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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 01:38

29 mars 2010

Le Messager

 

 

Ils étaient environ 2 000 chefs traditionnels, venus des quatre coins du Cameroun qui ont pris part les samedi 27 et dimanche 28 mars 2010 au Palais des congrès de Yaoundé, au premier forum des chefs traditionnels du Cameroun. La manifestation présidée par le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguié Djibril, par ailleurs lamido de Mada dans la région de l’Extrême-Nord, et président d’honneur de l’association nationale des chefs traditionnels du Cameroun, a vu la participation des notabilités traditionnelles les plus en vue au pays de Paul Biya. Le thème retenu de par sa connotation politique traduisait bien la main mise du pouvoir en place sur les détenteurs du pouvoir traditionnel au Cameroun : « premier forum des chefs traditionnels du Cameroun pour le développement auprès du chef de l’Etat, Son Excellence Paul Biya ».

 

Au cours de la cérémonie d’ouverture qui a eu lieu samedi 27 mars 2010, deux interventions majeures ont été enregistrées. La première était celle de Sa Majesté Ndzomo, président de l’association des chefs traditionnels de la région du Centre, et l’un des grands initiateurs du forum. Le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguié Djibril qui, par la suite à pris la parole, a longuement expliqué la genèse de ces assisses : « Je voudrais vous dire toute ma satisfaction quant aux assises qui nous réunissent ce jour. Le rêve est devenu aujourd’hui réalité. En effet, pendant des années, les chefs traditionnels de notre pays ont toujours manifesté leur désir d’organiser un forum national. Mais toutes les démarches initiées dans ce sens, depuis l’époque coloniale, n’avaient jamais abouti jusqu’à ce jour. » Et de continuer : « Aussi me permettez-vous de m’acquitter d’un impérieux et agréable devoir : celui d’exprimer la profonde gratitude des chefs traditionnels du Cameroun à l’endroit du Chef de l’Etat, le président de la République, Son Excellence Monsieur Paul Biya, qui a bien voulu autoriser la tenue de ces assises ».

 

La précision ainsi faite, Cavaye Yeguié Djibril a indiqué que « bien avant l’arrivée et l’installation du premier colon allemand au Cameroun, les assemblées coutumières existaient déjà et procédaient à la désignation de leurs chefs, qui avaient à charge d’organiser la communauté. Ainsi, avant d’être rassemblés dans une seule entité territoriale par le colonisateur allemand, les peuples du Cameroun avaient eu à développer des systèmes de gouvernement qui permettaient d’assurer la vie communautaire au sein de chaque groupe ». On apprendra aussi de la bouche du président de l’Assemblée nationale un rappel historique connu de tous. A savoir la signature, le 12 juillet 1884 du traité qui allait être le prélude à la naissance du Kamerun, entre les colons allemands et deux chefs traditionnels de la communauté Douala, qui était alors la seule porte d’entrée au Cameroun. « L’institution chefferie traditionnelle va connaître dès cet instant plusieurs formes d’organisation », va préciser le PAN. Il cite ainsi la circulaire du gouverneur impérial allemand Seitz signée en 1909, accordant des traitements de faveur à certains chefs des communautés dites au pouvoir centralisé afin d’affaiblir ceux des autres communautés au pouvoir diffus, l’Arrêté n°244 du 04 février 1933 fixant le statut des chefs indigènes et ses modalités subséquentes, la loi n°7/SC du 10 décembre 1960 sur la reconnaissance des chefferies du territoire camerounais, et enfin, le décret n°77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles et ses modificatifs subséquents.

 

Conseil national des chefs traditionnels

Pour Cavaye Yeguié Djibril, « l’institution chefferie traditionnelle ainsi que ceux qui incarnent l’autorité traditionnelle ont ainsi connu de tous temps des fortunes diverses selon qu’ils appartiennent à telle ou telle région. Au demeurant, c’est tout l’édifice chefferie traditionnelle à travers le territoire national qui est fortement ébranlé à la fin des années 1980. Certaines voix se sont même élevées pour demander purement et simplement la dissolution de cette institution. Il aura fallu attendre l’arrivée à la magistrature suprême du président Paul Biya en 1982, son périple à travers les provinces d’alors du Cameroun, et surtout l’accueil qu’il aura reçu dans les lieux sacrés de nos chefferies traditionnelles pour que celles-ci recouvrent progressivement une partie de leur considération d’antan ».

 

Ainsi, le forum qui s’est achevé hier, dimanche 29 mars 2010 à Yaoundé, visait la mise en place du Conseil national des chefs traditionnels du Cameroun. Avec comme objectifs, rassembler tous les chefs traditionnels du Cameroun, consolider leur esprit de solidarité, revaloriser l’institution chefferie traditionnelle, promouvoir les droits de l’Homme, de la femme et de l’enfant. De même que ce Conseil devrait œuvrer pour assurer le bien être des chefs traditionnels et des populations, promouvoir la protection de nos traditions et cultures, et contribuer à rendre plus visibles auprès des populations, les programmes de développement des pouvoirs publics. « Bref, faire de la chefferie traditionnelle un partenaire efficace pour le développement culturel, économique et social du Cameroun » a indiqué le Pan qui a précisé que « cette instance ne saurait être ni un regroupement politique, ni une institution parallèle à celles de la République encore moins un Etat dans un Etat ». Au final, il s’agit bien d’une instance où le pouvoir va pouvoir (mieux) contrôler les chefs traditionnels du Cameroun dont on sait que certains parmi eux on une influence réelle sur les populations.

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Published by Juliette Abandokwe - dans Cameroun
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