu’il est établi au Sénégal. Son pays d’accueil. Pays d’exil. Musulman pratiquant, il a été chassé de la Tunisie juste après avoir obtenu sa Licence en Information en Administration commerciale à l’Institut Gamarthe de Tunis. Son engagement politique et citoyen et son amour pour le Tchad sont passés par là.


Après ses études secondaires au Tchad, Makaila, comme l’appellent les proches, jette son dévolu sur la Tunisie. C’était en 1999. Il entame des études supérieures. Quelques années plus tard, Makaila obtient sa Licence en Information en Administration commerciale. L’obtention de son diplôme supérieur coïncide avec la publication de ses premiers textes engagés pour dénoncer la situation politique tchadienne. Un texte publié dans la rubrique Vous & Nous de l’hebdomadaire international Jeune Afrique sonna le glas au séjour tunisois et tunisien de Makaila. « Le gouvernement de Ndjamena a fait des pressions sur les autorités tunisiennes pour que je quitte la Tunisie », raconte-t-il.

De la Tunisie au Sénégal …

Cette expulsion marque le début d’un engagement politique et citoyen sans faille du jeune Makaila. Avec armes et bagages, il fait un détour à l’ambassade du Sénégal à Tunis. Coup du destin : un visa lui est accordé. Il dépose son balluchon au pays de la Teranga. Avec son statut d’exilé politique, il milite à la Rencontre Africaine de Défense des Droits de l’Homme (Raddho), noue des contacts et explique le sens de son combat et les raisons qui l’ont mené au Sénégal. La Raddho l’a beaucoup aidé à parfaire et réussir son intégration au sein de la société sénégalaise. « L’hospitalité sénégalaise à mon égard, c’est touchant. Mon combat est partagé par tous les Sénégalais », explique Makaila.

Makaila est issu d’un mariage entre un père d’ethnie Mbaye et d’une mère Hadjarai. Il s’habille d’une manière soft et très simple et détendu. En ce second mercredi du mois d’avril, la température est clémente dans le quartier où il est logé, non loin de l’avenue Bourguiba de Dakar. Assis sur une chaise blanche en plastique, il a les yeux rivés sur le moniteur de son ordinateur portable, l’air pensif et les doigts sur le clavier, tournant le dos à son balcon qui offre une magnifique vue panoramique sur une partie de Dakar. Il alimente quotidiennement son blog, rédige quelques textes, corrige des articles et lit le fil des commentaires de son blog (makaila.over-blog.com).

La force d’un blog

Ce blog est très suivi et traite principalement de l’actualité politique tchadienne. « C’est un moyen d’expression parce qu’au Tchad, les médias sont étouffés, la société civile réduite au silence et l’opposition est presqu’inexistante. Il n’y a pas d’alternatives au Tchad. Les Tchadiens sont bâillonnés face à un pouvoir qui refuse l’ouverture médiatique et démocratique. Seule une médiatisation peut dénoncer la situation qui prévaut au Tchad. Ce blog c’est l’interface entre les Tchadiens et l’international », souligne-t-il. Ce blog c’est son «arme ». Au moment où ses autres frères s’engagent dans l’opposition armée tchadienne, pour combattre le pouvoir d’Idriss Deby Itno, lui, à travers sa « plume combattante », lance des roquettes sur la « gestion opaque des ressources du Tchad », mitraille la « démarche autocratique des autorités tchadiennes » et pilonne « l’absence de démocratie et d’ouverture médiatique » dans son pays d’origine. « Ce blog est alimenté par mes textes, les contributions d’amis tchadiens et africains », dit-il.

Les bâtons dans les roues de la liberté d’expression

Ce blog, avec un fort taux de pénétration quotidien et la qualité des textes publiés, a fait l’objet d’un reportage de la part d’Africa 24. Une équipe de cette chaîne africaine, basée à Paris, a fait un aller-retour Paris-Dakar-Paris pour voir en chair et os l’homme, le blogueur qui « empêche au pouvoir de Ndjamena de dormir sur ses deux oreilles ». A l’instar des régimes tyranniques qui essaiment dans le continent africain, ce succès est mal digéré par Ndjamena. Il reçoit souvent des menaces à travers les commentaires de son blog : « Les menaces ne peuvent pas me dissuader de continuer le combat. Je mène cette lutte pour le bien-être des Tchadiens, pour une justice sociale équitable, une liberté politique et l’égalité entre tous les Tchadiens.» Pourquoi une révolution tchadienne à partir du net ? Une option qui serait souhaitable parce de rien, le président tchadien, Idriss Deby Itno, est au pouvoir depuis 1990. Vingt ans de règne sans alternance !

Outre les menaces, le renouvellement de son passeport est bloqué sans aucune explication valable : « Les autorités tchadiennes ont refusé de me confectionner un autre titre de voyage. La date de mon passeport est expirée mais jusqu’à présent pas de renouvellement ». Les démarches faites par sa famille établie au Tchad sont vaines. Elle est toujours renvoyée aux calendes grecques. Ce refus empêche à Makaila de voyager et de porter, dans d’autres contrées, les revendications du peuple tchadien et de bien mener son combat. Il tente d’expliquer ce comportement des autorités étatiques de son pays : « Au Tchad, tu ne peux pas s’afficher politiquement en toute liberté. Si tu ne fais un acte d’allégeance au pouvoir tu es condamné à vivre éternellement dans l’opposition avec tous les risques qui peuvent en découler.»

Homme politique, cyber activiste, altermondialiste – participation au Forum social mondial de Dakar 2011 et co-rédacteur de la Charte mondiale des Migrants – et militant des Droits de l’Homme, Makaila assiste les réfugiés politiques guinéens, mauritaniens, ivoiriens, etc. Dynamique et de commerce facile, il développe un sens élevé du partage. Des discussions et débat sur la politique africaine le passionnent. Des appels par-ci et des mails par-là, Mak – son nom autre surnom – informe la presse sénégalaise et étrangère de ses prochaines activités. Des activités qui tournent essentiellement au tour de conférences de presse (sur la situation politique tchadienne), d’exposés et de présentations des figures politiques tchadiennes. Avec un carnet d’adresse bien fourni, Makaila passe souvent sur Radio France International (Rfi), Bbc Afrique, Africa N°1 et sur des chaines de télévisions sénégalaises pour dénoncer l’attitude du gouvernement de Deby. « Je dis non à la confiscation du pouvoir par un clan, non à la gestion calamiteuse des ressources du pays et non à l’absence d’alternative politique », clame Makaila. Il s’offusque également du fait que « le peuple tchadien n’est pas consulté quand il s’agit de prendre les grandes décisions sur l’avenir du pays. Ce constat triste est à dénoncer.», lance Makaila. Il appelle la France et la communauté internationale pour qu’elles soient plus vigilantes sur la situation au Tchad. Son seul souhait est : « Que la démocratie soit effective au Tchad.»

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
commenter cet article
23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 20:04

23 avril 2013
Juliette Abandokwe


A peine rentré de son voyage en France, Sassou reprend les choses en main, et vole au secours de son acolyte et ami Idriss Déby!

 

Le 18 avril 2013, le sous-préfet et le maire d’Oyo (village d’origine de Sassou N’Guesso)  invitent 28 Tchadiens commerçants à fermer leur boutique pour venir assister à une cérémonie à la Sous-préfecture. Dès leur arrivée sur les lieux, le sous-préfet prend la parole.

Après quelques instants, les citoyens Tchadiens présents se retrouvent encerclés par un bataillon de militaires, et se rendent compte qu’ils sont tombés dans un vulgaire guet-apens. Ils sont emmenés au Commissariat d’Oyo.

Les familles alertées envoient des émissaires au Commissariat pour apporter nourriture et vêtements à leur parent arbitrairement arrêtés. Ils sont progressivement arrêtés chacun à son tour. Les arrestations se montent finalement à 80 personnes. Personne ne comprend de quoi ils sont accusés.

Certaines de leurs boutiques sont cassées et pillées.

Entretemps, femmes et enfant ont également accourus pour chercher à comprendre.

Deux grands bus arrivent et transportent tout le monde à Brazzaville. Les femmes et les enfants sont transférés à l’Ambassade du Tchad. Leur nombre n’est pas connu. Ils sont donc là depuis plusieurs jours, sans nourriture et sans soins. On imagine le chaos, le désespoir de voir les maris interpellés sans explications, par une police congolaise déjà renommée pour son rackett systématique sur les étrangers vulnérables.

Les 80 hommes piégés et arrêtés à Oyo sont dispatchés dans 4 commissariats de Brazzaville : Commissariat du Plateau, de Poto-Poto, Latimé et Mbochi. On imagine leur sort. Le Commissaire du Commissariat du Plateau en autre, est un racketteur avéré. Enfermés dans la cellule en plein milieu du commissariat nouvellement construit, les hommes ont la vue sur l’entrée principale du Commissariat, là où on arme et on désarme les kalachnikov de service à tout moment et où les policiers abuseurs brutalisent les prévenus verbalement et physiquement. Pourtant ils sont « innocents jusqu’à preuve du contraire » selon les dires grandiloquents du Commissaire. L’abus à plein tube, un vrai far-west.  

Les Tchadiens interpellés sont régularisés pour la plupart et personne ne sait pourquoi ils sont arrêtés.

Le seul indice se trouve dans les œuvres de l’ANS tchadienne (services secrets), qui traquent les opposants  au régime sanguinaire d’Idriss Deby depuis plusieurs mois, et plus particulièrement à Bangui et environs. En effet, depuis que Bozizé est tombé, Deby est plus mal à l’aise que jamais.

Torturé par les mauvais rêves la nuit, sans mauvaise conscience puisqu’il n’a pas de conscience, ce sont ses opposants qui subissent sa panique de perdre le pouvoir. 

Repost 0
Published by Juliette Abandokwe - dans Articles de Juliette
commenter cet article

Textes De Juliette