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27 mai 2012 7 27 /05 /mai /2012 23:34

Lu le 27 mai 2012
 Cécilia France MASHITA
Le président du Parti social démocrate congolais (PSDC), M. Clément MIERASSA, n'est pas passé par quatre chemins pour citer le ministre des finances, du budget et du portefeuille public, M. Gilbert ONDONGO, qui a mis à nu les mensonges déversés par le président Denis SASSOU NGUESSO, à la suite de la catastrophe de Mpila du 4 mars 2012, s'agissant du déblocage de la somme de 300 milliards de francs CFA relative à la délocalisation des casernes qui n'était jamais inscrite dans le budget de l'Etat exercice 2012, parce que cette décision avait été prise le 9 octobre 1980, soit 32 ans avant ce drame, au cours d'une réunion du bureau politique du Parti Congolais du Travail (PCT) élargie aux membres du gouvernement de l'époque.
M. Clément MIERASSA l’a rappelé lors de la conférence de presse qu’il a animée le 4 mai 2012 à Brazzaville, pour décrypter plusieurs questions qui font toujours ces derniers temps la UNE de l’actualité dans le pays.http://afrique.blog.lemonde.fr/files/2012/03/mpila-maison-brulee1.jpg 
Il a dit également que le président Denis SASSOU NGUESSO avait dirigé le 9 octobre 1980 la réunion au cours de laquelle cette décision avait été arrêtée. Cette même réunion avait, d’après lui, focalisé une attention particulière sur la délocalisation de l’aéroport de Pointe-Noire à partir de l’an 2000, mais aussi celui de Maya-Maya en 2010, dont les sites qui étaient déjà à l’époque entourés de quartiers résidentiels, ne répondaient pas aux normes de sécurité pour les populations. L’implantation des casernes loin des grandes agglomérations dans notre pays avait été l’une des préoccupations importantes soulevées en 1991 lors de la Conférence Nationale Souveraine.

Le patron du PSDC a expliqué à cette occasion que les Congolais gardent en mémoire les propos tenus par le président de la République le 4 mars 2012, au sortir de la visite des blessés du CHU lorsqu’il déclare ce qui suit :"Depuis un peu plus de deux ans, nous avions pris la décision de sortir les casernes du centre de la ville. Ce projet est déjà mûr, les financements existent, les sites sont identifiés et les entreprises qui devront réaliser ces casernes en dehors de la ville sont identifiées. Le projet, nous devons le démarrer cette année. Comme nous le savions, nous pensons qu’il n’était pas bon de garder les casernes au centre de la ville. Aujourd’hui, l’irréparable s’est produit".

Dans cette optique, le président Clément MIERASSA s’est interrogé pourquoi diable les décisions prises au plus haut niveau en 1980, réitérées en 1991 et en 2009, n’ont-elles pas permis la réalisation de cette opération ? Où sont passés, selon lui, les 300 milliards de francs CFA débloqués à cet effet et pourquoi existe-t-il toujours dans notre pays ce paradoxe entre les décisions prises et leur mise en exécution ? Au-delà de ces interrogations, a-t-il fait remarquer, ces aspects deviennent préoccupants lorsque le ministre Gilbert ONDONGO, devant les députés, a répété le 17 avril 2012, que "l’on n’a jamais sorti une somme de 300 milliards de francs CFA du budget de l’Etat pour la délocalisation des casernes".

En effet, comme il l’a fait observer à l’assistance pendant cette conférence de presse, "ce n’est que dans le projet de loi rectificative des finances de l’Etat présenté par le ministre Gilbert ONDONGO le 17 avril 2012 à l’Assemblée nationale que l’on trouve une prévision de 35 milliards de francs CFA pour la construction des nouvelles casernes". 

Ce qui veut en fait dire, à son entendement, qu’aucune inscription budgétaire n’était faite à ce propos dans le budget de l’Etat exercice 2012. Il s’est également questionné si visiblement le gouvernement parle d’une même voix sur ce sujet, lui, qui a, assurément, choisi de faire le médecin après la mort ? Est-ce qu’en réalité des dispositions avaient été véritablement prises pour démarrer les délocalisations cette année ?

Tout en demandant à cette occasion la présentation devant la justice des officiers, sous-officiers et d’autres personnes qui avaient été incarcérés dans le cadre du drame du 4 mars 2012, il a aussi condamné la détention au-delà de 72 heures dont ils étaient victimes. Cette détention au-delà de 72 heures qu’il avait qualifié de violation des lois et règlements de la République est inacceptable. 

Comme il l’a raconté à son auditoire, ces officiers, sous-officiers et bien d’autres personnes n’avaient pas, pendant leur incarcération, droit d’être en contact ni avec leurs parents, ni avec leurs avocats alors que le gouvernement dit qu’ils ne sont ni inculpés, ni appelés à comparaître. Ce qui n’est pas normal, a-t-il rappelé, affirmant que, selon des rumeurs folles, ces suspects auraient été victimes de tortures, de traitements cruels, inhumains et dégradants. 

 Pour lui, tout cela ne pouvait "qu’inquiéter les uns et les autres, dans un pays où règnent la terreur, les suspicions, la méfiance. Car, depuis la Conférence Nationale, l’opinion nationale parle beaucoup d’assiettes roumaines, d’empoisonnement, de peintures toxiques et d’autres moyens d’élimination physique des gens". 
Plaidant également pour la libération de Maître Ambroise Hervé MALONGA et de son collègue Gabriel HOMBESSA, M. Clément MIERASSA a souhaité l’arrestation des éléments de la force publique ou des bandits qui avaient perpétré l’enlèvement nocturne de Maître MALONGA afin qu’ils soient, obligatoirement et sans complaisance, punis pour cet acte crapuleux conformément aux textes réglementaires en vigueur, avant d’aborder les problèmes liés à la délocalisation des casernes, aux achats d’armes et à la catastrophe de Mpila. Ce qui, d’après lui, justifie l’appui de la communauté internationale au peuple congolais dans cette épreuve pour que la lumière soit faite sur cette tragédie. 

 Le leader du PSDC qui constate que depuis le 4 mars 2012, le Congo Brazzaville sombre chaque jour davantage dans un malaise très profond, exige, pour des raisons de transparence et pour l’éclatement de la vérité sur le drame du régiment des blindés survenu à Brazzaville, l’interpellation des principaux responsables concernés dans cette affaire, parmi lesquels les ministres de la défense nationale, M. Zacharie Charles BOWAO ; de l’intérieur et de la décentralisation, M. Raymond Zéphyrin MBOULOU ; des finances et du budget et du portefeuille public, M. Gilbert ONDONGO ; de la santé et de la population, M. Georges MOYEN ; du secrétaire général du Conseil National de Sécurité (CNS), M. Jean Dominique OKEMBA et tous les membres de la haute hiérarchie militaire. 

 Comme beaucoup de nos compatriotes, M. Clément MIERASSA s’interroge encore sur le mutisme des chefs militaires, alors que le Chef d’Etat-major Général (CEMG) des Forces armées congolaises (FAC) avait aussi, en pareille circonstance, l’obligation de prendre le taureau par les cornes, en animant des conférences de presse, des conférences-débats et autres pour éclairer l’opinion nationale et internationale sur les supputations plus ou moins réalistes, et sur les avancées dans la recherche des causes de cette catastrophe. 

Le Président Clément MIERASSA a fait siens les propos de M. Jean-Baptiste PLACCA qui disait au sujet du drame de Mpila : "... Et Voilà, le peuple congolais, une fois de plus piéger par ses dirigeants. Une poudrière en plein milieu des populations civiles ! Ne nous parlez pas d’accidents, non ! Si ce n’est par délibéré alors, c’est de l’inconscience, et c’est pire encore ! Ailleurs, le Chef d’Etat-major de cette armée là aurait été limogé. Le ministre de la défense aurait donné sa démission, et tous ses supérieurs seraient à genoux, en train d’implorer le pardon de la nation...". 

Le président du PSDC a en outre noté au cours de sa conférence de presse que le commentaire le plus cinglant sur la catastrophe de Mpila a été fait également par M. Jean-Baptiste PLACCA, lorsqu’il avait déclaré ce qui suit sur les antennes de la RFI : "Le scandale, ici, ne réside pas uniquement dans le fait que l’on investisse des centaines de milliards dans l’armement dans un pays qui n’a jamais été en guerre avec personne. Le scandale, c’est qu’un Etat pétrolier de ce rang, peuplé d’à peine 4 millions d’habitants, ne puisse pas investir quelques dizaines de millions dans les pansements, compresses et autres, à l’instar de la Bétadine, dont ont cruellement besoin les hôpitaux du Congo". Selon lui, comment expliquer que l’on ait dû réceptionner cinq ambulances et trois hôpitaux de campagne de la République Démocratique du Congo (RDC) pour faire face à l’urgence qui était la notre le jour de la catastrophe ? 

M. Clément MIERASSA qui demande que toute la lumière soit faite sur ce drame, confirme qu’à ce sujet les Congolais dans leur ensemble, qui savent qu’aucune enquête n’a jamais abouti chez nous, pensent que tout doit être mis en œuvre pour que la vérité éclate au grand jour. Ce qui fait que notre pays accumule des contentieux de ce genre. Il a aussi déclaré que les Congolais qui ont été surpris par le silence observé par les autorités nationales suite à l’arrestation du chef des renseignements libyen en Mauritanie, estiment, concernant le crash du DC de l’UTA en septembre 1989, qu’elles auraient dû demander son extradition au Congo Brazzaville afin de connaître la vérité sur cet autre drame qui a touché le Congo ? Ceci, d’autant plus que le vol était parti de Brazzaville. 

A cela s’ajoute encore l’affaire des disparus du "beach" qui est toujours présente dans les esprits des Congolais et rappelle à chaque fois que nous avons là, un exemple de crimes sans auteurs, a-t-il commenté, avant de faire remarquer que la mission de Nations Unies d’octobre 2011, a d’ailleurs recommandé au gouvernement de poursuivre cette affaire jusqu’à son terme afin d’établir les responsabilités pénales et individuelles. 

Le président Clément MIERASSA a également fait savoir pendant cette rencontre que le pouvoir de Brazzaville avait violé la Résolution 1874 des Nations Unies adoptée au mois de juin 2009, qui interdisait à la Corée du Nord d’exporter des armes. C’est dans ce cadre que l’Afrique du Sud avait intercepté en novembre 2009 une importante cargaison d’armes en provenance de la Corée du Nord et à destination du Congo-Brazzaville.

Il n’a pas manqué de souligner que le journal français, "Le Canard Enchainé" avait révélé ces aspects dans un article paru en 2008, intitulé "Achats d’importants armes de guerre par SASSOU NGUESSO". 

Cet hebdomadaire français écrivait : Le pouvoir de Brazzaville a fait une commande de sept BM-21 Ural ; quatre RM-85 de marque thèque ; quatre avions de chasse Sukhoi 47 ; deux MIG-27, un F-7 chinois, quatre nouveaux hélicoptères de combat MI-24 ; trois MI-28, et un hélicoptère WZ-10. En outre, une commande importante d’appareils de communication, des tenues militaires chinoises, une importante livraison d’armes de combat chinoises : des QBZ-95 et 97, des AK-47 et 74, ainsi que des Fanas de l’armée françaises achetées à Singapour en juin 2007, par son fils et son conseiller Jean Dominique OKEMBA, toutes ces armes seront acheminées au port de Pointe-Noire d’ici la fin de l’année 2008. 

Ces importantes livraisons d’armes et appareils militaires seront livrées au Congo cette année 2008, des contrats ont été signés entre le pouvoir de Mpila et le gouvernement de Pékin et en contrepartie, le pouvoir de Mpila livrera d’importantes cargaisons de pétrole à la Chine, les livraisons ont débuté depuis mars 2004.
Voilà pourquoi, M. Clément MIERASSA qui ne comprend pas à quoi servent toutes ces armes, s’est demandé de quelle paix peut-on parler dans le pays, lorsqu’il est de notoriété publique que le pouvoir fait rentrer au Congo des grandes quantités d’armes de guerre ? Il s’est aussi interrogé sur les lieux où toutes ces armes sont entreposées et si elles sont conventionnelles ou non ?

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Published by Juliette Abandokwe - dans Congo Brazzaville
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